The Witcher : The End’s Beginnings

Gens, amis, étrangers venus de terres lointaines, cela faisait bien longtemps que je n’avais :

-utilisé cette citation.

-écrit par ici.

Maintenant que c’est chose faite et que l’équilibre a été rétabli dans la Force, je ne :

-parlerai pas de Star Wars : it still hurts.

-vous ferai pas l’affront d’un long et inutile marinage avant d’entrer dans le vif du sujet du jour, à savoir la série qu’on attendait tous un peu frétillants, un peu la bave aux lèvres, un peu inquiets sur les bords, because, les adaptations, toussa, dès fois on s’emballe on s’emballe, et on termine en PLS à braire devant sa télé parce que Game of Thrones, it still hurts.

PEUIMPORTE, lançons nous sans plus de cérémonie et à corps perdu dans ce premier billet consacré à « The Witcher », de Lauren Hissrich, comme mon tailleur (un bisou sur le nez si vous avez saisi au vol et avec vivesse ce calembour interdit par la Convention de Genève).

Petit disclaimer : « The Witcher” n’est pas “Game of Throne” et n’a pas vocation à le devenir, ou à le remplacer. Il y a beaucoup, BEAUCOUP depuis la sortie de la saison 1 de critiques allant dans le sens que le remplacement de la reine des séries n’a pas été assuré par Lauren Hissrich et ces critiques n’ont pas de sens. Vraiment. Il est très facile d’oublier ce qu’était GoT dans sa première saison, et son pilote en particulier. Visuellement assez terne, sans grande ambitions dans la réalisation, avec un budget maigre lui donnant plus souvent qu’à son tour un aspect un peu cheap. « The Witcher » vient juste de débuter, elle aussi a le droit de s’installer, de se trouver une patte, une identité, et une équipe de réalisateurs capable de la tirer plus haut. En attendant ce jour qui arrivera peut-être le travail proposé sur ce premier épisode, s’il est largement imparfait, m’a agréablement surprise. Reste à voir comment l’ensemble évoluera.

Disclaimer 2 : n’attendez pas non plus des billets comme ceux de « Game of Thrones ». J’ai un rythme à prendre, un nouveau sujet à apprivoiser et je ne suis pas fan des livres de Sapkowski comme je peux l’être de ceux de Martin. Je suis hypée mais pas hypée niveau Trône de Fer, si tu vois ce que je veux dire. Donc question analyses de fond, je ne sais pas ce que je serai en mesure de produire, qu’on se le dise.

Blaviken.

Quelque part, à une époque quelconque, dans un bois burtonien, une biche.

Ou un daim, chevreuil, faon d’une quelconque variété d’ongulé, j’en sais rien je suis pas chasseresse ni garde-forestière, me jugez pas.

La biche non plus, elle juge pas ceci dit, trop occupé à manger de la boue au bord d’une mare qui fait blopblop, preuve que niveau instinct de survie on est un peu au degré zéro sur l’échelle du darwinisme.

Bref, notre biche ne fera pas long feu, dans exactement, trois, deux, un,

KIKIMORRHE !!!!

Elégante créature à mi-chemin entre une araignée et Jean-Michel Blanquer, la kikimorrhe a pour son malheur un nom inspirant tout sauf le respect pour sa personne. Et comme un fait exprès, l’infortunée a justement un Geralt de Riv de l’irrespect greffé au museau, visiblement déterminé à demander des comptes pour la réforme du lycée professionnel.

Un peu de suspens pour la forme et c’est un Geralt défoncé au crack qui met fin aux jours du monstre-ministre, mettant ainsi fin au spectre de la grève illimitée dans les écoles primaires.

Etrangement silencieux quant à son adversaire, le sorceleur ne se prive pas se foutre copieusement de la margoulette de la biche, salement amochée en mode « manger de la boue au bord d’une mare qui fait blopblop… Tu serais pas de la famille de JarJar Binks dès fois ? » avant de lui dépouiller sa face pour lancer le générique.

Bienvenue à toi, Geralt de Riv, premier dans nos cœurs et nos petits écrans ! Bienvenue aussi à toi, Henry Cavill, qui en une petite heure même pas (à dire vrai, il m’avait vendu son Geralt dans les trailers, et la scène de l’auberge ne fera que le confirmer un peu plus tard dans l’épisode), a balayé toutes les interrogations que l’on pouvait avoir à son sujet. Henry il serre les dents, quand il a pas envie de dire trop de méchancetés, il grogne et balance avec décontraction des punchlines de bâtard.

Si Henry Cavill EST Geralt de Riv sans aucune micro hésitation, la série elle, s’attache très clairement à dépeindre l’atmosphère de décrépitude des romans, donnant à voir une société des hommes veule, sale, désespérante.

Unique emprunt très perceptible aux jeux-vidéos, la bande originale de Sonya Belousova fait la part belle à une instrumentation traditionnelle, au chant, et pioche très explicitement dans les couleurs de la partition de Marcin Przybyłowicz et Mikołaj Stroiński. Un parti-pris intelligent qui permet de donner une certaine familiarité aux joueurs de la franchise, tout en servant élégamment l’atmosphère de la série, rendant hommage à ses origines slaves.

Et c’est donc porté par des meufs qui hurlent « yeeeeaaaaaeeeeeaaaaeeeaeaeaeaeyyayyayayayay » que Geralt entre dans la sombre et boueuse Blaviken, Jean-Michel Blanquer chargé à dos d’Ablette, puis s’installe au comptoir d’une auberge où il est illico plongé dans une scène d’exposition avec des gens qui tiennent des propos intolérables où c’est qu’il y a pas de tolérance :

«-Je veux voir le maire.

Non.

Si.

Non.

Grrrroooou.

Mutant.

… is the new « Ned Stark’s bastard” ?

Pour un premier épisode, il faut reconnaitre à « The End’s Beginnings » sa volonté de ne pas trop forcer son exposition. Certes, on nous jette pas mal d’infos au visage, mais elles ne prennent pas le dessus sur le développement des personnages ou des thèmes que cette première heure a envie d’explorer. Ainsi, la scène où Geralt buvait un élixir avant d’affronté la kikimorrhe a été coupée, laissant au spectateur ignorant tout de cet aspect du travail des sorceleurs avec quelques questions au sujet de ce look black metal temporaire. De même, les signes, utilisés deux fois à Blaviken (Aard sur les hommes de Renfri, Axii sur Renfri elle-même), ne sont que teasés.

