« Any man who must say ‘I am the king’ is no true king.”

C’est histoire de ma vie : ce week-end, j’étais pour 2 jours à Paris, et oui, je sais, on avait parlé ici de se retrouver autour d’un verre pour débriefer en direct de la dernière saison de GoT, mais j’étais en famille, c’était donc un peu compliqué de fausser compagnie au reste du groupe. Et j’avais un programme chargé.

Un programme qui incluait d’aller voir un film, précisément « Le Roi Lion ». Et tant qu’à être à Paris, j’avais envie d’une belle salle ou d’un écran de malade, ou d’un son de fifou, bref, j’avais envie d’un truc un peu classe.

Le hasard a voulu que je me trouve ce jour-là dans le voisinage du Grand Rex, salle que je connaissais de nom pour ses moult avant-premières.

Eh beh les gars, j’ai pas été déçue. Déjà, d’extérieur, beau bâtiment.

Le hall, aussi. Hasard faisant parfois bien les choses, le film était projeté dans la grande salle. J’étais pas prête.

Et j’étais aussi, une fois le choc de la beauté de l’endroit passé, un peu déçue de découvrir la taille de l’écran sous une arche aux néons rouges sur lequel étaient projetées les pubs et les bandes annonces. Il était fort petit et nous étions très haut.

Ahah, l’abrutie que je suis…

Voilà t’y pas qu’un écran GEANT s’est mis à descendre juste avant le film, le (je le découvre maintenant) fameux Grand Large, 280 m2 de surface.  Bam.

Nan, cette salle valait le coup, y’a pas à tortiller.

Le film, par contre…

« Le Roi Lion » 2019 est un film inutile. Disney aurait pu se contenter d’une ressortie de la version d’origine restaurée (si besoin en était ?) afin de faire découvrir le film sur grand écran à de nouvelles générations, mais l’appât du gain combiné au goût quasi pathologique du studio à tirer sur la corde de la nostalgie des trentenaires en auront décidé autrement.

En lieu et place d’un dessin animé, nous avons donc un film d’animation, s’inscrivant dans la grande vague des remakes live, sachant qu’ici, la douille est double :

-premièrement, il ne s’agit à aucun moment d’une version live, parce que dans la vraie vie les lions sont de très mauvais acteurs. Nous avons donc ici un film entièrement numérique, d’un photo réalisme saisissant (au détriment du film, d’ailleurs, j’y reviendrai) dont l’unique intérêt réside dans sa prouesse technologique.

-ensuite, un remake est souvent une manière de revisiter une histoire, d’apporter un nouveau point de vue, une autre sensibilité. Surprise, les gars, la seule chose que cette nouvelle version apporte, c’est une histoire moins forte. Si. Jon Favreau est tellement lisse qu’il parvient à te botoxer « Le Roi Lion ».

A ce stade, c’est du génie.

Soyons honnête, le film m’a dupée jusqu’à la fin de l’ouverture. Reprenant plan par plan celle du film d’origine, elle possède la même charge viscérale, la même splendeur.

L’édifice dégringole assez vite après, quand on réalise que la force visuelle du film, à savoir une animation photo-réaliste, empêche les personnages de fonctionner comme leurs alter ego du dessin animé.

Va restituer autrement que grâce à ton doubleur le ridicule de la pompe de Zazou sur la tête d’un oiseau tout ce qu’il y a de plus aviaire, avec le peu d’expressions faciales à ta disposition sur le visage d’un volatile.

Va véhiculer de l’émotion sur celui d’un lionceau qui a perdu son père. Sans rire, j’ai un souvenir très vif de mon premier visionnage du « Roi Lion » justement à cause du fait que les enfants plus jeunes que moi pleuraient tous devant Simba essayant de réveiller Mufasa. Il y avait beaucoup d’enfants ce samedi aussi, pas un n’a moufté dans mes parages. Et la scène n’a pas fonctionné sur moi non plus.

