Bowed, bent, broken

La saison 5 est décidément une saison bien inégale. Cette semaine était atroce, entre des scènes écrites en dépit du bon sens, d’autres scènes chiantes, et quelques réussites niveau écriture mises à mal par une absence de projet de mise en scène autre que « des gens dans des pièces ».

« Unbent, unbowed, unbroken », outre avoir le titre le plus ironique de l’histoire de la série, semble reposer exclusivement sur les arcs des filles Stark, qui brillent par leurs qualités d’ambiance et d’écriture. Parce qu’on aura rarement eu autant envie de casser son écran avec son clavier puis de foncer vers le port le plus proche pour y voler une barque à bord de laquelle nous ramerons vers Los Angeles, mais si c’est possible de le faire, ser Jorah y arrive bien, lui, pour aller hurler notre rage au visage de D&D, quand bien même c’était prévisible, quand bien même c’était tout sauf illogique vues les directions prises par la réécriture, quand bien même cela correspondait finalement aux évènements du livre, quand bien même, quand bien même…

Cet épisode est donc placé sous le signe de l’ironie, la plus amère et la plus mordante qu’il soit. Préparez-vous à suivre ce fil rouge.


Dorneville.

C’est moi où ils font n’importe quoi avec les décors dorniens ?
Il y a 15 jours Bronn, Jaime et le Snake Gang zonaient dans un genre de désert littoral, qui ne devait être en fait qu’une grosse plage mutée en Sahara par la magie du cinéma et des cadres étriqués.
Cette semaine, nos bros sont le long d’une nouvelle plage, quelque part dans un coin où il n’a pas l’air de faire plus de 15 degrés, genre c’est l’Irlande du Nord et la minute d’après PAF, les voilà en Andalousie, va comprendre quelque chose.
Après, le côté « on a tourné la scène à Cherbourg », c’est assez raccord avec Dorneville, mais quand même quoi.


Ici le fabuleux palais d’Al Glaoui

Et là, Colleville

Bref, considérations météo mises à part je dois bien dire que l’arc dornien est parfaitement pourri.
Mais d’une force les gens….

Je ne vais pas revenir sur l’absence de plan de Jaime, Bronn le fait très bien tout seul.


Regardez-moi ce magnifique Doran Martell, livré avec sa célèbre chaise roulante et son Aeroh Hota tout équipé. Je me demande bien ce qu’il va faire cette semaine, sans doute nous éblouir d’une réplique lourde de sens prompte à semer confusion et effroi dans nos esprits :

« Une Lannister et un Martell, c’est krékré dangereux. »

BAM, nailed it bonhomme. La petite phrase en contexte genre l’air de rien, qui annonce son don le plus précieux, l’omniscience. Il n’y a pas que les pattes qui trainent chez le prince de Dorne, il y a aussi les oreilles, lesquelles avaient évidemment vu venir à quelque chose comme 27 000 bornes le « plan » trop génial et carrément pas prévisible d’Ellaria.
Faut dire que la dernière fois qu’ils se sont vus, cette dernière a trouvé intélijan de lui servir un monologue de Grand Méchant, vous savez celui qui dévoile l’intégralité de votre projet machiavélique « Tu é 1 fèble é mé cops lé aspique L von tro te f1té la prinssesse ».

Du coup, Darth Ellaria et ses fidèles apprenties ont beau se planquer dans une citerne, leur furtivité n’a d’égal que leur stupidité parce que quelqu’un pourrait-il m’expliquer s’il vous plait l’intérêt de se coller des foulards sur le museau pour entrer dans le jardin, foulards qui seront retirés dès qu’elles seront en position ???
C’était quoi l’idée les filles, on vous écoute : « Lé foular C pour fer kom lé ninja dan lé film de Brousse Lit, lé ninja C trop discré TMTC alor nou oçi lol »

Tant qu’à loler, je voudrais profiter qu’on soit là peinard à regarder Bronn&Jaime infiltrer les Jardins Aquatiques pour vous faire remarquer, sombres abruties, que ces deux bras cassés qui 1) ne sont pas chez eux, 2) n’ont même pas de plan, trouvent le moyen d’être plus crédibles dans leur tentative que vous ne l’êtes, profitant de leurs uniformes de Stormtroopers pour entrer ni vus ni connus dans le cœur de l’Etoile Noire. Je sais que ce n’est pas parfait, surtout rapport au fait que Jaime ressemble au cousin aryen de votre père Oberyn, mais au moins ça a le mérite d’être un minimum réfléchi.

Donc, pour aller à l’essentiel dans cet enchainement de scènes assez navrantes, Bronn&Jaime tombent sur Myrcella en train de galocher Trystan Martell, ce qui choque légèrement le Régicide.
Ne me regardez pas comme ça, on voit clairement qu’il est soulagé en découvrant que le godelureau en cosplay Aladdin est le fiancé de sa fi…nièce, soulagement qui ne manque pas de surprendre de la part d’un mec qui s’est envoyé sa sœur jumelle sur le cadavre de leur fils biclassé incestueux et adultérin. Mais je dis ça, je dis rien. Un papa reste un papa.

«-C’est bon Myrcella, range moi cette langue, on rentre à la maison.
Non, jamais, tu ne peux pas nous empêcher de vivre notre amour !
Ecoute, j’ai pas trop le temps de t’expliquer mais…
Tu n’as pas d’ordre à me donner, t’es pas mon père.
LOL.
La ferme, Bronn.
Je vais aller siffler « The Dornishman’s wife » dans un coin alors, le temps que vous régliez votre différent familial.
Myrcella, pour ton bien…
Qu’est ce que t’y connais à mon bien d’abord ? Ici j’ai pas à supporter mon alcoolique de mère à longueur de journée, on m’habille avec des robes de princesse Disney, j’ai même été recast pour avoir une vraie tête d’ado relou qui donne envie de la baffer avec des parpaings dès qu’elle ouvre la bouche, et mon promis est trobo, plus que tous les One Direction réunis, en plus ça doit être le seul mariage arrangé de toute la série avec deux gens contents et consentants alors laisse-moi vivre mon rêve en paix !!! »

Naaaaaaaan mais sans déconner…. Ok, D&D n’ont pas à suivre à la lettre les bouquins, d’ailleurs ça fait un moment qu’ils ont abandonné l’idée, mais je suis tout de même un poil déçue par cette Myrcella next gen. Vieillie pour les besoins de la série, elle n’a strictement rien à voir avec l’enfant intelligente et sage engendrée par les jumeaux Lannister.
Parce que oui, malgré le l33t sk1ll de ses deux parents à mobiliser leurs capacités cérébrales, Mymy en impose, au point que dans les livres certains Martell avaient de grands projets pour elle.
Et en lieu et place de cette douce et prometteuse enfant, on se cogne Myrcella Mc Girly, biatch hormonalement lobotimisée qui ne se tait que lorsqu’elle inspecte les amygdales de « sonchéri ».

Mazette, c’est à peine croyable.

Ce qui l’est encore moins c’est l’archi pourritude du combat qui va suivre, combat opposant Bronn, Jaime, Obara, Nym et l’autre Aspic Jesaisplussonnom.
Attention, gros gros niveau en matière de chorégraphie et d’écriture, attachez vos ceintures, on part sur les montagnes russes du n’importe quoi.

D’abord, les filles sont trois et les garçons sont que deux, donc on va se séparer, comme ça Obara tu prends Bronn et Jesaisplustonnom tu te cognes le manchot. Pendant ce temps, Nym va fouetter leurs culs, ça va bien les déstabiliser, c’est de l’unagi, technique ancestrale, tu peux pas test.
Schlackschlak, fait le fouet sur le postérieur de Jaime, lequel est manchot donc si d’aventure Nym avait eu ce truc là, vous savez, avec un manche et une lame au bout, ou même si elle avait décidé d’utiliser son frakking fouet pour autre chose qu’une très mauvaise imitiation de Félindra Tête de Tigre, elle aurait pu aider Jesaisplussonnom à envoyer en 2 secondes le Régicide au tapi.

Pour mémoire, pas plus tard qu’il y a 15 jours, Jaime expliquait à Bronn qu’il pouvait se battre mais contre un seul adveraire à la fois et de préférence quelqu’un de lent. Soit tout le contraire de Jesaisplusonnom qui se bat à deux lames, tout de même, spécialité qui dans n’importe quel RPG est l’apanage des rogue combattant au corps à corps dans un tourbillon d’épées courtes promptes à lacérer la face d’un adversaire plus gauche.

Mais bon, elles s’y seraient mises à 2, Jaime serait sans doute mort et visiblement, pour lui, c’est « not today » (contrairement à Bronn qui devrait y passer next week ou celle d’encore après, vu qu’il s’est fait piquer par l’Aspic…. Je l’avais dit un discours émotionnant et tu signes ton arrêt de mort).

Y avait-il un moyen à la fois logique et intelligent de poursuivre ce combat avec deux duels, et un troisième Aspic occupé à quelque chose d’autre que faire schlakchlak ?
Bah oui bande de plow. Il suffisait que Nym fonce sur Myrcella en lui disant « Vite vite princesse, je vais vous mettre à l’abri, ne restez pas là », la conduise à Ellaria et c’était dans la poche. Histoire de ne pas tout foirer le scénario de l’épisode qui devait conduire à un échec des Siths, il suffisait de montrer les troupes de Doran interceptant Nym et Myrcella en chemin.
Et hop.
Mais non, schlakschlak, va comprendre…

Braavos.

Arya est le personnage qui cumule le plus de séries dérivées le long de son parcours. Après « Kill Ilyn Payne, ser Meryn Trant, king Joffrey… », « Arry Sans Famille », « Punkie Brewster Westeros Edition », « Le Limier, Chien Fidèle », la voici donc dans « Six Feet Under ».

Sa leçon du jour s’avère très intéressante afin de comprendre le parcours qui sera le sien. Jusqu’à présent, Arya comme le spectateur avaient cru que le principe de son initiation était d’effacer sa personnalité pour n’être plus qu’une enveloppe vide, capable d’accueillir un des multiples visages que revêtent ceux qui servent le Dieu Multiface.

Mais cette semaine, Jaqen nous a fait comprendre qu’il y a une dimension au-delà de ce « personne » qu’il veut qu’Arya devienne. Une dimension qu’elle a atteinte en accompagnant l’enfant au bord du bassin, la conduisant vers sa mort en s’appropriant sa souffrance, de la même façon que sa camarade l’a fait plus tôt. En écoutant cette dernière lui raconter sa vie de fille de noble westrien chassée de chez elle par une belle mère indigne, Arya souriait, avant que Germaine ne la retourne en révélant que son histoire n’était qu’un tissu de mensonges. Germaine à qui Arya n’a sans doute jamais raconté sa vie, mais qui a déduit ses informations par l’observation, sa connaissance du monde, et surtout par cette qualité que cherchent les Sans Visages, l’empathie.

Car contrairement à leur attitude rigide, leur formation semble bien conduire à une parfaite maîtrise de l’humanité, une compréhension totale de ce que recouvre le concept, seul moyen pour eux de n’être plus personne, en devenant tout le monde.
Changer de visage, de personnalité, ne peut se faire que de cette manière et c’est bien ce que Jaqen a démontré à Arya en la conduisant dans le Frigo aux Mille Visages pour lui annoncer qu’elle vient de passer niveau 2.

Koh Lanta.

La vie est dure au camp de base des rouges. Depuis que Tyrion est tombé du bateau pendant l’épreuve d’immunité, son équipe n’a plus rien à manger à part des baies, chose dont personnellement, dans un jeu de survie comme ça, sur un continent étranger, je me méfierais.
Malgré une tentative pour nous faire croire qu’on ne va pas se faire suer durant l’arc « Tyrion et lord Friendzone voyagent ensemble », avec notre bon nain qui met les pieds dans le plat en révélant à Jorah que son père est mort, on se fait tout de même très vite suer jusqu’à ce que BRUTALEMENT la série passe de Koh Lanta à « Lost » en faisant pop Monsieur Eko au beau milieu de « Game of Thrones ».


« Perso j’ai jamais compris d’où venait le monstre de l’île de Lost. On lui posera la question ? »

Décidément, c’est l’épisode de l’ironie. Ser Jorah, chassé de son fief par Ned Stark parce qu’il s’adonnait au trafic d’esclaves, se trouve la proie d’une bande d’esclavagistes dotés du pouvoir de téléportation.

Car c’était aussi l’épisode des téléportations cette semaine, entre Littlefinger qui est déjà à Port Réal, la gamine chez les Sans Visages qui se matérialise dans le dos d’Arya, et ces mecs qui sortent de nulle part alors que même pas deux secondes avant il n’y avait derrière Tyrion qu’un horizon dégagé.

Bon. Là aussi on frise l’indigence parce que cette scène n’est que fonctionnelle pour nous, pour eux, pour D&D. A un détail près. J’y reviendrai.
En attendant, réjouissons-nous de voir Tyrion retrouver son meilleur niveau langagier quand il pirouette plus vite que son ombre pour sauver sa tête, son kiki et la vie de ser Jorah. Limite si ça ne nous rappellerait pas l’époque où il sillonnait les Eyriés avec Bronn en se faisant des potes de tous les clans qu’il croisait.
Réjouissons-nous aussi car l’épisode du jour va permettre à nombre d’entre vous de répondre à une question posée par Fewer dans les commentaires de l’épisode précédent : si vous viviez dans cet univers, où voudriez-vous résider et quelle profession exerceriez-vous ?
Levez la main tous ceux qui rêvent de devenir marchand de zgeg à Pentos.

Et maintenant, le point OMGWTF ça vous arrive de vous relire parfois ?
Dans les livres, il arrivait à quelques péripéties près la même chose à Tyrion et Jorah, réduits en esclavages et expédiés vers Meereen. Meereen qui était en état de siège de la part des autres cités esclavagistes, ce qui expliquait pourquoi comment pourquoi ces fiers marins avaient l’idée saugrenue d’aller vendre des gens dans la seule ville de la région ayant aboli l’esclavage.
Accessoirement, même en admettant que la réouverture des arènes soit de notoriété publique, il faudra expliquer à ces garçons l’info principale à ce sujet : seuls des hommes libres pourront s’y affronter.

Nan mais bravo le bricolage, vraiment. On ne serait pas totalement ébloui par la mention de l’existence des vendeurs de pénis (pénicier ?) qu’on se laisserait presque abuser par ces marchands d’esclaves qui vont vendre leur marchandise dans une cité dirigée par une reine abolitionniste avec l’espoir de se faire payer un bon prix le chevalier-gladiateur qui de toute manière ne pourra combattre et donc potentiellement leur rapporter de l’argent qu’en HOMME LIBRE.

La Manif Pour Tous.

Je suis encore et toujours impressionnée par Littlefinger, qui a renoué avec son cher téléporteur puisque nous le retrouvons donc cette semaine à Port Réal. Ok, ça fait 15 jours qu’on en l’a pas vu, il a sans doute pris un bateau depuis Blancport du coup ok, ce n’est pas si foufou que ça.
Mais ce qui m’impressionne vraiment c’est qu’il ait reconnu Lancel Lannister malgré sa robe de bure, sa coupe de cheveu, ses 30 kilos de muscles supplémentaires et son symbole jaffa sur le front.

Lancel qui pourrait carrément l’arrêter au beau milieu de la rue pour délit de propriété de bordel, mais bon, ça aurait été dommage de rater la scène d’après où Cersei lui en fait justement la remarque. Une scène intéressante, compte tenu des leçons que Littlefinger tente de donner à la reine-mère, laquelle n’écoute rien, n’entend rien, ne comprend rien :

«-Donc, vous avez armé des fanatiques religieux…
Exactement. Brillant hein ?
Tout ça pour faire arrêter Loras Tyrell pour crime de buttsex dans ses escuyers.
Comparé à moi, Machiavel, c’est Nadine Morano.
Ok, je vois… Disons que c’est balot pour ser Loras. Quel regrettable choix de partenaire de lit *winkwinkWINKREGARDEMOICERSEIwink*.
Vous avez une poussière dans l’œil, lord Baelish ?
Je faisais référence à la poutre dans le vôtre, vôtre mâjesté, mais comme je constate que vous êtes une cause perdue, je vais oublier la chronique de votre chute annoncée par retour de manivelle dans votre auguste visage pour faire ce que je fais de mieux, tirer profit de la situation. Aller, je me lance, accrochez-vous au pinceau, je retire l’échelle : SANSA STARK !
WAAAAT ?
Oh ouais, chez les Bolton.
Vous êtes en train de me dire que mon ex-belle fille qui me déteste a fui chez ces traitres de Bolton en qui personne n’aurait confiance pas même quelqu’un d’aussi naïf que… Ben que Sansa Stark justement ??? En voilà un retournement de situation pour le moins inattendu ! »

Au départ, je me demandais bien où Littlefinger voulait en venir avec cette bombe, mais c’était juste du pur Baelish dans le texte. Quitte à revenir à Port Réal autant que cela soit en donnant à la reine l’illusion qu’on peut lui faire confiance. Les Tyrells sont en mauvaise posture, et si d’aventure Cersei parvenait à tirer son épingle de son jeu dangereux, autant demeurer dans ses petits papiers. Surtout quand on est tenancier de bordel, comme la Valkyrie de la Morale et de la Vertu c’est plu à le lui rappeler.
En vendant à la reine-mère la présence de Sansa à Winterfell, Littlefinger a une fois de plus parfaitement manœuvré. Cersei a l’illusion d’avoir un allié efficace et précieux à son service. Parce qu’il a localisé celle qu’elle hait le plus au monde même devant Margaery, il peut la manipuler à loisir en lui promettant de s’occuper personnellement du problème. Et elle gobe, parce qu’elle n’a aucune raison de douter de lui. Et lui, et bien avec ses chevaliers du Val, son association avec les Tyrells pour le régicide et la confiance de Cersei, il a l’assurance qu’après la bataille de Winterfell, il pourra quoi qu’il arrive devenir Gardien du Nord.
Jusqu’à présent, Littlefinger n’a commis aucune erreur, y compris en mariant Sansa à Ramsay Bolton.
Disons que politiquement, c’était une manœuvre habile. Et qu’en toute honnêteté, la probabilité que la petite épouserait un psychopathe était tout de même inférieure à 2%.

Lorsqu’une scène impliquant Olenna Tyrell s’avère moyenne, on peut sans hésiter taxer l’épisode du jour de médiocre.
La confrontation de la Reine des Epines avec la reine-mère n’avait rien de flamboyant et on comprend pourquoi mamie Olenna regrette tant Tywin Lannister. Déjà parce que Cersei est une vraie gamine à faire semblant d’écrire comme le faisait son père alors que tout le monde sait bien qu’elle est en train de dessiner des teubs sur son parchemin.


Ensuite parce qu’elle manque singulièrement de répartie. Et qu’elle n’est de toute façon pas là pour négocier. Ici, nous rencontrons les limites d’Olenna Tyrell en matière de joute verbale car quand votre adversaire se borne à la posture défensive, vous ne faites que vous épuiser et vous frustrer.
Malgré le manque de peps de la scène, sa conclusion était un brin glaçante, lorsque la Reine des Epines se lève, un soupçon de panique dans les yeux. Elle vient de comprendre que Cersei n’est pas une politicienne. C’est une femme riche et puissante en roue libre. Un monstre incontrôlable qui croit manipuler des forces la dépassant complètement.

Mais Cersei continue de se croire maligne jusque lors de « l’enquête » menée par Captain High Sparrow pour tenter de prouver l’homosexualité de ser Loras :

«-Oh oye, gai matelot ! Alors, comme ça il parait que tu aimes inspecter la cale des moussaillons ?
Je comprends rien à ce que vous dites, monsieur.
Je te demande si tu souques ferme dans les chenaux étroits.
Mais enfin non !
Parole, corne de bouc ?
Parole.
Avance, femme !
Reine Margaery, s’il vous plait, High Sparrow.
Captain High Sparrow !
Ok, je… C’est étrange, cette situation a comme un air de déjà-vu.
Plait-il ?
Voyons voir, je suis reine, je suis à un procès, et dans deux minutes sur la fois d’un témoignage accablant vous allez m’accuser de tous les crimes les plus odieux, m’enfermer dans une tour et me couper la tête…
Ah oui, je comprends mieux, vous confondez avec la fois où vous étiez reine d’Angleterre dans « Les Tudors ». Non mais vous pouvez parler sans crainte, on est dans « Game of Thrones », pas de danger. Alors !!! Votre frère : gay ou bien ?
JAMAY sur la tête de baby George !
ENTRE ICI TEMOIN ACCABLANT !
J’en étais sûre !!!! »

Ainsi, pour la deuxième fois de sa carrière, Natalie Dormer va nous jouer la partition de la reine en prison, même si cette fois, les accusations portées contre elles sont fondées.
Pour mémoire, dans les livres, Cersei la faisait accuser d’inceste avec Loras (je sais, l’hôpital, la charité…), ce qui rétrospectivement nous rapproche un peu des chefs d’accusation contre Anne Boleyn, c’est seulement maintenant que je le remarque. C’est marrant.
C’est donc une habile pirouette pour la série que de faire arrêter Margaery pour parjure, compte tenu du fait qu’il aurait été difficile de faire avaler à qui que ce soit une relation incestueuse avec Loras. Déjà dans les livres ça passe limite et ne tient que parce que Cersei a une « preuve » de consommation d’une tisane contraceptive/abortive par Margaery, alors qu’elle n’est pas supposée avoir la moindre activité sexuelle (elle est alors en attente de son mariage avec un Tommen âgé de 8 ans, ce qui reporte aux calendes grecques sa nuit de noce).

Il ne reste plus désormais qu’à attendre les conséquences de ces arrestations mais le regard meurtrier de mamie Olenna en dit long sur la violence de la contrattaque.
Il fait en tout cas vachement plus peur que les deux gardes royaux perdus dans le décor, très impressionnés depuis l’intérieur de leurs armures complètes par les deux mecs du Pugnus Dei avec des bâtons.

Malgré sa difficulté à gérer correctement son rythme, cette saison 5 est aussi celle qui semble la plus riche en intrications, posant loin en amont ses billes. La scène Loras/Dodo/Margaery du premier épisode, outre un moyen habile de rappeler Dorne au bon souvenir du spectateur, était également la pièce maîtresse de cet interrogatoire, dont tous les éléments étaient destinés à tomber aujourd’hui : la tâche de naissance, la présence de Margaery…
Une scène qui prend un ton délicieusement ironique car c’est au terme de celle-ci que Margaery s’était exclamé « perhaps » en évoquant sa belle-mère. Quelques jours avant de manipuler son époux pour qu’il l’éloigne, quelques jours avant que Cersei ne se mette à jouer avec le feu et fomente sa machination. « Perhaps », Margaery. Perhaps.

Winterhell.

Quand il y a deux ans je décidai de surnommer Ramsay Bolton « Michel Fourniret », je n’imaginais pas que ce sobriquet viendrait si fort à propos, et surtout pas que Sansa serait la principale intéressée de cette lubie pour le viol de vierges.
Paf, les mots sont lâchés, appelons un chat un chat et considérant que c’est de loin le pire truc qui soit arrivé à un Stark depuis le pilote de cette série. Depuis la chute de Bran en fait.
Le pire ? Vraiment ? Allons, des gens sont morts tout de même, limite la petite devrait s’estimer heureuse, ahah, l’autre.

Non.

Ned Stark, pour injuste que fut sa mort, avait mérité de se faire taper très fort sur les doigts. Robb Stark, pour adject que fut le modus operandi, avait lui aussi mérité de se faire sanctionner comme il se doit. Cat… Disons que Catelyn a été une victime collatérale et que sa mort à elle aussi était terriblement affreuse. Même si c’est elle qui l’avait déclenchée, cette guerre…
Sansa n’est la victime d’un viol conjugal que parce qu’elle est une femme. Point.

Le final de cet épisode était le plus malsain de toute l’histoire de la série. Et pourtant, « Game of Thrones » n’en est pas à son coup d’essai en matière de viol conjugal puisque Daenerys a aura également subi, dont un face caméra.
Mais depuis, nous avons rencontré Ramsay Snow, et surtout depuis, la série a gagné en qualité de mise en scène. Et le moins que l’on puisse dire c’est que tout dans ce mariage suintait glauque, dangereux, malsain, brutal.
Y compris jusque dans la bande originale qui aura rejoué les thèmes « I’m hers, she’s mine » et de la famille Stark de la façon la plus tordue possible, afin de bien appuyer le sentiment nauséeux.

Alors oui, cette scène était courue d’avance pour Sansa. A force d’être fiancée à tout un chacun, il fallait bien qu’à un moment, l’un de ses maris songe à consumer durant la nuit de noces. A l’instant d’évoquer Tyrion, on saura apprécier l’hommage tardif mais l’hommage quand même de Sansa à son premier mari, sorte de portrait en négatif de Ramsay.
Un Ramsay admirablement interprété comme de coutume par Iwan Rheon, qui a su faire basculer en une fraction de secondes, le regard presque sympathique du fils Bolton en regard malade de Michel Fourniret. Alors que tu sais déjà ce qui attend Sansa, que tu sais déjà qui est ce type et de quoi il est capable, tu te sens te liquéfier de l’intérieur quand ses yeux passent en mode sadique.

Honnêtement, tout ce que j’espère c’est que Sansa ne tombe pas enceinte. La logique voudrait que l’on commence à aborder le sujet. Soit pour annoncer un « heureux » évènement, soit pour présenter des méthodes capables de lui faire éviter ce type de désagrément (les livres mentionnent souvent le fameux thé de lune qui n’apparait pas encore dans la série. Je verrais bien Sansa demander à Mamie Zinzin de la fournir).

[Le point chiffon.

Il sera bref, et uniquement destiné à évoquer la tristement splendide tenue de mariage de Sansa.

Je voulais juste mentionner que c’est la première fois de l’histoire de cette série que l’on voit quelqu’un porter ouvertement les couleurs de la maison Stark qui sont le gris et le blanc. Il est en effet de tradition dans les maisons nobles, et surtout dans les mariages du culte des Sept, que la promise revête les couleurs de sa maison qui seront ensuite recouvertes par le manteau de son époux. Rituel qui a pu être observé lors de mariage de Sansa et de Tyrion.

Cette série mélangeant notoirement TOUT en matière de cultes et de mariage, on a donc eu le droit à une épousée en Stark, sans manteau Bolton tout rose pour recouvrir le tout.
Oui, la couleur de la maison Bolton c’est le rose. Mais comme c’est en référence à la chair de l’écorché, on évitera toute plaisanterie sur ce choix de prime abord curieux, mais en réalité fort à propos.

La semaine dernière on évoquait le blanc chez Daenerys, une couleur qui a récemment colonisé toute sa garde-robe à mesure qu’elle affirme son autorité de reine et qu’elle s’enfonce dans le marasme meereenois.
Et paf, devinez quoi, cette semaine, c’est aussi du blanc en masse pour Sansa. Ce blanc qui signe son retour à Winterfell, son sacrifice sur l’autel des ambitions de Littlefinger et un peu comme Dany, une forme de mise à l’écart du reste du troupeau. Toutes les deux ont ce statut d’étrangère, toutes les deux sont assiégées dans leur propre fief. Quant au fait que le blanc puisse être une couleur mortifère dans une série où l’Hiver vient, cela semblerait assez logique.

Malgré la logique héraldique de ce choix de couleur pour Sansa, je ne suis pas sûre que ce gros manteau blanc relève du pur hasard. Après tout, le blanc n’est absolument pas dans cet univers une couleur de mariage (il n’y en a tout simplement pas, le concept est très récent, même pour nous) et le gris ou en général toutes les teintes sombres sont plus représentatives à nos yeux des couleurs associées au Stark.
D’ailleurs, le manteau, bloc monochrome, est tout aussi lourd et texturé que l’est la fameuse robe blanche de Dany avec les écailles de dragon. Un manteau dont les épaules ont la même forme que la robe Mockingbird, nouvelle référence au jeu de Sansa, qui arbore une tenue aux couleurs de sa maison mais dont la forme renvoie à son protecteur.

Cet épisode étant placé sous le signe de l’ironie, je ne peux pas m’empêcher de voir dans ce choix un gros pied de nez envoyé à la face des spectateurs. Lesquels sont conditionnés par l’image de la mariée en blanc, symbole du bonheur toussa. Et la série de continuer d’enfoncer le clou avec ce décor de rêve, les lampions dans le bois sacré et la neige qui tombe à gros flocons. Sur les seuls aspects cosmétiques, c’était le mariage de conte de fée.
Mais D&D nous malmènent, autant que Sansa est malmenée par la vie, en fracassant nos rêves sur le mur des réalités (LE leitmotiv des jeunes années de Sansa).
Et ce jusque dans la chambre à coucher, très joliment décorée, à mille lieues de la chambre de torture qu’elle va très rapidement devenir pour Sansa.

C’était le point chiffon]

Alors oui, certes, de la part de Ramsay on aurait pu s’attendre à 1000 fois pire. D’ailleurs dans le livre, c’était pire puisqu’il demandait à Schlingue de « préparer » sa femme (Jeyne Poole que l’on fait passer pour Arya) avant de s’en occuper lui-même.
Ici, Dieu merci pour Sansa, on nous épargne cette séquence, Theon servant au final de contrechamp à peine bienvenu. Theon qui n’était là que pour nous servir d’écran, la remarque de Ramsay, s’adressant autant à lui qu’au spectateur (Ramsay est décidément le briseur de quatrième mur de la série !) : « You’ve known her since she was a girl ». En effet, Sansa Stark nous l’avons connue gamine.