« Comment je suis trop sombre et mystérieux… »

Isolé par son statut de mutant, Geralt est mis en scène de manière à le singulariser constamment du reste des humains, dont on le détache très nettement, au-delà des répliques annonçant ses mutations. Silhouette sombre et massive l’auberge où ses yeux jaunes sont intensifiés par l’éclairage, Geralt n’est jamais montré sans volonté de décalage avec le reste des protagonistes que lorsqu’il interagi avec ses semblables, ici Renfri et Stregobor le mage.

La nouvelle « A Lesser Evil » était de toute évidence le meilleur point de départ pour entrer de plain-pied dans l’univers du sorceleur. Son histoire navigue à la frontière trouble des apparences et des faux semblants, poussant son principal protagoniste dans ses retranchements lorsqu’il doit se résoudre à intervenir dans le conflit opposant Renfri, aka Dark Snow White, à Stregobor, le macho macho mage.

Tout l’arc de Geralt dans cet épisode construit son aura de mec désemparé par la réalité de la condition humaine, le faisant interagir constamment avec des êtres dévoyés prêts à tout pour leur profit personnel. De Renfri et sa vengeance capable d’aller jusqu’à massacrer des innocents, à Sterogor fondant la persécution de femmes sur une prophétie branlante (et qui ne rime même pas), en passant par Marilka, enfant attachante mais capable de butter son propre chien pour toucher 60 pièces.

Point agréable dans la série, l’accent mis sur l’expérience féminine dans un univers qui sous la plume de Sapkowski a parfois lourdement tendance à être marqué par le male gaze. Ici, un sous-texte apparant nous parle de la difficulté à être née femme dans un monde où leurs options sont limitées. Si les femmes de Cintra dans la deuxième partie de l’épisode apporte une autre perspective sur la misogynie latente, il n’en demeure pas moins que les histoires des personnages féminins sont teintés d’un discours sur la difficulté d’être femme dans pareil monde.

Et le personnage de Stregobor, mage de Blaviken vivant planqué dans une tour par peur de Renfri, l’enfant soi-disant maudite, est édifiant en la matière. Parce qu’il a consacré une partie de sa carrière à buter des filles au simple motif d’une superstition à la saveur d’apocalypse, il a fini par s’attirer les foudres d’une de ses victimes, Renfri, qu’il craint plus que tout, incarnant ses plus profondes peurs : femmes, libre, puissante. Bouh. Ce qui le pousse à passer ses journées au milieu d’une illusion sexiste as fuck, où des meufs à poils passent leur temps à cueillir des fruits dans un jardin luxuriant. Cette vision, presque gerbante de complaisance tranche radicalement pour deux raisons avec le reste de l’épisode. Visuellement, elle dénote de la dépiction du réel en donnant à la magie une artificialité qui lui sied plutôt bien. Narrativement, le contraste entre les couleurs, la sérénité du lieu avec les forêts lugubres et dangereuses de Blaviken qu’arpente Geralt, ainsi que la nudité de femmes douces et lascives aux cheveux longs, opposée à l’armurée, tranchante et cheveux coupés courts Renfri, parle assez explicitement de la manière dont Stregobor perçoit les femmes.

« Donc si je comprends bien, tu viens de passer ton sixième dan de patriarcat ? »

«-Alors voilà, mon petit Geralt, la prophétie du Soleil Noir, qui annonce le retour de Lilit qui exterminera la race humaine.

Pour quoi faire ?

-…

-…

Mais on s’en fout pour quoi faire !! SOIXANTE FEMMES GERALT ! Soixante reines qui vont rien qu’à faire de la violence pour paver le chemin du démon !!!

Comme c’est original.

Toutes des mutantes, Geralt ! Avec des mutations dans le dedans !

Dans le dedans ? Genre invisibles à l’œil nu ? C’est rudement commode, Stregobor…

Ah mais j’ai vérifié par moi-même, je te montrerais bien les rapports d’autopsie et tout, mais bon, mon chien les a mangés.

Dommage. Donc je résume les bails, Strego : tu es parti du principe que naître pendant une éclipse de soleil était diablerie et sur la foi d’une prophétie trouvée dans un fortune cookie, tu as fait séquestrer dans des tours 59 princesses soi-disant mutantes qui ont fini par mourir sans exception, sans doute de pneumonie parce que vivre dans un donjon c’est difficile surtout pour une fillette de 8 ans, suite à quoi, tu les as autopsiées, tu as découvert la preuve de leurs mutations que tu ne saurais me décrire et puis hop, ton chien a mangé tes notes et maintenant, tu as la soixantième princesse au cul, en mode ultra vénère rapport au fait que tu as voulu sa mort et genre tu voudrais que je la butte pour toi ?

Diantre, Géralt, comme ton esprit est vif ! »

Ben c’est qu’on apprend pas à un vieux sorceleur a sourire, Strego. Et Geralt, ça doit bien faire cinquante piges qu’il a pas esquisser un rictus et quand on entend des histoires cousues de fils blancs comme la tienne à longueur de journée, on peut pas trop lui en vouloir.

L’histoire de Renfri est clairement une version de celle de Blanche Neige. Une princesse qui perd sa mère très jeune et subit la vindicte de sa belle-mère, se retrouve chassée de chez son père et finit par vivre avec un groupe de 7 mecs…

Même la série, si elle ne prend pas forcément un aspect aussi explicite que la nouvelle concernant ce cousinage, joue avec l’analogie en ouvrant le récit de la malédiction sur une pomme que Stregobor tend à Geralt.

Un Geralt pas touché pour deux sous par le récit de Stregobor, mettant en avant une éthique personnelle vachement tenable dans la vie : ne jamais choisir entre deux maux.

OK, Gege, tu es bien gentil, mais aux dernières nouvelles, Riv ne fait pas partie des cantons suisses. Du coup, moi je veux bien, le « ohnonnon, jamay, bouh, je me mêle pas de ça, ouhloulou, prendre des décisions, eh, l’autre, oh hein, eh, ça va quoi, non », mais dans le cas présent, c’est clairement couru d’avance qu’il va te falloir mettre ton joli nez dedans et pitet aussi engager physiquement quelques malandrins, rapport au fait qu’il n’y a que toi qui ne semble pas voir que tu es plongé jusqu’au cou dans le merdier de Blaviken.