Ce panel très limité des émotions sur les visages sont un terrible frein au film, qui se veut tristement le calque d’un dessin animé brillant notamment par l’attachement que l’on pouvait ressentir pour les animaux le peuplant, des animaux dont le panel des émotions passaient forcément mieux dès lorsqu’ils bénéficiaient de la souplesse accordée à une équipe de dessinateurs n’ayant  pas à se soucier du photo-réalisme.

J’ai un mug à la maison, couvert d’esquisses de travail pour Simba. Ce mug a plus d’expressions que le personnage dans l’ensemble du remake.

Prendre le risque de se détourner un peu du film d’origine pour livrer une nouvelle narration aurait permis de faire peut-être fonctionner ce « Roi Lion ». Mais le manque total d’ambition de ce remake lui interdit d’être autre chose qu’un décalque paresseux, qui ne peut, du fait de ses limitations, se hisser à la hauteur de l’original.

Ce parti pris timoré est d’autant plus étonnant que Jon Favreau avait à sa disposition un plateau numérique entier, en 3D. Il ne s’agit pas là d’une technique nouvelle, James Cameron l’avait déjà éprouvée avec « Avatar », Peter Jackson utilisée pour tourner la Bataille des Cinq Armées (pour ne citer que ces exemples). Cela consiste tout simplement à créer le monde dans lequel se déroule votre action de façon virtuelle, puis, à l’aide d’un casque à s’y immerger comme dans un simulateur. Le réalisateur peut ainsi arpenter son lieu de tournage virtuel et travailler ses angles, ses plans, comme s’il était sur le terrain.

Jon Favreau a donc mis une technologie qui lui aurait permis de réexplorer l’univers du Roi Lion au service d’un décalque sans ambition. Le degré de non prise de risque est effarant.

Bien sûr, l’histoire étant ce qu’elle est, les plans d’origines du dessin animé aussi, « Le Roi Lion » de Jon Favreau continue de fonctionner jusque dans une certaine limite et reste un bon film en lui-même. Simplement, il pose très vite la question de la pertinence de son existence tant il semble s’interdire d’être autre chose qu’une copie modernisée, se contentant de divergences qui sentent souvent la feignantise, ou de revisiter une scène culte de façon complètement WTF.

Autre point noir, le film ayant un parti pris technique photo-réaliste, il semble avoir également pris le parti de coller à ce réalisme jusqu’à l’absurde, en lavant à la javel tout le pan ésotérique de l’histoire. Porté par Rafiki, cet aspect du film se réduit ici à n’être qu’un anecdotique passage obligé confinant le personnage à une figure récurrente mais étrangement déconnectée dont l’unique fonction dans l’histoire est de provoquer la prise de conscience de Simba. Même la scène où après la mort supposée du lionceau, le singe efface des doigts sa figure peinte voit son sens et sa violence intrinsèque amoindrie par la faiblesse de l’effacement en question, à peine perceptible à l’image. Au lieu d’être celui qui est garant du fameux cycle de la vie, guide spirituel qui comprend et voit les mécaniques à l’œuvre, donnant sa bénédiction à ceux qui comme Mufasa les acceptent et les chérissent, Rafiki n’est plus qu’un accessoire du scénario destiné à relancer l’intrigue.

Manque édifiant qui conclut ce manque d’intérêt pour cet aspect du récit, la scène où Simba converse avec le fantôme de Mufasa est tristement… rationnelle. Ok, il parle toujours à un fantôme, mais celui-ci s’exprime depuis un gros nuage formant vaguement une tête. J’attendais, et je ne l’ai jamais eu, ce plan de Mufasa surgissant du ciel, un passage très marquant de la version d’origine.