Donc si on résume, un psychopathe qui pour UNE fois s’abstient d’être créatif sur sa victime, et une scène où tout se passe en contrechamp et le public est choquay ?

Parce que la scène a été très bien préparée, presque depuis la saison 2 (même s’il est sans doute improbable qu’elle ait été en gestation alors). Avec la tentative de viol dont Sansa avait failli être la victime durant l’émeute de Port Réal, la menace de son mariage avec Joffrey, le Limier lui disant qu’elles serait bien heureuse de le voir lorsqu’il n’y aurait que lui pour s’interposer entre elle et son précieux roi, la nuit de noces avec Tyrion, les attouchements de Littlefinger, la perversité de Ramsay….
L’histoire de Sansa est l’histoire tristement banale d’un corps sans cesse menacé de viol par les circonstances. Depuis la saison 2, cette échéance est sans cesse retardée, d’abord par la rupture de ses fiançailles avec Joffrey, puis par le sauvetage in extremis du Limier, puis par la bienveillance de Tyrion, puis par la nécessité pour Littlefinger de la garder vierge jusqu’au mariage. Car c’est bien là l’unique chose qui a protégé Sansa depuis qu’elle a mis pied à bord de l’Unique au début de la saison dernière.

Un peu avant la diffusion de cette cinquième saison, Sophie Turner avait défendu son personnage en interview en demandant aux spectateurs de ne pas détester Sansa pour sa féminité. Il est un fait que depuis le départ, Sansa est l’incarnation parfaite de la femme modèle dans cette société. Sa mère l’a élevée pour qu’elle soit ainsi. Sa position dans la société fait d’elle une monnaie de valeur.
Elle est jeune, sans famille, sans soutien, sans pouvoir. Qu’on ne lui reproche surtout pas sa passivité alors qu’elle se retrouve précisément cette semaine dans une position où elle n’a aucun choix. Être femme dans un univers pareil peut s’apparenter à un calvaire. Le livre fait très souvent mention des viols et autres violences faites aux femmes, que ce soit dans le contexte de la guerre, ou le contexte conjugal. Cersei n’est pas avare de réflexions sur la brutalité de Robert, par exemple. Quant à Daenerys, elle aussi subi des viols conjugaux pendant de longs mois, impuissante et désarmée à l’image de Sansa aujourd’hui, parce que sa famille, son époux, le monde, sa culture, exigent qu’elle souffre encore et encore. Parce qu’elle, comme Sansa, n’est rien d’autre qu’un bien dont on dispose.

Et c’est sans doute la combinaison de tout cela qui fait que cette scène reste insupportable, quand bien même elle suit une logique d’une triste banalité. Voici ce qu’il en coûte donc de naître femme en Westeros.

On a trop souvent tendance à oublier la menace constante qui pesait sur les femmes en ces époques plus reculées, au sein de société largement misogynes les renvoyant à un statut d’infériorité.
Et si malheureusement cela laisse encore des traces, on ne se représente plus ce que pouvait être la condition féminine dans ce type de société (il va de soi qu’il existe encore des endroits et/ou des circonstances où la femme n’est qu’un bien meuble). Entre le statut d’éternelle mineure, la culpabilité qui leur incombait en cas de viol, ou toutes ces situations où elles devaient subir, telle la nuit de noces d’un mariage arrangé, c’est un univers de danger constant, de peur ou les brimades, les violences, les agressions sont à ce point banales qu’elles en deviennent normales.

Sansa est ici sans ambiguïté forcée à accepter ce mariage pour sauver sa peau (le « choix » que lui laisse Littlefinger est un leurre), puis découvre que son futur est un homme malsain et dérangé. Le seul qui pourrait l’aider est Theon, lui-même terrifié par Ramsay et tout aussi incapable que Sansa de réagir sans susciter une réaction plus violente encore.
Prisonnière de cette chambre, Sansa est également prisonnière dans sa propre maison, et désormais prisonnière d’un mariage et du consensus culturel autour de la nuit de noces.
C’est à tout point de vue une scène atroce dont la protagoniste principale est pieds et poings liés à la merci de son bourreau.
Toute la question étant maintenant de savoir comment Sansa va réagir à ce traumatisme.


Ok, on va arrêter le tir avec l’ironie

La semaine prochaine…

The rightful king is back, bitches. Vivement qu’il atteigne Port Réal, je veux une scène entre lui et Olenna.
Mais en attendant ce jour glorieux, il va nous falloir patienter un peu. Et espérer un épisode moins inégal.

Qu’on ne se méprenne pas, il n’était ni lent ni farci de scène inutiles, bien au contraire, mais juste à mes yeux très terne en matière de mise en scène et d’écriture, sauf concernant Arya et Sansa, qui ont bénéficié des meilleures ambiances, comme toujours depuis ce début de saison. C’était un peu l’équivalent de l’épisode 9 de la saison dernière, où tous les efforts semblaient concentrés sur le duel entre Oberyn et la Montagne.

Mine de rien, ça y est, on entre dans le dernier tiers d’une saison qui comme les livres dont elle est inspirée,se borne pour l’heure à faire beaucoup de mise en place. Petit à petit, les points se mettent en place, les joueurs les plus faibles sont éliminés, et si quelqu’un pouvait S’IL VOUS PLAIT (prenez votre souffle) : arrêter de faire du mal à Sansa Stark montrer des loup garous faire un truc bien juste un truc avec Dorne faire sortir Dany de Meereen nous montrer à quoi ressemble la boutique d’un pénicier.

Oh, si d’aventure certains ici suivent « Outlander », méfiance, chercher à vous consoler de la fin de cet épisode de « Game of Thrones » avec l’épisode 15 C’EST PAS L’IDEE DU SIECLE.

PS :ce weekend, je me suis battue avec une tomate et c’est la tomate qui a gagné. Depuis deux jours, c’est donc un peu « Vis ma vie de Jaime Lannister ». Du coup ce billet est un peu plus court que de coutume, rapport à mon manque de skill avec des doigts en moins.

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Homme de pierre qui roule n’amasse pas mousse

Après 4 semaines inégales dont 2 franchement soporifiques, « Game of Thrones » nous montre enfin avec ce 5e épisode de sa dernière saison de quoi elle est capable. En reprenant la recette éprouvée l’an passé, comprendre des choix plus drastiques dans la narration. « Kill the Boy » se concentre sur le Nord et sur Meereen, ce qui permet de développer des arcs, des personnages, et de donner plus de rythme, paradoxalement en restant plus longtemps sur certaines scènes.

Résultat : « Queuah ? C’est déjà fini ? », au bout de quasi une heure d’aller retours entre Châteaunoir, Winterfell et la Baie des Esclaves/Serfs/Danyland.

Histoire de ne pas se contenter de servir l’épisode le mieux rythmé sur les 5, « Kill the Boy » est aussi celui qui aura le mieux installé ses ambiances, faisant le choix d’incursions franches dans la fantasy, dont les codes sont tour à tour respectés et détournés.

Aller c’est parti pour un épisode à trois dragons, un kilt, des lépreux, un volant de Twingo.


Et Dorneville…

Meureen.

Parce que les suppôts de Philippe lui ont fait plein de trous, Grey Worm git dans sa couche en attendant que le Mercurochrome fasse effet. Et pendant qu’il comate, Mimi le veille sur ses heures de pause.

Mimi, ma chérie, c’est LE MOMENT OU JAMAIS. Il te suffit juste de soulever le drap pour connaitre cette vérité ce pénis après laquelle lequel tu cours depuis une bonne saison maintenant.

Au même moment, dans la salle du trône, Daenerys contemple les dégâts. « Daffuq », hurlent ses sourcils « c’était pas dans les bouquins ça… ».

«-Je vous le confirme, vôtre mâjesté », fayote Hizdahr zo Loraq.
«-Et on fait quoi maintenant ? On interdit le port de masques glaçants ?
Vas-y, Khaleesi, faut leur apprendre le respect à ces bâtards. Faites pas votre pucelle, on va leur déchirer leur race à tous ces fdp, sur la vie de ma mèrelapute.
Faire sombrer Meureen macitémoncoeur dans un déchainement de violence aveugle ? EN VOILA UNE IDEE QUELLE EST BONNE WAARIO.
Cimer Khaleesi, chuis trop touché, tavu.
-C’était de l’ironie. J’ai une meilleure idée… Je vais faire arrêter tous ces fdp de nobles meereenois et…
On dit meereeniens, Khalees…
COMMENT OSES-TU JOUER LES GRAMMAR NAZI DEVANT MOI §§§§§ METTEZ-LE DONC AUX FERS AVEC LES AUTRES !!!! »

Fait intéressant, cet épisode, comme je l’ai dit en intro, mais suivez un peu aussi, détourne un motif classique de la fantasy, ajoutez-y les contes et légendes, de toute façon c’est le même lot, je vous fais un prix pour l’ensemble.
On met en effet en scène un groupe de personnes arrêté par un souverain cruel qui va les livrer à ses dragons/monstres, incarnations de son pouvoir et de sa malfaisance. Le moins que l’on puisse dire c’est que dans ce passage, la Daenerys qui jette avec froideur le malheureux Jean-Sébastien en pâture à Rhaegal n’a jamais tant ressemblé à son défunt pôpa, Aerys le Fol, le type qui goûtait fort faire frire ses propres vassaux dans leurs armures en y balançant du feu grégeois. Des barres.


Ainsi, ser Barristan est à peine refroidi que déjà Dany commence à prendre le chemin du Côté Obscur dont il cherchait à la préserver la semaine dernière encore.
Mais revenons à la scène en elle-même et à ce motif archi classique des innocents (je sais, il faut sans doute le dire très vite. Ces types ne sont pas là par hasard) livrés à des dragons. Très bien construite, elle fait apparaitre Rhaegal et Viseryion par le truchement des bruits de chaine, créant le même climat de tension que dans le premier épisode de la saison, quand Dany était venue leur rendre visite.

On peut d’ailleurs s’interroger sur le contrôle qu’elle semble à nouveau exercer sur ses enfants, tout feu tout flammes il y a quelques semaines, mais je préfère jeter un voile pudique sur cette légère incohérence. Les dragons sont certes des créatures de chair et de sang, mais la série les a beaucoup utilisés dernièrement comme des symboles, des représentations des tourments de Dany. Je ne pense pas qu’il faille voir autre chose dans ce contrôle retrouvé qu’une expression de sa fureur intérieure, qui ne transparait à aucun moment sur son visage de glace.

Ce qui est plus intéressant, c’est le fait que pour une fois dans ce motif des innocents livrés à des monstres, c’est que le souverain responsable de cette condamnation soit une femme. Et ce fait est très important pour l’impression dégagée par l’ensemble de ces scènes. Mais j’y reviendrai plus tard.

Parce que notre Dany nationale a touché le fond de la piscine dans son petit pull marine (une référence pour nous, les vieux…), au point qu’elle en est à demander conseil à Missandei, qui lui explique qu’elle n’est qu’une pauvre petite translatrice, qu’elle serait donc bien en peine de l’aider, que cette phrase et déjà trop longue mais que si vous voulez mon avis, Khaleesi, quoi que je dise, vous allez faire comme d’habitude, vous en tamponner l’oreille avec une babouche et n’en faire qu’à votre tête.

«-Même pas vrai d’abord, j’écoute !
Alors pourquoi vous faites toujours le contraire de ce que l’on vous dit de faire ?
Parce que c’est moi la reine ! Et puis c’est des menteries, j’ai fait des efforts depuis la saison 4 ! Tu te souviens quand j’ai suivi les conseils de lord Friendzone ? »

C’est qu’on la sent choquée Daenerys de se prendre en pleine poire cette verte critique, quand bien même elle est fondée. D’ailleurs on sent que Missandei a entendu parler du méchoui dans les cryptes aussi se reprend-elle aussitôt

«-Mais vous êtes aussi connue pour être la fille qui sait surprendre son monde en choisissant des options totalement inattendues ! Vous vous souvenez d’Astapor et de la façon dont vous avez entubé Kraznyz ?
Ahah, oui, on avait bien rigolé ! Drogon avait tout fait cramer et…
On va se calmer un peu avec le feu du dragon. Je veux dire, quand vous décidez de prendre des options auxquelles personne d’autre ne penserait parce que dans le fond, vous êtes un peu comme Starbuck dans « Battlestar Galactica », votre bêtise n’a d’égale que votre imprévisibilité et des fois, sur un malentendu, ça vous sauve les miches !
Comme tu as raison, Mimi, faisons donc cela.
Faisons donc quoi ?
Tu vas voir, mouhahahahaha !!! »

Et donc…

«-Ainsi donc par la présente, Hiz… Hizhd… Corentin, je vous épouse.
Fichtre c’est tellement imprévisible, je dois donner ma réponse tout de suite ?
Je ne vous demandais pas votre avis.
D’accord, mais j’ai deux questions.
Je vous écoute.
D’abord, est-ce que je peux choisir le traiteur pour le mariage ?
Accordé.
Ensuite, pourquoi moi ? Je veux dire, hein, je suis heureux et tout. Entre vous qui faites cramer des mecs pour le fun et finir dans un de vos dragons, le choix est vite fait, mais bon tout de même, je m’interroge.
Vous êtes le seul PNJ meereenois que connaissent les spectateurs, Corentin. Et maintenant, je m’en vais enterrer ma vie de jeune fille avec ma seule copine. »

[Le point chiffon.

Comme ça a l’air de vous plaire et que j’aime bien les froufrous, je vous gratifie ici d’un petit point chiffon sur notre chère Dany, qui est de loin la plus décevante de ces dames question fringues.

Mis à part les fois où ce sont les autres qui font du shopping à sa place (Viserys ou Xaros Xhoan Daxos, aka XXD), la pauvre n’a jamais su s’habiller correctement.
Est-ce que je dois vraiment rappeler à votre mémoire le tablier de grossesse de la saison 1 ?


OUI

Je passe sur sa tenue de « notaqueenakhaleesi » parce qu’elle est avant tout pratique, et je ne vais pas lui demander de faire des efforts alors qu’elle sillonne les pires routes d’Essos à la recherche de pognon pour reprendre son trône.

Mais quand même. Définissez-moi le look dans Dany en deux mots jusqu’à cette saison. Allez-y.

Voilà : « bleu » et « écailles de dragon ».

Les écailles, je ne vais pas en faire un plat, on comprend illico la raison profonde leur présence, Daenerys étant le dernier dragon.

Le bleu, maintenant. Là, j’avoue être un peu de parti pris, mais à mes yeux, le bleu est une couleur très ennuyeuse. J’apprécie de la voir de temps à autre, et il m’arrive d’en porter aussi, surtout du marine d’ailleurs, qui est un noir déguisé, mais les totals look bleu, ou la trop grande récurrence de cette teinte dans une garde-robe me fatigue =>boring.
Le bleu c’est donc pour moi chiant, impersonnel, le genre de truc facile qu’on choisit pour choquer le moins possible parce que le bleu dans le fond, tout le monde s’en fout. Couleur du consensus mou par excellence. Même le gris est plus punk.

Alors sur Dany, au secours… Ok, le choix est clair pour la costumière, c’est frais et ça va plutôt bien au teint d’Emilia Clarke, ça s’accorde joliment avec sans doute la couleur de cheveux la moins facile au monde après celle de Vivienne Westwood.
Mais sinon… Argh…

Depuis Qarth, Dany ne porte presque plus que cette couleur, et ce que je voudrais évoquer ici, c’est la manière dont elle est utilisée.
Daenerys n’a porté que du bleu depuis quasi 3 saisons maintenant. D’un point de vue strictement pratique, ce bleu souvent vif sert à la repérer immédiatement dans la foule.
Personne à part elle ne porte cette couleur.
Pour info, le bleu a longtemps été considéré comme une couleur de mayrde, de l’Antiquité au XIIIe siècle, entre autres raisons parce qu’il était très difficile d’obtenir des nuances vives avec les colorants à disposition. Ce n’est qu’au XIIIe donc que l’on est parvenu à trouver de quoi obtenir de beaux bleus, et que cette teinte a donc été promue.
En Essos, contrairement à Westeros où le bleu est fréquent (jusqu’à son mariage, c’était par exemple la couleur de Margaery, qui est récemment passée à l’or), on semble ne pas être tiptop au point sur la nuance. Dany est donc la seule figure en bleu, couleur westrienne, dans un océan d’ocre et de brun.

Mais depuis son arrivée à Meereen, Daenerys semble avoir découvert l’existence d’une nouvelle couleur, le blanc.

Une fois encore, les blancs purs sont très difficiles à obtenir. Presque autant que les bleus. Avoir un vêtement très blanc, c’est donc en avoir les moyens mais aussi, dans le cas présent, se distinguer de la masse.
Le blanc chez Daenerys a toutefois une autre fonction que l’expression de sa richesse : c’est sa couleur régalienne.

A mesure que ses conseillers se tirent, le blanc gagne du terrain sur son vêtement, comme s’il grignotait tout ce bleu chiant. Par contre la costumière n’arrive toujours pas à faire à Dany autre chose que des fringues fatigantes à regarder tellement elles sont ternes.


Ceci fut de très loin son personal best en 5 saisons

Ainsi, le bleu est pour Daenerys la couleur de la conquête et le blanc, celle de son autorité de reine. Vous avez des doutes ? Quand a-t-elle porté sa première robe blanche…


Les plus attentifs se souviendront qu’il y en a eu une autre un peu avant, à Qarth. Je ne la compte pas car elle n’apparait que dans l’intimité de sa chambre que cette robe semble être surtout une tenue d’intérieur

Précisément la première fois où elle a siégé en tant que reine pour apeurer les dirigeants de Yunkai.

Aujourd’hui, l’habit de Daenerys n’est plus que blanc. Je pourrais même ajouter que c’est toujours les 2 même frakking robes chiantes dont une existe en deux versions, longue et courte. Et qu’elle est SUPER MOCHE.

Donc sauf si on veut me faire mentir et que Dany se met soudain à porter du noir et du rouge (couleurs des Targaryens), la prochaine fois qu’elle mettra du bleu, ça risque de chauffer pour les Westriens.
REMETS. DU. BLEU. Cette histoire à Meereen a largement assez trainé.

C’était le point chiffon]

Cette semaine, l’arc de Daenerys était décidément de la pure fantasy dans le texte. Avec une inversion des rôles puisque comme on l’a vu dans la scène des cryptes, c’est une méchante reine qui faisait dévorer ses victimes par des monstres. Alors autant continuer dans cette thématique en faisant de Hiz… Corentin une figure de « demoiselle » en détresse, seulement sauvé de la mort par un mariage forcé avec son bourreau. On est à ça de faire appel à un héros spécialisé dans le sauvetage de princesses pour le tirer de ce mauvais pas.

L’idée de cette suite de scènes à Meeeeuuureen était d’asseoir le pouvoir de Daenerys et de montrer son style de gouvernement. Bien qu’elle ait perdu tous ses conseillers, notre bonne reine demeure souveraine de la cité quand bien même son autoritay est mise en péril par Philippe le Gondolier. L’épisode du jour devait enfoncer un maximum le clou sur cette notion.
Pour se faire, on convoque un motif ancestral qui va immédiatement et inconsciemment parler au public, reconnaissant le style de gouvernement d’un monarque dévoyé, livrant ses sujets en pâture à des créatures qui ne sont que des expressions littérales de sa propre cruauté, et disposant in fine de leur libre arbitre.
Car nous avons bien assisté à un mariage forcé cette semaine, Corentin n’ayant eu en la matière pas plus de choix que Sansa.

Il est intéressant de noter que les livres n’amenaient pas du tout le mariage de la même manière, puisque c’était alors Hizdahr zo Loraq (et une dame dont je ne vais pas parler ici) qui insistaient auprès de la reine pour qu’elle convole avec la noblesse meereenoise (« meereenienne ! »), scellant ainsi une alliance politique pérenne.
Ce qui est donc original et à contre-courant du motif habituel, c’est que le bourreau, celui qui force l’infortuné à un mariage subi est donc une femme. Cela n’a l’air de rien, mais en réalité, cette simple inversion met l’accent sur le caractère de pivot de cet épisode. Un épisode où nous allons pour la première fois voir s’inverser les rôles et les points de vue. Où Daenerys, héroïne animée des meilleures attentions, se mue en monstre oppresseur. Où Hizdahr zo Loraq et tout Meereen derrière lui se voient contraint de subir son joug et sa tyrannie.
En renversant les rôles, en inversant les symboles, D&D réalisent un sacré tour de force.

Avec son dernier conseiller disparu, Daenerys ne peut plus continuer de tergiverser. La situation est critique et il convient donc dans cet épisode de la voir prendre des décisions radicales. Amusant de voir comment la convocation du motif du « mariage forcé de la pauvre princesse avec Barbe Bleue » teinte d’une aura de lose ce qui de loin ressemble à une super manœuvre politique. Ce mariage avec Hizdahr zo Loraq est en effet une concession habile, tout comme l’est la réouverture des arènes. Ceci vient certes un peu trop tard, mais bon…
Pourtant, le comportement de Dany d’un bout à l’autre de l’épisode nous la fait apparaitre dans la peau de la méchante, de l’ennemi à abattre.

Et c’est là que j’applaudis des deux mains la finesse d’écriture de D&D, qui ont su prendre le taureau par les cornes dans cet arc meereenois.
Daenerys incarne bel et bien un pouvoir étranger et réformateur qui impose ses visées et sa morale sur un peuple qui n’en demandait pas tant. Si ses intentions étaient les meilleures, leur mise en œuvre tourne rapidement à la catastrophe et ce qui semblait être une bénédiction devient peu à peu une malédiction pour toute la Baie des Esclaves.
D&D ont développé plus loin que GRR Martin l’analogie qui court dans l’arc de Daenerys depuis son arrivée dans les cites esclavagistes. Ils ont traité, frontalement et avec beaucoup de pertinence, le fameux complexe colonial qui avait tant fait hurler à la fin de la saison 3.

De messie, Daenerys est devenue tyran, par sa seule faute, contrainte à la plus grande fermeté par l’instabilité que sa politique a généré. Enlisée, elle ne peut plus exercer son pouvoir que par la manière forte, même si pour préserver son trône, elle doit céder sur certains points.
La libératrice est désormais cette femme qui traine un homme au-devant d’une bête monstrueuse pour que celle-ci le dévore. Elle est cette femme qui contraint un homme libre à l’épouser sans lui demander son avis. Elle est la reine noire des légendes, celle qui le héros devra abattre pour mettre fin à son règne de ténèbres.
Et seul face à elle se dresse Philippe, le Fils de la Harpie, justicier masqué.

D&D ont en quelques épisodes opéré un renversement total pour un personnage largement perçu comme positif de notre point de vue. Que l’on apprécie Dany ou pas, ses actions sont conformes sur le papier à notre morale. Mais désormais, nous la regardons au travers des yeux de ces autres, ces étrangers aux coutumes barbares, subissant par sa faute de violentes mutations dans leurs modes de vie, des mutations qu’ils n’avaient pas demandé, et qui heureuses ou malheureuses, les forcent à appréhender leur existence sous un jour radicalement nouveau.

La série embrasse un point de vue, celui d’Hizdahr zo Loraq. Et en quelques scènes, notre référent à Meereen, Dany, est devenue l’étrangère. Un étrangère qui comme Jon devait cette semaine « kill the boy », enfin « the girl », mais qui l’a fait avec beaucoup de maladresse.

Another brick in the Wall.

Depuis qu’il a fait élire Jon Snow lord commandant, mester Aemon est malade. Hasard ? Coïncidence ? Je ne pense pas.
En tout cas son intervention de la semaine n’a pas servi à grand-chose, mis à part justifier le titre de l’épisode et nous rappeler qu’il est un Targaryen, lui aussi.


Après avoir bien causé avec lui, Jonny Boy peut donc muer en Jon Snowballz et s’en aller échafauder un plan ambitieux avec Tormund.


Notez combien Jon et Daenerys rencontrent le même type d’opposition. A la grande différence que Dany gouverne avec sa morale et Jon avec sa raison. Ce qui finit par leur poser le même genre de souci, puisque le bon peuple a quelques menues difficultés à composer avec ce que son dirigeant cherche à lui imposer pour le bien commun.
Jon Snow fait ici face au même type de problème que ATTENTION DE LA GROSSE REFERENCE HISTORIQUE MEME QUE JE SUIS PAS SURE QUE JON LA MERITE Alexandre le Grand quand il a cherché à gouverner son empire en s’appuyant sur les élites locales.
Pour Jon comme pour Alexandre, il n’était question que de reconnaitre la supériorité numérique des vaincus, et leur expérience dans le gouvernement/la survie sur ces terres. Isolés et promis à la menace d’une invasion/soulèvement, Jon et Alexandre ne peuvent faire autrement que de tendre la main aux locaux/Sauvageons pour renforcer leurs pouvoirs militaires et politiques.
Seulement, ceux avec qui Jon et Alexandre ont gagné la guerre, leurs frères/compagnons, ne peuvent se résoudre à traiter sur un pied d’égalité avec les ennemis de jadis, responsables de la mort de leurs hommes, de leurs amis, parfois de leurs parents. Ajoutez à cela le mépris des Sept Couronnes pour ceux qu’ils qualifient de « sauvageons » et vous obtenez le même complexe de supériorité que les Macédoniens/Grecs vis-à-vis des peuples orientaux.
Le sentiment/ressentiment l’emporte sur la raison et génère une vive tension dont on a du mal à imaginer l’apaisement.
Moi je dis, ce qu’il nous faut, c’est une bonne guerre.





Espèce de Grammar Nazi

C’est vrai. Dès l’instant où « The Walking Dead » déboulera dans « Game of Thrones », les frères jurés de la Garde de Nuit finiront par oublier leurs tracas avec les Sauvageons pour apprécier le soutien que peuvent apporter quelques milliers de Néandertaliens dans un combat contre les Autres.

En attendant, je ne suis pas certaine que Tormund ait eu la meilleure idée de tous les temps en proposant à Jon de venir avec lui évacuer les clans côtiers. Bien sûr, du fin fond de sa geôle il ne peut pas savoir que le lord commandant a été élu à 51% ni que sa proposition lui vaudra l’hostilité d’une grande partie de ses hommes.
Mais avec Stannis quittant Châteaunoir pour s’en aller chatouiller les Bolton, je vois mal comment notre frisé préféré va faire à son retour, avec toujours MOAR Sauvageons dans les cales de ses navires, pour se faire à nouveau obéir de ses hommes abandonnés à leur ressentiment pendant de longues semaines.

Jon et Dany, ou l’impossibilité de gouverner.

Enfin je dis ça, dans les faits, c’est au contraire très habile pour la série. Dans les livres, il existe plus de personnalités notables chez les Sauvageons avec lesquels Jon va interagir, permettant de gagner le respect et la confiance de certains représentants du Peuple Libre, se portant garants pour lui.
Ici, rien de tel, il faut donc à Tormund et au reste des clans de réelles garanties. La présence de Jon dans l’expédition en fait une excellente.

Pour la première fois depuis la saison 1, si je n’abuse, mention est faite de la Citadelle de Villevieilleville (je ne sais jamais qui de « ville » ou de « vieille » vient en premier), où sont formés les mestres loin dans le sud du continent. Soit un point de vue de Vère un coin aussi incongru et exotique que la Station Spatiale Internationale.
Cette mention pourrait bien préparer un détour dans le secteur, d’autant que notre bon roi Stannis a mis son gros doigt boudiné là où ça fait « eureka » les livres.
Ah pour sûr, nos amis stannisiens hantant ce blog ne sont pas des supporters invétérés du Grumpy King pour rien. Stannis se fait des amis en leur coupant les phalanges, il s’est sectionné lui-même les zygomatiques de crainte d’avoir un jour l’air joyeux, c’est un foutu grammar nazi aussi à l’aise parmi ses sujets qu’Alain Juppé au Salon de l’Agriculture, MAIS c’est un bon chef de guerre, il est d’une grande rigueur morale et d’une indéfectible loyauté, son sens politique est très sûr et cerise sur le gâteau, il comprend le poids des traditions et valorise le savoir et la culture.


Son « keep reading » à Sam était éloquent. Stan est concerné par le problème des White Walkers. Sans doute parce que Mélisandre a dû lui rebattre les oreilles sur le Grand Ennemi entre deux apparitions inexpliquées de boobs, mais il n’en demeure pas moins qu’il est le premier depuis le début de cette série à ne pas railler Sam pour avoir tout le temps le nez dans les livres.
Ok, Jon non plus ne l’a jamais raillé. Sauf la fois où Sam lui a dit qu’il voulait devenir magicien mais que son GPS a déconné pile sur l’embranchement qui menait au choix à Poudlard ou vers le Mur.

Winterhell.

« Ici Winterfell, les Nordiens parlent aux Nordiens. Veuillez d’abord écouter quelques messages personnels : les sanglots longs des violons de l’Hiver. Je répète : les sanglots longs des violons de l’Hiver… »

Thelma&Mouise ont enfin atteint le cœur de la Résistance dans le Nord : Winterfellbourg, où les FNI, Forces Nordiennes de l’Intérieur, ont établi leur quartier général. Comme visiblement, tous les jeunes sont morts à la guerre, il n’y a plus que des vieux mystérieux pour assurer la diffusion des messages par radio ou planqués dans des guidons de bicyclette. Ici, les papis font de la Résistance.