Sens du « Point Chiffon » activé : Geralt se tire de Blaviken avec la broche de Renfri. J’enclenche donc le mode « retrouvons la broche », parce qu’elle va fatalement revenir.

Merdier conduisant tout droit notre sorceleur à la boucherie qui lui collera à la peau durant des décennies de la manière la plus WTF possible. Je sais, c’est pas sport, mais DANS LA NOUVELLE, Geralt est contraint d’agir car Renfri a ordonné à ses hommes de massacrer les gens dans le marché jusqu’à ce que Stregobor décide de sortir de sa tour. Geralt ne comprend leur plan qu’à retardement, déboule sur le marché juste avant que le massacre ne commence et déboite des museaux pour sauver les citadins qui ne voyant qu’un sorceleur massacrer des gens dans leurs rues, s’empressent de le surnommer « Boucher » ignorant que Geralt vient de leur sauver la vie.

Ici, Gege déboule comme un cheveu sur la soupe et commence à meuler avec une légère gratuité sans que l’on comprenne trop pourquoi il décide de prendre parti dans un affrontement qui ne le concerne pas, puisqu’à aucun moment on ne lui a laissé entendre qu’il allait y avoir un massacre. L’idée de lui faire avoir un rêve prophétique fonctionne mal. Le fait que Geralt choisisse d’agir sur la foi d’un rêve prophétique amoindrit considérablement l’idée même de le voir faire un choix dans une affaire dont il avait promis ne pas se mêler. Geralt revient à Blaviken parce qu’il a vu en rêve un massacre, il ne décide pas lui-même de prendre parti, ce qui amoindri, je trouve la portée de l’épisode.

Geralt ne peut rester totalement indifférent au sort de Renfri. Il a rapidement cerné l’hypocrisie de Stregobor et plus encore, le rôle déterminant des lubies du mage dans le destin de Renfri, acculée à devenir ce qu’elle est aujourd’hui par le poids de la prophétie. Dans leurs conversations dans la forêt, il apparait très vite que Geralt et Renfri voient beaucoup d’eux-mêmes en l’autre. Simplement, le sorceleur a une approche radicalement différente de celle de la chef de bande quant aux conséquences de vivre en étant différent. Résigné, Geralt vit dans l’illusion que son indifférence le protège des humains, tandis que Renfri, dévorée par la colère, se figure que sa vengeance lui permettra de retrouver sa vie.

L’un comme l’autre a fondamentalement tort, et tous deux finiront l’épisode dans une impasse dont aucun ne sortira. Renfri le payera de sa vie, Geralt de ses postures de Suisse.

Personnage tragique, Renfri apparait comme une énième victime des prophéties, façonnée dès la naissance par l’idée implantée dans l’esprit de Stregobor qu’elle n’était en fait qu’une bombe à retardement, attendant son heure pour déchainer les enfers sur le monde. Impossible de statuer sur sa nature profonde, tant son histoire faite de peur, de rejet et de violence l’a conduite, presque inévitablement, à devenir ce « monstre » que les autres voulaient tant qu’elle soit. L’obsession de Stregobor et l’instrumentalisation qui a été faite par sa propre famille ont condamné Renfri. Et c’est précisément ce que réalise Geralt devant son cadavre, lorsqu’il défend au mage de s’en emparer pour autopsie. C’est une forme de dernière dignité que le sorceleur accorde à la princesse, en empêchant Stregobor de découvrir en elle des preuves de sa théorie. Renfri n’est pas aux yeux de Geralt une créature infernale destinée à répandre la désolation partout où elle passe. Si elle est devenue un monstre, c’est par les choix qui ont été les siens, sur une voie tracée malgré elle. Renfri était bel et bien un monstre, parce que l’on avait bien voulu qu’elle en soit un. Parce qu’il fallait une créature pour porter le fardeau du mal, pour cacher les déviances d’un mage comme Stregobor et justifier ses obsessions malsaines.

Dans tout ce malheur et ces faux semblants qu’est l’intrigue de Blaviken, deux moments de bravoure. Ouch, mazette, les combats…

Le massacre des 7 compagnons, OMFG, c’était beau à regarder. Le duel Geralt vs Renfri, tout pareil. S’il y a un truc que cette série réussit extrêmement bien dans ce pilote, c’est bien ses scènes d’action. On reparlera plus tard de la bataille de Marnadal qui ne démérite pas non plus, mais ces combats de rue sont assez exceptionnels.

Chorégraphiés par Vladimir Furdik, à savoir le Roi de la Nuit en personne, Dagobert le Bleu, les combats ont une esthétique extrêmement plaisante. Furdik connaissant bien les romans et leurs adaptations vidéoludiques a choisi de conserver à Geralt son agilité caractéristique, donnant aux combats à l’épée des airs de danse, destinées à rendre les mouvements et enchainements les plus fluides possibles sans exclure une grande brutalité. Et le résultat est un ballet morbide fascinant à regarder. Le fait qu’Henry Cavill assure seul ses cascades fait aussi beaucoup à la réussite visuelle des combats, la caméra n’ayant pas à tricher pour dissimuler une doublure. Le boulot investi dans la préparation physique est visible et payant et crédibilise encore un peu plus l’acteur dans son rôle.

Laissons donc Geralt se prendre des volées de caillou et envolons-nous vers Cintra, une ville qu’on aurait aimé je sais pas, avoir son nom, sur l’écran, parce que tu te mets deux minutes à la place d’une personne totalement étrangère à cet univers et c’est complètement l’angoisse, cette absence de repère géographie.

Cintra.

Meet Cirilla Fiona Elen Riannon, une fille qu’avec un blaze pareil tu te figures bien qu’elle n’est pas trop la pécore qu’elle semble être quand nous la découvrons lancer des osselets tout en ayant des sortes de visions cheloues, genre comme quand votre chat se met à fixer un mur blanc.

Ciri qui aime donc bien se déguiser pour aller taquiner du gamin des rues, transitionne sans aucune forme de pitié vers la salle du trône de sa mamie, la reine Calanthe de Cintra où se trouve aussi son papi, le roi Eist.