Paradoxal, de refaire un film ayant marqué une génération d’enfants dans le but d’en marquer une autre avec une version pour le moins désenchantée…

S’il n’y avait que le manque d’émotions véhiculé par des personnages trop réalistes pour leur bien dans un film qui ne prend jamais en compte cette contrainte, capitalisant uniquement sur le trip nostalgique qu’il offre, s’eut été rageant certes, mais pas autant que de constater que les modifications apportées par ce remake sont fait en dépit du bon sens, traduisant, il faut le dire, un certain dédain pour l’intégrité artistique globale du projet. Le film est beau et fidèle à l’extrême et visiblement, pour Disney, cela suffisait à garantir sa valeur.

La bande originale, qui a subi un léger upgrade pour ce remake (léger, hein, très léger) se voit par exemple amputée d’une de ses parties lors de la séquence « Soyez prêtes », écourtée afin sans doute de ne pas avoir à déployer comme dans le dessin animé, tout un numéro à la fois loufoque et suintant le totalitarisme. Un choix artistique qui se comprend, car autant dans le film d’origine, le plan sur les hyènes marchant au pas de l’oie fonctionnait, autant ici, il eut été délicat de le reproduire sans accoucher d’une bizarrerie propre à sortir tout le monde illico du film. Ce choix d’écourter la séquence n’est pourtant pas si justifié qu’il y parait car on peut très bien imaginer que Jon Favreau aurait pu inventer un autre visuel, développer un discours différent pour soutenir cette chanson, en respectant les impératifs du réalisme. Preuve ultime de la mesquinerie de ce remake, on préférera donc couper un numéro musical plutôt que de le réinventer dans sa globalité.

Autre changement majeur, la confrontation entre Simba et Scar, qui aurait pu être conservée telle quelle, mais que l’on a choisi ici de modifier jusqu’à la rendre absurde. Quand Simba obtenait des aveux publics de son oncle dans la version d’origine, ici, Scar avoue son crime en aparté à son neveu. Et deux seconde plus tard, on découvre que les lionnes les ont entendu, au moins partiellement, ce qui n’a aucun sens visuellement ou narrativement. Cette scène incohérente dans son écriture plombe d’autant le film que sa fidélité à l’intrigue est extrême jusqu’à ce point, faisant d’autant plus jurer cette modification.

Mais pour moi, le moment où j’ai compris que Disney et Jon Favreau se fichaient un peu de ma poire, c’est durant la séquence de « L’amour brille sous les étoiles ».

EN PLEIN JOUR.

 Est-ce-que j’ai vraiment besoin de développer pourquoi ce moment du film est une aberration ? Pourquoi c’est l’instant où tu comprends que Disney est en train de se payer ta fiole en comptant ses billets ?

Sur le coup, pendant la projection, j’ai été tentée d’excuser le film en me disant que c’était peut-être un hasard. Peut-être, me suis-je dit pendant une demie seconde, qu’en version originale, il n’est en fait pas fait mention d’étoiles et que la chanson peut ainsi s’adapter à toute période de la journée.

OBJECTION fit aussitôt mon cerveau, me rappelant que le titre original est bien « Can you feel the love TONIGHT ».

Rentre chez toi, RoiLion2019, tu es ivre.

Et vénal, en plus.

12 commentaires Ajoutez les votres
  1. J’aurais tellement préféré une ressortie BR 4K tro dla balle ou oui tiens , une ressortie ciné. Et si je me trompe ça il a parait il eu son ptit succès donc la mode du réaliste en CGI est pas finit :/ Ah je suis très jalousie pour le ciné par contre *__*