«-Bien, monsieur…
Mon nom de code est colonel Sparadrap.
Colonel Sparadrap, je dois faire passer un message à Sansa Stark urgemment.
Ce sera fait. »

Et ainsi nous retrouvons l’agent dormant Jeannine Flantier, plus connue dans le réseau sous le nom de Mamie Zinzin, s’introduisant dans les appartements de Lady Sansa pour lui délivrer cet étrange message :

«-TheNorthremembers.
Bonjour aussi Mme Flantier, mais je…
N’ayez crainte, si d’aventure vous vous trouviez en danger de mort, allumez le Bat Signal tout en haut de la tour depuis laquelle votre petit frère s’est crouté.
De quoi ???
Le Chevalier Noir et Robin viendront pour vous sauver !!!
Juste une question, comme ça, pour voir. Admettons que je sois en danger de mort un jour, dans un château rempli de Bolton où je peux pas faire un pas sans tomber sur un tueur en série, COMMENT JE FAIS POUR MARCHER JUSQU’A LA TOUR, MONTER TOUT EN HAUT, ALLUMER LE BAT SIGNAL ET REPARTIR NI VUE NI CONNUE ?

Alors ?
Euh… Hodor ? »


MEILLEUR. PLAN. DE. TOUS. LES. TEMPS.

[Le point chiffon.

Ou « comment j’ai perdu mon lectorat masculin ».




La semaine dernière, Elwing aux yeux perçants nous faisait remarquer que Sansa avait troqué ses vêtements de voyage pour une nouvelle tenue. Il s’agissait d’une robe dont le haut en laine bouillie était taillé en V, histoire de bien mettre en valeur le volant de Twingo.

Mais cette semaine, il apparait qu’en fait d’une robe Bolton. C’est peut-être le fait que le cordon de son manteau était croisé sur sa poitrine, comme les gorgerins des Bolton qui nous a induites en erreur. En fait, tout le monde ou presque a le gorgerin croisé dans le Nord, mais ça rappelle tellement l’emblème des Bolton que ça leur va très bien comme signe distinctif.

Il s’agissait en fait ni plus ni moins que de sa robe de mockingbird, celle qu’elle s’est fabriquée aux Eyriés. Pas facile de la reconnaitre quand son manteau nous en cachait le trait distinctif, les épaulettes en plumes. Mais cette semaine impossible de se méprendre à ce sujet, puisque Sansa arbore ce vêtement dans sa chambre, dévoilant la tenue complète, puis dans la scène avec Miranda où elle explique à celle-ci avoir cousu sa robe elle-même.

Mais tout n’est pas perdu avec le caméléon Sansa. Car au repas avec sa future belle-famille, c’est bel et bien une robe Stark qu’elle porte, une robe qu’on ne lui a plus vu depuis la saison 1 et son glissement progressif vers les vêtements Lannisters.

Lady Stark is back in her place :

Le vêtement nordien se caractérise par une robe en laine sur une chemise longue à jabot, parfois assortie d’un manteau. Sansa en portait en saison 1 avant de passer aux robes plus légères sur la route de Port Réal.

La tenue complète ici sur Cat. On note que ce vêtement est bien approprié à la rudesse du climat du Nord, couvrant le cou et superposant les couches comme des pelures d’oignons.

Très différent donc des robes plus légères de Port Réal ou, pire, de ces trainées de Hautjardin qui n’ont même pas de manches…

Ajoutez également un ornement assez élégant, un col en forme de boudin (dit comme ça, on repassera pour l’élégance…) amovible sur certaines tenues. Col arboré par Sansa dans l’épisode du jour.
Regardez la photo de Catelyn Stark au-dessus. Depuis la saison 3, lorsque Sansa n’affiche pas son allégeance pour un clan de la cour, elle tend à se vêtir de plus en plus comme sa mère :


Sans la chemise longue, parce que qu’il fait un peu trop chaud pour ça à Port Réal

Et dans cet épisode, avec ses cheveux teints en noir, elle est son portrait craché.

Pour le plaisir, cette image qui montre très bien la gémellité des tenues de Sansa et Littlefinger :

Caméléon je vous dis…

C’était le point chiffon]

Mais assez causé vêtements, parlons plutôt de notre couple préféré, Michel Fourniret et Monique Olivier. Aujourd’hui, Monique est de mauvaise humeur. Elle a envie de tuer Sansa. Moi j’ai envie de lui donner à manger.
Là, ça devient assez difficile à comprendre : est-ce que Michel lui a demandé de montrer Schlingue à lady Stark ? Ou est-ce sa seule volonté de saborder ce mariage en montrant à la future épouse le vrai visage de son fiancé ?




Décrypter les méandres tortueux des esprits Bolton est un exercice complexe. Le plus probable reste que Ramsay n’avait pas vraiment prévu que Miranda lui ferait ce coup-là. C’est sans doute la raison pour laquelle il finit par exhiber Theon dans la salle à manger, histoire de retourner le lavage de cerveau du FilsduPoulpe à son avantage : « oui, je l’ai castré, torturé, chassé, mutilé, terrorisé, mais c’était juste pour venger vos frères, the North Remembers, toussa. »
On note que Roose Bolton est à deux doigts d’encastrer la tête de son fils dans la table si ce dernier va trop loin, mais Michel Fourniret est avant toute chose un génie du mal qui sait toujours précisément ce qu’il fait.
J’ignore d’ailleurs si Ramsay sait qui a conduit Sansa vers son premier époux à Port Réal.

Ouaip, souvenez-vous, c’était Bitch King en personne. Celui qui avait fait tuer son père.
Et là, ironie du sort ou pas, Ramsay lui impose Theon, l’homme qui a tué ses frères et trahi Robb.
Ça ne s’arrêtera donc jamais…

Et pendant que lady Stark savoure modérément les hasards de la vie, Ramsay roule ses yeux de psychopathes sous amphétamines. Il faut que Roose lâche une *UTAIN DE BOMBE pour qu’il cesse son role play Joffrey Baratheon.

Pour faire passer la pilule de la grossesse de Fat Walda, Roose affirme son amour paternel Stannis Style en

ENVOYANT SON FILS A LA GUERRE. OMG, ça me rappelle quelqu’un !




Ok, Stannis aussi a fait exactement la même chose cette semaine avec Shoren, pour la protéger des violeurs de la Garde de Nuit.

Roose se contente juste d’emmener son fils à lui à la guerre pour protéger sa femme et leur enfant à naître (miroir inversé…). Pas fou, Vladimir Bolton. En plus, avec un peu de chance, s’il parvient à l’enflammer assez à grand coup de « monfilsàmoi, Bolton4ever », Ramsay ira se faire tuer tout seul comme un grand en première ligne.

Cependant… Ramsay, passé maître dans l’art du mindfuck, pourrait bien voir clair dans son jeu et profiter de la bataille, ou tout simplement d’un moment seul avec son père dans la campagne, pour nettoyer son arme et faire partir le coup tout seul.
Imaginez le scénario parfait : Roose meurt « accidentellement », ou tué par « l’ennemi » d’un coup de poignard dans le dos. Ramsay rentre à Winterfell, fait tomber sa belle-mère dans les escaliers, épouse Sansa, et hop THEKINGINTHENORTH.

JE DIS CA JE DIS RIEN.


La pendeloque sous le volant de Twingo, c’est sans doute de la déco mais est-ce que ça fait aussi surin ?

Je me demande tout de même si on ne va pas nous reparler rapidement de Rickon dans la série. Certes, le rappel de sa « mort » servait à justifier l’hostilité de Sansa à l’égard de Theon (il faudrait caser quelque part, genre ici, combien Sophie Turner a excellé dans la scène où elle reconnait le pupille de Ned, passant de la surprise de découvrir un visage connu à la haine pure en se souvenant de ses méfaits. Pas évident de condenser tout cela en quelques instants, mais elle y est parvenue), mais je me demande si cela n’a pas un rapport avec le déplacement de Selyse et Shoren avec l’ost royal.
Rickon est un des grands absents du dernier tome et il serait logique que l’on finisse par remettre la main sur lui un jour ou l’autre.

Love Boat.

Starring :

Jorah l’Ours du Nord.

Tyrion le Lion du Roc.

René, Edouard et Jean-Pierre, les lépreux.

Séquence conclusive d’un épisode du jour de haut niveau, ce final n’en était pas moins pétaradant, convoquant une imagerie puissante, un raccord avec les livres tristement prévisible (tristement juste parce que c’est triste. Sinon c’était très bien vu), et une téléportation.

Tout commence lorsque Jorah, Tyrion, le Love Boat (très joli petit bateau d’ailleurs) toujours embarqués dans leur défi fou de battre le record du monde du tour d’Essos à la voile en équipage, abordent les rivages de l’Antique Valyria.

Valyria.

VALYRIA BON SANG.

Personne, je dis bien personne n’y a jamais fichu les pieds. Quand je dis ça, je parle du lecteur qui a gré des bouquins n’a eu de cesse d’en entendre parler sans que jamais les pages ne l’y porte.

Valyria, civilisation grandiose, forgée par la magie du sang et du feu, éleveuse de dragons, conquérante d’Essos tout entier ou presque, fut ravagée 400 ans plus tôt par un mystérieux cataclysme, le Fléau de Valyria.
Il semblerait que les Valyriens aient en effet eu l’excellente idée, un peu comme les Napolitains, de poser les fesses de leur glorieuse cité sur les genoux d’un volcan géant qui entra sans crier gare en éruption, anéantissant la cité, et tous ses habitants. Depuis, la péninsule brisée de Valyria est une terre de légende, rougeoyante de feu, peuplée de ruines et soit disant aussi de monstres.
Une seule famille survécut à la catastrophe, les Targaryens, isolés sur leur île de Peyredragon, au large de Westeros.

Pour ceux qui causaient légitimité la semaine dernière, je suis tombée sur un truc en cherchant une info sur les Baratheon et leur emblème : ils descendent eux aussi de l’ancienne Valyria puisque le premier Baratheon du nom n’était autre que le frère bâtard d’Aegon le Conquérant en personne, soit un Targaryen lui-même.
Comme le dit toujours Cersei, l’important, c’est que ça reste en famille.
Et cela rejoint parfaitement un commentaire de Fewer sur l’étymologie des mots « stag » (cerf) et « dragon », le premier ayant été chez les peuples germaniques, longtemps assimilable au second. CQFD.

Cette scène de l’approche de Valyria était tout bonnement géniale. Superbe ambiance, avec cette traversée du décor qui n’était pas sans rappeler le passage de l’Argonath. Limite si Jorah et Tyrion n’ont pas été affublés d’une petite barque juste pour mieux faire ce parallèle.
En tout cas, cela fonctionne, ces ruines émergeant d’une forêt vaguement tropicale et totalement brumeuse.
Ruines rappelant parfois des temples précolombiens, parfois cambodgiens, ou des ruines romaines… Ce mélange hétérogène permet de composer une certaine harmonie dans l’étrangeté, définissant Valyria comme la mère de toutes les civilisations. GRR Martin a pour partie été influencé par le mythe de l’Atlantide lorsqu’il composa l’histoire de Valyria, c’est donc en toute logique que la série y rend hommage en liant plusieurs références culturelles les unes aux autres.
J’ai aussi beaucoup apprécié que l’évocation de l’antique Valyria se fasse au travers d’une récitation plutôt que d’un dialogue d’exposition. Cela renforçait l’ambiance générale qui était à la contemplation et au récit d’un passé quasi légendaire.
Et comme si cela ne suffisait pas, de cet ensemble mythologique, surgit Drogon en personne, vision sidérante y compris pour le spectateur pourtant familier de la bête, empruntant alors le point de vue émerveillé de Tyrion. Je crois que les dragons n’avaient pas eu pareille aura depuis leur toute première apparition à la fin de la saison 1.

On applaudit bien fort la direction d’acteurs avec un Peter Dincklage totalement saisi pour le spectacle, et un Ian Glen qui joue vachement bien le « Ouh pinaise, pas un geste, leur vision est uniquement basée sur le mouvement… ».

Si vous n’avez pas visionné l’épisode avec un streaming trop pourri (je viens de revoir la scène en 1080 dpi et puis je cherchais, aussi…), vous pourrez apercevoir dans le premier plan large sur l’aqueduc les formes des stonemen guettant le passage de la barque.
Je passe sur le combat bien fichu et son long écran noir conclusif (et cet écran noir qui s’éternise est juste parfait. On croit que le générique va nous laisser sur un cliff insoutenable et puis non !) et saute directement à ce moment étrange où ser Jorah téléporte Tyrion à 15 bornes du lieu de l’embuscade pour lui faire du bouche-à-bouche sur la plage.
Sérieux, comment vous êtes arrivés là, les garçons ? C’était carrément le WTF de l’épisode, les copains, sans vouloir vous offenser ni ternir la tragique conclusion de cet épisode.

Non, pas toi. Pas toi, lord Friendzone, même si c’était à prévoir en l’absence de celui qui… bref.
Dès lors que les Stonemen avaient été évoqués à de nombreuses reprises et que tu pris la direction de Meeeeuureen par la mer, ton destin était scellé.

Pour les non-lecteurs, merci de ne pas développer les évènements du livre dans les commentaires. Non-lecteurs, ceci s’adresse à vous : n’hésitez pas, vraiment, à lire les livres. Les directions prises par la série sont tellement différentes que vous aurez une toute autre histoire à découvrir. Avec des rebondissements inédits, des personnages nouveaux, et des intrigues encore plus tordues.

La semaine prochaine.

Ce sera l’épisode 6 (« wooouaaaah mais comment elle a fait  ») et on retournera du côté du Donjon Rouge pour y suivre les folles aventures de Cersei Lannister, la Frigide Barjot de Port Réal, et de la Manif Pour Tous.
Cramponne-toi à tes ballz, Loras.

Cramponne-toi aussi Arya, avec un peu de chance tu pourras sortir de « Six Feet Under » pour commcncer à faire des vrais trucs d’assassins stabstabstabkillkillkill, en plus, y’a ser Meryn qui approche et se serait tellement classe si tu pouvais enfin accrocher un des noms de ta Valar Morghuliste (copyright Wits) à ton tableau de chasse !

Cramponne-toi, Sansa, parce que dans une semaine, c’est le jour de ton mariage ! Et Iwan Rheon a promis une scène atroce pour le milieu de saison. Et je sais pas, mais moi, nous, tout le monde, on sent que ça va être pour toi.

Après un épisode du jour qui sondait les méandres de noirceur et de folie de cet univers, je sens que la semaine prochaine nous réserve le même malaise ambiant.

Et ça m’ira très bien. Cet épisode était passionnant. Les réaménagements commencent à prendre tout leur sens et à trouver ce qui semblait nous manquer de cohérence (je me comprends). La situation à Winterfell est gluante à souhait entre les inimitiés, les jeux de pouvoirs et les désirs de vengeance des uns et des autres. Meereen prend toute sa mesure en progressant parfaitement entre dérouler d’une intrigue chiante comme la mort dans les livres et exploration du personnage de Daenerys, qui s’avère presque plus intéressante ici qu’en format papier. Le voyage de Tyrion est finalement assez court et riche en péripéties, sans avoir à subir ses atermoiements.

Encore quelques jours, et nous pourrons célébrer le retour de notre grand-mère indigne préférée, j’ai nommé Mamie Olenna Reine des Epines, vainqueur par KO de Joffrey Baratheon l’an passé et qui revient mettre son titre en jeu !

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A Good Day to Die Hard

Cet edit au billet sur l’épisode 4 au sujet des commentaires. Je sais que pour les lecteurs un peu perdus par tous ces réaménagement, il est tentant d’anticiper les développements à venir dans la série. Mais en faisant cela, on risque de spoiler les non-lecteurs. Donc dans la mesure du possible, soyez très évasifs ou retenez-vous d’exposer vos théories sur tel ou tel arc modifié par D&D avant que l’arc en question ne soit résolu.
Pour cette même raison, j’ai d’ailleurs supprimé un passage du billet qui était carrément trop spoilant et pas du tout respectueux pour les non-lecteurs, même s’il n’avait pas trait à des réaménagements. Avec toutes mes excuses…
Voilà c’était tout, à toi, Edit(h Piaf).

Attention les amis, cette semaine on a du très haut niveau dans “Game of Thrones”. Nos plus grands politiciens et intellectuels se sont réunis pour concocter des stratégies brillantes et nous offrir un festival de plans hasardeux les plus WTF de tous les temps.
Et soudain, Tywin nous manque.

Grande nouvelle cependant, Dorne vient d’apparaitre sur la carte. Mais visiblement, D&D n’aiment pas bien ça, les Dorniens. Cette semaine, ils ont en effet droit à un malheureux décor agrémenté d’une vieille tente, mais bon, ça encore, c’est pas trop grave, on ne va pas chipoter, y’a même quelques plans à bord de l’Unique.
Non, ce qui m’a mise de travers c’est de voir les Jardins Aquatiques sortir de la carte avec la grosse mention “Dorne” juste à côté.
Dorne”, pourquoi pas “le pays au sud” ou ”viendez pour nos plages et nos déserts” tant qu’on y est.
Est-ce que les autres locations sur la carte ont droit à “Le Chnord” au lieu de “Winterfell” ou “Là où c’est qu’il y a le Palais des Milles Fleurs” pour Port Réal ???
Dorne”. C’est malin les gars mais maintenant des milliers de non-lecteurs vont assimiler cette ville à “Dorne City”, “Dorneville” (la destination de vos prochaines vacances en Normandie) voir, “Dornebourg”.

Et ça donne le ton de tout l’épisode qui se perd dans les facilités, toujours pour cause de mise en place, et donne parfois l’impression d’être un peu mécanique. On sent moins de travail d’ensemble, moins de fluidité que dans l’épisode précédent, qui était globalement d’une meilleure facture.
Mais une fois encore, la série avance, et surtout commence à nous jeter dans les affres de la création de D&D. J’ai maintenant la sensation de regarder la série sans filet, aujourd’hui plus que jamais. Et si je trouve habiles les aménagements, je suis un peu dubitative sur leur exécution. Mais avant de crier au loup, il faut je pense laisser la saison passer afin d’en faire un bilan à tête reposée, et avec un maximum de cartes en main.


Port Réal.

Souvenez-vous, c’était l’an dernier, Tywin annonçait à safillelareine que les mines d’or de Castral Roc étaient taries et que par conséquent, ça allait devenir chaud patate de rembourser le prêt à la Banque de Fer.
La crise, ma bonne dame.

«-Et du coup, je me disais, ser D’Artagnan…
Lord Mace Tyrell, votre mââjesté.
Ser Peuimporte, vous qui êtes plein aux as et fort diligent, ça vous dirait un séjour à Braavos aux frais de la princesse ?
Quelle princesse ?
Agadez, ser Moustache, dans mon immense générosité et ma reconnaissance humide pour vos grands bienfaits envers la couronne, je vous octroie par la présente une escorte en la personne de mon Garde Royal préféré, j’ai nommé, sous vos applaudissements ser Optimus !
Ooooh ! *clapclapclap* Qu’est-ce que c’est gentil alors ! Bon ben, foi de Gascon, en route. Je m’en vais empaqueter un peu de magret de canard et de l’Etorki. Dites-moi, ser Optimus, vous aimez la confiture de cerises noires parce q… »

Et tandis que ser D’Artagnan s’en va en fraise et en collant, Cersei se colle une margharita derrière la cravate avec l’air satisfait de celle qui, tel un paquebot lancé à pleine vitesse dans l’Atlantique Nord un soir d’hiver, ignore l’iceberg droit devant.

«Encore un succès pour le Grand Stratéguerre ! » jubile t’elle, alors que Mestre Pycelle réalise soudain que, oh ben ça alors, y’a de moins en moins de monde dans ce Conseil Restreint tout de même.

Si fait. D’ailleurs c’est presque étrange tout ça. Je sais bien que Mace Tyrell passe dans cette série pour le cousin attardé de la famille de Hautjardin, mais tout de même. Cersei est, pas si lentement que ça mais sûrement quand même en train de calquer sa façon de gouverner sur celle de Kim Jong Un et personne ne vient râler.
Enfin je suppose qu’il faut considérer que peu de temps s’est écoulé depuis la mort de Tywin et que personne n’a encore redistribué ses cartes pour tenter des manœuvres d’ensemble. Attends donc que mamie Olenna ne fasse un come back fracassant ma fille et tu verras.

La dictature version Cersei Lannister est une chose. Le vague « WTF » que j’ai murmuré en voyant la scène suivante en est une autre.

Je ne sais pas vous mais moi, j’ai compris la semaine dernière que Cersei avait écrit à Littlefinger après son entrevue avec the Holy Big Moineau, pour obtenir des biscuits bien croustillants sur les Tyrells.
Dans mon esprit, elle attendait sans doute qu’un peu de matière gluante remonte du dossier Margaery.
Mais ce que j’ai compris cette semaine m’a un peu déstabilisée parce que la seule chose que Littlefinger semble avoir été capable de lui répondre c’est :

« Mareinelareine,

Accrochez-vous à votre bouteille parce que ça va secouer : SER LORAS EST GAY.

Bisous et à bientôt,

Cordialement,

Lord Baelish. »

A la place de Cersei, voici sans doute ce que j’aurais répondu à ce message :

« BaelishmonBaelish,

NO SHIT SHERLOCK

J’ignorais qu’en plus de Harrenhal, vous aviez hérité du titre de Lord Obvious.

J’embrasse pas,

Cersei. »

Alors oui, oui, on nous dira que « ben si, la scène avec Dodo dans l’épisode 1 préparait ce moment où Loras se verrait cloué au pilori et même pas que c’est une métaphore », et là, j’ai envie de dire, « oui certes, c’était pour nous rappeler de lui donner du « your gayness » mais bon, dans cette même scène, Lolo Tyrell dit aussi que son orientation sexuelle, ben comment dire « it is known ».

Alors pourquoi Cersei a-t-elle besoin d’un Littlefinger pour lui apprendre cette incroyable nouvelle ? Après, j’ai peut-être mal compris. L’échange de message était peut-être uniquement destiné à le faire revenir à Port Réal, puisqu’elle cherche à s’entourer d’un personnel docile.
Mais le fait que le dit message soit utilisé dans la même scène que celle de la réunion avec le MegaMoineau me semble indiquer clairement, par l’image, que c’est Baelish qui lui révèle le pot aux roses.

«-High Sparrow…
Captain High Sparrow.
Si vous voulez, Captain. Donc voilà, je me demandais comment aider votre Sainte Croisade du Repentir.
Nous vivons chichement vous savez…
Justement. Et si je vous offrais des gourdins ? Ce ne serait pas super une petite armée rien qu’à vous ?
Et bien puisque vous le proposez si gentiment, je vais pas cracher dessus.
Bon, maintenant qu’on a bien causé, vous saviez que ser Loras était gay ?
OHBENCAALORS !!!!»

Il y a quelques temps de cela, Jaime avait dit une chose à propos des gens qui ne boivent pas d’alcool : « ça incite pas à faire confiance« . Prends-en de la graine, Cersei.

En moins de temps qu’il ne faut pour dire « septon », le Captain High Sparrow lève donc une armée pour sa Sainte Croisade.
Mais attention, hein, pas n’importe quelle armée. Tu sens que le mec a vu « Stargate » et qu’il trouvait les Jaffas tellement stylés qu’il les a pris pour inspiration.

Ainsi, pendant qu’un commando déferle sur le marché pour y assassiner sauvagement des centaines de barriques de grands crus de la Treille (J-1 avant que Cersei ne regrette amèrement sa décision), un somptueux montage alterné nous montre à voir la transformation de Frère Macramé en soldat des Sept. Aldo the Apache style, notre bon Lancel Lannister renait sous la forme d’un guerrier Goa’uld.


« Jaffa, KRI ! »

Frère Macramé traverse les rues de Port Réal en distribuant des mandales à la cantonade ainsi que de sages conseils du type « Repentissez-vous, mécréants », « A genoux devant Zod ! » et « Vous allez vous aimer les uns les autres, bordel de merde ? », avant de faire irruption au Palais des Mille Fleurs qui est mis à sac.

Oooooh, Cersei………

Cersei, ma fille… Te rends-tu compte de ce que tu es en train de faire ? Les Moineaux n’aiment ni l’alcool, ni la fornication. Surtout quand elle dévie de leurs critères manif pour tous. Et c’est vraiment avec ces gens-là que tu veux d’acoquiner ?
Toi, qui as tellement de casseroles au cul que tu pourrais servir de décor à « Top Chef » ?

Ne sens-tu pas le déplacement d’air provoqué par le retour du bâton sur le coin de tes pommettes ?

Dans les prochains épisodes : Lord Baelish découvre que les nouveaux amis de la reine ont mis son cher bordel à sac.

Celle qui gusta plus rien du tout, c’est Margaery. En proie à la panique, elle jette le masque en accusant Cersei devant Tommen. Lequel était en train de manger ses macaronis tu vois, et là y’a les seins de Margaery suivis du reste de sa personne qui entrent et qui se mettent à dire que sa mère est rien qu’une jalouse et tout alors que pas plus tard que la semaine dernière elle disait l’inverse, je comprends plus rien, je voulais juste manger des pâtes en paix, arrêtez de gesticuler madame enfin.

Abandonnant ses farfalles au pesto, Tommen se rend chez sa mère pour exiger des explications que Cersei ne lui donne pas vraiment parce que, croyez-le ou pas, son plan, dans lequel une gamine de 3 ans pourrait voir clair, n’est pas si mal ficelé que cela. Les mains propres pour l’arrestation de ser Loras, elle peut donc refiler le frisé et l’eau du bain au Grand Moineau, lequel est de toute manière trop occupé à prier pour recevoir le roi.
Roi qui fait une superbe démonstration d’autoritay devant le septuaire et passe à ça de se faire démembrer vivant par une foule légèrement aigrie. Je veux pas dire, mais avec ses conneries, Cersei est passée à ça de se faire barboter son deuxième fils. Bravo, championne.

En son temps, Joffrey aurait sans doute rétorqué un « bâtard toi-même » et lâché les chiens sur les pécores avant de provoquer une émeute dont même Baltimore ne pourrait rêver.
Ceci dit, non, Joffrey n’aurait pas bougé son auguste céans de la salle du trône. Il aurait simplement expédié les stormtroopers faire le sale boulot et déclencher l’émeute.

Tommen, mon tout petit, je t’aime beaucoup. Parce que tu adores les chats et que tu détestes les betteraves. Et aussi parce que tu es profondément gentil. Dans les livres, tu n’es qu’un enfant de 8 ans, incapable de gouverner et passant sous la coupe successive de ta mère puis de ta promise Margaery (qui doit avoir quelque chose comme 14 ans).
La série t’ayant vieilli, tu ne pouvais pas rester sur un registre similaire. On a donc ici fait de toi un enfant timide, en manque total de confiance en lui et surtout peu préparé à gouverner. Un manque dans ton éducation que papi Tywin avait bien cerné au lendemain de la mort de Joffrey, en te proposant son aide. Ce n’était pas là uniquement un moyen pour le Lion d’asseoir son emprise sur le Trône de Fer. C’était aussi une tentative de rattraper le temps perdu. Et l’autre jour, la réflexion de Kevan au conseil allait exactement dans le même sens.
Tommen a besoin d’apprendre. C’est un bon garçon, et s’il avait été correctement chaperonné, il aurait sans doute fait un bon roi en temps de paix.
Sauf que pas de chance, sa mère a autant le sens de l’éducation que celui de la politique. Ses méthodes ont donné dans un premier temps un psychopathe allumé de la gâchette, et avec toi, le numéro 2 relégué au rôle de roue de secours, cela donne un type mal à l’aise, timide, dépourvu de confiance en lui-même. Tommen n’est pas un lion, c’est un chaton.
Je me demande bien comment est Myrcella.

En attendant, Tommen me semble fin prêt à rejoindre les rangs de ces souverains victimes des circonstances et de mauvais conseils, héritant d’un royaume instable, à deux doigts de leur exploser au visage, qui, s’ils avaient toutes les qualités pour régner en des temps plus cléments, n’avaient pas les capacités pour diriger une nation au bord du chaos.

Nico d’Ekaterinbourg et Loulou de Paris, présidents honoraires du club te souhaitent la bienvenue


Fun fact : dans cet épisode, on voit Bronn taquiner Jaime sur la paternité de Myrcella puis on entend un homme traiter Tommen de bâtard. Genre tout le royaume sait que Jaime galvanisait les escalopes de sasoeurlareine.




Par contre, Cersei et Captain High Sparrow ont besoin des dossiers secrets de Littlefinger pour savoir que ser Loras est gay.
Y’a pas comme un souci ?
Parce qu’autant concernant Loras, toute la cour est au courant, tout le royaume aussi par la même occasion (sauf Sansa Stark, qui n’a pas encore du comprendre), autant concernant les enfants de la reine, il n’y a aucun preuve concrète, pas de témoin. Et presque pas d’aveux (il y en a eu 2, un fait à Tyrion par Cersei et l’autre par Jaime à Catelyn).
A moins d’inventer rapidement le test ADN, impossible pour les westriens de connaitre la vérité. Ce ne sont que des rumeurs, des on dit. Certes, la cote de popularité de la famille royale est en train de défoncer le sol de la Fosse des Mariannes, mais je trouve que traiter ce ragot (parce que ce n’est qu’un ragot, colporté par Stannis qui n’est qu’un prétendant au trône, pas forcément super digne de foi) à la hauteur d’une certitude, dans le même épisode que celui où on semble découvrir l’homosexualité de Loras, c’est un peu maladroit et un tantinet exagéré.
Sauf si cela sert dans les épisodes à venir, ce qui est fort probable. Mais je n’en dirai pas plus, par peur de spoiler.

Bronn & Jaime.

Parce que “Game of Thrones” manquait de bromance, de camaraderie virile et de punchline qui sentent le mâle sous les aisselles, découvrons ensemble notre nouveau show dérivé,: “Bronn&Jaime”, qui mérite son générique perso, un truc qui s’inspirerait de ça.