Fun Fact : Jodhi May jouait Maggy la Grenouille dans Game of Thrones.

Avec cette partie de l’épisode à Cintra, il est temps de faire un petit point sur la manière dont cette saison 1 est construite, sur trois temporalités différentes.

La première timeline est celle de Geralt. Il s’agit de la principale qui va nous servir de temps de référence. Renfri mentionne durant une discussion avec Geralt la première grande victoire militaire remportée par la jeune reine Calanthe, ce qui est un indice permettant de situer cette timeline par rapport à la suivante.

La deuxième, amorcée ici, est celle de Ciri. Elle se situe dans le futur de la première. Calanthe est alors âge de 45-50 ans et Ciri évoque pendant le banquet la première grande victoire de sa grand-mère, remportée quand elle avait son âge.

La troisième est celle de Yennefer, que l’on verra dans le prochain billet si je ne m’abuse. Elle débute quelque chose comme une centaine d’années (à la grosse louchette) avant celle de Geralt.

Voilà pourquoi, contrairement aux apparences, nous n’avons pas vu encore tout au sujet de ce qu’il se passe à Cintra. Et les évènements de cet épisode trouveront leur explication plus tard dans la saison, si tout se passe bien. Ou en saison 2, vu que cette intrigue est d’une longueur assez spectaculaire, il faut bien le dire.

Mais bref. Retrouvons Cirilla, princesse de son état, en train de s’en payer une bonne tranche avec son pépé Eist, un mec rigolo mais un peu graveleux sur les bords, après je juge pas, Eist est un iarl/roi de Skellige, ces mecs là sont du genre épais.

Le gros coup de force de l’épisode est bien dans sa manière de mettre en scène la cour de Cintra et plus précisément la famille royale. Malgré leur faible présence à l’écran, les trois personnages et leurs rapports sont extrêmement bien définis, jusqu’à rendre la mort du roi Eist terriblement impactante.

Mais en attendant que le roi se prenne une flèche dans l’œil tiré par un fort habile chevalier que l’on ne nommera pas ici encore dès fois que la série veuille faire un genre de suspens ou je sais pas quoi, découvrons comment le bon roi Eist va en arriver au point où il va se prendre une flèche dans l’œil.

«-Cay la mayrde, ma femme ! Nilfgaard nous fonce droit dessus !

Mais nan.

Mais si !

Mais nan…

Mais puisque je te dis que si.

Majesté, Nilfgaard nous fonce droit dessus.

Saperlipopette… »

Et le lendemain matin, l’armée de Cintra fait face à celle de Nilfgaard.

Quoi, genre… Déjà ? La rapidité de l’enchainement me surprend un poil mais bon, passons. Passons parce que la scène est très, très cool. La marée noire nilfgaardien, le swag en titane de la Lionne de Cintra, la mort d’Eist, la silhouette de l’archer, la fureur et le désespoir de la reine, la violence des combats, la lumière blafarde nimbant la scène… Tout cela nous ferait presque oublier que les Nilfgaardiens se battent dans des armures en peau de testicule.

C’est balot quand même. Une fois que tu l’as vu, tu ne vois plus que ça et comment dire, l’uniforme en balloche, ça aide moyen à poser la crédibilité du grand maychant de la série, le terrible empire nilfgaardien qui pourtant est bien représenté ici comme une force sombre et inarétable, abattant tout sur son passage.

Pendant ce temps, à Cintra, Ciri fait les cent pas dans sa chambre en attendant des nouvelles de l’armée sous la bonne garde du druide Sac-à-Souris et de Kyllian (si je veux), son garde du corps. On notera au passage que référence est faite par le druide à l’histoire des filles du soleil noir, liant ainsi Ciri et Renfri, parallèle astucieux à faire à ce moment précis où la princesse semble encore être une enfant parfaitement normale quoi qu’un peu agacée par les obligations de la cour.

Au retour de Calanthe, l’univers de la jeune-fille s’écroule, lui faisait miroiter la mort des siens en même temps que la perte de son royaume. Je comprends un peu mieux la culpabilité des dirigeants de Skellige, des années plus tard, vis-à-vis de la chute de Cintra quand on voit la rapidité avec laquelle Nilfgaard est parvenu à faire tomber le royaume. Est-ce-que les 50 navires de l’archipel auraient fait la différence ? Difficile à dire, considérant le déploiement de force nilfgaardien.

Au lieu de perdre son temps à s’interroger sur le retard de la flotte vikingo-écossaisse skelligoise, Sac-à-Souris se décide enfin à montrer un peu ses pouvoirs et lance un hadoken sur les portes du château, barrière magique dont Nilfgaard va attendre la dissipation en balançant des flèches dessus, ce qui est infiniment con, si vous voulez mon avis parce qu’ils tirent volée sur volée en attendant que certaines ne fichent dans la porte, indiquant que la protection magique s’affaiblit. Alors qu’une flèche toutes les dix minutes aurait fait l’affaire. Le Nilfgaardien est généreux, sous son armure en peau de couille.

Ou alors c’est moi qui ai mal interprété les propos de Sac-à-Souris. Quand il dit : « mon sort tiendra jusqu’à ce que je ne tienne plus« , j’ai compris « ce truc est infranchissable jusqu’à ce que je sois trop fatigué pour le maintenir plus longtemps« . Mais après, il fallait peut-être comprendre « Si on attaque ma barrière, ça m’affaiblit du coup, le temps de maintien du bouzin est proportionnel à la force de frappe de Nilfgaard contre le dit bouzin. » La sorcellerie bon sang, c’est vraiment un univers complexe, hein…

Une fois la barrière magique brisée, il est temps pour Calanthe de faire ses derniers préparatifs de départ :

«-Je mourrai avec panache, comme le plus grand dirigeant que cette terre ait portée !

Le général De Gaulle ?

Tommen Baratheon…

Je mets cette divagation sur le compte de l’agonie.

N’empêche, je vais quand même me défenestrer. Et vous, vous allez filer du cyanure à tout le reste du château !

C’est brutal…

Bon Ciri, pas le temps de niaiser : ceci est une mise à sac. Tu vas prendre ta veste, ta lunch box et te jeter à corps perdu sur les routes pour fuir l’oppression.