    1. Une ressortie en salle du dessin-animé aurait été préférable 1000 fois, on est d’accord.
      Quant au succès de ce remake en salle, c’est compréhensible. « Le Roi Lion » est une énorme madeleine pour toute une génération et la beauté de ce nouveau film qui plastiquement est assez irréprochable donne clairement envie. Sans parler du nouveau casting vocal qui du moins en VO est alléchant (en VF, beeeeeh, Jean Reno donne constamment l’impression de se réveiller de sa sieste et autant j’adore Sabrina Ouazani, autant sa Shenzi a trop peu de relief pour mettre la voix de sa doubleuse en valeur).
      De toute façon succès ou pas, Disney a déjà « Mulan » dans la musette (même si ce n’est pas une version live du DA mais une adaptation du conte d’origine, donc une relecture de l’histoire, ce qui lui donne plus d’intérêt (et de toute façon, je n’ai presque aucun souvenir du DA, du coup voir la version live ne me pose aucun souci, c’est presque du neuf pour moi), et « La Petite Sirène » en chantier, le film live de SCANDALE, parce que pour le coup, dans sa volonté d’être ouvert d’esprit, Disney est allé un brin trop loin en castant comme actrice principale une fille qui ne sait pas respirer sous l’eau.

  2. Oh, je l’ai moi aussi vu sur le Grand Large du Grand Rex ! Parfait pour le grand spectacle, mais… je suis tout à fait d’accord sur le fait que la volonté de réalisme animal a complètement plombé l’émotion. Souvent, la musique et les voix en font des caisses alors que les expressions des personnages ne suivent pas du tout. Je ne dis pas ça pour amoindrir la force de la bande originale : elle est justement trop belle pour ce qui se passe à l’écran, et c’est plutôt par la nostalgie et les souvenirs qu’elle nous évoque que va passer l’émotion. Je pense en particulier au moment de l’arrivée des gnous: musique angoissante, cri du choeur et plan qui se resserre sur le visage décomposé de Simba… (si je ne suis pas claire, les 15 premières secondes ici https://www.youtube.com/watch?v=ic1o_jVpFx8) Dans le film original, ça nous donne un sacré coup au coeur, tandis que dans la version moderne on retrouve les mêmes éléments et le focus soudain sur… le visage complètement inexpressif du lionceau photoréaliste ! Ca m’a complètement sortie du moment. Je ne comprends pas pourquoi ils ont fait un tel copier-coller alors que c’est évident que ça ne fonctionne pas.
    Autre chose qui me fait un peu grincer des dents: ils prétendent s’inscrire dans notre époque en instillant des messages un peu plus actuels de façon complètement artificielle. Je pense notamment à Nala à qui ils font semblant de donner une histoire plus développée en lui attribuant Shenzi comme némésis (en se basant sur rien du tout bien sûr, juste elles sont toutes les deux femelles, donc allez)… Merci pour le « girl power » ! Ce qui donne lieu à un littéral catfight. -_-
    Pour le positif, Timon, Pumbaa et Zazou m’ont bien fait rigoler.

    Merci la Dame pour ce billet en tout cas !

    1. Alors qu’ils auraient voulu étoffer le rôle de Nala, il y avait moyen en lui donnant plus de responsabilité, en lui faisant mener les lionnes de façon plus active, en lieu et place d’une Sarabi en plein deuil et donc incapable de tenir tête à Scar. Y’avait moyen de faire plein de choses, si Disney et Favreau avaient eu envie de relire l’histoire et d’en faire une version nouvelle.

      Sur Nala d’ailleurs… J’ai eu l’épiphanie du malaise pendant la séance, durant la scène où Simba part avec elle explorer la terre des hyènes. Zazou leur fait remarquer qu’ils sont mignons tous les deux, le futur roi, la future reine, et Simba de dire : « Jamais je l’épouse, ça serait trop bizarre, Nala est ma… »

      Et moi mentalement de compléter : …soeur »

      Sauf que Simba dit : « …meilleure amie ».

      Sauf que non, c’est moi qui ai raison en fait. Je ne l’avais jamais réalisé, du coup je mets ça sur le compte du photo-réalisme, j’ai eu l’impression de voir de vrais lions et donc j’ai pris conscience soudain que Mufasa est le seul mâle du groupe (Scar n’est clairement pas le père de Nala ni d’aucun lionceau sinon cela aurait été une question adressée dans l’intrigue), et que CQFD, il est le père de Simba ET de Nala, qui est donc sa demie-soeur.