Après une croisière en Méditerranée, Bronn et Jaime vont faire un pique-nique sur la plage. Un pique-nique d’hommes, où c’est qu’on mange les serpents qu’on vient de tuer avant de les faire griller à la broche.


“Pirates !”

Entre la 7e et la 8e bière du deuxième pack, l’atmosphère se détend un peu. On se laisse aller à de grandes discussions sur les femmes qu’elles sont chiantes à toujours nous gueuler dessus parce qu’on n’a pas baissé la lunette des toilettes, mais aussi sur la vie et la mort.


Oh…



« Aller, Pod ! On s’arrache !!! »

Sa mort, Bronn le reître qui a roulé sa bosse, la voit dans un lit de plume, avec une femme et du vin.


“Pirate !”

C’est un peu décevant” se dit Jaime.
Oui”, lui répond la Dame, “on ne voit pas du tout le coup venir. C’est tellement discret et subtil… Un peu comme votre plan totalement bancal pour sauver Myrcella.
Lundi investigation : la saison 5 de “Game of Thrones” sera t’elle la saison de la mort de TOUS LES SECONDS RÔLES ?

Tatooine.

Escortée d’une aura de ténèbres, Darth Ellaria équipée d’une moustiquaire, fonce sur son landspeeder vers la base sidérale des Aspics des Sables, les charmantes et néanmoins bâtardes filles d’Oberyn Martell. Que Cersei imaginait l’an passé très distinguées.

Forcément, les pires prédictions de Bronn se réalisent car FORCEMENT, le capitaine du navire a parlé. Bizarrement, faire passer un message d’une importance capital aux Aspics, ça vous vaut d’être enterer dans le sable avec des scorpions.

Elles sont joueuses…

Elles sont complètement nunuche ma parole !

Mais pourquoi vous faites ça ? C’est pas très très gentil !!!
Vous avez été à l’académie “Aragorn” pour apprendre l’art de traiter avec des messagers désarmés ou quoi ?

Après avoir regardé les Aspics s’adonner au grand jeu du “que de la gueule”, il est temps pour moi de clore le chapitre dornien car je commence à comprendre comment la série va aménager les évènements des livres en fonction de la presence de Jaime. Si Bronn a droit à une scène émotionnante dans les jours prochains, je ne serais pas surp….

OHMONDIEU c’est déjà fait….

Another brick in the Wall.

C’est l’hiver, au beau milieu d’un après-midi d’automne. Il est approximativement 16h37, et le roi Stannis frissonne dans le froid de l’aube.

J’ai pas d’amis. Pourquoi personne ne m’aime ?” Semble-t-il se dire en contemplant Jonsnow occupé à faire des tourbilol dans la cour. “Je lui avais pourtant promis un trône, des femmes, et de la bière nom de R’hllor !” (si vous aussi vous êtes en train de chantonner cette phrase bêtement, s’il vous plait, pour votre bien, ne faites pas comme moi : ne commencez pas à vous imaginer ce que pourrait donner “Stannis, la comédie musicale”).

Mais si Stannis, y’a quelqu’un qui t’aime : ta fille Shoren. Et c’est parti pour LA SCENE qui fera pleurer tout le monde, surtout les stannisiens et leur coeur de pierre (au singulier, un seul pour le groupe c’est largement suffisant).



C’est bien joli tout ça, mais je suis très inquiète pour ces deux personnages moi d’un coup !

A peine le temps de lever un sourcil d’effroi et hop, on passe à la scène de boobs de Carice Van Houten de la saison.
Gratuite ? Moins que celle dans le bain de l’an passé. Celle-ci survient au beau milieu d’un grand moment de concentration pour Jon, appliqué comme un écolier à signer des papiers, en tirant la langue parce que ça aide à mieux écrire :

“-Bonjour, Jonsnow, fils de.
Bonjour Madame.
Alors comme ça on a refusé la proposition du roi ?
Oui, Madame.
Un trône, des femmes et de la bière nom de R’hllor !
Faites pas ça s’il vous plait. Après je vous imagine dans une comédie musicale de Kamel Ouali et c’est malsain.
Je vais essayer autre chose alors. Oh zut, la maladroite, j’ai fait tomber ma robe !
Oh non ! Je vais vous la ramasser alors.
Attention, e pericoloso spongerisi, Jonsnow ! Accroche-toi ici !
Madame…
Oui Jon ?
How can I put this… Je sais pas si c’est bien convenable pour une jeune fille comme vous d’avoir un jeune homme comme moi suspendu à un de vos appendices mammaires.

Jon, à force de rien comprendre, il va finir par t’arriver des bricoles !

Après avoir hurlé quelque chose comme “Ah ! Aaaahaaaah ! A moi mes voeux !” le lord commandant (oui, je sais, ça fait drôle) réussit à se débarrasser de Mélisandre en invoquant le spectre de son amour perdu.
C’est beau quand même, une fidélité pareille, au-delà de la mort, surtout de la part de quelqu’un qui est raciste anti-roux.

Bien tenté, Mélisandre en tout cas. C’était un peu la dernière carte à jouer pour le clan Stannis auprès de cette tête de pioche. Mais quand les Stark ont un truc en tête, ce n’est pas ailleurs !

Ce bras de fer entre Jon et Stannis est très intéressant. Parce que leurs deux points de vue sont parfaitement logiques.
Jon refuse le Nord et le nom de Stark pour ne pas trahir à nouveau ses voeux. Et parce que la Garde de Nuit a besoin d’un chef. Et parce que « Winter is coming« .

Jon a conscience de la menace qui s’apprête à fondre sur eux depuis l’au-delà du Mur. Sa mission à Châteaunoir est plus importante que tout le reste. Plus que la vengeance, plus que Winterfell. Car si la Garde de Nuit devait tomber, alors il n’y aurait plus de Winterfell à reprendre.

Stannis lui, veut autant s’assurer de la fidélité du “Warden of the North” que de réparer l’injustice faite aux Stark. Jon lui plait, et pas uniquement parce qu’il aime lui aussi faire cramer des trucs. Il a vu en lui quelque chose et ce quelque chose lui inspire confiance. Et comme l’a dit Davos l’autre jour, la confiance de Stannis est rare et précieuse.

Si Jon acceptait sa proposition, il restaurerait les Stark à Winterfell et unirait le Nord derrière la bannière de Stannis.
Mais comme Jon le disait, s’il acceptait cela au prix de ses vœux, il serait certes un lord, mais un lord déserteur. Et depuis le pilote de cette série, on sait ce que les Nordiens pensent de la désertion.

Winterhell.

Sansa ma chérie, quelle drôle d’idée de mayrde d’aller te promener dans les cryptes du château alors que celui est plein de tueurs en série !
D’ailleurs, il faut moins de 5 minutes à Pedobear pour la localiser. Sansa, mineure sans protection dans une cave : l’accord parfait.

«-Alors ça par exemple, lord Baelish, vous ici dans une cave sombre tout seul avec une jeune fille… ça me rappelle un truc, mais je n’arrive pas à me souvenir…
Tranquilisez-vous Sansa, nous sommes à Winterfell, pas à Charleroi.
Dites voir, vous avez mis votre casaque et vos bottes de jockey, vous seriez pas en train de vous débiner pour m’abandonner aux bons soins du président de toutes les Russies ?
MAISNONENFIN OU ALLEZ-VOUS CHERCHER TOUT CA. Vous ne risquez rien. Roose Bolton a besoin de vous et son fils Ramsay est un charmant garçon un peu niais avec le cœur sur la main. »



Non mais attendez, c’est pas fini. Dans le genre plan foireux celui de Littlefinger se pose là. Tout le truc est fondé sur wattmille paramètres hasardeux dont le plus aléatoire n’est étrangement pas la lubie qui passera par la tête de Michel Fourniret le soir de la nuit de noces.

«-Attention Sansa, soyez bien attentive, c’est l’heure de mon monologue trü evil digne d’un méchant de James Bond.
Vous allez pas refaire un truc genre « L’Echelle du Chaos » j’espère ?
Mais non enfin ! Bien, vous épousez Ramsay, vous devenez donc dame de Winterfell. Puis Stannis Baratheon éclate la tête des Boltons, vous restaure en tant que Gardienne du Nord, je vous épouse et je deviens reine Gardien du Nord.
Parce que vous soutenez Stannis maintenant ?
C’est jamais que la 20e fois en 5 saison que je retourne ma veste.
Ça doit vous faire un sacré budget couture, tous ces ourlets à changer… Et si jamais the rightfull king se fait plier comme le Brésil face à l’Allemagne, il se passe quoi ?
Et bien vous serez toujours la femme de Ramsay, je vois vraiment pas le problème.
Mais n’empêche, vous êtes en train de me laisser toute seule dans un château qui va sous peu subir un siège, même que ça risque d’être violent peu importe le vainqueur, alors dans l’éventualité oummmfffmmmmfff.
Désolé Sansa, c’était plus fort que moi. Avant mon départ je devais vous Littlefingered.»

Et dans un claquement de cape s’en fut Petyr Baelish, avec la satisfaction du devoir d’un pedobear accompli.

D’ailleurs, il n’y a que moi où dans cet épisode, on a eu le droit à quelques indices sur la théorie R+L=J ?




The Hunt for Philippe.

D&D, mes tout petits… Il faut qu’on parle, alors asseyez-vous. Ou plutôt, tenez, allez donc vous adosser à ce chevalet que je vous y attache.
C’est quoi le fuck avec l’épisode du jour ? C’est quoi le mégafuck ?






«-Vas-y, nous fait pas un procès à cause de ser Barristan ! Tout ça c’est la faute de George !
C’est n’importe quoi, D. Comment ça pourrait être de la faute de Baby George ?
George RR Martin…
Ah. Au temps pour moi, j’ai passé mon weekend en Royal Baby Watch alors…
Non mais nous aussi on fait souvent la confusion t’inquiète.
ANYWAY. NE ME DETOURNEZ PAS DU…. Ahem, Ser Barristan. J’attends des explications.
Eh, ça va, tu sais même pas s’il est vraiment mort.
Ouais, si ça se trouve, on l’a juste méchamment blessé, hein.
BIEN TENTE. Sauf que j’ai vu la preview de l’épisode 5. Mais je m’en fiche de ça, les gars.
Ah bon ? Nous on pensait que tu nous avais fait ligoter sur le grand chevalet Bolton des tortures à cause de ça.
PADUTOU. Vous êtes les seuls maîtres à bord de votre série à présent. Vous faites bien ce que vous voulez de vos perso secondaires. C’est pas ce que vous faites le problème, c’est la façon dont vous le faites. Pourquoi avoir passé autant de temps en début de saison à nous mettre des scènes sans intérêt entre Grey Worm et Missandei ?
Bah pour qu’on s’inquiète pour lui dans l’épisode du jour, tiens.
Personne ne s’inquiète pour Grey Worm, à part Missandei. Et aucun spectateur ne pleurera sur le sort d’un pseudo guerrier d’élite qui se jette la tête la première dans un piège tellement grossier que même les Jaffas dans « Stargate » l’auraient vu venir. Je peux pas avoir de pitié pour ça. Comme je ne peux pas avoir de pitié pour des Immaculés en jupe et en gilet qui persistent à combattre dans des ruelles d’un mètre 20 de large avec des sarisses de 3m. Même qu’un de mes lecteurs me l’avait fait remarquer y’a pas 15 jours !
Ouais mais c’est parceq….
Chuuuut, D… Même ça, limite, je pardonne. Les Immaculés sont une compagnie de complets demeurés, soit. Moi ce que je voudrais, c’est qu’on revienne à ser Barristan. Un dialogue pontifiant en 3 épisodes, et là, parce que vous avez décidé de lui faire bobo, vous nous le recyclez en mode papi gâteau pour attendrir la ménagère ? C’est pas un peu tout pourri ?
C’est vrai que c’est un peu faci…
Un peu facile ? « Si on décidait de mettre en danger de mort ce personnage secondaire qui fait de la figuration depuis 2 saisons ? Zut alors, mais s’il fait de la figuration, tout le monde s’en fiche ! Donnons-lui une scène émotionnante avant de lui faire passer l’arme à gauche ! » JE DOIS M’INQUIETER POUR STANNIS LES MECS ?
Eheh… How can I put this… »

L’idée de tuer ser Barristan n’est en elle-même pas idiote. Certes, cela constitue un spoiler puisqu’aux dernières nouvelles, notre vieux préféré est encore bien vivant dans les livres. Mais dans la série, il y a une certaine logique à cette fin prématurée.
Depuis la fin de la saison dernière, D&D isolent de plus en plus Daenerys : ser Jorah, ses dragons, ser Barristan aujourd’hui, tout le monde la quitte et la laisse seule au beau milieu du carnaval de Venise le plus mortel de tous les temps. Cela prépare bien sûr l’arrivée de Tyrion, qui en deviendra presque providentielle, notre bonne reine contrainte de faire confiance au Lannister, faute de mieux. Et cela prépare aussi des décisions politiques qui désormais apparaissent comme absolument nécessaires pour garantir la survie du régime targaryen en place.

Meanwhile, sur le cours de la Durance…. Tyrion Lannister chante à tue-tête des chants de marins. Et ser Jorah se prend à citer Robb Stark :

Un rapide arrêt sur image pour parler de notre bon nain qui identifie en deux secondes montre en main son kidnappeur parce qu’il a un accent nordien et parce que cet abruti de ser Jorah a un énorme trou « how convenient » dans le sac qui sert à transporter son armure, et que ce trou ouvre PILE POIL sur l’emblème de la maison Mormont.
C’est nul.

Mais puisque l’heure est au deuil, rassemblons-nous pour nous souvenir de ser Barristan Selmy, Garde Royal, décédé tragiquement à même pas deux jours de la retraite. Oublions sa fin tragique, précipitée par l’incompétence combinée des Immaculés et de leur reine bien aimée pour nous rappeler des jours heureux où Barristan Selmy nous charmait de ses conseils de vieux briscard, déambulant en survêtement dans tout Meereen en exhortant la jeunesse à se mettre au travail.
Les vieux soldats ne meurent jamais, et pourtant, pourtant, tu succombas sous les coups de canif d’un gondolier ce qui ne te serais pas arrivé si tu avais pris la peine de mettre une vraie arme au lieu de te promener en slip dans une ville au bord de l’insurrection.
Pour toi, le régiment joue cette aubade. Adieu, camarade, adieu papi.










La semaine prochaine…






Regardez bien ces visages, et tous les soirs, récitez leurs noms avant de vous endormir. Ils sont sur la dead list de D&D.
Et si j’ai mis Grey Worm c’est uniquement parce que je ne suis pas tout à fait sûre encore.

La semaine prochaine, nous devrions voir les plans les plus bancals (bancaux ?) et tous les temps se mettre en branle. Et croyez-moi, y’a de l’artiste, du clown de compet, du genre qui passe dans « Le Plus Grand Cabaret du Monde »:

-approchez, approchez et découvert Cersei Lannister, The Mother of Madness ! Elle va sous vos yeux dompter une bande de moineaux !!!
-venez donc par ici admirez Petyr Baelish, Le Petit Oiseau, et son assistante Lady Sansa ! Lord Baelish va lui jeter des couteaux pendant qu’elle marche sans filet sur un cable tendu au-dessus d’une fosse pleine de feu !
-et n’oubliez pas de faire un détour du côté de chez les frères Pétard, Bronn et Jaime ! Bronn et Jaime vont exécuter un tour de magie fabuleux en faisant disparaitre une petite princesse, le tout sans accessoires, sans magie, sans mise en scène, et avec un slip !
-enfin, le seul, l’unique ! Lord Friendzone, et son acolyte le nain Tyrion tenteront de battre le record de traversée du Pacifique à la rame !

A la semaine prochaine, et d’ici là, n’oubliez pas…

Continuer la lecture

Septon des Caraïbes

Ah qu’il est désormais loin le temps où nous lecteurs pouvions nous gausser lorsque le public du show s’amusait à nous teaser à coup de théories ou de spoilers…

Fini !

Et c’est un sentiment étrange d’exaltation et d’inquiétude face à l’inconnu, surtout quand l’inconnu concerne des personnages que l’on a pas très envie de se voir embarqué dans des histoires louches dans les Ardennes, si vous voyez ce que je veux dire…

En tout cas, la première leçon de cet épisode est bien que « Game of Thrones » est de retour, et elle est en grande forme.

Cette semaine, D&D renouent avec un épisode de qualité, qui n’hésite pas à laisser des personnages en plan pour mieux proposer des scènes riches, dotées de superbes transitions entre elles, donnant un très fort sentiment de cohésion à l’ensemble. Que cela soit parce qu’un personnage conclut sa scène en parlant de celui qui ouvrira la suivante, ou en convoquant des éléments communs, les connexions étaient claires, la toile d’ensemble se percevait bien, sauf peut-être avec Arya qui plus que jamais semble avoir une série dérivée rien qu’à elle désormais. Même Daenerys devient dangereusement proche du reste de la distribution à mesure que les semaines passent.

Port Réal.

C’est marrant parce que pas plus tard que la semaine dernière, tonton Kevan se plaignait que le roi passait plus de temps à brosser son chat qu’à gouverner. Et là, comme de par hasard, qui c’est qu’on a sorti de sa chambre, l’arrachant à l’affection de son site Internet préféré LoLcatz.com, bing, le roi Tommen. Oh ben ça alors.
Et qui va brosser les poils longs et si faciles à emmêler de ser Pounce maintenant ? QUI ?

Enfin rassurez-vous quand même, Tommen premier du nom, Roi des Andals et des Piti Chatons n’a pas quitté les parages de son matou pour se mettre à bosser sérieusement. Il est juste venu pour se marier.
Et croyez-le, croyez-le pas, il ferait presque plaisir à voir ce mariage, d’autant que c’est le premier depuis longtemps qui parvient à aller plus loin que la nuit de noces sans aucun drame. Que se passe-t-il ? « Game of Thrones » aurait-elle perdu de son mojo en matière de célébration ?

Une qui n’a rien perdu en revanche, c’est cette chère Margaery.

« Vive notre bonne reine ! Vive la reine Margaery ! » clamaient les pécores comme des pécores sur la route du cortège royal !

« Vive ma reine Margaery ! » s’exclame aussi Tommen en émergeant de la couette avec un air de ravissement béat qu’on lui comprend fort : à 17 ans, Dean Charles Chapman a déjà tourné une scène de nu avec Natalie Dormer. Ce qui fait de lui l’un des hommes les plus chanceux du monde ET l’un des plus détestés aussi.

Sur le moment, je pense que Margaery a dû avoir une pensée émue pour sa mamie Olenna. Je sais, c’est limite malsain de penser à sa grand-mère en un instant pareil, mais reconnaissons tout de même que sans son intervention providentielle, sa nuit de noces se serait sans doute conclue avec un carreau d’arbalète dans le fondement. Là, la pire menace à affronter c’est un Tommen tout fier qui veut un deuxième round. Tommen qu’elle maîtrise d’une gratouille sous le menton.
Reste maintenant à s’occuper de la reine-mère, ou reine douairière, on ne sait plus très bien, l’important étant qu’elle dégage.
Le numéro que sert Margaery à Tommen est un chef d’œuvre de manipulation. Si nous ne savions pas combien la petite Tyrell rêve de se débarrasser de Sue Helen, on n’y verrait que du feu à son grand discours sur « ta mère est tellement gentille, tellement douce, si attentionnée. Elle s’est si bien occupée de toi, il est temps que l’on s’occupe d’elle maintenant ».

Ce qui a pour conséquence :

«-Ah, Machin…
Tommen, maman.
Oui, c’est ça, Tommen. Alors dis-moi, comment ça se passe avec ta petite grue femme ?
Ouhla… Bienbien. Mais je suis pas sûr de vouloir en parler à ma mère.
Méfie-toi mon fils, et profite bien avant qu’elle ait pris 50 kilos, qu’elle t’empêche de jouer aux jeux vidéos et qu’elle t’engueule pour la cuvette des toilettes !
Je… Quoi ?
C’est ça la vie conjugale, mon petit : L’ENFER. Ne te laisse pas abuser par son hypnotique poitrine. Elle va te tuer à petit feu !
Okaaaaay…. En fait, moi je venais juste te parler de trucs sympa, style, est-ce que tu ne penses pas que tu serais mieux dans un endroit plus calme, avec des gens pour s’occuper de toi et des personnes de ton âge ?
J’ai dû mal entendre.
L’audition n’est plus ce qu’elle était… Je sais que c’est pas facile tous les jours, y’a beaucoup d’escaliers ici et… »


« Ehgnnnnbeuarkgn… » Tant de choses passent sur ce visage…

Comprenant que son fils cherche à l’enfermer dans la Résidence des Mimosas où elle sera condamnée à jouer au bingo et à dîner à 18h jusqu’à ce que mort s’en suive, Cersei met illico le cap sur le vaisseau amiral de la flotte Tyrell, Margaery :

«-Bonjour ma belle-f….. Oh putain c’est quoi ! Ah !
Bonjour belle-maman, vous êtes toute pâle ! Vous avez vu un mort ?
Non, j’ai vu une paire de manches… Attendez deux minutes que je me fasse à l’idée….
Hihi !
Dites voir, quand vous aurez fini de glousser, vous pourriez me faire un état des lieux de mon fils ?
Je l’a.dore ! Il est tellement influenç…choupinou !
C’est bien ce que je me disais aussi…
Mais je manque à tous mes devoirs, joigniez-vous à notre goûter, encore que nous n’ayons rien ici pour entretenir votre cirrhose, quel dommage.
Hihi, moi aussi je glousse, ça m’aide à me retenir de t’étrangler !
Entre deux allusions à la virilité de votre fils, permettez-moi de vous demander comment je dois vous appeler au fait ? Ex-reine, ou douairière ?
Je préfèrerais que tu ne m’appelles pas, en fait. Et surtout pas MAMIE. Cersei out ! »

On en a eu des scènes cruelles pour Cersei dans cette série. Celles où son autorité et son pouvoir lui échappaient peu à peu, quand elle se trouvait dominée par d’autres joueurs ou vendue par son père aux Tyrells.
Mais la scène d’aujourd’hui…



La scène d’aujourd’hui était d’une cruauté absolue. Connaissant désormais la prophétie, le public peut se faire une meilleure idée de la peur viscérale qu’elle a de Margaery. Une Margaery qui non seulement dans cette scène l’a humiliée, mais qui l’a ouvertement remplacée.
Cersei est habituée à inspirer le respect à quiconque la croise à Port Réal. Mais elle n’en a reçu aucun de la part de Margaery qui l’a traitée d’alcoolique, lui montrant ainsi qu’elle n’est pas dupe de ses faiblesses, lui a bien fait comprendre qu’elle était LA femme influente auprès de Tommen désormais (elle savait pertinemment quel sujet son époux aborderait avec Cersei lors de leur entrevue matinale) et l’a renvoyé dans ses 22 questions statut, en lui expliquant haut et clair que l’érosion de son pouvoir et de son influence ne connaitra plus de fin.

Et pire que tout je crois, il y a cette foutue robe.

J’ai l’air de déconner avec mes histoires de manches mais cette semaine, Margaery portait un mix habile entre une robe Lannister et une robe Tyrell (des manches tombantes et un décolleté ultra plongeant). Cela marque bien évidemment son entrée dans la maison du Lion, mais c’est aussi un symbole fort. Jusqu’à présent, cette silhouette était celle de Cersei. Dans cette scène, Margaery lui jette la sienne à la face. « Je suis toi, mais en plus jeune, look at my boobs. »

On sent que Cersei pourrait lui arracher la tête et lui pisser dans le cou, là, tout de suite. Et on pourrait difficilement l’en blâmer. Mais sans pouvoir, avec cette peste qui a désormais l’avantage sur elle, autant jouer profil bas. C’est pleine de sollicitude et de gentillesse de façade que Cersei s’est rendue chez sa belle-fille, afin de lui faire comprendre qu’elle accepte sa défaite et qu’elle peut néanmoins compter sur elle. Ceci bien entendu afin d’exploiter la moindre brèche qu’elle pourra trouver.

« Au jeu des trônes, il n’y a pas de moyen terme. Il faut vaincre ou périr. »

Cersei, ma fille, il est temps de te prendre au mot.

Cette saison, nous sommes très souvent dans la tête de la reine je trouve car lorsque cette dernière quitte les appartements de la reine, les rires des dames de compagnie résonnent je pense davantage dans sa tête que dans le couloir. Un effet sonore brillant pour appuyer à la fois son isolement, son âge, sa perte de pouvoir.

Roz utilisée comme cible d’entrainement, Tyrion envolé vers Volantis, Oberyn compacté tel une bouteille de Volvic qu’on va jeter dans la poubelle jaune, Littlefinger occupé avec son pedocrush, QUI pourra bien assurer les indispensables, que dis-je, les traditionnelles scènes dans le légendaire Palais des Mille Fleurs ?

Le Grand Septon. Carrément. Ok. Je… Bon.
Entendons-nous bien, ce n’est pas tant le fait de savoir que le Grand Septon fréquente l’établissement qui me choque, c’est le role play.
Dodo la Saumure déguisé en Père Fouras (dont le nom n’a jamais été plus approprié) propose diligemment 6 jeunes filles à Cormac Mc Septon plus lui-même, tous déguisés en un des Sept.

Je vais procéder par étapes sinon je ne m’en sortirai jamais :

-c’est un foutu blasphème.
-le Grand Septon est septon jusqu’au bout des doigts de pieds, jamais il ne sort de son rôle, la vache, c’est encore plus dérangeant que si on nous l’avait montré en train de s’adonner à un fétichisme quelconque, genre pour les violonistes à coupe mulet en chemise blanc cassé.
-POURQUOI par la Sainte Culotte d’Andrasté, celle qui fait l’Etranger est coiffée comme si elle avait confondu le plateau de tournage de « Game of Thrones » avec celui de « Ring » ?
-Et pourquoi il l’a choisi elle alors que c’est de loin, oui, loin devant Dodo la Saumure, le déguisement de plus malsain de l’assemblée ?

J’ai à peine le temps de ne pas répondre à toutes ces questions gênantes que surgit soudain

LA SAINTE CROISADE DU REPENTIR

Menée par frère Macramé en personne.

Frère Macramé c’est ser Lancel, hein. Mais comme Lancel ça faisait trop marque de luxe pour un pénitent plongé dans le dénuement, il a pris un pseudonyme.

«-Vous avez péché de tellement de façons dans une seule scène, Grand Septon, que je me vois dans l’obligation de vous pénitencer séance tenante !!
Ça veut rien dire « pénitencer », frère Macramé.
NE TE METS PAS EN TRAVERS DU CHEMIN DE LA REPENTATION !!!!
Repentance…
EN ROUTE, MECREANT! »

Après s’être bien repenti le sifflet à l’air dans toutes les rues de Port Réal, c’est dans une tenue plus appropriée que le Grand Septon décide d’aller pleurer un bon coup dans les jupes du gouvernement. On note que ser D’Artagnan a été promu « ouvreur » du Conseil Restreint puisque visiblement, c’est lui qui décide qui passe ou qui passe pas. Comme Cormac Mc Septon a tous ses habits, il obtient le droit de passage et peut commencer à chouiner, de concert avec Mestre Pycelle, lui aussi très concerné par ce genre de choses, que la vie privée d’un homme, et ben c’est du privé !

On sent toute l’émotion de Cersei. Enfin si, sans déconner, on la sent. Sauf que son émotion du moment est relative à Margaery et à cette envie furieuse de la démembrer puis de la manger avec des haricots blancs et un excellent Chianti.
Aussi, elle s’engouffre dans la brèche que lui ouvre le Grand Septon avec un manque de calcul qui confine à la bêtise.
Mais avant d’en arriver là, regardez un peu ce qui arrive…

AND HERE COMES THE…. Pourquoi je m’énerve comme ça moi ? Surtout pour un vieux dégueulasse dans une robe de bure qui n’a pas vu de blanchisserie depuis… depuis qu’elle a quitté l’atelier de couture, on dirait. Qui n’a jamais vu de blanchisserie, en fait.
Voici donc venir LE GRAND MOINEAU, tremblez mortels devant sa puiss


Whoooah, tellement majestueux…

Bon, le fait est aussi que pour moi, à la base, « Le Trône de Fer » était une histoire en français. Il a fallu attendre la série et la sortie de « A Dance With Dragons » pour que j’aborde cet univers exclusivement en version originale. Ce qui veut dire que jusqu’à très récemment, pour moi, le Grand Moineau c’était le Grand Moineau.

Pas « the High Sparrow ».

Ce qui forcément…

Ainsi ce personnage très grave et très sérieux a t’il perdu tout crédit à mes yeux dès l’instant où j’eu TRES ENVIE RETENEZ MA LANGUE SINON de l’appeler

Captain High Sparrow.

Le Grand Moineau perd aussitôt de sa superbe quand on le découvre en train de touiller de la soupe radioactive, seule hypothèse capable d’expliquer la couleur de cette mixture, à moins qu’ils y aient mis de la rouille mais si je ne m’abuse, cette série n’est pas tournée à Marseille même si là, c’est vrai qu’on dirait un peu le quartier du Mistral.
Je m’égare.