-[insérer ici un rugissement digne de la Metro Goldwyn Mayer]

C’était… Inattendu. Tu sais, on t’appelle le Lionceau de Cintra mais faut pas tout prendre au pied de la lettre, hein… »

Alors ok, bon, Ciri la banshee, pourquoi pas… Ce pouvoir ne vient pas de nulle part, si vous avez binge watché la série, vous avez non seulement de l’avance sur moi, mais vous devez savoir de quoi je parle, cependant, la manifestation de pouvoirs chez Ciri, si je n’ai rien contre sur le papier, me gène un peu dans les faits car je me demande ce qu’ils vont bien pouvoir en faire par la suite. Je veux dire, briser les flûtes en cristal de Calanthe comme La Bourdelle, j’ai rien contre, défoncer le sol comme si elle était la faille de San Andreas, je suis un peu plus réservée. Parce que ce type de pouvoir, ce n’est pas rien et pire, à la fin de l’épisode, Ciri semble maîtriser cette aptitude puisqu’elle s’en sert sciemment pour éloigner d’elle le chevalier. Même si elle n’est pas dans un contrôle total, on sent qu’elle sait à peu près ce qu’elle fait et que surtout, elle a pris conscience de l’utilité de ce don qu’elle se découvre. Reste à savoir comme la série va négocier cette éruption de puissance pour le moins inattendue.

Quoi qu’il en soit, les graines sont plantées pour la suite. Ciri et Geralt sont destinés l’un à l’autre, comme Calanthe et Renfri leur ont expliqué au moment de mourir.

La prochaine fois…

C’est totalement inédit pour moi d’aborder une série qui ne sort pas à un rythme hebdomadaire. Je ne sais donc absolument pas quand je sortirai le billet sur l’épisode 2, ni à quel rythme je vais finalement écrire sur « The Witcher ». La tentation de binge watcher est ultra forte, entendons-nous bien, ainsi j’ignore encore si je vais me laisser entrainer ou si je vais sagement adopter un rythme « visionnage, écriture, visionnage, écriture… ». Les paris sont ouverts, il va falloir que je trouve une méthode qui me convienne. Et je me dis que je ferais mieux de profiter des vacances pour avancer un maximum.

Geralt, usant de l’ancestrale technique de la fourchette dans les yeux.

Alors on verra bien quand nous nous retrouverons pour parler de MADAME de VENGERBERG, la douce Yennefer, ironie inside, dernière timeline des trois qui sont présentées dans cette saison 1, la plus ancienne.

Si je devais résumer mon avis concernant ce premier épisode, je parlerais de bonne surprise. Je n’attendais pas grand-chose de cette série et j’avoue que le résultat final m’a vraiment convaincue. Alors les dialogues sont souvent un peu lourdauds et l’épisode a échoué à correctement délivrer l’arc du Boucher de Blaviken ce qui est tout de même assez prodigieux sachant qu’il n’y avait pas grand-chose à rater dans une histoire aussi simple, mais je vais faire comme si tout cela n’était que des erreurs de jeunesse. Faire un pilote est un exercice complexe et dans les grandes lignes, Lauren Hissrich est parvenue à brosser d’excellents portraits de ses personnages, ce qui était certainement l’essentiel pour cette première heure.

Non, je n’ai pas assez parlé du rôle essentiel d’Ablette, la véritable destinée de Geralt.

J’accorde donc une certaine indulgence à la série pour le moment, sachant qu’en plus de délivrer une histoire profondément humaine en rendant chacun de ses protagonistes crédibles et pour la plupart, attachants, l’épisode ne s’est pas montré avare visuellement : une bataille rangée, une mise à sac et un incendie de cité, un combat contre un monstre et un affrontement dans les rues de Blaviken vraiment très satisfaisant à regarder, compensent tout de même certains partis pris de mise en scène pas toujours des plus heureux.

Enfin comme je le disais en début de billet, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit là des prémices d’une série qui a encore son rythme de croisière à trouver. Pour le moment, « The Witcher » n’a pas démérité, au contraire. Reste à savoir comment tout ceci va évoluer.

Pour l’heure, le choix de se focaliser sur Geralt et de l’établir correctement en tant que personnage principal sans trop polluer le récit par de multiples introductions aura permis de produire une entrée en matière relativement douce et harmonieuse.

Et donc à la prochaine, pour savoir si je pesterai autant sur les costumes que Yennefer que j’ai pu le faire jusqu’à présent…

Sauf celui-là, qui est super badass.
15 commentaires Ajoutez les votres
  1. Ah ça fait plaisir un ptit billet comme ça , un peu comme un chtit cadeau de noël en avance toussa…
    Bon perso je ne suis pas un gros lecteur de la série ( j’ai dut lire les 3 premiers et le recueuil de nouvelles ) . K’ai poncé la série vidéoludique je sais pas si ça compte. En tout cas ce fut l’occase de rallumer Netflix et c’est agréable , un bon premier épisode d’intro même si un peu déstabilisant par moment ( selon béta testeur novice qui regardait avec moi ) . Peut être un peu trop brutal parfois de ses changements de lieux histoire de pinailler. Petit truc quand même au bout de 3 épisodes on a parfois des problêmes avec l’aspect temporel niveau du récit. C’est dommage mais pas très génant pour l’instant.
    Bref du bon.

    1. Je confirme, la série a un très gros souci avec la gestion des lieux. J’en parlerai dans le prochain billet où j’aurai des cartes à vous proposer, sachant qu’il n’existe encore ni carte officielle pour la série, ni carte fixe et sans erreur pour l’univers en particulier. Les contours du continent changent d’une version à l’autre, rien n’est très clairement établi…

      Sur la temporalité, on a de plus en plus d’indices (j’en suis à l’épisode 5 maintenant, oui, j’ai binge watché…), en particulier dans l’épisode 3 avec la stryge et le roi Foltest qui apparait âgé dans la timeline de Geralt et enfant dans celle de Yennefer, l’indice le plus clair jusqu’à présent de l’existence de plusieurs lignes temporelles.

