The Witcher : Betrayer Moon

Et c’est déjà le troisième billet consacré à ce bon vieux Geralt de Riv, jetons-lui donc une pièce, ohoohooooh !

Un Geralt si fièrement campé par Henry Cavill que Andrzej Sapkowski, aka le papa du Sorceleur, a récemment déclaré que son interprétation est désormais aussi inoubliable et incontournable que celle de Viggo Mortensen dans la peau d’Aragorn. RIEN QUE CA.

Henry, j’espère que tu es content de toi. Tout ce harcèlement téléphonique pour décrocher une audition auprès de Lauren Hissrich n’a pas été vain. Tous ces poids soulevés non plus.

« Le Sorceleur », un livre avant d’être une série, a aussi été un jeu, qui contrairement à ce que propose Netflix, n’était pas l’adaptation des romans et des nouvelles de Sapkowski, mais une sorte de suite directe pas totalement canonique puisque composée sans une réelle supervision de la part de l’auteur. Auteur qui avait d’ailleurs cédé ses droits pour un truc comme 8000 euros et sans intéressement aux recettes.

Pas de chance pour Sapkowski, le premier jeu « The Witcher » obtient un succès d’estime qui sans en faire un hit du genre action RPG, réalise des scores pas trop crades question ventes. Le deuxième confirmera que CD Red Projekt, le studio polonais développant le jeu, connait son métier et maîtrise sa licence.

Mais c’est avec « The Witcher III : Wild Hunt” que le succès devient fulgurant et que tout le monde se met à parler de cette licence jusqu’alors connue surtout des amateurs du genre. Après un long développement émaillé de reports, le jeu sort enfin au printemps 2015 et redéfinit en quelques semaines les codes du action RPG. Rien que ça.

Pourquoi je vous parle du jeu ?

Oh parce que l’épisode dont on va parler dans ce billet nous propose justement de revivre la désormais légendaire cinématique d’ouverture du tout premier opus produit par CD Red Projekt, le combat de Geralt contre la stryge de Témérie.

Et sans plus attendre…

La Témérie.

Téméria, joyeux et pétulant royaume du Nord, un soir, dans un coron. Un sorceleur se penche sur le lit de mort d’un mineur, occupé à agoniser tout en lui décrivant par le menu son agresseur :

«-La créature ne se montre qu’à la pleine lune.

Okay, très original, ça m’aide pas des masses, mais poursuivez…

C’est une bête monstrueuse, un bébé-garou.

Je me permets de vous interrompre. On sait tous que les bébés sont maléfiques : ils sucent votre énergie vitale, sont actifs essentiellement la nuit, surtout celles où vous devez vous lever tôt le lendemain, leurs cris font fuir les banshees et leur odeur méphitique les dénonce comme vomissures des enfers, mais de là à m’inventer un bébé-garou…

Je vous le dis, sorceleur, c’était un bébé-garou.

Bon…. Bon, bon, bon… Alors déjà, je veux mille orins, cash.

Tenez sorceleur, j’avais justement la somme exacte sur moi.

Comme c’est commode… Et j’aurai besoin de matériel spécial : un casque anti-bruit, une pince à linge pour mon nez, un paquet de couches, 17 tétines, j’aime mieux voir large, ces saloperies les recrachent tout le temps et 40 litres de liniment. »

Son arsenal sur le dos, sa pipe à la Grand Pas en bouche et son man bun à la Jon Snow, Gary, chasseur de monstres, sorceleur assermenté, s’en va donc traquer l’étrange monstre des mines de Témérie qui pour l’heure semble avoir trouvé refuge dans une boucherie dont l’infortuné propriétaire gis, tout trépassé, à l’image de sa marchandise.

«Hmmm… Et si c’était un végane-garou ? » s’interroge Gary, dégainant sa longue épée d’argent avant de s’engager dans l’étroit local, dans un espace tout encombré de corps suspendus, l’espace un peu idéal donc, pour affronter un monstre ultra rapide alors que 9 fois sur 10, toi, tu vas taper dans les escalopes d’un cochon.

Tu sens que Gary, il a eu son bac pro de sorceleur de justesse, quand même. Contrairement à notre monstre, qui parvient à le surprendre sans trop de difficulté, d’une façon tellement pas prévisible au regard du L33t sk1ll de son adversaire.

RIP, Gary, chasseur de bébé-garou.

PENDANT CE TEMPS, à la Passiflore, établissement franchisé de chez Passiflore Whorehouse, Geralt tente désespérément de trouver encore un peu de vin au fond d’une bouteille en compagnie d’une prostituée qui lit littéralement le sorceleur comme un livre juste grâce à sa connaissance encyclopédique des chansons de Jaskier. Il a pas chômé, notre histrion, dites voir…

Geralt lui, prend vachement sur lui pour pas montrer que toute cette notoriété l’atteint.

«-Ah ouais, la cicatrice en forme de colibri, c’est trop celle de la kikimorrhe.

Grrroooummmm…

Et celle-là…

C’est mon appendicite.

Ah. Jaskier a pas fait de chanson dessus ? »

S’il le faisait, je suis sûre que ça serait super catchy. Qui n’arrive pas à se sortir cette maudite « Toss a coin to your witcher » de la tête ?

La prostituée, échouant à reconnaitre une marque sur la jambe de Geralt, parvient à lui arracher qu’il s’agit de celle laissée par Renfri. Et là, ce qui est intéressant, c’est justement que la jeune femme n’en ait jamais entendu parler. Elle sait pour la kikimorrhe, mais pas pour Darth Snow White. Geralt a donc tue toute cette partie de son histoire à Blaviken à son troubadour de poche, se privant d’un outil commode pour redorer son blason. Et pourquoi ? Parce que s’il avait dit à Jaskier ce qu’il s’était réellement passé, ce dernier aurait blâmé Renfri, érigée en monstre de sa poésie.

« Respect doesn’t make history ». Alors Geralt n’a rien dit. Un détail que je trouve extrêmement touchant.

Josiane-Exposition, ce qui est le charmant prénom de la prostituée, finit par lâcher dans le même dialogue, deux informations contradictoires. La première : cela fait trois jours qu’elle et Geralt sont dans cette chambre. La deuxième : elle a du travailler pour un sorceleur dernièrement et ce dernier s’est enfui après avoir été payé en Témérie.

Vous le voyez le problème ?

Quand Josiane mentionne le passage de Gary, Geralt en saute littéralement du lit : « WTF un sorceleur ??? » Il est surpris mais aussi très intéressé. Ce qui même pour le néophyte, indique que les sorceleurs ne sont pas légion, en tout cas pas assez pour que la mention d’un collègue lui en touche une sans faire bouger l’autre.

Donc, les sorceleurs sont relativement rares (un fait qui sera confirmé dans l’épisode suivant).

Pourtant, Josiane en a vu un de très près il y a peu de temps et elle n’a pas semblé beaucoup apprécier sa manière d’être. Elle réussit donc à passer trois jours avec Geralt sans lui glisser, à aucun moment, que oh ben ça alors, c’est tout de même pas banal, deux sorceleurs le même mois…

Plus étrange encore, elle a visiblement parlé plus tôt, pendant que Geralt faisait, je le cite, « semblant d’écouter », du problème témérien. Ce qui veut dire que notre sorceleur l’a entendue parler d’histoires de monstre à quoi, 10 minutes à cheval, sans moufter. Je veux bien croire la fatigue, le stupre, toussa, mais bon quand même.

C’était l’exposition tissée de fils blancs, merci d’être passée, dame Josiane.

Rendez-vous en Témérie, royaume des monstres et des rois lâches où une réunion syndicale s’organise dans les mines, avec menace de grève générale à la clé.

Cet aparté sur le climat social déplorable des lieux nous permet aussi d’apprendre quelque chose de nouveau au sujet de Nilfgaard. Jusqu’à présent, le royaume du sud nous a été présenté comme une menace sombre et en peau de couille, un ennemi redoutable et sans pitié. Dans la bouche du mineur, qui contrairement à tous ceux qui nous ont parlé jusque là de Nilfgaard, est un homme du commun, l’empire prend une toute autre allure. Déjà mention est faite d’un usurpateur qui aurait pris le trône en s’alliant au peuple et en rétablissant un peu de justice et d’équité dans un système corrompu et décadent. Voilà qui jette une toute autre lumière sur le maléfique empire de noir et d’or qui jusqu’à présent nous avait été uniquement dépeint par des gens de la haute. Le petit peuple lui, semble avoir une opinion un peu moins tranchée au sujet de Nilfgaard et de son régime politique. Avec lequel, visiblement, la Témérie ne fait pas le poids.