Bon, la petite discussion entre Cersei et le Capitaine High Sparrow hein, on s’en tamponne dans le texte. Tout ce qu’il faut en retenir, ce sont deux choses :

-Cersei se cherche de nouveaux alliés, si possible des gens qui lui devraient tout. Bien commode donc, ce septon qui se prend pour l’abbé Pierre ascendant sœur Emmanuelle et qui dans le dénouement où sont lui et ses ouailles, se trouverait sans nul doute fort aise du patronage d’une dame aussi riche que Cersei Lannister.
-Cersei est un grosse cruche. Là, elle vient d’atteindre des sommets de stupidité rarement tutoyés. Danse pour moi, espèce de ouiche lorraine. Premièrement, est-il bien avisé de s’acoquiner, et de favoriser l’ascension d’un ordre pénitent qui semble plus qu’enclin à châtier tous les pécheurs, surtout ceux qui sont connus et occupent des postes à responsabilité ?
Deuxièmement, il ne t’est pas venu à l’idée que ton cousin Lancel avait pu baver pendant sa conversation à la Sainte Croisade du Repentir, genre en confessant avoir stick his pointy end dans ta personne alors que tu étais 1) mariée, 2) SA COUSINE
Troisièmement, tu comptes te servir de ton nouveau meilleur copain pour museler les Tyrells parce que tu espères qu’un jour, Margaery va faire un truc dont tu pourras te servir, mais à trop chercher la paille dans l’œil de ta belle-fille tu oublies, il me semble, la poutre dans ton œil à toi, une poutre en forme de Jaime Lannister (ce n’est pas sale), lequel s’avère être TON FRERE ? Après tout, ce n’est pas comme si des rumeurs ne courraient pas déjà sur vous deux, hein…. Non… Moi aussi je suis sûre que ton plan est trop infaillible.

Aller, zou, une bonne chose de faite, se dit le grand Stratéguerre, allons mettre au point ce formidable complot !
Et si je demandais à Littlefinger de me déterrer des dossiers sur les Tyrells ?

Oui, là,il faut au moins The Rock qui applaudit pour encaisser. Ok, elle ne peut pas savoir que Baelish a tué son fils et qu’il roule pour sa propre personne. Tout ce qu’elle sait, c’est que Littlefinger lui doit tout ou presque, puisque rappelons-le, depuis la bataille de la Néra et son rôle dans l’alliance passée avec les Tyrells, qui valut la victoire aux Lannisters, Littlefinger est devenu seigneur de Harrenhall, ce qui lui a donné la possibilité d’épouser Lysa Tully, de la pousser par la Porte de la Lune, et de devenir seigneur du Val.
Qu’elle le croit encore redevable vis-à-vis d’elle est presque logique.

Sauf pour un détail, une règle absolue que l’on connait tous depuis la saison 1 :


NE JAMAIS FAIRE CONFIANCE A LITTLEFINGER

Mais là encore, je fais du mauvais esprit car pour l’heure, ce saligaud a assez bien manœuvré pour convaincre Cersei de sa loyauté.
Mais quand même quoi… Génie…

Moat Cailin.

« –Lord Baelish, je suis… Woouah, j’en ai le souffle coupé !
Allons Sansa, ce n’est que Moat Cailin. Reprenez-vous.
Non, ce n’est pas ça, c’est plus le côté, waoouh, comment on a fait pour aller si vite ? Parce que pas plus tard que la semaine dernière nous étions encore dans le Val et là, paf, les marches du Nord, dites donc.
Utiliser un téléporteur pour la première fois fait souvent cet effet-là. »

Et encore, et encore, ce n’est pas là déplacement le plus étrange auquel nous assisterons dans l’épisode, à tel point que je soupçonne le Nord d’être farci de trous de vers, seule explication rationnelle capable de rendre logique ce pop à Moat Cailin et celui encore plus spectaculaire à Winterfell un peu plus tard dans l’épisode.
Mais je ne devrais pas me focaliser sur si peu. Après tout, si tout le monde se déplaçait aussi lentement que la cohérence interne le voulait, la série durerait 28 saisons de 32 épisodes chacune.

« –Et sinon, physique quantique mise à part, on fait quoi ici ?
Et bien Sansa, nous faisons de la physique quantique, justement.
Queuah ?
La physique quantique, c’est la probabilité que survienne quelque chose d’impossible.
Si vous le dites, mais j’ai peur de ne pas suivre.
Et bien, vous étiez Sansa Lannister, vous voici désormais Sansa Bolton. Mazeltov.« 

Je commençais à m’en douter. Un peu. Mais je ne voulais pas y croire. Non. Pas après Joffrey, Lysa… Même s’il y a une personne dans ce monde capable de survivre à trois psychopathes d’affilée, et que cette personne est Sansa Stark, la marier à Ramsay Bolton est la pire de toutes les cruautés imaginables.

Et encore. Encore…………

Ni elle ni Littlefinger ne savent qui est réellement Ramsay. Sans doute Sansa se dit-elle qu’elle devra supporter le voisinage de l’homme qui a tué son père mais que pour le reste, ma foi, elle endurera comme toujours en montrant son plus joli visage. Et sans doute Littlefinger pense t’il déjà à l’exécution d’un plan à quintuple détente dont il s’imagine que l’ex Snow fera aisément les frais…

C’est après celui de Cersei, le plan le plus pourri de l’épisode dont l’instigateur n’a pas conscience.

ET ! Pour les non-lecteurs, il faut préciser que tout ce passage est un énorme THAT WAS NOT IN THE BOOKS !!!!!!

Dans le livre en effet, les Bolton cherchent à asseoir leur légitimité sur Winterfell par un mariage avec les Stark. Mais le Stark se fait aussi rare que le dilophosaure de nos jours, aussi usent-ils d’un subterfuge pour conclure l’affaire. Ils récupèrent dont Jeyne Poole, fille d’un banneret des Stark et ancienne meilleure amie de Sansa, pour la faire passer pour Arya.

A noter que malgré mes doutes depuis la semaine dernière, j’ai été tout de même surprise par ce twist au moment où j’ai moi aussi reconnu Moat Cailin car comme beaucoup, je me suis laissée enfumer par la rumeur selon laquelle la série utiliserait le personnage de Miranda, plus connue ici sous le nom de Monique Olivier, pour être la fausse Arya.
D&D prennent une direction radicalement différente de celle des livres. Et ce choix peut apparaitre très lourd de conséquences si l’on considère que faire reparaitre Sansa Stark, soupçonnée de complicité dans un régicide, s’apparente à un gros doigt à la face des Lannisters…

Pendant que je suis en train de me prendre la tronche sur l’imbroglio politique dans lequel Littlefinger et la série toute entière semblent s’enfoncer, quelque part, sur une falaise, deux silhouettes observent Baelish et Sansa entrer au Nord. Batman et Robin Thelma et Mouise suivent toujours la petite Stark, super discrètement en plus, sérieux on ne voit qu’eux, en haut de leur crête.

Déterminés à gagner eux aussi Winterfell, les voilà qui entreprennent de contourner les marais et là je dis « OMG ils vont rencontrer les Paludiers ! » et mon sang ne fait qu’un tour avant de réaliser qu’en fait non, il vont faire un bivouac et parler du bon vieux temps du régiment.
Zut. Triple zut parce que j’ai toujours ce fol espoir qu’à un moment, on va dans le livre ou la série croiser ce satané Howland Reed, le père de Jojen et Meera, aussi appelé « l’homme qui sait qui est Jon Snow enfin on espère ».

Mais je ne rumine pas ma déception très longtemps car la scène est très bonne. Même si elle enfonce lourdement le clou sur les grandes qualités de Pod l’Escuyer des Villes, qui commence à mettre des points d’XP en « escuyer des champs » si j’en crois son allumage sans faille du feu de camp.
Pod qui une fois de plus fait démonstration de son indéfectible loyauté envers Tyrion, et je crois, en général, pour quiconque se montre digne de son respect. Et Brienne est de ceux-là. Surtout quand elle se confesse sur le fameux bal, quand bien même le bal en question frôle l’erreur de continuité. Si.
Parce qu’elle raconte ici que c’est durant ce bal qu’elle a rencontré Renly Baratheon et été touchée par son swag chevaleresque. Et gay aussi, mais tout de même, ce n’était pas une question de préférence sexuelle ni les menus tracas d’une romance impossible qui allaient l’empêcher d’en faire son amour secret. Elle est comme ça Brienne.
Sauf que dans la saison 2, lors du duel contre Loras qui servit alors à introduire toute la clique Hautjardin/Terres de l’Orage, ce n’était pas très évident, désolée hein, que Renly la connaissait.


Mais peu importe car l’essentiel est là. Brienne est elle aussi une « cripple, bastard and broken thing », et au-delà du caractère de Mary Sue de Pod, c’est sans doute cela aussi qui le fait s’accrocher à son service. Parce qu’il a compris cette fragilité chez elle, comme il avait parfaitement comprise celle de Tyrion auparavant.
Alors certes, cette scène ne fait rien avancer, sert surtout à donner du temps d’antenne au duo, mais elle a le mérite d’être très bien exécutée et de me faire très peur pour la suite car je crains que D&D ne nous fassent le coup de nous attendrir avant de procéder à un peu de chirurgie sur l’un des deux personnages.
Vous savez quoi les gars ? Vous avez gagné. Si vous me les esquintez, je monte dans le premier avion pour Los Angeles pour vous coller une paire de baffes.

Cinquante Nuances de Greyjoy

Mais sans plus de cérémonie, retrouvons notre belle famille préférée dans son fief flambant neuf. Enfin flambé ça c’est sûr vu le budget travaux engagé pour refaire toutes les parties en bois de Winterfell.
Nous retrouvons brièvement Schlingue occupé à faire des trucs dans la cour, où l’on expose de sympathiques mannequins d’entrain… Ah non, on me signale à la régie qu’il s’agit de deux personnes qui étaient un peu en retard pour payer leurs taxes.
Mince, il ne faut pas que j’oublie de remplir ma déclaration d’impôts sur le revenu. Et oui, aussi étrange que cela puisse paraitre, c’est la première chose à laquelle j’ai pensé devant cette scène. Comme quoi, la Direction des Finances Publiques aurait beaucoup à apprendre de Ramsay, alias Michel Fourniret, alias « même mon régicide de paternel commence à me trouver un peu trop taré pour mon propre bien« .
Et celui de sa maison. Car Roose est inquiet, à raison, de l’ombrage que le Nord pourrait prendre d’avoir à sa tête un sale traitre et son Barbe Bleue de rejeton.
Sans déconner Roose…


Cette semaine, la série renoue décidément avec ses meilleurs moments en proposant de belles transitions, y compris celle entre les corps des écorchés dans la charrette, picorés par un corbeau, et la viande sur la table des Boltons.
Sans que le dialogue qui suit ne soit réellement nécessaire, on comprend instantanément quelle est la position de cette famille de gros parvenus à Winterfell. Leur puissance acquise par le meurtre, et leur autorité appuyée par les exactions, ils se repaissent des chairs de leurs sujets comme de vulgaires charognards.

L’an passé, j’avais cette idée saugrenue selon laquelle, dans le dernier chapitre de « A Dream of Spring », celui qui s’assiérait sur le trône de fer serait Hot Pie.
Et ben p’t être bien que j’avais raison les amis parce qu’en plus d’être selon toute probabilité le seul personnage qui terminera cette histoire en vie du tome 1 au tome 7, notre cher marmiton s’est révélé être un FOUTU ORACLE.

Souvenez-vous :

C’était pas de la clairvoyance ça peut-être ?

Parce qu’un endroit plein de Bolton, c’est quoi à part l’enfer sur Terre je vous prie.

Non mais regardez-moi ce comité d’accueil :

Vladimir Poutine, Michel Fourniret et la nouvelle madame Bolton, elle je sais pas trop mais bon, à ce stade, je ne serais qu’à moitié étonnée qu’elle soit en fait la comtesse Báthory parce que la seule chose qu’il manque à cette famille c’est une folle qui se baigne dans le sang des vierges pour garder sa jeunesse éternelle.
Ajoutez à ça Monique Olivier, et Schlingue, le type bipolaire atteint d’un trouble profond de la personnalité.

BIENVENUE CHEZ TOI SANSA !!!!!

Elle est parfaite. Parfaite dans sa révérence à Roose Bolton et son salut à Ramsay. Comme toujours, Sansa se conforme à ce que l’on attend d’elle, meilleure façon de survivre qu’elle connaisse.




Malgré les travaux de réfection (c’est vrai que Ramsay avait un peu abimé le château), je trouve tout de même que Winterfell est sacrément pourri. Sans rire, comparé à n’importe quel autre château dans cette série, celui dont il se rapproche le plus c’est Harrenhall. Que personne n’occupe vraiment, rappelons-le. Winterfell n’a même pas cette excuse-là !
Sans vouloir faire les chieuses (« trop tard !!! » ) dans le livre, si le château est aussi stark (austère) que la famille qui le peuple, c’est tout de même la demeure des seigneurs du Nord. Avec tout le confort moderne, y compris du chauffage assuré par les sources chaudes sous le château.
Même le personnel est tout moisi, à l’image de cette vieille qui escorte Sansa jusque dans ses appartements.

« The North Remembers », lâche t’elle tout de même avant de refermer la porte. Se souvient de la mort de Robb Stark. Des Noces Pourpres. Tout ça ne sera pas sans conséquences.
Sansa n’a jamais été aussi proche de se retrouver malgré elle porte drapeau d’une révolution. Comme Katniss. OHMONDIEU l’analogie continue…



«-Comme c’est étrange, je ne sais presque rien de vous, Ramsay !
Hihi… Ahem… C’est que je sors pas souvent de chez moi vous savez.
Ah oui ? Mais vous devez vous ennuyez !
Non, j’ai de quoi m’amuser dans ma salle de jeu.
Une salle de jeu ? Avec une PS4 ? Une X Box One ? Les deux peut-être ?
C’est cela oui… Une X Box. »

Littlefinger y aurait-il réfléchi à deux fois s’il avait su ? Quel est son plan, vraiment, dans cette affaire ? Qu’espère t’il retirer de cette opération ?
Autant de questions qui restent sans réponses, alors que celle que je me posais devant Moat Cailin tout à l’heure sont abordées par Roose Bolton qui trouve bien hasardeux que l’on révèle aussi facilement la présence de Sansa Stark à Winterfell.

«-Tu parles,Charles !
Roose…
C’était de l’hum… Oh et puis zut. Regarde un peu le tableau : Tywin est mort, Cersei sera hors-jeu d’ici quelques mois, Margaery est la fan N°1 de Sansa et puis bon, tu ne le sais pas alors je fais un aparté pour les lecteurs du blog, mais vu que ce sont les Tyrells qui ont fait tué le roi Joffrey avec ma complicité, il y a peu de chance qu’ils se retournent contre Sansa au final. M’est d’avis qu’ils seront trop heureux d’avoir dans le Nord quelqu’un qui leur doit la vie s’ils décident de la laver de tous soupçons.
Vu comme ça… En parlant de la reine Cersei, mon zompolit a intercepté ce courrier envoyé pas plus tard que dans la scène précédente depuis Port Réal.
Bigre, c’est plus un corbeau, c’est un Concorde à cette vitesse-là.
Ou un email. Savez-vous que j’ai profité des travaux pour faire mettre de la fibre optique à WInterfell ?
Tout s’explique alors. Je peux lire mon message ?
Pas la peine, je peux vous le réciter de tête. »

Oui, Roose Bolton n’a pas que l’air de Vladimir Poutine. Il pousse même le mimétisme assez loin, je trouve.
En tout cas, ce que je trouve inquiétant, c’est le malaise visiblement de Littlefinger. A croire qu’il n’avait pas bien évalué le potentiel des Bolton…

Au-delà de ce pari risqué pour Littlefinger, il y a la très habile pirouette de la série pour justifier ce mariage de Sansa avec les Boltons. Le dialogue pose parfaitement l’idée que les deux partis ont pris un risque calculé, parfaitement en harmonie avec ce que la série développe depuis la saison 3 : la chute de Cersei, l’affection de Margaery pour Sansa.
D’un seul coup, tout ce qui semblait hasardeux ou fragile retombe sur ses pieds et ce choix de prime abord très risqué pour D&D devient un raccourci finaud et logique.
Continuez comme ça les mecs, vous tenez le bon bout !

Ce qui n’avait rien de calculé et qui refoule du goulot en revanche, c’est ce fameux message de Cersei. Et non, même si cela m’a fait sourire, ce n’est pas la rapidité de transmission qui me gêne, c’est cette question lancinante « comment le corbeau a-t-il fait pour retrouver Littlefinger ? »
Il a quitté le Val sans, que je sache, préciser à quiconque sa destination. Puisqu’il voulait voyager rapidement vers le Nord avec Sansa pour conclure le deal avec les Boltons, et qu’il n’a reçu la confirmation que sa proposition de mariage était accepté chez lord Royce, de chez qui il a décarré séance tenante à réception du corbeau, je n’ai pas le sentiment que l’on nous ai fait comprendre, à aucun moment que ce soit, que ce voyage ait été connu.
Pour le bien de sa mission, il fallait que cette virée à Winterfell demeure un secret. Alors même en admettant que le corbeau soit arrivé aux Eyriés où il était supposé se trouver, et que le mestre ait fait suivre le courrier, comment ce brave corbeau a-t-il fait pour repérer la position de lord Baelish ?
A moins que ce dernier n’est envoyé des courriers dans son nouveau fief en mode carte postale de Winterfell « je vais bien il fait beau temps les spécialités locales sont délicieuses, bisous et à bientôt pour la soirée diapo de retour de vacances », cette histoire de message de Cersei est un gros PLOT HOLE.

Braavos.

«-Long est le chemin qui mène à…
La barbe !!!!» Ronchonne Arya Stark armée d’un mighty balai of doom.

Un peu décevante cette formation au temple jedi. La pauvre petite commence même à se demander si elle ne s’est pas trompée de formation. Pourtant, elle était sûre d’avoir bien coché la case « Assassin » et pas «technicien de surface ».

«-Bon, Jaqen, j’aimerais bien que cet homme commence à me faire faire des trucs avec un peu plus valeur créative ajoutée !
Cette fille devrait se calmer un peu.
-Mais je voulais juste être ton padawan !!!
Ce padawan doit apprendre à être patient.
Ce padawan comprend rien. Ce padawan a bien remarqué qu’il y avait plein de de statues de dieux dans ton temple du dieu aux mille visages, mais il est incapable de réfléchir par lui-même et de comprendre que c’est justement ça, le concept du dieu multiface.
Et que c’est précisément pour ça que nous, les Sans Visages, nous vivons ici.
Cette fille est vraiment pas fine.
Cette fille l’a dit. Cette fille veut un scoop ?
Balance, au point où j’en suis…
Le concept du Dieu Multiface, c’est donc qu’il n’y a qu’un seul dieu, au final, qui a donc mille visages.
Oui bon, ben cette fois j’ai compris.
Et tu sais comme s’appelle ce dieu, cet unique dieu ?
HOLYMOTHEROFDRAGONS………
Et oui.
Spoil ! Tu spoiles les livres là !
Eheh… »

Parce que ça, c’est une théorie qui court, vole et nous venge depuis facile le tome 1 ! Souvenez-vous de Syrio Forel, le maître d’arme, danseur d’eau, qu’admirait tant Arya et qui facilita sa fuite de Port Réal en affrontant avec sa fraise et son collant ser Goldorak de la Garde Royale ?

Syrio Forel, Première Epée de Braavos, qui serait donc mort pendant la prise de pouvoir de Cersei et Joffrey mais que l’on n’a jamais vu étalé propre et net sur le carrelage.

Règle numéro 1 : si tu vois pas le corps, c’est qu’il n’est pas mort.
Règle numéro 2 : la règle numéro 1 ne s’applique pas vraiment si le corps a été récupéré par Qyburn, ce qui n’est pas le cas ici.

DONC, rien n’indique que Syrio Forel, pas un manchot non plus, malgré le fait qu’il ait affronté un mecha avec un bâton, soit mort depuis la saison 1.
Et beaucoup de lecteurs, moi comprise, se demandent s’il ne ferait pas une seule et même personne avec un certain Jaqen H’ghar, qui le jour de la fuite d’Arya, se trouvait opportunément dans les geôles de Port Réal, direction le Mur. Que faisait un Sans Visage en prison ? Comment ces mecs-là peuvent-ils seulement se faire arrêter par la maréchaussée ? Hasard ou coïncidence qu’il vienne lui aussi de Braavos ?


L’esprit cartésien me dira sans doute que de toute façon braavien lui-même, Syrio pouvait parfaitement connaître le culte du dieu aux multiples visages et que sa punch line à Arya est donc logique : « There is only one god : death. »
Sauf que Jaqen ne se contente pas de lui balancer la chose benoitement. Non, il insiste sur le fait qu’elle connait déjà la réponse. Donc qu’il sait ce que Syrio lui a dit.

Et puis au cas où vous auriez encore un doute, revisionnez la scène et écouter moi donc la piste choisie pour l’habiller. Paf, le même motif que celui qui a toujours été employé avec Syrio.

Pour moi, il n’y a plus de doute permis.

Pour Arya par contre, ce n’est pas encore terminé car pour gagner le droit de devenir un vrai padawan, elle doit se défaire de tout ce qu’elle possède. Tout sauf Aiguille, qu’elle cache dans un mur avant de revenir au temple.

«-C’est bon Jaqen je suis prête pour apprendre à tuer des g… Jaqen ? C’est quoi ce bazar ?
Une fille devrait arrêter de poser des questions.
J’ai le sentiment étrange d’être passée de « Rémi sans Famille » à « Six Feet Under »… J’ai pas signé pour un stage de thanatopraxie que je sache !!! »

Oh, Arya… comment crois-tu que les Sans-Visages se composent leur banque de nouvelles identités ?

Mention spéciale à Helen Keller, son acolyte padawan qui tabasse les gens gratuitement à coup de bâton. Et à tout cet arc, pour le moment très bien géré à coup de mouvements chaotiques. Arya ne sait pas trop ce que l’on attend d’elle, nous non plus. Elle est rejetée puis acceptée, elle se fait tabasser gratuitement à coup de bâton… le processus de déconstruction de son identité commence, sans que nous ne nous en rendions compte avec une impression d’illogisme dans le plan d’ensemble. Une très belle réussite sur le travail d’ambiance qui nous prépare une nouvelle Arya.

Another brick in the Wall.

Je sais, ça semble à peine croyable, mais la semaine dernière, Jon Snow a été élu lord commandant de la Garde de Nuit. Suite aux élections les plus WTF de tous les temps et pourtant, il n’y a aucun Corse à Châteaunoir (bisous à tous mes lecteurs corses, s’il y en a).
Songez un peu que Samwell Tarly, Sam l’Egorgeur que tout le monde prend pour un gros pétochard tout juste capable de passer dans les portes, est parvenu à faire élire Jonsnow au motif que : « Il a une pure épée en acier valyrien, il randonne dans la neige comme personne et ses cheveux sont soyeux ! Alors si son ramage se rapporte à son plumage, votez Jon, parce que vous le valez bien ! »

Et donc…


« –Lord commandant Snow.
Ca fait bizarre, Votre Aigreur.
Dites voir, j’espère que vos prouesses démocratiques de l’autre soir vous ont suffisamment tourné la tête et donné l’ivresse du pouvoir pour que vous acceptiez ma proposition, Jon Stark.
Non sire. Mon programme électoral comprenait une promesse de cheveux soyeux pour tous les hommes de la Garde de Nuit, alors je resterai jusqu’à ce que j’ai rempli ma part du contrat.
Oooookaaay. Bon, ben du coup, j’ai des pistaches sur le feu, j’y vais.
Sire, ça veut rien dire, des pistaches sur le feu.
Démerdez-vous pour couvrir ma sortie, Davos, c’est votre boulot ! »


Après une séance « Les Bons Conseils de Tonton Davos« , Jon s’en va faire rayspaycter son autoritay auprès de ses hommes.

« –Ok, donc tout le monde recevra sa bouteille d’après-shampooing sous quinzaine… Voilà, fini avec ça, y’a quoi d’autre à l’ordre du jour ? Les mutations ! Alors, voyons voir… Ah, ser Alliser, ça tombe bien que vous soyez là…
Je représente le deuxième parti de Châteaunoir en même temps…
Oui, alors à ce sujet, j’ai décidé de vous nommer Premier Patrouilleur. C’est du prestige.
Un peu ouais.« 

J’aime bien le jeu de « je t’aime moi non plus » entre ces deux là. Jon et Alliser ne s’apprécieront jamais. Mais ils se respectent malgré tout mutuellement. Et en cet instant où Jon gratifie Thorne d’une belle promotion, ce dernier ne peut que reconnaitre l’intelligence de la manœuvre. Le bâtard l’a mis en boite, certes, mais il l’a fait avec les formes, et la reconnaissance de sa valeur. Et ça, c’est ce qui compte le plus pour ser Alliser.

« –Et on continue avec les rouquemoute, toi là-bas, je te nomme Grand Recureur des Latrines au motif que ben, c’est déjà pas mal pour un roux ! Ahah !« 


« T’as un problème avec les roux, Jonsnow ? »

Oui, Ygrid, moi aussi j’ai trouvé ça abusé. Surtout de la part d’un mec dont l’unique copine était rousse, ce qui était aussi le cas de son frère chéri, et de l’une de ses sœurs. Tu es à ça de gagner vraiment ton titre de bâtard, tu le sais ?

Mais bon, y’a pas que les roux qui lui posent un souci, il y a aussi les chauves en forme de Janos Slynt. Problème autrement plus épineux qu’Alliser, Slynt est un lâche notoire, un agitateur et c’est le bras droit de Thorne. Comme deux vulgaires branleurs de CM2, il faut donc les séparer, tout en trouvant le moyen de ne pas récompenser Slynt et de lui éviter de prendre trop de pouvoir.
Résultat, mutation à Castel Maubeuge, un lieu reculé et en ruine qu’il faut reconstruire.
Une fois encore, c’est une belle manœuvre, mais Slynt est incapable de comprendre qu’il n’a que ce qu’il mérite.

Limite si la série n’est pas en train de créer un gimmick « décapitations et variations ». Mais c’est un motif intéressant sur lequel se décline celui de l’exercice du pouvoir. Que cela soit Ned, Joffrey, Theon, Dany, Robb ou Jon, c’est par l’acte extrême de prendre une vie que se mesure à la fois la valeur du chef, mais aussi les contraintes qui lui sont imposées.
La décision de Jon peut sembler abrupte, peu réfléchie, mais en vérité, elle découle d’une logique aussi tragique qu’elle est implacable. Slynt est une menace directe pour son autorité. Et son insubordination n’est pas tolérable. Jon est jeune, ses opposants nombreux et si Thorne est rentré dans le rang (la scène où il abandonne Slynt à son sort est terrible), il ne faut pas être naïf au point de croire que se statu quo durera éternellement.
Pour prouver à tous qu’il n’est pas qu’un freluquet au capillariat extravagant, il doit en finir avec l’agitateur et montrer à tous ce qu’il en coute de se dresser contre le lord commandant.


Malgré tout, l’hésitation de Jon quand Janos Slynt le supplie était touchante et son geste final plus lourd de sens encore. Cette année encore, Kit Harrington fait du bon boulot, y compris dans ses face à face avec Stephen Dillane, ce qui n’est pas forcément évident et n’était pas encore gagné d’avance il y a tout juste deux ans.
Ok, il a toujours le charisme d’une tourte, mais on sent qu’il travaille à donner de l’envergure à son personnage, comme s’il cherchait en endosser un costard trop grand pour lui. Et finalement, ce manque de peps sert son interprétation car Jon lui aussi doit apprendre à composer avec une fonction qui lui est tombé dessus sans qu’il ne la demande.

Volantis.

«-Jour… Nuit… Jour…Nuit… Jour…Nuit….
C’est moi ou vous commencez à ressembler de manière inquiétante à votre cousin Orson ? S’insurge Varys, à deux doigts de la crise de nerf.
Je dois sortir de cette roulotte.
Oui, ben chaque chose en son temps, si vous croyez que c’est agré…
Je dois sortir de cette roulotte.
D’abord c’est un wagon je vous ferais di…
Je dois sortir de cette roulotte.
Tyrion Lannister, veuillez cesser tout de suite ces conneries ! J’ai toléré l’imitation de Jacquouille la Fripouille pendant ces 3 derniers jours, mais là, l’enchaînement sur Rain Man c’est trop.
Hanhan je dois sortir de cette roulotte.
C’est bon, vous avez gagné, sortez de cette roulotte ! »

Bon alors Volantis est un sacré bazar, c’est moi qui vous le dis. Un bazar dans les deux sens du terme d’ailleurs, parce que la ville entière ressemble à un marché aux figues et aux olives au beau milieu duquel Tyrion tombe sur une outre de vin et une prêtresse rouge, la Mélisandre locale, aussi bizarre que l’originale quand elle se met à scruter le Lutin. Bien que l’on n’en voit guère qu’une rue, Volantis est plutôt réussie, puisque l’on a pas trop l’impression de se retrouver une fois de plus à Dubrovnik ou Split, ce qui dans les faits est certainement le cas. Mais on y croit, au dépaysement.


A noter qu’elle n’a pas encore mis les pieds à Volantis que déjà Daenerys y est super populaire, et présente par le truchement de son sosie Fessnaerys, une employée du Palais des Mille Fougasses, bordel volantin renommé.
Est-ce l’abus d’alcool, le chagrin, la dépression, ou le fait que l’établissement surnomme ses filles les Fougasses qui décourage Tyrion ? Nul ne le sait, mais il se dégonfle au dernier moment avec la petite prostituée qu’il s’est choisi.
Et alors que tel un Frodon Sacquet, Tyrion s’emploie à être « la personne de petite taille la plus remarquée de l’établissement », dans un coin, un genre d’Aragorn en kilt et cravate de jean l’observe. Je me demande bien qui peut être ce mystérieux rouquin.
Echappant à la surveillance de Sam Gamegie Varys, Frodon Tyrion par se soulager dans les toilettes les plus dangereuses du monde.

