« Hello darkness my old friend… »

Quoi qu’il en soit des saisons à venir, et quelques soient les opinions sur les qualités et les défauts de «Game of Thrones», cette série de fantasy est en train de réaliser un véritable tour de force, passionnant des millions de personnes de par le monde, y compris, et sans doute dans une importante proportion,…

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Allumer le feu

Les attentes pavent les routes d’un pays nommé déception.

Je ressens soudain le besoin de m’envoler très haut, très loin de Dorneville, très loin de Stannis Baratheon, très loin de Meureen. Prendre le recul nécessaire pour digérer un final pas tout à fait visuellement à la hauteur de mes espérances. Enfin disons qu’à la décharge du metteur en scène (monsieur « Noces Pourpres »), ce passage était casse-gueule et qu’il s’est pris les deux pieds dans le tapi.
Sinon, pour le reste ma foi, cela restait dans la norme de cette saison, ni bon, ni mauvais, souvent sympa, parfois juste fonctionnel parfois les deux.
Oui « Game of Thrones » est une série où un truc comme voussavezquoi est un élément sympa et fonctionnel.

Figurez-vous que dans une semaine seulement, c’est la fin de cette saison 5. Une saison controversée, pas toujours très bonne, parfois excellente, déroutante, stupide, prenante et qui marquera sans doute l’histoire de la série comme son ventre mou, sa partie la plus laborieuse. Pas de quoi fouetter un chat, beaucoup de séries connaissent ces transitions en dessous de ce qu’elles sont capables de proposer pour mieux préparer leur grand final.

Quelle que soit la qualité globale de cette cinquième année, il faut lui reconnaitre une construction moins classique que les précédentes, du fait de l’adaptation de deux tomes parallèles, assez riches de contenus et difficiles à condenser en 10 épisodes de 50 minutes. Du coup, j’y reviendrai plus tard, nous avons eu en quelque sorte un double épisode 9, à moins qu’il ne s’agisse d’un double épisode 10, la semaine prochaine nous le dira.
Bon, c’est parti pour l’épisode qui vous fera prendre conscience qu’une bonne mise en scène, ça fait TOUT, et qui vous arrachera le coeur à mains nues.


Dorneville.

Dorneville, charmante station balnéaire de la côte méridionale normande accueille tous les ans un festival des arts du cirque. Cette année, l’édition est consacrée aux clowns et autres amuseurs publics. Dansez pour moi, Ellaria et les Harpics, faites-moi l’inventaire complet de vos pitreries !

Keskicépassé ? Oukilé le contenu ? Kicékison ces gens ? Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdue et je fais comme l’oiseau contemple le désastre : Tyerne et Nym jouant à un jeu de réflexe que même un enfant de 5 ans il pourrait gagner une fois sur deux, Ellaria qui rentre de le rang et puis en fait non et puis si juste pour aller balancer son inceste à la face de Jaime, gratuitay, j’écris ton nom avec du vin de la Treille.

Sans rire, pourquoi en avoir fait une information de notoriété publique ? Pour mémoire, la liaison entre les jumeaux Lannisters est une rumeur colportée par Stannis Baratheon sur la foi du témoignage de Ned.
Que l’on y trouve du crédit, pourquoi pas, surtout quand on vit à Culpucier et qu’on appartient au lumpenproletariat exploité par les riches bourgeois qui sont rien qu’une bande de dépravés.
Mais que le monde entier semble convaincu de la véracité de la rumeur, ça, je n’adhère pas. Je sais bien que les derniers Targaryens sont morts depuis peu et que leur pratique de l’inceste était acceptée ou du moins tolérée, ce qui peut expliquer pourquoi les gens ne sont pas plus choqués que cela de l’affaire. Dans centaines d’années de copulation entre frères et sœurs au plus haut niveau de l’Etat ont émoussé la capacité d’indignation du Westrien. Soit.
Mais dans cette perspective, rappelons tout de même que le nœud du problème n’est pas tant l’épée de Jaime dans le fourreau de Cersei, que le fait que leurs enfants sont donc des bâtards royaux portant une couronne sur laquelle ils n’ont donc aucun droit.
Du coup, je sais pas moi, mais je suis un puissant, un allié ou un ami des jumeaux, perso, j’évite de leur rebattre les oreilles de la bâtardise de leurs enfants. Soit parce que je préfère jeter un voile pudique sur mes doutes, soit parce que je n’y crois pas. Les Lannisters ne sont pas des Targaryens, les seuls à pratiquer l’inceste, et comment prêter foi à une rumeur venue d’un candidat au trône dont le seul argument pour sa légitimité repose sur ce scénario improbable ?
Le fait que tout le monde prenne cette rumeur pour argent comptant est à peu près aussi débile que si Stannis avait été raconter partout que Cersei avait les pieds plats et qu’à chaque fois que la reine sortait « Ouhlala Majesté, permettez que je vous tienne le bras, faudrait pas que vous vous esquintiez les orteils quand même. »


Alors ok, je comprends bien que D&D savent que leur série est regardée par des tas de gens qui n’accordent pas autant d’attention qu’ils le devraient au contenu des épisode. Ils craignent sans doute que les gens oublient certaines parties de l’histoire qui sont amenées à devenir importantes. Je ne vais pas leur jeter la pierre pour faire en sorte que leur série soit claire.
Mais sur la relation Cersei/Jaime, j’ai comme un doute. Un doute parce qu’elle était au cœur de l’intrigue de la saison 1 et qu’elle aura été présentée au public de manière très forte, entre une scène qui ne laissait aucune place à l’imagination, et une tentative de meurtre sur un enfant de 8 ans, tout ça pour protéger le secret.
Peu de chance que le public oublie ce « détail ».
Et peu crédible qu’un Bronn de bas étage puisse balancer à la face de Jaime « Fockin’ » Lannister que Myrcella est sa fille.

Mais foin d’esprit chagrin, embrayons tout de suite sur l’époustouflante scène de l’apéro :

«-Ser Jaime, prenez place. Pastis ou Ricard ?
C’est une question piège ?
Mais enfin, non !
Je préfèrerais un rosé pamplemou… Omagad, Myrcella ma fnièce… C’est un vêtement ou une balise spoiler ?
Un vêtement, PTonton.
Je crois que je commence à comprendre ce que vit le père de Miley Cyrus.
Les enfants grandissent trop vite !
Certes, prince Doran. Si je comprends bien, vous m’invitez à un apéro de réconciliation ?
Non, ceci est un apéro de compréhension. Dite moi, ser Jaime, si vous êtes venu ici pensant votre fnièce en danger, pourquoi ne pas être venu directement m’en parler ? J’ai tout sauf la réputation d’avoir la tête près du bonnet. Pas comme certaines dames que je connais.
C’est vrai que j’aurais pu faire ça aussi…
Ben oui… Parce qu’à part Darth Maul et les Triplettes de Dorneville, ici, on est plutôt des gens civilisés tu vois.
Vous savez, prince Doran, j’ai jamais été un grand stratège. Frapper à la porte ne m’était même pas venu à l’esprit. »

Et alors que Myrcella et Trystan se nourrissent mutuellement de guacamole en gloussant comme deux dindes TROP IN LOVE, Doran se décide enfin à justifier le salaire d’Alexander Siddig dans cette série en poursuivant l’échange avec de vraies lignes de dialogue et même, de la politique.

«-Bien, maintenant que nous sommes tous à nouveau grands amis et que nous avons rompu les tacos ensemble, je m’en vais vous proposer un deal, ser Jaime. Vous récupérez votre fnièce…
NONJAMAY !!!! Notre amour est éternel aussi longtemps que je vivrai et même que si vous nous séparez je vais retenir ma respira…
Voilà, c’est pour ça que je veux que vous repartiez avec elle. ET en prime, vous embarquez Trystan. J’ai déjà perdu mon frère à Port Réal, je peux bien vous envoyer mon fils, tant qu’il ne s’avise pas de se battre en duel pour les beaux yeux d’un nain…
Supayr ! »

« Hmmm, trop supayr » se dit ser Jaime à la seule idée de passer 5 jours sur le même bateau que deux adolescents en rut dont un est sa propre nfille.


Cette saison aura décidément été celle des faux suspens insoutenables. Et cette semaine encore c’est Bronn qui en fait les frais avec la « menace » de représailles de la part de Trystan. Tu flippes un tantinet que le prince des Mille et Une Boucles le condamne à se faire couper la main qui l’a frappé (ça aurait été classe, quand même, « Bronn&Jaime : deux mains gauches, un cerveau »).
Mais non, en lieu et place, Bronn se reçoit une grosse mandale dans la joue gracieusement distribuée par Aeroh Hotah.
Trystan est gland au point de ne pas savoir mettre des claques tout seul. Et soudain, on comprend pourquoi son père veut l’envoyer lui aussi à Port Réal.

Bon et bien Dorne n’a guère été plus glorieux cette semaine que sur le reste de la saison. Même si cette semaine, avec les interventions éclairées de Doran, on a eu droit à deux sous de bon sens dans les dites scènes, ce qui est un progrès considérable par rapport au reste des épisodes.
Sauf que quand un personnage de votre série vous explique que l’arc de Jaime était d’une crétinerie sans nom, il est grand temps de faire un peu d’introspection, mes petits D&D. Ok, vous avez gravement foiré Dorne. C’est triste. Mais il y a tellement pire dans la vie. Il y a passer à côté des arène de M…
Oh et puis non, zut, rater Dorne, c’était impardonnable. Voilà. Bouh.

Braavos.

C’est donc comme de par hasard en vendant ses huitres qu’Arya tombe comme de par hasard sur Ser D’Artagnan escorté par ser Optimus, fraichement débarqués à Braavos.

C’est moi où ils ont pris le navire le plus lent de tous les temps ? Non parce qu’ils sont partis au début de la saison les mecs quand même. Limite si le père Tyrell n’avait pas commandé des escales dans toutes les Cités Libres, pour vivre son rêve d’une croisière Costa. Ou alors Gendry était le timonier…

Et donc Braavos, étape de charme, ses canaux, ses temples, ses bordels, tout ce à quoi aspire le cœur d’un gentilhomme épris de poésie et de liberté. Rien qu’à voir la tête de ser Meryn tu sens que le voyage a été long et pénible pour lui.
C’est qu’il a une sacrée patate le ser D’Artagnan, au point de pousser la chansonnette devant la banque, Luciano Pavarotti style, La Dona E Mobile, « la femme est mobile » LV3 italen, vous pouvez pas test.
C’est pour ça que je ne juge pas trop ser Meryn Trant quand il décide de quitter Mace Tyrell pour la soirée. Ça fait certes de lui le pire garde du corps au monde, mais à sa place, j’aurais sans doute guetté la première occasion pour fausser compagnie à Roberto Alagna, après trois semaines coincé dans la même galère que lui.

Pendant que dans le lointain, Mace s’égosille « NEEEeeeeessuuuuuuuun Doooooorrmaaaaaa ! », ser Meryn, Serge et Gaetan, gardes Lannister de leur état s’en vont donc gaiment vers le Palais des Milles Tourteaux, un établissement où c’est qu’on aime bien les fruits de mer, mais pas les jeux de mot faciles.
Arya y voit une opportunité, et s’élance TOP DISCRETE avec son plateau et ses chouquettes, traversant la salle en bousculant les convives : « Elles sont fraiches mes palourdes !!! », sans doute dans l’espoir improbable que ser Meryn aura envie de se taper un petit bulot.

Et croyez-le, croyez-le pas, c’est précisément ce qu’il va se passer. Ser Meryn, en plus d’être un voleur de manteau (il porte celui de Jaime en saison 1. Il s’agit donc de la tenue décontractée des gardes royaux) est donc aussi un pédophile.

Alors j’entends déjà les récriminations des chafouins arguant que on sait que ser Meryn il est méchant et sadique vu qu’il adorait mettre des coups de latte dans Sansa et qu’on n’a pas besoin d’en faire plus sur son compte.
J’ai presque envie de dire que ce n’est pas ça le problème (déjà parce que son évidente bonne volonté à brutaliser une jeune fille comme Sansa était un bon indice sur ses penchants). Ce qui m’a un peu dérangée dans cette affaire c’est le côté HOW CONVENIENT de ce penchant chez Trant. Qui ne va pas du tout faciliter la tâche à Arya pour accomplir son forfait. Une Arya qui au début de l’épisode, s’est prise en pleine tête une proposition indécente. Proposition qui va sans doute faire son chemin dans son esprit. Arya n’est plus perçue par les autres comme une enfant, elle-même va donc peut-être envisager de mettre de nouvelles cordes à son arc.
Il lui sera sans doute aisé de jouer les opportunistes souhaitant arrondir ses fins de mois pour se retrouver seule avec Trant et lui mettre du poison dans son vin. Reste à espérer qu’elle aura plus de chance que sa sœur par la suite.

Megève.

Ouais alors là, je ne vous cache pas que ça va être dur. Parce que D&D ont déjà été cruels par le passé, aussi cruels que George, mais là, ils se sont clairement surpassés.
MON. DIEU.
Vous êtes de grands malades les mecs.

Certes, on le voyait venir à 15 bornes depuis l’année dernière, mais ça ne rend pas la mort de Shoren plus facile à digérer. Surtout pas après qu’on lui ait collé deux instants choupi avec Davos puis son père. Son connard de père, si je puis dire.

Après le raid de Ramsay sur le camp de ce connard de Stannis, Mélisandre insiste donc à nouveau sur la nécessité de combattre le feu par le feu. Le froid par le feu. Bref. De combattre par le feu.

«C’est bon, femmes ! Vous m’avez convaincu, je vais brûler mon unique héritier ! » => quelle merveilleuse idée, espèce de sale connard ! Je sens bien que tu es aux abois et que le vent de la Berezina souffle fort sur ta nuque, mais tout de même, tu n’as pas le sentiment troublant que tu es en train de te tirer une balle dans le pied ?
Okay, la victoire, là, maintenant, tout de suite, c’est très important, et tu n’as plus vraiment le choix. D’un point de vue militaire comme politique.
Mais juste une question pour voir : une fois que tu as récupérer Winterfell en y foutant le feu avec les braises du corps de ta fille, tu vas attendre l’été pour marcher sur Port Réal, t’en emparer, et poser tes miches sur le Trône de Fer. C’est bien ça le plan ?
Et après ? Tu n’as plus de frère, tu n’as pas de neveux ni de nièces. A part brûler ta femme (ça aurait été une bonne idée non ? Elle est reine que je sache) pour t’en prendre une plus jeune, tu comptes faire comment pour le fonder ton Reich de mille ans ?

Ces considérations pratiques mises à part (on reviendra là-dessus la semaine prochaine), l’enchainement des scènes dans l’ost Baratheon était plutôt bon.
Stannis avait une première fois refusé d’en venir à une telle extrémité, mais devant le désastre que va devenir sous peu son raid vers Winterfell, il ne peut plus ne pas considérer l’option.
Les pouvoirs de Mélisandre sont réels, il a pu le constater à plusieurs reprises.
De la même manière qu’Agamemnon accepta de sacrifier sa fille Iphigénie pour permettre à ses navires de partir pour Troie, Stannis doit consentir au pire sacrifice qu’il soit pour gagner la guerre. Sacrifier sa lignée, son enfant.
Depuis le début de la saison, Stannis a fait comprendre à tout le monde que le retour en arrière est impossible. S’il veut pouvoir continuer d’avancer vers Winterfell, vers la victoire, vers le Trône de Fer, il n’a plus d’autre choix que de tenter le tout pour le tout.
Shoren est doublement condamnée par cette résolution car elle est aussi une attache du passé pour Stannis. Le personnage est défini depuis son départ de Peyredragon comme une pulsion tendue vers l’avant. Stannis Baratheon prend des décisions iconoclastes, difficiles, presque inconcevables pour ceux qui l’entourent. Pour atteindre son but, il ne recule devant rien : tromper son épouse avec Mélisandre pour engendrer l’ombre tueuse qui assassinera son frère, escalader lui-même les murailles de Port-Réal, brûler des hérétiques pour asseoir le culte de R’hllor sur son île, débarquer au-delà du Mur en suivant une vision de Mélisandre pour affronter la plus grande armée sauvageonne jamais rassemblée, puis faire de ces sauvageons ses alliés improbables.

Sa décision, aussi dure, aussi terrible soit-elle, n’est que la suite logique de son personnage. Depuis la saison 2, tout nous conduisait quelque part à ce moment tragique.
Pourtant, Stannis n’est pas, et n’a jamais été un type sévère mais juste. Stannis est un être résolu, intransigeant, capable du pire si les circonstances l’exigent. Et il a assez de recul sur lui-même pour le savoir. Raison pour laquelle il garde un Davos Mervault dans ses parages. Davos est la conscience de Stannis. Une conscience qu’il était allé chercher aux oubliettes quand il s’interrogeait sur le bien-fondé du rituel avec Gendry, et qui l’avait convaincu de ne pas laisser Mélisandre disposer de la vie du forgeron.
Une conscience qu’il écarte aujourd’hui parce qu’il ne peut pas se résoudre à reculer.

Je me demande quelle sera la réaction de Davos après ça. C’est que la demi-main du roi en a supporté depuis l’arrivée de Mélisandre. Mais là, Stannis est clairement allé trop loin pour lui. Il y a ici largement de quoi lui faire réviser son jugement sur ses qualités proverbiales.

S’il y a à redire sur cette saison, il faut tout de même saluer la roublardise des auteurs et showrunners qui ont pris un malin plaisir à nous placer régulièrement des scènes à double détente. Celle de Shoren et Stannis à Châteaunoir apparait maintenant comme une de celles-ci puisqu’elle était destinée à nous instruire sur la léprose pour préparer la traversée de Valyria et l’infection de lord Friendzone, mais aussi parce qu’elle servait à révéler la sincérité de l’amour du père pour sa fille, en même temps qu’elle plaçait des concepts à double tranchants dans l’esprit de la princesse : « Je suis la princesse Shoren de la Maison Baratheon. Je suis ta fille. Je veux aider. » (scène qui s’ouvre sur le jouet en forme de cerf filmé devant des flammes…)
Non, tu veux pas, non…
La cruauté de replacer ses lignes dans sa bouche, la faisant justifier sans le savoir la décision que son père a prise pour elle.
Tout l’intérêt de la scène à Châteaunoir explose soudain, comme si ses sens cachés se déverrouillaient en direct. C’était aussi réussi que terrifiant.

Réussie aussi la construction du personnage de Stannis dans la série. Au départ Stannis n’était montré que comme un énième candidat au trône un poil plus dangereux que les autres car n’hésitant pas à recourir à la magie chelou pour arriver à ses fins. Bûchers, sang de roi, divination dans les flammes font partis de son paysage depuis longtemps.
Stannis a longtemps été un personnage décrit dans le vase clos de Peyredragon, tiraillé entre Mélisandre et ses promesses de victoire et Davos, l’ordre moral et le bon sens près de chez vous. Dans ce contexte, Stannis n’a jamais été au mieux et a toujours semblé une sorte de caricature de second couteau foireux plein d’ambitions.
A chaque fois que la série lui a fait quitter son île, Stannis a acquis une dimension qui lui manquait, celle du leader qu’il est. Que cela soit pendant le siège de Port Réal ou durant son séjour au Mur, Stannis a démontré ses qualités de chef de guerre, sa détermination, son sens politique. Son soutien à Jon et sa générosité vis-à-vis de lui nous auraient presque fait oublier qu’il n’a jamais été rien d’autre qu’un opportuniste borné persuadé d’être l’élu de quelque chose, destiné à s’asseoir sur le Trône de Fer. Et ce, peu en importent les moyens.
Qu’il aime sa fille ne change rien à l’affaire. Mis devant la promesse d’une déroute certaine, avec pour seule option de consentir à la mort de son unique enfant, il n’est pas et n’a jamais été le genre d’homme à reculer. Il a simplement tenu jusqu’à ce que cela devienne inévitable.

Tout le contraire de Selyse, qui est une fanatique de la première heure, par conviction personnelle, là où Stannis, pragmatique, a voulu tester et voir. Selyse dont la foi ne peut faire le poids face aux cris d’agonie de sa fille et qui se réveille brutalement en réalisant ce qu’elle vient de faire.
Rien d’étonnant à ce brutal retournement, sachant que le personnage nous a toujours été présenté comme vulnérable, instable psychologiquement et surtout très influençable. Selyse ne pense pas réellement par elle-même dans cette affaire. Au contraire de Stannis qui sait exactement ce qu’il fait et pourquoi il le fait.
L’un comme l’autre sont des monstres.
Parents de l’année, à l’aise.

Si la décision coûte énormément à Stannis, cela ne l’empêchera pas de la prendre tout de même et de vivre avec, en regardant sans ciller Shoren se consumer sous ses yeux. La même Shoren qui avait fermé les yeux pour ne pas voir Mance Rayder brûler plus tôt dans la saison et qui se retrouve désormais à la place de ces condamnés à R’hllor.

Dans le fond, cet évènement était en gestation depuis la saison deux, et lentement mais sûrement (surtout depuis l’année dernière), D&D ont préparé le terrain de ce sacrifice qui survient en toute logique dans la série.
Les lecteurs peuvent bien s’arracher les cheveux concernant cette mort (liberté ou spoiler), rien ne change le fait que D&D ont très bien mené leur barque jusqu’à ce moment terrible, et insoutenable.
Maintenant, Mélisandre, y’a intérêt que ça marche du tonnerre du R’Hllor, ton affaire.

Meureen.

Laborieuse, cette scène pourtant supposée être l’acmé de Daenerys, son grand décollage hors du marasme de Meereen.

Mais avant d’en arriver là, petit tour de ce qui précède.

Dans la tribune présidentielle, tout le monde attend Corentin :

«-Bon sang mais où tu étais passé ???
J’étais aux cabinets en train de vérifier si le Pastis était bien au frais.
J’espère que vous êtes parvenu au bout de cette tâche capitale…
Le Pastis pendant les jeux du cirque c’est traditionnel, Khaleesi.
Je crois que ce que sa Grâce veut dire c’est qu’elle s’en bat les steaks de ton Pastis et de ta tradition, Corentin.
Ouh là, le nabot ! Sur un autre ton s’il te plait ! Attends un peu que les combat commence que je te serve un couplet sur la supériorité des grands sur les petits !
COMMENT OSES-TU MENACER MON CONSEILLER DE POCHE A MOI QUE J’AI ???
C’est lui qu’a commencé ! »

Cette joyeuse ambiance de cour de récré masque à peine l’entrée du présentateur des jeux, Cyril Hanouna, qui annonce les noms et qualité des combattants, parmi lesquels lord Friendzone.

«-Damned, j’ai déjà vu cette scène y’a 15 jours, semble se dire Daenerys. Y’a un bug dans la matrice ou bien ?
Vous allez le re-bannir ?
Ou le rebaptiser lord Boomerang, j’hésite… »

Le temps d’hésiter, ser Jorah tue moult adversaires en galérant un peu, mais toujours vainqueur, parfois sans coeur mais jamais sans tendresse, tel Gigi L’Amoroso, il peut fanfaronner une nouvelle fois devant sa Khaleesi, la noyant sous un regard d’amour aussi épais qu’un aïoli et en lui balançant sa grosse lance turgescente à la figure.