      Ce qui rend en effet leur mariage totalement accepté par le peuple en liesse, totalement bizarre, sauf dans les rêves humides de Cersei et Jaime Lannister.

      J’ai trouvé aussi que le duo des oncles hippies Timon et Pumba fonctionnait très bien. Jamel Debbouze en Timon passait sans aucun souci, c’était même un excellent choix de casting. Seul petit regret, le changement de réplique quand les hyènes appellent Pumba « jambonneau » au lieu de porc, ce qui m’a privé de ré-entendre le célèbre « on m’appelle MONSIEUR PORC ».
      Globalement, le casting vocal, à l’exception de Jean Reno un peu sur la touche, était plutôt bon.

  3. Ah mais revoilà ma Dame avec ses billets, qui plus est pour critiquer un film attendu de longue date! 😀

    Je dois avouer que j’étais très impatiente de voir cette remouture du Roi Lion, étant très attachée tant au D.A. d’origine qu’aux documentaires de la BBC auxquels ces images hyper réalistes n’ont pas cessé de me faire penser.

    Comme vous, passée la dinguerie de cette ouverture tout aussi prenante que celle de 1994, ça a un peu fait plouf. Déjà, comme vous dites, on est rapidement limité au peu d’émotions que peuvent montrer des animaux aussi réalistes; ensuite, pardon, mais DOUBLAGE DE CACA EN BOITE en VF. En ce qui me concerne, à part Jean Réno, Jamel Debbouze et Alban Ivanov (qui sont parfaits dans leur rôle), le reste est juste immonde au possible. Un Simba et une Nala sans aucun charisme vocal qui me fait regretter de ne pas être allée voir le film en VO…

    Ensuite, ma scène préférée aussi torturée et détruite que cela, ça m’a donné envie de hurler. Étant grande fan de Shakespeare et de Hamlet en particulier, j’ai toujours eu un petit faible pour Scar, personnage de Disney le plus shakespearien qui soit, qui plus est quand doublé par Jeremy Irons et Jean Piat qui lui ont toujours donné une dimension théâtrale. Ici? Soyez prêtes est immonde, irrespectueuse d’un villain aussi génial que Scar. Je suis vénère.

    D’ailleurs, de façon générale, les chansons d’origine n’ont pas été épargnées, car si nous pensions pouvoir chanter à tue-tête, c’est fichu. On nous change le tempo, nous rajoute des paroles (outre le « Chaque fois que je pète » de Pumbaa qui m’a bien fait rire), bref, c’est abominable.

    Et Rafiki. Rafiki, mon personnage préféré, qui aurait pu être merveilleux et qui ne l’est que de par le choix de le faire parler en Xhosa (et merci John Kani de m’envoyer des vibes de Black Panther comme ça dans la face).

    Un Roi Lion très beau, magnifique même, au niveau des images, mais terriblement décevant au niveau du contenu… :/
    Comme le diraient deux de mes amis animés: « C’est terrible c’est affreux, et ils se moquent de tout. »

    1. Ah ben moi je n’ai pas aimé la modif sur Hakuna Matata justement. En même temps j’ai beaucoup de mal avec l’humour scato, je ne suis clairement pas le bon public pour ça.
      Sur le doublage, j’avais tout le temps l’impression qu’on était venu réveiller Jean Reno de sa sieste. Et moi aussi, à tout prendre, j’aurais préférer viser une séance en VO. Le film étant une nouvelle version, ça ne me dérangeait pas de rompre avec mon habitude de visionnage.

  4. Ce billet aura eu le mérite de me faire réécouter la BO du Roi Lion (parce qu’alors je n’avais aucune envie d’aller voir le film, je tiens trop au dessin animé pour voir une autre version).

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