Non mais regardez-moi ça sans déconner, qui a eu cette idée de mettre des cabinets au bout d’un couloir, sans parapet, juste au-dessus d’un fleuve qui m’a l’air aussi dégueulasse que la Seine, ou l’Ankh, selon que vous soyez chiraquien ou pratchettiste ?
Bon ok, je ne suis pas sûre que cette pièce soit réellement les toilettes du bordel.
Sympa, ce parallèle avec la scène où Tyrion était allé pisser en haut du Mur, histoire de bien montrer sa déchéance. « Il y a peu j’étais l’un des hommes les plus riches du monde » => vrai. En ce temps là, tu fréquentais aussi de vraies reines, pas des filles de joie déguisées en khaleesi. C’est dire si cette scène est symbolique de l’état dans lequel notre pauvre nain a plongé.


«-On peut même pas pisser tranquille ici ma parol… OH BON SANG QUI ETES VOUS
Lord Friendzone, pour vous servir !
A moi !!!
Trop tard, petit homme ! Je t’envoie chez la reine ! »

Juste une question, parce que celle sur l’identité de la « reine » a été grillée par HBO et sa manie de mettre des photos de tournage un peu trop parlantes en ligne, il faisait quoi ser Jorah au bordel avec une corde nouée, des menottes et un sac en toile de jute ? Sachant que Varys et Tyrion viennent de débarquer, on ne peut pas en déduire qu’il avait prévu son coup, mais bien qu’il a agi par opportunisme. Exactement comme dans le bouquin d’ailleurs, où la rencontre est fortuite.
Là, ça fait un peu le mec qui se balade dans les rues de Volantis avec un kit de chasseur de nain. Ou alors Fessnaerys était sa cible initiale ? Comment passe t’on d’épée lige à Guy Georges ? Pourquoi y’a t’il tant de gens qui se comportent/sont des serial killers dans cette série ?

Mais passons ces détails chagrins. Et réjouissons-nous car enfin, ENFIN !!!! La série bouge ! Avance ! Cavale !

YOU.PI !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

La semaine prochaine….

Cersei et son BFF le Captain High Sparrow feront le ménage pour la Grande Croisade du Repentir.
Philippe et son gang de Vénitiens feront le ménage pour la Grande Croisade contre les Blondes Peroxydées.
Le roi Tommen achètera un arbre à chat pour la Grande Croisade des 18 heures de Sommeil par Jour.
Darth Ellaria baillonera par la peur les systèmes séditieux.
Et il semblerait que Jaime Lannister et son blouson de cuir arriveront à Dorne.

Alors autant la semaine dernière c’était la grosse déprime, la régression, la panade totale, autant cette fois ça y est, on sent que le jeu est lancé et que D&D sont enfin prêts à se remuer, à oser et à y aller franchement sur la route des divergences. La mise en scène retrouve elle aussi son efficacité de la saison précédente et l’écriture, si elle souffre toujours de quelques défauts comme un manque patent de subtilité, continue de faire le job.
Certains arcs cavalent tellement que l’on se demande même si la série ne va pas griller GRR Martin au stop et largement anticiper sur les évènements de The Winds of Winter.

Elément dont je n’ai pas parlé depuis la semaine dernière, la léprose semble devenir un nouveau personnage récurrent de la série. Cette maladie mortelle qui transforme la peau en une croute pierreuse et qui affligea Shoren Baratheon durant l’enfance s’est invitée cette saison le temps de deux petits dialogues. Le seul fait que la série est conservé sur le personnage de la fille de Stannis les séquelles de la maladie et que désormais D&D ont le souci de la placer régulièrement semble indiquer que ce virus devrait prendre de l’importance dans les évènements à venir. Reste à savoir si cela sera pour nourrir une intrigue à venir dont même les livres n’ont pas encore parlé, ou si elle sera utilisée en remplacement.

A suivre…. Mais j’ai déjà méga hâte à la semaine prochaine !

Bon, c’est pas le tout, j’ai des pistaches sur le feu… Rendez-vous sur l’épisode 4 et d’ici là, n’oubliez pas

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“Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? »

La semaine dernière, « Game of Thrones » nous avait offert une reprise pâlichonne. Inutile de dire que j’attendais l’épisode 2 au tournant. Enfin, les intrigues de la saison pourraient être lancées, enfin les nouveaux arcs inventés s’amorceraient, avec de vraies séquences longues, installant des ambiances travaillées, bref, j’attendais pas mal de l’esprit de la saison 4 dans cet « House of Black and White ».

Et tout ce que j’ai eu, ce sont des pastilles, des saynètes, des intrigues vaguement amorcées sans jamais rien faire réellement démarrer.
Quelle fête ! En gros, j’ai eu tout ce que je reprochais à D&D dans la saison 3 et que je ne voulais plus voir dans cette série. Pas faute pourtant de lire ici et là que le duo sait où il va, et surtout qu’il ne souhaite pas dépasser les 7 saisons ! Comme s’il restait du temps à perdre…

Ceci dit, j’ai beau cracher mon fiel, l’épisode du jour n’a pas franchement non plus lambiné en route puisque chaque partie était vraiment nécessaire à l’intrigue. Simplement, le sentiment de voir « Game of Thrones » se trainer est assez fort dans cette ouverture.

Alors c’est parti pour le billet d’un énième épisode chiant. Mettez-vous deux paires de baffes, sortez la Red Bull et prenons gaiment notre dose de crack hebdomadaire.

Port Réal.


«-Bon à ton avis Jaime, y’a quoi dans ce colis ?
Hmm… De loin ça ressemble vaguement à une cage à oiseaux.
A mon avis, le perroquet est mort.
Ok, alors c’est le collector de « The Witcher 3 »
Tu trouves pas que ça ressemble à une fontaine à mojitos ? J’aimerais bien ça moi, une fontaine à cocktails.
Cersei, je suis en train de penser à un truc horrible…
Je t’écoute, Jaime.
On est dans « Game of Thrones ». En général, ce sont des personnes ou des morceaux de personne qu’on transporte dans des colis.
Mince… »

On dirait bien que « What’s in the boooox  » est LE jeu de cette saison 5. Et cette semaine, c’est Jaime Lannister qui gagne en devinant le contenu de la boite : un morceau de Myrcella (qui se prononce « Maïrcella » maintenant ??? Alors c’est comme ça, D&D, on recast les gens et on change aussi la prononciation de leurs noms ?).

Cependant, on sent que le Dornien est du côté Bisounours du « Trône de Fer » parce qu’en lieu et place d’un membre de la princesse, c’est son pendentif que l’on expédie à sa mère. Un Bolton n’aurait jamais fait un truc aussi naze, c’est moi qui vous le dit !

Avec ou sans collier, avec ou sans prophétie, Cersei a tout de même de quoi flipper. Qui viendrait la blâmer ici quand elle panique face à Jaime, qui n’en mène guère plus large. Au point d’en assumer pour la première fois dans la série, et dans accessoirement aussi dans le livre, son statut de père des enfants de sa sœur.
Ok, Jaime Lannister n’a jamais eu d’instinct paternel. Ses quelques commentaires sur ses enfants dans les livres sont éloquents en la matière. Il semble ne les avoir jamais vu que comme des séquelles de ses coucheries avec sa sœur. Sœur qui l’a toujours tenu à l’écart de sa progéniture, par précaution. Mais cet éloignement n’explique pas tout, loin de là.
Dans son délire du « moi et ma jumelle contre le reste du monde » il n’y avait pas de place pour Joffrey, Tommen et Myrcella. Il lui faudra revenir de l’enfer pour se décider, tardivement, à s’occuper de loin mais s’occuper tout de même de Tommen. Préoccupation qui n’existe pas dans la série où le Régicide n’a jamais fait la plus petite démonstration d’intérêt pour son cadet.

Il est grand temps de se rattraper et de verser quelques larmes à l’endroit de sa fille, tout en essuyant les quolibets de sa sœur. Là encore, je ne vais pas blâmer Cersei lorsqu’elle lui fait remarquer combien il a été un père formidable toutes ces années.
La réponse de Jaime est également très juste, puisqu’il renvoie sa frangine à la règle qu’elle a elle-même inventée pour éviter les soupçons.
Arrivé à ce stade, je pense que l’on peut qualifier la familler Lannister-Lannister de plus dysfonctionnelle de tous les temps.

Et c’est après ce charmant interlude que nous en venons à ce moment formidable. Ce moment où tu ressens un léger frisson sur l’échine. Ce moment où Jaime Lannister lance un nouvel arc.

THAT WAS NOT IN THE BOOOOOOOOOOK !!!!!!!!!!

Oh yeah. Jaime Lannister à Dorne. Jaime FUCKING Lannister à DORNE.

In da book : il se passe des trucs à Dorne dont je ne peux pas vous parler parce que j’ignore ce qui a été conservé ou non dans la série. En tout cas, aucun Lannister n’y fiche jamais les pieds.
Jaime en revanche, décide de prendre le large après les funérailles de son père, Cersei ayant totalement pété les plombs et lui ayant fait comprendre qu’il n’était plus le bienvenu dans son entourage. Il se rend alors dans le Conflans pour participer au siège de Vivesaigues, le château de la maison Tully, au prise avec des forces Lannister-Frey.

Cette direction prise par la série est donc totalement inattendue mais en aucun cas dénuée de logique. Jaime est officiellement l’oncle de Myrcella et il est lord commandant de la Garde Royale. Le « colis menaçant » est une raison plus que suffisante pour qu’il se rende à Dorne pour protéger l’enfant.
Une mission hautement explosive d’ailleurs puisque consistant à rompre les fiançailles entre Myrcella et le prince Trystan, au motif que la petite ne serait plus en sécurité chez les Martell.
Tu le vois venir, l’incident diplomatique ? Surtout quand le diplomate s’appelle Jaime Lannister,que la nature a fort bien pourvu sauf question subtilité dans le langage ?

Conscient de sa faiblesse, notre Régicide préféré s’en va donc chercher de l’aide. Et que de mieux placé que…

BRONN ?

Alors oui, oui, ok, se jeter la tête la première dans le panier de vipères dorniennes quand on est manchot, c’est ridicule et oui, mille fois oui, il vaut mieux s’entourer de quelques bretteurs capables de vous protéger le boule.
Là, le choix de Bronn se justifie.
Mais essayez deux minutes d’imaginer la scène où ser Jaime doit expliquer poliment et sans le froisser au prince Doran qu’il s’en vient récupérer sa fille nièce parce qu’il doute de la fiabilité de la maison Martell, ce qui par conséquent entrainera la rupture de la fragile alliance entre le Trône de Fer et Dorne, motivant les velléités bellicistes de la faction rageuse qui crie vengeance pour la mort du prince Oberyn, avec Bronn dans son dos qui se fend toutes les deux secondes de commentaires bien salés sur les babouches du seigneur de Lancehélion ???


Ainsi chut la maison Lannister

Mais il serait mal séant de ma part de ne m’attarder QUE sur ce choix douteux de PNJ, d’autant qu’en la matière, la série n’est pas super riche. Dans le livre, Jaime se faisait escorter vers Vivesaigues par ser Illyn Payne, lequel avait deux grands mérites, être son instructeur de combat à la main gauche et être muet. Comme chacun le sait, ce personnage a disparu car son interprète, Wilko Johnson, était atteint d’un cancer incurable. Coup de bol, le cancer en question a visiblement été invité à un mariage par Walder Frey car il semblerait que l’acteur soit en rémission.

Bilan de santé de Wilko Johnson mis à part, il ne restait donc guère d’option pour D&D et aussi sensible que cela puisse être, le choix de Bronn s’imposait de lui-même. Choix qui me conduit à un moment de « hiiiiiiiii !!!!!! » de l’épisode.

Jamais de ma vie je n’aurais pensé être si heureuse de voir Lollys Castelfoyer.

Lollys, j’en ai déjà parlé la saison dernière, est un personnage tragique des livres qui sera en effet mariée à Bronn. La malheureuse, déjà un peu lente à la base, aura le malheur de subir un viol collectif durant l’émeute qui suivit le départ de Myrcella pour Dorne. Traumatisée à vie, Lollys qui n’était déjà pas un parti très glorieux, devient carrément invendable pour sa famille qui ne trouve à la caser qu’avec le tout nouvellement élevé au rang de ser Bronn, trop content de se payer une héritière et le patrimoine qui va avec.
Dans ce monde alternatif qu’est la série, je suis doublement soulagée de découvrir ma Lollys épargnée par l’horrible drame qui la frappe dans les bouquins, ainsi que de ce mariage avec Bronn.
Désolée mais Bronn a tout de même la tête du type qui vous fera un croc en jambe en haut des escaliers le jour où vous aurez mis au monde un héritier mâle…

Ne sachant pas du tout comment cet arc va évoluer (rapidement j’espère), j’ai vraiment hâte de découvrir la suite, suite qui pourrait s’avérer être un spoil des livres pour au moins deux voire trois personnages.

La séance de lolz de l’épisode, nous la devons, une fois n’est pas coutume, à Cersei Lannister, sasoeurlareine, régente de sa majesté le roi Tommen Ier du nom. Ayant mise à prix la tête de Tyrion, la pauvre se heurte à l’incompétence des chasseurs de prime de tous poils lancés dans une vaste battue au nain par delà tout le royaume. A part éradiquer toutes les personnes de moins d’un mètre vingt les bras levés en Westeros, on sent que l’entreprise est vouée à l’échec à moyen terme. Si Cersei est un peu blasée (c’est son 37e nain cette semaine…), au moins Qyburn est il content de pouvoir récupérer un peu de… Ouais, un peu de quoi, Qyburn, je supplie votre pardon ?

« Ach, ch’en ai Pezoin pour mes eXpérienzes ! »

Levez là main si vous avez envie de savoir à quoi toutes ces têtes de nains vont bien pouvoir servir, et votez :
-Qyburn va les faire réduire pour les mettre dans des bouteilles d’eau de vie.
-il va les greffer sur le torse de Gregor Clegane, en faisant ainsi une hydre de combat.
-il a prévu de fabriquer des marionnettes. Allways the artist…

Même pas le temps de s’amuser avec ses nouveaux jouets, Qyburn emboite le pas à la reine pour…

LE CONSEIL RESTREINT ?

Oo, voilà qui ne va pas manquer de faire grincer les dents de Mestre Pycelle. Et ça ne loupe pas. Mais faisons tout de même un tour de table histoire de regarder qui va là.

Messire D’Artagnan est là à se friser la moustache tout en espérant qu’on lui donne à photocopies à imprimer. C’est qu’il aime se rendre utile, ser D’Artagnan. Mestre Pycelle ronchonne dans sa bure que c’est une abomination de faire asseoir un FOUTU NECROMANT à cette table. Et nouveau venu dans la pièce, comme Qyburn, retrouvons tous avec plaisir tonton Kevan, le meilleur de tous les Lannisters, après Tyrion.

Déjà, de base, tonton Kevan m’est sympathique. Mais le voir mettre Cersei en boite était savoureux.
Oh je sais, je défends souvent Cersei, surtout quand elle est victime de la misogynie ambiante qui tend à faire d’elle, parce qu’elle est une femme, un simple accessoire. Mais pour le coup, la remarque cinglante de Kevan ne faisait qu’attaquer sa prise de pouvoir, pour ne pas dire son coup d’état. Avec son Conseil Restreint composé de son âme damnée, d’un Mace Tyrell trop ravi que l’on ait remarqué sa présence ET qu’on lui ait donné un truc à faire (prestigieux en plus), et d’un Pycelle qui fera TOUT pour retrouver ses grâces, Cersei s’est ménagée du gouvernement sans la moindre opposition.
Et cette grosse gourde s’est crue assez maligne pour acheter la servilité de son oncle. Cersei n’est pas fine psychologue et le démontre magistralement ici en commettant une énorme erreur politique. Car le conseil de Kevan lui aurait sans doute été précieux. Pas de chance, il s’en va comme un prince « à Castral Roc, parce que mayrde !« 

Dans une galaxie très lointaine…

Alors que tout le monde s’amuse bien aux Jardins Aquatiques, que ça batifole dans les mimosas et que la tequila coule à flot, du haut d’un balcon, une sombre silhouette se dresse solitaire.

Des cobras royaux dans les yeux, Ellaria Sand cherche à tuer du regard la petite Myrcella Baratheon, vêtue d’une robe de princesse Disney (la costumière s’est totalement craquée sur ce coup-là).


« Je vais t’offrir un monde… »

Mais ce n’est pas tant sur la robe à froufrou de la princesse que je voudrais attirer votre attention. Regardez Ellaria.
Regardez-la bien…

Avec ses cheveux courts coupés casque, ses épaulettes imposantes, sa grande cape noire flottant autour d’elle telle une aura de ténèbres, son air rageux et sa démarche conquérante ?
Elle ne vous fait vraiment penser à personne ? Il ne lui manquerait pas que son propre thème musical des fois ?

Darth Ellaria se met en marche pour interpeler le prince Doran, qui arrive trop tard dans la série pour se voir offrir le titre de paragraphe « Hell on Wheels », alors qu’il a pourtant une chaise roulante, lui.
Dans les livres, Doran est supposé être assez vieux, atteint de goutte, d’où la chaise. C’est un type un peu lymphatique, particulièrement cérébral, qui avec l’athlétique et impulsif Oberyn formait un duo complémentaire à la tête de Dorne.
En lieu et place d’un genre de professeur Xavier, la série nous offre donc Alexander Siddig sur un plateau d’argent, c’est pas moi qui vais me plaindre.

Enfin si, je vais me plaindre : elle était où, mon animation des Jardins Aquatiques dans le générique ???

Visiblement, Darth Ellaria se pose la même question. Ou alors est-elle énervée parce que le prince de Dorne ne semble pas décidé à se remuer pour venger son frère. Et peut-être aussi parce que après Maggy la Maegi, Lépicier l’épicier et Drogon le dragon, Doran de Dorne, hein, sans déconner, franchement…
Et qu’à donc à lui répondre ce bon prince éponyme à propos de la vengeance ?

«-Et venger de quoi, je te prie ? Il a décidé d’être le champion d’un Lannister et il est mort parce que ce sont les risques quand on combat en duel.
Ranafout !!!!!! Qu’on découpe la petite Lannister pour la renvoyer à sa mère Bolton’ style ! De toute façon elle fait rien qu’à manger nos loukoums et boire nos mojitos ! Quand on attaque Dorne, Dorne contre-attaque ! »

L’argumentaire est tellement puissant que Doran décide de faire celui qui n’a rien entendu et d’ignorer le seigneur sith vociférant qui s’en va alors faire basculer des trucs du Côté Obscur de la Force dans un autre endroit de la carte.


OhMonDieu tout fait sens !!!

J’était contente de découvrir enfin Dorne. C’est vrai que c’est beau, les palais arabo-andalous.


« Arabo ? »

D&D lancent donc enfin l’intrigue dornienne, avec une scène introductive permettant simplement de placer quelques pions : Ellaria not like in the book en chef de la résistance, Doran le calculateur, et une référence aux Aspics des Sables qui devraient montrer leurs trombines d’ici quelques épisodes.
J’imagine qu’il faut bien commencer quelque part, même si je suis assez agacée par ces scènes très courtes. Ici, elle est justifiée par la nécessité de poser en douceur une nouvelle famille et un nouveau contexte politique. C’est trop court, mais difficile de faire plus long, surtout dans un épisode qui n’a cette semaine pas péché par des arcs type « Merguez et Poix Chiches ».
Et puis j’ai beaucoup aimé la transition entre le cobra envoyé à Cersei, et le plan sur le bijou en forme de serpent à la main d’Ellaria. Beaucoup aimé aussi le contraste appuyé entre les mouvements frénétiques de miss Sand, et l’inamovible Doran. Tout bougeait chez Ellaria : ses bouclettes (la coupe de deuil offrait cet heureux prétexte), sa cape fluide, pour une tenue mobile, sans arrêt en train de bouger, un peu comme elle qui même sur le balcon tricote des mains. Mais bougeait aussi sa caméra, soit pour la suivre, soit, en cas de moment où c’est elle qui ne bouge pas, pour prendre un angle contrastant violemment avec les cadres stricts entourant Doran et son garde, Aero Otah.
Il faut dire que la mise en scène de cet épisode était globalement meilleure que la semaine passée. Dommage que le contenu ait été si languide.

Thelma et Mouise.

Fin du suspens un peu stérile mis en place la semaine dernière avec le passage de Sansa devant Brienne.
Il était grand temps de provoquer cette rencontre pour le bien d’un arc qui s’étant considérablement éloigné de celui des livres, devait prendre une direction franche à un moment où un autre.

Encore une fois, l’épisode du jour brille par un sens de la transition assez élégant. On se souvient tous les exploits de Pod au Palais des Mille Fleurs, et c’est avec une certaine malice que la mise en scène insiste donc sur ses regards pour la serveuse. Et alors qu’on en est à se demander comment TriPod va-t-il bien faire pour aborder la demoiselle, paf, son regard tombe sur ses prochains clients qui s’avèrent être Sansa et Littlefinger.
Bien joué.


Bien joué car depuis la saison 4, Brienne et Pod sont au Val d’Arryn et la semaine dernière, leur route a croisé celle de Petyr Baelish sans qu’ils en aient conscience. Il y a donc une certaine logique à cette rencontre fortuite dans une auberge. En tout cas elle ne semble pas incongrue.

En tout cas moins que la présence de Baelish et Sansa à découvert dans un établissement bondé. Alors qu’ils auraient pu se faire livrer des plateaux repas dans la carriole quand même. Est-ce que cela aurait semblé suspect de la part de gratin de ne pas vouloir se mêler à la piétaille dans une salle bruyante ?
Bon, il fallait faciliter l’entrevue entre Brienne et Sansa, donc fuck la logique et la prudence, après tout c’est vrai, la teinture noire plus le costume trop fashion trop dark font tellement ressembler Sansa à Katniss Everdeen que le pire qui puisse lui arriver est de se faire tirer au sort pour les Hunger Games.
Ou que le propriétaire de la Twingo demande à récupérer son volant.

Pour les non-lecteurs, il faut préciser que Brienne et Pod faisaient tout un tas de rencontre durant leur longue errance, ce qui ne les faisait pas franchement se rapprocher de leur but, mais qui avait au moins le mérite de mettre un peu de piment dans leur arc.
La série préfère se concentrer sur la quête impossible de Brienne, tour à tour confrontée à Arya et Sansa, refusant l’une après l’autre sa protection.

Malheureusement pour elle, Brienne ne réalise pas vraiment à quel point elle arrive toujours au mauvais moment pour les petites Stark.
Comment Arya aurait-elle pu accepter de suivre le chevalier lui offrant refuge et protection à Port Réal ?
On remarque qu’elle a changé son discours avec Sansa, puisque cette dernière est en quelque sorte l’ennemi public numéro 1 et qu’il est hors de question de la ramener dans le giron de Cersei. Cependant, il reste difficile pour elle de comprendre comment la jeune fille peut à son tour décliner sa proposition.

Et pourtant, Sansa fait un choix raisonnable, malgré les arguments spécieux qu’elle oppose à Brienne. Sur le coup, j’ai eu envie de lui filer des baffes à l’entendre reprocher au chevalier d’avoir présenté ses hommages au roi Joffrey le jour de son mariage. Comme si elle s’attendait à ce que Brienne crache à la gueule de son souverain au motif que c’est tout de même à cause de son clan que lady Catelyn, dont elle était l’épée lige, est morte.
Sur le papier, c’est très vrai.
Et je comprends que Sansa ait une pointe de ressentiment vis-à-vis de Brienne à ce sujet. Même si dans les faits, Brienne est venue surtout présenter ses hommages à Margaery.
Pourtant, je crois que Sansa a parfaitement compris tout cela. On l’a déjà vu, elle est loin d’être stupide. Rejeter l’offre de Brienne c’est aussi refuser d’avoir à ses côtés une femme chevalier reconnaissable entre mille, alors même qu’elle tente de passer discrètement sous les radars. C’est aussi éviter de froisser Littlefinger, qui a d’entrée de jeu montré son hostilité envers Brienne. Et Sansa sait parfaitement que s’il est un homme à craindre et sous l’ombre de laquelle il faut voler, c’est bien Petyr Baelish.

Mais bien entendu, au-delà de ce calcul, il y aussi les liens entre Brienne et la maison Lannister. Observez dans les scènes entre elle et Sansa, que Féale se situe toujours entre elles deux. L’épée au mufle de lion s’interpose entre les deux personnages, créant un mur infranchissable. Sansa ignore sans doute tout ce que Brienne aura fait, mais la seule chose qu’elle voit c’est que la femme inconnue qui se présente devant elle porte une arme Lannister. Des Lannister auxquels Sansa l’a vue rendre hommage. Sans parler de ses liens avec la maison Tyrell, qui s’est servie de Sansa pour assassiner le roi et donc, la plonger dans une bouillasse pas possible.
Une fois encore, bien qu’elle voyage avec celui qui a tout fomenté et qui depuis le début est à l’origine de tous ces avis de recherche à son nom, Sansa choisit de deux maux le moindre. Brienne, elle ne connait pas. Baelish, elle sait ce qu’il veut, et elle devine comment rester dans ses petits papiers.

Loin d’être un caprice de gamine, le refus de Sansa est donc un calcul logique et prudent, sanctionné il est vrai par un refus cinglant.

Brienne était un sacré cabochon quand elle s’y met, nous n’en avons vraisemblablement pas encore terminé de l’arc « à la recherche de Sansa » puisque la tranche continue, même au corps défendant de la petite Stark.

Alors qu’on ne s’y trompe pas, dans cet épisode d’un ennui profond, cet arc était l’un des plus intéressants, compte tenu de :
-son côté inédit et la progression parallèle des deux arcs.
-la mise en scène qui décidément sauve cet épisode.
-la poursuite à cheval, d’un niveau supérieur à ce à quoi la série nous a habitué en matière de scène d’action.

Mes chers voisins.

Il y a quelques règles de survie de base dans « Game of Thrones » :
-ne jamais tourner le dos à un Bolton.
-ne pas accepter d’invitation de mariage.
-ne jamais faire confiance à Littlefinger.
-ne pas souffler dans les bronches de Stannis Baratheon.

Et pourtant, la semaine dernière, souvenez-vous…

Jon Snow interrompait ce douloureux moment d’ironie d’une flèche miséricordieuse. Il aurait dû se douter que the rightful king en aurait pris ombrage. D’ailleurs ce dernier l’a convoqué dans son bureau, ce qui est nettement moins classe que la dernière fois.

« –Expliquez-vous, espèce de bâtard.
Sire, j’aimais mieux quand vous saviez pas qui j’étais.
Expliquez-vous quand même.
-Bah c’est à dire que… Voilà quoi, un peu d’humanité.
Vos excuses minables n’ébranlent tellement en rien ma rancœur que je vais vous faire une offre.
Je sens le traquenard.
Non non y’a pas de piège.
Si.
Je me disais, vu que je vous ai à la bonne pour une raison obscure sans doute liée au fait que de tous les survivants de la Garde, vous êtes le seul restant avec un point de charisme, un point d’autorité et une chiée de points de destin, je pourrais annuler votre bâtardise en faisant de vous, attention ça va vous faire un choc : JON STARK. »

Sauf que tu la fais pas à Jonsnow ! Il est fou, Stannis, Jonny lord of Winterfell s’eut été trop de Bonheur et le Bonheur, Jon a déjà essayé, c’était affreux ! Tout ce qu’il a jamais demandé à la vie, c’est de pouvoir tirer la gueule en se gelant les harpions en haut du Mur, méditant sur ses espoirs déçus et ses amours blessées.
« Lord of Winterfell », eh l’autre…

Ceci dit, Jon n’a jamais été autant Jon Stark qu’en disant à Sam qu’il ferait un bien piètre lord si pour y parvenir, il devait renier ses vœux. Il se montre là le digne fils de Ned Stark, pas comme l’autre qui a renié ses fiançailles avec Cunégonde Frey et qui en est mort, avec pleins de trous dans la paillasse.

A peine le temps d’être noble, Jon se retrouve à devoir voter pour élire un nouveau lord commandant. Deux candidats sont proposés à la populace, ser Alliser Thorne, dont l’expérience et le passé de cannibale forcent le respect, et ser Croulant, dont l’arthrose et la senescence poussent à s’interroger sur la creation d’une pension de retraite dans la Garde de Nuit.
Coup de theatre donc quand Sam propose Jon comme candidat. On sent bien que c’est le renoncement à Winterfell qui a donné cette idée à Tarly. Et il a foutrement raison. Sous le brushing fou, sous la moue d’Emo Kitty, sous les trois premières saisons jouées avec la finesse d’une pelle, se cache depuis la saison 4 un Jonsnow nouveau qui pourrait bien diriger la Garde de Nuit.

Le vote est très serré, avec une seule voix d’avance sur le grand boulier de la démocratie pour Snowy, élu 998e lord commandant. Ça claque grave !
Ouais mon gars et ce qui claque encore plus c’est que comme tu étais à ça de ser Alliser Thorne, tu viens officiellement d’entrer en cohabitation ! Arrête de sourire comme ça, Jon.

Braavos.

J’ai rarement quelqu’un avoir l’air aussi dégouté en regardant une statue, et pourtant, j’en ai fait des musées d’art contemporain.
Arya trouve t’elle ridicule un si gros monument à l’entrée d’une ville ou entretient-elle quelques légitimes inquiétudes sur ce qu’elle va voir au moment où l’Unique passera sous la jupe du Titan ?