Les Immaculés : pires soldats de tous les temps. Déjà que leur tenue de service laisse à désirer, gilet et jupette de combat accessoirisés d’une lance de 12 mètres et d’un bouclier rond, très adaptés au combat de rue dans d’étroites venelles, les voilà maintenant qui laissent passer des Fils de la Harpie dans la tribune présidentielle. J’essaye d’imaginer la scène :

«-Veuillez décliner votre identité et me montrer votre carton d’invitation en loge VIP, monsieur.
Philippe Harpisson, j’ai pas de carton d’invitation, mon chien l’a mangé avec le devoir de math de mon fils.
C’est pas de chance.
Bah non.
Dites, pourquoi vous portez un masque ?
… C’est parce que c’est… Traditionnel.
Ok, passez une bonne journ… Monsieur !
Oui ?
Vous avez laissé tomber votre poignard !
Merci bien.
Faites attention de pas vous couper, c’est que c’est très tranchant. Bonne journée Monsieur ! »

Voilà, c’est à peu près la seule explication logique que j’ai trouvé à ce pop spontané d’un Fils de la Harpie dans le dos de Daenerys. Et dans l’ensemble de l’arène, parce que bon, heureusement que Meereen c’est dans un univers médiéval fantastique et qu’il n’y a pas de portail de sécurité à l’entrée du stade sinon jamais Philippe n’aurait pu réussir son coup et s’infiltrer discrétos avec tout le matériel d’apprenti révolutionnaire.

Mais pendant que tout le monde commence à comprendre que caylamerde et que des Immaculés se mettent enfin à distribuer des allers simples pour le Valhalla, Corentin meurt dans l’indifférence générale.
Alors là je dois avouer que c’était une surprise puisque dans les livres, il survit aux évènements d’autant plus facilement que les Fils de la Harpie n’y attaquent jamais, et qu’il est membre de la bande à ses heures perdues, accessoirement. Ainsi mourrut Hizdahr Zo Loraq, coupable de collaboration à l’horizontale, mais aussi d’avoir sans doute été un personnage plus sincère dans la série que dans les livres, cherchant réellement à faire au mieux pour Meereen.
On note le faux suspens, avec Corentin qui arrive en retard au prétexte d’être allé vérifier que tout était prêt et que facile 95% des gens ont interprété d’un « IT’S A TRAP !» alors qu’en fait, non, Corentin était juste très soucieux de la fraicheur du Pastis. Et de la tradition.

Pendant que Corentin se vide de son sang sur le plancher, lord Friendzone rejoint Daenerys qui accepte de le suivre hors de la tribune présidentielle. Un instant touchant, vraiment, que la réunion entre ces deux personnages aux histoires tourmentées. Mais cela ne dure pas, parce que l’on entre dans la partie la plus laborieuse de l’épisode, celle où tu sens que le réalisateur, il veut bien faire, mais ça fonctionne pas, quoi qu’il tente.

Cernée de toute part par les Fils de la Harpie, Dany s’écrit :
«-Philippe ! Je sais où tu te caches ! Viens ici que j’te butte, enculé !
Ta gueule ! Répond un des gondoliers.
Salaud ! » Rugit au loin une voix caverneuse.

Et donc, ce moment que j’attendais de voir depuis bientôt 4 ans était enfin arrivé. Le retour du fils prodigue, Drogon dans toute sa splendeur, ravageant les arènes de Meereen.
Pour les non-lecteurs, le scénario des arènes est très différent dans les livres car c’est l’odeur du sang et les cris qui attirent Drogon, lequel se met à bouffer les gladiateurs. Alors que la garde tente de le neutraliser, Dany se précipite à la rescousse de son dragon dans la confusion générale et parvient à vaguement le calmer, puis à le chevaucher.


Du coup, vu le côté « Drogon to the rescue », je m’imaginais une entrée en scène comme dire… Un peu plus emphatique que cela. Du coup, première déception avec l’entrée en matière. Et avec sa décision idiote de se poser pour continuer le massacre.
Sauf si Philippe maîtrise le cri de Fendragon, bien entendu.
Et ça continue dans la manière dont l’intervention de Dany est mise en scène. Je ne saurais pas trop quoi invoquer pour continuer de me plaindre, à part le fait que niveau CGI c’était un peu limite, mais je vais pas chipoter non plus, les CGI ça reste du décorum. Or là, pour moi, c’était la mise en scène qui pêchait et manquait de souffle. Les cadrages, la direction d’acteurs, le fait qu’Emilia Clarke ne sache pas jouer avec un dragon en plastique, ou celui que son personnage est vraiment rien qu’une grosse radasse, qui abandonne ses amis à une mort certaine (y’a encore des Fils de la Harpies debout) pour aller faire un tour à dos de dragon.


« KEVANO LES BOUSEUX »

De même que sa posture en vol, bien que parfaitement logique anatomiquement parlant ne fonctionnait pas, et je serais là encore bien en peine de vous dire pourquoi ce plan était foireux.


Et c’est le moment le plus EPI…. Non c’était juste moche.

A mon avis, ça tient au cadrage, à ce plan de profil qui ne donne aucune impression de vitesse ou de puissance. On a juste Dany sur un fond d’images de synthèses plus que discutable, et que l’on remarque d’autant mieux que l’on est pas pris comme il faut par le souffle que cette scène demandait, qui chevauche son dragon.
Pour la première fois.
Vous avez vu « Dragons » ? Vous vous souvenez du premier vol d’Harold sur Croquemou ? Voilà.
Bien évidemment « Game of Thrones » ne peut pas prétendre à la même virtuosité, déjà pour commencer parce qu’il s’agit d’une série live et pas animée, mais je reste sur l’idée que la mise en scène était tout sauf épique, tout sauf prenante, tout sauf comme ce qui nous a pris à la gorge la semaine dernière dans « Hardhome ».
En plus, désolée, mais le moment où Dany monte sur Drogon, je ne pouvais pas m’empêcher de me faire ses monologues intérieurs dans la tête.



« Prenez un chewing gum, Emile. »


« Ouhlala, c’est haut ce truc ! Gnééégnééé ! En plus c’est bourré de pics ! »


« Allez Dany, serre les dents, ne pense pas aux pics qui te rentrent dans le fondement… »

Point chiffon ultra rapide, pour saluer la clairvoyance d’Elwing concernant les robes blanches de Daenerys, plus particulièrement concernant leurs manches/capes qu’elle décrivait comme des ailes lestant Dany au sol et l’empêchant de s’envoler. Regardez donc le gif avec Dany et Drogon de profil, et vous verrez si soudain, elles ne volent pas, ces ailes. Bien vu, Elwing.

Mouvement redondant cette semaine à Meereen, les panoramas circulaires ou les déplacements elliptiques de la caméra d’un personnage à l’autre. En voilà une idée qu’elle est bonne. D’un strict point de vue esthétique, ce mouvement répond à la forme circulaire de l’arène. Mais d’un point de vue narratif, cela traduit l’état d’esprit de Daenerys, piégée dans le bourbier meereenois. On le dit on le répète depuis l’année dernière, la Khaleesi tourne littéralement en rond dans sa frakking pyramide. Une idée appuyée par le retour de Jorah dans l’arène. Ce qui semblait un brin WTF la semaine dernière devient désormais logique.
Dany bannit Jorah une première fois, Jorah revient en apparaissant dans une arène. Elle le bannit à nouveau et Jorah revient encore dans une autre arène.
BREAK THE WHEEL => la tienne, Dany, brise ta roue à toi, en acceptant de pardonner à Jorah. Premier acte d’émancipation pour la reine, émancipation des propres règles qu’elle s’est fixée.
Pour que ce cercle se brise, il en faudra toutefois plus. Il faudra par exemple suivre le conseil de Daario (son seul bon conseil), et redevenir la reine dragon.
En montant Drogon dans une mise en scène poussive lorgnant sur le nanar, Daenerys fait se briser la norme de mise en scène sur ce passage à Meereen, en introduisant un mouvement de caméra vertical. L’arène, remplie des sbires de Philippe, n’est plus que le symbole de la ville entière, une ville dont il faut s’échapper pour redevenir soit même.

La semaine prochaine…

Je sais, je n’ai pas parlé de Jonsnow et de son bon cœur qui nous perdra tous.
Ah si, je viens de le faire, vous voyez, pas de quoi y consacrer un paragraphe. Rien que des choses auxquelles on s’attendait (ser Alliser est un connard, mais c’est un connard loyal), ou d’autres que l’on avait déjà vues (Olly qui fait la gueule, Sam qui fait le bon camarade)…
On en recause dans une semaine.

Et dans une semaine, on va avoir du pain sur la planche c’est moi qui vous le dit car tout ce qui a été omis dans cet épisode va avoir droit à son final.
Parce que cette année, oui, on a eu droit à une saison de 9 épisodes, dont un de 2 heures pour conclure.
On peut en effet se dire que « Hardhome » était l’équivalent d’un épisode 9 classique avec son gros event de fin de saison et que les deux dernières parties de la saison s’apparentent à un long season finale, contenant quelques morceaux sympatoches.
Oui parce que l’envol de Dany était à ce point mou que je n’arrive pas à le qualifier autrement que de sympatoche.

La semaine prochaine en tout cas, retour à Port Réal, auprès de notre bonne reine Cersei et du Captain High Sparrow, mais surtout, retour à Winterfell, avec, je l’espère très fort, une conclusion des arcs de Stannis et Bolton, clairement l’affrontement à venir que je détesterais de voir laissé en suspens pendant un an.
Même si c’est carrément ce qu’il va se passer, souvenez-vous du final de la saison 2 au Poing des Premiers Hommes, ahah, qu’est-ce ce qu’on s’est marré quand même cette année-là.

La semaine prochaine, on essayera de faire un bilan de cette saison 5, déroutante pour le lecteur.
Je pense que plus que jamais il nous faut nous détacher complètement des livres et ne plus critiquer la série que pour ses choix propres. Les deux saisons à venir proposeront un contenu totalement inédit pour tout le monde. Il est grand temps de laisser les ménestrels D&D chanter leur chanson de la glace et du feu, et surtout, de leur accorder l’attention qu’ils méritent pour se frotter à un exercice aussi périlleux que celui d’avoir à révéler l’œuvre d’un autre.
Je n’aimerais pas être à leur place aujourd’hui.

A dans une semaine, et d’ici là, à que n’oubliez pas

PS : je suis en train de me demander si les vocalises de Roberto Alagna ne sont pas plus douloureuses à écouter que les cris de Shoren.

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No strat, full DPS

Cette cinquième saison de « Game of Thrones » avait jusqu’à présent surtout produit deux effets :
-de longs baillements.
-des facepalm.

Le fait est que les tomes adaptés, « A Feast for Crows » et « A Dance with Dragons »ne sont pas de base, les plus funkies. Après les Noces Pourpres et la mort de Tywin, les cartes sont redistribuées entre tous les joueurs, se préparant chacun pour le grand final.
Cette saison est donc à leur image, au point même de nous priver du fameux « event des épisodes du milieu », vous savez, ce truc que D&D nous balancent dans le ventre mou d’une série de 10 épisodes pour 1)réveiller le public, 2) faire du buzz sur Twitter.
Ah, on me souffle dans l’oreillette que l’event en question a bien eu lieu, même que c’était avec Sansa…

Anticonformisme FTW, D&D nous ont donc gardé l’uppercut pour l’épisode 8, « Hardhome », que l’on peut traduire par « la rude maison », ou « le foyer costaud », anglais LV1 les gens.

Et quelle surprise, quelle scène, quel stress bon sang !!! Alors que le reste de l’épisode, bien que de bonne qualité générale, se borne à de la mise en place de la fin de saison, la partie au-delà du Mur nous sert sur un plateau en acier valyrien une formidable séquence qui réactive avec puissance l’enjeu principal de toute cette histoire.
Déjà, rien que pour ça, pour la générosité de la scène, il y a de quoi être ravi.

Mon cadeau bonus, ma cerise sur le gâteau, mon petit « hiiihhiiiii » hystérique à moi aura été l’EVIDENTE inspiration de Miguel Sapochnik, le réalisateur du jour pour toute la partie à Port-les-Engelures : « Le Treizième Guerrier », de John Mc Tiernan.
Les mecs, vous avez décidément su me parler.

Aller, c’est parti pour de la pastille, et 20 minutes d’anthologie.

Braavos.

« Glaces, beignets, chouchous !!! Demandez Lanna !!!!!!!! »

Nouveau job, nouvelle identité, nouvelles fringues, nouvelle coupe. Le crâne orné de deux petites chouquettes, Arya, ou plutôt « une fille », arpente les quais de Braavos avec sa chariote, dans la peau de Lanna, apprentie capitaliste.

Sa mission ? Laisser traîner ses oreilles tout en vendant des fines de Cancale, ah ça ma bonne dame c’est autre chose que les huîtres du bassin d’Arcachon !

«-Jaqen ?
Oui, une fille ?
J’ai assisté à une étrange discussion sur le port.
Hmmhmm. Raconte.
Je sais pas, j’ai rien compris.
Alors je vais t’expliquer:blacapitaineblaassureurblablacontratblafortunedemerblaassuranceviebla.
DAFFUQ.
Une fille doit tuer l’assureur.
Ah ! Ok ! Cool ! »

Munie d’une fiole de poison, Arya s’en va donc en sautillant, ce qui est parfaitement normal pour une fillette de 10 ans à qui on vient de confier le meurtre d’un inconnu, sous le regard dubitatif de sa camarade de chambrée.
Comme elle, je sais pas pourquoi, mais je sens que le monsieur de la MAIF va pouvoir encore arnaquer quelques clients parce que j’anticipe trop le pop impromptu de ser D’Artagnan escorté de ser Optimus, comme de par hasard le jour J.
Et ce sera le gros dilemme pour Arya qui, si elle choisit sa Valar Morghuliste plutôt que le Valar Dohearis, risque fort de se faire renvoyer du Poudlard aux Mille Visages.

Meureen.

C’est donc là que l’on rentre de plain-pied dans ce concept chatoyant qui fait le titre de ce billet. Il me vient du temps où je m’adonnais sans vergogne aux Meuporg. « No strat, full DPS », était la réponse classique qu’un membre de notre raid donnait à chaque fois que l’on demandait s’il fallait ou pas nous organiser avant d’attaquer un boss.
En gros, cela revenait à dire « oubliez la subtilité, envoyez la purée ».
Un principe que bon nombre de personnages auront appliqué cette semaine avec brio.

Et retrouvons justement, Tyrion,Daenerys, lord Frienzone et brio.

«-COMMENT OSES-TU TE MONTRER DEVANT MOI, SALE ENGEANCE LANNISTER !!!
Ecoutez, je tue des Lannisters depuis ma plus tendre enfance. On peut pas dire « un partout balle au centre » ? Hein ? Dis ?
-JE CONSIDERE CET ENTRETIEN D’EMBAUCHE TERMINE. Signe en bas de la page, petit homme.
Kewl.
Maintenant que tu m’as rejointe, nous allons régner ensemble sur la galaxie, avec mes gros dragons et ma grosse armée!!!!
Comme ma… tête.
Lol. Aller, on va se boire un gobet et fomenter notre plan d’invasion.
Sans vouloir vous déranger, Laurel et Hardy, je suis là, moi aussi…
Lord Friendzone, j’avais presque oublié votre présence mais soudain c’est l’odeur méphitique de votre trahison qui fouette mon auguste visage. Tyrion Lannister, attendu que vous êtes en période d’essai, statuez moi donc sur le sort de ce butor.
Résumons : il vous trahissait, mais à la fin il vous trahissait plus, parce qu’il est éperdument éperdu de votre personne. Il est loyal, affligé d’un sens déplorable de la mode…
Eh, j’ai arrêté de porter la cravate en jean…
…Compétent en matière d’armes, et loyal, mais j’ai déjà dû le dire. Et il aurait pu se confesser avant, quand bien même il craignait votre réaction.
NO STRAT FULL DPS §§§§ A MORT LE TRAITRE DE SOUS-MARIN !!!!!!!!!!!!!!!!!!
Voilà, c’est précisément de ça dont je parlais… Khaleesi, vous me faites étrangement penser à quelqu’un. Pour être sûr, il faudrait que je vous vois avec une arbalète.
QU’ON LE CONDUISE AU PILORIS !!!
Vous m’avez entendu quand j’ai parlé de sa loyauté ? Justice et magnanimité sont les deux mamelles d’un gouvernement sage, votre Grâce.
C’est pas faux.
Vous n’avez pas compris « justice » ?
Et « magnanimité ».
Ok, on va se le boire ce godet ? J’ai besoin de me donner du courage. Il va y avoir BEAUCOUP de boulot. »

Une scène qui n’a pas l’air de grand chose vue de loin, mais passe son temps à jouer au plus fin sur la manière de présenter Daenerys et Tyrion, les mettant peu à peu sur un pied d’égalité. A tel point qu’à la fin de l’échange, Tyrion semble plus imposant à l’écran que Daenerys. Si vous regardez la scène sous cette angle, vous vous rendrez compte qu’à mesure qu’elle progresse, le nain apparait par un subtil jeu de cadrage et d’échelles, être le personnage le plus grand de l’assemblée.
Outre sa langue bien pendue, on comprend ainsi que c’est son charisme et son aura naturelle, sa fameuse « very large shadow » qui convainc Dany de lui donner sa chance.

Et c’est le retour à la case départ pour ser Jorah, qui repart en mode lonesome cowboy hors de Meereen, surplombé par la face martelée de la Harpie. Caybo et triste à la fois.
Loyal et dévoué, comme un chien fidèle, lord Friendzone n’en tente pas moins une deuxième fois sa chance en retournant auprès de Mario Del Vafanculo.

Pendant ce temps-là, c’est soirée mojitos chez Dany avec son nouveau BFF.

«-Leçon numéro 1 : faut pas mettre trop de glace pilée. Ça noie le rhum.
Tu es le meilleur conseiller que j’ai jamais eu !!!
Je suis surtout le seul que tu écoutes !
-Attends, parle pas trop vite.
Leçon numéro 2 : il faut toujours se faire des amis haut placés.
Moi mon style c’est plutôt la dictature au nom du prolétariat.
Ouioui, Vladimir Ilitch Targaryen…
L’aristocratie est une ROUE A RAYONS. UNE GROSSE ROUE AVEC DES RAYONS ARISTOCRATIQUES ET BOURGEOIS QUI TOURNE ET ECRASE LES OUVRIERS ET LES PAYSANS !!!!!!!!!
C’est beau ce que vous dites. C’est un peu con aussi.
JE VAIS BRISER LA ROUE DE L’OPRESSION §§§ JE REDUIRAI SES RAYONS EN COPEAUX §§§
Certes, et après ?
Après, je la remplace par un pneu Michelin. »


Daenerys Targaryen : allégorie

Toujours aussi mesurée, et jamais trop ambitieuse, Daenerys.
Une chose m’étonne un peu de la part de Tyrion : lorsqu’il cite les grandes familles westriennes, il oublie les Martells. Ces derniers ont pourtant des liens forts et anciens (fort anciens donc) avec la maison au dragon tricéphale, et pourraient sembler un allié logique à ses yeux.
Mais il fallait servir à Dany l’opportunité de balancer sa punchline de la saison… Et « Je vais casser la roue sauf le rayon des Martell parcequ’ils sont gentils », c’était moins majestueux.

Bon aller, je le dis, je le confesse, écoute moi bien septa Terminator avec ta cuillère en bois (je tease mon propre billet c’est n’importe quoi) : je suis un peu déçue, George.
« Game of Thrones » est une série qui a toujours très bien su gérer les scènes en un contre un, s’appuyant sur des dialogues bien écrits et des acteurs de talent.
Du coup, je me demande bien ce qui ne fonctionne pas dans cette scène, ah si, c’est ça :

«-Je suis Tyrion Lannister j’ai plusieurs Master en sciences politiques, je suis trop puissant, trop plein de répartie, trop le cerveau, le génie que les oracles de Public Sénat attendent, et j’estime que je n’offrirai mes services qu’à quelqu’un qui les mérite.
Je sui DNériss targar1, reprezent Meereen, tmtc. La rayn dragon FTW, YOLO Westeros range T poul je lach mon com sur ton Skyblog. La routourne a tourné »

Voilà. C’est ça. On essaye de nous vendre le face à face de deux personnages que l’on voulait voir se rencontrer et au final, on se rend compte que l’un des deux n’a pas les moyens intellectuels de ses ambitions. « Break the wheel », sans déconne Dany c’était tout naze. Je m’étonne, Monsieur Ramirez que l’on ait eu droit à aucun contre champ sur Tyrion après cette réplique toute de modestie vêtue. Sans doute parce qu’il était en train de se rouler par terre de rire ou de se face palm très fort.
Le mec lui cause de renforcer son pouvoir, de s’appuyer sur les élites en gagnant la dévotion du peuple, bref, il lui explique qu’il faut renforcer ses arrières pour d’aller de l’avant, et elle, tout ce qu’elle trouve à répondre c’est qu’elle veut casser des roues.


« Casser la rooooouuuuue ! Casser la rooooouuue ! Casser la roooooouuuue !!! Casser la rooooouuue !!! » (air connu)

J’ai beau essayer, je n’adhère pas. Reste à espérer que l’influence de Tyrion lui sera bénéfique et qu’elle arrêtera de faire et de dire n’importe quoi.

Winterhell.

Chaque jour que Ramsay Bolton fait, Schlingue se lève. Chaque jour que Ramsay Bolton fait, il s’extirpe de la paille de son box et se rend aux cuisines. Car chaque jour que Ramsay Bolton fait, Schlingue doit se rendre dans les appartements de lady Sans…
Dark Sansa est dans la place cette semaine. Après l’appel au secours de la dernière fois et la fin prématurée de Mamie Zinzin, épluchée comme une vulgaire pomme, Mockingbird 2.0 est dans une fureur noire.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Theon répond à cette colère. Lentement mais sûrement, le pupille de Ned Stark refait surface, car désormais, Schlingue n’hésite plus à parler de lui à la première personne.
Certes, il est encore mort de peur, mais on progresse. Juste que la méthode de Sansa pour sortir le patient de son traumatisme est, disons, discutable d’un point de vue déontologique : « si jamais je mets la main sur ne serait-ce qu’un couteau à beurre, Theon, je t’énuclée, je te tranche la langue, je la mange, je la vomis dans tes oreilles, je les coupe et je te les fais avaler ! On s’est bien compris tous les deux ? »

Mais l’important, c’est encore que ça marche et que Theon soit capable de confesser, dans la douleur, mais tout de même, qu’il n’a jamais tué Bran et Rickon.
Une grosse scène, pour les deux acteurs, et pour les deux personnages. Sansa vient d’entendre sa première bonne nouvelle depuis…Euh… Depuis la fois où on lui a dit qu’elle allait épouser Loras Tyrell. Ça remonte à super loin cette affaire-là.
Et c’est juste une demie bonne nouvelle. En gros, on vient de lui dire que ses deux petits frères qu’elle croyait morts et enterrés sont vivants, mais on ne sait pas trop où.
C’est vrai que c’est une bonne question, ça, Sansa : où est Rickon ?

Aller, c’est l’heure du conseil de guerre. Un Baratheon serait en approche.