  2. Plop !
    Tout comme vous, j’ai maté le premier épisode de The Witcher (pas de binge watching pour moi, de toute façon pas le temps pour tout visionner d’un coup) et j’en suis plutôt contente.
    Pour remettre dans le contexte, je ne connais strictement rien à The Witcher. Je connaissais vaguement le nom du jeu vidéo, puis après en me renseignant, j’ai appris qu’il s’agissait à la base une série de roman d’un auteur polonais (je crois…). Mais comme il n’y avait jamais trop de série fantasy à mes yeux, j’étais contente d’en avoir une nouvelle après GoT. Je suis donc une totale néophyte sur l’univers. Et comme on dit… roulez jeunesse ! Tu comprendras plus tard !
    Non, sérieusement, il y a des moments où j’étais vraiment perdue. Si je peux me permettre une comparaison, j’ai commencé GoT en ne connaissant rien du tout des livres ou de l’univers. Donc là aussi, il y a eu du largage mais le premier épisode prenait quand même de présenter un minimum son univers (ou en tout cas la situation présente). Là, on est in media res dans l’univers. En soi, ce n’est pas vraiment un défaut et ça ne m’a pas empêché d’apprécier l’épisode mais c’est quand même perturbant.

    Donc Blaviken
    Geralt. Convaincue dès la première réplique par Henry Calvill (et j’adore la voix qu’il prend). Bon j’avais quand même capté que c’était le perso principal et le sorceleur (merci au bande-annonce). Sorceleur qui ne sont visiblement pas bien vu because mutant. Pourquoi ? Comment ? Je suppose que l’explication se fera plus tard.
    Se fait aborder par une charmante jeune femme et après par une gamine à la langue bien pendue (c’est vrai, j’ai bien aimé Marilka) qui l’amène à son maitre le mage Stregobor.
    Stregobor qui au premier coup d’oeil m’a pas paru bien sérieu. Surtout j’ai rien compris à sa prophétie. Enfin si, j’ai compris qu’il pensait que les filles nées un jour d’éclipse étaient des chevaliers de l’apocalypse et que Renfri (ak.a la charmante jeune femme de l’auberge) en faisait parti et qu’elle voulait le buter. J’ignore si c’était voulu ou si ça venait de moi mais quand je disais que Stregobor ne faisait pas sérieux, ça vaut aussi pour sa prophétie. Ca m’a davantage fait pensé aux élucubrations d’un vieil homme qui a pris peur des femmes pour on sait pas trop quoi.
    De même, j’ai pas trop compris le rêve prophétique mais là on dirait que c’est davantage dû à un choix d’écriture qu’à moi-même. Pareil pour la fin de l’épisode quand Geral quitte Blaviken. C’est pas net net que les gens de Blaviken lui demande de quitter la ville parce qu’ils l’ont découvert avec plein de cadavre autour de lui. Et pourquoi Marilka le vire aussi ? Parce qu’il a tué son maitre ?
    Et je plussoie pour les combats ? Bon Dieu qu’ils sont cool !
    Vous parliez d’une référence à Blanche-Neige. Personnellement, j’ai plus vu une référence religieuse. La tour de Stregobor avec les femmes dénudés et les pommes (c’est bien des pommes) : le Jardin d’Eden. Puis la prophétie et Lillit, c’était pépite. Mais les deux références ne s’annulent sans doute pas.

    Cintra.
    C’est sans doute là que le largage s’est fait le plus violemment. Où qu’on est, qui que sont ces gens, qu’est-ce qui se passe ?
    Bon, on se calme et on regarde. Les trois perso de cette région, le roi Eist, la reine Calanthe et Ciri sont tous les trois très attachants, les costumes bien faits, les décors bien foutus. Enjoy !
    Puis vient la menace de Niilfgaard (je m’excuse si je fais des fautes dans les noms, il y a encore un coup à prendre) grand ennemi qui arrive à tout va (keskecé ??) et là, mon instinct me dit tout de suite : le roi, la reine ou les deux, ce qui est sûr c’est que y’aura des morts ici à la fin de l’épisode. Ben punaise, que y’en a eu.
    J’ai bien aimé la bataille. On sent clairement le manque de budget nécessaire à ce genre de scène mais ma foi, c’était loin d’être ridicule au contraire ! L’armée nilfgardienne (j’ai une folle envie de l’appeler l’armée de Niflheim) qui fond sur celle de Cintra, la reine Calanthe (qui m’a vu adhérer à son fan club à ce moment-là) qui mène la charge pour ensuite foncer vers le cavalier-mystérieux-qu’on-va-forcément-revoir rageuse, jusqu’à sa fin alors que la citée tombe, très bien rendu.

    La temporalité. Heureusement que vous le précisez car j’aurais pu passer à côté. D’un autre côté, pas franchement de voir que les événements ne sont pas contemporain, surtout quand on répéte à la fin que Geral et Cirilla sont la destinée l’un de l’autre.

    Bref, The Witcher, commence bien. L’épisode est de bonne facture, la BO m’a séduite et les acteurs sont bons dans leurs rôles. Je vais donc continuer la série joyeusement et attendre vos billets !

    1. Je reviens avec des cartes dans le prochain billet, et une section spéciale pour expliquer des éléments du lore (j’ai déjà préparé les inserts pour les articles prochains), ça devrait, j’espère, éclaircir deux trois éléments qui c’est vrai, si on ne connait ni les livres ni les jeux, sont extrêmement opaques…
      L’idée d’une triple temporalité est bonne sur le papier, et les indices sont des plus en plus présents à mesure que la série avance (j’en suis à l’épisode 5), ce qui devrait contribuer à éclaircir un peu tout ça.

      Je plussoie sur la référence biblique avec la prophétie du soleil noir, et oui, Stregobor est un gros misogyne bien perché et manipulateur qui a sans doute un intérêt personnel derrière toute cette histoire.

      L’envie de Nilfheimer l’empire de Nilfgaard est légitime, a priori c’est la référence de Sapkowski pour donner un nom à cette province 🙂

      On se retrouve je sais pas encore quand pour la suite !

  3. Ouiiiii un article de la Dame! Et Joyeux Noël un peu en avance!

    Je serai concise: je n’y connais rien du tout à l’univers du Witcher, et je confirme donc que, deux épisodes dedans, je n’y comprends mais RIEN. DU. TOUT. Et cela m’ennuie profondément de ne rien comprendre. J’aurais aimé un narrateur, un texte d’intro du genre « dans un monde où existent les sorceleurs……. » ou un truc du genre.