Braavos, donc… Déjà aperçue l’an passé grâce à SA MAJESTE STANNIS BARATHEON (y’a trop de stannisiens ici, je prends mes précautions…), la ville libre et son célèbre Titan nous donnent cette année un peu plus à voir. Braavos et ses canaux qu’on dirait Venise, mais entre ça et Philippe l’Assassin Masqué de Meereen la semaine dernière, je trouve que ça fait un peu beaucoup d’Italiens. On va finir par tout se mélanger les pinceaux, c’est moi qui vous le dit.

Le capitaine de ce bel esquif rebaptisé pour l’accent et l’occasion « L’Ounique » conduit donc Arya vers la gigantesque distillerie de whisky Black&White pour qu…
Ah, ok, on me souffle dans l’oreillette que je n’y suis pas du tout, en fait c’est un genre de temple jedi, le vaisseau-mère des Sans-Visages, mais si vous savez ces types qui ont un grand mépris pour les pronoms personnels du style Jaqen H’ghar et ses célèbres « un homme a dit ci, cet homme a fait ça« .

C’est le grand moment pour Arya, celui où enfin, elle va peut-être trouvé un sens à sa vie autre que de vaquer dans la boue en récitant sa litanie de la mort avec les guerriers les plus borderline de Westeros, semant mort et désolation sur son passage. Ok, elle espère sans doute continuer le truc avec la mort et la désolation, mais bon, pour l’heure, elle aurait surtout besoin d’un bain et d’un bon goûter.

« -*toctoctoc* Jaqen H’ghar *toctoctoc* Jaqen H’ghar *toctoctoc* Jaqen H’ghar !
Non mais c’est quoi ce bazar ??? Fait le vieux patibulaire sortant du temple en lieu et place de son ex mentor aux cheveux bicolores. J’ai déjà dit qu’on ne prenait pas les calendriers !
Je ne viens pas pour les calendriers, je suis votre nouvelle stagiaire.
Plait-il ?
J’ai vachement révisé sur la route, je sais comment assommer un paysan avec une pierre, casser la tête d’un ventricule, stick them with the pointy end toussa.
C’est qu’on ne prend pas de stagiaires, mademoiselle.
Vous rigolez !!! J’en ai besoin pour valider mon année d’étude en « assassinat et vendetta » !!!
Je peux rien pour vous, bonne journée.« 


Une porte claquée n’arrête pas Arya Stark. Elle est bien décidée à assiéger toute seule du haut de ses 10 ans le temple des Jedi Sans-Visages ah ils feront moins les fiers quand ils s’en rendront compte !
Bon il faut le dire, c’est la grosse désillusion pour elle. Après avoir perdu sa famille, il ne lui restait plus grand chose pour vivre que la conviction de trouver sa place là d’où venait Jaqen, le seul de ses mentors qu’elle ait vraiment admiré.

Alors elle tient, pendant une nuit et un matin, espérant que les portes s’ouvrent finalement pour elle. D’autres à sa place auraient baissé les bras, mais pas Arya. Au matin, en comprenant que toute cette histoire de House of Black&White n’a rien à voir ni avec le whisky, ni avec son avenir, elle decide de prendre une nouvelle fois sa vie en main.


C’est vrai ça, Arya, ta liste c’est drôlement raccourcie et ce n’est même pas de ton fait. Encore deux bouquins et ils seront tous morts sans que tu aies eu à lever le petit doigt. Merci George, de lui piquer tous ses kills. Espèce de voleur d’XP…

C’est une Arya confiante à l’extrême qui arpente les rues de Braavos, au point de ne même pas ciller face au couteau d’un coupe-jarret, passant ainsi sans le vouloir le test de Maître Yoda, le vieux du temple, qui surgit de nulle part pour mettre en fuite les agresseurs et escorter Arya jusqu’au temple.

THAT WAS NOT IN THE BOOOOOOOOKS !!!!!

Mon Dieu cette alerte va se multiplier cette saison on dirait… (et heureusement que l’épisode du jour en était riche sinon, quel ennui…)
Dans les livres, Jaqen reste en Westeros où le lecteur peut ça et là retrouver sa trace quand surviennent des morts suspectes. Je ne vous dirai pas où il va, parce que j’ignore si se faisant, je vous spoilerais ou non vos faces.

La présence de Jaqen à Braavos n’est nullement une entorse au canon dans le sens où quitte à rencontrer des Sans-Visages, autant que ce soit avec quelqu’un que l’on connait déjà. Encore une fois, il faut se mettre à la place du spectateur lambda qui a besoin qu’on lui raccroche les wagons. La pièce, Jaqen l’a donnée à Arya dans la saison 2. En gros, ça fait 3 ans que l’on a plus vu « cet homme« .
Mais son retour à l’écran, mis en scène exactement comme son depart (avec un plan habile pour son changement de visage) et l’usage d’entrée de jeu de sa si célèbre façon de parler de lui à la troisième personne sont autant de façon de remettre facilement et à peu de frais les idées de tout le public en place.

Si D&D avaient maintenant l’amabilité de se remuer pour faire advancer cette intrigue, se serait genial, encore mieux si on pouvait arriver au bout de l’arc publié d’Arya avant la fin de la saison. Sinon, ça risque d’être interminable et chiant. Ce qui, me direz-vous, ne sera pas très différent du quotidien d’Arya depuis la saison 3…

« What’s in the booooox ? »



Après le magicien dans un colis, après le nain dans un colis, Varys passe cette semaine à la vitesse supérieure avec lui-même dans un colis.
Faut vraiment qu’il arrête avec cette lubie de mettre des trucs dans des boites. Parce que je commence à être inquiète pour Daenerys qui pourrait bien se retrouver sous peu dans un conteneur en partance pour Port Réal.

En attendant ce grand moment d’import-export, l’Araignée doit expliquer à Tyrion Lannister, toujours en mode « no future » que ce serait bien s’il freinait sur le Martini parce qu’à ce rythme-là, le nain risque d’arriver confit à Volantis.

Est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer l’intérêt de cette scène, sauf pour rassurer les deux du fond, très inquiets depuis qu’ils ont vu les têtes de nains chez Qyburn ?
A part perdre du temps sur un personnage qui n’avait rien à dire ni à faire (cette scène semble fait pour les bonus d’une édition collector, dans la catégorie « scènes coupées »), je ne vois pas trop à quoi servaient ces quelques minutes, perdues corps et bien.
Il faudrait aussi que D&D apprennent parfois à lâcher du lest sur certains arcs. Apprendre à laisser de côté un Tyrion ou une Daenerys le temps d’un épisode quand on a rien de fondamental à leur faire faire, plutôt que de se fourvoyer sur une pastille uniquement destinée à donner du temps d’antenne à un personnage très populaire.

The Hunt for Philippe.

Branle-bas de combat à Meereen ! Un des suppôts de Philippe Le Fils de la Harpie a été localisé ! Accompagné de Waario, Grey Worm se rend donc dans sa planque pour lui faire la tête au carré.

Juste une chose. Prenez Daario : il a l’air tout a fait bien habillé pour sortir en ville. Son armure est convaincante dans le genre protectrice.

Prenez Grey Worm… Sérieusement, l’armure des Immaculés est ridicule. J’ai bien saisi le concept des super soldats sans peur et sans reproche mais bon, à un moment, faudrait arrêter de les envoyer au carton en jupe et en gilet.

Après avoir trouvé un Fils de la Harpie caché dans du placo, les deux compères rentrent à la pyramide où se tient un conseil. Le sujet du jour : exécuter séance tenante l’insurgé ou lui offrir un procès équitable ?
Dans le camp des bourrins, Mossador, un personnage entrevu en saison 4, en tant que leader des esclaves meereenois et que l’on avait aperçu la semaine dernière également.


Daenerys, dont la subtilité n’a jamais été le fort, penche elle aussi du côté du retour de manivelle jusqu’à ce que ser Barristan ne lui fasse réviser son opinion en agitant le spectre de son père le Roi Fou sous son nez.
Et ça marche.
Wouh. Depuis la fin de la saison dernière, c’est la troisième fois que Dany écoute vraiment ses conseillers : ser Jorah, Daario la semaine dernière et maintenant le lord commandant de sa garde régine.


Je suis désolée, mais c’est toujours plus fort que moi

On était peut-être à ça d’un épisode « Law and Order » à Meereen. Mais on ne le saura jamais car Mossador, en bon mélenchoniste, a décidé de dire zut (il est poli) à l’autoritay de sa Kaiserine, et de jouer aux entomologistes avec le Fils de la Harpie. Coulé sur une porte, notre apprenti assassin/gondolier sert désormais d’avertissement en anglais dans le texte, car c’est bien connu, pour faire passer un message fort à des gens qui ne cause que le valryrien, il vaut mieux l’écrire dans la langue de Gordon Ramsay.

Pour une fois… Pour une fois que Daenerys faisait correctement les choses, la voilà poignardée dans le dos par un de ses chers enfants. Et pour sauver la face, pas d’autre choix que de se draper dans la loi et de la faire appliquer.
La scène en elle-même était assez bien fichue, son contenu intéressant, par contre, c’est quoi cette estrade ridicule où rendre la justice. On est à Meereen bon sang, il devrait y avoir de la tribune en marbre ouverte sur de l’esplanade riefenstahlienne ! Là on dirait juste le coin de jardin où mamie Olenna va boire son thé !
Sans doute d’ailleurs parce qu’il s’agit en effet du même décor, mais chuuuuut….

Depuis la fin de la saison 4, la série n’est plus tendre avec Daenerys qui se trouve confrontée à l’exercice du pouvoir et surtout, à ses propres limites. Pas encore assez mûre pour endosser la charge de reine, trop fière pour entendre les conseils avisés, elle s’est fourvoyée depuis le départ dans son délire de reine libératrice. Défonçant au mortier une civilisation millénaire au motif que ça ne lui plaisait pas trop, Dany vient de se prendre en pleine face son complexe de supériorité.
Je suis justement tombée la semaine dernière sur un articlequi fustigeait le côté sexiste de la série mais aussi, ça mange pas de pain, son caractère raciste. La journaliste confessait avoir arrêté de regarder la série après le final de la saison 3, la fameuse scène « Mhysa », qui avait étrangement plus choqué pour le côté « la princesse blanche qui sauve les noirs : POST COLONIALISME !!! » que pour sa mise en scène tartignole.
Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à elle en voyant l’épisode du jour. Parce que cette scène est la réponse la plus cinglante qu’il soit aux accusations de racismes et de post colonialisme contre le livre et la série. Daenerys échoue à être ce sauveur qu’elle se rêvait d’être. Finalement, elle n’est qu’un agresseur armé de bonnes intentions mais incapable de voir combien ses actions vont violemment déséquilibrer ce monde qu’elle veut forger à son image.

Une fois encore, on notera que l’on était en présence dans cet article d’une personne croyant que toute œuvre de fiction se doit être une leçon de vie et qui ne comprend pas comment le cinéma et la télévision ne nous montre pas QUE des comportements humanistes, beaux, admirables, politiquement corrects.
Sans doute parce qu’elle attend de la fiction qu’elle puisse influencer son public en lui montrant la bonne marche à suivre.
Mais cette mauvaise foi ne doit pas nous faire oublier que l’épisode du jour est précisément venu déconstruire son argumentaire. D’ailleurs je vous fiche mon billet que dans quelques années on nous expliquera que l’engluement de Daenerys à Meereen est une allégorie de celui des Etats-Unis en Irak. Et on aura sans doute bien raison.
Tu la sens la critique maintenant ?

Et comme si cela ne suffisait pas, c’est le symbole de sa puissance qui se dérobe et se refuse à elle. Drogon, revenu tel le fils prodigue, la quitte à son tour, indifférent à sa détresse. Sauvage, le dragon se contente de renifler sa mère avant de prendre le large.

La semaine prochaine...

J’aimerais bien qu’il se passe un truc là… Pas juste des faits, de la mise en place et des trucs pour meubler.

Des septons qui hurlent, des Sansa qui pleurent, voilà ce que nous promet l’épisode 3.

Et là, il est urgent de remonter le niveau. Après la saison 4, voire le soufflé retomber aussi mollement est une vraie déception, même si « Game of Thrones » sait vivre sur de beaux acquis et que cette semaine, la mise en scène était plutôt agréable. C’est d’ailleurs heureusement la seule chose qui sauvait l’ensemble. Si la réalisation avait en plus été plate, je pense que je me serais tirée une flèche dans la tête.

« The House of Black and White » fait partie de ces épisodes frustrants, pas assez bons pour s’enthousiasmer et pas assez mauvais pour dauber. Un entre deux pas désagréable à regarder en soi mais qui laisse un goût de sur-place dans le fond de la gorge.

Aller, on y croit, on se remotive, on mouille son maillot ! Vivement la semaine prochaine !

Et d’ici là, n’oubliez pas de recycler vos têtes de nains.

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« Ma vie c’est de la merde et je l’échangerais bien contre celle du prince de Dorne »

Ce billet aurait dû être publié aux alentours de 22h30-45 (précision) hier soir. Mais mon PC en a décidé autrement, enchaînant lag, freeze et autres « aggneeugneu« , tant et si bien que j’ai réussi, je ne sais même pas comment, à le publier par accident pendant quelque chose comme 5 minutes. J’ai heureusement réussi à le retirer, ce qui me permet maintenant de le remettre en ligne sans les trous, les images qui dépassent (je pense à mon Grand Architecte ;)) et les liens mal insérés.
Merci Edit(h Piaf), tu peux y aller maintenant.

Oyez oyez, trouvères et troubadours ! Voici le temps venu d’accorder nos luths et de fourbir nos cornemuses car s’en vient avec le printemps « Game of Thrones » la chatoyante, aux dragons énervés et aux poitrines apparentes ! Joie et allégresse en nos foyers mes preux, hardi nos lundis matin l’œil embrumé d’une nuit trop courte, nous irons mirer par lucarne magique la geste de ser Tyrion le Lutin et les atermoiements gracieux de Jon le Permanenté.
Sus à la saison 5, mes amis ! Chevauchons le plastron gai et la mine réjouie, l’Hiver vient, et Dany aussi.



Maintenant que vous avez bien chanté et que tout le monde est monté super haut sur l’échelle de l’exaltation du retour de « Game of Thrones », deux choses :

-Coucou, vous m’avez tous manqué !
-HBO t’es vraiment rien qu’une vilaine, cet épisode de reprise n’est rien qu’un vulgaire épisode de reprise !!!

J’ai été habituée au luxe moi la saison dernière ! Je m’attendais à quelque chose de plus flamboyant et je n’ai finalement pas eu grand chose à part :
-des oiseaux, des oiseaux de partout : entre les harpies, les moineaux et les mockingbird, c’est plus une série médiévale fantastique, c’est un congrès d’ornithologie !
-des vignettes et des recaps : non pas que ce soit superflu, mais bon, faire démarrer l’action, ça mange pas de pain.
-des butts shots.
-la moitié d’une prophétie : sans déconner……..
-des gens qui font la gueule.

Cette saison 5 s’annonce comme la saison de tous les dangers car on sait désormais qu’elle va allègrement spoiler les livres et/ou prendre des directions complètement divergentes. Et comme de par hasard, ce premier épisode se montre très timoré, sauf à considérer certaines absences comme des spoils en soit. L’absence des Griffs ou du Valonqar, qu’en tant que lecteurs nous jurerions indispensables à l’intrigue semble indiquer le contraire.
D&D sont plus que jamais maîtres du navire et pourtant, ils offrent un premier épisode timoré, malgré une très belle ouverture en forme de plongée en apnée dans la tête de Cersei, je vous raconte pas le bazar.


Car n’oublie pas, Drogon, que si tu n’es pas sage, le Dovahkiin viendra pour toi

Somewhere back in time.

Visiblement, « Game of Thrones » a fait une tradition de n’avoir de prologue qu’une saison sur deux, ce qui est bien dommage car l’ouverture de cet épisode 1 en aurait fait un très beau.
Ouverture qui est accessoirement de très loin la meilleure scène de ces 50 minutes et ce pour 3 raisons :
-elle a une ambiance de fou, mode conte chelou.
-c’est le premier flashback EVER de la série, alors que D&D ont juré croix de bois croix de fer si je mens je m’empale sur le Trône de Fer qu’il n’y aurait jamais de flashbackes dans leur série. Qui de D ou de D se dévouera pour le châtiment, mystère.
-bien que cela n’apparaisse PAS NON PLUS au générique, cette scène se déroule dans une toute nouvelle zone de la carte, et oui mes bons amis, car nous nous trouvons ici sans doute non loin de Castral Roc, le fief de la glorieuse maison Lannister. Ils ont de jolies forêts dites donc…

Ceci dit, je ne serais pas vraiment moi si je n’avais vraiment rien à redire sur la scène en question, tu t’es cru où, sans déconner ?

Encore dans sa zone de confort, le lecteur, surtout s’il s’informe sur la série, aura grillé les tenants et les aboutissants de la scène en question en un quart de seconde, rien qu’à la vision de deux petites Lannisters gambadant dans la forêt. L’identification est aisée, elle passe par le vêtement de nos deux greluches, la célèbre et néanmoins fort seyante robe portefeuille si élégamment portée par Tasoeurlafuturereine, dont nous découvrons donc ici la version ado, que l’on pourrait qualifier de version Bitchy Over 9000. Déjà occupée à écraser le menu fretin sous la morgue légendaire, déjà drapée dans sa Lannisterattitude, peut-être déjà alcoolique, la suite de la scène nous le dira sans doute.
Junior Cersei semble fort pressée de se rendre quelque part dans la forêt, trainant en remorque Joséphine, une amie du genre timorée.
Leur destination : la hutte d’une diseuse de bonne aventure.

Point culture deux minutes, les jeunes :
-on dirait que la hutte a été construite par un castor, c’est aussi étrange que ….. ben étrange en fait. Et comme c’est super bien réalisé, avec l’ambiance mystérieuse et tout, tu te poses tout un tas de question type « Allons-nous rencontrer le peuple des hommes castors ? » ou « est-ce que les habitants de cette demeure ont la queue plate ?« 
-la diseuse de bonne aventure en question n’est pas qu’une sombre gitane occupée à loucher sur une boule de cristal en plexiglas. C’est une maegi. Voui, une maegi, comme nous le prouve sa méthode de disage de la bonne aventure, assez éloignée du traditionnel « Donnez moi un billet de 500 euros que j’y lise votre avenir professionnel« . Si vous vous dites « maegi, comme cette vieille *ute de Miri Maz Dur ?« , vous avez mille fois raisons. Comprenez donc que les choses sont sérieuses. Ni elle, ni Cersei ne sont là pour déconner.
-lorsque Cersei mentionne ce prince auquel elle est promise, c’est de Rhaegar Targaryen dont elle parle. Se faisant, elle tire d’ailleurs des plans sur la comète car il n’y a jamais eu entre eux de fiançailles officielles, simplement un projet, porté par Tywin mais mis à mal par le roi Aerys, qui jaloux de sa Main, décida de lui mettre un beau camouflet dans le mufle léonin en fiançant son héritier à la petite Elia Martell, oui, Elia « Yourapedheryoumurderedher« .

Ainsi nous découvrons ce personnage légendaire qu’est Maggy la Grenouille, qui m’est l’occasion de pointer la FOLLE originalité de GRR Martin parce que bon « Maggy la maegi« , c’est un peu la solution de facilité.
IN DA BOOKS, Maggy est une vieille étrangère célèbre pour ses prédictions vachement précises (« après la pluie viendra le beau temps« , « Winter is coming » et autres « quand on tue les gens, ça les fait mourir« ) ici polymorphée par la grâce de « série HBO, bring me the BOOBS » en accorte donzelle dotée d’impressionnants appendices mammaires.
IN DA BOOKS, Maggy la maegi a eu la bonne fortune d’épouser un marchand de Port Lannis, un certain monsieur Lépicier, spécialisé dans le commerce des épices. Arrêt sur image, Maggy la maegi épouse Lépicier l’épicier. Tu te fous vraiment de nous, George…

Pour l’anecdote, on soupçonne fortement Maggy d’être la mère de Sybille Lépicier, qui épousera quelques années plus tard un certain ser Ouestrelin, ce qui lui permettra d’enfanter une dénommée Jeyne Ouestrelin laquelle IN DA BOOKS épousera à son tour Robb Stark.
Une merveilleuse histoire dont les non-lecteurs ne peuvent avoir connaissance puisque la maison Ouestrelin a été remplacée dans la série par une certaine Doctor Quinn, plus connue sous le nom de Talisa. Qui comme Maggy la maegi, vient de l’autre côté du Détroit. Un hommage sans doute.

ON PEUT REPRENDRE LE COURS DE CET ÉPISODE S’IL VOUS PLAIT ?

Tout de suite.

Cersei donne donc un peu de son sang à Maggy, ce qui devrait tout de suite nous permettre de savoir si son taux d’alcoolémie l’autorise à prendre le volant pour rentrer au château. La maegi ne mourrant pas d’un coma éthylique subit, j’en déduis que Cersei va pouvoir conserver encore quelques temps tous ses points de permis. C’est qu’à son âge ça file vite, quand on est jeune conducteur.

Maggy va donc pouvoir prononcer son oracle, lequel est carrément renversant à ce stade de la série, jugez un peu : « tu n’épouseras pas le prince, tu épouseras le roi. » Là où nous savons qu’en effet, le prince Rhaegar va lui passer sous le nez, Cersei comprend sans doute qu’Aerys va mourir prochainement laissant la place à son fils.

« –Est-ce que je serai reine ?
Petite, je viens de te dire que tu épouseras un roi.« 
On note ici que Cersei est déjà un peu lente à la détente.

« –Ceci dit, je t’annonce que tu vas te faire remplacer par une autre, plus jeune et plus belle que toi. » => holy shit, qui cela peut-il bien être ? Margaery ? Dany ? Ou pire : Sansa ?


« Surprise, bitch ! »

A la question « est-ce que nous aurons des enfants, le roi et moi ?« , Maggy répond « Toutafé, lui 16, toi 3.« 
Pour une étrange raison, dans la série, Maggy dit à Cersei que le roi aura 20 enfants. Et pas 16. Bon, 16, ça fait déjà beaucoup, mais visiblement, ce n’était pas assez pour D&D alors « vous me rajouterez bien deux trois bâtards de plus, ça mange pas de pain, surtout si on les reconnait pas, y’a pas de pension alimentaire, ahah je suis trop drôle !« 

« –Dites, j’aimerais bien continuer ma prophétie sans qu’on m’interrompe toutes les 5 minutes !« 

Désolée Maggy.

« –Je disais donc, les enfants toussa, la reine, oui, trois enfants, voilà. Donc ils auront des couronnes d’or…
Comme Viserys Targaryen ?
Eeeeeeeh bien disons que non, pas vraiment, mais qu’au final, ça reviendra au même.
C’est à dire ?
C’est à dire qu’ils vont mourir, tous les trois.
Damned….
Ouais, je sais… Le coup de massue quoi…
Fichtre.
Attends c’est pas fini.
Ouais mais là, je suis plus bien sûre en fait. Viens Joséphine, tirons-nous d’ici, nous avons 14 ans, il est grand temps de prendre notre première cuite.
Ah et d’après l’analyse de votre sang, je vous conseille aussi de bien surveiller votre taux de Gamma GT.« 

Et c’est là que Maggy lâche la bombe avec la dernière partie de la prophétie en révélant à Cersei que

CUT !

Port Réal.

QU’EST CE QU’IL VIENT DE SE PASSER ?
Rembobine, rembobine  !!!!!! Il en manque un bout !!! Un bout énorme !!!

D&D ayant fait le choix d’oublier la fin savoureuse de la prophétie, je ne m’étendrai pas sur le sujet, pour deux raisons :
-si ça se trouve, ce flashback est incomplet et nous aurons la suite dans quelques semaines.
-si la suite n’existe pas, c’est peut-être parce qu’elle n’a pas tant d’importance que cela, au final. N’oublions pas que D&D connaissent la fin de la chanson de la glace et du feu après tout.

J’aimerais noter un petit truc sur cette série de scène à Port Réal. Souvenez-vous l’an passé, dans l’ultime épisode, la réalisation avait pris un tour nouveau, choisissant de suivre par moments non plus l’objectivité qui était jusqu’alors le maître mot de la série, mais bien les points de vue de certains personnages. Toutes les scènes avec Cersei cette semaine sont de cet acabit. Et c’est le flashback qui nous a servi de point d’entrée dans la psyché de la reine. Il nous sera donc impossible par la suite de ne pas voir Margaery comme une menace potentielle, Loras comme un gros gland, Mace Tyrell comme un ridicule mousquetaire qui s’est trompé de plateau de tournage, Pycelle comme un vieux croulant…

Nous retrouvons donc Cersei dans sa litière et après ce que nous venons de voir dans le flashback, saviesonoeuvre prennent un sens nouveau. Nous qui l’avons toujours prise pour une grosse relou dès qu’il s’agissait de ses enfants comprenons désormais qu’elle a toujours vécu avec une épée de Damoclès au-dessus de ses trois têtes blondes. Sa réaction disproportionnée lorsque Joffrey a été attaqué par Lady, sa décision de le faire mettre à l’abri pendant le siège de Port Réal. Sa panique quand Myrcella a été fiancée aux Martell par Tyrion… Nous sommes depuis le début au-delà du schéma d’une mère protectrice. Nous sommes face à une mère qui sait que ses enfants vont mourir avant elle (rapport à la fameuse dernière partie de la prophétie). Et qui ne peut que croire dur comme fer en la prédiction de Maggy : elle a bel et bien épousé un roi, eu trois enfants et lui 16 ou 20, ne mégotons pas.
Quant à sa haine envers ses belles filles, elle n’est pas liée qu’à la tradition de la belle mère chiante, mais bien à sa peur d’être remplacée par ces femmes plus jeunes et belles que sont Sansa et Margaery. Heureusement pour elle, Cersei n’a jamais pris Daenerys au sérieux (remember la saison dernière), ce qui lui fait un souci en moins.


Notez que Cersei est déguisée en lord Tywin : tenue noire, grandes bottes de cuir… CE N’EST PAS UN HASARD !

La vie de Cersei ressemble à une accumulation de sursis. Pour elle, il s’agit d’attendre patiemment la venue de la prochaine catastrophe. La mort de Joffrey n’a fait que le lui rappeler. Mort qu’elle impute d’ailleurs à Tyrion, qu’elle accuse, à raison pour une fois, d’être également responsable de la mort de son père. Le nain semble décidément être celui qui lui prendra tout : père, fils, et quelque part aussi fille (il est celui qui a envoyé Myrcella à Dorne, même si elle y est toujours bien portante).

Plus elle avance et plus sa vie semble se résumer à un spectacle auquel elle assiste impuissante. Il y a de quoi devenir marteau, alcoolique, voire les deux. On peut reprocher beaucoup de choses à Cersei, son manque de clairvoyance, son absence de sens politique, sa trop haute opinion d’elle-même, mais il devient de plus en plus difficile de ne pas la plaindre, malgré tout.

Sauf que Cersei, tu la plains trois secondes, juste avant qu’elle ne fasse ou dise un truc qui va te faire te facepalm avec brutalité et abandonner toute velléité de commisération.
Genre :

« –Ah, masoeurlareine, tu tombes à pic. Je voulais porter à ton attention l’imminence de manœuvres politiques de mauvais aloi à l’encontre de ta position, si ferme et si fragile à fois, de douairière, rapport au fait que…
SILENCE LE MANCHOT ! Je sais pas si tu réalises bien que ta vie tient à un fil. C’est toi qui a libéré Tyrion. Qui a ensuite tué notre père.
Je crois que la formule consacrée est : « j’ai merdé ». Enfin je pouvais pas prévoir non plus qu’il irait jouer de l’arbalète dans les couloirs du donjon…
Je veux sa tête, là, maintenant, tout de suite.
Tu veux pas sécuriser ta position d’abord ?
Non. J’ai dit. »

Nous retrouvons notre blonde favorite au banquet funèbre en l’honneur de lord Tywin, qui personnellement, m’a fait super peur avec ses galets sur les yeux qui lui donnent l’air d’une héroïne de manga.

La voici donc entourée d’hypocrites et d’abrutis, comme le démontre le très convaincant discours de ser Loras, un peu empêtré dans son élégie funèbre « Il était très, euh, très impressionnant, et pi fort aussi, mais d’un point de vue moral j’entends car euh… Le lion rugit et la caravane pass…. Non, je voulais dire qu’il était incontournable dans le paysage politique westerosi car euh, power is power ? Je suppose hein. En tout cas, c’était quelqu’un sur qui compter. Condoléances, toussa.« 

Après avoir conseillé à ser Loras d’aller se faire voir chez les Grecs (chose qu’il s’empressera d’ailleurs de faire deux scènes plus loin), Cersei titube dans un autre coin de la salle du trône juste pour tomber sur un mec en cosplay Jésus de Nazareth.

« –Mais qu’est-ce qu’il s’est passé avec vos cheveux, cousin Lancel ?
J’ai vu la Lumière.
La lumière d’un salon de coiffure ?
Non, celle du Très Haut. Enfin des Très Hauts, les Sept.
Ouioui, fascinant…
Il faut faire pénitence, cousine, pour vos GRANDS péchés !!!
Parle à ma main.
Car le sacrilège noircit votre âm…
La seule chose qui va noircir Lancel, c’est ta joue après que j’ai envoyé ma coupe en argent sur ton bec de Moineau. Maintenant laisse moi méditer sur le destin des Sept Couronnes avec ma margharita.« 

Je me demande si un petit rappel sur le cas Lancel Lannister ne serait pas le bienvenu ici. Après tout, nous n’avons plus vu le brave cousin depuis « Blackwater », l’avant dernier épisode de la saison 2. En tout cas, je n’ai aucun souvenir de lui après.
Lancel est le fils de tonton Kevan, frère de Tywin. D’ailleurs, Kevan s’est aujourd’hui fendu d’une brève apparition pour expliquer des éléments de background. Toujours si urbain, ser Kevan…

Lancel est donc un jeune Lannister, blond comme il se doit. Le prestige de son nom lui valu d’être nommé écuyer du roi Robert. Après le départ de Jaime à la guerre en saison 1, lui échut la lourde tâche de remplacer ce dernier dans le lit de la reine. A défaut de grive, Cersei se tape des merles.