«-Et qu’est-ce qui font-ils, au gouvernement ? Y’s’roucent les poules ! Y’s’poulent les rouces !

Y’s’roulent les pouces…

Voilà, c’est mieux ! Si not’e bon souverain, il s’active pas un peu les meules pour faire décéder le bébé-garou, il va se prendre une révolte minière sur le râble, faudra pas qu’y vienne faire sa raclette !

REVOLTE §§§§, hurlent les mineurs.

Ouais !!! Ah ça ira, ça ira, ça ira !!!

Sans vouloir pourrir votre groove, les gars, vous pouvez déjà pas gérer un bébé à 27, alors une révolution…

Qu’est-ce-que vous insinuyez, messire sorceleur ?

J’insunuye que je vous faire une ristourne, que je vous débarrasse de votre bébé et qu’en prime, vous aurez pu admirer le petit boule de Geralt de Riv. On en dit quoi ?

Moi je suis d’accord pour le petit boule.

Banco alors ?

Banco. Il nous reste du liniment, vous en voulez ? »

Mais alors que tout le monde semblait avoir trouvé un terrain d’entente, des soldats débarquent, menés par Ostrit, le conseiller du roi de Témérie, Foltest, venu disperser la réunion syndicale et Geralt aussi par la même occasion, qui se fait alors escorter à la frontière, du moins jusqu’à ce que sa garde se mette à s’écrouler d’une manière tellement inattendue et surprenante que Gege ne frémit pas, ne serait-ce que d’un sourcil.

«-Bouh, sorceleur.

J’ai même pas eu peur.

Pourquoi vous avez sorti votre grosse épée alors ?

Je… Grrrrmmm. Espèce de … Sorcière.

Ah bah, non, magicienne, quand même.

On va vraiment faire une battle de sémantique là, maintenant, dans les bois froids et ultra flippant de Témérie ?

J’ai un manteau doré et des cheveux chatoyants, chuis pas une vulgaire sorcière des marais mon vieux. Je travaille pour le roi, moi, monsieur, chuis magicienne de cour. Je pratique l’art subtil et délicat de l’enchantement, pas le façonnage de poupées vaudou.

Oui, ben ça va, ok, toutes mes excuses… Sinon, vu que vous travaillez pour le roi qui y’a pas une heure me faisait expulser de son territoire, j’en déduis que…

It’s a prank, Geralt.»

Meet Triss Merigold.

Non je déconne, tout le monde s’en fout de Triss…

Non je déconne, tout le monde s’en fout pas de Triss mais je TIENS A LE DIRE UNE BONNE FOIS POUR TOUTE :

JE

NE

SUIS

PAS TEAM

TRISS

Voilà. Je n’ai rien contre la demoiselle, juste que, comment dire… Gnnnniiiuuuurrrrfff. Jouez aux trois jeux, vous comprendrez mes RESERVES.

Point Triss n°1 : n’en déplaise aux rageux, Triss n’a JAMAY été rousse. C’est une invention du troisième jeu. Yep. Dans les livres, elle a de longs et magnifiques cheveux châtains dont elle est extrêmement fière. Dans le premier jeu, elle est également châtain, mais pour rendre cette couleur de cheveux subtile sur pareil support, il a fallu lui donner des reflets plus rouges qu’ils n’auraient du l’être. Idem dans « Assassin of Kings ». Le problème du châtain c’est qu’il s’agit d’un marron clair qu’il faut éclaircir avec des reflets allant de l’or au cuivré. Un rendu difficile à obtenir sur les moteurs de l’époque. Ce n’est que dans « Wild Hunt » que CD Projekt Red a décidé d’en faire une rouquine, étrangement alors qu’à ce moment là, le studio avait largement les moyens de faire un châtain plus esthétique et convaincant…

Point Triss n°2 : Merigold est donc la magicienne de cour de Témérie, mais dans la nouvelle « Le Sorceleur », elle n’apparait pas. Sa présence ici est donc un ajout bienvenu, parce qu’il permet entre autre de nourrir l’arc de Yennefer avec ce concept déjà esquissé des mages de cour. Si Triss n’apparait pas dans la nouvelle ici adaptée, c’est parce qu’il s’agit de la première publiée par l’auteur, dont l’univers était loin d’être développé alors.

Si l’on voulait lui chercher des excuses, il faudrait aussi ajouter que Triss ayant, fait rare pour une magicienne, son âge apparent, elle n’était peut-être simplement pas en poste quand Geralt intervient à la cour de Foltest.

Peu importe, Triss est présente dans la série à ce moment, et c’est une bonne façon d’introduire le personnage, ainsi que la fonction des mages de cour.

Mage de cour qui demande à Geralt, non pas de bouter la créature hors de Témérie, mais bien de la sauver, ce qui ne manque pas d’intriguer notre sorceleur.

«-Au début, y’a bien quelques pécores qui sont morts, alors on s’est pas inquiété. Après, d’autres pécores sont morts, plus, mais on s’est pas trop inquiété non plus. Après, les autres pécores ont commencé à nous jeter des trucs au visage dès qu’on mettait le nez dehors alors on a décidé de commencer à s’intéresser à cette histoire et c’est là qu’on s’est dit qu’on avait peut-être un problème.

Un problème de bébé-garou.

Pour être précise, Geralt, un problème de héritier-garou.

Jamais vu une bête pareille.

-Foltest gère la crise comme un paquebot lancé à pleine vitesse dans l’Atlantique Nord gèrerait un iceberg droit devant. Et la Confrérie a trop vu les ravages du communisme à Nilfgaard pour laisser les rouges s’emparer à leur tour de la Témérie. Donc je suis là pour sauver l’héritier du trône.

Ok mais ça va pas être possible. Les bébé-garous c’est hyper dangereux. Le mieux que je puisse faire, c’est apaiser ses démangeaisons avec du liniment. Ça devrait le calmer pendant quelques temps.

Sauf, que, PLOT TWIST, ce n’est pas un bébé-garou. Viens, Geralt : peux-tu me dire qui a tué ces gens ?

Du sel. Beaucoup de sel. Ils sont tout coincés dedans. 

Je commence à comprendre pourquoi le premier sorceleur est mort aussi vite… En parlant de lui, le voilà. Vous le reconnaissois ?

Ah d’accord, je vois le genre. Vu que je suis un sorceleur et que lui aussi, c’était un sorceleur, on  était supposé se connaitre ? Tous les sorceleurs ne se connaissent pas, Triss. C’est raciste de penser ça.»

Après avoir creusé dans le sel, Geralt découvre que Gary s’est fait arracher le foie et le cœur, ni plus, ni moins.

«-Hmmm…

Oui, Geralt ?

Hmmm…

Je veux pas avoir l’air de m’impatienter mais…

Hmmm. Là comme ça, je dirais, c’est une stryge.

Une ?

Stryge. Un être maléfique aux formes et gestes femelles, créé par une malédiction maléfique des enfers profonds du Néant Distordu.

Un peu comme Nadine Morano ?

Un peu, oui.

Et vous avez déjà…

Affronté Nadine Morano ? Triss, si c’était le cas, je ne serais plus là pour vous le raconter.

Je voulais dire, une stryge.

Ah. Non plus. »

Pauvre, pauvre Geralt. Le voici contraint de rejouer une fois encore la geste de Renfri. Une fois encore, le voici confronté à une princesse, changée en monstre par une malédiction. Au détail près que la malédiction de la princesse de Témérie est plus concrète que celle de Dart Snow White…

En parlant de concret, voilà notre sorceleur tracté par Triss juste que dans le palais du roi Foltest, en train de manger peinard pendant que se passent des choses super graves dehors, Denethor style.

Question qui n’a rien à voir avec tout le merdier environnant : je comprends parfaitement le besoin de faire comprendre au public rapidement qui est qui, dans une série télé, ou un film, mais j’ai du mal avec ce besoin que l’on a parfois de mettre un PUTAIN DE PIN’S GEANT sur un personnage qui, au motif qu’il est roi, se doit visiblement de porter sa couronne en toutes circonstances. Moi, je vois Foltest en train de terminer son KFC avec sa couronne et j’imagine tout un spin off de Foltest sous la douche, Foltest à la plage, Foltest au Carrefour, où le mec porterait tout le temps sa couronne.

Sérieux, il faut arrêter avec ça. Une couronne c’est fait pour certaines occasions, pas pour ton quotidien, je veux dire, l’expression « tête couronnée », il ne faut pas la prendre au pied de la lettre non plus.

«-Bon écoutez, madame Merigold, je veux pas être rabat-joie, mais votre théorie là, de stryge née du meurtre et de la malédiction, j’y crois moyen moyen. Je préfère le bébé-garou.

Je suis qu’un sorceleur mais bon, si vous essayez de mettre du liniment à une stryge, vous allez avoir des problèmes.

Pourquoi il me parle de liniment ?

J’en sais rien, ça fait depuis hier soir que je me le traine en remorque et j’en peux plus.

Moi aussi, j’en ai ma claque. Je voudrais finir mon poulet tranquille alors barrez-vous. Tous.

Sauf moi.

Vous vous imposez, sorceleur ?

Je sais que j’ai pas l’air d’un fin limier comme ça…

Nope.

… Mais voyez-vous, je sens quelque chose dans l’air. Quelque chose au parfum très particulier.  Une chose, dont on ne doit pas prononcer le nom.

Vous me faites peur, sorceleur…

Une chose interdite… Une chose en forme de deux gens blonds.

Non… C’est…

Une référen…

NON ! Je vous défends de… »

«-Damn it, Geralt… Vous êtes perspicace.

Je sais. A Kaer Morhen, on me surnomme « Rantanplan ». En Rédanie c’est « Christophe Castaner ». Et à Riv, c’est juste « du con ».

Impressionnant. Toutefois, je ne peux pas me permettre de vous laisser officier. Dégagez.

M’enfin, majesté, j’inceste…

Cassez-vous. »

Congédié par Foltest, c’est un Geralt fort sûr de son fait que l’on retrouve avec Triss aux pieds du palais abandonné, gardé par deux clampins, Maurice et Gérard, qui n’ont qu’une envie, là, maintenant, aller se faire un kebab, si possible à l’autre bout du continent.

S’il y a un truc que j’aime énormément dans cet épisode, c’est Funny Geralt. Une personnalité qu’il n’avait pas déployée jusqu’à présent. On avait déjà vu un Geralt caustique, mais un Gege qui fait des blagues, ça, c’est encore inédit dans la série.

Plus encore, je crois aussi que j’apprécie la manière dont on passe d’un sorceleur qui plaisante un brin à un Geralt plus sérieux, qui évite soigneusement d’expliquer à Triss pourquoi il tient tant à sauver la princesse de la malédiction. Et comment Triss fait exactement la même chose même quand Geralt lui demande pourquoi elle s’acharne à régler les problèmes d’une cour qui la méprise. Les raisons de Triss tiennent principalement dans le fait qu’elle n’est pas en Témérie pour jouer les plantes vertes prestidigitatrices, mais bien parce qu’elle a pour mission de rétablir le calme dans un royaume au bord du soulèvement. Elle n’a guère le choix d’intervenir. Et puis aussi, bon, ben, c’est Triss quoi. La meuf elle peut pas s’empêcher de voler au secours de la veuve et de l’orphelin.

Une fois dans le château, dont l’accès a été dégagé à coup de lancer de pierre plein de flegme et d’assurance, Triss et Geralt passent en mode « Les Experts : Témérie ». La magicienne fouille les placards, parce que bon, les indices quoi, tandis que Geralt renifle le mobilier.

La découverte de lettres de la reine Sancia adressées à sa fille la suppliant de se débarrasser de l’enfant incestueux entre…

Attendez, désolée, mais là, c’est juste pas possible : une dame appelée SANCIA demandant à des blonds rejetons d’arrêter de s’emboiter et le produit de leur union devenant un monstre terrorisant tout un royaume ? Tu le fais exprès, « The Witcher » ? (spoiler alert, non : Sapkowski a publié ses nouvelles largement avant que GRR Martin ne sorte ses romans. Aucun lien, donc, fils unique).

«-Ahlala, c’est terrible quand même toute cette histoire, gémit Ostrit le chambellan / premier ministre / mec haut placé à la cour de Foltest. Ça va faire un scandale tel que même Stéphane Bern il risque l’AVC s’il l’apprend.

Ouais, ce qui va surtout faire un scandale, mon petit pote, c’est le fait que le parfum de ton déodorant Axe Cuir et Cookies était partout sur les draps de la princesse.

Quu… Que… quoi ? Comment ?

Et sincèrement, je sais pas ce qui me choque le plus : le fait que tu ai tenté de nous embrouiller, celui que tu ai maudit la princesse parce qu’elle couchait avec son frère et en a eu un enfant, ou le fait que de toutes les options existantes sur le marché, tu ai opté pour le Cuir et Cookies, qui est une abomination. »

L’Inspecteur De Riv a encore frappé ! Et révélé au grand jour la terrible véritay : Ostrit, plus ou moins amoureux de la princesse Adda, découvre qu’elle a une liaison avec son frère, Foltest. J’ignore s’il dit cela pour se protéger ou s’il relate les faits, mais il se défend en affirmant que le futur roi abusait de son pouvoir et de sa position sur sa sœur, version très différente de celle servie par Foltest un peu plus tard. Le fait qu’Adda refuse d’avorter de leur enfant alors que sa mère le souhaite tendrait en effet à montrer que l’inceste était parfaitement assumé et consenti des deux côtés, mais bon : MEFIANCE TOUT DE MÊME. C’est facile de venir prétendre que sa soeur était parfaitement d’accord quand cette dernière n’est plus là pour se défendre.

Quoi qu’il en soit, Ostrit n’a pas supporté d’apprendre la grossesse d’Adda et a préféré la maudire et donc la faire mourir, plutôt que d’exposer la liaison, afin de « préserver la réputation de la princesse », réputation apparemment plus importante à ses yeux que sa vie… Une fois Adda morte, Ostrit est revenu dans le palais, dans sa chambre, pour… Bref, même Geralt n’a pas besoin d’en ajouter, tout le monde a compris.

A côté, le couple incestueux formé par Foltest et Adda a l’air tellement simple et sain…

Bien décidé à en finir avec toute cette histoire, Geralt repart vers le palais abandonné, avec son tapi de yoga, pour tomber sur toute une bande armée, menée par le roi en personne.

Durant l’échange de Geralt avec Foltest sur le pont, on peut entendre, en arrière-plan, le thème « The Song of the White Wolf » qui concluera la saison 5 épisodes plus tard sous la forme d’une chanson dont les paroles évoquent la solitude. Or, de solitude, c’est précisément ce dont il est question ici, quand Foltest parle enfin à cœur ouvert, laissant apparaitre sa détresse et son dilemme face à la perte d’Adda et de leur fille. Et c’est aussi celle de Geralt, quand il confie au roi la fameuse broche de Renfri, dont on a d’ailleurs pas fini de parler.

Plus qu’un cadeau pour la princesse, cette broche et évidemment un symbole. Comme on l’a dit plus tôt, l’intrigue de Témérie n’est finalement qu’une variation de la tragédie personnelle de Renfri, enfant maudite elle aussi dès la naissance et condamnée à devenir un monstre. En sauvant la fille de Foltest, Geralt ne peut sauver Renfri. Il a échoué avec elle, mais il entend bien ne pas échouer ici encore. Du moins l’espère-t-il. S’il parvient à lever la malédiction, alors il aura réussi à sauver au moins une de ces filles condamnées par les hommes pour leur seul crime d’exister. En se défaisant de la broche, il s’allège un peu de sa culpabilité.

Dans la chambre d’Adda, Geralt patiente en compagnie d’Ostrit qui tempête que c’est pas juste et que Foltest doit payer parce que flûte. Parce que genre, Adda et sa fille devaient payer de leur vie pour faire souffrir le roi.

Ostrit s’entendrait très bien avec Stregobor. Ils auraient tant à se dire sur la nature disposable des femmes…

En attendant, c’est Geralt qui est mal barré puisque les révélations d’Ostrit sur la malédiction qu’il a jeté sur Adda lui font comprendre qu’au lieu de trouver un moyen de calmer la jeune dame, il va falloir l’affronter toute la nuit et l’empêcher de rentrer dans son tombeau avant le lever du jour. C’est pas que cette affaire soit mal barrée, mais à voir la précipitation de Geralt à se mettre un coup d’élixir derrière la cravate, on comprend assez vite que ça va être mieux qu’une heure de cours un vendredi à 16h le jour du départ en vacances de Noël.

Et puisque nous avons là un witcher sachant witcher, je vous propose tout de suite d’appeler ce bon Jamy à la rescousse pour un topo bien senti au sujet de ces petites bêtes là.

Oui mes amis, je crois qu’il est grand temps d’entrer dans le vif du sujet parce que les indices disséminés jusque là commencent à se faire si confus et si minces que certains ici doivent s’arracher les cheveux de désespoir face à cette question épineuse du pourquoi comment pourquoi les sorceleurs.

Des mutants.

Ça, tout le monde l’a pigé assez vite, vu que c’est une info répétée d’épisode en épisode avec la subtilité d’un char Leclerc lancé à pleine vitesse sur la piste d’entrainement.

Geralt, et ses potos sorcelol sont donc des mutants, mais leur spécificité c’est qu’ils n’en ont pas toujours été.

Dans l’univers du sorceleur, les mutations sont une réalité dont certaines personnes sont très au fait, au point de pouvoir les provoquer. La frontière est ici mince entre magie et science et jamais clairement définie par les pratiquants des deux arts qui les confondent avec allégresse. Ceci étant dit, sans vouloir me la ramener, c’est exactement la même chose juste avec des degrés différents de compréhension et de contrôle.

Aux yeux du peuple, les sorceleurs ne sont pas très différents des monstres qu’ils traquent en raison de ces fameuses mutations les rendant aptes à affronter ces créatures.

Les sorceleurs ont été rendus nécessaire par la Conjonction des Sphères et le merdier adjacent. Cependant, à mesure que les humains étendaient leur emprise sur le monde, les monstres et autres créatures pas très Charlie ont été repoussés aux frontières de leurs royaumes et se sont raréfiés. Dans les livres comme dans les jeux, Geralt vit à une époque où les monstres deviennent occasionnels et où la raison même de son existence est contestée par le degré de maîtrise que les humains ont désormais sur cet environnement jadis hostile. Les jeux donnent d’ailleurs une image faussée de la présence des monstres, pour des raisons de gameplay. Les créatures y sont bien plus abondantes qu’elles ne le devraient et laissent à penser que les sorceleurs ont encore une raison d’être.

Or, la défiance générale à leur encontre vient à la fois de leur nature de mutants, ce qui n’a jamais inspiré la confiance, mais aussi de la certitude acquise par la population que leur inquiétante existence n’est plus une réelle nécessité, d’où le climat de rejet généralisé à leur encontre.

Recrutement et formation.

Les sorceleurs sont tous des hommes et sont choisis par d’autres sorceleurs durant leurs errances. Ils peuvent être des orphelins, des enfants achetés à leurs parents, comme Yennefer le fut par Tissaia de Vries, ils peuvent être obtenus en invoquant le droit de surprise comme Duny réclame Pavetta, ou comme Geralt qui a un droit sacré sur Ciri. Ils peuvent être aussi confiés par leurs parents à la confrérie des sorceleurs.

Une fois dans une école de sorceleurs (je reviendrai sur cette notion plus tard), ils débutent leur formation par l’Epreuve du Choix, un entrainement extrêmement rude et brutal visant à développer leurs capacités physiques et à accélérer leur métabolisme en leur faisant suivre un régime très particulier. Tous ne passent pas forcément cette Epreuve, qui en raison de sa rudesse peut occasionner les blessures graves voire, conduire à la mort. C’est pourtant la plus simple des trois.

L’épreuve suivante est en effet la plus h4rd c0r3 de toutes : l’Epreuve des Herbes. On fait ingérer au sorceleur en devenir un mélange d’élixirs et de potions à base de plantes, d’hormones (ne me demandez pas lesquelles ni comment ils font pour s’en procurer…) et de souches virales que l’on continue d’administrer jusqu’à ce que débute la mutation. Les livres sont là un peu flous quant à ce qui se passe par la suite. Une fois la mutation débutée, seuls 4 aspirants sorceleurs sur 10 survivent (3/10 selon la série) en moyenne aux changements induits. Ils passent alors par une dernière étape, l’Epreuve des Changements, qui fait suite quasi immédiatement aux Herbes, et où l’on achève de transformer ce qui était avant un humain en un mutant en altérant entre autres ses yeux, ses capacités de régénération, sa résistance aux poisons et lui confère une totale immunité aux maladies…Le processus est terriblement violent et laisse les sorceleurs stériles.

La mutation a également pour effet de ralentir leur vieillissement. S’ils accusent physiquement le coup malgré tout, les sorceleurs peuvent vivre largement au-delà d’un siècle sans trop de souci.

Une fois totalement muté, le sorceleur peut partir en mission de sorceleur, recevant pour se faire un joli médaillon représentant son école.

Les écoles de sorceleur.

Je vais me contenter des écoles canoniques des livres, sachant que celles des jeux ont peu de chances d’apparaitre dans la série.

Geralt appartient donc à l’Ecole du Loup, dont le centre de formation est situé dans la forteresse de Kaer Morhen. A l’époque de Geralt, l’Ecole est dirigée par Vesemir, dont il est fait mention dans le premier épisode et le dernier. C’est lui qui a formé Geralt et c’est un peu la chose la plus proche d’un papa qu’il pourrait avoir. Un papa qui l’a fait courir à poil dans la neige de ses 4 à 8 ans en lui jetant une fois par semaine des quignons de pain à la gueule pour tout repas, tenté de l’empoisonner avec de la tisane au Red Bull puis trifouillé les yeux à coup de rituels chelous pour en faire un Gege mutant de Riv.

Mais bon sang, il l’aime quand même, son Vesemir…

Les deux autres écoles mentionnées par Sapkowski sont l’Ecole du Chat et l’Ecole du Griffon. On ne sait rien de ces écoles, qui ne sont qu’évoquées en passant. L’Ecole du Chat a un développement un peu plus prononcé mais tout juste. Elle sera une école où l’on trouve les sorceleurs les plus frappés, ayant plus ou moins ratés leurs mutations sans toutefois en mourir.

Globalement, on ne sait rien sur les Ecoles, pourquoi elles existent, comment, quelles sont les différences de fond. Il est dans la culture des sorceleurs de garder le secret sur leur école aussi Geralt lui-même n’en parle-t-il que pour préciser que son école existe. Le jeu a introduit des variantes de gameplay du style armure moyenne pour le loup, armure légère pour le chat, armure lourde pour l’ours (Ecole inventée par le jeu)… Mais c’est bien tout. Il semblerait que l’on puisse leur attribuer à chacun des recettes d’élixirs, peut-être aussi des styles de combats, mais tout cela n’est que spéculation…

C’est son médaillon qui permet d’identifier l’Ecole à laquelle appartient un sorceleur. Le médaillon n’est pas qu’un colifichet, il est aussi enchanté et réagit aux présences surnaturelles alentours. Quand il se met à vibrer, le sorceleur sait que quelque chose approche.

Les armes du sorceleur.

Basiquement, le sorceleur possède trois jeux d’armes.

Le premier est son épée ou plutôt ses épées. Une traditionnelle arme d’acier, pour les choses de la vie de tous les jours, et une épée plus rare, plus chère et qu’il n’utilise qu’en certaines occasion, faite d’argent, ne pouvant tuer qu’une certaine catégorie de monstres sensibles à ce métal. Cette épée reste le plus souvent sur la monture du sorceleur, qui ne la sort qu’au besoin. Dans la série, Geralt la trimballe dans un étui spécial, que j’appelle son tapi de yoga. C’est avec cette arme qu’il affronte par exemple la stryge dans cet épisode.

Le deuxième jeu d’arme sont les signes. Il s’agit de petits sorts assez simples à exécuter, très pratiques en combat pour se tirer d’un mauvais pas.

Aard, souvent utilisé dans la série, est une onde d’énergie permettant de renverser ses adversaires (utilisé à Blaviken durant le combat contre les 7 compagnons et en Témérie contre la stryge pour faire s’effondrer le sol et la précipiter dans la crypte).

Axii est mon pref, c’est un charme de subjugation, le Jedi Mind Trick de l’univers. Il permet de calmer un cheval, un gens, de convaincre quelqu’un de faire quelque chose. Geralt tente de l’utiliser, sans succès sur Renfri dans le premier épisode.

Igni est comme son nom l’indique un sort de pyrokinésie, que je n’ai pas vu véritablement exécuter dans la série, sauf peut-être en Témérie, quand Geralt illumine un passage dans les cryptes.

Yrden est un sceau en quelque sorte. Geralt s’en sert également contre la stryge pour bloquer une porte et sceller le couvercle de son tombeau et l’empêcher de s’y réfugier.

Quen est un bouclier qui permet de protéger son lanceur pendant une courte période.

Somne te fait dormir.

Héliotrope amortit les chocs, très très utile lors d’une chute ou lorsqu’on vous envoie un projectile au visage.

Ces deux derniers signes n’apparaissent pas dans les jeux.

Le troisième jeu d’arme, ce sont évidemment les potions et autres élixirs. Les sorceleurs sont passés maîtres dans l’art de la composition de filtres qui décuplent leurs capacités, leurs confèrent des avantages non négligeables en combat, affutent leurs réflexes, leur vision, accélèrent leur guérison, les renforcent où empoisonnent leur sang afin de le rendre toxique pour les monstres trop gourmands.

Les élixirs sont extrêmement dangereux pour quiconque n’est pas sorceleur. On peut d’ailleurs voir dans la série l’effet produit par leur ingestion, traduit par leurs yeux uniformément noirs, les veines sous leurs cernes et la blancheur cadavérique de leur peau. Leurs mutations leur permettent de tolérer la charge toxique mais il y a un prix à payer. Après une prise d’élixir, les sorceleurs sont souvent épuisés et doivent reconstituer leurs forces. C’est la raison pour laquelle Geralt mange la biche après avoir affronté la kikimorrhe dans le premier épisode.

Alors, cette styrge…

Ok donc c’était un peu LE passage entendu (parmi plein d’autres, soyons honnêtes) de cette première saison. Et ceci en grande partie parce que beaucoup de gens sont entrés dans l’univers de Geralt par la nouvelle racontant son combat et que pour d’autres, cette séquence a été leur premier aperçu du monde Sapkowski, dans le premier jeu vidéo.

Relaté sur trois supports différents, donc, cet affrontement est désormais carrément mythique et j’avoue, moi aussi je l’attendais au tournant.

Ici, le parti pris est clair : c’est un film d’horreur et puis c’est tout. Un film d’horreur avec une stryge qui n’est pas sans évoquer un xénomorphe avec sa mâchoire très en avant, qui n’hésite pas à massacrer tout ce qu’elle croise et s’avère un adversaire aussi infatigable que coriace. On sent que chaque instant de ce combat coûte à Geralt, d’autant plus qu’il ne peut pas faire trop de mal à sa cible. Cette contrainte, qui est tout l’intérêt de l’affrontement, tant d’un point de vue technique que d’un point de vue symbolique, décuple les enjeux de cette séquence qui fonctionne excellemment bien en montage alterné avec celle de Yennefer, qui elle aussi est en train d’arracher une transformation à la douleur.

Il y a aussi dans le personnage de la stryge quelque chose de très profond, très sombre, dans cette créature trainant derrière elle son cordon ombilical et tapant des poses pour hurler en haut des escaliers. Cette chose atroce née de la condamnation de sa mère par un homme qui s’était arrogé sa vie comme instrument de vengeance. Le lien entre les deux récits réside aussi dans cette évocation d’une maternité refusée.

La monstruosité de la stryge fait écho à celle de Yennefer, avec ce plan particulier insistant sur ses deux bosses, renvoyant les deux femmes dos à dos, si je puis dire. L’une comme l’autre subit la vindicte des autres et se voient condamnées à la marginalité par eux. Si la stryge sera délivrée de son état par Geralt, Yennefer elle va se libérer seule, également au prix d’une immense douleur et d’un immense sacrifice.

Ainsi, Geralt galère bien comme il faut durant cet affrontement épique, échouant à immobiliser la stryge avec sa chaine, ce qui nous vaut un de ses légendaires « fuck » bien sentis, quand il comprend qu’il ne va pas pouvoir attendre sagement le lever du jour, assis sur la stryge saucissonnée, mais qu’il va falloir l’occuper pendant toute la nuit.

Au lever du jour, après un petit dodo dans le tombeau d’Adda, Geralt se lève, frais comme un gardon pêché il y a 6 semaines, pour découvrir le corps de la princesse, elle aussi endormie, mais singulièrement humanisée. Cependant, c’est alors qu’il baisse sa garde devant la jeune fille que Geralt se fait avoir comme un bleu, négligeant la première leçon, celle qu’il connait pourtant par cœur : ne pas faire confiance aux humains, les pires monstres se dissimulent sous leurs traits. Incapable d’oublier des années à stryger dans les couloirs du château, la princesse applique l’unique comportement qu’elle connaisse, celui d’un monstre agressif et dévoreur qui se jette sur le sorceleur pour le dépouiller de sa dernière parcelle de peau.

Dans le même temps, Yennefer, couchée dans la même position que la princesse, achève elle aussi sa mue, et comme la princesse de Témérie ne fait désormais plus que dissimuler sous une apparence enjôleuse l’ambition et la soif de pouvoir qui la dévorent.

Peu après s’être évanoui de façon fort distinguée dans la crypte, Geralt se réveille chez Triss, en grommelant le nom de Renfri, évidemment.

«-Bonjour Geralt.

Grrrooou.

J’ai inspecté longuement et de façon répétée votre torse, Geralt, votre blessure au cou guérit très bien.

Si je suis blessé au cou, pourquoi tu avais besoin d’inspecter mon torse ?

T’es diplômé en médecine ou bien ? Commence pas à juger mes protocoles de soin.

La princesse, sinon ?

Elle est partie en pensionnat. Et on a raconté partout que c’est Ostrit qui a tué le bébé-garou en le noyant dans les 40 litres de liniments donnés par les mineurs. Lesquels sont en train d’ériger une statue en son honneur et ont décrété un jour férié pour célébrer l’exploit. »

« Respect doesn’t make history »… Peut-être mais là ça fait juste mal au fondement d’entendre une chose pareille.

Refusant de dire à Triss qui est cette Renfri dont il ne faisait que répéter le nom dans son sommeil, Geralt se prend dans la margoulette une petite pique bien sentie : « So that’s all life is to you ? Monsters and money ? », qui résume bien le conflit de notre Gege, dont la fonction sociale se résume en effet aux monstres et à l’argent, dissimulant sous son capot sa véritable nature à laquelle personne ne semble de toute manière s’intéresser. Non, Geralt se tait, laisse dire les gens que les sorceleurs n’éprouvent aucun sentiment parce que cela permet de les garder à distance autant que cela lui permet de ne pas se mettre lui-même à nu et ainsi, en danger. On a vu ce que cela a donné quand il a osé s’ouvrir un peu avec Renfri… Bien entendu, la vie de Geralt est davantage que les monstres et l’argent, simplement, il l’a oublié ou plutôt, il l’a laissé volontairement de côté. Ne t’en fais pas Geralt, le destin est en marche, en forme d’une Yennefer et d’une Ciri.

Ciri que Triss évoque ici sans le savoir en disant à Geralt, auquel elle restitue la broche de Renfri, que quelque chose de plus attend pour lui : « Something more », soit le titre de la nouvelle dans laquelle Geralt retrouvera Ciri, liant ainsi leurs deux destins.

Cintra.

Comme pour souligner leur lien qui ne sera expliqué réellement que l’épisode d’après, nous voici plongé soudainement dans le segment de Ciri qui entend des voix dans son sommeil, l’attirant vers un lieu étrange, mystérieux, plein de couleurs et d’improbabilités, d’idées à la con et de décors cheapos, de mauvais acting et de goûts vestimentaires douteux : Brokilone, la forêt des Projecteurs Enchantés, tout droit sortie d’une série des années 90.

Aretuza.

Retrouvons Yennefer, un temps indéterminé mais certain après que nous l’ayons quittée la dernière fois dans le moulin.

Comment je le sais ? Ses cheveux ont poussé.

J’ajouterais même qu’elle a sacrément progressé question magie. Qu’est-ce-qui me fait dire ça ? Déjà, arrêtez de questionner mes affirmations, c’est vexant. Ensuite, non, ça n’a pas qu’à voir avec son illusion de gens en train de la mater chevaucher Istredd dans la crypte où ce pauvre garçon semble avoir élu domicile.

Non, ça a plutôt à voir avec sa tenue.

Souvenez-vous, dans le billet sur l’épisode précédent, dans le Point Chiffon, je vous disais que les robes de apprenties magiciennes étaient certes informes, mais dans la même couleur que celle très élaborée de Tissaia.

Et bien cette fois, Yennefer porte une robe toujours du même vert, mais plus structurée. On notera les plis élaborés (très jolis, d’ailleurs), les manches non plus droites mais bouffantes aux avants bras, et la taille marquée.

Yen a donc passé son ascension, la voilà élève en terminale bac pro sorcellerie. Félicitations, Yennefer !

Avec Istredd, les voilà qui abordent le sujet de leur futur CDI. Visiblement, Istredd vise la Témérie comme point de chute après l’obtention de son diplôme. Pour mémoire, l’histoire de Yennefer se déroule avant celle de Geralt, ce qui explique pourquoi le poste en Témérie est vacant et que Triss n’apparait à aucun moment dans ce segment de l’épisode.

Yennefer quant à elle, ambitionne d’être placée à Aedirn. Si on lui fait miroiter une place dans une cour, c’est donc, preuve supplémentaire, qu’elle a développé certaines capacités.

Sauf que… Sauf que en attendant, Yennefer est toujours boussue et globalement peu présentable dans une cour où l’apparence règne en maîtresse absolue.

Dans l’univers du Sorceleur, les sorcières…

«-Magiciennes ! »

Ahem… Les magiciennes usent toutes ou presque d’enchantements pour maintenir une apparence, disons… séduisante. Le but n’est pas tant d’être la plus belle gosse de toutes que d’inspirer un certain degré d’attention. La Confrérie utilise à son avantage l’attrait que peut susciter une belle femme auprès d’un roi qui aurait besoin de ses conseils #patriarcat.

Cette apparence séduisante et confiante s’obtient par des enchantements prodigués à Thanedd mais aussi entretenus tout au long de la carrière de la magicienne par des poudres et autres crèmes. Les magiciennes usent parfois aussi du glam, un onguent qui pour le coup, les rend tellement sublimes que leurs interlocuteurs sont incapables de leur refuser quoi que ce soit.

Cependant, la beauté des magiciennes est une notion relative. Par exemple, quand Geralt rencontre Yennefer pour la première fois, il n’est pas dupe de ce qu’il a sous les yeux et s’il est déjà sous le charme, il ne se prive pas de faire l’inventaire de tout ce qui ne va pas chez elle, entre son nez trop long et sa bouche de travers. Il ira même jusqu’à percer l’enchantement et découvrir brièvement la femme bossue qui se cache derrière la couche d’enchantements.

Ici, Yennefer est aussi catégorique quant à ce qu’elle veut pour future apparence : ne plus être cette fille terrifiée et sans confiance qu’elle était en arrivant sur Thanedd. On sent désormais chez elle une grande assurance, qui lui vient à la fois de ses nouveaux pouvoirs, mais aussi, on le sent, de sa relation avec Istredd.

Effacer la fille difforme du porcher ne sera pas une mince affaire, comme le lui confirme Jean-Paul Lagerfeld, le chirurgien esthétique / couturier d’Aretuza qui met soudain des paillettes dans la vie de Yennefer, l’inondant de costumes fabuleusement fabuleux au milieu d’un cercle de… Flammes. Non, ok, c’est particulier comme esthétique pour un salon d’habillage, mais bon, admettons, le mec aime travaillé entouré par le feu…

Jean-Paul Lagerfeld qui d’ailleurs conseille à Yennefer une robe grise dégueulasse, au motif que c’est élégant mais sans afficher un trop plein d’ambition….

C’est surtout très laid, Jean-Paul ! A ce stade, si j’étais Yennefer, je lui retirerais illico le privilège de combler mes sillons naso-géniens !

Tissaia intervient à temps pour éviter à Yennefer de prendre cette robe affreusement terne, et rassurer son élève qu’elle sent partagée sur la procédure qu’elle va devoir subir, lui rappelant l’immense pouvoir dont elle dispose désormais, celui de pouvoir se réinventer à sa guise, projetant dans le miroir le reflet de ce qu’imagine Yennefer.

Un peu plus tard, la Confrérie se réunit le temps d’une réunion politique de Chapitre où l’on apprend que Cintra est l’un des rares royaumes à se passer de ses services, ce qui ne plait guère à ses membres qui se gaussent du goût des Cintrans pour les druides au lieu des mages parce que hein, les druides, depuis le temps, ça se saurait si c’était sérieux, hein oh, l’autre, eh…

L’air de rien, c’est un Stregobor très décontracté qui propose carrément à ses pairs de se débarrasser du père de Calanthe, espérant que sa fille se montre plus malléable à l’influence de la Confrérie.

Du côté du trou du cul du monde, j’ai nommé Niflgaard, le jeune roi Fergus ne fait pas l’unanimité auprès de l’assemblée. Ce qui le mineur décrivait dans le segment de Geralt au sujet de la monarchie nilfgaardienne trouve donc écho ici, dans ce qui semble être les prémices du soulèvement et de l’usurpation. Et c’est à Nilfgaard que la Confrérie projette d’envoyer une Fringilla Vigo jugée trop influençable pour permettre à la Confrérie de stabiliser la couronne impériale. Stregobor tente donc de convaincre Tissaia d’y envoyer Yennefer à sa place, mais la rectrice refuse, au motif que le placement de sa protégée est déjà arrangé à Aedirn. C’est le moment que choisi Strego pour dégoupiller sa grenade et lâcher que Yennefer est un quart elfe, ce qui est que dalle, mais encore trop pour Cintra, principal partenaire commercial d’Aedirn.

Ça n’a l’air de rien, cette affaire. En quoi le fait d’avoir à la cour d’Aedirn une conseillère avec un quart de sang elfe pourrait gêner Cintra ?

Premièrement, pour ceux qui l’auraient oublié depuis l’épisode d’avant, le monde du Sorceleur est du genre plutôt raciste. Et à Cintra on est du genre très raciste. Le genre à porter des colliers en oreille d’elfe sans pression.

Ensuite, une magicienne à la cour ce n’est pas comme un banal ministre de l’environnement. C’est plutôt une éminence grise, dotée de pouvoirs immenses, capable d’influencer en profondeur la politique de l’Etat qu’elle sert.

Donc non, la remarque de Stregobor n’est pas une petite menace, c’est un point légitime et particulièrement sensible sur lequel il met le doigt en appuyant très fort.

Ses arguments font toutefois mouche et la seconde d’après, pouf, Jean-Paul Lagerfeld est dans la chambre de Yennefer avec une robe choisie par le roi Fergus de Nilfgaard, robe qui n’a plus rien de modeste d’ailleurs, rouge vif au lieu de gros moche.

En confrontant Tissaia, Yennefer est mise devant l’évidence : c’est Istredd, qui a révélé à son maître la vérité sur ses origines et qui l’a ainsi condamnée à vivre dans la Creuse alors qu’elle aurait pu manger du homard dans un trois étoiles à Bordeaux.

Yen n’a même pas le temps de digérer sa déception, que ça y est, c’est la remise des diplômes. Les magiciennes et magiciens prononcent leurs vœux à la Confrérie avant d’aller se faire enchanter par Jean-Paul Lagerfeld. Istredd, surpris, constate que Yennefer n’est pas présente durant la cérémonie d’initiation, à cause de son échange de poste avec Fringilla, mais en train de bricoler un faux document prouvant qu’elle est à 100% humaine.

Istredd tente bien de s’excuser, mais c’est Yennefer qui a raison sur toute la ligne : il est bien gentil de demander pardon, mais la révélation au Chapitre de ses confidences sur ses origines est une condamnation. De plus, cette trahison jette un voile de suspicion sur l’ensemble de leur relation. Et puis ce grand couillon tente de lui vendre une super vie de femme d’archéologue. La grosse, grosse erreur, montrant qu’il n’a pas encore pigé grand-chose au sujet de Yennefer. Elle qui n’a aucune illusion sur les hommes et le monde sait que la seule chose qui compte, c’est le pouvoir. Et le pouvoir, elle peut en obtenir en tant que magicienne dans une cour puissante. Istredd, qui rêve de chantiers de fouille, ne peut pas concurrencer pareille aspiration. Yennefer a plus besoin d’une position de pouvoir que d’un extreme make over. Et si son apparence peut l’aider à conquérir davantage de ce qu’elle désire plus que tout, et bien soit.

Tandis que Yennefer fait une sortie dramatique de la cave d’Istredd, un peu plus loin sur Thanedd se tient le bal des débutants dans le monde merveilleux des conseillers politiques. Dans une grande salle constellée d’étoiles du sol au plafond qui pourrait, si elle était plus grande, faire rougir la grande salle de Poudlard, Tissaia déambule, satisfaite, au milieu de ses protégées qui dansent avec les rois que l’on a choisi pour elles.

Je me permets une petite parenthèse de rien du tout. Yennefer, quand elle arrive sur Thanedd est bossue, avec la tronche en biais. Du coup, son enchantement sera spectaculaire. Concernant Sabrina et Fringilla, revanche, aucune des deux ne semble avoir fondamentalement changé. Au pire, elles sont maquillées, quoi…

Du coup, « The Witcher », je me disais, limite, tu aurais pu faire un peu semblant avec, je sais pas, des prothèses, ou des perruques, histoire que l’on ai l’impression de découvrir leurs versions enchantées dans cette scène où elles ont tout bêtement l’air apprêtées…

Bien apprêtés également, Foltest et Adda, encore pré ado, en train de se chicaner sous le regard réprobateur de la reine Sancia, sans doute le premier indicateur vraiment très clair et évident pour le néophyte du temps entre l’histoire de Yennefer et celle de Geralt.

Deux histoires qui se lient ici très fort thématiquement, puisque la transformation de Yennefer se fera dans un montage alerté avec le combat entre Geralt et la stryge, soulignant une fois encore la thématique de la monstruosité chez Yennefer, qui se dépouille ici à très grand prix de ce qui l’aliénait dans le regard des autres, ne gardant de son ancienne apparence que ses yeux et les cicatrices de sa tentative de suicide.

Alors j’avoue avoir été surprise par la procédure, surtout par l’hystérectomie. Dans ma tête, la stérilité des magiciennes était dûe à la violence des enchantements, un peu comme la stérilité des sorceleurs est la conséquence de l’Epreuve des Herbes. Je ne m’attendais pas à une ablation pure et simple d’un organe. Notez que c’était très graphique et explicite, et que cela soulignait l’idée déjà implantée par Tissaia dans l’épisode précédent, celui du prix à payer pour le pouvoir.

Ceci étant dit, je m’interroge. Les garçons de Ban Ard, on leur fait quoi exactement ? Je doute que dans un univers aussi macho que « The Witcher » et sous la plume d’un auteur pas franchement über progressiste non plus, on ait envisagé de castrer les jeunes mages. En tout cas la question n’est pas abordée.

Sans doute parce que, sexisme toujours, les jeunes mages ne passent pas au travers d’une épreuve de transformation physique. Pour eux, l’apparence est moins importante que les compétences, quand pour leurs consoeurs, il faut posséder les deux pour être crédible. D’ailleurs, il est important de se souvenir que chez Sapkowski, les mages se vieillissent pour sembler plus sages et plus respectables, là où les magiciennes se positionnent au maximum à la trentaine afin de n’être ni trop jeune, ni trop « crâmé » pour citer un groupe de mes charmants élèves évoquant devant moi les femmes de plus de 25 ans.

Mais à part ça, le patriarcat est une chimère et les femmes ont conquis l’égalité des sexes.

JE LOL.

Et reviens à Yennefer qui abandonne donc son utérus dans une scène de désaccouchement très forte question symbolique et entame la procédure de transformation au prix d’une immense souffrance où ses cris se mêlent et se confondent à ceux de la stryge qu’affronte Geralt dans l’autre moitié de ce montage. Comme le monstre de Témérie, Yennefer brise ses chaînes, littéralement et symboliquement dans cette séquence où son destin et celui de la princesse se mêlent. Comme Geralt, Jean-Paul Lagerfeld est responsable de ses souffrances, mais il est avant tout là pour la délivrer ce qui l’entravait. Mais à la différence de la stryge qui n’avait rien demandé à personne, Yennefer, elle est aux commandes d’un processus coûteux mais qu’elle a souhaité et exigé.

Désormais délivrée de son apparence qui la condamnait, Yennefer peut pénétrer dans la salle de bal et réclamer ce qui lui est dû, la cour d’Aedirn, sous les yeux médusés de l’assemblée. « Imagine the most powerful woman in the world… ». On a presque l’impression que Tissaia repense à ces mots quand Yennefer fait son apparition et défonce tous les plans du Chapitre en fonçant droit sur le roi d’Aedirn.

Ainsi, dès les premiers instants de possession de sa nouvelle arme, Yennefer s’empare de ce qu’elle convoitait, envoyant bouler les plans des vieilles barbes, particulièrement celle de Stregobor. Il y a une part de Tissaia qui jubile, j’en suis sûre, de la voir ainsi prendre le contrôle de la situation en manipulant tout le monde pour arriver à ses fins.

La prochaine fois…

Alors la prochaine fois, je tenterai d’être plus rapide, déjà, hein, vous avez vu que cette publication a un peu trainé, la faute à un manque total d’inspiration concernant cet épisode que j’ai pourtant beaucoup aimé. Du coup, j’ai retardé au maximum en procrastinant comme jamais. C’est un peu le souci aussi de cette diffusion en un bloc, mine de rien, le rythme hebdomadaire permet de conserver des deadlines alors qu’ici, quelque part, je me dis que « oh, hein, ça presse pas…« .

Pas de Point Chiffon cette semaine, vous l’avez noté, et je ne sais pas trop si l’on en fera un la semaine prochaine non plus. J’ai tout de même envie de m’attaquer au cas de Ciri.

« The Witcher » continue donc sur sa lancée, restant une série plaisante, foumillant de détails, mais plombée par son manque de contexte et sa chronologie éclatée qui si elle permet de nous raconter astucieusement les trois histoire en même temps, évitant ainsi de repousser l’apparition de Ciri aux calandes grecques, persiste à se la jouer obscure et mystérieuse sans aucune raison. En effet, il n’y a pas de surprise à attendre de la dissimulation des trois timelines. Ce n’est qu’une astuce narrative plutôt habile mais qui ne débouchera pas sur un twist ou une surprise quelconque d’ici la fin de la saison. Le fait de ne pas explicitement situer dans le temps les trois histoires ne fait qu’ajouter à la confusion pour les néophytes qui doivent déjà composer avec le fait d’entrer dans un univers qui ne livre ses clés qu’au compte goutte et ne se soucie jamais de situer son action par un quelconque carton. Pour moi, cette décision de faire des trois timelines un mystère supplémentaire est une erreur de la part de Lauren Hissrich qui si elle a eu une bonne idée, joue ici avec le feu en empilant une énième couche de complexité sur un layer cake déjà assez épais pour quiconque est totalement étranger à l’univers du Sorceleur.

Donc, lors de notre prochain rencontre, nous aurons la chance et l’indicible plaisir de retourner à Cintra pour y retrouver la reine Calanthe et surtout Jaskier, artisan des mauvais coups et puis surtout… SURTOUT, nous irons faire un tour par la forêt de Brokilone, soit la terrible occasion manquée de cette saison 1, à tout point de vue.

En attendant, et même si j’ai une sainte horreur de ça, je vous souhaite tout de même une bonne année, parce que les conventions, toussa…

7 commentaires Ajoutez les votres
  1. Plop la Dame !
    Bonne année à vous ! Qu’elle soit pleine de bonnes choses et tout ce qui va avec.

    Comme vous, je ne sais pas trop quoi dire sur cet épisode. Il était bon, hein ! Mais j’ai pas trouvé qu’il y avait grand chose à dire.
    Chez Geralt :
    J’ai adoré comment il apparait tranquillement derrière les mineurs cgtiste, calme et posé. Je l’ai beaucoup aimé dans cet épisode d’ailleurs. L’histoire de Renfri l’a plus que marqué, au point qu’il s’acharne désespérément à sauver une pauvre fille damnée et qu’il répète son nom encore et encore dans son sommeil.
    L’histoire d’ailleurs de cette princesse est bien triste. Maudit par un homme qui considérait sa mère comme sienne au point de la vouloir morte elle et sa descendance. On ne saura sans doute jamais si l’histoire de Foltest et sa soeur était consentie (il y a plus d’argument pour dire que oui que l’inverse) mais, l’avenir de leur fille suffit à rendre leur histoire tragique.

    Merci pour le topo sur les sorceleurs, ça explique beaucoup de chose. Je me demandais notamment si vraiment ils ne ressentaient rien (les Immaculés sont bien entrainés à ne rien ressentir alors pourquoi pas les sorceleurs) alors que Geralt semble plutôt avoir des émotions bien fortes. Bref, rien de tout cela, juste une manière de les tenir éloignés. Et les sorceleurs n’ont pas choisi d’être sorceleurs.

    Yennefer.
    Yen a grandi, Yen s’est affirmé, Yen a plus de maitrise aussi. Et Yen veut le pouvoir. J’ai envie de dire désir logique au vu de son enfance. C’est comme une sorte de revanche sur ce qu’elle n’a jamais eu auparavant : la reconnaissance, le respect et… le pouvoir de faire ce qu’elle voulait. Maintenant elle l’a.
    La scène de la métamorphose est superbement réussi car elle montre la douleur du prix à payer pour avoir ce pouvoir, douleur aussi bien physique mais si j’en juge par les épisodes suivants, psychologique vu qu’on les prive de leur fécondité (d’ailleurs, c’est quelque chose qui m’a interloqué dans les épisodes suivants). On peut saluer aussi les maquilleurs qui ont rendu Anya Chalotra bossue car quand elle apparut transformé et toute apprêtée, je me suis demandé si c’était la même actrice !
    Interrogation cependant sur l’épisode : Yennefer souhaite être envoyé à Aedirn. Tellement qu’elle jarte Fringilla du poste. Il y a une raison à cela (outre le fait que Nilfgaard à l’époque se soit pas le coin le plus classieux du monde) ? J’ai cru comprendre que sa région natale était à Aedirn.

    Ciri :
    Mon premier réflexe en voyant son passage a été de me dire « faut pas suivre les voix que l’on entend dans sa tête ! ». Apparemment, l’endroit qui l’appelait était pas trop dangereux donc bon. Mais comme les scènes là-bas étaient pas plus claires les unes que les autres, je vais attendre votre éclairage.

    A la prochaine.

    1. Je suis très partagée avec cette histoire d’inceste. Bon ce sont des personnes fictifs qui n’ont d’autre fonction que de nous présenter une relation interdite et dont les versions varient d’un témoin à l’autre : Ostrit et sa virilité blessée qui soutient qu’Adda était contrainte et sous emprise, Foltest qui clame le contraire…
      On en saura jamais plus car le court passage ou ils apparaissent tous les deux ne donne pas à voir une Adda subissant les attouchements de son frère, même si la reine Sancia rabroue uniquement son fils et ce dans l’unique but de servir un intérêt narratif, celui de prononcer son nom afin de nous permettre de situer l’histoire de Yen par rapport à celle de Geralt. Du coup…. Le mystère sera à jamais irrésolu.

      Quant à Ostrit, il est Grand Prix du Jury du Patriacat pour sa remarquable performance dans « si je peux pas posséder ce vagin, qu’il meurt ! (et puis après j’irai me « recueillir » sur ses draps) ».

      En effet, l’idée que les sorceleurs ne ressentiraient rien est une légende qui va avec leur statut de mutant et leur boulot consistant à affronter des choses pas très catholiques.

      J’ai éte aussi un peu intriguée par ce développement du personnage de Yen concernant la maternité. On peut y voir un besoin surpuissant qui la dévore et l’obsède au-delà de tout. C’est aussi son caractère perpétuellement insatisfait qui veut cela. Enfin, on en reparlera le moment venu !
      Je suis de plus en plus acquise à la cause d’Anya Chalotra dans ce rôle. J’ai hâte de la voir évoluer dedans.
      Concernant le placement à Aedirn, Yen et Tissaia se sont fixees dessus parce que le roi du coin tenait à avoir une magicienne issue de son royaume. Et Aedirn est un royaume plutôt prospère à ce que j’ai compris. Du coup c’est pour Yennefer un placement de prestige. On la veut là là-bas, elle pense que cela va lui permettre d’amasser toujours plus de pouvoir. Quant à Nilfgaard cela semble en effet à cette époque être un royaume mineur. Et Yen ne tient pas le roi Fergus en grande estime (en même temps, personne ne le tient en estime…) sans parler e sa réputation avec les femmes qui est moins que mauvaise.

      Brokilone : aaaahaahaahahahaha
      On peut interpréter l’onomatopée ci ci-dessus comme un cri de douleur ou un rire jaune. Au choix.

  2. Merci pour ce billet. Même si l inspiration a pris son temps. Je le trouve très bon.

    Je reconnais aussi que le rythme un/semaine était plus adapté. J’ai moins l épisode en tête après avoir tout vu.

    Ptdr pour Morano, c est vrai qu’il y a une ressemblance.

    Je n’ai plus mon état d esprit exact mais l épisode ne m avait pas laissé complètement satisfait. Triss m a paru bien quelconque. Et j’ai eu l impression de revoir la scène d introduction du premier jeu vidéo. Je ne sais pas si c était voulu ou si l auteur avait suffisamment décrit cette scène pour quelles se ressemblent autant.

    Plus de lore, est ce que ce n’est pas allé un peu loin sur le lore des sorceleurs? J’ai l impression qu’on va voir tout cela dans les prochaines saisons à travers les yeux de Geralt plus jeune.

    Après avoir tout vu, je comprends un peu mieux le côté année 90 qui surgit parfois. Ça ne m avait pas choqué sur les 3 premiers épisodes.

    1. Pour Triss, on en a encore trop peu vu pour se prononcer. Ça sera pour la saison prochaine ! Et oui, le combat contre la stryge sent le déjà vu parce que comme le jeu, il reste assez fidèle aux grandes lignes du matériau de base.
      Sur la question d’un excès de lore, je me la suis posée mais comme jai l’impression que la série n’aime pas s’expliquer, pas sûr qu’en saison 2 on est davantage de palabres sur le sujet. On va nous montrer des choses (obligé) mais pas forcément les poser à plat. Ce n’est pas trop le genre avec Hissrich, on dirait ^^.
      Sur le côté années 90, je crois que je commence à comprendre ce qui déconne avec la série mais j’attends d’avoir les idées un peu plus claires à ce sujet pour tenter d’expliquer ça correctement.

  3. Coucou la Dame,

    tout d’abord avec du retard bonne année, et meilleurs vœux pour 2020 ! ^^

    Je n’ai pas grand chose à dire sur le billet, c’est toujours aussi drôle et bien écrit. Par contre, Jean-Michel Blanquert dans l’épisode 1, Nadine Morano et Castaner ici, les références politiques sont nombreuses ! Tu m’as bien fait rire ! ^^

    J’attendrais le dernier épisode pour commenter l’ensemble de la série. Au plaisir de te lire.

    1. Oui, j’ai peut-être un peu chargé la barque question politique. Mais le best du best, c’est la guest star officielle dans le dernier épisode. Celle-là, je l’invente pas, elle est juste collector ^^.

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