    Et ces trois timelines, on les expliquera un jour? Parce que sans vous, je n’aurais jamais capté qu’on était là sur trois temporalités différentes… :/

    J’hésite fortement à continuer malgré les qualités, uniquement parce que je n’y pige rien. 🙁

    1. C’est clair que nous sommes plongés in medias res dans l’univers et que la série ne donne presque pas de clés ! Très perturbant, en effet. Dans les prochains billets, je vais tenter de donner des infos, en essayant de ne pas trop spoiler, histoire de débroussailler le terrain pour les néophytes parce que clairement, c’est pas de la tarte. Je te rassure quand même, le jeu n’est pas beaucoup plus clair avec son background. Il faut croire que c’est une spécificité de cet univers ^^

      Les trois timelines vont s’expliquer, pas de panique, c’est le but de cette première saison en fait. Mais oui, c’est très galère à comprendre. C’est très confus, pour une raison à la fois très honorable (montrer l’enchevêtrement des destins) et une autre moins glorieuse (faire un effet de manche à la « Westworld »).

      J’espère que tu vas continuer quand même 🙂

  4. Bonjour les rescapés 😉 et joyeuses fêtes à tous aussi!

    Ah le Witcher, je viens de m’abonner Netflix juste pour ça et surprise, tout est disponible. On peut regarder la série en mode ninja et disparaître dans un écran de fumée avant la fin du premier moi. Je m’interroge un peu sur le modèle économique du système? car bon pourquoi rester abonné une fois qu’on a vu les 2/3 séries/films qui nous intéressent.

    Trêve de bavardages et passons au sujet du jour. The Witcher , pour mon background perso. Je connais bien l’univers, fan du jeu depuis le premier opus, j’ai finalement attaqué les livres il y a quelques temps sans avoir fini la série. L’écriture et le scénario sont assez loin de ce que Martin a pu faire et il me parait aussi idiot de vouloir comparer the WItcher et GOT. On a beaucoup vu cette comparaison sur le net, peut être pour essayer de rapatrier la fanbase de la série. Cela a du générer des déception car avant de regarder le premier épisode, j’ai vu pas mal de critiques négatives, voir que Netflix avait complètement chibré la saison 1. J’ai même lu une critique descendant le bouzin en mode je tire partout, le scénario est nul, les décors, les costumes, la réalisation sont nuls, le jeu d’acteur sans émotion d’Henry est nul … what? en fait , le gars n’a juste pas compris qui est le sorceleur.

    Bref, j’étais assez peu rassuré avant de voir ce premier épisode, je faisais encore des cauchermars la nuit en revoyant une version legolas du witcher sautant de pierre en pierre , faisant des acrobaties toutes plus WTF les unes que les autres…et je dois dire que je n’ai pas été déçu par ce premier épisode, je n’ai pas vu ce coté cheap que je m’attendais à voir. Même les scènes de batailles m’ont paru très correct pour un premier épisode, franchement GOT n’a pas fait mieux dans sa première saison. Mr Cavill est juste parfait dans le rôle et tient bien le personnage.

    Niveau scénario, je dois dire que l’histoire des jeux vidéos et des livres s’entremêlent dans ma tête et il en résulte un flou artistique prononcé. J’étais incapable de me souvenir de l’histoire de blaviken et de comment se dénoue l’intrigue de Renfri (merci pour le rappel). A ce niveau là, la série pêche un peu, c’est assez flou et on ne comprend pas trop le pourquoi du comment on en arrive là. Je ne sais plus dans l’histoire des livres si Geralt est présent ou non lors du siège de Cintra et comment il retombe sur Cyrilla. Dans l’épisode , cette future rencontre semble être un peu amené au pied de biche. Pas de quoi m’inquiéter pour la suite de l’histoire non plus. Je comprends un peu le désarroi des néophytes de l’univers. Pour faire une dernière comparaison avec GOT, les gens étaient assez perdu au début aussi. J’arrête de comparer, si je le refais, j »accepte la flagellation comme punition.

    Niveau billet, ce fut un plaisir de retrouver l’humour de la dame, des peaux de couilles? sérieux, va falloir que je revois car je n’ai vraiment pas fait attention à ce type de détail. Le problème de timeline ne m’a pas choqué dans l’épisode 1 même si je n’étais pas du tout sûr de l’ordre des événements, ça me parait beaucoup plus visible dans le 2 ( je n’en ai pas vu plus pour le moment) mais ce n’est pas forcément gênant pour le moment. La réalisation féminine est sans doute bienvenue car vu le niveau de machisme de l’écriture de l’auteur, une réalisation masculine aurait sans doute amené beaucoup plus de boobshot, ce qui aurait sans doute amener aussi des comparaisons avec le début de GOT

    1. J’aime beaucoup le sobriquet « rescapés » parce que c’est en effet très juste ^^.

      Oui, la patte féminine se sent d’un bout à l’autre de la série et atténue bien les aspects les plus détestables des livres qui par moment me donnent envie de les balancer par la fenêtre (je suis assez réservée sur les livres d’ailleurs, de manière générale. Disons que c’est inégal.)

      Je crois qu’on peut comparer GoT et TW quand ce n’est pas pour enfoncer la dernière au profit de la première. Il est en effet facile d’oublier comment GoT a commencé. Pas de batailles épiques (la bataille de la Verfurque, on en parle ?), pas de créatures magiques (les dragons ne font qu’une timide apparition dans le finale), une direction artistique assez terne et sans grand chichi parce que le budget était limité et que la série coutait déjà beaucoup à HBO (entre autre à cause de ses multiples lieux de tournage), un pilote qui a perdu bon nombre de spectateurs, entre les lecteurs acharnés qui se sont désistés à mi-parcours parce qu’ils ne retrouvaient pas le souffle épique des livres faute de budget et d’ampleur, et les néophytes qui ne comprenaient pas qui était ou qui avait fait quoi…
      Les critiques que l’on peut faire à TW aujourd’hui sont les mêmes ou presque qui se faisaient alors pour GoT question production et adaptation.

      Après, TW n’a pas un matériau de base à la hauteur de GoT. Et c’est là qu’il faut justement arrêter les comparaisons.