L’important c’est que ça reste en famille…

Cersei manipula le très influençable Lancel pour que ce dernier abreuve Robert Baratheon de vin durant toute la chasse au sanglier au terme de laquelle, rond comme une queue de pelle, le roi fut mortellement blessé.
Malheureusement pour Lancel, Tyrion, alors Main par intérim, découvrit le pot aux roses et menaçant cousin Lancel d’informer Jaime de ses coucheries, en fit son sous-marin auprès de la reine. A la bataille de la Nera, Lancel était chargé de surveiller le roi pour Cersei et de l’informer du déroulement de la bataille. Malgré ses moults aller-retours entre les remparts et le Donjon Rouge, Lancel réussit à se faire blesser suffisamment pour presquemourir. Une convalescence difficile et l’expérience d’une mort imminente ont toutefois eu un effet assez étrange sur le jeune homme, jusque là très con et très prétentieux. S’il reste toujours aussi idiot, il conçoit de ses actes une grande culpabilité. Affaibli, amaigri, plutôt que de tromper sa névrose en faisant un truc créatif genre lancer sa ligne de sac à main, il se tourne vers la religion, plus particulièrement vers un courant prônant le dénuement le plus total et la mortification. Il devient alors un Moineau, un disciple d’un septon surnommé, attention originalitay, « Le Grand Moineau », Der Gross Moineau, The Big Moineau.
Lancel est désormais un pénitent, un brin exalté sur les bords, qui dans un monde idéal voudrait bien que tout le monde pénitence comme lui, surtout sa cousine, dont l’âme est noire comme les écailles de Drogon le dragon (George, oh ! Sans déconner….).

Je vais faire du mauvais esprit et tout, et gratuitement en plus, mais en théorie, si on suit le bouquin à la virgule près, on sait que Lancel a beaucoup maigri après la bataille de la Nera, que ses cheveux sont tous gris et qu’il ne ressemble plus guère au fringant chevalier d’autrefois.
Sauf que bon, les acteurs, surtout quand on les rappelle après 3 ans d’absence, ils vivent leur vie et font des trucs genre gagner prodigieusement en masse musculaire.


Ou alors j’ai zappé la partie où le Grand Moineau forme un corps de pénitents de combat qui s’entrainent pour la Sainte Croisade du Repentir en soulevant des missels à longueur de journée.


Si d’aventure vous trouviez cette idée de moine de combat aussi awesome que saugrenue, sachez que cette série existe, « Lasko le Protecteur », où un frère culturiste combat le Mal au sein de l’ordre séculaire du Pugnus Dei

Meanwhile, dans les appartements de ser Loras, ce dernier batifole avec Dodo la Saumure. Tiens donc, c’est pas banal. Dodo lui ferait-il l’aumône de ses prestations d’ordinaire tarifées, toujours sur ordre de Mister Mon Petit Doigt M’a Dit ? Plus que probable. Petyr Baelish doit garder des yeux et des oreilles partout (exactement comme Varys) s’il veut gagner au jeu des trônes.
En attendant, la série nous gratifie ici de sa première scène de nudité gratuite de la saison (yeah….) en filmant complaisamment le boule de Dodo occupé à : rouler sur ser Loras, rouler sur les draps, rouler des hanches en quittant la chambre. Un épisode pour les femmes qui aiment les hommes, les hommes qui aiment les femmes et les hommes et les hommes qui aiment les hommes. Et les hommes qui aiment les femmes mais savent apprécier les belles choses.

Ne vous laissez cependant pas abuser par une paire de fesse occupant la moitié du champ. Ce n’est là qu’une éclipse partielle car derrière la lune, se cache l’astre Margaery. Laquelle est ronchon parce qu’au lieu de s’emboiter dans le petit personnel, son frère ferait mieux de se rendre au goûter du roi. Alors enfile cette chemise brodée de myosotis et file avaler quelques tartines avant que je me fâche toute rouge !

« –Eh oh, vilaine, lui répond Loras décidément plein de verve aujourd’hui (à une lettre près, cette phrase devient dégueulasse), c’est pas toi qui commande ici ! D’abord, vu que le mariage est annulé et que je ne suis plus ton futur beau père, je n’ai plus l’obligation de me taper les dégustations de Benco !
Peut-être, mais ça reste ton futur beau-frère !
Si tu savais comme je m’en fiche ! Depuis que je ne suis plus obligé d’épouser Cruella, je suis un homme libre, contrairement à toi qui devras toujours te la farcir comme belle-mère, mouhahahahah !!!!
Oh, ça, ça reste à voir…
Oo, répète un peu pour voir ?
J’ai dit que ça restait à voir…« 


Ouuuuuuuuuuuuh……….. Comme ce double « perhaps » était LOURD de menace pour cette bonne douairière !!!! Je sais pas vous mais moi j’en ai eu des frissons sur l’échine !
Ce mot de Margaery est d’autant plus fort que le flashback nous l’a désignée comme une menace. Nous avons été conditionnés au début de l’épisode, par le point de vue de Cersei. Margaery, cataloguée « intriguante » depuis le meurtre de Joffrey (elle n’avait pas trempé dans la machination) devient maintenant tout aussi dangereuse à nos yeux que l’était mamie Tyrell. Qui sera sa cible ? Tommen ? Peu probable, l’enfant est son ticket gagnant pour le trône. C’est donc bien Cersei que vise ce « perhaps« . Margaery a compris que Tywin mort, il ne reste plus ni barrière à la fofollerie de la reine, pas plus que cette dernière n’a désormais de protection. Cersei est aussi potentiellement dangereuse qu’elle est vulnérable.

« What’s in the boooooox ??« 

La fantasy nous a appris une chose concernant les nains : ils sont hydrobloquant. Dans l’incapacité physique de traverser eux-même une étendue d’eau, il faut les placer au préalable dans un récipient quelconque de type amphore (mais il faut pousser très fort pour les faire passer par le goulot), caisse, ou tonneau.

Ainsi, pour faire traverser le Détroit à Tyrion Lannister, Varys n’eut d’autre choix que de l’enfermer dans une boite, apparemment trop petite pour lui. Pas un mince exploit. Il faut dire que Varys n’a pas eu beaucoup de temps pour préparer le colis. D’ailleurs c’est marrant, mais Varys, c’est un peu l’UPS de Westeros : entre le mage qui l’avait castré et Tyrion cette saison, c’est qu’il en fait passer des choses par le frêt maritime !

Tyrion sort de sa boite comme un diable ronchon et dégueulasse qui manquerait singulièrement de ressors. Malgré ses muscles ankylosés, il réussit à se traîner vers LA SEULE bouteille de vin présente dans le décor, prouvant là qu’il est bien le digne frère de sasoeurlareine. Tous les deux se trouvent décidément des points communs toujours au pire moment.
Généralement celui où la situation est trop tendue pour que cette brève complicité ne puisse adoucir leurs rapports.
Et là, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’entre Tyrion et Cersei, c’est tendu COMME UNE ARBALETE.

Pour compléter le tableau des scènes pas trop utiles qui ne font pas avancer l’histoire, le dialogue qui va suivre entre le Lutin et l’Araignée se révèlera assez prodigieux. Déjà parce que le seul petit suspens a été grillé dans la bande annonce de cette saison, révélant l’horrible vérité sur l’allégeance de Varys aux Targaryen.

Pas moyen de garder ce scoop au frais jusqu’à l’épisode d’aujourd’hui les gars ? Vraiment ?

Je sais qu’il est présomptueux de considérer que Varys roule pour Dany. Disons plutôt qu’elle représente pour lui une carte plus que convenable à jouer. Mais le fait est que pour l’heure, Varys affiche haut et clair son parti.

Dans la saison 1, cette allégeance fut révélée de manière discrète, dans une scène adaptée du livre où Arya surprend une discussion entre Varys et Illyrio Mopatis. Le lecteur, découvrant les deux personnages par les yeux de la gamine, ne pouvait deviner l’identité d’Illyrio, contrairement au public de la série qui découvrit donc d’entrée de jeu l’association et les manigances de Varys et du protecteur de Daenerys.
Dans la saison 4, et je l’avais signalé à l’époque, il existe une scène où l’allégeance de Varys est montrée en plein écran. Il s’agit de la scène devant le trône de fer qui suit celle du Conseil Restreint auquel participe Oberyn. Ce dernier rejoint l’Araignée dans la salle du trône pour une discussion au sujet des préférences de l’eunuque en matière de gaudriole qui se conclut sur l’intérêt contre nature de Varys pour les trônes turgescents.
En soit, découvrir que l’unique passion de Varys est pour le pouvoir et le trône de fer n’a strictement aucun intérêt.





La révélation se cachait à un autre niveau, au premier plan de l’image.

Je vous invite donc à revisionner la scène ici

Dans « Game of Thrones », le costume révèle souvent beaucoup d’un personnage. L’habit fait parfois le moine. Prenez Cersei par exemple : plus sa position devient périlleuse à Port Réal, plus elle porte en public des robes à corset. Que se soit ses bustiers « Madonna Style » en fer forgé ou ses robes « rouleau de moquette », elle se caparaçonne dans une armure. Plus jamais, sauf dans l’intimité, on ne la voit dans ses robes porte-feuille typiquement Lannister.
Ce n’est pas un hasard.
Dans cette scène de la saison 4, Varys porte une tenue somme toute très classique pour lui. Mais regardez de quoi est fait l’espèce de truc (une écharpe symbolique ? Un simili gilet ?) qu’il porte croisé sur la poitrine : du cuir de reptile. Sans doute du croco. L’important étant qu’il se balade dans tout Port Réal avec un motif reproduisant celui des écailles de dragon.
Je suis persuadée que ce n’est pas un hasard et que ce motif a été choisi fort à propos pour apparaitre précisément dans cette scène, afin de pointer du doigt le vrai master plan de l’eunuque.

A noter qu’il porte forcément ce « truc » dans l’épisode du jour, au moment de confirmer officiellement ce que l’on sait déjà grâce à la bande annonce de la saison.

Mais foin des looks de fashionista de Varys, penchons nous très bas sur Tyrion qui touche le fond, et pas que de la carafe dont le contenu descend plus vite que Nancy Reagan d’une estrade.
Non, Tyrion, il en a gros. D’avoir étranglé Shae avec la chaine en or à 12 000 dollars qu’il lui avait payée, d’avoir tué son père parce que bon, quand même Tywin était le seul père qu’il n’aurait jamais, d’avoir voyagé dans une boite comme un vulgaire caméscope sur un supertanker de la Maersk, d’arriver à Pentos en plein été, alors que l’été à Pentos, pff, il fait chaud.
Et donc « scrogneugneu où est la margharita, scrogneugneu malheureux, scrogneugneu fuck the queen, scrogneugneu qu’est ce que tu me saoules avec ta Daenerys, je veux juste me saouler moi-même, donne moi cette bouteille de tequila que je la remise par devers moi…..« 

Vous le sentez l’arc long et chiant du voyage de Tyrion et Varys vers Meereen ?

Baelish Games : Mockingbird.

Malgré un apport en calcium issu du lait maternel prolongé jusque facile ses 12 ans, Robin Arryn galère comme un porc à lever son épée d’entrainement face à un écuyer qui lui démonte proprement la tête sous les yeux blasés de Sansa Stark, aka Alayne Stone, aka « j’ai le même manteau que Littlefinger« . Remember les talents de caméléon de la petite…

Elle devrait pourtant se sentir soulagée, Littlefinger a conclu avec lord Royce un petit arrangement afin de lui confier l’héritier du Val. Ok, cette mise sous tutelle n’a pour unique but que de permettre à lord Pedobear de se rendre « quelque part » tout seul avec Sansa.

« –Tranquilisez-vous ma chère, je vous envoie dans un lieu où Cersei Lannister ne pourra jamais vous trouver.
Oui oui, je suis super tranquille, je voyage seule avec un moustachu qui a assassiné ma tante sous mes yeux, m’a roulé une pelle alors que j’ai même pas 15 ans, et qui a fait buter le roi. Tout baigne, je suis en sécurité.« 

Tellement en sécurité que tu passes ni vue ni connue, à même pas 200 mètres de Brienne de Torth escorté de Podrick Payne, l’Etalon qui Montera le Monde. Ironie, quand tu nous tiens… Presque un caméo pour notre femme « je ne suis pas un chevalier » préférée, histoire ne se rappeler à notre bon souvenir. Elle aussi, comme Tyrion, en a gros. Arya n’a pas voulu venir avec elle, Catelyn est morte, tout les gentils sont morts, c’est pas juste…. Mazette, on dirait n’importe quel lecteur du « Trône de Fer » après les Noces Pourpres !

Sansa et Littlefinger… Un arc « qu’onsaitpasdutoutoùilva » car la série va ici prendre de l’avance sur les livres, voire prendre des directions différentes. Pour l’heure, on note qu’outre des vêtements similaires, tous deux agissent de concert. Certes, Sansa ne comprend pas tout et son intérêt pour les affaires de Littlefinger ne dépassent sans doute pas les nécessités de sa survie, mais on sait depuis la saison dernière de quoi la jeune fille est capable. Cet arc fait partie de ceux dont j’attends le plus cette année, alors Sansa, ma fille, ne me déçois pas !!!

« La Merguez et les Poix Chiches », saison 2.

« One harpie to rule them all
One harpie to find them
One harpie to bring them all
And in the darkness bind them. »

« Je serai le Hobbit de ta Harpie, Meereen ! » a juré Daenerys Targaryen, jetant la statue de la femme ailée sur les pavés de la Place du Destin.
Place où nous retrouvons Grey Wo…. Quoi qu’il se passe ? Serait-ce un recast DONT JE N’AURAIS ETE INFORMEE ?
Grey Worm a t’il comme ser Lancel fréquenté la salle de sport « qui fait prendre de la masse musculaire de façon anormalement rapide et disproportionnée » ? Une nouvelle victime de la célèbre « malédiction de Sam Winchester » ?


« At first, I was like… »

« And then, I worked out »

La suite nous dira que cet Immaculé n’est en réalité pas Grey Worm, le général grognon, mais Rat Blanc ou plutôt Ver Gris Protéiné comme je préfèrerai l’appeler désormais. Y’avait sérieusement pas moyen de trouver un acteur qui ne soit pas le sosie craché de Grey Worm ?

Bref, Ver de Gris Protéiné, sa mission de presque se prendre une harpie de 73 000 tonnes sur le gros orteil accomplie, se rend dans les ruelles interlopes de Meereen pour aller quérir les services d’une péripatéticienne qui ressemble à Missandei.

Ok, j’ai compris : vous vouliez créer un vrai-faux suspens, faire croire aux spectateurs que vous aviez recast Grey Worm (pourquoi ???) et que ce Grey Worm se paye des filles ressemblant à la petite translatrice parce qu’il aime bien cette dernière mais elle fait rien qu’à lui poser des questions sur sa stouquette dès qu’il la croise dans les couloirs et qu’à la longue c’est fatiguant ?
Mais je… Quoi ???

Fermons les yeux très forts, aller, hop, passons à la suite où Ver de Gris Protéiné commande à Missandei Mais Pas Trop « la même chose que d’habitude« , comprendre faire les petites cuillères pour juste un dodo.

Et alors que notre Immaculé se fait dorloter par Not So Free Hugs, voilà t’y pas, mais on entre ici comme dans un moulin ma parole, qu’un type arrive dans la chambre, visiblement échappé du carnaval de Venise.

« –Vous avez égaré votre gondole ? Demande Ver de Gris Protéiné à l’homme masqué.
O sole mio, fils de *ute, » lui répond l’importun en lui ouvrant allègrement la gorge.

« COMMENT OSENT-ILS DECOUPER MES IMMACULES EN RONDELLE ??? » s’insurge la Kaiserine Daenerys Targaryen du Typhon l’Ignifugée, Mère des Dragons.
C’est que son royaume enchanté de paix et de liberté dans la Baie des Esclaves est en train de tourner à la mascarade => jeu de mot de qualitay. Les Fils de la Harpie, groupuscule chafouin d’opposants politiques sont passés à la vitesse supérieure en commettant un meurtre. Dany décide donc de frapper un grand coup en réservant des funérailles nationales à Ver Gris Protéiné et peut-être même une place au Panthéon : « Entre ici, avec ton cortège de stéroïdes !« 

Les Immaculés sont sur le pied de guerre. La vengeance est en route!
« Mon frère, mon frère, je te vengerai ! » semble se dire Grey Worm quand soudain déboule Missandei dans la salle d’arme. Elle a sans doute un message très important de la part de Daenerys à lui faire passer du type « KILL THEM ALL, PAR LE SANG DU DRAGON !!!« .
Ou alors elle est venue lui dire de faire bien attention à lui, parce que les rues ne sont pas sûres, surtout la nuit. Et puis cet homme masqué, ce Philippe qui tue des Immaculés, non, ce n’est pas très rassurant, bouhou…

Vous êtes naïfs.

« –Coucou.
… Coucou.
Alors voilà, en fait, j’ai entendu dire que ton sosie là, il a été assassiné dans un bordel.
Scrogneu.
Et donc je me demandais, qu’est-ce qu’il faisait dans un bordel vu que vous autres les Immaculés êtes un peu comme les chapons de notre armée ? Rapport à vos organes génitaux, pas à l’incomparable saveur de votre viande, bien sûr.
Je… J’ai du lait sur le feu. Kthxbye.« 

Elle aura TOUT essayé. TOUT. Sans jamais être une seule fois un tout petit peu subtile. C’est quoi la prochaine étape Mimi, si tu me permets de t’appeler ainsi ? Lui soulever le pagne ?
D&D vont-il cette saison encore meubler l’arc de Daenerys avec sa translatrice qui court après le peut-être fantomatique pénis de son général ? Vous n’en avez pas marre des intrigues pourries ?

Meanwhile, dans la salle du trône, Daenerys reçoit Hizdahr zo Loraq, qui est à ça de se faire rebaptiser Michel parce que je sens que son nom va me gonfler d’ici la fin de la saison, revenu de Yunkai avec Daario Naharis, toujours en mode Waario.
Pour mémoire, Hizdahr zo… raaah flûte, Michel est le type venu demander à Daenerys si elle aurait l’amabilité de bien vouloir décrocher son père de la croix où elle l’avait épinglé. Il représente donc l’aristocratie meereenienne (meereenoise ?) et en sus d’annoncer son flamboyant succès à discpliner les Yunkaiais (Yunkaiens ?), il lui demande poliment de bien vouloir déclarer ouverte une session de jeux du cirque.


« –Oh là, le frisé, comme tu y vas, lui répond Dany. Des combats d’esclaves? DANS MA CITE
Techniquement, des combats tout court vu que vous avez aboli l’esclavage, votre Blondeur.
Oui, et j’ai aussi aboli les dessins animés japonais et le club Dorothée parce que c’était trop violent. Hors de question. Vous n’avez qu’à organiser des tournoirs de cartes Magic.
Pourquoi pas de cartes Pokemons tant que vous y êtes ?
Je viens de dire quoi sur les trucs venant du Japon ?
Au temps pour moi.
C’est ça, cassez-vous. »

Il parait qu’Emilia Clarke en a assez de montrer ses boobs à la cantonnade, raison pour laquelle cette semaine nous la trouvons chastement drapée dans un plaid dans une scène post coïtale avec Waario. Du coup, tout le public féminin et gay de la série peut se réjouir de la nécessité de remplissage du quota « nudité » par le postérieur du mercenaire. Décidément, HBO est généreuse en la matière cette semaine.
Après lui avoir résumé la série « Spartacus » pour lui faire comprendre que les combats dans l’arène, ce n’est pas si mal que ça au final, Waario se fend d’un commentaire sur les dragons.

C’est vrai ça, comment vont-ils depuis la saison dernière ?

« –Vyserion et Rhaegal sont au cachot, quant à Drogon, il a disparu de nos radars.
Trop le seum, Khaleesi…
Je comprends pas, ils étaient si mignons quand ils étaient petits. Maintenant, ils font rien qu’à râler, faire des bêtises…« 

Dany découvre à ses dépends ce qu’il en coûte d’être la mère de trois ados turbulents. Pour les avoir trop gâtés quand ils étaient enfants, elle se retrouve maintenant à gérer des problèmes de délinquance juvénile et n’a plus très envie de venir récupérer sa progéniture au poste de police, après une nuit en cellule de dégrisement.
Sur les conseils de Waario (ça vaut ce que ça vaut), elle tente donc de renouer le dialogue une dernière fois. Si elle échoue, elle devra contacter Pascal le Grand Frère.
Ou Philippe Etchebest pour un nouveau numéro de « Cauchemar à Meereen ».

Comme la scène de leur enfermement, celle des retrouvailles est plutôt bien fichue. Daenerys pénètre dans ce caveau sombre et d’apparence vide. On trouve là une tonalité très particulière, qui fait un peu penser à ce film italien dont le nom m’échappe totalement, avec des villageois qui sacrifient une vierge à un dragon. La pauvre doit entrer dans la caverne de la bête et pendant longtemps, elle ne voit pas la créature, dont elle devine pourtant la présence. Ici pareil, avec l’effet visuel très fort de Dany, toute de blanc virginal vêtue, observant les chaines lentement glisser. Puis l’explosion de rage des dragons, menaçant leur mère sans pour autant la toucher. Résultat, la pauvrette doit fuir devant ses enfants turbulents et se résigner à libérer des chambres pour Pascal le Grand Frère, Philippe Etchebest et sans doute aussi Super Nanny.

Tout à Meereen tourne au fiasco. Depuis l’année dernière, Dany a découvert ce qu’il en coûte de conquérir pour régner sans partage. Déjà, elle a dû accepter des concessions sur l’esclavage, avec le fameux CDD inventé la saison dernière. Désormais, elle doit composer avec une opposition politique soutenue par un bras armé terroriste. Privée de ses dragons, elle n’est plus grand chose, comme le lui fait judicieusement remarquer Daario.

Pour la première fois depuis la saison 1, j’ai l’impression que l’on a retrouvé la Daenerys du début, cette gamine fragile et victime des évènements qui a laissé choir pour quelques instants le poids pesant sur ses épaules. Ainsi, la scène avec Daario servait ce but de nous la montrer vulnérable. Le piédestal sur lequel la série l’a placée (la fille qui morfle mais qui sort toujours grandie des épreuves, qui a des dragons, des cohortes de suivants dévoués, blabla…) semble soudain bien moins solide…

Mes chers voisins.

Et c’est le moment de retrouver Jonsnow et ses camarades du régiment !
Rien n’a changé sur le Mur : entrainement, camaraderie virile, oeillades assassines de la part d’Alliser Thorne, Fantôme mange une chèvre dans un coin, ce qui permet de faire des économies en animant seulement un tiers de loup garou,ajoutez là-dessus que Vère est chiante et vous avez le topo général.


Et les inoubliables soirées mime de Châteaunoir.

La routine en gros c’est qu’on s’ennuyerait presq…

« –Ah ! Lady Melisandre, vous m’avez fait une de ces peurs !!!
Suivez-moi, Jon Snow fils de, le roi souhaiterait vous parler.« 

Il ne faudrait en effet pas oublier que depuis la saison dernière, trois factions cohabitent sur le Mur :
-la Garde de Nuit (putain, 10 ans !)
-Stannis Baratheon.
-les Sauvageons plus deux trois géants et leurs mammouths.

Ça en fait du monde.


Parce que Fewer a besoin d’un nouveau fond d’écran

Jon et Mélisandre empruntent donc l’ascenseur qui mène au sommet du Mur car c’est là que les attendent Grumpy King et ser Davos pour une réunion vachement plus pontifiante quand sise au sommet d’un gigantesque édifice dominant un continent entier, que dans un vulgaire bureau.


Mais avant d’en arriver là, Jon et Melisandre vont pouvoir profiter de ces moments toujours gênants que l’on passe dans un ascenseur avec quelqu’un que l’on connait à peine (pour le plaisir des oreilles, l’indispensable musique d’accompagnement de cette scène ) :

« –Il fait beau aujourd’hui.
Il fait moins 15, Jon Snow.
Ah euh, hmm, oui. Et euh, du coup, vous n’avez pas trop froid ?
Mais pas du tout, Jon, sens donc la châleur de mon corps, petit canaillou…
Ah ! Aaah ! Arrêtez, s’il vous plait madame !
C’est vrai ce qu’on dit ?
Quoi ?
Que vous avez perdu votre virginité avec une Sauvageonne ?
Oui.
Ben on dirait pas…« 

Pourquoi la virginité de Jon Snow intéresse t’elle tant Mélisandre, nous ne le saurons pas car nous voici arrivés en haut du Mur pour le plus grand plaisir de Fewer qui peut enfin reprendre sa dose de Stannis après presqu’un an d’abstinence.

« –Voici ce gros bâtard de Jon Snow, sire, annonce Mélisandre.
Bonjour, gros bâtard.
Bonjour aussi, votre Rugosité.
Bon, Jon, mon petit, j’ai un plan. J’ai décidé de reprendre Winterfell.
C’est vous qui voyez.
Avec les Sauvageons.
C’est n’importe quoi.
Alors tu vas me convaincre fissa Mance Rayder de me prêter allégeance histoire qu’on puisse décarrer rapidement d’ici.« 

Et donc, armé de son plus beau brushing et de ses meilleurs arguments, Jon Snow s’en fut demander à Mance Rayder si…

« –Non.
Sûr ?
J’ai dit non.« 



Même la perspective d’être brûlé vif n’entame pas la détermination du roi d’au-delà du Mur. Saluons une dernière fois Ciaran Hinds, ce très bon acteur, venu dans « Game of Thrones » uniquement pour y apparaitre 3 minutes toutes les 2 saisons. Respect, robustesse, toussa.
Je me moque, mais c’est dans une scène comme celle d’aujourd’hui entre Jon et Mance que l’on prend la mesure des grands acteurs et de ce qu’ils peuvent apporter à un rôle, même court.

Choisir de plier devant Stannis eut été un choix politique pour Rayder. Mais comme Daenerys, Mance n’est pas un politicien. C’est une reine un roi. Sa mort, particulièrement affreuse, aura été justement écourtée par Jon Snow, qui ne va pas se faire que des amis dans l’affaire, mais on sent bien que c’est le cadet de ses soucis. Les petites salades de Stannis l’agacent, il a assez à gérer comme ça, et la tronche de ravie de la crèche qu’arborait Selyse devant le bûcher reste le plus beau plaidoyer contre le culte de Rhllor que j’ai jamais vu.

La semaine prochaine.

Comme vous le savez, 4 épisodes ont été piratés et mis en ligne ce weekend. Certains d’entre vous en ont peut-être déjà visionné une partie, pour ne pas dire la totalité. Si possible, ne donnez aucun indice sur la suite des évènements dans les commentaires de ce billet et des prochains.

Sinon, l’épisode du jour… Sans grand éclat, il s’agit d’un épisode de reprise qui fait du recap, pose quelques intrigues à venir en introduisant des éléments qui seront amenés à de plus grands développements (l’arc Cersei-Margaery-Loras, par exemple).
Pas de quoi rugir de plaisir, surtout pas quand le générique vous a infligé une première et amère déception : pas de Dorne en première semaine, encore un frein à ronger 8 jours, merci bien !

Semaine prochaine qui devrait, en plus de nous apporter du Martell et du Sand en pagaille, nous donner des nouvelles d’Arya, qui est quasi la seule dont on n’a pas entendu parler ce dimanche. Je ne compte pas Bran, qui n’apparaitra pas cette saison. Histoire qu’on soit bien sûr qu’Isaac Hempstead-Wright devienne aussi grand qu’Hodor, je présume.

Si j’attends beaucoup de cette saison 5, cela me désole un peu d’assister à une entame aussi plate. Il faut espérer que le reste sera à la hauteur des meilleurs moments de la saison 4. Heureusement, de nombreux éléments font déjà plaisir à voir : la très belle intro, le traitement toujours plus intéressant de Cersei, l’idée d’adopter des points de vue subjectifs, la mise en place de l’intrigue des Moineaux…
Une partie des éléments de cet épisode n’est presque pas traitable en l’état, puisqu’on devine que tout prendra sons sens dès la semaine prochaine.

Aller, D&D, y’a intérêt à envoyer du gros niveau maintenant !

A la revoyure, les gens et d’ici là,n’oubliez pas : personne n’a le droit de vous demander de prendre sa température dans un ascenseur.


« QUEUAH ? »

PS : parce que je sais que les lecteurs pointus qui viennent ici vont me le faire remarquer, Maggy la maegi c’est totalement voulu par GRR Martin. Avec son vrai nom imprononçable, il est devenu rapidement plus facile pour les Westerosi qu’elle côtoyait, de l’appeler par sa profession, « maegi », ce qui a immanquablement glissé en « Maggy », prénom local.
Idem concernant Lépicier l’épicier, qui comme beaucoup au Moyen Âge a fait de sa caractéristique première (ici être un riche négociant en épices) son nom de famille.
N’empêche qu’entre Maggy la maegi, Lépicier l’épicier et Drogon le dragon, il ne nous manque que La Dame la dame mais heureusement, je suis tout sauf une lady. Ouf.

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