«-Alors chef, c’est quoi le plan de bataille ?
No strat, zero DPS. On attend que Stannis et son armée pokevolvent en surgelés Picard, pendant que nous, on mange de la fondue et des tartiflettes.
Il est super ce plan, chef.
C’est n’importe quoi votre idée, père.
Ramsay, mon fils préféré en attendant le prochain, tu disais ?
Je disais qu’on connait le terrain, on n’a qu’à sortir et leur défoncer leurs mouilles une bonne fois pour toute ! No strat, full DPS !!!
Genre : « papa, si tu allais risquer ta vie dans le froid de l’hiver pendant que moi je pose des savonnettes sur chaque latte du plancher que foule ta femme enceinte ? »
Allons, allons, comme tu y vas… Je suggérais simplement une opération commando… »

Le bougre veut à tout prix son coup d’éclat, son premier flocon, son béret de chasseur alpin. La pique de Sansa sur sa bâtardise a fait mouche. Avec un peu de chance, elle le conduit droit à sa mort. On peut rêver, mais alors qu’un petit frère tout ce qu’il y a de plus légitime menace, le bâtard fraichement Boltonisé cherche à être aussi ambitieux qu’indispensable.

La Tour de Londres.

Dans la famille « La Reine en Taule », je demande Cersei Lannister !

Sommée de se confesser à grands coups de cuillère dans la tête, la reine-mère s’accroche à sa fierté léonine. Il faut dire aussi qu’elle risque gros si d’aventure elle s’amusait à avouer l’inceste et le régicide. Avec Captain High Sparrow à la tête du Grand Tribunal de l’Inquisition et du Repentir, il y a de quoi être inquiète. Elle aurait pu le voir venir il y a déjà, ouhla… 4-5 épisodes, mais Cersei reste fidèle à elle-même. Elle a donc besoin que ce soit Qyburn qui lui fasse l’explication de texte : « ça monsieur très très dangereux foufou du goupillon. Toi madame très très vilaine, fofolle du slip. Vous pas aller ensemble. »
« Ahlala, si seulement on me l’avait dit avant ! »
Ahlala, si seulement tu avais un cerveau !

Si l’on devait choisir un adjectif pour qualifier Cersei dans cet épisode, c’est bien le mot « pathétique » qui me vient à l’esprit. Terrifiée par une septa, contrainte de laper son eau à même le sol, abandonnée par ceux qu’elle croyait ses alliés, délaissée par sa famille, la reine-mère n’a plus rien ni personne. Sauf un futur golgoth fait de pièces détachées de Gregor Clegane et de têtes de nain.
Malgré sa déchéance, difficile de la plaindre. Car tristement, ce qui lui arrive semble un retour logique des choses. Je ne dis pas qu’elle mérite d’être battue par sœur Terminator et humiliée par une cuillère en bois, mais « Game of Thrones » est un univers cruel. Les plus roués s’en sortent souvent, mais en cas de chute, celle-ci est souvent très dure. Or Cersei est tombée, évènement des plus prévisibles, compte tenu de la bêtise qui lui aura servi de boussole.

La bêtise, l’absence de sens politique et surtout une trop haute opinion d’elle-même. Bien qu’elle ait cru toute sa vie être une femme de pouvoir, Cersei découvre désormais qu’elle a été dépendante depuis l’enfance des hommes de sa vie.
En se rendant chez Maggy la Maegi, son amie Joséphine invoquait le nom de Tywin et la peur qu’elle pouvait avoir du seigneur de Castral Roc. Cersei avait beau fanfaronner « tu ne devrais pas avoir peur de mon père, sous-entendu, ais peur de moi », c’est bien Cersei en tant que « fille de » qui imposait l’obéissance. Et pas le respect.

A Port-Réal, son autorité dépendait de sa position et de sa fortune. Epouse de Robert, elle pouvait jouer de son statut de reine et payer grassement des Janos Slynt pour lui obéir au doigt et à l’œil. Mère de Joffrey et régente, elle utilisait ce pouvoir là pour abattre Ned Stark. En l’espèce, elle n’a emporté le morceau que parce qu’elle avait trouvé plus mauvais qu’elle en politique. Si Ned avait accepté le deal de Littlefinger, Cersei n’aurait pas tenu deux jours avant de se faire expédier dans un colis Fedex direction Castral Roc sous la bonne garde de son oncle Kevan.

Depuis la saison 2 et la montée en puissance de la folie de Joffrey, nous avons pu constater combien l’autorité de Cersei était une chose fragile, ne tenant que si l’homme au pouvoir, successivement Tyrion, Joffrey et Tywin, la lui reconnaissait.

Morts ou disparus, son prestige et son aura s’effondrent. Tommen n’a pas lui-même l’autorité (ou la crédibilité) suffisante pour justifier sa position à la cour, ce qui aujourd’hui l’entraine vers le fond.
Oui, toute sa vie, Cersei a construit ce qu’elle croyait être son pouvoir sur le prestige des hommes dont elle dépendait, sans même s’en rendre compte. Les seules fidélités qu’elle aura su construire sont bâties sur l’or et les honneurs, des denrées pas si rares que cela. Surtout si le bénéficiaire a pour habitude de changer de cap dès que le vent tourne.

Another Brick in the Wall.

Quand une scène est bien écrite, parfois, son contenu peut sembler insignifiant. C’était le cas de la discussion entre Sam et Olly aujourd’hui.
Olly, ce pauvre enfant, n’arrive pas à digérer les choix de Jon. Et Sam, avec sa foi en Jon, en la menace que représente l’Hiver et son bon sens, ne peut rien faire d’autre que de lui dire que les choix sont parfois difficiles à faire, qu’il faut parfois faire ce que l’on croit juste, même si les autres sont persuadés que l’on a tort…

Voilà, vous mettez ça dans la tête du gamin, et vous laissez mariner quelques jours.

Maintenant, on sort les couverts à dessert, j’apporte l’omelette norvégienne.

Port-les-Engelures.

Le vent farouche et fier d’au-delà du Mur souffle sur le visage de Jon Snow. Campé à la proue de sa chaloupe, le lord commandant écarte bien grand les bras et s’écrie : « Je vole, Tormund ! Je vole ! »

«-C’est super Jonsnow, lui répond ce dernier, mais on arrive à Port-les-Engelures maintenant alors si tu pouvais ne plus faire que des trucs virils, ça m’arrangerait.
Ok, m’sieur Tormund. Sinon, je me demandais, on fait comment pour négocier avec les Sauvageons ?
Le Peuple Libre…
Le Peuple Libre Sauvageon ?
Je… Ok, le mieux c’est que tu te taises et que tu restes à côté de moi pour faire joli. Attends que je t’arrange tes boucles, vooooiiilà.
Vous êtes sûr que je devrais pas parler un peu, genre pour me présenter et tout ?
Laisse faire les professionnels de la diplomatie sauvageonne.
La diplomatie du Peuple Libre !
… Oh la ferme… »

Et donc, la diplomatie en action :

«-C’est quoi tous ces Corbeaux ?
Content de te revoir aussi, Lord of Bones.
J’ai comme une envie subite de leur enfoncer profondément ma sagaie dans le…
…Ce sont nos alliés !
JAMAY !!!! Tous avec moi, prenez vos sagaies et enfonc…

  • BAMTACTACBOUMSCHLAKSCHLAKBAMHEADSHOT*

Mais enfin M’sieur Tormund !!!
Woooah, Tormund ! Moi, nouveau personnage féminin que l’on va appeler Val pour faire un clin d’œil aux livres et simplifier la rédaction de ce billet, je ne peux que m’incliner devant votre sens aigu de la diplomatie. Maintenant que la discussion a été rondement menée et que Lord of Bones est mort après un caméo de 1 minutes et 7 secondes, je pense qu’il est grand temps de réunir le Conseil des Anciens. »

J’ai l’air de me moquer comme ça, mais il faut reconnaitre que par rapport à Ban Ki Moon, Tormund est vachement efficace. Sur l’échelle de la diplomatie, le Sauvageon est facile à 17 Vladimir Poutine.

Direction donc, le Conseil des Anciens. Qui nous fait prendre conscience que la vie est sacrément rude au-delà du Mur parce que les personnes les plus âgées dans la pièce doivent avoir quelque chose comme 40 ans.
Et puis, question : à quoi sert ce Conseil des Anciens ? Parce qu’au final, ce sont les mêmes personnes qui s’expriment dans le grand hall que sur la plage. Ça valait bien le coup de se la péter avec l’Assemblée des Sages si c’est juste pour aligner trois ancêtres de 42 ans le long du mur du fond pour faire genre…

Enfin bref.

Pendant que je cherche les vieux dans l’assistance, la diplomatie poursuit son cours avec un Thenn, Freddy, sans doute le cousin de Franck, qui essaye de tuer Jon, et Wun Wun le géant, qui est là pour être grand et regarder par la fenêtre. Coucou, personnage qui aura peut-être son importance d’ici la fin de la saison.

«-Alors voilà, moi c’est Jon Snow.
Aaaaaah, le bâtard de Ned Stark ! S’exclame toute l’assistance.
… Donc voilà, on se propose de vous évacuer.
C’est un piège.
Attends, Freddy, laisse-le finir.
Donc de vous évacuer par bateau et de vous offrir des terres au sud du Mur.
C’est un piège !
Tais-toi donc !
Et en gage de bonne foi, je vous ai apporté ces poignards en obsidienne.
C’est TROP un piège !
Freddy, si tu ne la fermes pas tout de suite, je te rebaptise Amiral Ackbar pour le reste de la saison !
N’empêche c’est quand même un p…
Ne vous soucier pas de l’amiral, Jonsnow, poursuivez. Des poignards en verre dragon, donc… Et vous en avez combien ?
Là ? Oh je dirais une petite vingtaine.
Super. Et à Châteaunoir ?
Oui ?
A Châteaunoir ?
Y’a la Garde de Nuit…
Je vous demandais combien vous en aviez à Châteaunoir ?
De quoi ?
Vous êtes bouché à l’émeri ma parole !!!! DES POIGNARDS EN OBSIDIENNE !!!
Aaaah !!!!!!!! Ben c’est tout ce qu’on a !
Comment ?
Je sens comme un léger malaise.
-Je t’avais dit que c’était un piège… »

Je m’avance peut-être un peu sur cette histoire de stock d’obsidienne. Mais je n’ai pas l’impression que Sam en ait gardé par devers lui. A la base, il n’y en avait pas tant que cela dans la cache du Poing des Premiers Hommes, et la quantité contenue dans la sacoche me semble correspondre à ce qui a été trouvé.
Même si les expédier au-delà du Mur n’est pas idiot, puisque c’est plutôt là-bas qu’ils ont le plus de chance de servir dans l’immédiat, diviser le stock en deux n’aurait pas été bête non plus.
Histoire de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Histoire de ne pas tout perdre si l’expédition venait à mal tourner.
Je dis ça, je dis rien…

C’est l’heure de l’embarquement. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes si Val, en installant ses enfants sur une barque, n’avait pas cette idée débile :

«-Allez, les filles, soyez sages ! On se retrouve dans une heure ou deux ?
Comment ça ? Tu viens pas avec nous ?
Je prendrai la prochaine chaloupe. Je serai juste derrière vous.
Maman, tu réalises que c’est EXACTEMENT ce que Jack a dit à Rose quand elle est montée dans le canot de sauvetage ? Même que c’était un mensonge !
-Non mais je vais vraiment venir, hein ! Aller, bisous !
Maman ! Réfléchis deux minutes, on est dans « Game of Thrones », et tu viens d’avoir une scène émotionnante !
Zut… C’est balot… J’aurais mieux fait de vous benner sur le bateau avec trois paires de baffes chacune et en vous reniant.
Sûr que ça aurait augmenté ton espérance de vie d’au moins 2 saisons.
Bon, ben mazeltov les filles, vous voilà orphelines. »

Ainsi, grâce à sa bêtise, Val déclencha la scène la plus awesome ever. Y’a pas à dire, cette série excelle à nous montrer l’Hiver dans toute sa fureur. Déjà l’incursion dans la Citadelle de la Couronne de Glace l’an passé avait été le moment le plus incroyable toutes saisons confondues. L’assaut sur Port-les-Engelures était tout aussi puissant.

Et nécessaire. GRR Martin peut se permettre dans ses livres de laisser les White Walkers et autres zombies dans une sorte d’arrière-plan oppressant. Les références à la menace sont constantes, et le lecteur, même s’il se laisse happer par d’autres histoires, ne peut oublier les enjeux de la lutte contre l’Hiver dès lors que les pages le renvoient vers le Mur.
La série elle, ne peut pas se permettre d’infuser pépouse le concept. Elle doit le montrer, l’incarner. Si vous réalisez une adaptation et que vous cachez du premier au dernier épisode le visage de l’Ennemi, autant vous abstenir de faire cette adaptation.
C’est le même genre de parti-pris que dans « Le Seigneur des Anneaux » de Peter Jackson, qui choisit de montrer Sauron dans son prologue, puis de le faire régulièrement apparaitre dans les trois films sous la forme de l’Oeil. Là où Tolkien incarnait sa présence par la suggestion, les histoires, ou l’expression des tourments de Frodon, Peter Jackson ne pouvait faire autrement, art cinématographique oblige, que de le montrer.

Ici, même combat. La menace ne pouvant dans la série être évoquée que de manière occasionnelle, il est impératif de marquer les esprits en développant l’Ennemi non plus comme une ombre encore lointaine, mais comme un adversaire tangible, physique, que les héros doivent affronter au péril de leurs vies.
Et le moins que l’on puisse dire c’est que les dernières secondes de « Hardhome » filent de sacrées chocottes. Un manifeste éclatant de la nécessité d’une alliance entre la Garde de Nuit et les Sauvageons. Et Stannis. Et les Boltons. Et les Lannisters. Et les Tyrells. Et les Martells, enfin si Doran daigne faire autre chose que de contempler l’horizon depuis son fauteuil. Et Daenerys.

Dany, ma chérie, le final de cet épisode s’adressait à toi. Tu veux briser la roue ? Soit. Prends tes cliques, tes clacs, tes dragons et va faire le ménage. On a besoin de toi ici, mon petit pneu en caoutchouc.

Nous le savons depuis l’épisode 1 de la saison 1 : Winter is Coming.
Jusqu’ici, on pouvait en déduire qu’il était temps de passer une petite laine. Là, on se rend compte qu’en fait, ça risque de ne pas suffire.

Difficile de faire l’inventaire de tout ce qui fonctionnait à mort dans cette fin d’épisode, 20 minutes en lent crescendo horrifique, avec pour apothéose cet échange de regards entre le Roi de la Nuit et Jon Snow, ce qui était également émouvant parce qu’ils partagent le titre de lord commandant, et qu’ils auraient tous deux du sang Stark dans les veines.

En fait, c’est un peu comme si le Roi de la Nuit était le jumeau maléfique de Jon. Une remarque comme ça en passant.
Mais ça fait sacrément sens, en fait.
Non-lecteurs, vous avez le choix : soit vous continuer ce paragraphe qui n’est pas terriblement spoilant, soit vous passez votre chemin et nous retrouvez après la deuxième alerte spoiler de Sansa, quelque part au niveau des chatons :

Le Roi de la Nuit est le chef des White Walker, les Nazguls de l’Hiver. L’Hiver est une entité, appelée aussi l’Autre par les disciples de R’hllor, car leur dieu est en guerre de toute éternité contre cette force tapie dans le Grand Nord.
Les légendes du culte de R’hllor disent que durant la Longue Nuit, pour contrer l’Autre, le Dieu Rouge fit naître son champion, Azor Ahai, qui avec son épée Illumination, pourfendit les faquins de glace jusqu’à ce que mort s’en suive et soleil fut revenu.
Mélisandre croit avoir trouvé Azor Ahai en Stannis et pense qu’il est celui qui défera l’Autre à présent qu’un long hiver se profile.
La venue d’Azor Ahai est annoncée par une prophétie, et Stannis n’est pas à proprement parlé celui qui remplit le mieux ses critères. Daenerys est une bonne candidate, de même que Jon. Au sujet de ce dernier, un chapitre de Mélisandre semble pencher en sa faveur puisqu’alors qu’elle regarde dans les flammes espérant y voir des nouvelles de Stannis, elle déplore que R’hllor ne lui montre que Jon Snow alors qu’elle avait demandé une ligne directe sur Azor Ahai.

Si Jon est Azor Ahai (ou une partie d’Azor Ahai, on n’est toujours pas à l’abri de découvrir qu’ils sont plusieurs élus destinés à unir leurs forces), alors il est l’équivalent du point de vue de Dieu Rouge du Roi de la Nuit pour l’Hiver.
Ce qui rend leurs points communs très logiques.

Fun fact, le Roi de la Nuit devint Roi de la Nuit le jour où il rencontra sur le Mur une femme à la peau blanche et aux yeux bleu de glace. Il l’épousa et bascula du Côté Obscur du Mur.
Cette femme était sans doute un zombie. Ou pas. On n’en sait rien. Mais si c’est le cas, alors elle était certainement Sauvageonne.
Devinez qui dans la Garde de Nuit est tombé amoureux d’une Sauvageonne ?
Et quand celle-ci est morte, qu’a-t-il fait ?

La légende du Roi de la Nuit est tellement ancienne qu’elle peut bien raconter une version romancée et nécrophile d’une histoire similaire à celle de Jon et Ygrid. Le futur Roi de la Nuit tombe amoureux d’une Sauvageonne, qui meurt et devient un zombie. Par amour/folie, le Roi la garde à ses côtés et conclut un pacte avec l’Hiver pour demeurer auprès de sa femme pour l’éternité.

Confronté à une situation similaire Jon se contente de foutre le feu à sa promise. Azor Ahai FTW.

Ffun Ffact : il est dit qu’Azor Ahai dans son combat contre l’Autre, sera armé de son épée magique, Illumination. Sans déconner, Grandgriffe est autrement plus classe que l’Illumination de pacotille que Mélisandre a filé à Stannis. Et puis elle est en acier valyrien. Valyrien comme Valyria, là où les mecs élevaient des dragons. Dragons dont le feu aurait bien pu entrer dans le processus de fabrication de l’acier en question.
Voilàvoilà…

C’est qu’on s’en voit « presque » confirmer des trucs sur Jonsnow cette année !

Bien, et maintenant que l’on a bien spoilé, bienvenue dans

L’INSTANT JOHN MCTIERNAN

Comme je le disais en intro, de nombreux éléments des vingt dernières minutes de cet épisode renvoyaient directement au « Treizième Guerrier » de John Mc Tiernan. Film sous-estimé mais objectivement massacré par un montage en mousse et des reshoots discutables, « Le 13e Guerrier » est pourtant une œuvre matricielle de la fantasy contemporaine, s’appuyant sur les nouveaux codes du film d’action mis en place par Mc Tiernan dans « Die Hard III ». En appliquant cette mise en scène très organique, Mc T a dépouillé son film de tout le vernis de kitsch que l’on associe généralement à une œuvre de fantasy ou le côté guindé que pouvaient avoir certains films historiques (« Braveheart » de Mel Gibson ayant déjà bien préparé le terrain en flanquant des coups de pied au cul du genre).Le style visuel du « Seigneur des Anneaux » doit beaucoup à ces deux films, tout comme « Hardhome » aujourd’hui.

Dans « Le 13e Guerrier », des Vikings sont attaqués toutes les nuits par de mystérieuses créatures nécrophages, les Wendols. Ils surgissent sous la forme d’une colonne de feu, baptisée « le dragon luciole ».
Je n’ai pas pu m’empêcher, quand les premières citations visuelles sont arrivées à l’écran, de faire un lien immédiat entre la colonne de feu et le blizzard annonçant l’arrivée de l’armée de Picard.

Toujours dans « Le 13e Guerrier », le royaume attaqué fait appel à une compagnie de 13 héros qui passeront leur première nuit dans le grand hall à attendre l’arrivée des monstres. Ceux-ci se manifestent en grimpant sur le toit.
Dans l’épisode du jour, nous avions un plan similaire, avec Edd et Wun Wun levant les yeux vers les poutres du plafond, derrière lesquelles on devine le mouvement des zombies.
Grand hall qui présenté plus tôt dans l’épisode, était très clairement d’inspiration viking ou du moins cherchait à évoquer cette référence.

Le combat entre les Sauvageons et les zombies mêlait des plans frénétiques mais lisibles et des plans plus confus où des PNJ se font boiter le museau par les zombies. Un style visuel très proche des combats contre les Wendols. Une fois encore.

Enfin, peut-être moins évident mais je veux tout de même y voir un cousinage, il y a eu la manière de mettre en scène la confrontation entre Jon et le Roi de la Nuit. Passé le petit côté Cavaliers de l’Apocalypse pour Hubert, Jean-Robert et Heudebert les White Walkers escortant leur bon souverain, le face à face sur l’embarcadère m’a vraiment fait penser à celui, massacré au montage, entre le chef des Wendols, au front orné de cornes, et Buliwyf, le héros du « 13e Guerrier ». A la différence près qu’à la fin de ce duel de regard, Buliwyf, toutes ballz dehors, défiait son adversaire en levant bien haut son épée.
J’ai espéré que Jon, malgré ses larmes, aurait fini par faire de même en criant quelque chose comme « celle-là elle est pour ton fion, Dagobert ! »

Oui, parce que j’ai décidé que Le Roi de le Nuit s’appellerait Dagobert. Rapport au fait que « c’est le roi Dagobert lalala… »

Bien évidemment, « Le 13e Guerrier » n’était pas l’unique référence de la semaine, on peut même citer le cas plus désolant de « World War Z » avec ce plan des zombies qui forment une montagne de corps pour passer par-dessus un mur d’enceinte, où celui où ils se jettent de la falaise.
Je tiens d’avance à m’excuser si « World War Z » a piqué cette idée à un autre film de zombies. Comme ce genre me met très mal à l’aise, j’en regarde très peu. Même « World War Z » je ne l’ai pas vraiment vu, juste quelques passages. Dont celui de Jérusalem. Où il y avait ce truc ridicule des mecs qui se mettent à crier « Ouais ! Vive Brad Pitt ! Vive le hipster ! » ce qui attire les zombies qui se mettent à faire une pyramide humaine pour passer le mur.
Ben laissez-moi vous dire que ce concept était mille fois plus flippant et mieux amené dans « Hardhome ».
Ça et les zombies qui se prennent pour des lemmings et se jettent du haut de la falaise (mes lecteurs lemmingologues ne manqueront pas de m’expliquer qu’en vrai, les lemmings ne se jettent pas du tout du haut des falaises), idée monstrueusement classe, efficace, mais moins que ce plan sur la plage lorsque Dagobert ouvre les bras.


« No start. Full DPS »

Un moment, j’ai cru qu’il allait geler la mer et commencer à faire passer ses troupes dessus. Jon et les siens auraient été obligé de courir sur la banquise puis de se jeter à l’eau pour gagner les bateaux. Voire, Wun Wun serait venu les secourir (question : dans quel bateau va-t-il bien pouvoir embarquer ?).
Mais non, que de la gueule le Roi de la Nuit. Il se « contente » de relever les morts. Oui, j’ai mis des guillemets parce que c’était tout de même bien flippant. Et que le message à Jon était clair : « merci mec, pour le cadeau. A bientôt. »


Au passage, j’ai été ravie de découvrir que les zombies sont hydrobloquants dans la série, alors que pas dans les livres où étaient évoquées « des choses mortes dans l’eau ».
Au passage, l’effet du blizzard qui s’arrête aux portes de Durlieu était vraiment saisissant. Et marrant aussi. Genre le blizzard, c’est le cousin du nuage de Tchernobyl : il voit un mur, une porte fermée, une frontière, paf, il s’arrête.
Mais mon esprit tordu mis à part, c’était une grande réussite, appuyée par la gestion magistrale du son dans cette deuxième partie d’épisode, créant des bulles de silence oppressant succédant à des sons d’horreur.

Globalement, cette seconde moitié d’épisode est très bien construite. Le metteur en scène travaille à localiser chaque élément du décor, nous faisant voir Durlieu sur un plan très large, afin d’appréhender l’espace, les enjeux humains, et la catastrophe conclusive. Nous ne sommes à aucun moment perdu dans ce port, et pouvons évaluer rapidement les distances séparant les personnages de la palissade, des bâtiments, des chaloupes. Même lorsque le montage se fait stroboscopique, la caméra épileptique et que le cadreur se met à coller au mufle des figurants, on retrouve rapidement nos repères.
Plan qui m’a choquée en revanche, celui final où la barque de Jon s’éloigne, faisant paraitre l’embarcation beaucoup plus proche du port qu’elle ne semblait l’être deux plans plus tôt. Une « coquille » rendue nécessaire par le plan large embrassant l’armée des morts flambants neufs du Roi de la Nuit.

Une mention morte de lol pour Jon Snow qui dans le chaos de la fuite de milliers de Sauvageons vers les chaloupes, se met à hurler aux gens de se ranger dans le calme s’il vous plait.


« J’ai dit en rang par 2 ! Toi, là ! Ton carnet de liaison ! »

Malgré une grosse scène de bataille bien brutale, aucune mort majeure à déplorer dans cet épisode. Sauf celle de Val, parce qu’elle était devenue majeure en l’espace de quelques répliques du style : « I fucking hate Thenns » et sa réponse à « My ancestors would spit on me if I broke bread with a Crow » : « So would mine but fuck them, they’re dead. »
A un dialogue émotionnant près… C’est fou la vie quand même.
C’était un bon personnage, bien badass, une des rares personnes sur terre capable de garder sa dignité en portant un collier de moules.

Freddy aura également eu une courte carrière, car on peut toujours compter sur un Thenn pour mourir comme un gland dans une grande bataille.

J’aurais presque été marri de la perte de …
C’est qu’il serait peut-être temps de faire un récap sur nos amis les White Walkers parce que sinon, on va s’y perdre…

Jean-Pierre apparait dans le pilote de la série.

Il était accompagné par ce qui semble bien être la futur star du show pour deux saisons.

On note sur cette image qu’une grosse partie de la smala s’était déplacée

La star c’est donc ce bon vieux Gilbert, avec son apparition au Poing des Premiers Hommes et sa mort, sous les coups furieux d’un certain Samwell Tarly.


La saison 4 nous a permis de faire la connaissance de trois White Walkers supplémentaires. D’abord il y a eu Hubert, surnommé par ses camarades la Cignogne, parce que c’est lui qui apporte les bébés.
C’est sans doute lui qui fait une apparition lors d’un plan bref sur la plage de Durlieu.

Nous avons également fait la connaissance de Herbert, aussi connu sous le nom de Craster Jr.

Et puis surtout, nous avons découvert Dagobert, le Roi de la Nuit.

Il a légèrement changé de tête depuis la saison dernière. Ce sont des choses qui arrivent, regarder Myrcella…

Cette semaine, Jon aura affronté, et défait, à la grande surprise des deux partis, Albert, le White Walker.
Quelle classe, Albert, qui avance dans les flammes avec son aura de glace repoussant le feu. Dommage pour lui qu’il ait sans doute tenu des propos émotionnants hors champ, alors qu’il changeait la couche d’Herbert juste avant de partir.


« C’est qui le petit White Walker à son tonton Albert ? C’est qui ? Il est où le bébé Courgeau ? Dans le congélo !!! »

C’est donc lui dont la mort m’a presque fort marri, mais mon chagrin a vite été balayé par la réalisation subite que Jon venait de le tuer avec de l’acier valyrien, chose confirmant une théorie de Sam dans les livres.

Si je résume bien, maintenant que l’on n’a plus DU TOUT de verredragon puisque Dagobert va certainement s’empresser de jeter tout le stock dans les neiges du Glacier du Destin, il nous reste tout de même une seconde option : l’acier valyrien. Et de l’acier valyrien, on a assez vite fait le tour puisqu’après Grand-Griffe, il nous reste Féale, qui est justement dans le Nord, pendue à la ceinture de Brienne, et Book Destroyer, l’autre moitié de Glace, offerte au roi Joffrey. Arme dont je n’ai pas la moindre idée de l’emplacement actuel.
Ça, ce sont pour les épées connues dans la série. Dans les livres, on en croise une bonne dizaine, dont 8 sont encore en circulation.

MAIS, les premières annonces de casting pour la saison 6 viennent de filtrer et v’là t’y pas qu’on y verrait circuler le nom de l’interprète de Randyl Tarly, père de Sam du même nom, heureux possesseur d’un fils intellectuel et d’une épée en acier valyrien. Je me dis que ce serait peut-être la raison de son apparition dans la série.

La semaine prochaine.

Cela va être difficile de faire aussi fort que la seconde moitié de « Hardhome » d’ici la fin de cette saison. Plus que deux épisodes et quelques surprises dans la musette pour D&D qui ont frappé un très grand coup aujourd’hui. Plus je regarde la scène, et plus je me dis qu’elle est sans doute le meilleur passage de la série. Et de loin.

Du coup, préparez-vous les chatons parce que la semaine prochaine, on retourne à Dorneville.
Prévoyez des oreillers pour des scènes où :
-Jaime n’entrave rien.
-les Aspics font de la merde.
-Doran médite sur le sens profond de la vie et le goût des oranges amères depuis le fond de son fauteuil. S’il est dans une bonne semaine, il daignera peut-être nous honorer d’une ligne de dialogue.

Reste à espérer que cette fin de saison poursuivra sur cette dynamique. Si 70% des scènes pouvaient être de la qualité de celle de Port-les-Engelures, ce serait encore plus super.

Deux épisodes encore avant de pouvoir commencer à faire un bilan de cette cinquième année devant « Game of Thrones ».
En attendant, faites comme Roose, mangez des tartiflettes.
Et d’ici là, n’oubliez pas….


« C’est vraiment pas bien, ce que tu me fais… »

Continuer la lecture

Like a candle in the wind

Cette semaine, je réalise que pour la première fois depuis, et bien depuis quelques années maintenant, la saison de “Game of Thrones” ne sera pas jamais aussi la saison de “Mad Men”.
Laquelle va laisser un vide immense.

Vide que « Game of Thrones » ne risque pas de combler de sitôt, surtout si elle continue sur des trucs comme l’arc dornien. Non parce que cette série a su développer des histoires pourries, incongrues, non justifiées, mais ce à quoi nous assistons cette année dépasse de loin toutes les merguez et les pois chiches de l’univers.
Ce qui n’empêche de rien D&D de nous faire passer du facepalm aux petits couinements ravis en l’espace d’un seul épisode, lequel contient cette semaine une mort pas banale, un Fantôme, et deux des scènes les plus satisfaisantes de l’histoire de la série, celles qui vous font pousser un grand « aaaaah » de plaisir mêlé de soulagement.

Après la grosse artillerie d’ironie dégainée la semaine dernière, le titre « The Gift » s’avère lui très premier degré.


Pour ne jamais oublier…

Another Brick in the Wall.

Qui l’eut cru… Qui aurait pu imaginer que Sam et Vère auraient le droit à deux des scènes les plus mignonnes de toute l’histoire de la série ?

« Mignonnes », faut le dire vite considérant que l’une des deux raconte la mort d’un vieil homme, mais on est dans « Game of Thrones » les gens, je vous rappelle que la quintessence de la romance ici c’est de coucher avec sa sœur.
Du coup, la fin d’Aemon Targaryen était quelque chose de remarquablement doux, apaisant, la fin tranquille et carrément sans précédent dans cette série d’un homme qui meurt de vieillesse dans son lit, sans s’être étouffé avec de la tourte, sans se faire poignarder à un mariage, décapiter pour trahison, coupé en rondelle par de l’acier valyrien, cloué à un lit à baldaquin, bouffé par un dragon/sanglier/zombie/loup/Bolton.

Une agonie éclairée par le fil rouge de l’épisode, la bougie, qui ici symbolisait la fin d’une existence, et la fragilité de celle-ci. Car rien ne justifiait réellement la présence d’autant de chandelles dans cette scène, pour éclairer les derniers instants d’un aveugle. Sam et Vère n’avaient pas besoin de tout cette lumière, qui était donc bien là pour appuyer le symbole.

Et puis, dans un épisode intitulé « The Gift » D&D en ont fait un beau aux lecteurs : Mestre Aemon est mort en parlant de son frère Aegon, qui apparait dans des romans de GRR Martin se déroulant quelques dizaines d’années avant les évènements de la série.
Je crois qu’on a été pas mal à réagir comme ça à cette mention :

Un qui ne se laisse pas aussi facilement impressionné par des morts naturelles dans « Game of Thrones », c’est Jon Snow, fin prêt pour son expédition sauvage dans le grand nord avec les Sauvageons.

«-C’est bon, j’ai mes bouclettes soyeuses, ma grosse épée en acier valyrien, mes tartines au Maroilles, les bons conseils avisés de ser Alliser…
Y’a pas de quoi Jon. Je peux pas te voir en peinture mais dans le fond, je t’estime quand même.
Moi aussi. Bisous, ser Alliser.
Bisous, lord commandant.
Bisous Sam.
Bisous, Jon. Tiens, voici des lames d’obsidienne. Dès fois qu’elles serviraient, SI TU VOIS CE QUE JE VEUX DIRE.
Ouais, genre si on se faisait attaquer à Port-les-Engelures ?
Genre.»

Genre, une qui aurait eu besoin d’un poignard, même en matière normale, pas des trucs de bourgeois comme l’acier valyrien ou l’obsidienne, non, juste un petit couteau tout con, c’est Vère, qui se fait agresser au réfectoire, ce qui, et là, je suis au regret de le lui dire, devait finir par arriver.
C’est pas que la Garde de Nuit soit connue pour être un repaire de repris de justesse, mais presque.

Sans la protection du lord commandant et celle de l’entourage de Stannis, Vère est terriblement vulnérable. A tel point que je ne comprends pas qu’elle se risque à se balader toute seule dans Châteaunoir.

Sam et Vère, même s’ils ont eu leurs moments relou, sont devenus cette saison un couple véritablement attachant, ce qui n’est pas gagné dans cette série. Leur combat contre les Frères Jurés était aussi pathétique qu’angoissant, à les voir se défendre ainsi l’un l’autre.
Rien à dire, sauf sur la chute… Alors là, je voudrais qu’on m’explique. Est-ce que Jon, avant de partir, a changé le nom du propriétaire de Fantôme au fichier canin ?


MoonMoon to the rescue !!!!

D’où sort donc ce cher MoonMoon vaguement aperçu en début de saison, tellement aperçu d’ailleurs que j’avais totalement oublié son existence ?
Si on veut oublier le côté incongru de son irruption dans le réfectoire, on pourra trouver mignon/attentionné de la part de Jon d’avoir laissé son dire wolf à Châteaunoir pour veiller sur son Sam.
Sinon, on peut avoir l’esprit chagrin et se dire que cet idiot de loup a loupé son bateau.

Winterhell.

La refonte de l’arc de Sansa est un exercice complexe. Il faut à la fois tenir compte de l’évolution du personnage, mais aussi du contexte très tendu dans lequel on l’a plongée. Du coup, on pourrait presque croire que D&D se sont engagés dans une impasse, mais cela, seul l’avenir nous le dira. Pour l’heure, je trouve l’équilibre plutôt réussi.

Nous retrouvons donc lady Bolton (et oui…) quelques jours après son mariage. Depuis son retour à Winterfell, Sansa a vécu une claustration progressive tendant à réduire de plus en plus son espace. Désormais, elle est enfermée dans sa propre chambre, contrainte de subir chaque nuit les assauts de Ramsay, qui cette semaine a pokévolvé de Michel Fourniret en Klaus Barbi.
Pour autant, elle continue de faire bonne figure en public, n’hésitant pas à jeter sa bâtardise au visage de son cher époux.


[ Le Point Chiffon :

Il sera bref à l’endroit de lady Sansa, qui pour être à la merci de son cinglé d’époux, n’en a pas pour autant remisé par devers elle son assurance et son talent pour piquer avec élégance et sans en avoir l’air là où ça fait mal.
Alors qu’elle sert à Ramsay un rappel de circonstance sur sa bâtardise, remarquez sa tenue hybride. L’Hiver étant désormais installé sur Winterfell, Sansa a sorti les chemises longues à passer sous ses robes, conformément à ce qui se fait dans le Nord.

Mais elle n’a pas choisi aujourd’hui n’importe quelle tenue puisque c’est encore et toujours sa robe de Mocking Bird qu’elle arbore, signe que malgré les violences conjugales, Sansa tient bon. Elle n’est pas brisée, et elle n’a pas oublié pourquoi elle a dû consentir à ce mariage.

Malheureusement, elle commence seulement à comprendre combien le combat va être difficile et combien elle est seule.

C’était le Point Chiffon]

Cette attaque de Sansa contre Ramsay est terriblement imprudente. Premièrement parce qu’elle ne sait pas que Theon n’a pas été allumer le Batsignal. Ah, comme la mise en scène a été cruelle avec nous, en faisant résonner le thème des Greyjoy tandis que Schlingue cheminait à l’ombre de la tour, pour mieux terminer dans les appartements de Ramsay…
Ensuite, parce que nous savons de quoi Michel Fourniret est capable quand on lui souffle dans les bronches. Et que nous savons bien que la pique de Sansa ne sera pas sans conséquences.

Si l’on se fait peu d’illusion sur la façon dont il va le lui faire payer le soir venu, pour l’heure, c’est mamie Zinzin qui a fait les frais de sa tentative d’évasion. Quel dommage, on commençait juste à s’attacher et Ramsay aussi visiblement. Je crois que tout le talent de la Résistance nordienne est d’avoir choisi des vieux au cœur fragile pour agents.


Mamie Zinzin : allégorie

Sansa doit continuer de s’accrocher, entre autre à l’espoir qu’elle peut retourner Theon, dont elle n’avait pas grand-chose à faire dans son enfance, mais bon, passons. Gageons également qu’elle saura faire bon usage que cette vrille négligemment chipée à un menuisier.

Jamais elle n’a eu à affronter un adversaire aussi tordu, violent et intelligent que Ramsay Bolton. Je crains désormais qu’il n’allume lui-même le Batsignal pour attirer Brienne et Pod et leur offrir un cours gratuit de cuisine : cette semaine, le carpaccio.

RKW FTW.

Meanwhile, dans les Ardennes…
Stannis et son best bro ever ser Davos se regardent dans le blanc des yeux pour oublier qu’ils se pèlent le postérieur. Et que leurs mercenaires se barrent. Et que les routes sont presque toutes bloquées par des congères. Et que Stannis ne peut pas reculer sous peine de passer pour l’éternité pour Stannis Le Péteux.

Mélisandre, toujours aussi sympa, quoi c’est vrai, elle est sympa comme fille, elle n’a jamais les pieds froids, ce qui en fait l’être à double chromosomes X le plus précieux de l’humanité pour vous, les hommes, aurait bien une solution, refaire le coup du GODMOD en utilisant un peu de sang royal :

“-J’aurais bien pris le sang de ton neveu, mais bon…
J’ai pas de neveu.
Mais si, le culturiste devenu navigateur en solitaire.
Ah !!
Ouais, celui-là.
C’est vrai que c’est dommage, du coup.
Pas tant que ça, il reste ta fille.
NONMAISCAVAPASLATETE ?
Attends Stan…
…Si tu touches ne serait-ce qu’à un cheveu d’une goutte de sang de ma fille, je te colle dans un charter direction Asshaï, espèce de sale sorcière !
Ce que j’essaye de te dire c’est q…
-Un barbecue ! Avec MA fille ? Alors ça, il ferait beau voir, Simone !
Non mais j’ai jamais dit que je devrais la cram…
Je ne peux pas entendre un mot de plus à ce sujet ! STANNIS OUT ! »

Eh,Stannis, mon loulou (quoi, je peux bien l’appeler mon loulou, c’est pas mon RKW…), je veux pas dire mais c’est tout de même pas la première fois que Mélisandre utilise du sang de roi devant toi. Si ça se trouve, c’est comme avec Gendry, elle a juste besoin de quelques gouttes, pas non plus de toute ta fille.
Ceci dit, j’en doute un poilou, vu qu’elle parle de sacrifice et pas de « deux trois gouttes de son sang comme dans « Pirates des Caraïbes » lolilol« , et contredit Stannis quand il évoque les sangsues. A ce stade, dans les livres, nous avions déjà eu droit au premier point de vue de Mélisandre qui avait profondément modifié ce que nous pensions de la prêtresse rouge. Visiblement, D&D ont choisi d’en rester au fanatisme le plus absolu la concernant.

Mis à part ce merveilleux moment qu’on n’avait PAS DU TOUT vu venir depuis quelque chose comme la saison dernière (« Sisi ma reine, votre fille doit ABSOLUMENT venir avec nous »), le détour chez Stannis cette semaine était de ces pastilles dont on se demande parfois pourquoi on a décidé de les laisser dans tel ou tel épisode, tellement elles seraient mieux dans un autre, histoire de renforcer leur arc plutôt que de tout éparpiller.
Notez aussi combien Mélisandre oublie totalement de mentionner un certain Balon Greyjoy, qui n’a donc pas volé sa place dans le bateau des arcs oubliés.

Port Réal.

En petite forme la semaine dernière, lady Olenna fait un comeback fracassant. Si tu crois qu’un septon vêtu d’un sac à patate ça va lui faire peur ! C’est qu’elle en a vu d’autres la Reine des Epines, seule personne du Multivers à pouvoir appeler High Sparrow « mon petit pote », sans que celui-ci n’ose la corriger : « Capitaine petit pote ».
Il y a deux ans, mamie Olenna se tirait de toutes ses joutes verbales avec au pire un match nul au mieux une écrasante victoire.
Cette année, on a changé de braquet. Enfin disons surtout que les joueurs ne boxent plus dans sa catégorie : Cersei est en mode folie maximum overdrive, Captain High Sparrow est plus incorruptible qu’Elliott Ness.

Heureusement qu’il reste un Littlefinger en ville pour lui permettre de se faire les griffes parce qu’on la sentait à deux doigts d’exploser sa gaine de trop de frustration contenue.

Mais tandis qu’Olenna et Petyr Baelish dissertent sur le sens profond de l’engagement en politique, moi, je pleure sur le cadavre du lieu le plus mythique de la série. La fin d’une ère, la fin d’un rêve, la fin du Palais des Mille Fleurs, lieu de tous les boobs shots, empire de la nudité gratuite. Ici, vécurent Roz, Prostituska, et l’autre, qui était super vulgaire… Ici Janos Slynt trancha en deux le corps de Bara, 2 mois et 24 jours. Ici le Grand Septon presqueculbuta la fille de « Ring ». Ici se trouvait la morue la plus fraîche de tout Port Réal et de cet aquarium Dodo était le gardien. Emotion, nostalgie, hommage :











Adieu, Palais des Mille Fleurs, disparu même pas deux semaines après avoir été franchisé suite à l’ouverture de ta succursale volantine, le Palais des Mille Fougasses.
Notre peine est immense mais la certitude que « Game of Thrones » n’en sera pas moins dégueulasse et racoleuse sans toi est comme un baume appliqué cette semaine par Tyenne Sand, une chandelle d’espoir pour nos cœurs en deuil.

[ Le Point Chiffon :

« Salou mé chéris ! Aujourd’houi, on va parler oun peu dé la reine Cersei parcéqu’il n’y a pas qué Sansa dans la vie ! »

Les tenues de Cersei sont elles aussi révélatrices de son état d’esprit, et la dernière fois que j’avais évoqué la reine, c’était pour dire qu’elle s’enfermait de plus en plus dans des corsets rigides et ou des bustiers en métal, faisant office d’armures. Je prédisais même qu’on ne la reverrait guère dans ses robes portefeuilles classiques.

Et comme de par hasard, cette saison, Cersei n’en a quasiment jamais porté, sauf lors des funérailles de Tywin… Ma belle théorie s’effondrait, scandale toussa. Festival de robes portefeuilles, enfin de seulement 3 (2 ½) d’entre elles.


Et donc, la fameuse robe à corset dite « rouleau de moquette », portée une fois cette année

La première est une robe noire de deuil apparue la saison dernière, dont le motif brodé or rappelle celui utilisé pour le vêtement funéraire de Tywin.


On en retrouve cette saison une version similaire, noire unie, mais doublée de ce même tissu brodé or. Limite si cela ne donne pas l’impression qu’elle n’a fait que retourner sa robe. D’un strict point de vue logique interne, je vois mal la reine Cersei se contenter de retourner ses robes quand un côté est sale, c’est la crise ma bonne dame mais tout de même quoi…
Par contre, du strict point de vue pratique de la conception des costumes, il me semble bien que cette robe de deuil ait été conçue dès l’origine pour être réversible. Cela permet de créer un costume à double emploi, à peu de frais, et qui symbolique s’avère être une astuce habile. En tout cas, il est certain qu’il s’agit exactement du même vêtement (comparer les manches, mais aussi le col, dont le liseré doré est plus épais sur la version unie, et que l’on retrouve plus fin sur la version brodée).


La seconde robe date aussi de la saison passée, il s’agit de son habit de deuil en tissu noir brodé du lion Lannister aux épaules.


Maintenant que j’ai dit ça, qu’est-ce qu’on peut bien en tirer je vous le demande…

Cersei est plus isolée que jamais, son influence diminue à la cour et tout portait à croire qu’elle jouerait à nouveau le jeu de l’armure féminine.

Mais il semble qu’elle ait décidé de faire profil bas, afin, sans doute, de ne pas sembler trop dangereuse aux yeux des Tyrells. Lorsque Cersei va à Canossa auprès de la nouvelle reine, elle met bien en scène son nouveau jeu. La reine mère ne lutte plus ouvertement. Elle se borne à afficher son deuil, comme si elle n’était plus qu’une femme brisée par le chagrin.
On remarque d’ailleurs que lorsqu’elle veut paraitre innocente et faible, elle choisit sa robe unie, la plus (faussement) modeste : c’est elle qu’elle porte quand elle discute avec Tommen au lendemain de ses noces, quand elle rencontre pour la première fois High Sparrow, lorsqu’elle va présenter ses vœux à Margaery mais aussi le jour de l’interrogatoire de ser Loras, où elle cherche à garder les mains propres.

En revanche, au mariage de son fils, Cersei retourne sa robe, et affiche son brocard tissé d’or. Intelligence de la costumière d’avoir fait à ce vêtement un mode on, et un mode off. Bitch Queen Mother affiche l’or Lannister lorsqu’elle veut réaffirmer son pouvoir.
Et cette semaine, face à Tommen, les lions Lannister sont de retour sur ses épaules pour une unique raison : la reine Margaery est en prison, la reine Cersei est de retour. Robe qu’elle portait quand elle envoyait Jaime à Dorne, et lors du Conseil Restreint avec Kevan où elle cherchait à s’imposer en tant que régente.

Bitch Queen Mother frappe à nouveau lorsqu’elle va visiter sa belle-fille au Septuaire. Regardez-moi donc ça. Elle n’avait même pas besoin d’ouvrir la bouche. Sa tenue hurlait à la face de Margaery : « Regarde-moi bien, smirking whore, regarde, je porte ta peau comme un vêtement. »

Parce que sa robe portefeuille est neuve. Et qu’elle a été fait dans un tissu qui crie « J’aurais pu être choisi par Margaery ». Parce que cette teinte de vert mordoré lorgne vers les nuances qu’apprécie Margaery, surtout depuis qu’elle a élu l’or comme nouvelle couleur de prédilection.

Et surtout, il y a ce motif végétal, très proche de celui de la reine Tyrell la semaine dernière. Et elle l’a fait monter sur une robe Lannister.



Forcément, c’était encore difficile hier et aujourd’hui de trouver une image claire de ce frakking tissu, mais vous pouvez me croire sur parole, c’est exactement le même style

Mais ce choix s’avère in fine malheureux pour la reine-mère qui a trop vouloir porter la peau de Margaery, fini par embrasser son destin, se faisant arrêter dans un vêtement cherchant à imiter celui de sa belle-fille le jour de sa mise aux fers.

C’était le Point Chiffon]

Tommen, notre petit chaton, est tout merturbé à cause de cette histoire de parjure rapport au fait que son beau-frère il s’emboitait dans Dodo la Saumure. La veille encore, Choupinet Ier ne savait même pas que ça existait ces choses-là !

«-N’ai crainte mon fils, maman est là.
Tes arguments étant aussi imparables que ta sincérité lorsque tu évoques ton affection pour ma femme, je m’en remets à toi, mère, pour sauver mon épousée ! »


La déclaration d’amour maternel de Cersei est tout ce qu’il y a de plus poignante. Simplement, le pauvre petit ne peut pas savoir que par « je veux ton bonheur et ta sécurité », elle entend « je veux la tête de Margaery sur une pique » et « tu te rappelles la fois où j’ai voulu t’empoisonner pour ton bien ? Non ? Tant mieux. »
Paradoxalement, ce sont les manœuvres de Cersei qui mettent le plus son enfant en danger. Comme la fois où il a failli déclencher une émeute au Septuaire après l’arrestation de Loras.
Margaery se contenterait de le maintenir sous sa coupe de velours et de sa vie, jamais Tommen ne se rendrait compte de rien, passant son règne à faire du bateau, brosser son chat et rouler sous la couette avec son épouse.
Décidément, cette prophétie de Maggy avait tout d’une prophétie auto-réalisatrice : en cherchant à empêcher sa réalisation, Cersei fait tomber les dominos qui entraineront sa chute, et la perte de ses enfants.

Mais en attendant, la reine mère pense avoir gagné la partie. Il est grand temps de triompher de sa belle-fille en venant la narguer dans sa cellule.
Et Margaery n’est pas trop d’humeur. Elle trouve que le RPG « Anne Boleyn » a assez duré. Et qu’elle aurait besoin d’un shampooing. Bas les masques pour Miss Hautjardin, qui ne cache plus sa haine envers sa belle-mère, RA.VIE de jouer la sollicitude pour la faire sortir de ses gonds.
Oh oui, c’est limite si on n’aurait pas envie que le retour de manivelle ce soit là, maintenant, tout de suite.
Et justement :

«-Salut à toi, femme !
Ouioui aussi…
La bougresse est-elle bien installée à fond de cale ?
Tout le confort moderne.
Bien. Maintenant, j’espère que tu es solidement amarrée, chouette mal empaillée. Coup de tabac en approche par babord !
-Il ne s’appelle pas Coup de Tabac, Captain High Sparrow, c’est mon cousin Lanc… Oh.
Ahah !! On l’a fait pas à l’envers au Captain ! Qu’as-tu à dire pour justifier cette entourloupe, ruffian enjuponné ?
Je suis la reine !
Bachibouzouk ! Iconoclaste !
Je suis innocente de tout ce dont je suis coupable !
Aux fers, bougre d’ectoplasme à roulettes !!! »

Et aussi aisément que l’on découvre un trafic dans les comptes de campagne de l’UMP, High Sparrow mit le doigt sur les fameuses casseroles de Cersei Lannister, ce qui aurait dû arriver dès le début de la saison considérant la réputation qu’elle se trainait.
J’avoue ne pas trop avoir compris ce qu’il s’est passé. Le Captain présente la chose comme si Lancel s’était ouvert à lui pendant sa conversion pour soulager sa conscience. Ce qui voudrait dire que High Sparrow attendait depuis quelques temps déjà l’occasion de faire tomber la reine. Et qu’il a agi fort opportunément le jour où elle est venue sans défense au Septuaire. C’est l’explication la plus logique.
Ce qui revient à dire que la scène au Palais des Mille Fleurs n’était que de la gueule pour Littlefinger promettant à Olenna sa vengeance en dégainant frère Macramé comme l’arme ultime contre Cersei.

Je vois assez mal Littlefinger et/ou Olenna se pointer au Septuaire : « Ah au fait, y’a votre frère Macramé qui a couché avec la reine, et qui s’est rendu complice de régicide avec un sanglier. » Je vois mal Lancel oublier de soulager sa conscience lors de sa conversion à la Grande Croisade du Repentir.
Le plus probable reste donc que High Sparrow était en possession de toutes les informations mais a préféré attendre le moment propice pour châtier la reine, en gagnant sa confiance, le droit d’armer ses Moineaux, en créant un précédent avec Margaery afin de gagner le respect du peuple, qui doit drôlement admirer son courage pour oser s’en prendre à la reine, en attendant que les Tyrell viennent à lui négocier avec des informations soit disant juteuses mais en réalité déjà en sa possession, uniquement pour que ces derniers lui soient redevables, avant de se retourner contre Cersei, pile au moment où cette dernière était en confiance.

Quoi qu’il en soit, c’est un moment de triomphe pour High Sparrow et un peu aussi pour tous les spectateurs qui adorent détester Cersei et qui affligés par sa bêtise depuis quelques épisodes, souhaitaient voir cette garce malfaisante derrière des barreaux.

Et alors que la reine-mère quitte la chapelle en vociférant, Captain High Sparrow se tourne vers frère Macramé :

«-Hardi, moussaillon ! Quelle belle prise !
Merci Captain.
TOURNEE GENERALE DE RHUM MES MOINEAUX !!! »

Et du fin fond de sa cellule, on entendit alors Cersei crier :
« NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON §§§§§§§§§ »

ENFIN ! Enfin, après 5 ans de complots, de langue de pute, de bitch faces, de réprimandes, de bêtises et de méchanceté gratuite, enfin, ça y est !








Les folles aventures de Bronn&Jaime.

C’est mamie Olenna qui à mes yeux résume le mieux l’arc dornien :


Après le fail le plus monumental ever, une œuvre collégiale qui vous aura été offerte par les Harpics des Sables et le célèbre duo comique Bronn de la Néra & Jaime Lannister « Trois mains et un cerveau », retrouvons le Régicide le temps d’une scène rudement intéressante et qu’on a pas du tout vu déjà la semaine dernière.
Préparez-vous pour un dialogue que vous n’avez jamais entendu à base de :

«Myrcella, on rentre maintenant ! » (Alors qu’on est en prison, mon petit, tu comptes la rapatrier comment maintenant ?)

Avec des :

«Mais je L’AIME ! »

Et un soupçon de :

« Pour une fois que des gens sont contents de se marier dans cette série tu vas pas venir troubler mon bonheur Disney ! »

Une scène CONSTRUCTIVE, donc.


« Lalala, ce rêveuh bleuuuh !!! »

Vous êtes en train de vous dire que cet arc est aussi puissant que « La Merguez et les Pois Chiche ? » Vous n’avez encore rien vu…
Direction la prison de Dorneville où Bronn est encore en train de chanter « The Dornishman’s Wife », parce que maintenant, elle risque de tourner en boucle pendant au moins deux saisons.

Y’a un truc qui tourne pas rond par contre, c’est la tête du mec qui pilote l’arc dornien. Alors lui, c’est un champion.
Le mec commence la scène avec Nym/Tyenne/C’est laquelle déjà ? toute gentille et mimi qui applaudit la chanson de Bronn parce qu’il a un joli brin de voix, puis tente de le tuer, puis le sauve sans aucune raison.

C’était sans doute une manière de rétablir l’équilibre dans la Force des Scènes de Cul, après celle de Sam et Vère, qui était toute mignonne.

«-D&D, dans mon bureau !!!!!
Oui patron ?
C’est quoi c’est connerie ! Vous m’avez écrit une scène de boule où les deux protagonistes gardent leurs vêtements ? Y’a quelque chose qui va pas chez vous ?
C’est que ça se passe dans le Nord et…
Je veux pas le savoir !!!! Trouvez-moi un moyen d’arranger ça ! Le public attend du boobs shot gratuit ! »

Coup de bol, les Aspics étaient à l’écran cette semaine, sinon c’est Diana Rigg qui se chargeait de remplir les quotas.

Si la scène semble gratuite, c’est surtout parce qu’elle est mal écrite. Mais sinon, dans l’esprit, elle illustre assez bien un aspect des Aspics que l’on n’a jamais vu jusqu’à présent. Pour la première fois, elles ont justifié la réputation des Dorniens (et des Dorniennes), par cet usage combiné du sexe et du poison pour mettre leur adversaire à genoux. C’était habile de la part de … ok, Boobs des Sables, de jouer ainsi avec le rythme cardiaque de Bronn pour accélérer les effets du long adieu.
Quelle pitié que cette scène, pas si mal dans l’esprit, se retrouve servie par une triplette de demeurées, et s’achève par le sauvetage le plus injustifié de l’histoire.

Car il semble bien que Bronn jouisse d’une étonnante immunité scénaristique, qui pousse Boobs des Sables à lui filer sa dose personnelle d’antidote. D’ailleurs, au passage, j’ai bien aimé le concept du collier que l’on avait remarqué chez les Aspics et sur Ellaria depuis le début de la saison.
Mais à part ça…

Morghulis te salutant.

Il aura donc fallu que « Mad Men » se termine la semaine dernière pour que « Game of Thrones » décide de rendre hommage à la reine des séries le temps d’une scène de publicité mensongère, servie par Monsieur Eko, qui nous fait un gloubi boulga Don Draper Style pour vendre ser Jorah mélangeant allègrement les œuvres de Thoros de Myr et de Jean Khal, le Dothraki qui tua Drogo en l’attaquant avec du tétanos :

« Ce guerrier, à nul autre pareil ravira le plus exigeant des lanistes. Un magnifique spécimen avec toutes les options. Ce n’est pas un gladiateur, ce n’est pas non plus un esclave dégarni en kilt. C’est un aller simple pour un monde inconnu, une machine d’exploration, un vaisseau aux voiles blanches qui vous conduira sur les rivages de la Friendzone. Les enchères à l’aveugle débutent à 10 000 dollars ! »


« C’est le talent, mec. »

Ouais parce que sans vouloir offenser Mario Del Vafanculo, ce type qui va acheter ser Jorah, mettre autant de pognon dans un rouquin sur le retour qu’il n’a jamais vu combattre, c’est au mieux de la confiance aveugle envers Monsieur Eko, au pire de la bêtise. Ou alors Eko est VRAIMENT aussi doué que Don Draper pour vendre n’importe quoi à n’importe qui.

Et maintenant, le point WTF, présenté par Edmure Tully :

La semaine dernière, les Boloss de l’Esclavage attrapaient deux pégus sur la côte pour s’en aller les faire combattre dans les arènes de Meeeeuuureen, cité libre dirigée par une reine abolitionniste. Cette semaine, les même mecs écoulent la marchandise (yo, changement de plan), tenez-vous bien mes chatons, SOUS LES MURS DE MEUREEN, puis, et là, on touche à la quintessence de la non relecture du scénario ou, faites votre choix, à un degré de RANAFOUT le plus élevé ever, voilà t’y pas qu’on conduit les gladiateurs tout esclaves qu’ils sont se mettre des coups de latte du genre terminaux dans le museau, sous celui de Daenerys, qu’elle a fort joli d’ailleurs.

Tu peux, D ou D, m’expliquer LE SENS CACHE DE CETTE INCOHERENCE TELLEMENT ENORME QU’A COTE MEME « TWILIGHT » OU « HUNGER GAME » SEMBLENT AVOIR ETE ASSEMBLES SUR LE GRAND METIER A TISSER DE LA LOGIQUE PURE ??

De deux choses l’une :
-on a caché à Daenerys qu’il s’agit d’esclaves, elle pense donc sans doute assister à un combat entre hommes libres et volontaires, ce qui est démenti par la manière dont ils entrent dans l’arène, poussés par Mario del Vafanculo. Rien qu’à observer son comportement et celui des mecs avec lui, à la place de sa Grâce Peroxydée, j’aurais fait interrompre la séance, le temps de procéder à une enquête musclée, menée par mes sangs-coureurs, car oui, cette semaine, je les ai vu, merci à Wits qui avait remarqué leur retour il y a 15 jours déjà.
-Daenerys sait parfaitement de quoi il s’agit, ce qui est une grave entorse à sa politique, sa morale, son projet, son tout, comme quoi hein, reine peut-être, mais politicienne surtout, qui sait même pas tenir ses promesses de campagne.

Et puis, ET PUIS ! Comment se fait-ce que je demande les deux mains levées vers le ciel exprimant tour à tour ma surprise, tour à tour ma frustration, que Monsieur Eko ne rechigne pas à vendre Tyrion alors que pourtant, il était supposé tiré un bon prix de
Mais visiblement il a totalement oublier le désormais célèbre cock merchant.

Pas un iota de logique dans cet arc, merci bien les gens, si seulement vous aviez pris le temps de vous relire, on n’en serait pas là.

C’est bon Edmure, tu peux y aller maintenant.

Mieux vaut je crois faire comme si on était tous un peu Helen Keller, rien vu, rien entendu, et voler vers la suite qui est tout aussi brillante question logique, matez-moi ça nanmaiho.

Corentin emmène sa promise aux jeux du cirque de Pitchouli-les-Mimosas, un petit bourg de 237 habitants situé à deux pas de Meereen, célèbre pour ses arènes et sa recette sans pareille de tourte aux supions.
Dany est motivée comme jamais.


« WHERE IS MY TEQUILA ? »

Et surtout, surtout quoi, Daenerys Targaryen sa Grââââce Immaculée qui se pointe comme une fleur dans le trou du cul de son royaume sans que les organisateurs de la kermesse n’aient été prévenus. MOUAIS.
Tu sens pas du tout que cette surprise a été concoctée pour ajouter un peu de tension à l’arc Tyrion, Jorah et les Boloss de l’Esclavage qui sans cela aurait été quand même, déjà moitié moins illogique, et ensuite un peu plus molle du genou.

Parce qu’il a la classe lord Friendzone quand il défonce ses camarades sans armes ni haine mais avec un peu de violence quand même.

Et là, va savoir si c’est l’ennui, la perspective de la dégustation de tourte aux supions, la chaleur, la compagnie de Corentin, ou son nouveau collier de dragon tricéphale remplaçant avantageusement la célèbre couronne qu’elle se fait offrir dans les bouquins, mais Dany ne reconnait même pas ser Jorah avant qu’il retire son casque, Maximus style.

Daenerys, tu en connais beaucoup des types qui se promènent en kilt de ce côté du Détroit ?

« Je pouvais pas le reconnaitre sans sa cravate en jean… »

Soit…

Remarque en passant : cela fait deux épisodes de suite que l’on nous reparle de Thoros de Myr. Un retour de la Confrérie serait-il à prévoir ?

Et puis ce moment est arrivé… Magique et … Emotionnant (non, ce thème musical n’a d’approprié que son évocation de la verticalité contrariée des protagonistes. Et son final aussi grandiose que celui de cette scène).
What a glorious day for Meureen, what a glorious day for the world.

Cet instant, je ne saurais vous dire combine il a été espéré, rêve, voulu, supplié par tous les lecteurs de part le monde, des lecteurs qui n’en peuvent plus, George de voir Tyrion faire du bateau, tenir à la jambe au PNJ le plus chiant de l’histoire des PNJ, j’ai nommé Penny la Naine dépressive, faire naufrage, écouter les jérémiades de Penny parce que la vie c’est DUR, on SOUFFRE putain, se faire vendre par un marchand d’esclaves se faire acheter par un acheteur d’esclaves, s’engueuler avec ser Jorah, passer DES MILLIARDS de jours sous les murs de Meereen à même pas trois cent mètres de Daenerys sans jamais parvenir à la rencontrer, montrer des stratagèmes dont tout le monde se fout vu que le lectorat il veut juste que Tyrion rencontre Dany et le reste il s’en fiche comme de l’an 40, mais non, le livre 5 il finit et Tyrion n’a toujours pas passé le frakking mur d’enceinte alors que ça fait 12 ans au moins qu’il est là à attendre comme une pomme pendant que Jorah et Penny se font un match de ping pong avec la dépression.
Et encore je vous résume parce que c’est tellement pire en vrai que tu finis par vouloir que celui qui était ton personnage préféré meure de la peste ET du choléra, de préférence en étouffant Penny et ser Jorah.

Cette fois nous entrons de plain-pied dans ce que j’ai encore du mal à identifier comme une anticipation des évènements de « The Winds of Winter » ou une réécriture totale des arcs de Daenerys et de Tyrion. Cette rencontre, pour attendue qu’elle fut, en est dans les livres à un tel point de suspension qu’il m’est difficile d’imaginer qu’elle puisse avoir vraiment lieu. Mais je ne m’étendrai pas davantage sur le sujet, j’attends la fin de la saison pour me prononcer sur cet évènement et tenter des comparaisons.
En attendant, Daenerys a gagné un bien très précieux, le cerveau et le sens politique de Tyrion Lannister en personne. Reste à espérer qu’elle daigne l’écouter et que lui accepte de conseiller Miss Gourdiche.

La semaine prochaine…

La mi-saison étant largement dépassée, on peut commencer à tirer quelques conclusions de ces 7 épisodes diffusés.
Comme D&D ont-ils gérer le virage délicat de l’adaptation par anticipation ?
Pas trop mal, dans les grandes lignes. Même s’il faut attendre encore un peu pour savoir où ira par exemple l’arc de Sansa, il reste pour l’heure la réécriture la plus audacieuse et la mieux gérée de la saison 5.
Difficile d’en dire autant de l’arc dornien, écrit en dépit du bon sens depuis le début, cumulant les maladresses et, je ne peux pas m’empêcher de le penser, souffrant un peu du manque d’intérêt que peuvent avoir pour lui les showrunners.
Car regardons les choses en face, cet arc ne sert strictement à rien, du moins pas pour l’instant. Il n’est là que pour faire faire des trucs à Jaime, tout en capitalisant sur la famille Martell, que l’on essaye de conserver à l’antenne parce que peut-être un jour, elle servira à quelque chose dans un arc principal.
Pour l’instant, on a surtout l’impression de suivre des aventures parallèles complètement déconnectées du reste, dans ce qui aurait même pu devenir une web série éjectée des diffusions hebdomadaires.
Il faudrait sérieusement que D&D nous sortent le grand jeu dans les trois épisodes qui restent pour effacer ce sentiment de ratage total.

Quant à Tyrion, malgré le WTF de son esclavage, il est celui qui s’en tire sans doute le mieux de la refonte de son arc, considérablement abrégé et menant à une fin très satisfaisante. En rompant l’isolement de Daenerys et en lui offrant son talent, il ouvre des perspectives inédites à la fois pour la Khaleesi, mais aussi pour l’ensemble du récit. Il est juste un peu dommage de voir qu’à côté de ces aménagements globalement réussis, D&D sont incapables de faire progresser d’autres arcs plus vite, comme celui d’Arya, qui va s’étirer en longueur jusqu’à la fin de la saison sans nous ouvrir à un peu de spoil (parce que je ne vois pas trop la série aller plus loin que les livres à son sujet, désormais).
Aller, à dans une semaine et d’ici là, n’oubliez pas…







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Bowed, bent, broken

La saison 5 est décidément une saison bien inégale. Cette semaine était atroce, entre des scènes écrites en dépit du bon sens, d’autres scènes chiantes, et quelques réussites niveau écriture mises à mal par une absence de projet de mise en scène autre que « des gens dans des pièces ».

« Unbent, unbowed, unbroken », outre avoir le titre le plus ironique de l’histoire de la série, semble reposer exclusivement sur les arcs des filles Stark, qui brillent par leurs qualités d’ambiance et d’écriture. Parce qu’on aura rarement eu autant envie de casser son écran avec son clavier puis de foncer vers le port le plus proche pour y voler une barque à bord de laquelle nous ramerons vers Los Angeles, mais si c’est possible de le faire, ser Jorah y arrive bien, lui, pour aller hurler notre rage au visage de D&D, quand bien même c’était prévisible, quand bien même c’était tout sauf illogique vues les directions prises par la réécriture, quand bien même cela correspondait finalement aux évènements du livre, quand bien même, quand bien même…

Cet épisode est donc placé sous le signe de l’ironie, la plus amère et la plus mordante qu’il soit. Préparez-vous à suivre ce fil rouge.


Dorneville.

C’est moi où ils font n’importe quoi avec les décors dorniens ?
Il y a 15 jours Bronn, Jaime et le Snake Gang zonaient dans un genre de désert littoral, qui ne devait être en fait qu’une grosse plage mutée en Sahara par la magie du cinéma et des cadres étriqués.
Cette semaine, nos bros sont le long d’une nouvelle plage, quelque part dans un coin où il n’a pas l’air de faire plus de 15 degrés, genre c’est l’Irlande du Nord et la minute d’après PAF, les voilà en Andalousie, va comprendre quelque chose.
Après, le côté « on a tourné la scène à Cherbourg », c’est assez raccord avec Dorneville, mais quand même quoi.


Ici le fabuleux palais d’Al Glaoui

Et là, Colleville

Bref, considérations météo mises à part je dois bien dire que l’arc dornien est parfaitement pourri.
Mais d’une force les gens….

Je ne vais pas revenir sur l’absence de plan de Jaime, Bronn le fait très bien tout seul.


Regardez-moi ce magnifique Doran Martell, livré avec sa célèbre chaise roulante et son Aeroh Hota tout équipé. Je me demande bien ce qu’il va faire cette semaine, sans doute nous éblouir d’une réplique lourde de sens prompte à semer confusion et effroi dans nos esprits :

« Une Lannister et un Martell, c’est krékré dangereux. »

BAM, nailed it bonhomme. La petite phrase en contexte genre l’air de rien, qui annonce son don le plus précieux, l’omniscience. Il n’y a pas que les pattes qui trainent chez le prince de Dorne, il y a aussi les oreilles, lesquelles avaient évidemment vu venir à quelque chose comme 27 000 bornes le « plan » trop génial et carrément pas prévisible d’Ellaria.
Faut dire que la dernière fois qu’ils se sont vus, cette dernière a trouvé intélijan de lui servir un monologue de Grand Méchant, vous savez celui qui dévoile l’intégralité de votre projet machiavélique « Tu é 1 fèble é mé cops lé aspique L von tro te f1té la prinssesse ».

Du coup, Darth Ellaria et ses fidèles apprenties ont beau se planquer dans une citerne, leur furtivité n’a d’égal que leur stupidité parce que quelqu’un pourrait-il m’expliquer s’il vous plait l’intérêt de se coller des foulards sur le museau pour entrer dans le jardin, foulards qui seront retirés dès qu’elles seront en position ???
C’était quoi l’idée les filles, on vous écoute : « Lé foular C pour fer kom lé ninja dan lé film de Brousse Lit, lé ninja C trop discré TMTC alor nou oçi lol »

Tant qu’à loler, je voudrais profiter qu’on soit là peinard à regarder Bronn&Jaime infiltrer les Jardins Aquatiques pour vous faire remarquer, sombres abruties, que ces deux bras cassés qui 1) ne sont pas chez eux, 2) n’ont même pas de plan, trouvent le moyen d’être plus crédibles dans leur tentative que vous ne l’êtes, profitant de leurs uniformes de Stormtroopers pour entrer ni vus ni connus dans le cœur de l’Etoile Noire. Je sais que ce n’est pas parfait, surtout rapport au fait que Jaime ressemble au cousin aryen de votre père Oberyn, mais au moins ça a le mérite d’être un minimum réfléchi.

Donc, pour aller à l’essentiel dans cet enchainement de scènes assez navrantes, Bronn&Jaime tombent sur Myrcella en train de galocher Trystan Martell, ce qui choque légèrement le Régicide.
Ne me regardez pas comme ça, on voit clairement qu’il est soulagé en découvrant que le godelureau en cosplay Aladdin est le fiancé de sa fi…nièce, soulagement qui ne manque pas de surprendre de la part d’un mec qui s’est envoyé sa sœur jumelle sur le cadavre de leur fils biclassé incestueux et adultérin. Mais je dis ça, je dis rien. Un papa reste un papa.

«-C’est bon Myrcella, range moi cette langue, on rentre à la maison.
Non, jamais, tu ne peux pas nous empêcher de vivre notre amour !
Ecoute, j’ai pas trop le temps de t’expliquer mais…
Tu n’as pas d’ordre à me donner, t’es pas mon père.
LOL.
La ferme, Bronn.
Je vais aller siffler « The Dornishman’s wife » dans un coin alors, le temps que vous régliez votre différent familial.
Myrcella, pour ton bien…
Qu’est ce que t’y connais à mon bien d’abord ? Ici j’ai pas à supporter mon alcoolique de mère à longueur de journée, on m’habille avec des robes de princesse Disney, j’ai même été recast pour avoir une vraie tête d’ado relou qui donne envie de la baffer avec des parpaings dès qu’elle ouvre la bouche, et mon promis est trobo, plus que tous les One Direction réunis, en plus ça doit être le seul mariage arrangé de toute la série avec deux gens contents et consentants alors laisse-moi vivre mon rêve en paix !!! »

Naaaaaaaan mais sans déconner…. Ok, D&D n’ont pas à suivre à la lettre les bouquins, d’ailleurs ça fait un moment qu’ils ont abandonné l’idée, mais je suis tout de même un poil déçue par cette Myrcella next gen. Vieillie pour les besoins de la série, elle n’a strictement rien à voir avec l’enfant intelligente et sage engendrée par les jumeaux Lannister.
Parce que oui, malgré le l33t sk1ll de ses deux parents à mobiliser leurs capacités cérébrales, Mymy en impose, au point que dans les livres certains Martell avaient de grands projets pour elle.
Et en lieu et place de cette douce et prometteuse enfant, on se cogne Myrcella Mc Girly, biatch hormonalement lobotimisée qui ne se tait que lorsqu’elle inspecte les amygdales de « sonchéri ».

Mazette, c’est à peine croyable.

Ce qui l’est encore moins c’est l’archi pourritude du combat qui va suivre, combat opposant Bronn, Jaime, Obara, Nym et l’autre Aspic Jesaisplussonnom.
Attention, gros gros niveau en matière de chorégraphie et d’écriture, attachez vos ceintures, on part sur les montagnes russes du n’importe quoi.

D’abord, les filles sont trois et les garçons sont que deux, donc on va se séparer, comme ça Obara tu prends Bronn et Jesaisplustonnom tu te cognes le manchot. Pendant ce temps, Nym va fouetter leurs culs, ça va bien les déstabiliser, c’est de l’unagi, technique ancestrale, tu peux pas test.
Schlackschlak, fait le fouet sur le postérieur de Jaime, lequel est manchot donc si d’aventure Nym avait eu ce truc là, vous savez, avec un manche et une lame au bout, ou même si elle avait décidé d’utiliser son frakking fouet pour autre chose qu’une très mauvaise imitiation de Félindra Tête de Tigre, elle aurait pu aider Jesaisplussonnom à envoyer en 2 secondes le Régicide au tapi.

Pour mémoire, pas plus tard qu’il y a 15 jours, Jaime expliquait à Bronn qu’il pouvait se battre mais contre un seul adveraire à la fois et de préférence quelqu’un de lent. Soit tout le contraire de Jesaisplusonnom qui se bat à deux lames, tout de même, spécialité qui dans n’importe quel RPG est l’apanage des rogue combattant au corps à corps dans un tourbillon d’épées courtes promptes à lacérer la face d’un adversaire plus gauche.

Mais bon, elles s’y seraient mises à 2, Jaime serait sans doute mort et visiblement, pour lui, c’est « not today » (contrairement à Bronn qui devrait y passer next week ou celle d’encore après, vu qu’il s’est fait piquer par l’Aspic…. Je l’avais dit un discours émotionnant et tu signes ton arrêt de mort).

Y avait-il un moyen à la fois logique et intelligent de poursuivre ce combat avec deux duels, et un troisième Aspic occupé à quelque chose d’autre que faire schlakchlak ?
Bah oui bande de plow. Il suffisait que Nym fonce sur Myrcella en lui disant « Vite vite princesse, je vais vous mettre à l’abri, ne restez pas là », la conduise à Ellaria et c’était dans la poche. Histoire de ne pas tout foirer le scénario de l’épisode qui devait conduire à un échec des Siths, il suffisait de montrer les troupes de Doran interceptant Nym et Myrcella en chemin.
Et hop.
Mais non, schlakschlak, va comprendre…

Braavos.

Arya est le personnage qui cumule le plus de séries dérivées le long de son parcours. Après « Kill Ilyn Payne, ser Meryn Trant, king Joffrey… », « Arry Sans Famille », « Punkie Brewster Westeros Edition », « Le Limier, Chien Fidèle », la voici donc dans « Six Feet Under ».

Sa leçon du jour s’avère très intéressante afin de comprendre le parcours qui sera le sien. Jusqu’à présent, Arya comme le spectateur avaient cru que le principe de son initiation était d’effacer sa personnalité pour n’être plus qu’une enveloppe vide, capable d’accueillir un des multiples visages que revêtent ceux qui servent le Dieu Multiface.

Mais cette semaine, Jaqen nous a fait comprendre qu’il y a une dimension au-delà de ce « personne » qu’il veut qu’Arya devienne. Une dimension qu’elle a atteinte en accompagnant l’enfant au bord du bassin, la conduisant vers sa mort en s’appropriant sa souffrance, de la même façon que sa camarade l’a fait plus tôt. En écoutant cette dernière lui raconter sa vie de fille de noble westrien chassée de chez elle par une belle mère indigne, Arya souriait, avant que Germaine ne la retourne en révélant que son histoire n’était qu’un tissu de mensonges. Germaine à qui Arya n’a sans doute jamais raconté sa vie, mais qui a déduit ses informations par l’observation, sa connaissance du monde, et surtout par cette qualité que cherchent les Sans Visages, l’empathie.

Car contrairement à leur attitude rigide, leur formation semble bien conduire à une parfaite maîtrise de l’humanité, une compréhension totale de ce que recouvre le concept, seul moyen pour eux de n’être plus personne, en devenant tout le monde.
Changer de visage, de personnalité, ne peut se faire que de cette manière et c’est bien ce que Jaqen a démontré à Arya en la conduisant dans le Frigo aux Mille Visages pour lui annoncer qu’elle vient de passer niveau 2.

Koh Lanta.

La vie est dure au camp de base des rouges. Depuis que Tyrion est tombé du bateau pendant l’épreuve d’immunité, son équipe n’a plus rien à manger à part des baies, chose dont personnellement, dans un jeu de survie comme ça, sur un continent étranger, je me méfierais.
Malgré une tentative pour nous faire croire qu’on ne va pas se faire suer durant l’arc « Tyrion et lord Friendzone voyagent ensemble », avec notre bon nain qui met les pieds dans le plat en révélant à Jorah que son père est mort, on se fait tout de même très vite suer jusqu’à ce que BRUTALEMENT la série passe de Koh Lanta à « Lost » en faisant pop Monsieur Eko au beau milieu de « Game of Thrones ».


« Perso j’ai jamais compris d’où venait le monstre de l’île de Lost. On lui posera la question ? »

Décidément, c’est l’épisode de l’ironie. Ser Jorah, chassé de son fief par Ned Stark parce qu’il s’adonnait au trafic d’esclaves, se trouve la proie d’une bande d’esclavagistes dotés du pouvoir de téléportation.

Car c’était aussi l’épisode des téléportations cette semaine, entre Littlefinger qui est déjà à Port Réal, la gamine chez les Sans Visages qui se matérialise dans le dos d’Arya, et ces mecs qui sortent de nulle part alors que même pas deux secondes avant il n’y avait derrière Tyrion qu’un horizon dégagé.

Bon. Là aussi on frise l’indigence parce que cette scène n’est que fonctionnelle pour nous, pour eux, pour D&D. A un détail près. J’y reviendrai.
En attendant, réjouissons-nous de voir Tyrion retrouver son meilleur niveau langagier quand il pirouette plus vite que son ombre pour sauver sa tête, son kiki et la vie de ser Jorah. Limite si ça ne nous rappellerait pas l’époque où il sillonnait les Eyriés avec Bronn en se faisant des potes de tous les clans qu’il croisait.
Réjouissons-nous aussi car l’épisode du jour va permettre à nombre d’entre vous de répondre à une question posée par Fewer dans les commentaires de l’épisode précédent : si vous viviez dans cet univers, où voudriez-vous résider et quelle profession exerceriez-vous ?
Levez la main tous ceux qui rêvent de devenir marchand de zgeg à Pentos.

Et maintenant, le point OMGWTF ça vous arrive de vous relire parfois ?
Dans les livres, il arrivait à quelques péripéties près la même chose à Tyrion et Jorah, réduits en esclavages et expédiés vers Meereen. Meereen qui était en état de siège de la part des autres cités esclavagistes, ce qui expliquait pourquoi comment pourquoi ces fiers marins avaient l’idée saugrenue d’aller vendre des gens dans la seule ville de la région ayant aboli l’esclavage.
Accessoirement, même en admettant que la réouverture des arènes soit de notoriété publique, il faudra expliquer à ces garçons l’info principale à ce sujet : seuls des hommes libres pourront s’y affronter.

Nan mais bravo le bricolage, vraiment. On ne serait pas totalement ébloui par la mention de l’existence des vendeurs de pénis (pénicier ?) qu’on se laisserait presque abuser par ces marchands d’esclaves qui vont vendre leur marchandise dans une cité dirigée par une reine abolitionniste avec l’espoir de se faire payer un bon prix le chevalier-gladiateur qui de toute manière ne pourra combattre et donc potentiellement leur rapporter de l’argent qu’en HOMME LIBRE.

La Manif Pour Tous.

Je suis encore et toujours impressionnée par Littlefinger, qui a renoué avec son cher téléporteur puisque nous le retrouvons donc cette semaine à Port Réal. Ok, ça fait 15 jours qu’on en l’a pas vu, il a sans doute pris un bateau depuis Blancport du coup ok, ce n’est pas si foufou que ça.
Mais ce qui m’impressionne vraiment c’est qu’il ait reconnu Lancel Lannister malgré sa robe de bure, sa coupe de cheveu, ses 30 kilos de muscles supplémentaires et son symbole jaffa sur le front.

Lancel qui pourrait carrément l’arrêter au beau milieu de la rue pour délit de propriété de bordel, mais bon, ça aurait été dommage de rater la scène d’après où Cersei lui en fait justement la remarque. Une scène intéressante, compte tenu des leçons que Littlefinger tente de donner à la reine-mère, laquelle n’écoute rien, n’entend rien, ne comprend rien :

«-Donc, vous avez armé des fanatiques religieux…
Exactement. Brillant hein ?
Tout ça pour faire arrêter Loras Tyrell pour crime de buttsex dans ses escuyers.
Comparé à moi, Machiavel, c’est Nadine Morano.
Ok, je vois… Disons que c’est balot pour ser Loras. Quel regrettable choix de partenaire de lit *winkwinkWINKREGARDEMOICERSEIwink*.
Vous avez une poussière dans l’œil, lord Baelish ?
Je faisais référence à la poutre dans le vôtre, vôtre mâjesté, mais comme je constate que vous êtes une cause perdue, je vais oublier la chronique de votre chute annoncée par retour de manivelle dans votre auguste visage pour faire ce que je fais de mieux, tirer profit de la situation. Aller, je me lance, accrochez-vous au pinceau, je retire l’échelle : SANSA STARK !
WAAAAT ?
Oh ouais, chez les Bolton.
Vous êtes en train de me dire que mon ex-belle fille qui me déteste a fui chez ces traitres de Bolton en qui personne n’aurait confiance pas même quelqu’un d’aussi naïf que… Ben que Sansa Stark justement ??? En voilà un retournement de situation pour le moins inattendu ! »

Au départ, je me demandais bien où Littlefinger voulait en venir avec cette bombe, mais c’était juste du pur Baelish dans le texte. Quitte à revenir à Port Réal autant que cela soit en donnant à la reine l’illusion qu’on peut lui faire confiance. Les Tyrells sont en mauvaise posture, et si d’aventure Cersei parvenait à tirer son épingle de son jeu dangereux, autant demeurer dans ses petits papiers. Surtout quand on est tenancier de bordel, comme la Valkyrie de la Morale et de la Vertu c’est plu à le lui rappeler.
En vendant à la reine-mère la présence de Sansa à Winterfell, Littlefinger a une fois de plus parfaitement manœuvré. Cersei a l’illusion d’avoir un allié efficace et précieux à son service. Parce qu’il a localisé celle qu’elle hait le plus au monde même devant Margaery, il peut la manipuler à loisir en lui promettant de s’occuper personnellement du problème. Et elle gobe, parce qu’elle n’a aucune raison de douter de lui. Et lui, et bien avec ses chevaliers du Val, son association avec les Tyrells pour le régicide et la confiance de Cersei, il a l’assurance qu’après la bataille de Winterfell, il pourra quoi qu’il arrive devenir Gardien du Nord.
Jusqu’à présent, Littlefinger n’a commis aucune erreur, y compris en mariant Sansa à Ramsay Bolton.
Disons que politiquement, c’était une manœuvre habile. Et qu’en toute honnêteté, la probabilité que la petite épouserait un psychopathe était tout de même inférieure à 2%.

Lorsqu’une scène impliquant Olenna Tyrell s’avère moyenne, on peut sans hésiter taxer l’épisode du jour de médiocre.
La confrontation de la Reine des Epines avec la reine-mère n’avait rien de flamboyant et on comprend pourquoi mamie Olenna regrette tant Tywin Lannister. Déjà parce que Cersei est une vraie gamine à faire semblant d’écrire comme le faisait son père alors que tout le monde sait bien qu’elle est en train de dessiner des teubs sur son parchemin.


Ensuite parce qu’elle manque singulièrement de répartie. Et qu’elle n’est de toute façon pas là pour négocier. Ici, nous rencontrons les limites d’Olenna Tyrell en matière de joute verbale car quand votre adversaire se borne à la posture défensive, vous ne faites que vous épuiser et vous frustrer.
Malgré le manque de peps de la scène, sa conclusion était un brin glaçante, lorsque la Reine des Epines se lève, un soupçon de panique dans les yeux. Elle vient de comprendre que Cersei n’est pas une politicienne. C’est une femme riche et puissante en roue libre. Un monstre incontrôlable qui croit manipuler des forces la dépassant complètement.

Mais Cersei continue de se croire maligne jusque lors de « l’enquête » menée par Captain High Sparrow pour tenter de prouver l’homosexualité de ser Loras :

«-Oh oye, gai matelot ! Alors, comme ça il parait que tu aimes inspecter la cale des moussaillons ?
Je comprends rien à ce que vous dites, monsieur.
Je te demande si tu souques ferme dans les chenaux étroits.
Mais enfin non !
Parole, corne de bouc ?
Parole.
Avance, femme !
Reine Margaery, s’il vous plait, High Sparrow.
Captain High Sparrow !
Ok, je… C’est étrange, cette situation a comme un air de déjà-vu.
Plait-il ?
Voyons voir, je suis reine, je suis à un procès, et dans deux minutes sur la fois d’un témoignage accablant vous allez m’accuser de tous les crimes les plus odieux, m’enfermer dans une tour et me couper la tête…
Ah oui, je comprends mieux, vous confondez avec la fois où vous étiez reine d’Angleterre dans « Les Tudors ». Non mais vous pouvez parler sans crainte, on est dans « Game of Thrones », pas de danger. Alors !!! Votre frère : gay ou bien ?
JAMAY sur la tête de baby George !
ENTRE ICI TEMOIN ACCABLANT !
J’en étais sûre !!!! »

Ainsi, pour la deuxième fois de sa carrière, Natalie Dormer va nous jouer la partition de la reine en prison, même si cette fois, les accusations portées contre elles sont fondées.
Pour mémoire, dans les livres, Cersei la faisait accuser d’inceste avec Loras (je sais, l’hôpital, la charité…), ce qui rétrospectivement nous rapproche un peu des chefs d’accusation contre Anne Boleyn, c’est seulement maintenant que je le remarque. C’est marrant.
C’est donc une habile pirouette pour la série que de faire arrêter Margaery pour parjure, compte tenu du fait qu’il aurait été difficile de faire avaler à qui que ce soit une relation incestueuse avec Loras. Déjà dans les livres ça passe limite et ne tient que parce que Cersei a une « preuve » de consommation d’une tisane contraceptive/abortive par Margaery, alors qu’elle n’est pas supposée avoir la moindre activité sexuelle (elle est alors en attente de son mariage avec un Tommen âgé de 8 ans, ce qui reporte aux calendes grecques sa nuit de noce).

Il ne reste plus désormais qu’à attendre les conséquences de ces arrestations mais le regard meurtrier de mamie Olenna en dit long sur la violence de la contrattaque.
Il fait en tout cas vachement plus peur que les deux gardes royaux perdus dans le décor, très impressionnés depuis l’intérieur de leurs armures complètes par les deux mecs du Pugnus Dei avec des bâtons.

Malgré sa difficulté à gérer correctement son rythme, cette saison 5 est aussi celle qui semble la plus riche en intrications, posant loin en amont ses billes. La scène Loras/Dodo/Margaery du premier épisode, outre un moyen habile de rappeler Dorne au bon souvenir du spectateur, était également la pièce maîtresse de cet interrogatoire, dont tous les éléments étaient destinés à tomber aujourd’hui : la tâche de naissance, la présence de Margaery…
Une scène qui prend un ton délicieusement ironique car c’est au terme de celle-ci que Margaery s’était exclamé « perhaps » en évoquant sa belle-mère. Quelques jours avant de manipuler son époux pour qu’il l’éloigne, quelques jours avant que Cersei ne se mette à jouer avec le feu et fomente sa machination. « Perhaps », Margaery. Perhaps.

Winterhell.

Quand il y a deux ans je décidai de surnommer Ramsay Bolton « Michel Fourniret », je n’imaginais pas que ce sobriquet viendrait si fort à propos, et surtout pas que Sansa serait la principale intéressée de cette lubie pour le viol de vierges.
Paf, les mots sont lâchés, appelons un chat un chat et considérant que c’est de loin le pire truc qui soit arrivé à un Stark depuis le pilote de cette série. Depuis la chute de Bran en fait.
Le pire ? Vraiment ? Allons, des gens sont morts tout de même, limite la petite devrait s’estimer heureuse, ahah, l’autre.

Non.

Ned Stark, pour injuste que fut sa mort, avait mérité de se faire taper très fort sur les doigts. Robb Stark, pour adject que fut le modus operandi, avait lui aussi mérité de se faire sanctionner comme il se doit. Cat… Disons que Catelyn a été une victime collatérale et que sa mort à elle aussi était terriblement affreuse. Même si c’est elle qui l’avait déclenchée, cette guerre…
Sansa n’est la victime d’un viol conjugal que parce qu’elle est une femme. Point.

Le final de cet épisode était le plus malsain de toute l’histoire de la série. Et pourtant, « Game of Thrones » n’en est pas à son coup d’essai en matière de viol conjugal puisque Daenerys a aura également subi, dont un face caméra.
Mais depuis, nous avons rencontré Ramsay Snow, et surtout depuis, la série a gagné en qualité de mise en scène. Et le moins que l’on puisse dire c’est que tout dans ce mariage suintait glauque, dangereux, malsain, brutal.
Y compris jusque dans la bande originale qui aura rejoué les thèmes « I’m hers, she’s mine » et de la famille Stark de la façon la plus tordue possible, afin de bien appuyer le sentiment nauséeux.

Alors oui, cette scène était courue d’avance pour Sansa. A force d’être fiancée à tout un chacun, il fallait bien qu’à un moment, l’un de ses maris songe à consumer durant la nuit de noces. A l’instant d’évoquer Tyrion, on saura apprécier l’hommage tardif mais l’hommage quand même de Sansa à son premier mari, sorte de portrait en négatif de Ramsay.
Un Ramsay admirablement interprété comme de coutume par Iwan Rheon, qui a su faire basculer en une fraction de secondes, le regard presque sympathique du fils Bolton en regard malade de Michel Fourniret. Alors que tu sais déjà ce qui attend Sansa, que tu sais déjà qui est ce type et de quoi il est capable, tu te sens te liquéfier de l’intérieur quand ses yeux passent en mode sadique.

Honnêtement, tout ce que j’espère c’est que Sansa ne tombe pas enceinte. La logique voudrait que l’on commence à aborder le sujet. Soit pour annoncer un « heureux » évènement, soit pour présenter des méthodes capables de lui faire éviter ce type de désagrément (les livres mentionnent souvent le fameux thé de lune qui n’apparait pas encore dans la série. Je verrais bien Sansa demander à Mamie Zinzin de la fournir).

[Le point chiffon.

Il sera bref, et uniquement destiné à évoquer la tristement splendide tenue de mariage de Sansa.

Je voulais juste mentionner que c’est la première fois de l’histoire de cette série que l’on voit quelqu’un porter ouvertement les couleurs de la maison Stark qui sont le gris et le blanc. Il est en effet de tradition dans les maisons nobles, et surtout dans les mariages du culte des Sept, que la promise revête les couleurs de sa maison qui seront ensuite recouvertes par le manteau de son époux. Rituel qui a pu être observé lors de mariage de Sansa et de Tyrion.

Cette série mélangeant notoirement TOUT en matière de cultes et de mariage, on a donc eu le droit à une épousée en Stark, sans manteau Bolton tout rose pour recouvrir le tout.
Oui, la couleur de la maison Bolton c’est le rose. Mais comme c’est en référence à la chair de l’écorché, on évitera toute plaisanterie sur ce choix de prime abord curieux, mais en réalité fort à propos.

La semaine dernière on évoquait le blanc chez Daenerys, une couleur qui a récemment colonisé toute sa garde-robe à mesure qu’elle affirme son autorité de reine et qu’elle s’enfonce dans le marasme meereenois.
Et paf, devinez quoi, cette semaine, c’est aussi du blanc en masse pour Sansa. Ce blanc qui signe son retour à Winterfell, son sacrifice sur l’autel des ambitions de Littlefinger et un peu comme Dany, une forme de mise à l’écart du reste du troupeau. Toutes les deux ont ce statut d’étrangère, toutes les deux sont assiégées dans leur propre fief. Quant au fait que le blanc puisse être une couleur mortifère dans une série où l’Hiver vient, cela semblerait assez logique.

Malgré la logique héraldique de ce choix de couleur pour Sansa, je ne suis pas sûre que ce gros manteau blanc relève du pur hasard. Après tout, le blanc n’est absolument pas dans cet univers une couleur de mariage (il n’y en a tout simplement pas, le concept est très récent, même pour nous) et le gris ou en général toutes les teintes sombres sont plus représentatives à nos yeux des couleurs associées au Stark.
D’ailleurs, le manteau, bloc monochrome, est tout aussi lourd et texturé que l’est la fameuse robe blanche de Dany avec les écailles de dragon. Un manteau dont les épaules ont la même forme que la robe Mockingbird, nouvelle référence au jeu de Sansa, qui arbore une tenue aux couleurs de sa maison mais dont la forme renvoie à son protecteur.

Cet épisode étant placé sous le signe de l’ironie, je ne peux pas m’empêcher de voir dans ce choix un gros pied de nez envoyé à la face des spectateurs. Lesquels sont conditionnés par l’image de la mariée en blanc, symbole du bonheur toussa. Et la série de continuer d’enfoncer le clou avec ce décor de rêve, les lampions dans le bois sacré et la neige qui tombe à gros flocons. Sur les seuls aspects cosmétiques, c’était le mariage de conte de fée.
Mais D&D nous malmènent, autant que Sansa est malmenée par la vie, en fracassant nos rêves sur le mur des réalités (LE leitmotiv des jeunes années de Sansa).
Et ce jusque dans la chambre à coucher, très joliment décorée, à mille lieues de la chambre de torture qu’elle va très rapidement devenir pour Sansa.

C’était le point chiffon]

Alors oui, certes, de la part de Ramsay on aurait pu s’attendre à 1000 fois pire. D’ailleurs dans le livre, c’était pire puisqu’il demandait à Schlingue de « préparer » sa femme (Jeyne Poole que l’on fait passer pour Arya) avant de s’en occuper lui-même.
Ici, Dieu merci pour Sansa, on nous épargne cette séquence, Theon servant au final de contrechamp à peine bienvenu. Theon qui n’était là que pour nous servir d’écran, la remarque de Ramsay, s’adressant autant à lui qu’au spectateur (Ramsay est décidément le briseur de quatrième mur de la série !) : « You’ve known her since she was a girl ». En effet, Sansa Stark nous l’avons connue gamine.

Donc si on résume, un psychopathe qui pour UNE fois s’abstient d’être créatif sur sa victime, et une scène où tout se passe en contrechamp et le public est choquay ?

Parce que la scène a été très bien préparée, presque depuis la saison 2 (même s’il est sans doute improbable qu’elle ait été en gestation alors). Avec la tentative de viol dont Sansa avait failli être la victime durant l’émeute de Port Réal, la menace de son mariage avec Joffrey, le Limier lui disant qu’elles serait bien heureuse de le voir lorsqu’il n’y aurait que lui pour s’interposer entre elle et son précieux roi, la nuit de noces avec Tyrion, les attouchements de Littlefinger, la perversité de Ramsay….
L’histoire de Sansa est l’histoire tristement banale d’un corps sans cesse menacé de viol par les circonstances. Depuis la saison 2, cette échéance est sans cesse retardée, d’abord par la rupture de ses fiançailles avec Joffrey, puis par le sauvetage in extremis du Limier, puis par la bienveillance de Tyrion, puis par la nécessité pour Littlefinger de la garder vierge jusqu’au mariage. Car c’est bien là l’unique chose qui a protégé Sansa depuis qu’elle a mis pied à bord de l’Unique au début de la saison dernière.

Un peu avant la diffusion de cette cinquième saison, Sophie Turner avait défendu son personnage en interview en demandant aux spectateurs de ne pas détester Sansa pour sa féminité. Il est un fait que depuis le départ, Sansa est l’incarnation parfaite de la femme modèle dans cette société. Sa mère l’a élevée pour qu’elle soit ainsi. Sa position dans la société fait d’elle une monnaie de valeur.
Elle est jeune, sans famille, sans soutien, sans pouvoir. Qu’on ne lui reproche surtout pas sa passivité alors qu’elle se retrouve précisément cette semaine dans une position où elle n’a aucun choix. Être femme dans un univers pareil peut s’apparenter à un calvaire. Le livre fait très souvent mention des viols et autres violences faites aux femmes, que ce soit dans le contexte de la guerre, ou le contexte conjugal. Cersei n’est pas avare de réflexions sur la brutalité de Robert, par exemple. Quant à Daenerys, elle aussi subi des viols conjugaux pendant de longs mois, impuissante et désarmée à l’image de Sansa aujourd’hui, parce que sa famille, son époux, le monde, sa culture, exigent qu’elle souffre encore et encore. Parce qu’elle, comme Sansa, n’est rien d’autre qu’un bien dont on dispose.

Et c’est sans doute la combinaison de tout cela qui fait que cette scène reste insupportable, quand bien même elle suit une logique d’une triste banalité. Voici ce qu’il en coûte donc de naître femme en Westeros.

On a trop souvent tendance à oublier la menace constante qui pesait sur les femmes en ces époques plus reculées, au sein de société largement misogynes les renvoyant à un statut d’infériorité.
Et si malheureusement cela laisse encore des traces, on ne se représente plus ce que pouvait être la condition féminine dans ce type de société (il va de soi qu’il existe encore des endroits et/ou des circonstances où la femme n’est qu’un bien meuble). Entre le statut d’éternelle mineure, la culpabilité qui leur incombait en cas de viol, ou toutes ces situations où elles devaient subir, telle la nuit de noces d’un mariage arrangé, c’est un univers de danger constant, de peur ou les brimades, les violences, les agressions sont à ce point banales qu’elles en deviennent normales.

Sansa est ici sans ambiguïté forcée à accepter ce mariage pour sauver sa peau (le « choix » que lui laisse Littlefinger est un leurre), puis découvre que son futur est un homme malsain et dérangé. Le seul qui pourrait l’aider est Theon, lui-même terrifié par Ramsay et tout aussi incapable que Sansa de réagir sans susciter une réaction plus violente encore.
Prisonnière de cette chambre, Sansa est également prisonnière dans sa propre maison, et désormais prisonnière d’un mariage et du consensus culturel autour de la nuit de noces.
C’est à tout point de vue une scène atroce dont la protagoniste principale est pieds et poings liés à la merci de son bourreau.
Toute la question étant maintenant de savoir comment Sansa va réagir à ce traumatisme.


Ok, on va arrêter le tir avec l’ironie

La semaine prochaine…

The rightful king is back, bitches. Vivement qu’il atteigne Port Réal, je veux une scène entre lui et Olenna.
Mais en attendant ce jour glorieux, il va nous falloir patienter un peu. Et espérer un épisode moins inégal.

Qu’on ne se méprenne pas, il n’était ni lent ni farci de scène inutiles, bien au contraire, mais juste à mes yeux très terne en matière de mise en scène et d’écriture, sauf concernant Arya et Sansa, qui ont bénéficié des meilleures ambiances, comme toujours depuis ce début de saison. C’était un peu l’équivalent de l’épisode 9 de la saison dernière, où tous les efforts semblaient concentrés sur le duel entre Oberyn et la Montagne.

Mine de rien, ça y est, on entre dans le dernier tiers d’une saison qui comme les livres dont elle est inspirée,se borne pour l’heure à faire beaucoup de mise en place. Petit à petit, les points se mettent en place, les joueurs les plus faibles sont éliminés, et si quelqu’un pouvait S’IL VOUS PLAIT (prenez votre souffle) : arrêter de faire du mal à Sansa Stark montrer des loup garous faire un truc bien juste un truc avec Dorne faire sortir Dany de Meereen nous montrer à quoi ressemble la boutique d’un pénicier.

Oh, si d’aventure certains ici suivent « Outlander », méfiance, chercher à vous consoler de la fin de cet épisode de « Game of Thrones » avec l’épisode 15 C’EST PAS L’IDEE DU SIECLE.

PS :ce weekend, je me suis battue avec une tomate et c’est la tomate qui a gagné. Depuis deux jours, c’est donc un peu « Vis ma vie de Jaime Lannister ». Du coup ce billet est un peu plus court que de coutume, rapport à mon manque de skill avec des doigts en moins.

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Homme de pierre qui roule n’amasse pas mousse

Après 4 semaines inégales dont 2 franchement soporifiques, « Game of Thrones » nous montre enfin avec ce 5e épisode de sa dernière saison de quoi elle est capable. En reprenant la recette éprouvée l’an passé, comprendre des choix plus drastiques dans la narration. « Kill the Boy » se concentre sur le Nord et sur Meereen, ce qui permet de développer des arcs, des personnages, et de donner plus de rythme, paradoxalement en restant plus longtemps sur certaines scènes.

Résultat : « Queuah ? C’est déjà fini ? », au bout de quasi une heure d’aller retours entre Châteaunoir, Winterfell et la Baie des Esclaves/Serfs/Danyland.

Histoire de ne pas se contenter de servir l’épisode le mieux rythmé sur les 5, « Kill the Boy » est aussi celui qui aura le mieux installé ses ambiances, faisant le choix d’incursions franches dans la fantasy, dont les codes sont tour à tour respectés et détournés.

Aller c’est parti pour un épisode à trois dragons, un kilt, des lépreux, un volant de Twingo.


Et Dorneville…

Meureen.

Parce que les suppôts de Philippe lui ont fait plein de trous, Grey Worm git dans sa couche en attendant que le Mercurochrome fasse effet. Et pendant qu’il comate, Mimi le veille sur ses heures de pause.

Mimi, ma chérie, c’est LE MOMENT OU JAMAIS. Il te suffit juste de soulever le drap pour connaitre cette vérité ce pénis après laquelle lequel tu cours depuis une bonne saison maintenant.

Au même moment, dans la salle du trône, Daenerys contemple les dégâts. « Daffuq », hurlent ses sourcils « c’était pas dans les bouquins ça… ».

«-Je vous le confirme, vôtre mâjesté », fayote Hizdahr zo Loraq.
«-Et on fait quoi maintenant ? On interdit le port de masques glaçants ?
Vas-y, Khaleesi, faut leur apprendre le respect à ces bâtards. Faites pas votre pucelle, on va leur déchirer leur race à tous ces fdp, sur la vie de ma mèrelapute.
Faire sombrer Meureen macitémoncoeur dans un déchainement de violence aveugle ? EN VOILA UNE IDEE QUELLE EST BONNE WAARIO.
Cimer Khaleesi, chuis trop touché, tavu.
-C’était de l’ironie. J’ai une meilleure idée… Je vais faire arrêter tous ces fdp de nobles meereenois et…
On dit meereeniens, Khalees…
COMMENT OSES-TU JOUER LES GRAMMAR NAZI DEVANT MOI §§§§§ METTEZ-LE DONC AUX FERS AVEC LES AUTRES !!!! »

Fait intéressant, cet épisode, comme je l’ai dit en intro, mais suivez un peu aussi, détourne un motif classique de la fantasy, ajoutez-y les contes et légendes, de toute façon c’est le même lot, je vous fais un prix pour l’ensemble.
On met en effet en scène un groupe de personnes arrêté par un souverain cruel qui va les livrer à ses dragons/monstres, incarnations de son pouvoir et de sa malfaisance. Le moins que l’on puisse dire c’est que dans ce passage, la Daenerys qui jette avec froideur le malheureux Jean-Sébastien en pâture à Rhaegal n’a jamais tant ressemblé à son défunt pôpa, Aerys le Fol, le type qui goûtait fort faire frire ses propres vassaux dans leurs armures en y balançant du feu grégeois. Des barres.


Ainsi, ser Barristan est à peine refroidi que déjà Dany commence à prendre le chemin du Côté Obscur dont il cherchait à la préserver la semaine dernière encore.
Mais revenons à la scène en elle-même et à ce motif archi classique des innocents (je sais, il faut sans doute le dire très vite. Ces types ne sont pas là par hasard) livrés à des dragons. Très bien construite, elle fait apparaitre Rhaegal et Viseryion par le truchement des bruits de chaine, créant le même climat de tension que dans le premier épisode de la saison, quand Dany était venue leur rendre visite.

On peut d’ailleurs s’interroger sur le contrôle qu’elle semble à nouveau exercer sur ses enfants, tout feu tout flammes il y a quelques semaines, mais je préfère jeter un voile pudique sur cette légère incohérence. Les dragons sont certes des créatures de chair et de sang, mais la série les a beaucoup utilisés dernièrement comme des symboles, des représentations des tourments de Dany. Je ne pense pas qu’il faille voir autre chose dans ce contrôle retrouvé qu’une expression de sa fureur intérieure, qui ne transparait à aucun moment sur son visage de glace.

Ce qui est plus intéressant, c’est le fait que pour une fois dans ce motif des innocents livrés à des monstres, c’est que le souverain responsable de cette condamnation soit une femme. Et ce fait est très important pour l’impression dégagée par l’ensemble de ces scènes. Mais j’y reviendrai plus tard.

Parce que notre Dany nationale a touché le fond de la piscine dans son petit pull marine (une référence pour nous, les vieux…), au point qu’elle en est à demander conseil à Missandei, qui lui explique qu’elle n’est qu’une pauvre petite translatrice, qu’elle serait donc bien en peine de l’aider, que cette phrase et déjà trop longue mais que si vous voulez mon avis, Khaleesi, quoi que je dise, vous allez faire comme d’habitude, vous en tamponner l’oreille avec une babouche et n’en faire qu’à votre tête.

«-Même pas vrai d’abord, j’écoute !
Alors pourquoi vous faites toujours le contraire de ce que l’on vous dit de faire ?
Parce que c’est moi la reine ! Et puis c’est des menteries, j’ai fait des efforts depuis la saison 4 ! Tu te souviens quand j’ai suivi les conseils de lord Friendzone ? »

C’est qu’on la sent choquée Daenerys de se prendre en pleine poire cette verte critique, quand bien même elle est fondée. D’ailleurs on sent que Missandei a entendu parler du méchoui dans les cryptes aussi se reprend-elle aussitôt

«-Mais vous êtes aussi connue pour être la fille qui sait surprendre son monde en choisissant des options totalement inattendues ! Vous vous souvenez d’Astapor et de la façon dont vous avez entubé Kraznyz ?
Ahah, oui, on avait bien rigolé ! Drogon avait tout fait cramer et…
On va se calmer un peu avec le feu du dragon. Je veux dire, quand vous décidez de prendre des options auxquelles personne d’autre ne penserait parce que dans le fond, vous êtes un peu comme Starbuck dans « Battlestar Galactica », votre bêtise n’a d’égale que votre imprévisibilité et des fois, sur un malentendu, ça vous sauve les miches !
Comme tu as raison, Mimi, faisons donc cela.
Faisons donc quoi ?
Tu vas voir, mouhahahahaha !!! »

Et donc…

«-Ainsi donc par la présente, Hiz… Hizhd… Corentin, je vous épouse.
Fichtre c’est tellement imprévisible, je dois donner ma réponse tout de suite ?
Je ne vous demandais pas votre avis.
D’accord, mais j’ai deux questions.
Je vous écoute.
D’abord, est-ce que je peux choisir le traiteur pour le mariage ?
Accordé.
Ensuite, pourquoi moi ? Je veux dire, hein, je suis heureux et tout. Entre vous qui faites cramer des mecs pour le fun et finir dans un de vos dragons, le choix est vite fait, mais bon tout de même, je m’interroge.
Vous êtes le seul PNJ meereenois que connaissent les spectateurs, Corentin. Et maintenant, je m’en vais enterrer ma vie de jeune fille avec ma seule copine. »

[Le point chiffon.

Comme ça a l’air de vous plaire et que j’aime bien les froufrous, je vous gratifie ici d’un petit point chiffon sur notre chère Dany, qui est de loin la plus décevante de ces dames question fringues.

Mis à part les fois où ce sont les autres qui font du shopping à sa place (Viserys ou Xaros Xhoan Daxos, aka XXD), la pauvre n’a jamais su s’habiller correctement.
Est-ce que je dois vraiment rappeler à votre mémoire le tablier de grossesse de la saison 1 ?


OUI

Je passe sur sa tenue de « notaqueenakhaleesi » parce qu’elle est avant tout pratique, et je ne vais pas lui demander de faire des efforts alors qu’elle sillonne les pires routes d’Essos à la recherche de pognon pour reprendre son trône.

Mais quand même. Définissez-moi le look dans Dany en deux mots jusqu’à cette saison. Allez-y.

Voilà : « bleu » et « écailles de dragon ».

Les écailles, je ne vais pas en faire un plat, on comprend illico la raison profonde leur présence, Daenerys étant le dernier dragon.

Le bleu, maintenant. Là, j’avoue être un peu de parti pris, mais à mes yeux, le bleu est une couleur très ennuyeuse. J’apprécie de la voir de temps à autre, et il m’arrive d’en porter aussi, surtout du marine d’ailleurs, qui est un noir déguisé, mais les totals look bleu, ou la trop grande récurrence de cette teinte dans une garde-robe me fatigue =>boring.
Le bleu c’est donc pour moi chiant, impersonnel, le genre de truc facile qu’on choisit pour choquer le moins possible parce que le bleu dans le fond, tout le monde s’en fout. Couleur du consensus mou par excellence. Même le gris est plus punk.

Alors sur Dany, au secours… Ok, le choix est clair pour la costumière, c’est frais et ça va plutôt bien au teint d’Emilia Clarke, ça s’accorde joliment avec sans doute la couleur de cheveux la moins facile au monde après celle de Vivienne Westwood.
Mais sinon… Argh…

Depuis Qarth, Dany ne porte presque plus que cette couleur, et ce que je voudrais évoquer ici, c’est la manière dont elle est utilisée.
Daenerys n’a porté que du bleu depuis quasi 3 saisons maintenant. D’un point de vue strictement pratique, ce bleu souvent vif sert à la repérer immédiatement dans la foule.
Personne à part elle ne porte cette couleur.
Pour info, le bleu a longtemps été considéré comme une couleur de mayrde, de l’Antiquité au XIIIe siècle, entre autres raisons parce qu’il était très difficile d’obtenir des nuances vives avec les colorants à disposition. Ce n’est qu’au XIIIe donc que l’on est parvenu à trouver de quoi obtenir de beaux bleus, et que cette teinte a donc été promue.
En Essos, contrairement à Westeros où le bleu est fréquent (jusqu’à son mariage, c’était par exemple la couleur de Margaery, qui est récemment passée à l’or), on semble ne pas être tiptop au point sur la nuance. Dany est donc la seule figure en bleu, couleur westrienne, dans un océan d’ocre et de brun.

Mais depuis son arrivée à Meereen, Daenerys semble avoir découvert l’existence d’une nouvelle couleur, le blanc.

Une fois encore, les blancs purs sont très difficiles à obtenir. Presque autant que les bleus. Avoir un vêtement très blanc, c’est donc en avoir les moyens mais aussi, dans le cas présent, se distinguer de la masse.
Le blanc chez Daenerys a toutefois une autre fonction que l’expression de sa richesse : c’est sa couleur régalienne.

A mesure que ses conseillers se tirent, le blanc gagne du terrain sur son vêtement, comme s’il grignotait tout ce bleu chiant. Par contre la costumière n’arrive toujours pas à faire à Dany autre chose que des fringues fatigantes à regarder tellement elles sont ternes.


Ceci fut de très loin son personal best en 5 saisons

Ainsi, le bleu est pour Daenerys la couleur de la conquête et le blanc, celle de son autorité de reine. Vous avez des doutes ? Quand a-t-elle porté sa première robe blanche…


Les plus attentifs se souviendront qu’il y en a eu une autre un peu avant, à Qarth. Je ne la compte pas car elle n’apparait que dans l’intimité de sa chambre que cette robe semble être surtout une tenue d’intérieur

Précisément la première fois où elle a siégé en tant que reine pour apeurer les dirigeants de Yunkai.

Aujourd’hui, l’habit de Daenerys n’est plus que blanc. Je pourrais même ajouter que c’est toujours les 2 même frakking robes chiantes dont une existe en deux versions, longue et courte. Et qu’elle est SUPER MOCHE.

Donc sauf si on veut me faire mentir et que Dany se met soudain à porter du noir et du rouge (couleurs des Targaryens), la prochaine fois qu’elle mettra du bleu, ça risque de chauffer pour les Westriens.
REMETS. DU. BLEU. Cette histoire à Meereen a largement assez trainé.

C’était le point chiffon]

Cette semaine, l’arc de Daenerys était décidément de la pure fantasy dans le texte. Avec une inversion des rôles puisque comme on l’a vu dans la scène des cryptes, c’est une méchante reine qui faisait dévorer ses victimes par des monstres. Alors autant continuer dans cette thématique en faisant de Hiz… Corentin une figure de « demoiselle » en détresse, seulement sauvé de la mort par un mariage forcé avec son bourreau. On est à ça de faire appel à un héros spécialisé dans le sauvetage de princesses pour le tirer de ce mauvais pas.

L’idée de cette suite de scènes à Meeeeuuureen était d’asseoir le pouvoir de Daenerys et de montrer son style de gouvernement. Bien qu’elle ait perdu tous ses conseillers, notre bonne reine demeure souveraine de la cité quand bien même son autoritay est mise en péril par Philippe le Gondolier. L’épisode du jour devait enfoncer un maximum le clou sur cette notion.
Pour se faire, on convoque un motif ancestral qui va immédiatement et inconsciemment parler au public, reconnaissant le style de gouvernement d’un monarque dévoyé, livrant ses sujets en pâture à des créatures qui ne sont que des expressions littérales de sa propre cruauté, et disposant in fine de leur libre arbitre.
Car nous avons bien assisté à un mariage forcé cette semaine, Corentin n’ayant eu en la matière pas plus de choix que Sansa.

Il est intéressant de noter que les livres n’amenaient pas du tout le mariage de la même manière, puisque c’était alors Hizdahr zo Loraq (et une dame dont je ne vais pas parler ici) qui insistaient auprès de la reine pour qu’elle convole avec la noblesse meereenoise (« meereenienne ! »), scellant ainsi une alliance politique pérenne.
Ce qui est donc original et à contre-courant du motif habituel, c’est que le bourreau, celui qui force l’infortuné à un mariage subi est donc une femme. Cela n’a l’air de rien, mais en réalité, cette simple inversion met l’accent sur le caractère de pivot de cet épisode. Un épisode où nous allons pour la première fois voir s’inverser les rôles et les points de vue. Où Daenerys, héroïne animée des meilleures attentions, se mue en monstre oppresseur. Où Hizdahr zo Loraq et tout Meereen derrière lui se voient contraint de subir son joug et sa tyrannie.
En renversant les rôles, en inversant les symboles, D&D réalisent un sacré tour de force.

Avec son dernier conseiller disparu, Daenerys ne peut plus continuer de tergiverser. La situation est critique et il convient donc dans cet épisode de la voir prendre des décisions radicales. Amusant de voir comment la convocation du motif du « mariage forcé de la pauvre princesse avec Barbe Bleue » teinte d’une aura de lose ce qui de loin ressemble à une super manœuvre politique. Ce mariage avec Hizdahr zo Loraq est en effet une concession habile, tout comme l’est la réouverture des arènes. Ceci vient certes un peu trop tard, mais bon…
Pourtant, le comportement de Dany d’un bout à l’autre de l’épisode nous la fait apparaitre dans la peau de la méchante, de l’ennemi à abattre.

Et c’est là que j’applaudis des deux mains la finesse d’écriture de D&D, qui ont su prendre le taureau par les cornes dans cet arc meereenois.
Daenerys incarne bel et bien un pouvoir étranger et réformateur qui impose ses visées et sa morale sur un peuple qui n’en demandait pas tant. Si ses intentions étaient les meilleures, leur mise en œuvre tourne rapidement à la catastrophe et ce qui semblait être une bénédiction devient peu à peu une malédiction pour toute la Baie des Esclaves.
D&D ont développé plus loin que GRR Martin l’analogie qui court dans l’arc de Daenerys depuis son arrivée dans les cites esclavagistes. Ils ont traité, frontalement et avec beaucoup de pertinence, le fameux complexe colonial qui avait tant fait hurler à la fin de la saison 3.

De messie, Daenerys est devenue tyran, par sa seule faute, contrainte à la plus grande fermeté par l’instabilité que sa politique a généré. Enlisée, elle ne peut plus exercer son pouvoir que par la manière forte, même si pour préserver son trône, elle doit céder sur certains points.
La libératrice est désormais cette femme qui traine un homme au-devant d’une bête monstrueuse pour que celle-ci le dévore. Elle est cette femme qui contraint un homme libre à l’épouser sans lui demander son avis. Elle est la reine noire des légendes, celle qui le héros devra abattre pour mettre fin à son règne de ténèbres.
Et seul face à elle se dresse Philippe, le Fils de la Harpie, justicier masqué.

D&D ont en quelques épisodes opéré un renversement total pour un personnage largement perçu comme positif de notre point de vue. Que l’on apprécie Dany ou pas, ses actions sont conformes sur le papier à notre morale. Mais désormais, nous la regardons au travers des yeux de ces autres, ces étrangers aux coutumes barbares, subissant par sa faute de violentes mutations dans leurs modes de vie, des mutations qu’ils n’avaient pas demandé, et qui heureuses ou malheureuses, les forcent à appréhender leur existence sous un jour radicalement nouveau.

La série embrasse un point de vue, celui d’Hizdahr zo Loraq. Et en quelques scènes, notre référent à Meereen, Dany, est devenue l’étrangère. Un étrangère qui comme Jon devait cette semaine « kill the boy », enfin « the girl », mais qui l’a fait avec beaucoup de maladresse.

Another brick in the Wall.

Depuis qu’il a fait élire Jon Snow lord commandant, mester Aemon est malade. Hasard ? Coïncidence ? Je ne pense pas.
En tout cas son intervention de la semaine n’a pas servi à grand-chose, mis à part justifier le titre de l’épisode et nous rappeler qu’il est un Targaryen, lui aussi.


Après avoir bien causé avec lui, Jonny Boy peut donc muer en Jon Snowballz et s’en aller échafauder un plan ambitieux avec Tormund.


Notez combien Jon et Daenerys rencontrent le même type d’opposition. A la grande différence que Dany gouverne avec sa morale et Jon avec sa raison. Ce qui finit par leur poser le même genre de souci, puisque le bon peuple a quelques menues difficultés à composer avec ce que son dirigeant cherche à lui imposer pour le bien commun.
Jon Snow fait ici face au même type de problème que ATTENTION DE LA GROSSE REFERENCE HISTORIQUE MEME QUE JE SUIS PAS SURE QUE JON LA MERITE Alexandre le Grand quand il a cherché à gouverner son empire en s’appuyant sur les élites locales.
Pour Jon comme pour Alexandre, il n’était question que de reconnaitre la supériorité numérique des vaincus, et leur expérience dans le gouvernement/la survie sur ces terres. Isolés et promis à la menace d’une invasion/soulèvement, Jon et Alexandre ne peuvent faire autrement que de tendre la main aux locaux/Sauvageons pour renforcer leurs pouvoirs militaires et politiques.
Seulement, ceux avec qui Jon et Alexandre ont gagné la guerre, leurs frères/compagnons, ne peuvent se résoudre à traiter sur un pied d’égalité avec les ennemis de jadis, responsables de la mort de leurs hommes, de leurs amis, parfois de leurs parents. Ajoutez à cela le mépris des Sept Couronnes pour ceux qu’ils qualifient de « sauvageons » et vous obtenez le même complexe de supériorité que les Macédoniens/Grecs vis-à-vis des peuples orientaux.
Le sentiment/ressentiment l’emporte sur la raison et génère une vive tension dont on a du mal à imaginer l’apaisement.
Moi je dis, ce qu’il nous faut, c’est une bonne guerre.





Espèce de Grammar Nazi

C’est vrai. Dès l’instant où « The Walking Dead » déboulera dans « Game of Thrones », les frères jurés de la Garde de Nuit finiront par oublier leurs tracas avec les Sauvageons pour apprécier le soutien que peuvent apporter quelques milliers de Néandertaliens dans un combat contre les Autres.

En attendant, je ne suis pas certaine que Tormund ait eu la meilleure idée de tous les temps en proposant à Jon de venir avec lui évacuer les clans côtiers. Bien sûr, du fin fond de sa geôle il ne peut pas savoir que le lord commandant a été élu à 51% ni que sa proposition lui vaudra l’hostilité d’une grande partie de ses hommes.
Mais avec Stannis quittant Châteaunoir pour s’en aller chatouiller les Bolton, je vois mal comment notre frisé préféré va faire à son retour, avec toujours MOAR Sauvageons dans les cales de ses navires, pour se faire à nouveau obéir de ses hommes abandonnés à leur ressentiment pendant de longues semaines.

Jon et Dany, ou l’impossibilité de gouverner.

Enfin je dis ça, dans les faits, c’est au contraire très habile pour la série. Dans les livres, il existe plus de personnalités notables chez les Sauvageons avec lesquels Jon va interagir, permettant de gagner le respect et la confiance de certains représentants du Peuple Libre, se portant garants pour lui.
Ici, rien de tel, il faut donc à Tormund et au reste des clans de réelles garanties. La présence de Jon dans l’expédition en fait une excellente.

Pour la première fois depuis la saison 1, si je n’abuse, mention est faite de la Citadelle de Villevieilleville (je ne sais jamais qui de « ville » ou de « vieille » vient en premier), où sont formés les mestres loin dans le sud du continent. Soit un point de vue de Vère un coin aussi incongru et exotique que la Station Spatiale Internationale.
Cette mention pourrait bien préparer un détour dans le secteur, d’autant que notre bon roi Stannis a mis son gros doigt boudiné là où ça fait « eureka » les livres.
Ah pour sûr, nos amis stannisiens hantant ce blog ne sont pas des supporters invétérés du Grumpy King pour rien. Stannis se fait des amis en leur coupant les phalanges, il s’est sectionné lui-même les zygomatiques de crainte d’avoir un jour l’air joyeux, c’est un foutu grammar nazi aussi à l’aise parmi ses sujets qu’Alain Juppé au Salon de l’Agriculture, MAIS c’est un bon chef de guerre, il est d’une grande rigueur morale et d’une indéfectible loyauté, son sens politique est très sûr et cerise sur le gâteau, il comprend le poids des traditions et valorise le savoir et la culture.


Son « keep reading » à Sam était éloquent. Stan est concerné par le problème des White Walkers. Sans doute parce que Mélisandre a dû lui rebattre les oreilles sur le Grand Ennemi entre deux apparitions inexpliquées de boobs, mais il n’en demeure pas moins qu’il est le premier depuis le début de cette série à ne pas railler Sam pour avoir tout le temps le nez dans les livres.
Ok, Jon non plus ne l’a jamais raillé. Sauf la fois où Sam lui a dit qu’il voulait devenir magicien mais que son GPS a déconné pile sur l’embranchement qui menait au choix à Poudlard ou vers le Mur.

Winterhell.

« Ici Winterfell, les Nordiens parlent aux Nordiens. Veuillez d’abord écouter quelques messages personnels : les sanglots longs des violons de l’Hiver. Je répète : les sanglots longs des violons de l’Hiver… »

Thelma&Mouise ont enfin atteint le cœur de la Résistance dans le Nord : Winterfellbourg, où les FNI, Forces Nordiennes de l’Intérieur, ont établi leur quartier général. Comme visiblement, tous les jeunes sont morts à la guerre, il n’y a plus que des vieux mystérieux pour assurer la diffusion des messages par radio ou planqués dans des guidons de bicyclette. Ici, les papis font de la Résistance.

«-Bien, monsieur…
Mon nom de code est colonel Sparadrap.
Colonel Sparadrap, je dois faire passer un message à Sansa Stark urgemment.
Ce sera fait. »

Et ainsi nous retrouvons l’agent dormant Jeannine Flantier, plus connue dans le réseau sous le nom de Mamie Zinzin, s’introduisant dans les appartements de Lady Sansa pour lui délivrer cet étrange message :

«-TheNorthremembers.
Bonjour aussi Mme Flantier, mais je…
N’ayez crainte, si d’aventure vous vous trouviez en danger de mort, allumez le Bat Signal tout en haut de la tour depuis laquelle votre petit frère s’est crouté.
De quoi ???
Le Chevalier Noir et Robin viendront pour vous sauver !!!
Juste une question, comme ça, pour voir. Admettons que je sois en danger de mort un jour, dans un château rempli de Bolton où je peux pas faire un pas sans tomber sur un tueur en série, COMMENT JE FAIS POUR MARCHER JUSQU’A LA TOUR, MONTER TOUT EN HAUT, ALLUMER LE BAT SIGNAL ET REPARTIR NI VUE NI CONNUE ?

Alors ?
Euh… Hodor ? »


MEILLEUR. PLAN. DE. TOUS. LES. TEMPS.

[Le point chiffon.

Ou « comment j’ai perdu mon lectorat masculin ».




La semaine dernière, Elwing aux yeux perçants nous faisait remarquer que Sansa avait troqué ses vêtements de voyage pour une nouvelle tenue. Il s’agissait d’une robe dont le haut en laine bouillie était taillé en V, histoire de bien mettre en valeur le volant de Twingo.

Mais cette semaine, il apparait qu’en fait d’une robe Bolton. C’est peut-être le fait que le cordon de son manteau était croisé sur sa poitrine, comme les gorgerins des Bolton qui nous a induites en erreur. En fait, tout le monde ou presque a le gorgerin croisé dans le Nord, mais ça rappelle tellement l’emblème des Bolton que ça leur va très bien comme signe distinctif.

Il s’agissait en fait ni plus ni moins que de sa robe de mockingbird, celle qu’elle s’est fabriquée aux Eyriés. Pas facile de la reconnaitre quand son manteau nous en cachait le trait distinctif, les épaulettes en plumes. Mais cette semaine impossible de se méprendre à ce sujet, puisque Sansa arbore ce vêtement dans sa chambre, dévoilant la tenue complète, puis dans la scène avec Miranda où elle explique à celle-ci avoir cousu sa robe elle-même.

Mais tout n’est pas perdu avec le caméléon Sansa. Car au repas avec sa future belle-famille, c’est bel et bien une robe Stark qu’elle porte, une robe qu’on ne lui a plus vu depuis la saison 1 et son glissement progressif vers les vêtements Lannisters.

Lady Stark is back in her place :

Le vêtement nordien se caractérise par une robe en laine sur une chemise longue à jabot, parfois assortie d’un manteau. Sansa en portait en saison 1 avant de passer aux robes plus légères sur la route de Port Réal.

La tenue complète ici sur Cat. On note que ce vêtement est bien approprié à la rudesse du climat du Nord, couvrant le cou et superposant les couches comme des pelures d’oignons.

Très différent donc des robes plus légères de Port Réal ou, pire, de ces trainées de Hautjardin qui n’ont même pas de manches…

Ajoutez également un ornement assez élégant, un col en forme de boudin (dit comme ça, on repassera pour l’élégance…) amovible sur certaines tenues. Col arboré par Sansa dans l’épisode du jour.
Regardez la photo de Catelyn Stark au-dessus. Depuis la saison 3, lorsque Sansa n’affiche pas son allégeance pour un clan de la cour, elle tend à se vêtir de plus en plus comme sa mère :


Sans la chemise longue, parce que qu’il fait un peu trop chaud pour ça à Port Réal

Et dans cet épisode, avec ses cheveux teints en noir, elle est son portrait craché.

Pour le plaisir, cette image qui montre très bien la gémellité des tenues de Sansa et Littlefinger :

Caméléon je vous dis…

C’était le point chiffon]

Mais assez causé vêtements, parlons plutôt de notre couple préféré, Michel Fourniret et Monique Olivier. Aujourd’hui, Monique est de mauvaise humeur. Elle a envie de tuer Sansa. Moi j’ai envie de lui donner à manger.
Là, ça devient assez difficile à comprendre : est-ce que Michel lui a demandé de montrer Schlingue à lady Stark ? Ou est-ce sa seule volonté de saborder ce mariage en montrant à la future épouse le vrai visage de son fiancé ?




Décrypter les méandres tortueux des esprits Bolton est un exercice complexe. Le plus probable reste que Ramsay n’avait pas vraiment prévu que Miranda lui ferait ce coup-là. C’est sans doute la raison pour laquelle il finit par exhiber Theon dans la salle à manger, histoire de retourner le lavage de cerveau du FilsduPoulpe à son avantage : « oui, je l’ai castré, torturé, chassé, mutilé, terrorisé, mais c’était juste pour venger vos frères, the North Remembers, toussa. »
On note que Roose Bolton est à deux doigts d’encastrer la tête de son fils dans la table si ce dernier va trop loin, mais Michel Fourniret est avant toute chose un génie du mal qui sait toujours précisément ce qu’il fait.
J’ignore d’ailleurs si Ramsay sait qui a conduit Sansa vers son premier époux à Port Réal.

Ouaip, souvenez-vous, c’était Bitch King en personne. Celui qui avait fait tuer son père.
Et là, ironie du sort ou pas, Ramsay lui impose Theon, l’homme qui a tué ses frères et trahi Robb.
Ça ne s’arrêtera donc jamais…

Et pendant que lady Stark savoure modérément les hasards de la vie, Ramsay roule ses yeux de psychopathes sous amphétamines. Il faut que Roose lâche une *UTAIN DE BOMBE pour qu’il cesse son role play Joffrey Baratheon.

Pour faire passer la pilule de la grossesse de Fat Walda, Roose affirme son amour paternel Stannis Style en

ENVOYANT SON FILS A LA GUERRE. OMG, ça me rappelle quelqu’un !




Ok, Stannis aussi a fait exactement la même chose cette semaine avec Shoren, pour la protéger des violeurs de la Garde de Nuit.

Roose se contente juste d’emmener son fils à lui à la guerre pour protéger sa femme et leur enfant à naître (miroir inversé…). Pas fou, Vladimir Bolton. En plus, avec un peu de chance, s’il parvient à l’enflammer assez à grand coup de « monfilsàmoi, Bolton4ever », Ramsay ira se faire tuer tout seul comme un grand en première ligne.

Cependant… Ramsay, passé maître dans l’art du mindfuck, pourrait bien voir clair dans son jeu et profiter de la bataille, ou tout simplement d’un moment seul avec son père dans la campagne, pour nettoyer son arme et faire partir le coup tout seul.
Imaginez le scénario parfait : Roose meurt « accidentellement », ou tué par « l’ennemi » d’un coup de poignard dans le dos. Ramsay rentre à Winterfell, fait tomber sa belle-mère dans les escaliers, épouse Sansa, et hop THEKINGINTHENORTH.

JE DIS CA JE DIS RIEN.


La pendeloque sous le volant de Twingo, c’est sans doute de la déco mais est-ce que ça fait aussi surin ?

Je me demande tout de même si on ne va pas nous reparler rapidement de Rickon dans la série. Certes, le rappel de sa « mort » servait à justifier l’hostilité de Sansa à l’égard de Theon (il faudrait caser quelque part, genre ici, combien Sophie Turner a excellé dans la scène où elle reconnait le pupille de Ned, passant de la surprise de découvrir un visage connu à la haine pure en se souvenant de ses méfaits. Pas évident de condenser tout cela en quelques instants, mais elle y est parvenue), mais je me demande si cela n’a pas un rapport avec le déplacement de Selyse et Shoren avec l’ost royal.
Rickon est un des grands absents du dernier tome et il serait logique que l’on finisse par remettre la main sur lui un jour ou l’autre.

Love Boat.

Starring :

Jorah l’Ours du Nord.

Tyrion le Lion du Roc.

René, Edouard et Jean-Pierre, les lépreux.

Séquence conclusive d’un épisode du jour de haut niveau, ce final n’en était pas moins pétaradant, convoquant une imagerie puissante, un raccord avec les livres tristement prévisible (tristement juste parce que c’est triste. Sinon c’était très bien vu), et une téléportation.

Tout commence lorsque Jorah, Tyrion, le Love Boat (très joli petit bateau d’ailleurs) toujours embarqués dans leur défi fou de battre le record du monde du tour d’Essos à la voile en équipage, abordent les rivages de l’Antique Valyria.

Valyria.

VALYRIA BON SANG.

Personne, je dis bien personne n’y a jamais fichu les pieds. Quand je dis ça, je parle du lecteur qui a gré des bouquins n’a eu de cesse d’en entendre parler sans que jamais les pages ne l’y porte.

Valyria, civilisation grandiose, forgée par la magie du sang et du feu, éleveuse de dragons, conquérante d’Essos tout entier ou presque, fut ravagée 400 ans plus tôt par un mystérieux cataclysme, le Fléau de Valyria.
Il semblerait que les Valyriens aient en effet eu l’excellente idée, un peu comme les Napolitains, de poser les fesses de leur glorieuse cité sur les genoux d’un volcan géant qui entra sans crier gare en éruption, anéantissant la cité, et tous ses habitants. Depuis, la péninsule brisée de Valyria est une terre de légende, rougeoyante de feu, peuplée de ruines et soit disant aussi de monstres.
Une seule famille survécut à la catastrophe, les Targaryens, isolés sur leur île de Peyredragon, au large de Westeros.

Pour ceux qui causaient légitimité la semaine dernière, je suis tombée sur un truc en cherchant une info sur les Baratheon et leur emblème : ils descendent eux aussi de l’ancienne Valyria puisque le premier Baratheon du nom n’était autre que le frère bâtard d’Aegon le Conquérant en personne, soit un Targaryen lui-même.
Comme le dit toujours Cersei, l’important, c’est que ça reste en famille.
Et cela rejoint parfaitement un commentaire de Fewer sur l’étymologie des mots « stag » (cerf) et « dragon », le premier ayant été chez les peuples germaniques, longtemps assimilable au second. CQFD.

Cette scène de l’approche de Valyria était tout bonnement géniale. Superbe ambiance, avec cette traversée du décor qui n’était pas sans rappeler le passage de l’Argonath. Limite si Jorah et Tyrion n’ont pas été affublés d’une petite barque juste pour mieux faire ce parallèle.
En tout cas, cela fonctionne, ces ruines émergeant d’une forêt vaguement tropicale et totalement brumeuse.
Ruines rappelant parfois des temples précolombiens, parfois cambodgiens, ou des ruines romaines… Ce mélange hétérogène permet de composer une certaine harmonie dans l’étrangeté, définissant Valyria comme la mère de toutes les civilisations. GRR Martin a pour partie été influencé par le mythe de l’Atlantide lorsqu’il composa l’histoire de Valyria, c’est donc en toute logique que la série y rend hommage en liant plusieurs références culturelles les unes aux autres.
J’ai aussi beaucoup apprécié que l’évocation de l’antique Valyria se fasse au travers d’une récitation plutôt que d’un dialogue d’exposition. Cela renforçait l’ambiance générale qui était à la contemplation et au récit d’un passé quasi légendaire.
Et comme si cela ne suffisait pas, de cet ensemble mythologique, surgit Drogon en personne, vision sidérante y compris pour le spectateur pourtant familier de la bête, empruntant alors le point de vue émerveillé de Tyrion. Je crois que les dragons n’avaient pas eu pareille aura depuis leur toute première apparition à la fin de la saison 1.

On applaudit bien fort la direction d’acteurs avec un Peter Dincklage totalement saisi pour le spectacle, et un Ian Glen qui joue vachement bien le « Ouh pinaise, pas un geste, leur vision est uniquement basée sur le mouvement… ».

Si vous n’avez pas visionné l’épisode avec un streaming trop pourri (je viens de revoir la scène en 1080 dpi et puis je cherchais, aussi…), vous pourrez apercevoir dans le premier plan large sur l’aqueduc les formes des stonemen guettant le passage de la barque.
Je passe sur le combat bien fichu et son long écran noir conclusif (et cet écran noir qui s’éternise est juste parfait. On croit que le générique va nous laisser sur un cliff insoutenable et puis non !) et saute directement à ce moment étrange où ser Jorah téléporte Tyrion à 15 bornes du lieu de l’embuscade pour lui faire du bouche-à-bouche sur la plage.
Sérieux, comment vous êtes arrivés là, les garçons ? C’était carrément le WTF de l’épisode, les copains, sans vouloir vous offenser ni ternir la tragique conclusion de cet épisode.

Non, pas toi. Pas toi, lord Friendzone, même si c’était à prévoir en l’absence de celui qui… bref.
Dès lors que les Stonemen avaient été évoqués à de nombreuses reprises et que tu pris la direction de Meeeeuureen par la mer, ton destin était scellé.

Pour les non-lecteurs, merci de ne pas développer les évènements du livre dans les commentaires. Non-lecteurs, ceci s’adresse à vous : n’hésitez pas, vraiment, à lire les livres. Les directions prises par la série sont tellement différentes que vous aurez une toute autre histoire à découvrir. Avec des rebondissements inédits, des personnages nouveaux, et des intrigues encore plus tordues.

La semaine prochaine.

Ce sera l’épisode 6 (« wooouaaaah mais comment elle a fait  ») et on retournera du côté du Donjon Rouge pour y suivre les folles aventures de Cersei Lannister, la Frigide Barjot de Port Réal, et de la Manif Pour Tous.
Cramponne-toi à tes ballz, Loras.

Cramponne-toi aussi Arya, avec un peu de chance tu pourras sortir de « Six Feet Under » pour commcncer à faire des vrais trucs d’assassins stabstabstabkillkillkill, en plus, y’a ser Meryn qui approche et se serait tellement classe si tu pouvais enfin accrocher un des noms de ta Valar Morghuliste (copyright Wits) à ton tableau de chasse !

Cramponne-toi, Sansa, parce que dans une semaine, c’est le jour de ton mariage ! Et Iwan Rheon a promis une scène atroce pour le milieu de saison. Et je sais pas, mais moi, nous, tout le monde, on sent que ça va être pour toi.

Après un épisode du jour qui sondait les méandres de noirceur et de folie de cet univers, je sens que la semaine prochaine nous réserve le même malaise ambiant.

Et ça m’ira très bien. Cet épisode était passionnant. Les réaménagements commencent à prendre tout leur sens et à trouver ce qui semblait nous manquer de cohérence (je me comprends). La situation à Winterfell est gluante à souhait entre les inimitiés, les jeux de pouvoirs et les désirs de vengeance des uns et des autres. Meereen prend toute sa mesure en progressant parfaitement entre dérouler d’une intrigue chiante comme la mort dans les livres et exploration du personnage de Daenerys, qui s’avère presque plus intéressante ici qu’en format papier. Le voyage de Tyrion est finalement assez court et riche en péripéties, sans avoir à subir ses atermoiements.

Encore quelques jours, et nous pourrons célébrer le retour de notre grand-mère indigne préférée, j’ai nommé Mamie Olenna Reine des Epines, vainqueur par KO de Joffrey Baratheon l’an passé et qui revient mettre son titre en jeu !

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