      Je plussoie sur la perfection d’Henry Cavill, un concept que j’ai toujours défendu, genre dès « Les Tudors ». Ah merde, le truc que tu disais c’était « la perfection d’Henry Cavill dans le rôle de Geralt ». Je défends également l’idée. Le gars habite son personnage. Il le voulait son sorceleur, il l’a eu et il le sert du mieux qu’il peut. Il a capté le côté désabusé, parfois naïf, toujours pessimiste mais avec un parcelle de candeur du personnage. Il est en plus souvent très drôle grâce à une grosse maîtrise du rythme de son perso. Ses échanges avec Jaskier, du velours…
      J’avais mes réserves, parce que Cavill et toute sa perfection, autant ça collait pour Superman, autant je ne voyais pas trop le cousinage avec Geralt. Et ben si, physiquement il est ultra crédible, contrairement à ce que le premier essai de costume assez désastreux et teasé bien trop tôt avait pu laisser penser.
      Cavill est un meilleur Gege que le Gege des jeux.

      Après, la série est loin d’être parfaite, on y reviendra dans les billets à venir. Je suis justement en plein dans la rédaction du numéro 2. Et mon petit doigt me dit qu’il y aurait peut-être un chouia de chiffon dans l’air…

  5. Bonjour
    Quel bonheur de voir une critique bien construite, mais à quoi s’attendre d’autre en revenant ici?
    The Witcher la série… les showrunners ont prit le parti de mixer les nouvelles à l’intrigue principale. Ce qui pour les béhotiens pose 2 problèmes majeurs: l’unité temporelle (j’ai croisé peu de critique qui ont vu les marques et avouent avoir compris qu’à l’épisode 4 que les 3 stories se passent à des époques éloignées)
    Le second problème tient dans le développement du personnage de Geralt au travers des nouvelles qui donne une impression décousue pour les non initiés (mais si ils lisaient un peu plus…)
    Pour ma part je trouve ce choix cohérent car il colle à la narration des livres, avec beaucoup de récits qui raccontent l’action après son déroulement sans la vivre en live (cf la bataille du poing des 1ers hommes…wink wink….coup de coude dans les côtes…youknowwhatimean)

    Que dire de l’épisode? Pour reprendre une expression suisse vu que c’est le fil rouge du billet: j’ai été déçu en bien.
    L’intrigue de Geralt qui semble déconnecté reprend le mythe de blanche fesses et des sept mains… oups ça s’est une autre version, je veux dire blanche neige et les sept nains… pardon aux familes touça touça. D’ailleur, merci pour le détail des 7 combattants aux marcher, j’avais zappé.
    Attention spoiler au livre:

    pratiquement toutes les nouvelles du reccueil sont tirées des comptes et légendes de Grimm & Co.
    Fin du premier spoil mais attention ça enchaine.
    Je dis semble déconnecté car finallement la chute de Cintra découle de l’héritage de cette prophétie qui semble avoir été écrite par maitre gims vu ses échec de rimes.

    Sans allé si loin dans l’analyse du choix de Geralt. Le fait qu’il rêve du massacre renforce le côté mystique du sorceleur, moi ce qui m’a plus chagriner c’est que lecombat se soit passé dans une ruelle et non pas au marcher devant trouzemilles challants; et que 7 morts ne fait pas un massacre comme 2 tours ecroullées ne font pas un génocides.

    Les troupes nilfgardiennes revêtues en peau de testiburnes…lá vous m’avez tué merci pour cette vision…
    En ce qui concerne les deplacements des dit troupes, je suppose que qqun a dû léguer en héritage son tabouret de téléportation.

    A part ces quelques point je ne bouderais pas mon plaisire car que se soit les choix de scénario, le casting ou le traitement des scène je suis rassurer sur cette version Netflix qui est un bijou au vu d’autres adaptations…oui je parle de toi knoght of de zodiaque! Shame! Shame! Shame!

    Un petit mot sur ce billet qui j’espère sera le premier d’une très longue suite car vos analyses fines autant qu’invraissemblable ainsi que votre aptitude à la digression m’avaient manquées.

    Quote
    «-Je mourrai avec panache, comme le plus grand dirigeant que cette terre ait portée !

    –Le général De Gaulle ?

    –Tommen Baratheon…
    Unquote
    Tout est bien résumé ^__^

    1. Sur Blaviken et le combat dans la ruelle, c’est vrai que c’est trop discret par rapport à ce que ça devrait être, mais j’avoue qu’en lisant la nouvelle, j’ai été hyper déçue aussi. Je veux dire, tout le monde se la ramène avec Geraaaaaaalt, le Bouchay de Blaviken OMG, du coup je m’attendais à un truc un peu plus baroque et pétaradant que démonter 7 coupes jarrets sur la place du marché un dimanche matin entre 8 et 9h quoi…

      C’est un bonheur aussi de retrouver toute la bande sur ces billets 🙂

  6. Je ne connaissais que très peu l’univers de The Witcher, à peine plus d’un résumé du lore des jeux par un ami (et une mention des très classes cartes à collectionner du premier), et pas forcément intéressée de prime abord. Avec des retours positifs de pas mal de gens, je me suis laissée tenter, et ma foi, c’était plutôt agréable ce premier épisode ! D’autant que ça se sent que la série est showrunnée par une femme, et ça fait vraiment plaisir !

    Maintenant, j’attaque la suite, et j’attends avec impatience de lire vos Points Chiffons. (Surtout celui sur la broche !)

    1. Oui, on peut sentir une femme aux manettes rien qu’à voir la manière dont les femmes sont abordées dans la série. Il y a une très très courte scène dans une auberge dans l’épisode 6 je crois qui est très éloquente quant à la manière dont Hissrich veut dire certaines choses et les fait passer. Et il y avait du boulot parce que les livres sont bien misogynes comme il faut par moment. Donc ce twist dans le ton est appréciable. Vraiment. Merci M’am Lauren.
      La broche ne fera pas l’objet d’un PC mais j’en parlerai lors de ses retours 😉

  7. Haaaaaaaaa un billet ! Un billet !!!

    Je suis très heureuse de vous retrouver Ma Dame, surtout pour la critique d’une série qui part aussi bien !! Merci pour toutes les précisions concernant les lieux et les noms, ce n’était pas évident à suivre. Je partage votre enthousiasme à l’idée de parler de la place des femmes dans cet univers, en particulier concernant la magie. Au prochain billet !!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *