La fin de toutes choses

DORNE IS A SILLY PLACE. Et pourtant, je partais, relativement confiante en le fait que 30 Sauvageons seraient capables de s’y tenir. Grand mal m’en a pris, j’aurais du voir les signes avant-coureurs de la catastrophe, m’étant faite desrober ma carte de crédit et mon téléphone portable la veille du départ, non mais tu le crois ça ?

Une fois à Dorne, les Sauvageons grognons se sont changés en sanguinaires Dothrakis, mais pas le genre à ne suivre que les plus forts, plutôt de ceux qui suivent essentiellement les plus aptes à enfreindre le règlement. Dont celui qui a décidé brutalement de se prendre pour un Balrog, nous forçant à rejouer de manière très spontanée la scène du pont de Khazad-Dum.

Une semaine plus tard et je paye encore les pots cassés de ce voyage placé sous le signe du chaos, une échelle conduisant tout droit au conseil de discipline.

DES. BARRES.

C’est donc dans ce contexte que je me suis retrouvée à visionner l’ultime épisode de la série, sans y avoir totalement ma tête, et pire, c’est dans ce même contexte que je dois à présent m’atteler à la rédaction d’un billet dont je redoute la venue depuis quelques années maintenant.

Je savais que Dorne me gâcherait irrémédiablement la toute fin de la série parce que je ne pourrais pas y assister dans le même temps que tout le monde, que le billet ne sortirait que lorsque le sujet serait épuisé et devenu réchauffé. Je savais que la fin serait pour moi nettement plus amère que douce.

Je ne me doutais pas du degré de ce gâchis et de l’intensité de l’amertume. Je ne me doutais pas que je ne pourrais même pas en blâmer D&D au final (même si je vais tout de même leur souffler un peu dans les bronches tant il est ILLEGAL de faire suivre pareille deuxième partie à une première moitié éclatante, mais on va y revenir).

L’histoire a débuté ici en avril 2011. Je me souviens parfaitement du contexte et revois encore l’endroit où j’ai rédigé ce premier billet. C’était à Bordeaux, sur un PC qui n’était pas le mien. Je venais de visionner en streaming le premier épisode d’une série que j’attendais depuis longtemps, adaptée de livres que j’avais lu et aimé d’amour en quelques pages à peine.

Je me retrouve 9 ans plus tard devant un PC différent, dans une ville différente, animée d’émotions très différentes aussi. La curiosité et l’enthousiasme ont cédé le pas à la nostalgie et au déchirement.

Cette saison 8 me facilite un peu la tâche, tant tout crie en elle l’envie de ne pas s’éterniser en adieux. Peu importe, au final, si Game of Thrones tourne vite des talons et part sans jeter un regard en arrière. Il parait que ce qui compte, c’est le chemin, pas la destination. Et quel chemin… Il nous aura fait passer du pire au meilleur, nous aura fait vivre l’expérience étrange pour nous, lecteurs, de tenir la main de ceux qui découvraient Westeros pour la première fois au travers de la série, pour plus tard, nous retrouver comme eux, à arpenter des sentiers inconnus, surpris ou sidérés de découvrir ce qui se dissimulait au détour du chemin.

Pendant presque une décennie, nous avions ce rendez-vous annuel et pendant presque une décennie, nous nous sommes retrouvés ici. J’ignore comme la plupart d’entre vous ont échoué sur ce blog. Ce n’est pas non plus ce qui compte. Ce qui importe, c’est votre fidélité, jamais démentie pendant ces 8 années de chroniques, vos contributions éclairées, la diversité de vos opinions, perceptions, qui disaient la qualité du lectorat ici, et la richesse de cet univers qui nous réunissait tous semaine après semaine, année après année.

Et c’est parti pour le dern… Vous sentez pas comme une odeur bizarre ici ?

Non ? Bon, ben allons-y alors…

Le Triomphe de la Volonté.

Eeeeeeet c’est le moment du tout dernier générique de l’histoire de la série EVER, un générique qui nous montre essentiellement deux choses :

  1. Port Réal a pris CHER.
  2. Le lion Lannister a disparu de la salle du trône pour n’être remplacé par rien. Forshadowing, quand tu nous tiens…

Et ce générique d’ouvrir sur un épisode dont la première partie restera dans les annales. Dans les miennes en tout cas, tant j’ai trouvé l’ambiance et l’imagerie incroyables. Et pour être parfaitement honnête, j’aurais bouffé tranquille une saison entière de cette atmosphère crépusculaire. J’en aurais volontiers pris pour plusieurs épisodes consacrés à la reine des cendres. Cette Daenerys, aussi terrible qu’elle est belle, aussi exaltée que cruelle, aussi douce que sauvage, en méritait davantage.

Mais il faut se contenter de ce que l’on nous donne, et en l’espèce, c’était magique.

La saison des barbecues est officiellement ouverte. Félicitons tous Daenerys pour son impeccable sens du timing.

Après Arya tentant de survivre dans le chaos ambiant, c’est Tyrion qui nous sert de poisson pilote dans les rues d’une ville fantôme où erre des silhouettes brisées, comme dans un cliché de Nick Ut. Le monde est silencieux, sonné, incapable de prendre la mesure véritable du cataclysme qui vient de s’abattre sur lui.

Un cataclysme un peu farceur, si vous voulez mon avis parce qu’après la destruction de l’épisode précédent, je ne m’attendais pas à retrouver un Donjon Rouge comportant encore tant d’élévations.

Tyrion traverse diverses salles, dont celle de la carte, présentant une grande balafre, que l’on avait déjà pu observer la dernière fois et qui coupe le Nord du reste des Six Couronnes (winkwink).

Symboliquement, le gros des dégâts se concentre sur le sud, comme si ce plan cherchait à nos montrer l’ampleur du chantier nécessaire pour rebâtir le royaume après les ravages de la longue guerre.

Cataclysme farceur toujours, Tyrion parvient à se glisser dans les cryptes pour une grande séquence émotion pilotée par le DRAMA mais qui me gêne un peu aux entournures. Je suis entièrement pour une scène durant laquelle Tyrion découvre les corps de son frère et de sa sœur, mais perturbée par l’exécution de cette dernière.

L’exécution est décidément là où blesse le bât de cette dernière saison…

Dans l’épisode précédent, il était assez clair que Cersei et Jaime se prenaient tout le plafond sur la tête. On voyait la voute ET les arches de la crypte s’effondrer. Dans cet épisode, on peut constater combien l’effondrement est localisé et surtout très partiel, Notre Dame de Paris style, ceci afin de permettre à Tyrion de les découvrir après avoir soulevé deux pierres. C’est limite si on ne se dit pas que les jumeaux auraient pu faire trois pas vers la droite et BIM, fuckin’ saved.

La découverte des corps dans une pile de briques tombées pile poil sur leurs museaux léoniens a malheureusement quelque chose d’un peu ridicule et amoindri la portée de la scène de leur mort dans l’épisode précédent.

Ceci mis à part, la scène est magnifique, tant par le jeu de Peter Dincklage que par cette dernière image de Cersei et Jaime, enlacés, comme ils l’étaient dans le ventre de leur mère, soit la représentation la plus parfaite de leur souhait de quitter ce monde comme ils y étaient entrés, ensemble.

Pendant que Tyrion s’occupe de nous faire chialer, Jon lui, décide d’aller demander quoi le fuck à Daenerys parce qu’il a une de ses fatigue d’un coup, la vache, pioooouuu, le pauvre quoi. Sur la route, il interrompt Ver Gris en train d’exécuter lâchement des prisonniers sur les ordres de Daenerys. Tant qu’à avoir lâché la rampe, autant y aller franchement et tant qu’à perpétrer des massacres de masse au nom du bien commun, allons gaiement piocher dans le grand livre de frau Riefenstahl pour mettre en scène le triomphe de Daenerys, ça mange pas de pain, on fait un peu ce coup-là depuis facile la saison 3 maintenant, ça parle tout de suite et ça fait son petit effet.

Après un retour brutal à la réalité, l’entrée de Jon et Arya dans la grande cour où sont rassemblés les Dothrakis et les Immaculés nous plonge dans quelque chose de presque irréel. Daenerys et son armée apparaissent coupés du monde, jamais témoins des horreurs qui jonchent les rues. Ils sont ailleurs, dans cet autre monde que Daenerys veut voir advenir, un monde dont elle est le centre, le cœur, le tout.

Un monde gouverné par le dragon, dont la matérialisation n’a jamais et ne sera jamais plus aussi éloquente que dans ce plan sidérant de beauté où elle s’avance vers le podium, les ailes de Drogon déployées dans son dos.

Cette assimilation au dragon se verra encore renforcée lorsque plus tard, dans son discours, Daenerys marquera une pause durant laquelle Drogon ira se poser sur le rempart, poussant un rugissement d’exultation.

Et que signifie vraiment être le dragon ?

Être le dragon, c’est détenir le pouvoir absolu, comme nous l’explique la mise en scène nazi AF concentrée sur Daenerys cette semaine et plus généralement tout au long de la série et de sa marche personnelle vers le dit pouvoir absolu. Le moment du discours est l’aboutissement d’un long processus pour Dany, de l’enfant timide et apeurée à la personne la plus puissante de la planète.

Grande nouvelle les amis, on a retrouvé le téléporteur de Littlefinger. Ce dernier l’avait visiblement planqué dans Winterfell et c’est Ver Gris qui l’a trouvé car je n’explique pas autrement son apparition en haut des marches avant même que Jon n’entre dans la cour. Sans déconner, la dernière fois qu’on a vu le général grognon, il était fort occupé à égorger des Lannister tandis que Jon se dirigeait vers le grand escalier. A moins que Jon se soit perdu en route, je ne vois pas trop comment cette affaire est possible sans le fameux TP de Petyr Baelish.

Indeed…

Jon et Tyrion assistent impuissants au discours exalté de Daenerys (Emilia Clarke se donne comme jamais dans cet épisode et quelle performance, d’un bout à l’autre…) :

«-Heil Fofolnerys ! Heil notre puissante reine !

Big up pour les Dothrakis !

OUUUUAAAAIS § Sieg Heil ! Sieg Heil !

Big up à vous aussi, les Immaculés !

-*Sieg Heil épelé en morse à coup de lance sur le sol*

Big up à ma personne ! Fofolnerys, First of my name, le Chalumeau qui libérera le monde !

GLOIRE AU GRAND CHALUMEAU §§§§§ »

Mean while, Jon et Tyrion…

“-Je comprends pas la moitié de ce qu’elle raconte, mais elle me fait PEUR…

Attends, Jonny, je vais lui rendre la monnaie de sa pièce à la Targ Aryenne… Eh, toi, là, euh…

-TU AS DÉÇU LE DRAGON, PETIT HOMME. TU AS LIBÉRÉ TON FRÈRE.

Et toi tué approximativement un demi-million de personnes. Si tu vois ce que je veux dire.

Un demi-million ? Naaaaaaan… Une petite vingtaine, tout au plus. De toute façon j’y voyais rien. Drogon volait super vite et y’avait beaucoup, BEAUCOUP de fumée. Mais un demi-million, faut pas exagérer. Arrête de faire ta drama queen.

Tu veux du drama ? Agad ce que j’en fais de ton pin’s qui rend Main. *Drop pin’s* TUVAFERKOI ? »

Le drama est ici intense car en revisionnant la scène, je note un truc, assez bien mis en avant je dois dire, dans la grande tradition de Game of Thrones te retourne la tête.

Souvenez-vous, il a genre, un épisode de cela, Varys se faisait arrêter et retirait assez mystérieusement ses bagues. Une en particulier, faisait l’objet d’une certaine attention dans la mise en scène, puisqu’elle apparaissait en gros plan quand l’Eunuque brûlait sa lettre puis quand il la retirait. Cette bague, nous la retrouvons à présent au doigt de Tyrion.

Sur cette dernière image, la bague au petit doigt de Tyrion

Au départ, je me suis totalement enflammée. Varys avait en effet retiré sa bague avec tant de cérémonie que j’ai cru pendant des heures qu’il s’agissait tout bêtement de sa sienne et que Tyrion la portait en signe d’amitié, de respect, et peut-être un peu aussi de résistance. Et puis pendant une pause d’écriture, je me suis égarée sur des sites proposant des répliques des bijoux de Game of Thrones (parce que je suis faible et que je veux le collier de Sansa. Et la broche de Daenerys. Et un peu ses bagues aussi. Et sans doute un vrai pendentif Lannister… bref), et voici que je tombe sur cet excellent marchand quincailler,  Mey London, un gars sympa qui te vend la chaine de la Mère des Dragons pour ton salaire mensuel et donc je déroule la page et voilà soudain que je tombe nez à nez avec la fameuse bague de Varys, portant le nom de « allegience ring ».

Une découverte fortuite qui m’aura donc évité de dire une énorme connerie, puisque selon le site du vendeur, la bague en question est portée par toute la smala des adorateurs de Dany à partir de la saison 7. Évidemment, je me suis mise à chercher comme une petite folle la moindre trace de cette bague sur les doigts boudinés de Ver Gris mais ce couillon porte tout le temps ses gants. J’ai fini par la trouver, sur le petit doigt de sa main gauche, dans une de ses rares scènes en intérieur, la nuit où Missandei résout l’énigme de la merguez et des pois chiches.

Concernant ser Jorah chou blanc, sachant que les rares fois où il montre ses mains, il se semble pas porter de bague du tout (alors qu’il portait une maousse chevalière dans les premières saisons, par exemple).

Celle de Tyrion est par contre visible à plusieurs reprises, c’est juste moi qui n’y avait pas prêté attention. Enfin disons que si la série avait appuyé l’existence de ce bijou sur l’entourage de Dany, l’insistance portée à l’objet dans l’épisode 5 aurait eu davantage de sens et n’aurait pas généré ce questionnement sur « mais pourquoi on nous montre cette bague dont on se contrefout et pourquoi est-ce-que Varys l’enlève, quel est le sens caché de ce geste ? »

Et bien maintenant je comprends mieux, il s’agit tout simplement d’un geste de démission, de défi, un peu comme Tyrion retirant son pin’s. Le hic étant que la bague, n’ayant jamais été présentée ni mise en avant auparavant, l’instance de la mise en scène lorsqu’elle apparait pour la première fois envoie un message bien confus.

Ainsi, la fameuse bague de Varys est une parmi au moins 3, symbole d’allégeance à la reine dragon.

Reine dragon qui au moment où son deuxième conseiller la lâche, peine à conserver son masque de dureté. Au contraire, elle souffre de ce rejet, de ces reproches, de cette énième trahison. Il n’est pas aisé de lire alors en elle. Cette douleur, cette tristesse qui passe fugitivement dans son regard sont-ils le signe qu’une part d’elle a conscience de ce qu’elle a commis, que le geste de Tyrion rend soudain réel, ou est-ce simplement la séparation et la douleur qui l’accompagnent que nous voyons passer ? Je penche plus pour la deuxième option, Daenerys étant clairement dépeinte dans cet épisode comme hors des réalités. Sa folie est ici patente, totale. Jamais elle ne fait face aux conséquences de sa fureur meurtrière, elle s’isole au contraire, loin des cendres, dans un royaume de neige, entièrement tournée vers sa victoire et son triomphe.

Comme son dialogue avec Jon le montrera plus tard, Daenerys a basculé dans un aveuglement total, une autre version de la réalité.

Mais quand Tyrion se détourne d’elle, nous retrouvons brièvement la jeune femme empathique, éprise d’amour et d’affection qu’elle a toujours été et paradoxalement, continue d’être. Tyrion qui la rejette, c’est Tyrion professant son désamour envers elle. Or, Daenerys a besoin qu’on l’aime. C’est le résultat d’une enfance passée auprès d’un frère qui n’a jamais vu en elle qu’une utilité, un moyen de déchainer ses frustrations. C’est l’amour qui a sauvé Daenerys quand elle s’est retrouvée perdue au milieu d’un khalasar, jeune femme naïve qui a su gagner le respect et la confiance de Drogo au travers de l’amour qu’il avait pour elle. C’est l’amour absolu, inconditionnel de ses dragons pour elle qui l’a sauvée, à maintes reprises. C’est l’amour de Jorah, de Missandei, des centaines de milliers d’esclaves qu’elle aura libérés qui a été pour elle la fondation de son règne.

Quand elle faisait face à la haine, c’est toujours l’amour qui l’a sauvée. Westeros lui a toujours refusé son amour, et pire encore à ses yeux, a toujours rejeté le sien. A tort et à raison. A tort d’abord parce que Daenerys arrivait sur le continent avec la volonté manifeste d’en être la reine libératrice et adorée. Une erreur fondamentale de sa part aura été de considérer que les Westerosi se pensaient sous le joug d’usurpateurs et de tyrans depuis la Rébellion de Robert quand en réalité, le système politique local s’accomodait assez bien des changements dynastiques. Robert ou Cersei, pour le peuple, la différence est minime. Ce qu’il craint par dessus tout, c’est la guerre et son cortège de calamités. Le reste ne lui importe guère. Le peuple de Westeros est libre et même s’il subit les affres du jeu des trônes, il ne demande à personne de le délivrer de quoi que ce soit. Et même animée des meilleures intentions, Daenerys ne pouvait rien contre cela. D’autant plus qu’elle n’aura jamais eu l’occasion de se faire connaitre du dit peuple, mis à part dans le Nord.

Le rejet de Daenerys par Westeros est aussi lié à son attitude, conséquence de son inébranlable croyance en sa légitimité. Daenerys pensait que le seul nom de Targaryen lui garantirait l’adhésion des maisons nobles opposées à Cersei et celle du peuple. Elle a oublié en route que se pointer avec ses gros sabots donnerait surtout d’elle l’image d’une conquérante peu soucieuse de se faire accepter, connaitre. La scène où ses dragons passent au-dessus de Winterfell, provoquant la terreur de la foule est symptomatique de son incapacité à se considérer comme une candidate devant gagner l’adhésion du peuple et de la noblesse. Daenerys s’est habituée à son pouvoir suprême, à sa puissance de feu, à l’adoration de ses armées et de ses sujets au point qu’elle a oublié que l’amour se travaille, se construit. Si sur Essos, les gens étaient enclins à l’aimer parce qu’elle leur apportait quelque chose de colossal, leur liberté, leur dignité, ici, sur Westeros, son message est plus confus.

Ceci dit, on peut aussi s’interroger sur le fait de savoir si Westeros lui a vraiment donné sa chance. On a d’emblée vu en elle la fille du roi fou, une étrangère avec des armées étrangères, et ce, jusque dans le Nord, où son soutien a été déterminant dans la victoire contre Dagobert. L’attitude des gens à Winterfell envers Ver Gris et Missandei traduit bien cette défiance, qui ne semble pas s’être atténuée une fois le service rendu. Si Daenerys a ses torts dans son échec sur Westeros, Westeros n’a pas non plus su se montré enclin à la voir comme autre chose qu’un corps étranger. Les deux partis avaient leurs raisons d’agir comme ils l’ont fait et ont été ensemble les artisans de ce monumental raté, qui se sera terminé dans une explosion de violence de la part de Daenerys. Daenerys qui aura été jugée dangereuse au motif d’être la fille de son père, au motif d’avoir grandi sur Essos, au motif d’être autre. Jon Snow est sans doute le seul à avoir tenté de voir au-delà de ce portrait préconçu.

Il est tragique de voir que ce narratif la concernant a été assez puissant pour faire advenir cette version d’elle-même. J’aime à penser que cette chute sera mieux développée dans les livres, et que surtout, comme c’est déjà le cas actuellement dans les romans, le noir portrait que brossent les ennemis de Daenerys soit un reflet déformé de la vérité, une instrumentalisation des faits qui deviendra, par sa facilité et la manière dont il flatte les plus bas instincts de ceux qui l’écoutent, une vérité plus acceptable que la réalité elle-même. Jusqu’au point de faire lentement basculer Daenerys dans la folie, cernée de toute part par la suspicion, la peur et le rejet.

La série nous a très vite fait passer à cette conclusion pour le personnage, en se dispensant, faute de temps, d’une réelle contextualisation (remplacée ici par des lignes de dialogues affirmant qu’elle était folle ou sur le point de le devenir). La jeune fille pleine d’idéaux des premières saisons n’est désormais plus qu’une version déformée d’elle-même. Déformée par la puissance qu’elle a amassée au fil des ans, par les pertes subies et par son brutal (trop brutal) basculement dans la folie.

Un pouvoir immense comme le sien ne saurait être utilisé sans sagesse. Et c’est précisément ce qui lui fait défaut, quand elle use de sa puissance pour détruite une cité entière et annoncer son prochain règne mondial. C’est la clarté de vision de savoir quand et comment ne pas faire usage de cet immense pouvoir à sa disposition qu’il manque à Daenerys.

Sa descente vers la folie, trop précipitée cette saison, entraine Daenerys sur un versant sombre, qui n’a jamais été très loin mais qui ne la définissait pas non plus tout au long de son parcours. La chute de Daenerys est d’autant plus tragique qu’elle a été une héroïne, une figure positive, pendant la plus grande partie de son histoire. Comme le dit Tyrion à Jon, les guerres et les combats de Daenerys lui ont conféré une aura de sauveur parce qu’elle a toujours combattu des figures du mal.

A l’instant de son triomphe, Daenerys est au sommet de sa puissance, malgré une armée réduite de moitié un unique dragon survivant. Sa foi en elle-même est également plus forte que jamais, l’entrainant dans ce discours exalté faisant fi des réalités. Son absolu pouvoir l’empêche désormais de voir les conséquences réelles de ses actes et sa folie l’aveugle au point de demeurer dans le déni de ses crimes.

Elle qui avait débuté comme un symbole d’espoir et de libération chute vers la tyrannie au bénéfice de sa folie, une évolution bien trop bâclée pour faire de ce personnage fascinant de la Mad Queen l’ultime antagoniste le plus intéressant de toute la série. Daenerys a clairement le potentiel pour être l’un des plus grands personnage de vilain qu’il soit (je n’ai pas peur des mots), mais la série n’a jamais fait que l’effleurer. Je prie pour que les livres nous la donne à voir dans toute sa terrifiante mesure.

Très clairement, à cet instant où Daenerys tourne les talons pour s’en aller vers le Donjon Rouge, j’ai amèrement regretté la compression de cette fin de série. Je l’ai déjà dit, je le dirai encore et 10 ans ne suffiront pas à arranger cela (hein, D&D ? On l’a vue, votre réflexion meta…), la saison 8 aura fini par trahir la série, en inversant les propulseurs de l’histoire. Dans ses 6 premières saisons, GoT était essentiellement poussée en avant par ses personnages, sachant prendre son temps pour installer leurs émotions, leurs caractères, leurs motivations, au risque dans certains épisodes de diluer le récit dans de longues plages d’attente, les fameux épisodes de transition où rien de bien fameux ne se passait, mais où une fois encore, les personnages vivaient, réfléchissaient, se posaient. Game of Thrones était un échiquier où se déroulait une partie lente, réfléchie.

La volonté de D&D d’en finir en 13 épisodes les a forcés à changer le moteur de leur création, en instaurant une propulsion par le récit. Celui-ci devient le centre de la narration, dans le sens où ses passages obligés deviennent l’objectif ultime à atteindre.

Exemple : Daenerys doit, à un moment, détruire Port Réal. Or, au début de la saison 8, le personnage supposé commettre ce crime est dans la droite ligne de ce qu’il a toujours été, à savoir une figure salvatrice, un personnage plutôt positif, malgré une tendance naturelle au bourrinage et un goût certain pour la destruction par le feu. S’il contient en germe tout ce qu’il faut pour terminer sa course en tyran absolu dirigé par la folie, la transition du premier état au second n’a pas le temps de se faire par le personnage. Daenerys n’a ainsi par le temps, ni le droit de se diriger elle-même vers sa fin. On va alors créer un état d’isolement et de deuil chez elle, qui s’il reste cohérent, va surtout servir de prétexte à mettre dans la bouche d’autres personnages la suspicion de sa folie, afin de convaincre le public qu’elle a changé, parce qu’à l’instant T, le récit a besoin qu’elle change afin de la conduire, deux épisodes plus tard, à devenir la fille cachée d’Hitler et de Kim Jong Un.

Dans le style qui était celui de la série les premières saisons, Daenerys aurait eu besoin d’une saison entière consacrée à sa chute, une descente progressive du personnage vers la Mad Queen, qui aurait alors été cohérente avec ce que la série est, et la manière dont ses personnages ont toujours été les moteurs du récit.

Question « ce que tu dis n’a aucun sens » : la semaine dernière, on voyait Arya enfourcher son cheval blanc pour fuir la cité. Et BIM, qui revient dans cet épisode, sans son fier destrier ? Arya Stark. On pourrait de manière très logique et sans mauvaise foi aucune arguer du fait que dans l’épisode 5, elle s’enfuit pour échapper au brasier du Grand Chalumeau, un peu comme Jon qui battait en retraite. Et que rien ne lui interdit de revenir une fois tout danger écarté. Comme Jon.

Sauf que quand Jon revient, c’est pour faire quelque chose. Du type tuer Daenerys. Un truc important.

Arya elle, après avoir quitté la scène de façon très théâtrale, revient pour lancer des regards meurtriers, s’improviser Captain Obvious face à Jon et ne plus servir à rien par la suite…

Clairement, son inclusion dans cette première moitié d’épisode est aussi inutile que dans les arènes. Elle n’est là que pour rappeler son existence, sans servir à rien.

Lorsque Jon vient rendre visite à Tyrion, là, par contre, nous avons une scène utile servant à convaincre Jon de faire ce qu’il faut pour mettre un terme à cette escalade de violence aveugle. J’ai failli écrire « violence froide » mais ce n’était pas super approprié.

Jon aura été assez mal servi cette saison. Le pauvre bout de chou qui était un rouage si essentiel de l’histoire jusqu’alors semble totalement sur la touche, ne servant essentiellement qu’à appuyer l’antagonisme du reste du monde contre Daenerys. Son manque de densité cette saison s’explique par le caractère ramassé de ce final, mais aussi par la nécessité de mettre en scène l’impuissance face à Daenerys.

Jon est déchiré entre l’amour qu’il éprouve pour elle, la révélation de ses origines et au final, la peur qu’elle lui inspire. On le voit face à Tyrion tenter de s’auto persuader que la destruction de Port Réal était justifiée, sans grand succès. Peu importe la qualité de la défense, l’accès de folie meurtrière de Daenerys n’est pas excusable. Et si l’instabilité mentale est un facteur d’explication, Tyrion ne peut que pousser Jon vers l’acceptation de la mort de Daenerys. Toute puissante, armée du feu du dragon et incapable désormais de faire la différence entre libérer et massacrer, en l’absence de tout HP en Westeros ni de sanctuaire pour les créatures magiques, les options sont limitées pour mettre un terme au règne de la Reine Folle.

Sammath Naur en Erebor.

Je sais pas vous, mais…. Vous sentez ? Depuis le début de ce billet plane comme une odeur étrange. Ca sent comme un genre de tabac bizarre…

Non ?

Non, bon, ça doit être moi, alors.

Après sa rencontre avec Tyrion, Jon se rend donc vers la salle du trône, dont l’entrée est plus ou moins bouchée par une des plus belles scènes de l’épisode ou de la série, soyons pas chiens, à savoir Drogon dormant sous la neige et s’en extrayant lentement. Drogon, pourvoyeur de toutes les scènes geekasmiques de l’épisode si je peux me permettre.

Cette scène est aussi fantasmagorique que possible, contribuant à teinter cette première moitié d’épisode d’une aura surnaturelle, plaçant le règne de Daenerys dans une sorte de brouillard cauchemardesque.

Le dragon, émergeant de la neige, gardant la salle du trésor, où repose l’objet de toutes les tentations, LA VACHE MAIS CA SENT VRAIMENT TRES TRES FORT LA FUMEE ICI !

Je disais donc, le dragon, gardant le Trône de Fer, autour duquel s’étripe une bonne moitié des personnages de la série depuis la saison 1 est une imagerie extrêmement forte. J’aime particulièrement le fait que comme toujours Game of Thrones nous prenne un peu au dépourvu de nos attentes. En règle générale, quand un dragon garde un trésor et qu’un mec s’en approche, ça se termine plutôt mal pour l’un ou pour l’autre. Ici, Drogon laisse Jon passer, marquant ainsi la toute confiance que Daenerys place en lui. Drogon, dans la série, je l’ai déjà écrit mille fois je pense, est une extension de sa mère, agissant moins sous ses ordres que comme sa forme ailée et écailleuse. La fusion entre les deux personnages est totale depuis l’épisode précédent, et la manière dont Drogon, majestueux, puissant et terrible, toise Jon, est une traduction visuelle de ce qu’est devenue Daenerys aux yeux de tous.

Je… Qu’est-ce que vous fichez ici, Smaug le Magnifique ? C’est vous qui sentez la fumée ?

«-Non, parole de dragon. »

Ok….

La saison dernière, j’avais parlé de la manière dont la série construisait, à mes yeux, une imagerie très particulière autour de Daenerys, la confinant à être une figure magique, légendaire, éthérée, à la frontière de la réalité. La transformation s’achève ici de manière totale, faisant de la reine une créature mythologique, syndrome d’un temps révolu, d’un monde inexistant, qui s’infiltre dans la réalité. L’altérité des Targaryen aura été sur les deux dernières saisons traduite visuellement de manière admirable par la série. Un travail de narration par l’image qu’il faut saluer.

C’est au moment où Daenerys pénètre dans la salle du trône que deux évènements vont se produire. Le premier, c’est la résurgence de son thème personnel, joué de la même manière aigrelette que durant la première saison. Ce retour à une couleur plus timide fait le lien avec les débuts du personnage, en même temps qu’il nous rappelle sa montée au pouvoir. La première fois que ce thème résonnait à nos oreilles, c’était quand Illyrio lui offrait les œufs de dragon, qui furent pour elle d’abord un objet de fascination et de consolation, avant de donner naissance à la colonne vertébrale de son règne.

Ce thème est revenu par la suite de manière récurrente, marquant souvent les moments marquants de sa vie, ces instants où elle acquérait toujours un peu plus de pouvoir ou progressait vers son objectif. In fine, le thème polymorphe de Daenerys était bel et bien un thème associé à cette idée, cette marche vers la puissance.

Le deuxième évènement est évidemment l’attendue redite de la vision de l’Hôtel des Non-Mourants. Reprise plan par plan, elle nous confirme l’accomplissement du destin de Daenerys, reproduisant chaque élément vu à Qarth. Dans sa vision, Daenerys ne touchait jamais le trône, préfigurant le fait qu’elle ne pourra jamais s’y asseoir et régner sur le royaume de ses ancêtres. A Qarth, elle se détournait de son but appelée par le cri des dragons. Ironiquement, c’est bien un dragon, Aegon, qui la retient de s’asseoir et l’éloigne du trône.

A l’Hôtel des Non-Mourants, Daenerys franchissait ensuite le Mur, derrière lequel elle retrouvait Drogo et Rhaego. Cette scène a toujours possédé une interprétation funeste, beaucoup y voyant l’annonce de sa mort avant d’avoir pu prendre Port Réal. Et ils ne se trompaient pas de beaucoup.

J’attire votre attention sur la symbolique de cette vision, car elle nous montre bien, et presque sans raison alors, Dany franchir le Mur pour retrouver sa famille. Le Mur est de toute évidence le symbole de Jon Snow. Jon, que Tyrion appelle « le bouclier qui protège les royaumes humains », le renvoyant à ses vœux, à son devoir et je le crois, à son identité profonde. Jon est par essence, un protecteur. Jon, qui prend sa décision également au souvenir des mots de Mestre Aemon : « Love is the death of duty« . Un souvenir qui lie les deux personnages, deux Targaryen isolés au Mur, ayant fait face à des dilemnes similaires, mais qui auront réussi, parce qu’ils sont le bouclier qui garde les royaumes humains, à inverser la sentence. Le devoir est la mort de l’amour. Cela aura toujours été la tragédie de la vie de Jon Snow.

Comme je l’ai dit plus tôt, Jon s’est finalement trouvé défini en tant que personne au travers de son service dans la Garde de Nuit, au travers de sa relation avec les Sauvageons. Ni Stark, ni Targaryen, il est Snow, la neige, le vrai Nord.

Mourant de sa main, Daenerys ne pouvait donc symboliquement que franchir le Mur dans sa vision, pour rejoindre le royaume de la mort, froid et glacé.

Gardez en tête cette symbolique de l’au-delà du Mur (Au-Delà, hein, pensez-y) associé à la mort pour la fin de billet.

Quand ils tournaient la première saison de la série, GRR Martin était venu sur le plateau et avait dit à D&D : « quand je pense que tout ça n’a qu’un seul et unique but : amener à la rencontre de Jon et Daenerys… »

Quand cette anecdote était sortie, après la diffusion du dernier épisode de la saison 7, le contexte était plus à penser que le chant de la glace et du feu était une harmonieuse symphonie et qu’ensemble, Jon et Daenerys allaient sauver le monde, accomplir de grandes choses, adopter un golden retriever, avoir des bébés et aller faire des balades en vélo le dimanche.

En vérité, toute cette histoire ne tendait que vers la mort de Daenerys, la neutralisation du pouvoir absolu du feu, par la glace incarnée par Jon, l’homme revenu d’entre les morts (dans cet univers la mort et le froid sont intimement liés).

La réflexion de Dany dans l’épisode 2 sur le fait que les dragons, incarnations du feu, n’aimaient pas le Nord prend alors tout son sens.

Si Jon s’entête dans son attitude servile envers Daenerys depuis l’épisode précédent, c’est bien parce qu’il l’aime et qu’il sait qui elle est vraiment. Jon voit au-delà du monstre qu’elle est devenue, sait qui elle est intimement et éprouve de grandes difficultés à faire coïncider cette connaissance avec ce que Daenerys est devenue. Mais il n’a d’autre choix de la tuer, de la même manière qu’Arya aura tué le roi de la nuit, d’un coup de poignard dans le cœur, en détournant son attention au moment de porter le coup fatal.

Daenerys et Dagobert meurent ainsi tous deux, sous la neige, à deux pas de l’accomplissement de leurs destins, sans jamais pouvoir réellement les atteindre.

La mort de Daenerys est une scène que j’ai trouvée très dure. Bien plus que ce à quoi je m’attendais. Je pense n’avoir pas vraiment réalisé, avant cette saison, avant sa chute, à quel point dans le fond, je tenais à elle. Pour tout un tas de bonnes et de mauvaises raisons. La mort de Cersei, que j’ai tant aimée dans cette série, ne m’a pas affectée de la même manière parce que depuis le début, je savais que je devrais la perdre. J’étais prête, n’ayant aucun doute quant au fait qu’elle et moi ne finirions pas la série ensemble.

Mais pas Daenerys. Pas elle. C’est un personnage qui m’a toujours fascinée, pour la femme qu’elle était, pour l’étrange pouvoir qui est le sien, pour ce qu’elle représentait. Pour aussi, son côté impitoyable, autoritaire, pour sa rage et sa froideur. Pour tout ce qui l’éloignait de la jeune et belle reine caricaturale qu’elle aurait pu être. Pour ses failles, ses fautes, ses grandeurs, ses blessures.

Je n’ai jamais tant aimé Daenerys que dans cette saison, dans ces instants de douleur et de doute, alors que son destin tragique s’écrivait. Alors que je sentais aussi que la série ne me laissait pas le temps de la voir devenir la pire version d’elle-même.

Au final, je ne l’ai jamais autant aimée que lorsque indéfendable, tout ce qu’il me restait à lui donner, c’était l’affection que je pouvais avoir pour la jeune femme qui m’a accompagné pendant tant d’années, dont la force et la foi en elle-même m’ont par moments été d’une aide précieuse.

Il est des personnages de fiction qui nous accompagne toute notre vie et qui s’avèrent être des piliers, des remparts, plus solides que la vie réelle ne saura jamais nous en donner. Daenerys est pour moi l’un d’eux. Je ne peux pas m’expliquer pourquoi, ni comment, c’est comme ça.

Et jusque dans sa fin terrible et tragique, elle reste une figure de référence, dans tout ce qu’elle incarne, dans ses plus beaux moments comme dans les pires, inspiration et avertissement.

Je ne suis pas parvenue à en vouloir à Jon un seul instant dans cette scène, tout bonnement parce qu’il reflétait absolument tout ce que je ressentais, le conflit entre la perte de ce qui fut et la terreur qu’inspire ce qui est. Daenerys devait mourir, pour ce qu’elle était devenue, pas ce qu’elle était. Il n’y avait rien de moins ou de plus à faire.

La fusion de Daenerys et Drogon devient totale quand cette dernière meurt et que le dragon fait alors ce que sa mère ne pouvait pas accomplir : détruire le trône de fer.

Si le dragon est symbole de toute puissance, il est aussi symbole de sagesse. Et quand la part sombre de Daenerys meurt, sa version la plus lucide et sage décide de détruire l’objet de toutes les tentations, le véritable assassin de Daenerys, le grand corrupteur et…

Bon sang, ça sent vachement le tabac depuis le début de ce billet d’où ça sort put…

«-Coucou mes sagouins. C’est tonton John. »

WOPUTAIN… Apparition inexpliquée mais pas du tout hors contexte de JRR Tolkien sur le blog. Je suis HONOREE.

«-Tu peux, Bibele, tu peux. Bon, c’est par où que je commence ? »

Je suis aussi honorée que perturbée, j’avoue donc j’ai envie de dire, faites comme chez vous, hein.

«-Ca fait un moment que je traine dans le secteur, à regarder le boulot de George, un boulot glorieux, si vous voulez mon avis, mais maintenant qu’on fonce à hue dans un parallèle plus qu’évident et attendu avec mon œuvre, j’aimerais assister, si la chose était possible. C’est pas que je me sente concerné mais bon, j’entends tellement de blaireaux s’échiner à comparer nos deux sagas en brâmant à qui mieux mieux combien le mien est binaire et naïf comparé à la subtilité de l’autre Amerloque, même si au final, à la fin de toute chose, je constate que ça file droit vers la même conclusion. Du coup, je me pose dans un coin, je regarde, et je me marre derrière ma pipe. Poursuivez, la barjaque. »

Je poursuis donc, enveloppée par des volutes bleutées de Vieux Tobie.

Si les romans s’achèvent de cette manière (spoiler : oui, dans les grandes lignes), alors GRR Martin aura rendu plus qu’un hommage à celui qui l’a inspiré pour écrire son chant de la glace et du feu, JRR Tolkien. Martin a toujours dit que l’auteur du « Seigneur des Anneaux » avait été d’une influence déterminante dans son parcours mais aussi dans son appréhension de sa propre saga. Et alors que l’on sentait ce dénouement venir et ces parallèles se tisser, le final confirme bel et bien à quel point l’œuvre de Martin est une variation de celle de Tolkien, empruntant des chemins différents pour conter la même histoire et enseigner la même leçon sur les dangers de l’attrait du pouvoir.

De l’Anneau Unique au Trône de Fer, il n’y a qu’un pas gaillardement franchi dans cet épisode qui révèle la nature corruptrice du siège forgé par les flammes de Balerion, détruit par les flammes d’un autre dragon noir, comme l’Unique qui ne pouvait être détruit que par les feux l’ayant forgé.

Au cœur de l’Orodruin, le dernier combat autour de l’Anneau oppose Frodon à Gollum, deux êtres consumés par son pouvoir. Ils sont deux facettes d’un même personnage, un homme simple, soumis à l’influence dévastatrice de la corruption et de la séduction absolue. Si Smeagol sera tombé très vite sous son emprise, Frodon lui, aura été capable de résister jusqu’aux derniers instants, quand face à la promesse de sa fin prochaine, l’Anneau parvient enfin à affirmer son emprise sur le Hobbit.

De bien des manières, Daenerys et Drogon forment une paire semblable dans ces derniers instants, le dragon étant celui qui malgré la tentation du pouvoir est celui qui garde assez de clairvoyance pour détruire l’objet de son tourment.

On peut aussi attribuer sans trop se fouler le rôle de Frodon à Jon, après tout, ce n’est pas un hasard si George RR Martin l’a affublé d’un meilleur ami nommé Sam. L’homme aura passé sa saison à répéter en boucle qu’il ne voulait pas du trône, et finalement, détruit le seigneur noir à la place duquel nous avons une reine, non pas ténébreuse mais aussi belle et terrible que l’aurore, traîtresse comme la mer, plus solide que les fondations de la terre, tous l’aimeront et désespéreront et….

Madame ? Madame ? Madame ! Oui, c’est à vous que je parle… On a compris, il faut sortir maintenant…

« –Dis donc, tor-penn, tu parles mieux à la dame de Lorien. »

Mille excuses, hein et pour noyer le poisson et en revenir à Jon, et son side kick Sam, n’oublions pas non plus qu’in fine, Jonny dira adieux aux siens sur un quai, embarquant non pas pour Valinor (on va y revenir) mais bien pour une terre de légende où il s’exile, marqué à jamais par les épreuves.

Frères de cheveux

Bref, des parallèles assez évident entre les deux œuvres qui n’amoindrissent pas pour autant le travail de Martin ou la série, mais montrent juste, en explorant le même thème que Tolkien, combien celui-ci demeure et restera à jamais pertinent.

Puisque l’on parle de parallèles, évoquons celui qui me vient maintenant, tissé entre Jaime et Jon. Dans le premier épisode de la série, le premier moquait l’engagement du second dans la Garde de Nuit et le méprisait ouvertement pour son enthousiasme. Pourtant, les deux hommes ont des parcours assez similaires.

Notez cette poignée de main. C’est totalement fortuit étant donné qu’il n’y a pas  1000 manières de se serrer la paluche entre droitiers, mais leur unique contact physique de la série se fait par les mains leur ont servi ou leur serviront à commettre un régicide.

Car c’est bien le régicide qui les lie de prime abord. Tous les deux ont été contraints d’assassiner un Targaryen devenu fou. Jaime l’a fait pour sauver Port Réal et sa famille, Aerys lui ayant ordonné de tuer son père, Jon le fait pour sauver Westeros et le monde, et protéger sa famille aussi, puisque Daenerys aurait forcément porté son attention tôt ou tard sur Sansa.

Cette expérience commune n’est en fait que le premier de leurs points communs. Tous les deux se sont en effet engagés dans des ordres les privant de leur statut et leur interdisant d’engendrer.

Jon rejoint la Garde de Nuit pour y trouver sa place, lui le bâtard qui n’a pas la sienne à Winterfell, pour satisfaire ses idéaux de loyauté et son aspiration faire don de lui-même pour une cause qui le dépasse.

Jaime s’engage dans la Garde Royale, ce qui a peu ou prou les mêmes conséquences, à la différence près que sa décision n’a été motivée que par son amour pour Cersei. Une décision prise pour demeurer près d’elle et qui avait rendu fou de rage Tywin, qui ainsi, perdait le seul héritier dont il était vaguement fier.

Il est intéressant de noter que la Garde de Nuit rassemble des criminels de diverse nature, et quelques hommes d’honneur. Ce n’est pas un ordre très prestigieux, même si son rôle est nécessaire et quand débute le récit, personne ne sait exactement à quoi il sert encore, à part être un bagne fort commode pour ne pas engorger les prisons ou faire trop travailler votre bourreau.

La Garde Royale est composée de chevaliers, des hommes réputés pour leur valeur, leur honneur. L’histoire nous aura démontré que malgré son prestige, cet ordre est bien moins reluisant qu’il y parait, ses membres ne brillant pas forcément par leurs qualités morales.

La couleur de la Garde de Nuit est le noir, celle de la Garde Royale est le blanc.

Les parcours de Jon et Jaime continuent de se répondre quand on compare leurs statuts : Jaime est le fils ainé de Tywin Lannister, un lion doré réputé pour sa science des armes, sa beauté, son côté bravache. Jon est le fils bâtard de Ned Stark, n’a aucune réputation mis à part sa bâtardise et a tout à prouver.

Alors que l’étoile de Jaime décline au fur et à mesure de l’histoire, battu par Robb Stark, défait par Brienne, privé de sa main d’épée, celle de Jon ne cesse de monter, reconnu pour ses qualités au sein de la Garde de Nuit, des Sauvageons, du Nord…

Tous deux vivent une expérience métaphysique très forte. Jon meurt et revient à la vie, ce qui en fait le boss de fin des expériences métaphysiques (wait a sec…. Non, le boss de fin, c’est Béric, rendons à César ce qui lui appartient). Jaime vit une forme de mort lorsqu’il est amputé de sa main droite par Locke/Varshé Hèvre. Dans la saison 1 en effet, Jaime voyait le handicap comme pire que la mort, affirmant préférer cette dernière à la moindre diminution physique. De fait, la perte de sa main d’épée va le mener à se considérer comme mort, inutile, le faisant errer dans un long purgatoire dont il émergera après avoir confessé la vérité sur le régicide à Brienne.

Sur le plan de leurs amours, Jaime et Jon entretiennent aussi des points communs. Il est maintenant connu qu’à l’origine, GRR Martin avait pour projet une relation amoureuse entre Jon et Arya, avant de se raviser. Je me demande maintenant en quelle mesure ce projet ne servait-il pas le parallèle entre Jon et Jaime en leur donnant tous deux une relations incestueuse avec leur « sœur ».

Mais la relation incestueuse de Jon existe cependant, avec Daenerys, rétablissant la balance.

Daenerys et Cersei ne sont pourtant pas les uniques amours de Jon et Jaime. Le premier aime Ygrid, qu’il doit cependant abandonner pour faire son devoir et revenir avec la Garde de Nuit. Jaime aime Brienne mais l’abandonne pour faire son devoir et revenir vers Cersei. Dans les deux cas, l’autre relation est sacrifiée au profit de la loyauté des deux hommes envers la personne ou la cause qu’ils se sont choisis.

L’ironie de cette histoire qui se répète est que dans les deux cas, suite à leur régicide, Jon et Jaime sont reconduits dans l’ordre auxquels ils se sont voués, respectivement la Garde de Nuit et la Garde Royale.

La toute fin de cette première partie, sur l’envol de Drogon emportant avec lui le corps de sa mère, est un instant aussi beau qu’il est poétique. Drogon et Daenerys formaient ensemble le dernier dragon. Et il était devenu clair dans cet épisode que les dragons n’appartiennent pas à ce monde. Que cela soit sur le plan mythologique ou celui, plus prosaïque de ses origines, Dany a toujours été vu comme une étrangère en Westeros. Issue d’une lignée qui s’est imposée à la tête des Sept Couronnes et qui même après 300 ans de règne continuait de marquer son altérité par ses pratiques d’eugénisme, elle n’a pas grandi dans le royaume bâti par ses ancêtres, mais sur un autre continent. Sa puissance, elle l’a construite en Essos, avec des armées du continent Est. Quand elle arrive en Westeros, la première chose que Cersei lui oppose est bel et bien son caractère importé, son manque d’appartenance. Le fait est aussi que le sentiment de rejet ressenti par Dany ne vient pas seulement de ce qu’elle est, mais aussi de la tendance assez marquée des Westerosi à être un rien xénophobes sur les bords. Il faut voir comment les Nordiens ont su accueillir ses armées quand celles-ci venaient mourir pour eux… Si Daenerys s’était moins souciée d’inspirer de l’amour et de la dévotion, elle aurait pu en prendre son parti et accepter d’être cette étrange reine. Mais le fait est qu’à part Jon Snow, personne n’a jamais cherché à la connaitre, à la comprendre. Tous se sont arrêté à ses origines. Et l’ont condamnée pour elles.

Alors que toute sa vie aura été tendue vers la reconquête de son héritage, Daenerys s’en trouve dépossédée, et au final, elle ne peut même pas reposer sur la terre de ses aïeuls. Drogon choisit de la conduire ailleurs, sans doute à Valyria, disparaissant dans un fantasmagorique ban de brume, qui avale la créature et sa mère, comme s’ils n’avaient été qu’un rêve.

Comme Jon, Daenerys retourne là où elle est vraiment chez elle. Avec un peu de chance, Drogon aura déposé son corps aux pieds du citronnier, dans le jardin de la maison à la porte rouge. Les deux derniers Targaryen s’exilent donc dans ce final, disparaissant de l’histoire.

Je reviendrai en effet plus tard dans ce billet sur le symbolisme dans la fin de Jon, une symbolique qui rejoint parfaitement ce départ de Daenerys vers l’au-delà.

La magie quitte à nouveau Westeros, quand l’Imbrûlée et le Ressucité se retirent, n’appartenant pas à ce monde.

Non, le amis, non, il n’y aura pas de Point Chiffon pour Daenerys cette semaine. Je l’ignorais alors, mais cette ultime bafouille, je l’ai écrite dans le billet précédent. Je l’ignorais, mais dans les faits, la grosse quiche que je suis a carrément écrit un truc du style : « c’est l’aboutissement du travail de Michele Clapton sur ce personnage », ce qui, si j’avais été un tant soit peu maligne, aurait dû me mettre la puce à l’oreille.

Si vous l’avez raté, je vous invite donc à revenir dessus, et ce sera par ici. Précision tout de même concernant ce costume, son aspect moiré a été totalement gommé dans cet épisode, bien qu’il s’agisse de la même tenue de vol, qui apparait donc maintenant comme exclusivement noire rouge, toujours dans ce simili cuir au motif d’écailles.

Daenerys est le dragon dans sa forme la plus pure, la plus puissante, la plus absolue et ne pouvait mourir que dans ce costume.

Et maintenant, passons aux Stark ! Sauf Sansa, parce que notre reine vénérée aura évidemment le droit à son Point Chiffon personnel.

First, Arya :

Vous êtes très sale, madame. Et très habillée comme un soldat Stark, ce qui ne devrait pas me surprendre et dans les faits, ne me surprend pas.

Arya n’a quasiment rien porté de féminin de toute la série. Dans la saison 1, dès qu’elle en avait l’occasion, elle troquait ses robes de petite fille pour la chemise et le pantalon, restant indéfiniment dans le même costume plusieurs saisons d’affilée.

Mise à part à Braavos, où elle se déguise en vendeuse de beignet et chouchou, on ne l’a plus jamais vue par la suite dans un vêtement féminin (sa tenue chez le Dieu Multiface est très certainement l’uniforme unisexe de tous les apprentis).

Arya est donc définie essentiellement par le costume masculin, qui sied le mieux à sa vie au fil des saisons mais aussi à ses aspirations. Arya veut être une combattante, une assassine et le pantalon reste plus adapté à ces activités que la robe.

De plus, Arya a tendance à rejeter le féminin tout du moins ce qui est trop associé au statut infériorisé de son sexe dans la société où elle vit : robes, couture, broderie, langage châtié, mariage, enfants…

Ses voyages et la vie rude qui a été la sienne durant des années ont fait d’Arya une personne pragmatique, dont le vêtement est purement utilitaire. Sur les deux dernières saisons cependant, Arya allie ce pragmatisme à une tenue marquant bien son statut social.

Ce manteau asymétrique qu’elle porte dans le final est une création déjà vue et revue, qui recouvre une tenue de soldat Stark, pourpoint de cuir et jupe de samouraï du même matériau. Il s’agit d’une tenue vue et revue sur Jon, Ned, Robb, et la totalité des soldats de la maison Stark, à la différence près que les matériaux utilisés chez les membres de la famille sont clairement de meilleure qualité. On y trouve toujours un motif, quel que soit le matériau utilisé, tissu ou cuir. Si les Stark s’habillent de formes identiques aux gens du commun, les matières dont ils se recouvrent son plus luxueuses et reflètent bien leur statut social, avec une certaine modestie cependant car s’ils ont les moyens d’investir, ils ne tendent pas visuellement à se distinguer de la masse.

Le gilet en lui-même est encore moins modeste et montre bien à qui nous avons à faire.

Premièrement, cette pièce est visiblement intégralement doublée de fourrure (pas de loup, les poils sont trop courts. Du lapin, sans doute), chose que le péquin moyen ne peut se permettre. Ensuite, le tissu du dessus, d’un gris foncé (parfois bleuté selon l’éclairage et le filtre), ne cache ni son épaisseur, ni sa qualité. C’est une étoffe texturée, avec un motif de losanges qui rappelle un peu le cou du loup sur le blason des Stark.

Michele Clapton a eu l’occasion de parler de ce gilet (que nous retrouverons en fin d’épisode, dans une version adaptée par Sansa) et de sa forme asymétrique, originale et directement inspirée par les talents de bretteur d’Arya, qui a besoin de pouvoir être libre de ses mouvements, dégainer facilement et combattre sans être gênée par son vêtement. L’idée, selon Michel Clapton, était d’avoir une ouverture sur le côté gauche, qui donnait l’impression qu’Arya avait tranché son manteau un jour en dégainant Aiguille. Visuellement l’idée est très bien retranscrite, tant l’ouverture est d’une forme et d’une dimension originales, presque dynamiques.

Ce costume, comme tous les autres dans cet ultime épisode est un aboutissement du personnage, un aboutissement atteint en saison 7, et qui traduit parfaitement la nature d’Arya. Elle est une Stark, une aventurière, une combattante.

And now, Bran :

On sent bien que Bran lui aussi, aura fait dans l’utilitaire au fil des saisons. Dans cette saison 8, comme dans la 7, il est toujours apparu sous une accumulation d’épaisseurs et de fourrure, sans doute parce que quelqu’un avait peur qu’il ait froid à rester ainsi immobile sur sa chaise. Et à rester trainer dehors par tous les temps, aussi.

Ceci étant dit, est-ce-que Pinpin le Pangolin ressent le froid ? C’est une question qui mérite d’être posée et qui n’aura pas de réponse.

Le dernier costume de Bran, lors du Conseil Restreint et sur les quais avec Jon est en revanche plus personnalisé et plus intéressant en lui-même.

Devenu roi, Pinpin se soucie (ou quelqu’un le fait pour lui) de son apparence. Le voici dans une robe longue de velours bleu.

Le matériau est clairement luxueux, riche, un effet amplifié par sa couleur complexe et les broderies du col sur lesquelles je reviendrai.

Les bleus profond sur une couleur associée aux Stark depuis la saison 1. Catelyn, par exemple, porte souvent cette couleur.

Du coup, je me demande, dans quelle mesure, dans l’esprit de Michele Clapton, cette robe n’a pas été imaginée, voire, créee par Sansa en personne. On y reviendra plus tard, mais le style personnel de Sansa référence fréquemment sa mère et je trouverais aussi logique qu’émouvant, qu’avant de quitter son frère pour regagner le Nord, la reine ait offert à Bran une tenue faite main, incluant un clin d’œil à Catelyn, qu’il n’a jamais revu après sa chute. Après tout, en saison 6, elle faisait de même avec Jon, lui offrant une cape similaire à celles de Ned, dans le but avoué de référencer leur père.

J’imagine que rien ne viendra corroborer cette idée, mais je la trouve jolie.

La présence d’une nuance de vert, perceptible avec certains éclairages, dans le tissu nous renvoie à une autre idée. Bran est vervoyant, en sa qualité de Bran et super vervoyant en sa qualité de Pinpin le Pangolin. Donc déjà, PAF, ça fait sens. Ensuite, la fin de l’épisode est très marquée par le retour de l’élément végétal, en particulier sur les costumes (on y reviendra tout particulièrement avec Sansa) mais aussi dans le décor. Cette référence est double car elle lie au réseau de barrals (barraux ? Un barral, des barraux, un escargal, des escargots…), qui oui, je le sais, a des feuilles rouges, mais l’idée c’est le végétal et les barrals poussent dans les forêts, ce qui nous rappelle les Enfants de la Forêt, qui sont ceux ayant inventé le dit réseaux des barrals/barraux. Et dans la série, la couleur des Enfants de la Forêt a toujours été le vert.

Mais le vert est de toute évidence ici aussi un symbole de renouveau, du retour du printemps, l’Hiver ayant été définitivement chassé par la mort de Daenerys, dont l’accession au pouvoir suprême était marqué, symbole puissant, par une recrudescence de la neige.

L’importance de l’élément végétal est également soulignée par les motifs du col. Dans la partie supérieure, on peut voir des éléments végétaux grimpant, tandis que dans la partie inférieure, ce sont des plumes tombant vers le sol, comme des feuilles. Le dessin est assez ambigu du reste pour représenter les deux, feuille ou plume. Enfin, on peut aussi constater un jeu de lignes sur l’entièreté de la robe, qui rappelle, de manière très géométrique, les nervures d’une feuille.

Là aussi, j’aime à penser que c’est Sansa qui a réalisé le travail d’aiguille, ce double motif du végétal et des plumes ayant une résonance toute particulière avec ses propres costumes de l’épisode.

Et enfin, dans un épisode où l’ombre de la Terre du Milieu est si présente, la résurgence des éléments végétaux sur les costumes, l’idée même d’avoir un roi dont le pouvoir peut prendre pour symboles un arbre et un oiseau nous ramène assez naturellement vers le Gondor.

Les armoiries du Gondor représentent le rejeton de Nimloth, l’arbre blanc du Gondor, surmonté de la Couronne d’Argent, sur les côtés de laquelle se déploient les ailes d’un oiseau de mer, en souvenir des voyages maritimes des anciens rois.

A Minas Tirith, les gardes de l’arbre portent eux aussi un heaume avec de grandes ailes blanches.

Le règne de Bran s’appuie donc sur deux symboles similaires, le bois blanc du barral (et ses feuilles rouges) ainsi que les ailes noires de corbeaux/corneilles, un oiseau grâce auquel il aura franchi le Mur dans les deux sens. Au final, Bran est donc un peu l’Aragorn de cette histoire :

Tout ce qui est or ne brille pas,
Tous ceux qui errent ne sont pas perdus,
Le vieux qui est fort ne dépérit point.
Les racines profondes ne sont pas atteintes par le gel.
Des cendres, un feu s’éveillera.
Des ombres, une lumière jaillira;
Renouvelée sera l’épée qui fut brisée,
Le sans-couronne sera de nouveau roi.

Et pour finir, Jon :

Eeeeeeeet c’est un magnifique retour aux sources pour Jonny Boy.

Question chiffon, à part durant son passage dans la Garde de Nuit, Jon a très peu varié. Dès son retour à Winterfell, il s’est glissé dans la peau de Ned en adoptant le style winterfellien, comme il est de coutume dans sa famille (cf ce que je disais dans la partie sur Arya).

Il y a toutefois une différence notable entre les deux photos ci-dessus et elle réside dans la qualité du vêtement. Sur le cliché extrait de la saison 1, Jon est le bâtard de Ned.

Si on le compare ici à Robb, l’héritier légitime, vêtu exactement comme lui, on constate la différence criante de qualité. Robb est en cuir, Jon en laine. Le statut social est ici clairement affiché par la qualité vestimentaire.

Aussi, dans l’ultime épisode de la série, Jon n’est plus qu’un bâtard cherchant sa place dans la vie. Sa place, il l’a trouvée et il s’apprête même à la rejoindre, au-delà du Mur. Jon est passé de statut inconfortable d’enfant sans mère et sans nom à celui de lord commandant, puis de roi, puis de gouverneur du Nord. Cette évolution s’affiche sur son vêtement, nettement plus opulent que celui, pourtant identique, de ses débuts.

Mais une fois revenu au Mur, Jon délaisse le cuir pour revenir à la laine de ses débuts. Tout dans cette tenue fait écho à ses premières apparitions, de ses vêtements à sa coiffure.

Jon abandonne en effet le man bun, adopté après sa résurrection, pour retrouver ses bouclettes sauvages légendaires.

Ce costume final reflète le parcours de Jon. Un homme droit, simple, un Stark et un frère juré de la Garde de Nuit, Prince qui fut Promis malgré lui, avant tout soucieux des autres, voué au dévoir. Jon est à l’image de la simplicité de son vêtement, à l’image de ce peuple qu’il escorte au-delà du Mur, un peuple qui est désormais le sien.

Apéro cahuète.

Et c’est qui le maître du game maintenant ? C’est qui ?

Grey Worm, first of his name, protector of the realm, king of the andals and the … peuples qui composent les Immaculés (j’avoue, je ne sais pas trop comment est composée cette armée), khal of khals, etc etc…

Bah oui, en tant que généralissime, le pépère se trouve désormais à la tête d’une puissante armée, elle-même soutenue par une coalition dorno-île de ferrienne qui ne semble guère encline à rejeter leur alliance, même après la mort de Daenerys.

Avec Jon Snow aux fers, le mec peut faire à peu près ce qu’il veut et ce qu’il veut c’est un procès de Tyrion Lannister et Jon Snow ?

Mec ! Y’a un épisode même pas, tu passais par le fil de l’épée des gens désarmés et des civils because reasons. Là, tu as à ta merci un traitre et un régicide et tu ne fais rien ? Pire, tu les conduits devant une assemblée largement défavorable à feue ta reine afin qu’ils rendent justice envers ceux qui l’ont trahie, le tout en espérant une issue qui te soit favorable ?

Qui a écrit cette moitié d’épisode ? Je suis très intéressée de le connaitre.

Oh et question. Ser Davos, je vous aime beaucoup, mais j’ai grand mal à vous suivre lorsque vous proposez à Ver Gris et aux Immaculés de prendre le Bief au motif que le coin ne serait plus habité…

Sérieux, les scénaristes quoi…. Je sais bien que dans cette, série, Westeros est un tout petit continent avec une poignée de grandes familles et basta, mais à qui vous espérez faire croire que le Bief, qui est tout de même, après le Nord, la plus grande province, est vide ?

Je dois comprendre quoi de cette sortie ? Que la région n’était peuplée que de Tyrells et de Tarly ? Des Tyrells, j’en ai vu mourir 4. J’ai vu par mal de leurs soldats morts aussi. Des Tarlys, j’en ai vu brûler deux, ce qui laisse rien que dans cette maison, deux femmes et tout leur personnel, sans parler des petites maisons nobles du secteur.

D’ailleurs, je vous invite à consulter cet article sur le dit Bief afin de prendre un peu la mesure de ce qu’il représente en termes de peuplement. 

La région, malgré la guerre qui a bien entendu contribué à éclaircir les rangs, n’est certainement pas vide. C’est impossible, sauf dans une version du multivers où le Bief a subi un bombardement nucléaire. Et du coup, j’y enverrais pas les Immaculés.

Sans rire, y’a des mecs qui ont très sérieusement écrit une scène où ser Davos offre le Bief aux Immaculés en arguant que la région a été désertée de ses habitants alors qu’à trois chaises de la sienne, il y a Samwell Tarly qui se présente lui-même quelques minutes plus tard comme l’un des représentant des grandes maisons…

C’est Edmure Tully qui a écrit ce passage ?

Alors que chacun semble oublier l’énormité proférée par ser Davos, Tyrion suggère que ça serait bien si maintenant, on se choisissait un roi, parce qu’on peut pas rendre la justice sans. Ça ne serait pas à Ver Gris de décider.

Alors si, déjà, s’il en a envie, il décide. Je rappelle qu’il détient la ville, le pouvoir militaire et peut, si l’envie l’en prend, t’ouvrir la gorge, ainsi que celle de Jon Snow. C’est déjà assez incompréhensible qu’il ne l’ait pas fait, alors n’en rajoute pas en suggérant que la capitale tombée entre ses mains veut toujours rendre justice à l’ancienne.

Ver Gris est un peu paumé dans cette fin d’épisode. On le sent le cul entre deux chaises. D’un côté, son désir de vengeance, bien compréhensible, le pousse à demander justice. De l’autre, celui qu’il est, désormais libéré de l’influence de Daenerys, ne peut se résoudre, visiblement, à exécuter deux hommes qui, il le sait, ont fait ce qui devait être fait. Ver Gris est un homme sur le départ, mal à l’aise entre sa loyauté envers sa reine, et sa volonté d’aller de l’avant. C’est forcément pour cette raison qu’il a pris son parti de réunir cette cour de justice, afin que quelqu’un prenne la bonne décision à sa place. Je regrette une peu que l’on ait pas eu l’occasion de creuser davantage ce personnage et ses motivations finales, tant son statut de « mec qui suivait les ordres » était intéressant à explorer. Eprouve t’il des regrets, du remors ? Tout dans l’idée de cette cour de justice et de son refus de la rendre lui-même le suggère. Mais j’aurais aimé que les adieux avec notre petit général grognon soient plus développés.

Ironiquement, l’élection de Bran reposera par la suite sur l’idée que c’est un moyen de briser la roue, alors que clairement, toute la manœuvre de Tyrion consiste à la faire tourner juste un peu plus vite et toujours de la même façon, dans l’idée.

Au moins, pour décalée qu’elle soit, la proposition de Sam d’une démocratie avait le mérite d’être un poil plus novatrice que le principe, déjà évoqué en saison 7, de monarchie élective.

« Lannister, Baratheon, Stark, Tyrell. They’re all just spokes on a wheel. This one’s on top, then that one’s on top, and on and on it spins, crushing those on the ground.

It’s a beautiful dream… Stopping the wheel. You’re not the first person who’s ever dreamt it.

I’m not going to stop the wheel. I’m going to break the wheel.

Voilà, hein, pour mémoire, l’origine de concept de casser la roue. Empêcher que les grandes familles se battent pour contrôler le trône de fer, pour s’accaparer le pouvoir, au détriment du peuple.

Aussi incongrue que semble la proposition de Sam (incongrue et très mal amenée tant elle tombe de manière artificielle), c’est encore celle qui se rapproche le plus de la théorie de Daenerys. Même si elle-même ne l’aurait certainement pas mise en œuvre de cette façon (enfin disons que rien ne l’a jamais laissé supposer).

La solution que propose Tyrion, bien que présentée de façon « wooouuuah, trop révolutionnaire ! » est basiquement une manière d’accélérer le mouvement de la roue, Lannister, Baratheon, Stark, Tarly et j’en passe, pouvant alors se succéder à loisir au sommet de la roue à chaque mort du souverain élu.

De plus, l’histoire nous aura prouvé que le concept est souvent détourné puisqu’il n’est pas rare de voir une monarchie élective favoriser avec régularité l’héritier du roi précédent, en faisant un simple système de succession par primogéniture validé par une assemblée. Paye ton cassage de roue, mec…

Parce que Bran a toujours les meilleures histoires

Ce qui est en revanche inattendu et qui risque d’en surprendre pas mal, c’est la longévité du nouveau roi. Je vais en reparler plus bas, mais quand on regarde la longévité de Brynden Rivers, précédente Corneille, on se dit que la vervoyance, ça conserve plutôt pas mal…

Là j’avoue, je l’avais pas vu venir. Enfin disons que j’avais envisagé l’hypothèse que Pinpin le Pangolin puisse servir de conseiller, étant donné l’immensité de son pouvoir lui permettant d’accéder à toute l’histoire de l’humanité et ainsi de choisir, avec sagesse, les meilleures options possibles. Mais de là à voir le mec qui disait dans l’épisode 4 qu’il ne voulait pas être lord de quoi que ce soit, accepter avec bonhommie la couronne…

Pourtant, il est l’option la plus logique pour cette sortie de crise. Il sort assez de nulle part pour ne pas avoir de passif avec qui que ce soit. Il est sage, avisé, détaché et sa nature… surnaturelle lui confère une aura suffisante pour décourager les contestations. C’est précisément ce dont Westeros avait besoin, même si écrivant ça la semaine dernière, j’étais à mille lieux de penser à Bran le Brisé (délicat, le surnom…).

Bran le Brisé qui d’ailleurs, pour la petite histoire n’avais strictement rien à faire dans cette assemblée, pas plus qu’Arya d’ailleurs. Sansa est l’ainée de la famille et Jon lui a confié le Nord en quittant Peyrdragon. En son absence, elle peut être considérée de fait comme sa suppléante et Arya comme Bran lui reconnaisse son autorité de dirigeante, il n’y a aucune ambiguïté là-dessus. En toute logique, surtout si l’on ajoute que la scène est supposée être le procès des traitres orchestré par un Ver Gris tout puissant à Port Réal, que viennent faire ici le frère et la sœur d’un de ces traitres, à part pour renforcer sa défense (même si Ver Gris est conscient des crimes commis par Daenerys, et lui-même, au passage, on ne peut pas dire qu’il aura composé le jury le plus équitable de tous les temps…) ?

On sent que ce final ne se serait pas mal porté de contenir, en plus d’un procès rondement mené, quelques scènes menant vers l’élection de Bran et le choix de passer à un système électif.

Ici, on est conduit à cette décision somme toute logique pour les personnages, à grand coup de dialogues artificiels qui nous font cavaler vers une conclusion expédiée en deux temps, trois mouvements.

L’éternel problème de la saison 8 restera à jamais ce changement de propulsion que j’évoquais plus tôt et qui conduit la série à ne plus vraiment se ressembler, tant ses mécaniques narratives ont été tordues au profit de l’envie d’en finir au plus vite.

Un truc totalement WTF dans cette scène, par exemple : que fait Gendry ici ? Certes, il a été légitimé, mais par Daenerys, dont l’autorité sur les Sept Couronnes n’a jamais été officiellement reconnue. Sa décision d’en faire un Baratheon était largement destinée à lui conférer un appui une fois la capitale prise, mais dans les faits, en le légitimant à Winterfell, Daenerys faisait une promesse qu’elle n’est plus en mesure de tenir. Du coup, il s’est passé quoi pour Gendry ? Il a eu le temps d’aller à Accalmie pour se présenter aux seigneurs et on lui a fait bon accueil, « Coucou, c’est moi Gendry, le bâtard légitimé de Robert ! Comment ça, légitimé par qui ? Ben par la reine folle ! Alors, on se la fait, cette bouillabaise? »  ??? Léger…

Ou alors les autres lui ont dit de venir en se disant qu’il était légitime, quand même bien ils rejettent désormais l’autorité de la reine qui l’a fait sortir de la bâtardise, et ce, juste parce qu’il est gentil ?

Ou alors tout le monde se dit que ça passe parce que comme le Bief, les Terres de l’Orage sont désormais désertes et que le petit n’aura qu’à poser ses valises, personne ne viendra l’embêter ?

Ou alors là encore il manque des tas et des tas de scènes d’intrigues politiques pour mener à ce moment précis ?

Et qui sont ces mecs qu’on a jamais vu avant ? Même Tyrion est perdu…

 «-Attendez un peu, qui sont tous ces gens ?

Mais enfin, lord Tyrion, vous me reconnaissois ?

Je vous reconnaissois, lady Sansa l’Incomparable, mais je parlais des autres là, et là. Et là aussi. Déjà on va commencer par celui à l’air vaguement demeuré à droite d’Arya.

Ah lui ? n’y prêtez pas attention, c’est mon oncle Edmure. Il est là pour servir de comic relief depuis un truc comme la saison 2.

Ok, et le mec juste à côté de lui alors, c’est qui ?

Joker. Ser Joker.

Et sinon, le gus très à l’aise vaguement avachi sur sa chaise doté d’un extravagant capillariat ?

Je vous présente Bob Martell, prince de Dorne. 

Et le BG en bleu avec un perroquet sur le torse ?

Ben c’est Robin Arryn.

BEG YOUR PARDON ????

Il a été atteint du syndrome de Neville Longdubat. La puberté l’a frappé si fort qu’elle a intégralement restructuré son visage.

Impressionnant… Mais sinon, les trois autres gus ?

Vous voulez dire Gustave, Maurice et René ?

J’imagine que oui…

Et bien ce sont Gustave, Maurice et René.»

Et c’est donc devant Gustave, lord Royce, Robin Arryn, Bob Martell, Yara Greyjoy, Maurice, Gendry Baratheon, Davos Mervault, Brienne de Torth, Sansa Stark, Pinpin le Pangolin, Arya Stark, Edmure Tully, ser Joker, René et Samwell Tarly que Tyrion Lannister propose le nom de Bran Stark pour gouverner les Sept Couronnes.

Au motif que Bran a une bonne histoire et qu’il est Pinpin le Pangolin. C’est un excellent motif, je n’ai strictement rien à redire là-dessus.

Après, je me mets à la place de tous ceux dans l’assistance qui ne connaissent pas Pinpin et qui découvrent à mesure que Tyrion l’énonce, l’histoire de Bran et de ses super pouvoirs.

Deux secondes plus tôt, l’assemblée hurlait de rire à l’idée d’une démocratie, là, y’a un mec plutôt louche, parricide, proche collaborateur de Daenerys et traitre, qui leur explique que le gamin en fauteuil doit être roi parce qu’il sait voler, qu’il est la Corneille à Trois Yeux et qu’il détient la mémoire de l’humanité, et tout ce que les gens trouvent à répondre c’est « Aye, aye, captain » ?

MAIS CETTE SCENE EN BOOOOOOOOIIIIIIIIS §§§§§§§§§§§§§§

Game of Thrones, 8 saisons, des intrigues politiques complexes, des personnages riches aux relations interconnectées, des années et des années de spéculations et de calculs pour en arriver à « je suis le personnage auto proclamé le plus intélijen de la série et je déclare que c’est lui le roi parce qu’il est magique, comme Paris », et bim, FIN DU GAME les gars !??????!!!!!?????

J’ai attendu plus de 15 ans pour ça ???

Encore une fois, je suis plus que favorable à cette conclusion dans le fond. Bran le Brisé sur le trône est le meilleur choix possible.

Mais la manière dont D&D amènent cette conclusion est sidérante de facilité, au point que cette deuxième partie d’épisode a un goût assez navrant.

Mais tant qu’on en est à faire n’importe quoi avec la politique, votons tous pour Pinpin le Pangolin sauf Sansa, parce que le Nord sera comme les chats, indépendants, mayrde.

Autant on sait que l’indépendance du Nord est pour Sansa une question plus que sérieuse et justifiée, autant là encore, tu sens le spectre de toutes ces scènes qui n’ont jamais été écrites ou tournées pour amener à ce moment.

Qu’est-ce-qui ne va pas ici ? Que tout le monde accepte l’idée sans sourciller.

Alors qu’il y a un trilliard de raisons pour que l’indépendance du Nord génère un shit storm à nul autre pareil.

Premièrement, l’idée de se choisir un roi, là, maintenant, tout de suite, a clairement pour objectif, selon l’aveu même de Tyrion, de ramener la paix et l’unité sur le continent après des années de guerre. Mais que Sansa prenne une décision allant à l’encontre de ce vœu bien légitime ne semble choquer personne. Dans un histoire qui aurait été dirigée par ses personnages, je vous fiche mon billet que la question aurait secoué l’assemblée et pas qu’un peu.

Ensuite, Sansa à la tête d’un royaume indépendant ne gênera jamais personne tant que Bran sera roi. Mais combien de changement de souverain faudra-t-il pour qu’un roi se fasse élire sur le programme d’une reconquête de la province perdue ? Le Nord n’est pas un royaume riche, mais qui sait ce que l’avenir réserve ? Un roi du Nord avide de conquête ? Une envie subite d’un roi de Port Réal de faire siennes les forêts de ferrugiers ?

Mettons-nous deux secondes à la place de Yara et Bob. La première vit sur un archipel qui s’est également proclamé royaume indépendant, à peu près au même moment que le Nord. Quant au second, il est prince justement parce que Dorne a un statut d’autonomie particulier. Tous deux sont alliés de Daenerys, n’ont aucun intérêt à faire front commun avec le reste de la bande et pourraient aisément s’engouffrer dans la brèche ouverte par Sansa et agrandie par un Bran fort diligent, accordant l’indépendance à sa sœur en un claquement de doigt.

L’aisance avec laquelle le nouveau roi se dépouille d’une province me semble particulièrement incitative pour quiconque voudrait lui aussi proclamer son indépendance.

Et si d’aventure Bran répondait non, ce refus serait à juste titre interprété comme une preuve de son manque de justice, n’ayant laissé partir le Nord qu’au bénéfice de sa sœur. Ce qui permettrait de s’appuyer sur l’argument solide de son manque d’impartialité et donc d’agréger les plus méfiants/hostiles.

En gros, cette scène me semble être une porte ouverte sur une guerre civile, mais comme D&D ont décidé que c’est la fin, ils niquent avec beaucoup de sensualité la logique, jusqu’à laisser cette dernière indolente, et hop, fin de l’intrigue politique de Game of Thrones, en baptisant le royaume les Six Couronnes…

Wohwohwoh, Tyrion, est-ce que tu t’écoutes parler ? Je veux dire, je l’avais déjà faite dans un billet précédent, je ne sais plus lequel, mais c’était UNE BLAGUE. Il parait, si j’en crois mes bons souvenirs des livres mais aussi de la saison 1, que tu es féru de lecture et d’histoire tout particulièrement. Alors comment se fait-il que tu sois celui qui débaptise le royaume au mépris d’un truc que MEME MOI JE SAIS BORDEL, à savoir que les Sept Couronnes est le nom politique historique du continent (Westeros étant son nom géographique, comme l’Union Européenne et l’Europe, if you follow me) et n’a plus, depuis la Conquête, rien à voir avec le nombre de couronnes effectivement fédérées ? Avant l’arrivée d’Aegon, il y en avait bien 7, mais après la Conquête, on est passé à 8.

Hmm ?

On compte ensemble ?

Le Nord.

Les Îles de Fer.

Les Eyriés.

Le Conflans.

Les Terres de l’Ouest.

Les Terres de la Couronnes.

Le Bief.

Les Terres de l’Orage.

Dorne.

Ca fait neuf, putain.

Ce qui veut dire que si tu retranches le Nord, CA FAIT 8 COURONNES ESPECE D’ABRUTI.

Il n’y a aucun besoin de changer le nom de ton foutu pays, même si tu te dis, « allez, si on considère que les Terres de la Couronne  ne comptent pas comme une couronne vu qu’elles sont la propriété de celui qui est sur le trône et que vu qu’on est dans un système électif, ça va changer de main souvent, comme un fief electoral », CA NOUS RAMENE A 7 COURONNES.

#genious.

Quand on se disait que D&D n’étaient pas fortiches en lore, bon sang, on s’imaginait pas vraiment à quel point c’était vrai… Sérieux, il suffit de savoir compter, constater que ça marche pas, et ouvrir une encyclopédie en ligne pour savoir que les Sept Couronnes c’est le nom de l’entité politique et que ce nom préexistait l’unification par Aegon et a perduré malgré l’ajout d’éléments aux 7 provinces originelles.

C’est un peu comme si D&D écrivaient une série sur la France où la Franche-Comté décidait de devenir un état indépendant et que d’un coup, on décidait que le nouveau nom du pays, ça serait la Rance.

Pour ajouter du fun sur cet océan de nawak, notre nouveau roi, extrêmement content de l’être alors qu’il était trop détaché tavu y’a même pas deux épisodes, à croire qu’il a entourloupé tout le monde pour obtenir la couronne, déclare que Tyrion, un mec tellement malin qu’il estropie le nom de son propre pays et ne sait visiblement pas compter, est le mieux placé pour devenir sa Main.

Pinpin, l’être le plus sage de cette terre, choisir le mec qui a prouvé son inutilité auprès de Daenerys, qui a des casseroles du type avoir tué son propre père, attachées au cul, pour gouverner à ses côtés au motif que, ahah, ça sera une bonne punition puisque tu veux pas être Main.

Ici encore, on nous valide artificiellement la valeur intrinsèque de Tyrion, un concept qui s’est étiolé au fil des saisons jusqu’à nous offrir un personnage enquillant les erreurs et les mauvais choix, sans phase préparatoire.

Boum.

L’idée d’un pardon se comprend. Tyrion a commis des erreurs et n’est pas dans le fond un homme mauvais, même si ses mains sont sales. Après une guerre civile, il n’est pas non plus rare de voir le nouveau pouvoir en place faire œuvre d’union afin de panser rapidement les plaies du pays et repartir sur des bases saines. Que Bran accorde à Tyrion sa liberté et le pardon, rien à redire. Qu’il en fasse illico sa Main me semble un peu précipité.

Encore une fois, sa candidature au poste de roi ne repose que sur le fait qu’un mec a dit qu’il était un genre de super ordinateur qui raconte de super histoires. Et que tout le monde a décidé d’être d’accord parce qu’on les a fait asseoir sur des chaises en scénarium. Et sa première décision est de prendre pour Main la Main de la reine folle ? Je me demande comme pareille décision sera perçue.

Personnellement, je l’aurais rétabli dans son héritage, en lui faisant renouveler ses vœux auprès de ma sœur, ce qui aurait conclu la guerre entre Stark et Lannister, assuré la perpétuité des deux dynasties, permis de créer un motherfucking power couple….

Ouais non, leave Sansa alone… J’aurais tout simplement renvoyé Tyrion à Castral Roc, avec le titre de gouverneur de l’Ouest, point barre. C’était déjà trop généreux et suffisamment sujet à débats au sein des familles nobles et moins nobles.

Je reste très dubitative concernant cette scène, vraiment. Pas tant, une fois encore, dans ses conclusions que dans la rapidité d’exécution. Il y a plusieurs éléments qui ne peuvent être mis sur la table et traités en deux coups de cuillère à pot : la légitimité de Gendry à demeurer seigneur des Terres de l’Orage (même si de toute évidence, il sera reconduit par Bran le Brisé), le choix de Bran validé par des gens qui n’ont pas la moindre idée de ce qu’il est (alors que la compréhension de sa nature est justement la clé pour valider cette idée), l’indépendance du Nord accordée en un claquement de doigt avec un lourd soupçon de favoritisme au nez et à la barde de deux provinces ayant elles aussi des raisons/velléités d’indépendance sans que cela ne soulève de protestations, questionnements, revendications…

On sent clairement que dans leur volonté de terminer en 6 épisodes, D&D amputent leur série d’un épilogue digne de ce nom.

Et pour le coup, si je trouve que cette scène ne fonctionne pas bien en raison de son enchainement de facilités, j’ai un peu de mal à totalement blâmer les showrunners.

Après la mort de Daenerys, on entre dans un épilogue qui va fatalement s’avérer moins intense, peut-être aussi moins satisfaisant que la partie précédente. On retourne au jeu politique, à la normale et l’esprit de ce final est d’apporter une conclusion apaisée. L’apaisement et la mesure étant la voie de la paix (Pinpin le Pangolin est TRES apaisé).

Comment dès lors, sur un format série télé, faire suivre le public sur un épisode, ou plusieurs, qui seraient consacrés à des tractions politiques, le service après-vente du chaos ?

Je ne dis pas que ça serait impossible, personnellement, j’aurais adoré retourner à l’esprit des premières saisons dans un final plus étiré, avec des scènes entières de dialogues ciselés (une denrée devenue rare dans la série), progressant au rythme des décisions des personnages.

Malheureusement, le temps imparti et la décision de D&D de lourdement modifier la nature de leur narration ne le permettaient pas.

Je pense aussi qu’ils ont craint de trop diluer leur final dans une forme de banalité qui aurait pu décevoir le public après une saison finale marquée par des batailles titanesques, des enjeux bigger than life et du DRAMA.

Eh, je vais tenter un truc : PROFESSEUR !

«-Je suis là. »

Super. Je me demandais : connaissant GRR Martin et l’influence que le « Seigneur des Anneaux » a eu sur son travail, je me dis que fatalement dans son final à lui, il y aura certainement un long épilogue afin de faire glisser son final et ses personnages dans un retour à la normal inspiré de ce que vous avez fait.

C’est qu’il ne faut quand même pas oublier que dans votre livre, après la Guerre de l’Anneau, les Hobbits retrouvent la Comté sous le contrôle de Saroumane et livrent un combat acharné contre sa tyrannie. Ce passage, qui montre que les horreurs de la guerre n’épargnent rien ni personne, ne marque d’ailleurs même pas la fin de votre travail puisqu’une bonne partie des dernières pages du roman sont consacrées aux dernières années de Sam et Frodon, jusqu’au départ de ce dernier vers les Havres Gris. Ce n’est qu’au retour de Sam à la maison que l’histoire se conclut enfin, avec ces mots « Well, I’m back », marquant l’entrée dans une ère nouvelle pour un personnage marqué par son expérience et qui ne peut, tant que les vestiges de son passé demeurent auprès de lui, aller tout à fait de l’avant.  

Très clairement, les fins de Daenerys, Arya et Jon font écho au départ de Frodon, avec cette idée de voir les vestiges d’un traumatisme ancien, d’un univers magique potentiellement dangereux par le pouvoir qu’il détient quitter Westeros pour lui permettre d’avancer en paix, avec très fortement implantée, l’idée d’un retour à un certain équilibre.

Mais Westeros est un échiquier géant et je vois mal GRR Martin torcher ses intrigues politiques et nous laisser avec un final aussi court et peu conforme à tout ce qu’il a pu mettre en place au fil des livres.

Mon idée est donc que l’épilogue de « A Dream of Spring », si il s’en tient à 7 livres, sera long, et très développé, nous amenant doucement vers son point final, de la même manière que l’épilogue de Seigneur des Anneaux.

Et que la nécessité de traiter cet aspect des choses manque cruellement ici, au regard de la manière qu’a eu la série de traiter ses intrigues politiques dans les 5 premières saisons de la série.

«-Ouais, probable. »

Je… C’est tout ?

«-Qu’est-ce-que tu veux que je te dise ? Je suis un écrivain mort, pas un devin. »

Un point pour vous, professeur.

Here comes the queen.

Pour familier que paraisse le costume de Sansa à Port Réal, ce dernier commence à arborer des mutations très lourdes de sens, marquant bien la façon dont l’avenir de Westeros s’écrira désormais.

Sur son armure de cuir noir, Sansa ajouté deux détails qui en étaient jusque alors absents.

Premièrement, sur son col, elle arbore désormais deux têtes de loup, un détail qu’elle utilisait déjà de la même façon la saison dernière et qui n’a rien de surprenant. Ensuite, et cela est plus signifiant que tout, sur son plastron, se développent désormais des entrelacs végétaux. Cette irruption brutale d’un motif végétal sur Sansa a une double signification.

L’épisode final de « Game of Thrones » ne s’appelle pas « A Dream of Spring », comme tout le monde s’y attendait un peu. Pourtant, le printemps est bel et bien là, par quelques indices légers et subtils, disséminés dans le champ. Et le motif sur l’armure de Sansa sert explicitement de cebut, en plus d’être aussi un marqueur plus politique.

Le motif végétal est également là pour nous montrer la connexion de Sansa à la Corneille, dont le pouvoir est intimement lié aux barrals.

Je remarque à l’instant un détail qui m’avait échappé toute la saison : larmure de cuire de Sansa possède, sur la poitrine de bandes larges qui se déploient sur les côtés, formant, devinez quoi : des ailes. Les ailes noires du corbeau. Dark Sansa n’est jamais loin, l’oiseau est constamment présent sur elle, un oiseau noir en opposition à la petite colombe de Port Réal.

Sur la version portée à Port Réal, on constate qu’elle a fait riveter les ailes qui remontent désormais sur ses clavicules. L’effet « oiseau » est un peu aténué, mais il reste présent, et rejoint bien la symbolique duale du costume de Bran, l’arbre et l’oiseau.

Et maintenant…

Je le sais, parce que je vous connais et que vous me l’avez dit, du coup, aucun mérite, mais bon nombre d’entre vous ont retenu leur souffle dans la dernière scène de Sansa, en découvrant sa splendide robe de sacre, une merveille composite, synthèse du parcours de Sansa, surmontée d’un gilet asymétrique à manches larges orné de broderies, de fourrure et de plumes.

Sansa est le personnage pour lequel Michele Clapton a toujours préfèré créér des costumes dans la série, en raison de la diversité du terrain de jeu que lui offrait la jeune femme, ses évolutions et sa capacité à utiliser le vêtement comme outil de communication et de résistance.

Ainsi, à l’heure de conclure, comment notre chef costumière aurait-elle pu laisser partir Sansa sans lui donner un dernier costume flamboyant et lourd de sens ?

Côté couleur et matériau, nous assistons à un pas de côté assez spectaculaire par rapport à la palette ordinaire de Sansa, surtout depuis 3 saisons. Soudain, alors que la Longue Nuit s’est achevée, alors que le Nord est à nouveau un royaume libre, Sansa repousse les ténèbres dans une robe couleur d’un pâle matin de printemps.

Le gris est une des deux couleurs héraldique des Stark, celle du pelage du dire wolf sur leur bannière. Il trouve ici tout son sens, habillant la première reine Stark depuis plus de 300 ans.

Bien que l’éclairage de la scène de lui rend pas justice, ce gris clair est intense, vibrant, lumineux, comme il se laisse deviner dans les rares plans plus violemment éclairés qu’à la bougie. Il a clairement une fonction au-delà de l’héraldique. Il se destine, avec son matériau riche, à réfléchir la lumière, à être une parcelle de clarté dans le grand et sombre hall de Winterfell.

Beaucoup auront reconnu ce tissu, très particulier, déjà utilisé deux fois dans la série, dont une sur Sansa.

Ce tissu est apparu donc pour la première fois sur la robe de mariage de Margaery. Il servait alors à souligner la nature de la jeune femme, une rose, aussi belle que piquante. Un costume d’apparence presque minimaliste, dont la simplicité relative servait en réalité à attirer l’œil sur ses détails et leur signification (et la plastique de la jeune reine).

Michele Clapton utilisera ce tissu pour faire la robe du Mockinbird à la fin de cette même saison, dans une version teinte en noir cette fois. C’était un détail à peine perceptible dans la série, le costume n’étant jamais filmé d’assez près ni sous un éclairage suffisamment puissant pour s’en rendre compte. De la même manière que pour la robe de Margaery, les veinures des feuilles se fondaient à l’écran dans l’ensemble, ne se laissant appréciées que sur photographie. On pourra remarquer que dans cet ultime épisode, le choix a été fait de mettre la robe en scène de manière à faire apparaitre ce motif végétal. Comme pour l’armure de cuir de Sansa, la colonisation des éléments végétaux dans cet épisode est essentielle pour souligner le thème du renouveau, de la mort de l’Hiver, de l’entrée dans le printemps, mais aussi pour connecter Sansa à Bran, la Corneille et la sagesse que ce dernier incarne au travers du symbole du barral.

Ce réemploi de tissu permet également de connecter Sansa à Margaery Tyrell. La robe de couronnement de la reine Stark référence très lourdement les personnes dont l’influence ont été déterminante dans sa vie et Margaery aura joué un rôle dans l’histoire de Sansa que cette dernière tient ici à référencer. Au-delà de la bienveillance de Margaery à son égard, il y a aussi l’attitude de la jeune femme qui avait développé une manière d’incarner le pouvoir au féminin en négatif de Cersei, qui aura contribué à influencer Sansa. Quand elle parade dans sa robe de Mockingbird sous les yeux de Littlefinger, c’est une page du livre de la dame de Hautjardin que la jeune Stark applique, usant de sa féminité comme d’un instrument de contrôle de Petyr Baelish.

Le retour de ce tissu particulier, associé depuis sa première apparition au pouvoir de séduction féminin, dans le contexte du couronnement de Sansa aurait presque de quoi surprendre quand on sait combien la jeune femme ne joue plus sur ce tableau depuis longtemps. Pourtant, avec sa forme très cintrée, mettant en valeur sa taille et ses hanches, ce costume est le vêtement le plus ouvertement « féminin » (selon les codes de la société) que Sansa ait porté depuis la robe de Mockingbrid. Cette fois pourtant, il s’agit non pas d’un jeu de séduction, mais bien de l’affirmation d’un corps de femme, soulignant ses formes moins pour attirer de regard que pour former une silhouette solide, puissante. L’affirmation de la taille et l’élargissement des hanches joue ici de la même manière qu’une paire d’épaulettes qui sur un costume masculin viendrait élargir le haut du buste, afin de conférer plus de présence physique et d’insinuer une idée de force.

Quelque part, cette robe est pour Sansa l’équivalent des nus intégraux de Daenerys. Cette dernière aura été représentée deux fois dans le plus simple appareil, sans volonté d’érotisation de son corps, mais dans le but d’exprimer l’idée de la puissance absolue nichée dans ce corps sans artifice. Sansa de par sa personnalité et son histoire ne peut se mettre à nu, mais au travers de ce costume, elle peut exprimer la même chose, à savoir une forme d’incarnation de la puissance politique, morale, spirituelle, au féminin, sans faire de ce corps un objet d’attention sexuelle.

D’une manière générale, la forme de cette robe ne fait que reprendre ce qui est devenu l’uniforme de Sansa ces dernières saisons. Des lignes simples, un buste ajusté, des manches droites, une taille marquée et une jupe évasée.  

De toute évidence, il s’agit surtout d’une coupe choisie par Sansa autant pour ses aspects pratiques que son besoin de cacher son corps.

Le gilet qui la surmonte cependant arbore des manches larges. On peut y voir une adaptation de la Catelyn, cette silhouette que Sansa favorisait depuis la fin de la saison 2 jusqu’en saison 5, et qui se caractérise par ses manches évasées.

Sa robe de sacre reprend donc un patron que Sansa se sera créée pour elle-même, et qui servira de base à une foule de référence assez explicites aux figures ayant jalonné sa vie.

Mais il est bien possible que Catelyn n’est pas été l’unique source d’inspiration pour ces manches.

Au lieu des manches larges et évasées de Catelyn, nous avons ici des manches s’ouvrant juste au-dessus du coude en godet, de manière à laisser apparaitre le motif brodé à l’intérieur. Une variante d’une forme déjà vue sur Sansa et qui lui vient de Littlefinger.

Dans ce billet consacré aux costumes de Sansa, je proposais l’explication d’une paire d’aile, un motif cher à Michele Clapton dans la série et qu’elle aura utilisé abondamment sur Daenerys.

La raison de leur présence sur Sansa en saison 5 était sans doute de transmettre l’idée d’une transition entre le mockingbird tranquille qu’elle était devenue aux Eyriés, et l’oiseau en cage, aux ailes lestées, qu’elle allait devenir à cause de Littlefinger et des Boltons.

Sur sa robe de couronnement, la forme des manches est plus contrôlée, les ailes ne la lestent plus, mais au contraire, renforcent encore sa silhouette.

Si une femme dans cette série a eu une importance déterminante pour Sansa au fil des années, il s’agit bien de Cersei. La reine de Robert était au départ un sujet d’admiration pour la petite Stark. Belle, impériale, elle était aux yeux de la fille de Ned le modèle à imiter afin de devenir l’image même d’une reine aux bras de Joffrey.

Par la suite, le jeu d’imitation est devenu une nécessité de survie et si Sansa a cessé d’être dupe quant à la nature de Cersei, la reine est restée pour elle une référence absolue, celle de la femme à ne pas être.

Ainsi, par la suite, Sansa a appris à faire le tri concernant sa Nemesis, et peu à peu, à mesure qu’elle grandit elle-même et apprend à se connaitre, Sansa aura réintroduit chez elle des éléments directement empruntés à Cersei, allant de sa coiffure à ses ceintures armures, adaptant ces dernières au style du Nord.

Le plastron de fer de Sansa est évidemment une réplique de son armure de cuir noir, jusqu’à la forme très stylisée de l’oiseau au niveau de la poitrine, elle-même dérivant dans l’esprit des célèbres corsets armure de Cersei.

Sansa a repris à son compte depuis des années cette manière de détourner le vêtement masculin. Mais si chez Cersei, dans les premières saisons, cet accessoire était davantage une expression de sa volonté de protection contre ses multiples adversaires, désormais, pour Sansa, il s’agit d’affirmer son pouvoir et son statut de dirigeante, en s’appropriant un élément associé au costume masculin. Comme Cersei dans les dernières saisons, Sansa n’a plus à décidé de porter la robe ou l’armure, elle peut désormais faire les deux.

Comme sur le tissu de sa robe, Sansa a fait courir sur cet accessoire de métal un réseau végétal, annonciateur de printemps mais aussi moyen de la relier à la Corneille, puisqu’évoquant le réseau des barrals. On retrouve aussi le motif végétal sur les broderies du col.

Jusque sur sa couronne, Sansa référence Cersei, même si son personnage ne le sait pas, n’ayant jamais vu la couronne d’argent de la reine.

Les deux objets sont de même style, ce qui appuie une fois encore le rôle déterminant de Cersei dans la manière dont Sansa aborde sa fonction de reine.

Mais Cersei n’est pas la seule à être référencée ici. En se faisant couronner reine du Nord, Sansa achève un mouvement initié par le Lard Jon Omble, qui avait fait proclamer Robb roi du Nord. Robb, qui ne portait pas de couronne, mais d’impressionnantes attaches de manteaux auxquelles on peut voir ici une référence directe.

Côté cheveux, Sansa a un lourd historique de messages envoyés via le capillariat. Très tôt, en saison 1, c’est Cersei qu’elle copiait, afin de lui montrer son admiration, puis de survivre en milieu Lannister hostile. Mais par la suite, en saison 7, elle aura commencé à arborer le style de la reine des Sept Couronnes, ce qui n’avait d’ailleurs pas manqué de faire couler beaucoup d’encre.

Il est amusant de constater qu’en saison 8, Sansa joue au même jeu avec Daenerys. Quand les premières images promo sont sorties, cela avait d’ailleurs provoqué une flambée, beaucoup s’imaginant que Sansa et Dany allaient s’apprécier, raison pour laquelle la Stark imitait le style de coiffure de la Targaryen.

Sansa ayant un passif capillaire consistant à émuler le style de celle à laquelle va son admiration et sa fidélité, c’était en effet tentant. Mais c’était aussi oublier que Sansa depuis la saison 5, a clairement commencé à se détacher de ses allégeances, apprenant à construire son propre jeu et son propre discours. Si elle demeure sous influence, consciente qu’elle est d’avoir encore à apprendre, elle utilise désormais ses cheveux pour affirmer quelque chose de très fort à son propos. Coiffée comme Cersei en saison 7, Sansa nous affirme qu’elle est meilleure qu’elle. Coiffée comme Daenerys en saison 8, elle nous envoie exactement le même message. Sansa, toujours montrée comme une dirigeante capable, soucieuse de son peuple et avisée dans ses choix, capable d’écouter et assez humble pour accepter de reconnaitre ses propres lacunes, s’est construite autant sur ses qualités personnelles qu’en observant ceux et celles qui autour d’elle, pouvaient lui servir de modèle. Sansa est assez intelligente pour prendre le meilleur en chacun et identifier le pire.

Elle est depuis quelques saisons en train de se forger sa personnalité de dirigeante, de reine, telle qu’elle l’a toujours envisagé. Et en s’appropriant les attributs de celles qu’elle juge indigne et méprise, elle adopte la même attitude qu’une certaine Margaery dans cette scène où au lendemain de ses noces, elle expliquait à Cersei qu’elle était périmée, drapée dans une de ses robes portefeuille fétiches.

Alors qui, capillairement parlant, Sansa va-t-elle choisir de citer à ce moment déterminant de son existence ?

Personne.

C’est la première fois de l’histoire de la série que nous voyons Sansa, dans une occasion officielle, porter ses cheveux lâchés, sans tresse, sans lien, sans rien. Ce choix assez radical sert un double objectif. Premièrement, nous montrer une jeune femme, qui à cet instant précis, revêt une tenue composite résumant l’ensemble de son parcours, mais sait qui elle est. Son costume est un résumé des influences déterminantes de sa vie, mais sa tête, son esprit, sont couronnés d’une masse de cheveux roux libres, n’appartenant qu’à elle. Au terme de son chemin, Sansa est devenue elle-même, la reine sage qu’elle aspirait depuis le début à être.

Le second objectif de cette coiffure inhabituel est tellement évident qu’il en devient presque perturbant.

Une jeune reine rousse, réputée pour son esprit, régnant sans homme, exercant le pouvoir par et pour elle-même, évidemment, à un moment, quelqu’un allait prendre cette route et bâtir un pont entre Sansa dans sa robe d’argent et Elisabeth Ier dans sa robe d’or.

Fun fact

Comme Elisabeth Ier, Sansa a perdu sa mère jeune et n’a eu de cesse d’y faire référence, même lorsque cela aurait pu la mettre en danger. Ainsi, Elisabeth Ière portait souvent les colliers aux initiales A et B et a gardé toute sa vie un pendentif contenant le portrait d’Anne Boleyn.

Sansa aura agi de même, avec ses Catelyn portées à la cour de Port Réal quand sa mère était en guerre ouverte contre le pouvoir Lannister, puis les épingles à la truite au bond sur sa robe de mariage avec Ramsay Bolton, dont le père avait contribué à la mort de Cat.

En saison 7, elle portait également une robe dont le motif géométrique a été choisi par Michele Clapton parce qu’il évoquait des poissons.

Et cette saison, sa robe de corbeau mixait habilement l’idée d’un plumage avec celui d’un motif écaillé.

Catelyn est ainsi très souvent présente pour Sansa, par petites touches discrètes. Jamais sa mère ne la quitte : « Everytime you wear something you made, you can remember her », lui disait Miranda.

Le parallèle entre Sansa et Elisabeth Ière est saisissant et pertinent, nous offrant avec ce lien historique un avant-goût de ce qui pourrait bien être un âge d’or pour le Nord, sous la férule de la reine Sansa.

Et la sagesse de la reine et de son règne à venir sont clairement exprimés dans ce motif brodé dans le creux de ses manches, les feuilles rouges du barral.

Le symbole des Premiers Hommes et de leur religion ancre Sansa, promesse d’avenir, dans le passé du Nord, tout comme il la lie à son frère, régnant au Sud, Bran devenu la Corneille à Trois Yeux, dont le pouvoir vient du réseau des barrals. Indépendante certes, Sansa conserve au roi des Six Couronnes (gné) sa loyauté.

Sur le même ensemble que ses manches, Sansa porte un manteau extrêmement intéressant de par ses ornements. Le col et les manches elles-mêmes renferment une intéressante double référence.

Le motif des épaules est une reprise de celui du blason des Stark, reproduisant le motif sur le cou du loup.

Mais comme on peut le voir ici, le motif est nettement plus arrondi sur la manche qu’il ne l’est sur le blason ou sur l’étole dont je reparlerai juste après. Ainsi, ce motif mêle les deux maisons dont Sansa est issue, passant de la crinière du loup aux écailles de la truite Tully.

Sur le côté gauche de son gilet, Sansa porte une longue étole qui descend très bas. On y retrouve le motif, plus franc, de la crinière du loup, de la fourrure du même animal, mais aussi, évidemment, de longues plumes noires, rappelant l’animal totem de Sansa, ainsi que sa connexion avec la Corneille à Trois Yeux.

La fourrure noire, mêlée de plumes, a un aspect étrangement fouillis, comme s’il s’agissait de quelque chose de mauvaise qualité, une texture qui n’est pas sans rappeler celle des manteaux Ikea de la Garde de Nuit. On peut ainsi y voir une référence assez directe à cet ordre, et plus précisément à Jon.

La présence d’une belle épaisseur de fourrure longue sur l’épaule gauche descendant jusque sur son bras déséquilibre légèrement la silhouette de Sansa, rappelant ainsi le manteau asymétrique que porte Arya depuis la saison dernière. D’ailleurs, à l’intérieur du gilet de Sansa, et sur son côté droit, on peut remarquer une fourrure dense à poil court, certainement la même que celle qui habille le manteau de sa petite soeur.

Enfin, la tête de loup brodée sur le gilet, dans la fourrure, renvoie assez aisément au col de fourrure de Ned Stark en saison 1 et sa tête de loup pendante.

Il ne manque que Rickon sur ce costume. Sûrement se niche t’il lui aussi dans cette étole embrouillée, qui nous rappelle sa nature sauvage de punk à chien, dans cette broussaille de poils et de plumes.

Si je me suis totalement effondrée dans en étudiant le costume de Sansa et en commençant à comprenre ses intentions, c’est pour la somme de ce qu’il représente. Certes, il est admirablement bien conçu, très référentiel du parcours de la jeune femme, mais surtout, il constitue une réponse franche et déchirante à ceci :

Lorsqu’elle apparait pour la première fois avec sa famille, Sansa cherche de toutes ses forces à s’en distinguer. Elle est à ce moment de son histoire, une jeune fille naïve et rêveuse, qui espère de tout son cœur quitter le Nord et se détacher de Winterfell pour les ors de Port Réal. Elle était celle des Stark qui aspirait le moins à l’être. Et tout son chemin l’a finalement fait revenir vers Winterfell, se battre pour sa maison, jusqu’à dans cette dernière scène, porter sur elle le souvenir, la mémoire de tous les siens.

Avec la chaine de son collier pendant à son plastron, elle s’impose comme la maîtresse de sa maison, comme la dernière des Stark.

La preuve en chiffon qu’un costume peut vous faire pleurer

Au-delà de ses qualités plastiques et de la somme qu’il représente en terme de développement de personnage, ce costume porte en lui une incroyable charge émotionnelle.

Et quand on sait qu’il a été intégralement fait par Michele Clapton en personne, cela ajoute encore plus de prix à cette dernière image que nous emporterons de Sansa.

Histoire d’un aller-retour.

Le final de l’épisode nous donne à voir une fin plus douce d’amère, l’amertume étant réservée à une certaine madame dragon, car femme ne saurait détenir autant de pouvoir sans en payer le prix, nan mé oh, et nous avons donc Ver Gris, grognon comme jamais qui laisse tout le monde quitter le conclave vivant, y compris Tyrion, qui a trahi sa reine et conspiré contre elle, et qui s’en tire avec le jackpot en forme de pin’s qui rend Main.

Suite à son conseil de discipline, Jon est condamné en toute logique à rejoindre la Garde de Nuit. On imagine que con comme il est, une fois Daenerys partie avec Drogon vers Valyria, il est allé directement se dénoncer au CPE qui l’aura fait mettre aux fers. Et vu sa magnifique barbe en poils pubiens, ça fait quelques semaines qu’il croupit en attente de son procès pour régicide.

Qui après celui perpétré par Jaime Lannister, sera le régicide le moins cher payé de l’histoire. C’est donc un retour à la Garde de N… Hmm… Donc la Garde de Nuit existe encore, se demande Jon ? Dagobert est mort les gens. Même le Mur ne sert désormais plus à rien, à part pour contenir les Sauvageons mais ces derniers n’ont plus de vraie raison de le franchir en masse désormais que le Roi de la Nuit et les horreurs qui n’existent plus.

Jon est donc condamné à rejoindre un ordre qui n’en est plus vraiment un, et, dans les faits, à réintégrer une institution qui lui a permis de découvrir qui il était et qui en l’espèce, va lui faire retrouver un ami et un peuple qui l’aime. Ça va, en fait.

Le pire pour lui est clairement de porter le poids de la mort de Daenerys et la tristesse de sa chute, ce qui est je pense largement suffisant pour le personnage. Je ne souhaite pas de mal à Jon Snow et je suis contente de cette fin pour lui.

On imagine la joie de Ver Gris devant pareille sentence, mais on va fermer les yeux très forts et se dire que son départ pour Naath est…  Ok, je sais pas. Il va faire quoi : s’y installer pour protéger les locaux des raids esclavagistes ? Construire une cabane sur la plage ? Devenir lépidoptériste ? Qu’est-ce-que j’en sais… La réponse A, de toute évidence, mais je garde l’option cabane sous le coude.

Ce dernier dialogue entre Jon et Tyrion est farci de remarques meta placées par D&D histoire de s’interroger sur leur parcours dans cette série et vraisemblablement, surtout sa fin. Tyrion leur sert de voix, déclarant que personne n’est content de l’issue, ce qui veut sans doute dire qu’il s’agit d’un bon compromis. Tellement SUBTIL.

Puis c’est Jon qui se demande, jouant le rôle de D, si ce qu’il a fait était juste. D, aka Tyrion, lui répond alors de le lui redemander dans 10 ans. Le tribunal du temps et de l’histoire les jugera.

Ces remarques meta ont le mérite de nous montrer que D&D savaient bien qu’ils étaient en train de saborder leur navire pour le précipiter vers sa fin, conscients d’avoir pris une option difficile à défendre. Si pour eux, la chute et la mort rapides de Daenerys fonctionnent comme une allégorie de la manière dont ils ont abordés cette fin, alors cela fait sens. Mais le fait qu’ils confessent par personnages interposés leurs doutes ne les dédouane pas d’avoir malgré tout sciemment choisi de terminer leur série rapidement, jusqu’à la dénaturer.

Sur les entrefaits, Jon décide d’abandonner définitivement le man bun pour revenir à ses premières amours, les bouclettes libres et c’est au son de « Trü LØv », et donc des conséquences de son amour pour Daenerys, qui ne le quitteront probablement jamais, qu’il emprunte le rempart pour rejoindre les quais de Port Ré…

Attendez, c’est moi où c’est du délire total, ce passage ? Combien de temps s’est écoulé depuis la mort de Daenerys ? 10 ans ?

Ça serait le seul moyen pour expliquer ça :

Ou ça :

Ou encore ça :

Mais aussi ceci !

Si vous vous demandez quoi le fuck, j’attire votre attention sur les batiments, souvent en arrière-plan.

C’est un peu comme les cryptes du Donjon Rouge cette affaire : tu crois que tout est dans un état second mais en fait, non, à part deux trois trucs cramés, ça va !

Les remparts sont intacts, alors que Daenerys les a tous passé par le feu la semaine dernière, la cité est intacte alors que Drogon a déclenché des incendies massifs, la ville était couverte de cendres et de ruines, mais au final, si on regarde ces clichés, ça va plutôt pas mal. Voire, il ne s’est rien passé du tout.

Le Donjon Rouge lui-même ne semble pas avoir subi le moindre dégât, une impression qui sera confirmée plus tard par la scène du Conseil Restreint avec une pièce tellement clean que tu jurerais que les mecs de Queer Eye sont passés par là faire un make over post Daenerys.

Soit Westeros dispose des meilleurs architectes du bâtiment EVER et de lycées professionnels formant des cohortes d’artisans chevronnés, soit quelqu’un a mis la main sur le fameux enduit cylon qui répare tout comme dans « Battlestar Galactica ». Mais punaise, c’est impressionnant.

Ce qui m’impressionne également, ce sont les Dothrakis. On les voit baguenauder comme des touristes sur les quais de Port Réal et il me semble que certains embarquent sur une partie des navires (on voit des chevaux montrer sur une rampe, et les Immaculés n’en utilisent pas). Suivent-ils Ver Gris sur Naath ? Ce n’est pas très clair.

Ce qui aurait dû l’être, en revanche, c’est qu’à l’heure où je vous parle, Jon Snow devrait avoir été décapité par un arakh et que tout ce petit monde est supposé s’être fait seppuku. Depuis qu’elle a incendié le Dosh Veereel, Daenerys est khal des khal, l’Etalon qui Montera le Monde. Tous les Dothrakis qu’elle emmène avec elle sont, c’est pas moi qui l’invente, c’est elle qui le dit, ses Sang-Coureurs. Quand elle les appelle « sang de mon sang », « blood of my blood », « Qoy qoyi« , c’est ce lien très spécifique et codé qu’elle tisse avec eux. Seuls le khal et ses sang-coureurs s’adressent ainsi les uns aux autres. Et si je ne me trompe pas, les sang-coureurs se suicident à la mort de leur khal. Ou alors avant de le faire, se chargent de le venger. La logique voudrait ici que Jon ait été tué par les sang-coureurs, n’importe quel Dothrakis faisant l’affaire et leur totalité pouvant aisément déborder la garde faite devant sa cellule. Et la logique voudrait aussi qu’une fois justice faite, ils se donnent tous la mort, les uns après les autres.

Mais non, ils attendent, suivant sans doute les ordres de Ver Gris, et pire, semblent résolus à ne pas honorer leur statut une fois Daenerys vengée.

Pas assez convaincus par leur khaleesi ?

Que dalle : ils l’ont vu émerger imbrûlée des flammes,  ils l’ont suivie sur l’océan, l’ont acclamée à Port Réal. Ils la suivent, comme ils pouvaient suivre Drogo car comme Jorah le disait : « les Dothrakis suivent la force ». Et rien ni personne ne pouvait soutenir la comparaison avec la force de Daenerys.

C’est sans trop se soucier de ces menus détails que les derniers des Stark se disent au-revoir. Et les adieux entre Jon et Sansa restent teintés d’amertume. Jon ne peut en effet encore pardonner à sa sœur d’avoir utilisé son secret contre Daenerys. Mais dans la châleur de leurs adieux, on devine que Jon a simplement besoin de temps pour enfin pardonner Sansa ou du moins être capable d’en parler.

Qui a mis dans la bouche de Sansa la réplique « Pauvres, pauvres gens du Nord ! Ils ont perdu leur roi ! » ???

Ouais, ça fait même un bail puisque le dit roi a vendu sa couronne pour le bon cœur de Daenerys Targaryen. Et comme il n’y avait que toi pour défendre l’indépendance du Nord, que toi capable de le diriger et que celui qui avait renoncé à être roi a commis un crime assez grave, quel besoin de faire pigner Sansa sur le fait que Jon ne peut pas reprendre le trône ? Quel besoin de lui donner une réplique donnant légèrement le sentiment qu’elle devient reine par défaut quand la logique depuis le début veut qu’elle prenne la couronne ? Bran est roi des Sept Couronnes, Jon a renoncé au Nord et doit payer pour son crime (de manière fort choupi, disons-le), la couronne ne peut revenir qu’à celle que tout le monde plébiscite depuis la saison dernière pour être reine. Et qui le sait TRES BIEN.

Mais au point où on en est d’amoindrir les personnages féminins en les rendant folles pour le drama ou en leur faisant dire qu’en fait, elles ne sont pas trop trop dignes ou alors par défaut, je ne sais pas si je dois encore m’énerver, on finirait par me traiter de méchante féministe.

Passons à Arya, qui veut aller voir ce qu’il y a west of Westeros, pourquoi pas, elle en avait parlé à lady Crane, baaaaah, écoute cocotte, oui, c’est une jolie fin, pour la fille qui était devenue family first. Mais ta famille est en sécurité maintenant, surtout Bran, qui vit désormais à Port Réal, une ville qui NOTOIREMENT ne réussit guère aux gens du Nord, c’est sûr qu’il peut se passer d’un chef des Chuchoteurs ou d’un assassin personnel sur entrainé (j’imagine d’ailleurs que c’est la raison pour laquelle Brienne a été relevée par Sansa de son serment de la protéger, afin d’assurer les arrières de Bran). Va naviguer, va ma fille, dans le fond, ça me fait plaisir. Tu finiras très certainement noyée ou bouffée par un monstre marin, mais exploratrice est un destin qui te correspond parfaitement.

Entre autre parce que comme Jon, Arya choisit un destin qui s’apparente à la mort, d’un point de vue symbolique (et pas que).

Vous revoilà, vous ?

«-Faites pas la surprise, vous m’avez vu venir à 10 bornes. »

Ouais, j’avoue. A peu près au moment où Arya a dit « West of Westeros ».

«-Où c’est que se trouve Valinor, selon toute probabilité. »

Vous fichez pas de moi, professeur.

«-Nan, d’accord, j’arrête de vous niaiser. Plus sérieusement, Arya a toujours été très liée à la thématique de la mort. De sa catch phrase « What do we say to the god of death ? “ à son apprentissage auprès des servants du Dieu Multiface, de son obsession à donner la mort jusqu’à son exploit contre le Roi de la Nuit, revenant à tuer la mort elle-même, Arya est l’Etranger dans la religion des Sept. Elle est un personnage mystérieux, qui va et vient et apporte l’obscurité avec elle. Servante de la mort, Arya ne peut donc que disparaitre vers l’Ouest, l’inconnu par excellence, territoire non cartographié et inexploré dont personne n’est jamais revenu. »

Merci, professeur.

«-De rien, biloute. »

Y’a que moi que ça choque le fait que Tolkien utilise quand même beaucoup de termes empruntés à des français exotiques ?

Ne reste que Pinpin le Pangolin, auquel Jon présente ses excuses de ne pas avoir été là quand il avait besoin de lui… Ce qui signifie ?

La fois où Jaime l’a défenestré ?

La fois où Theon a pris Winterfell ?

La fois où il a été attaqué chez Craster ?

La fois où il a été poursuivi par des zombautres devant le barral ?

La fois où il a attiré Dagobert jusqu’à la Corneille ?

La fois où Dagobert a essayé de le tuer dans le Bois Sacré ?

En effet, ça fait un paquet de fois où Jon aurait potentiellement pu être là pour venir en aide à Bran, mais, crois-le, crois-le pas, Jon était en effet, toujours ailleurs à ce moment-là, occupé à faire des choses telles, chasser, infiltrer les Sauvageons, être lord commandant de la Garde de Nuit, sauver le Nord, essayer de passer devant un dragon mort-vivant.

J’en profite d’être sur Bran pour parler un peu de cette réplique, dans les arènes, quand Tyrion lui demande s’il accepte la charge. Bran lui répond « et pourquoi crois-tu que j’ai fait tout ce chemin ? »

Une réplique qui peut s’interpréter de diverses manières. Le chemin peut être celui de Winterfell à Port Réal, mais il me semble être surtout le chemin parcouru depuis ce petit garçon qui grimpait sur les toits.

Cela pourrait donc signifier que d’une certaine manière, Pinpin avait conscience de ce que l’avenir lui réservait.

Le pire dans tout ça est qu’il a sûrement aussi vu la mort des gens de Port Réal, le feu, la destruction, mais qu’il a laissé faire. Soit par pur égoïsme (j’y crois moyen), soit, de manière très pragmatique, parce que c’était un mal nécessaire pour qu’il advienne et garantisse la paix et la prospérité pour les siècles de siècles. Parce que, fun fact, la précédente Corneille avait un truc comme pas loin de 200 ans quand elle est morte. Si Pinpin suit le chemin, et sans Dagobert pour lui trouer la pailasse, on peut tout à fait envisager que Westeros se soit dotée d’un genre d’empereur dieu.

Dans la salle capitulaire de la Garde Royale, retrouvons Brienne, portant l’armure de lord commandant frappé du symbole de la Corneille.

La voici qui réfléchir au meilleur moyen de pourrir le cul de Jaime Lannister pour l’éternité, mais comme Brienne est une très grande dame, elle choisit plutôt de le réhabiliter en lui rendant justice de manière à la fois honnête et mesurée. Cette épitaphe est du Brienne tout craché, achevant de confirmer à quel point Jaime ne la méritait certainement pas.

J’ai trouvé du coup un peu abusé de faire retentir sur cette scène le thème « I’m hers, she’s mine », quand on sait la fin de leur histoire. Je ne vois pas Brienne se morfondre pour Jaime Lannister, surtout pas après avoir été quittée ainsi. Si elle a assez de compassion et d’empathie pour, in fine, rédiger ce texte, elle saura dépasser cette blessure.

L’utilisation de thème, si elle permet de mettre en avant la façon apaisée qu’à Brienne de gérer la mort de son compagnon, renvoie aussi aux unions tragiques qui lui sont associée. Brienne et Jaime n’ayant pas vraiment de thème fort, j’imagine que c’était le meilleur moyen de traduire l’idée générale de la scène.

La scène du Conseil Restreint a explicitement pour but de renouer avec les célèbres et truculentes scènes des Conseils Restreints si chères à la série (gros clin d’œil avec les chaises, subtilitay). Je ne vais pas me plaindre, sauf que si.

Si parce que WTF SAMWELL TARLY.

A compter de ce jour je ne l’appellerai plus qu’ainsi : WTF SAMWELL TARLY.

WTF SAMWELL TARLY est donc devenu Grand Mestre. Quelqu’un peut-il m’expliquer comment pareille chose est possible ?

De base, le mec est frère juré de la Garde de Nuit. On sait grâce à Jon, que cet ordre existe encore. Quand il a été envoyé à la Citadelle, c’était dans le but exprès d’en faire le Mestre de la Garde de Nuit. Pas le Grand Mestre des Sept Couronnes. Alors on va me dire qu’il a brisé ses voeux en trempant son biscuit dans Vère, mais de mémoire, trahir les voeux de la Garde de cette manière est plus que toléré (in memoriam de la Môle, si tu te souviens du bordel de Mado la Niçoise, la dame qui rotait « The Bear and The Maiden Fair »). Seule la mort peut vous relever de votre voeu, n’est-ce pas Jon Snow ? Et si par malheur tu te tires, c’est la décapitation. Boum. Alors peut-être que la nouvelle mouture de la Garde est plus coulante ? N’empêche, cela appelait quelques explications…

Pour info, le Grand Mestre est élu par les archimestres de la Citadelle. J’imagine que ces derniers ont été impressionnés par les skills de WTF SAMWELL TARLY en matière de guérison de la léprose, et qu’ils ont revu leur jugement concernant les créatures d’au-delà du Mur après les évènements de Winterfell, néanmoins, est-ce-que cela est suffisant pour nommer à ce poste stratégique un mec qui n’a pas fini ses études (il a quoi, deux gros maillons sur sa chaine ? Il est dans l’équivalent du premier trimestre d’une année de L1, le gars), un mec qui leur a volé des livres, qui a rompu deux fois ses vœux en prenant femme et pire, en lui faisant un enfant ? Du coup, je suis très inquiète concernant Vère et Petit Sam ainsi que Petit Jon ? Où sont-ils ? WTF SAMWELL TARLY ne serait pas le premier à cacher femme et enfant, mais tout de même, sachant cela, quel archimestre le préfèrerait à n’importe quel mestre expérimenté ?

J’ajoute que pas plus tard que dans sa scène précédente, WTF SAMWELL TARLY siégeait en tant que seigneur du Bief, un retour à la vie civile qui apparemment lui en a touché une sans faire bouger l’autre.

Bref, le niveau d’interrogation que suscite cette nomination

Mais ce n’est rien, RIEN en comparaison du WTF en or massif qu’est « The Song of Ice and Fire ». Que l’on veuille condamner à la damnatio memoriae une personne ayant particulièrement déconné et dont le souvenir est insupportable, ok.

Est-ce-que Tyrion appartient à cette catégorie ?

Comment un livre d’histoire peut passer son existence sous silence ? Ou alors l’archimestre Ambrose est quelque chose comme le pire historien de tous les temps pour avoir oublié de mentionner le fait que Tyrion Lannister est la personne ayant allumé la mèche de la guerre, son arrestation par Catelyn ayant provoqué la levée des ost Lannister et Stark, qu’il a été Main du Roi et que durant cette période, il aura été l’artisan d’une alliance entre la couronne et Dorne par le mariage de Myrcella, qu’il a organisé et conduit la défense contre Stannis durant la bataille de la Néra, a été un trait d’union entre les maison Stark et Lannister par son mariage avec Sansa, a été reconnu coupable de régicide sur Joffrey en perdant son duel judiciaire (seuls Jaime et Cersei connaissant la vérité, Tyrion est très certainement encore vu comme le seul coupable), a tué son propre père, s’est mis au service de Daenerys Targaryen dont il est devenu la Main, puis a réformé en deux deux le système successoral des Sept Couronnes, propulsant Bran le Brisé sur le trône.

Quel chroniqueur de l’histoire récente de Westeros oublierait ça ? Evidemment, ce retranchement de Tyrion de l’histoire est une énième leçon d’humilité pour le personnage, mais comment dire, elle n’obéit à aucune forme de logique. Ambrose est un mestre, aka un scientifique. Ok, l’objectivité est toujours une douce utopie en matière de rédaction de l’histoire, mais de là à efface un maillon essentiel de la chaîne, c’est carrément un faute professionnelle. Comme si tu racontais l’histoire d’Auguste en oubliant Agrippa et/ou Mécène…

Mais examinons plus avant ce Conseil Restreint, pas encore au grand complet :

-Davos est Maitre des Navires, ce qui est une nomination censée et juste. Davos est un marin, il a participé à des opérations militaires, été Main lui-même, bon choix.

-Brienne est lord commandant de la Garde Royale : dans le genre compétent et loyal, tu peux difficilement trouver mieux. En plus, il est plus que probable qu’elle a adoubé Pod personnellement. Par.Fait.

-WTF SAMWELL TARLY, ne revenons pas sur le sujet, ou alors juste pour dire que bon, c’est un garçon intelligent, loyal et plein de ressources, doté qui plus est d’une abnégation sans borne et d’un grand courage. Pas tout à fait déplacé, s’il avait siégé en tant que n’importe quoi d’autre.

-Bronn, justement, le gouverneur du Bief, que l’on a fait Grand Argentier. Pourquoi ? Le mec voulait un château, si possible très gros et vous lui confiez en plus le poste de Grand Argentier ? Bronn a des qualités, c’est un fait, mais à part pour le plaisir de le caser au forceps dans ce final sans avoir à introduire des gens sortis de nulle part comme Maurice, René et Gustave un peu plus tôt, j’avoue, j’ai du mal à comprendre.

Le seigneur de Hautjardin

Cependant, parce qu’il fait relativiser dans la vie, je veux dire, un jour tu pars en voyage scolaire dans une belle ville avec des élèves gentils et le lendemain tu te retrouves à enchainer les conseils de discipline alors bon, hein, la trajectoire de Bronn dans la série et plus particulièrement en cette fin de parcours est aussi jouissive pour le personnage que dans les faits, logique et cohérente, nonobstant le fait que lui confier le ministère des finances, c’est peut-être un brin exagéré.

La Guerre des Cinq Rois au largement rebattu les cartes en Westeros. De nombreuses familles se sont éteintes, de grandes familles comme de petites, dont on n’a pas entendu parler mais qui auront néanmoins subi de plein fouet les ravages de plusieurs années de guerre. Si l’on prend en considération un simple évènement comme les Noces Pourpres, on peut envisager l’ampleur des pertes à l’échelle d’un continent.

Donc Bronn, un homme rusé et débrouillard, un reître habitué à louvoyer entre les situations dangereuses et soucieux de se garantir un avenir avec une place au soleil avait tout intérêt à tirer son épingle de ce jeu de massacre. Parce qu’il a su se rendre indispensable, servir les bonnes personnes et faire des choix pragmatiques, il aurait peu à peu gravi les échelons, obtenant d’abord un anoblissement au mérite, qui aurait pu être déjà un accomplissement majeur pour le simple roturier qu’il était. Son obtention de Hautjardin et du titre de gouverneur du Bief est un exploit en soi, qui reste un peu délirant si l’on considère une ou deux minutes l’idée que LE BIEF N’EST PAS VIDE, SER DAVOS, et que d’autres familles mineures auraient pu être élevées à ce titre bien plus aisément qu’un nouveau venu à la réputation douteuse.

Dans l’ensemble, en écartant les quelques interrogations que soulèvent certains membres du Conseil Restreint, cette scène a quelque chose de profondément réjouissant, presque apaisant. Nous y retrouvons le rythme et le ton de toutes ces scènes de Conseil qui nous auront tant plu toutes ces années, à la différence près que désormais, siègent autour de cette table des personnages que nous connaissons parfaitement, que nous aimons et que nous sommes soulagés de retrouver là, en vie, sain et sauf, en train de faire de leur mieux pour le royaume. J’ai confiance en Tyrion, ser Davos et WTF SAMWELL TARLY pour former le moins mauvais gouvernement possible, confiance en Bran le Brisé pour savoir prendre les meilleures décisions.

Comme tenter de localiser Drogon, parce que mine de rien, il y a désormais une gigantesque créature de chair et de feu qui rode en Essos et qui d’un simple coup d’aile pourrait revenir de l’autre côté du Détroit. Drogon, sans sa mère et ses frères est une menace potentielle qu’il faut avoir à l’œil. Bran est-il capable de l’amadouer, de communiquer avec lui ? Mystère. J’ose simplement espérer que son souci de le traquer n’a pas pour objectif de l’éliminer. Pinpin le Pangolin est sans doute l’unique créature en ce monde désormais capable d’appréhender qui est vraiment Drogon.

Quant à l’évident malaise de Bronn à l’évocation du dragon, elle est très difficile à interpréter. Mais après tout, il a affronté Drogon et Daenerys en combat singulier, vu ce qu’ils étaient capables de faire et je pense que son regard et sa manière de balayer le sujet d’un revers de main traduit aussi la volonté des humains de désormais aller de l’avant, rejetant les dragons et la magie dans un coin du passé, dans la forge des légendes. Paradoxalement, Bronn sert désormais pourtant une créature aussi fantastique que pouvait l’être la Terreur Noire 2.0.

A la fin du récit, les trois enfants Stark survivants, et Bran aussi, même s’il ne s’identifie plus comme tel, accomplissent une prophétie de la saison 1. Cette prophétie, chacun d’entre eux l’a énoncée sans la savoir, à l’instant où ils ont nommé leurs loups.

Sansa a toujours été une Lady. Et elle finit le récit en étant en quelque sorte l’ultime Lady de l’histoire, une reine.

Arya avait choisi pour sa louve le nom de Nymeria, en hommage son héroïne, la princesse Nymeria de Ny Sar, qui partit avec son peuple, à bord de 10 000 navires, vers l’ouest, abordant les rivages de Dorne. Guerrière et aventurière, la Nymeria des légendes correspond dans ce final plus que jamais à Arya Stark.

Jon, dans le final, s’enfonce dans la Forêt Hantée au-delà du Mur. Terre de l’éternel hiver, la région est intimement dans le récit associée à la mort, malgré la fin de Dagobert. Si le renouveau est là, pointant le bout de son nez, la force des symbole demeure et voir Jon disparaitre avec son peuple dans un lieu nommé le Bois Hanté, s’enfonçant dans des terres dont les habitants, humais ou bêtes, appartiennent trop souvent aux légendes associées à la nuit, l’hiver et la mort, appuie la pertinence de son choix pour nommer son loup Fantôme. Jon est le personnage de la série le plus marqué par la mort. Celle de ses parents biologiques, de ses parents adoptifs, des deux femmes qu’il aura aimé, la sienne. C’est un homme ressuscité qui disparait en cette fin de série, le seul personnage à avoir vu ce qu’il y avait au-delà du mur.

L’ultime scène de la série est une inversion de sa toute première, qui mettait également en scène des hommes quittant le Mur pour s’enfoncer dans la Forêt Hantée. Dans le prologue, s’y tapissait la mort, sous la forme des White Walkers et de leurs zombautres. C’était un lieu inquiétant, sans vie.

Alors que Jon et les Sauvageons s’y aventurent à leur tour, la tonalité a bien changé. Un accessoiriste a enfoncé un yucca dans la neige pour nous faire comprendre que le printemps revient (subtilitay). Nous sommes passés en 8 saisons du début de l’Hiver à la fin de celui-ci, l’irruption de ce végétal complètement incongru, servant à appuyer l’idée du renouveau, déjà développée dans les costumes comme nous avons eu l’occasion de le voir.

Dans la foule des Sauvageons, on constate une large majorité d’enfants, une suite logique à la bataille de Winterfell où nombre de leurs mères et pères ont du succomber. Cette prépondérance des enfants a également un rôle symbolique, puisqu’elle renvoie elle aussi au renouveau, à l’espoir d’une génération nouvelle qui s’en va reprendre la terre de ses parents.

Les enfants permettent également de retourner les symboles, faisant référence au prologue. Dans ce dernier, l’unique zombautre que l’on voyait était une petite fille.

Choisir une enfant pour incarner le concept de la mort avait ici pour but de symboliser la fin de l’espoir. Les enfants sont un gage de vie, de renouveau, de renouvellement. Le choix du sexe n’est pas moins fortuit puisque, sexisme quand tu nous tiens, le féminin représente toujours quelque chose de plus inoffensif.

Comment imaginer qu’une petite fille puisse faire du mal à qui que cela soit ?

Sous les traits d’un monstre mort-vivant, elle devient alors un message terrifiant, inversant tous les symboles qui lui sont traditionnellement associés.

C’est pour cette même raison que « The Walking Dead » a également choisi une petite fille pour être le tout premier zombie présenté dans le prologue.

Toutes deux symbolisent la mort de l’espoir et de l’innocence, apportant la promesse d’une menace capable de tout balayer sur son passage, un mal qui n’épargne rien, ni personne. Dans l’épisode précédent, c’était également une mère et sa fille qui étaient choisies pour incarner l’innocence de Port Réal.

Dans son final, Game of Thrones insiste assez lourdement sur la présence de ces petites filles, bien vivantes, qui s’en vont regagner le Vrai Nord, inversant ainsi le discours du prologue. Elles sont l’innocence, certes, mais surtout la promesse de l’avenir. Le Bois Hanté n’est plus pour elles un endroit dangereux, un lieu de mort, mais un univers de possibles où les yuccas peuvent croitre sous la neige.

La prochaine fois…

Et bien… Nous y voilà.

Par où commencer ?

Je pourrais écourter les adieux mais écourter, c’est pas vraiment mon truc. La Dame, first of my name, Protector of the blog, Queen of the big pavés de trois bornes de long qu’il faut manger à mi-parcours sinon tu décèdes d’une crise d’hypoglycémie.

Avant que vous ne vous affoliez, je voudrais dissiper tout malentendu. Par adieux, je ne voulais pas dire l’abandon de cet espace, même si j’ai plus de mal qu’avant à dégager du temps pour écrire depuis quelques années. Non, je reste, pour d’autres aventures, mais je sais que beaucoup ici ne reviendront plus.

Aux anciens comme aux nouveau, je dis merci. Du fond du coeur. Quand j’ai commencé, j’avais un tout petit lectorat et année après année, celui-ci a grossi. Ok, on ne forme pas une immense communauté, mais ce qui m’a toujours encouragée, saison après saison, semaine après semaine, c’est de savoir que vous étiez là, et surtout, bon sang de bonsoir, que vous étiez si constructifs, si bienveillants.

C’est aussi dur de dire adieu à la série que de vous dire au revoir à vous. Même si nous nous embarquons tous sur l’Unique pour cingler vers de nouveaux horizons, je sais, comme vous le savez, qu’aucune expérience ne pourra égaler celle que fut « Game of Thrones ». Comme il n’y a jamais eu de « WoW Killer », jamais rien ne viendra détrôner la reine des séries. Nous avons eu la chance de vivre cette expérience collective, forte, drôle, désespérante, frustrante, passionnante, qui a dépassé de très loin tout ce que GRR Martin aurait pu imaginer quand il a vendu les droits d’adaptations.

Ce phénomène mondial, sa richesse, sa complexité, c’est ce qui nous a tous réuni ici. C’est ce qui nous unit, discrètement, à jamais, nous tous qui avons suivi cette série. Cette expérience collective, ceux qui ne l’ont pas vécu ne peuvent la comprendre. Ceux qui ne pourront jamais la vivre ne comprendront jamais.

Après 9 années, nous sommes tous riches de ce parcours, d’une manière ou d’une autre. Les uns ont simplement découvert un univers, ses codes, ses références. D’autres se sont passionnés, faisant leurs les personnages, les thèmes, les chants. Du visionneur occasionnel au cosplayer acharné, nous sommes tous liés par quelque chose, à diverses échelles, à divers niveaux d’intensité, comme par le réseau des barrals, par lequel transitent toutes les histoires.

Et nous en sommes tous désormais les porteurs. C’est en nous qui vivent Daenerys, Sansa, Cersei, Tyrion, Jon, Arya, Bran…

La fin nous a été révelée, et dans l’attente de nouvelles du grand George, qu’il soit un milliard de fois béni pour le don qu’il nous a fait de cette histoire et de ses personnages, nous pouvons franchir le Mur, prendre la mer, partir en quête de nouveau horizons.

Merci à tous, une fois encore, pour votre fidélité, même à vous, dans le fond qu’on entend jamais mais qui sont venus lire mes billets. Il est temps maintenant de nous dire au-revoir, de clore ce chapitre et de nous préparer pour les nouveaux.

And now, our watch has ended….

82 commentaires Ajoutez les votres
    1. Oui, le pilote du premier est un tournage et visiblement, d’après le patron d’HBO, les autres sont pour l’heure en stand by, puisqu’il ne veut pas que sa chaîne devienne une usine à spin off (alors que tout le monde était trop hypé avant la diffusion de l’épisode 5… De là à y voir un lien…).

  1. On vient de me linker cette vidéo ESSENTIELLE qui explique parfaitement la manière dont le personnage de Daenerys a été massacré dans cette ultime saison.

  2. Bonjour bonjour,

    J’ai arrêté de regarder la série il y a quelques saisons mais je repasse pour dire au revoir et vous remercier pour tout ce travail pendant toutes ces années !

    Au plaisir de lire des billets sur d’autres sujets à l’avenir, et même pourquoi pas, sur The Winds of Winter un jour ? Qui sait ? (sur ce je retourne lire les livres comme un vieux snob)

    Encore merci pour tous ces articles et bonne continuation !

    1. Eh mais oui ! Je me souviens très bien du pseudo !
      Vous avez arrêté à partir de quelle saison du coup ?

      J’espère aussi pouvoir écrire un article sur TWOW, croisons les doigts !!!

      1. J’ai vraiment arrêté après la saison 6, mais avec du recul c’est plutôt la cinquième qui m’a démotivé (Dorne, le barbecue Baratheon, le mariage de Sansa, etc…).

        GRRM semble plutôt positif sur son avancée en ce moment, donc je ne désespère pas pour TWOW !

  3. Merci pour toutes ces années de chroniques j’ai adoré vous lire et j’espère de tout cœur pouvoir continuer avec les spin off à venir et pourquoi pas sur d’autres séries comme The Witcher ou LOTR ! 🙂

    1. The Witcher devait arriver dans la seconde moitié de cette année. Et oui, je compte écrire dessus (je suis pas en train de tout relire pour rien 😉 )

      1. Et pour les jeux tu compte en parler ?

        Il y as pas eu de Série sans les Jeux de CD Project ( j’ espère que les doigts de l’ Auteur étaient délicieux quand il as vendu les droits car il as bien se les mordre ) .

        1. Mais oui, pauvre Andrzej Sapkowski ^^
          A sa décharge, il était apparemment totalement ignorant du monde du JV et ne devait pas se dire que les équipes de CD Project avaient en réalité de l’or dans les mains. Malgré tout, comme fail, ça se pose là !

          Je ne compte pas faire d’articles dédiés aux jeux, mais ceux-ci vont fatalement être évoqués dans les billets consacrés à la série. Mine de rien, ils sont la référence de base pour une bonne adaptation de l’univers de Sapkowski.
          Une part de moi aimerait retrouver le degré de vie et de détail du troisième dans la série, une autre sait que cette dernière doit aussi savoir prendre ses distances pour proposer quelque chose de vraiment original et cohérent.
          On commencera à avoir une idée de ce à quoi cela ressemblera dans quelques semaines je pense, puisque le tournage vient de se terminer. Peut-être de premiers visuels au Comic Con de San Diego ? Question timing ça serait pas mal pour passer l’été avec un avant goût, dans l’attente de la diffusion en fin d’année : impatience +8000 de voir Yennefer, +8000 de savoir si Triss sera châtain ou rousse, sachant que je préfèrerais la première option, justement pour détacher la série des jeux, +8000 pour découvrir Ciri, et une pointe d’inquiétude sur Cavill en Geralt qui ne demande qu’à être calmée, parce que je sais que dans le pépère s’est donné à fond pour ce rôle et que ça va le faire. Mais j’ai besoin de le voir, juste pour me rassurer…

  4. Dire que j’ai découvert ce blog en tapant son nom sur Google pour me retrouver avec une image de Francis Cabrel en premier résultat…..

    Très bon billet sur ce dernier épisode qui fut bien frustrant me concernant, la deuxieme partie étant pour le coup mal foutue, comme s’ils l’avaient écrits en vitesse, comme un collégien qui finit son devoir le dimanche à 20h.
    Sans rire, ils auraient fait deux épisodes, ça aurait permis de développer tout ce qui ne marche pas dans ce final, notamment l’élection du roi. On connait pas la moitié des persos, on sait pas ce qu’ils foutent là mais c’est cool. Les Dothrakis? on s’en fiche, ce sont des pillards mais on les laisse tranquille. Quant aux faits d’avoir des intrigues politiques en guise d’épilogue c’est en effet possible, faut juste se donner le temps, genre Babylon 5.

    En fait c’est ça qui est frustrant, les idées sont bonnes, mais l’exécution…..Je comprends qu’humainement, 10 ans de boulots sur la meme série, ça doit etre fatiguant, surtout à notre époque de surmédiatisation, m’enfin entre ne pas resigner pour 7 saisons supplémentaires et l’objectif noble de finir la série, et se précipiter sur la fin comme ça, il y avait clairement un juste milieu qui n’a pas été choisi.

    Bref en vous remerciant pour le temps donné à la rédaction de vos billets qui ont grandis en taille avec les saisons.

  5. Et le voilà. L’ultime billet sur l’ultime épisode de Game of Thrones. C’est que vous m’auriez presque fait pleurer sur vos dernières lignes la Dame. Mais breffons. Reportons à plus tard le temps des remerciements et attaquons le debrief de ce dernier épisode.

    Je m’étais préparée à une vraie catastrophe nucléaire pour ce dernier épisode et j’ai été assez agréablement surprise de constater à la fin de l’épisode que ça allait. Pas de frustration, de dépit, de colère. La conclusion, je peux laisser partir la série sans amertume. L’épisode est très loin d’être parfait bien sûr. Bourré de WTF et de grosses facilité mais comme dit la conclusion me va, donc ça atténue un peu tout ça. Grosso modo, je le découpe en trois partie : un excellent début, un milieu (ak.a le conseil)… meh, un épilogue satisfaisant.

    Le début :
    Cette image de Daenerys s’avançant avec les ailes de Drogon dans le dos fera des images de la série que je garde parmi les plus belles. Je regretterai toujours à quel point son développement a été foiré car le résultat de sa folie meurtrière est vraiment réussi. Un champ de ruine où neige et cendre se mêle, des survivants hagards (bon une survivante mais osef), des proches abasourdis, des généraux qui veulent finir le travail et une reine… hors de tout. J’ai pas arrêté de me donner si Daenerys pendant tout son speech avait basculé dan la folie totale, un profond déni, sa logique de libératrice poussé à l’extrême ou bien un mix de tout ça. Elle est effrayante, fascinante, au sommet de son pouvoir et plus dangereuse que jamais. Sérieusement, ce qu’elle dit à Jon avant qu’il ne la tue fait froid dans le dos ! Ce qui me fait encore plus ragé que son basculement ait été rushé tant le résultat est réussi.
    Fun Fact. La scène où Jon tue Daenerys m’a littéralement fait bondir de ma chaise. Je ne m’attendais pas à ce qu’il la tue aussi tôt dans l’épisode en fait, ce qui fait que j’ai été vraiment surprise quand c’est arrivé. Et beaucoup m’ont dit que la scène était pourtant très prévisible. Sans aucun doute, mais n’empêche que j’ai été surprise (je devais être trop occupé à insulter Jon. Je l’ai insulté au moins une bonne cinquantaine de fois durant toute cette partie).
    Si l’instant même de la mise à mort manquait ptet d’un quelque chose, l’avant et l’après sont particulièrement bien fait. Jon qui cherche désespérément une lueur d’espoir, une raison de ne pas la tuer et Daenerys, en dehors de la réalité, appliquant au bout sa logique. Et après Jon, qui était bien décidé à finir cramer (j’ai quand même eu peur pour lui) qui voit Drogon détruire le trône de fer, l’objet de toutes les convoitises et folies. Le parallèle avec l’Anneau est particulièrement pertinent. Je vois deux interprétations (qui se rejoignent en fait) : La première rejoint la vôtre. C’est la part lucide de Daenerys qui détruit le trône parce que consciente de ce qu’il a engendré et que c’est comme ça que la roue sera brisée. L’autre, c’est tout simplement Drogon qui comprend que ce truc particulièrement imposant a causé la chute de sa mère.
    Sur Tyrion, alors ouais, la facilité avec laquelle il découvre les corps à peine amoché de Cersei et Jaime est hallucinante mais franchement j’ai tout oublié devant la prestation de Peter Dinklage et la tristesse de son personnage. Ainsi, même après tout ce qu’elle lui a fait et la haine qu’elle lui a voué, il est capable de pleurer Cersei. La mère de ses neveux qu’il aimait malgré tout (à part Joffrey), pour son neveu unborn, l’amante de son frère, et malgré tout son sang. Déchirant. J’aime beaucoup la scène où il jette son insigne. Sympa le focus sur la bague mais…. comme le barral de Winterfell qui serait celui où le Night King est devenu Night King, comment on est censé le savoir et apprécié le détail si c’est jamais évoqué ?

    Le conseil.
    Clairement, la partie faible de l’épisode. Mettons de côté que c’est un miracle que Jon et Tyrion, deux traitres avoués aient survécu jusque-là. J’ai un léger doute sur la bonne volonté de Vers Gris à les laisser en vie vu sa précipitation à égorger tout ceux qui nuisaient à sa reine mais passons. On va mettre de côté aussi, cette assemblée assez dispartiate et peuplée de nomame pour nous focaliser sur le gros truc. Bran roi. Seriously ? Sans rigoler, quand Tyrion sort ça, j’ai éclaté de rire tellement j’étais persuadée à une blague. Bran quoi ! Les arguments me vont. C’est pas du tip top mais ça me va. Sauf que, de la même manière qu’Arya tuant Dagobert ne me va pas parce que ce n’est pas son histoire. Je n’ai pas l’impression que ce soit celle de Bran. Puis franchement quand il dit « pourquoi croyez-vous que je suis venu », j’ai du mal à me figurer la Corneille autrement que comme un parfait connard qui a utilisé tout et tout le monde pour atteindre son but.
    On peut aussi pinailler sur le fait que Tyrion le proclame roi tout seul alors qu’il est prisonnier mais bon à ce niveau-là. Les seigneurs qui bronchent pas aussi c’est du détail.
    Autre chose : Sansa qui arrache l’indépendance du Nord gratuitement. Je suis pro-Sansa, je suis pro-Nord indépendant mais rendre la chose si facile…. ça gêne. Et surtout que les autres seigneurs ne réagissent pas à ça est un autre WTF.
    Tyrion condamné à expier ses fautes pour le reste de sa vie en tant que main du roi…. ouais ça fait sens même si je m’étonne de la façon dont Ver Gris a gobé le truc.

    Passons donc à l’épilogue.
    – Le conseil restreint. Davos qui devient maitre amiral (j’ai oublié le mot) logique. Je regrette que ce personnage ait un peu perdu de son intérêt après la saison 6. Le duo Jon-Davos était assez inattendu mais il me plaisait bien et j’aurais aimé avoir davantage d’interraction. Brienne lord commandant et Podrick chevalier, logique et ultra-logique mais tellement satisfaisant. Tout comme la scène où Brienne écrit dans le Livre Blanc. Je n’aime pas comment le Jaime/Brienne a fini mais cette scène me fait pardonner (un peu) cette fin ratée. Qui autre que Brienne aurait pu réhabiliter Jaime ? Sam mestre. Alors sur le coup, j’ai pas tilté sur le wtf de la présence de Sam, juste ça parait logique. Mais après coup…. Ah ouais quand même, il cumule beaucoup le petit Samwell !
    Et j’ai bugué sur Bronn Grand argentier. Qui de sain d’esprit mettrait Bronn aux finances ? Sérieusement ? On peut craindre pour les finances du royaumes XD.
    – Ver Gris qui repart. Avant la mort de Missandei, je pariais que ce serait Missandei qui retournerait à Naathh regarder les papillons en pensant à son amour perdu. Finalement ce sera Ver Gris. Quelle vie désormais pour les Immaculés qui n’ont plus de reine et plus vraiment de foyer. Je suppose que comme Jon, ils mèneront la vie qu’ils veulent désormais (mais je me méfierais quand même de la façon de Ver Gris de protéger les autres).
    – Sansa reine du Nord : ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii. La robe est sublime et votre point chiffon est un chef d’oeuvre d’explication. Tellement de détail et de signification sur une simple tenue, c’est de l’art ! Je n’ai pas grand chose à dire sur ce passage à part que je très contente. Sansa est l’un des personnages avec Jaime (même s’il a eu une fin foirée selon moi) qui possède l’évolution la plus réussie de toutes la série et ce final est juste à la hauteur du travail fait.
    – Arya qui part à l’ouest. Bêtement la première fois que j’ai entendu « qu’est-ce qu’il y a à l’ouest de Westeros », j’ai pensé Essos, partant du principe que la terre était ronde et que donc Essos était à la fois à l’est et à l’ouest de Westeros. Apparemment c’est pas un truc de confirmé donc on va attendre le résultat des explorations. Une fin à peu près logique vu que le personnage n’était pas de toute évidence de finir sur Westeros.
    – Et Jon. Bon, je vais l’avouer, le fait que Jon retourne au Vrai Nord vivant avec Ghost a grandement aidé à apprécier l’épilogue tant c’est ce que j’espérais pour lui. Beaucoup de mes connaissances ont été déçue de la fin de Jon, comme si c’était une punition pour lui de finir au Mur. Personnellement, j’ai interprété plus comme un exil déguisé. Une façon de dire à Jon qu’il peut finir ses jours au-delà du Mur libéré de ses devoirs et responsabilité et vivre la vie qu’il souhaite. Soit la meilleure fin pour lui.

    Et voilà, c’en est fini de cette ultime pavé sur GoT. Comme dit, l’épisode n’est pas parfait mais je quitte la série sans amertume. Si les deux dernières saisons ont cumulé les défauts, je garde surtout en mémoire une série extraordinaire qui a repoussé les limites de ce qui se faisait sur petit écran. Comme disait un de mes profs cette année spécialiste de GoT (no joke), il y aura un avant et un après GoT. Il faudra attendre très longtemps avant qu’une série connaisse un succès pareil et avec un tel impact et même avec, GoT restera dans les mémoires. Je pense que pour ça, on peut dire merci à HBO et à D&D. Pour ma part, ça m’a aussi permis de découvrir les livres et l’univers de Martin et donc un double merci s’impose.

    Merci aussi à vous la Dame pour vos billets. J’ai découvert votre blog au début de la saison 6 (je crois) après que le lien vers un de vos articles soient apparu sur l’un des forums que je consultait sur la série. J’ai adoré vos décryptage, vos répliques retravaillés, vos memes, votre humour et bien sûr vos points chiffons. Je ne verrais plus jamais un costume de la même manière grâce à vous ^^. Donc encore merci pour cela et pour votre travail de rédaction derrière. J’ose espérer vous retrouver prochainement sur une autre série ^^.

    C’est donc un au revoir jusqu’à notre prochaine rencontre (copyrigth Gandalf). Merci HBO, Merci GoT, merci La Dame et tous les revieweurs.

    1. Moi aussi, à ma grande surprise, j’arrive à ne pas être amère face à ce final. Je pense avoir jeté l’éponge avec l’épisode 4. Après ça, rien ne pouvait plus vraiment me décevoir totalement.

  6. Alors je vous rassure tout de suite, ma Dame, en ce qui me concerne, hors de question de laisser ce bijou de blog qui m’offre des heures de lecture intelligentes, ce qui change bien des rédactions de mes élèves de Français… 😉

    Sans me tromper, je pense avoir découvert votre blog grâce à votre article sur X-Men First Class et le fameux U-boat soulevé avec force badasserie par sieur Magneto. D’ailleurs, cela me fait espérer que je pourrai retrouver votre prose pour Dark Phoenix? Vous m’y avez fait forcément penser en mentionnant Dark Sansa. 😉

    Tout comme vous, j’ai été ravie de cette première moitié d’épisode, et effarée par la seconde. Une fin écrite en une demi-heure le matin-même du tournage, peut-être, tant ça sentait le « en r’tard, en r’tard, j’ai rendez-vous queq’part… »…

    Game of Thrones en tout cas n’aura laissé personne indifférent. Et si, comme pour les Avengers, j’aurai énormément de mal à tout revoir dès le début sans l’amertume de cette fin mal écrite, je ne renie pas les bons moments et les personnages magnifiques que j’ai rencontrés grâce à elle. Dommage que l’écriture de George, en VF comme en VO, ne me plait absolument pas… :/

    Celle du Maitre, par contre… Vous aviez totalement raison, ça sentait bon l’Old Toby dès le départ, et les parallèles très – trop. – nombreux m’ont donné envie, comme toutes les deux semaines environ, de me refaire un peu de l’écriture merveilleuse du Professor. <3
    Pour l’anecdote, j’ai le premier vers du poème d’Aragorn (comme je le nomme dans mon petit esprit) tatoué sur le biceps droit. « All that is gold does not glitter… » Pour certains, c’est une belle allégorie, mais moi…je ne peux m’empêcher de hurler le reste de ce poème MAGNIFIQUE BORDEL à chaque fois qu’on me demande « C’est quoi qu’est écrit sur vot’ bras, Madame? Et c’est en quel alphabet? Elfique, aaaah… Alerte, commandez une camisole de force! »

    Bref, tout cela pour dire que je serai ravie de vous relire quand vous trouverez le temps de nous offrir vos proses, et merci à vous ne m’avoir aidée, année après année, à découvrir les subtilités des différences entre romans et série, et surtout, la beauté du travail de Michelle Clapton. <3

    1. Alors elle est bien bonne celle-là, parce que je suis biclassée prof de françois moi aussi (et histoire-géo pour mon autre spé) !
      Et que depuis ma première année dans l’établissement où je suis actuellement, j’ai une réputation un peu… Bref… Disons qu’un jour, un élève un peu turbulent n’arrêtait pas de bavarder, je m’agace et lui balance : « Tu m’écoutes ? Je dois te le dire en quelle langue ? En ELFIQUE ? » Et là, le môme me répond un truc du style : « Lol, allez-y pour voir » et je lui réponds du tac au tac : « LASTO BETH NIN ». L’histoire retiendra que ça l’a un peu déstabilisé, mais oubliera qu’il a recommencé à faire le sagouin 2 minutes plus tard.
      Du coup, tous les ans, TOUTES mes classes me posent invariablement cette même question : « c’est vrai que vous parlez l’elfique ? ». Ce qui m’oblige à leur expliquer que non, que ça se parle pas, gnagna… Mais bon, je leur sors toujours un truc ou deux pour leur faire plaisir (l’année dernière, j’avais même réussi à leur apprendre à dire bonjour en sindarin… Mais ils étaient de super bonne composition).
      C’est ainsi que l’on acquière la réputation d’être la prof cheloue qui parle des langues qui n’existent pas. Réputation totalement usurpée, mais que j’ai entretenue cette année, la faute à un élève qui portait le nom d’un célèbre khal et a qui j’avais promis de parler dothraki d’ici la fin de l’année. J’en ai un peu bavé, mais j’ai réussi à caser en contexte un des rares trucs que j’étais parvenue à retenir, alors qu’il était en train de mettre des coups de latte à son voisin de table : « Anha efichisak haz yeroon ! », je ne suis pas d’accord ! (et aucun élève ne s’en est rendu compte…)
      Faut pas que je m’étonne après de passer pour une cinglée…

      Dark Phoenix, j’irai sans doute le voir, de là à dire que j’en ferai un billet. Je me sens un peu rouillée question films. Il faudrait que je recommence en douceur. Et j’ai toujours « Endgame » au chaud (et ce fichu jeu de mot que tout le monde a du faire maintenant, mais bref…)

      1. J’ai la même mais avec l’alphabet. Même si je sais dire deux-trois trucs en Sindarin (et connais deux insultes en Khuzdûl, on se refait pas, les insultes c’est les premiers trucs qu’on retient en apprenant une langue), c’est surtout que je sais l’écrire. Et les élèves parfois c’est des gamins de six ans à qui on montre un truc qui brille… Woaaaaaaa Madaaaaaaame, c’est biaaaaaaauuu… XD

        Là je me suis lancée comme mission d’apprendre le Klingon. C’est chaud. Trop chaud pour moi je pense. XD

        Du coup, clin-d’œil en passant à votre Roi adoré, l’un de mes élèves de 12 ans s’appelle Viggo. 😀

  7. Donc Bran est Roi des 6 Couronnes , je suis sur à 99 % que c’ était son plan depuis le début est que le Vraie Méchant c’ est lui !

    Le Nord qui fait Brexit pour la 3 éme fois , je suis très étonne que Dorne et les Iles de Fer ne suivent pas , il est évident que les auteurs n’ ont plus RIEN A FAIRE de la cohérence de l’ Univers , après rendons à César ce qui est à ….. La cérémonie de Sansa est super et totalement méritée .

    Arya pars en voyage découvrir le Monde , je parie que ça sera le sujet d’ un Spin off .

    Après bien que ça se joue totalement sur la mise en scène et pas du tout sur les dialogues , j’ ai bien aimé la partie Dany/Jon , celui passant en mode Fuhrer Libératrice que les peuples soient d’ accord , et Jon comprend grâce à Tyrion qu il y as pas le choix , et j’ ai bien aimé le départ avec les Sauvageons .

    Après en attendant le Reboot a partir des livres de G.R.R.Martin ( en 2030 ) GOT reste la MEILLEURE SÉRIE de Tous les Temps !

    1. J’aimerais tellement une fin de GRR Martin bien ambiguë sur Bran, enfin la Corneille ! Parce que bon, en l’espèce, personne ne sait exactement ce qu’il est. Brynden Rivers, Bran…. Ce ne sont que des enveloppes. L’entité à l’intérieur est ancienne. Au moins autant que les Enfants de la Forêt. Comme D&D ont totalement merdé sur tout ce qui était mystique dans la série, il est possible que tout un pan de l’intrigue concernant ce sujet a été jeté aux orties et que Martin lui, le traitera. Faut avouer que ça serait assez fun, de voir les Enfants revenir dans le game au travers de la Corneille. Ou juste la Corneille, l’ennemi de l’Hiver réussir là où sa Némésis a échoué : prendre le contrôle du continent afin de servir ses desseins, dont on ignore tout…

      Sur les spin off, un seul est actuellement en production de son pilote, les autres sont pour le moment plus ou moins en stand by. Le directeur de HBO a récemment déclaré qu’il ne voulait pas transformer sa chaine en usine à spin off de GoT. « Bloodmoon » est donc le seul des projets qui verra peut-être le jour. Possible que la chaine ait surtout été échaudée par la réception critique de cette dernière saison qui a terni l’étoile de la franchise et qu’elle préfère jouer la prudence en ne s’engageant que dans un spin off pour l’heure, en attendant si cela fonctionne auprès du public.
      Et toujours sur les spin off, ils ne concerneront que le passé de Westeros. Les évènements d’après la fin de la série ne seront pas abordés.

  8. Déjà, bravo pour ce pavé que j’attendais avec une impatience non dissimulée. Je crois que quand j’ai réactualisé la page d’accueil pour la dixième fois de la journée et que j’ai vu le nouveau billet, j’ai émis un son entre le gloussement du dindon et le cri perçant de la souris… Bref, j’étais contente ^^ Merci à toi pour tous ces billets palpitants. Je suis en train de regarder à nouveau GoT et entre chaque épisode, je lis le billet de la Dame correspondant, parce que je ne me suis jamais remise de Pilou l’Homme Goujon. Jamais. J’en ris encore…
    Pour te dire mon degré de fanitude devant ces billets, quand Bran est devenu roi, j’ai lâché un « Pinpin le Pangolin, roi des sept couronnes ? Roh le billet de la Dame que ça va faire c’t’histoire ! »
    Que dire de cet épisode ? C’était joli, visuellement parlant, sublime si on s’attarde sur les costumes. Cette série est le paradis pour toute couturière. Par contre, c’était au mieux curieux, au pire débile politiquement parlant.
    Déjà, ils repartent sur une monarchie. Après une crise politique majeure, due à la folie d’Aerys II, la monarchie se perpétue et une nouvelle dynastie se créée, avant de finir sous un coup de sanglier et de précipiter à nouveau le pays dans une crise. Dans les deux cas, c’était en grande partie du à l’essence même de ce type de monarchie, où tout repose sur un seul homme. Lorsqu’il devient complètement nawak ou lorsque la ligne de succession n’est pas claire, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres comme on dit chez moi. Certes, Bran est élu, et non pas dépositaire du pouvoir par hérédité. Son successeur (encore que, là aussi c’est pas clair, il a une espérance de vie rallongée le Pinpin) serait donc logiquement élu lui aussi (je suis prise d’un doute soudain, est-ce que c’est évoqué ? J’ai peut-être loupé un détail), mais très probablement parmi les grandes familles, donc un appel aux magouilles et aux assassinats de couloirs. Sans parler du fait que si le roi est élu à vie, s’il est incapable d’assurer son rôle (pour cause de folie tiens, par exemple), qu’est-ce qui empêche que ça soit le dawa ? Un autre système monarchique, après tout pourquoi pas, puisqu’ils ne sont visiblement pas prêt pour la démocratie, mais pourquoi reprendre tous les codes de l’ancienne (la main, le maître de ci, le maître de ça…) ? Bon sang, créez des garde-fous (haha) ! Le Pinpin qui connait si bien le passé, il peut pas en tirer des leçons ? Bon, je pinaille aussi un peu, ils n’avaient pas le temps de rentrer dans les détails, si ça se trouve c’est ce qu’il compte faire… Peut-être.
    Même constat que toi à propos de l’indépendance du Nord. Et du fait que les autres ne gueulent pas « Pays de Galles indépendant !! » J’ai eu l’impression qu’on donnait l’indépendance à la Bretagne mais que les Corses disaient « finalement c’est plutôt chouette chez vous »…
    Pis cette assemblée… Pour beaucoup de ces mecs, Bran, il sort de nulle part. Ils n’ont pas vu la série, ils ne le connaissent pas. Pourquoi lui faire confiance sans même demander plus d’explications ? Et bon sang, qu’est-ce que Brienne fait là ? Déjà la Stark family au grand complet c’était curieux, mais Brienne ? Elle représente son père peut-être ? Le mec qui a une petite île sans prétention et sans réel poids politique ? Je ne me l’explique pas.
    Un petit Stark power à la fin : pour Bran les sept(six) couronnes, pour Sansa le Nord, pour Jon, le nord du Nord et pour Arya le reste du monde. Pourquoi pas ? ^^
    Merci encore pour toutes ses crises de rires devant ces billets, entre la Cersei des Ardennes et MoonMoon, l’émotion fut forte. Et une fois de plus, tu m’as achevée avec Rihanna… Bonne continuation à toi et au plaisir de lire de nouvelles choses !

    1. Quitte à briser la roue, au moment où Sansa demande l’indépendance, Bran aurait pu l’accorder à tout le monde et devenir le super ordinateur qu’il est. Une sorte de référent que l’on consulte, un garant de l’ordre et de la paix.
      Non parce que quand Tyrion dit à Ver Gris, « as-tu vu ? As-tu vu la roue qu’on est en train de briser ? », moi je me disais surtout, « ouais, tu proposes de mettre un mec sur le trône, puis un autre and that one’s on top, and on and on it spins…. » Navrant.

      Et oui, je pense aussi que Bran, dans la série, n’est pas un candidat solide pour une élection. Mine de rien, à l’instant T, Edmure Tully aurait plus de chance d’être élu. Personne ne connait ce gamin, à part les gens à Winterfell, ne comprend, ne sait ou ne peut même appréhender son pouvoir. J’imagine que Martin mettra bien plus en scène et en valeur ses pouvoirs dans les livres, de façon à rendre crédible la Corneille comme roi aux yeux des grands seigneurs.

      J’ai aussi eu un gros coup de coeur pour ce lolshot faisant de Rihanna la soeur de Jon Snow. De la fratrie, c’est clairement elle qui a pris tout le fun.

      1. Contente de voir que je ne suis pas la seule à trouver cette histoire politiquement aberrante.
        Je ne suis pas fondamentalement contre Bran (même si qu’est-ce qu’il m’éneeerve…) à la tête de tout le bitzouf, mais c’était clairement mal amené, ou au moins mal expliqué. Je pense que ce ne sera pas compliqué de faire mieux. Allez George, écrit des livres !
        Clairement, Rihanna est la Targaryen qui a le mieux réussit dans la vie XD

  9. Comme depuis 2012, pour cette lecture j’ai mon thermos de thé et lancé un album (pour la fin, The Black Angels s’imposait); et néanmoins, ceci est mon premier commentaire en 8 ans – Je ne suis pas fan des zones commentaires, trop d’opinions sans arguments -.
    D’abord, je tiens juste à te dire merci. Aussi simplement que ça.
    Tes analyses et interprétations ont bien souvent changé mon regard sur un épisode, tes points chiffons m’ont fasciné (argument n°1 que j’ai donné pour te lire) et ta lecture des personnages féminins à participé à ma sensibilisation au féminisme.
    Tes interprétations sont claires et bien écrites, Chaque post fournissait plus de mème que 9gag; bref ça été (et continuera ?) d’être un plaisir.
    Je t’ai découvert par un partage fb d’une camarade de fac d’ailleurs 😉
    Et petite question : Quand on va sur la page Wikipédia du dernier épisode; il est marqué que Jon devient King beyond the wall. Probable ? Je trouve que ça soulage l’arc narratif de Jon.

    Sur ce, je m’en vais regarder la conclusion/film de Deadwood; en espérant qu’elle soit meilleur que ce dernier épisode.

    1. Et bien merci beaucoup pour ce premier commentaire 🙂 Et pour ce que tu dis sur le féminisme. Je ne pensais pas que mes billets pouvaient participer à une sensibilisation au sujet. Je suis aussi étonnée que touchée.

      Sur les illustrations de mes posts, clairement la recherche de lolshots a toujours été un de mes plaisirs dans la rédaction des billets, contente que ça t’ai plu !

      Jon, king beyond the Wall, c’est une interprétation que je suis tentée de faire aussi. Jon est quasi vénéré par les Sauvageons de par son ouverture d’esprit vis-à-vis d’eux, qui a contribué à sauver la vie de tous ceux qui le suivent dans le Bois Hanté. Et il est revenu d’entre les morts. Ca pose un homme. Donc quand on le voit traverser une quasi haie d’honneur dans la cour de Châteaunoir, oui, cela peut suggérer qu’il devienne roi. Après le Roi d’Au-Delà du Mur n’est pas un titre qui existe de manière permanente. C’est souvent un leader charismatique qui l’endosse, après avoir unifié les tribus dans un but précis : mener des raids au sud du Mur, ou dans le cas de Mance fuir l’Hiver. Avec la fin de Dagobert et le relatif calme entre le Nord et l’Au-Delà du Mur, on peut imaginer que les Sauvageons, à la faveur du printemps, vont être pendant quelques années occupés à reconstruire leurs villages et à profiter de la douce saison pour affronter le prochain hiver. J’ai du mal à imaginer Jon les rassembler pour leur faire conduire un raid contre le royaume de Sansa, qui si le Peuple Libre connaissait des difficultés, serait plus encline à les aider en les laissant temporairement passer le Mur.
      Du coup, Jon, roi d’Au-Delà du Mur, c’est peut-être une exagération sur un statut particulier, à part qu’il possède auprès d’eux. Après les évènements de l’Hiver, on peut aussi imaginer que les Sauvageons décident d’en faire malgré tout leur roi, pour la forme. Et cela fera une énième couronne sur la tête de Jon Snow. La fête, quoi…

  10. Comme LaDame est prof, je vais faire comme au lycée, une courte dissert’ (jamais dépassé la copie double, moi, j’aime bien les grandes lignes). Les trois parties en seront a) une analyse politique du dernier épisode (aka, javérésondepuiledébu, hé ouais). b) des hurlements de rage face à LaDame (sans son dragon, je crains rien, héhé), c) une ode à LaDame,

    Politique. Il est 1H21 du matin, et malgré ça, je crève de chaud, alors je vais faire vite : ce grand collège électoral, c’est n’import’quo sire, j’en ai gros. La monarchie élective. La.Monarchie.Elective. LA PUTAIN DE MONARCHIE ELECTIVE. C’est bien une idée d’américains qui n’ont jamais entendu parler de ces brillantes réussites que furent la Pologne, le SERG ou même Rome et l’empire d’Alexandre, avec cette idée débile de « laisser au plus digne ». Trouzmille personnes vont se penser les plus dignes, couillon de gnome !!!! La monarchie héréditaire par primogéniture masculine (ou féminine, d’ailleurs) ne laisse place ni au doute, ni à l’espoir, ni à l’ambition. Alors bien sûr, des petits malins comme Tyrion ou d’autres me sortiront les quelques exemples rebattus (Charles VI/Joffrey), mais la monarchie héréditaire n’a jamais prétendu être parfaite, mais, dans un contexte médiéval, le pire des régimes à l’exception de tous les autres.
    Et le Nexit ? Mais…Et Dorne ? Et les Iles de Fer ? facepalm X 1000.
    Cela dit, le Nexit est conforme au principe des nationalités, qui certes dans notre monde réel s’épanouira seulement à l’ère industrielle, mais était tout de même en germe. Le nord est niveau ethnique, culturel et religieux, et même géographique, clairement distinct des 7 couronnes. (premiers hommes, anciens dieux, bouffe dégueu). Mais de même Dorne et les Îles de Fer (je vous renvois à l’excellent grimoire de mestre Yandel, « a world of ice and fire ».
    Là ou j’avais raison est qu’hormis le sauvetage du monde libre de la menace du roi de la nuit, la tentative de conquête de Daenerys, avec des soldats Giscari, des sauvages nomades Dothrakis, sans parler des dragons, ne pouvait réussir. Les Targaryens sont des Valyriens (ou d’ailleurs, poétiquement, Drogon emmènera Danerys terminer sa Garde). Certes, ils se sont imposés trois siècles plus tôt, mais avec des dragons. Ensuite, la force d’inertie et l’habitude les ont fait conserver le pouvoir, jusqu’à ce que l’inceste systématique amène un inévitable roi fou.
    Le destin de Westeros-sud est donc de laisser vivre leur destin aux Dorniens, Fer-nés, Nordiens, et de créer le royaume d’Andalide, unifié par le sang, un roi, et la religion des Sept.

    Raison encore, suite à la polémique de la saison 1 : le refus de « the honourable lord Stark » de faire buter la Targaryen (oublions ici les incidences avec Jon). Que disait Robert, que disaient TOUS les membres du conseil, même le bon Renly ? Qu’il valait mieux 1 mort que la guerre, le feu du dragon, les dothrakis à Westeros. Que s’est-il passé ? Exactement ce que Robert avait prévu.

    Pour finir, j’aimerais évoquer mon gouvernement idéal, en faisant une uchronie. Imaginons que Tywin triomphe de tous ses ennemis. Joffrey, pour être cruel, n’en est pas moins intelligent. Et sa cruauté, généralement, ne tomberait que sur des gens de la cour. Les Guethenoc et Roparzh seraient pénards. Sans compter q’il est possible que la douce, belle, intelligente Maergery finisse par adoucir le fougueux préado.
    Donc, Joffrey roi (dragons éliminés, armée royale, fin de la haute féodalité), Maergery reine, Tywin main du roi. La civilisée et riche maison Tyrell alliée à la noble et riche maison Lannister. Le nord, Dorne et les Îles rendues à leur indépendance, Tourte Chaude grand mestre. Clap de fin.

    Adonc, oui, vous êtes une féminazi, insupportable féminazi (encore que je saisisse mal le concept, le national-socialisme n’ayant pas grand chose à voir avec le féminisme, plutot plongé dans l’égalitarisme délirant -la femme est une création sociale, et autres infâmies). Dois-je citer les trouzmille personnages MASCULINS ayant été « amoindrits » (ou amoindris, je sais paaaa), « rendu fous pour le drama » « ou en leur faisant dire qu’en fait, ILS ne sont pas trop trop dignes ou alors par défaut » ? Bon.). Ensuite, on dit pas DE BASE BORDEL ON DIT A LA BASE. Ce truc ne m’énerve pas autant que « au temps pour moi » (je préviens de suite : fuck l’Académie française », cet « ultime résidu de l’orléanisme », pour paraphraser Houellebecq (« Extention », page… dans les 5 premières pages, avant la perte de la peugeot 404).

    Deux reproches en 7 ans, ça va, je trouve que je suis débonnaire, non ? wink

    Adonc, les éloges. Déjà la première partie de ce billet, au lieu de me faire rire, comme d’hab, m’a ému au plus profond, j’ai vu l’être humain sous le virago spéciste (ou antispéciste, je ne sais, peu importe). Et comme c’était sublimement écrit. (cela dit, le choix des mêmes sont excellents, même si mon favori, cette saison, reste celui de l’épisode 7, avec le colis dornien). Oui, ému, pour vous, mais aussi pour nous tous, les fans hardcores, ayant commencé par la série ou par les livres (le soir même ou je finissais en boucle, en aout 2012, de regarder les deux premières saisons, je suis allé à feu Virgin acheter les bouquins. J’ai eu du mal avec le style du premier traducteur, avec les américanismes (« Joff », I WOULD BURN CITIES TO THE GROUND BEFORE LET SOMEONE CALL A KING LIKE THAT » donne une baffe/ jette un verre de saint-émilion/brûle vif un Giscari -oui, je sais, y’a un h, mais ça me fait rire), mais très vite, j’ai été émerveillé par l’univers, ces régimes politiques différents dans les cités faisaient mon délice, les factions qartiennes faisaient mon délice, ces cartes immenses et ces lieux aux noms médiévaux ou antiques faisaient mon délice, ces conflits multipartites qu’à côté l’Italie ressemble au bipartisme faisaient mon délice, ces descriptions de repas, de spécialités locales (« le croque, messieurs! »/ « ce fromton, il est DEGUEULASSE vlan« ).
    Un jour, avec une personne adorable et disparue suite au crash de la GDN, nous avions créé nos principautés imaginaires, fait des cartes, discuté par chat durant 12 h d’une nuit magique. Raphaëlle/Ravella Petibois, si tu lis ces lignes, demande à LaDame comment me contacter (si elle ne m’a pas fait castrer avec son redoutable couteau à légume avant ça).
    Mon royaume, non, mon comté, se situait à l’ouest du Bief, avec une tour au bout d’une langue de terre, sur la mer du crépuscule, et il faisait bon y être, il y avait beaucoup de murs, pas de tas de fenêtres, mais du moins n’ai-je jamais tué d’chats.
    Emu aussi votre relation avec Danerys (dont j’ai trouvé le jeu formidable, malgré le scenario en carton que lui ont donné les D maléfiques). La petite fille qui savait pas compter jusqu’à 20. (au passage, elle n’avait rien d’une Fuhrer (ou est ce putain de h? Foutue lettre !) ou d’une Frau Rienfensthal, nonobstant l’aspect visuel (remember l’immense drapeau targaryen sur la pyramide de Meereen, ou l’avancée de la luftwaffe après le sac d’Astapor). Elle ressemblait plutot à une SJW avec des dragons. Le grand timonier, la petite mère des peuples, la Néra de la pensée, le lider maximo, el nouméro ouno. Table rase et tout ça. Plutot marxisante donc, dans ses limites de Queen, titles, titles…

    Moi aussi, j’ai ressenti de fortes connexions avec un personnage, aka Jaime Lannister. Si, il méritait Brienne, car un homme capable d’amour à ce point mérite tout. Un homme qui sauve « half a million » au prix de sa réputation aussi. Honourable Ned Stark, I hate you so much… Je me suis senti « connecté » (le mot est laid, je vous en présente mes excuses, je n’ai pas votre talent) par son violent sentiment d’injustice, par le regard que lui portaient les autres, qui ne savaient pas, et l’eussent-ils su, qu’ils ne l’auraient pas cru. Je suis heureux qu’on ai évité le cliché du « il retourne tuer Cersei », je suis enragé qu’on dise que ce retour « brise son arc de rédemption ». Il n’a pas besoin d’être rédimé, Jaime ! Il protège sa famille et, suivant l’exemple de lord Tywin, préfère tuer un gamin que de voir 100 000 morts causé par une guerre civile. (j’exagère un peu, ce n’est pas un saint, mais vous voyez le topo).
    Emu, je l’ai été aussi, dans l’épisode, deux fois. La première, lorsque la digne Brienne (que de mauvaises pensées féministes vous lui prêtez, grrr) montre que la chevaliérisation, c’est quand même top prestige, que de vrais chevaliers, n’en déplaise à Sandor le cynique, il y en a eu, il y en a, il y en aura tant que perdurera la société médiévale-la mal nommée, même si le mot, peut-être par patine, sonne agréablement à mon oreille). Oui, c’est un monde dur, souvent violent, mais aussi un monde ou l’on voit des gens revenir d’eux-mêmes dans leur prison faute de n’avoir pu payer la rançon (Jean II le bon), un monde ou les paysans n’étaient pas réduit à l’abominable condition dickensienne par les enclosures, les moutons et la destruction des abbayes (les CAF/CPAM de l’époque), un monde ou pour tuer (sauf avec un dragon), on devait regarder sa victime mourir, et pas phosphorer des centaines de milliers d’Hambourgeois ou de Dresd…d’habitants de Dresde ou Nagasaki en appuyant sur un bouton et retournant manger tranquilou son yorkshire pudding avec Margareth.
    Bon, je ne sais plus du tout ce que je voulais dire, en fait.
    Oui, donc, ému par la qualité littéraire de votre texte (cad par votre capacité à projeter du vrai/réel/émotion de votre tête à la notre), ému par votre relation à la série (la fin du billet aussi, est émouvante).
    Pour tous ces fous-rires, pour tous ces costumes -btw, je le trouve très sexy, moi, le costume de Queen Sansa, miam) analysés, pour tout ce temps consacré à nous, ingrats lecteurs, pour votre courage à publier en temps et en heure (du moins dans la semaine, quoi), pour ces 7 ans, grand merci.

    Hommage aux acteurs et à leurs personnages qui m’auront fait rire ou jubiler durant les 8 saisons.
    Entrez ici, Lady Mélisandre, lord Stannis Baratheon, lord Roose Bolton, master Kraznys, Edd la douleur, lord Tywin Lannister, ser Jaime Lannister, Prince Theon Grejoy of Winterfell (you have never been a Stark, I maintain until my death and even after), lord Ramsay Bolton, lady Myranda********, lady Brienne of Tarth, lord Renly Baratheon, ser Gregor Horsecutter FROM SEASON 1,Lord Qyburn, faithful Hand of the Queen, Pioneering Grand Master, Queen Cersei Lannister, the Lion Queen, Grand Enricher of Arbor Gold, WTF lord Samwell Tarly of Hornhill, lord Bronn of Blackwater & Highgarden, master of coins, warden of the south, titles, titles, Prince Vyseris « the beggar » Targaryen, lord Walder Frey (long was his reign!), lord Edmure Tully « the ten seconds king ». Et bien sûr, Lord Locke, maester of Punchlines, master of Porkutcher, faithful bannerman of House Bolton. « He dies protecting his Lord »

    1. (merci de placer une ligne de ===== entre les trois parties et l’hommage final, Ma LaDame, je ne puis corriger)

    2. EDIT : ému la première fois par Brienne complètant le chapitre de Jaime dans le livre blanc de la garde royale, et la seconde fois par Tyrion s’installant dans le fauteil de Main. En dehors du gag des chaises (on voit plus tard que Tyrion est un control-freak), je crois qu’il a beaucoup pensé à Tywin à cet instant.

      Pas aimé, mais bien aimé que Davos reprenne la grammar-nazi attitude [de cet enfoiré] de Stannis.

    3. La monarchie élective : ouais, clairement pas le système qui garantisse la paix et le calme dans le royaume… Est-ce-que c’est ce sur quoi terminera Martin ? C’est une question qui mérite d’être posée. Et à laquelle nous n’aurons pas de réponse avant looooongtemps…

      Le Nexit : je viens de revisionner la scène où Daenerys fait alliance avec Yara. L’indépendance des Îles de Fer fait partie des termes de la négociation. Mais visiblement, entre ce moment à Meereen et Fossedragon, Yara kind of forgot about it…
      Sur le fait que la sécession du Nord réponde aux théories nationalistes, je te laisse vu que c’est ton cheval de bataille et qu’on ne sera jamais d’accord là-dessus. Ceci dit, c’est le travail de D&D qui donnent ces relents natio à l’univers. GRR Martin se positionne contre cette idéologie et se montre bien plus subtil, plus humain, dans son approche des maisons et des provinces. Comme tu le dis, le nationaliste et le principe des nationalités sont des créations idéologiques du XIXe, comme le communisme, qui ont connu d’ailleurs un succès similaire dans leurs applications, dérivant par nature vers le fondamentalisme.
      Sur ton idée, que la conquête de Daenerys était vouée à l’échec parce qu’elle serait en gros à la tête d’une armée de migrants, là aussi, attention, il faut mettre de la nuance. C’est la rhétorique que Cersei emploie en effet contre elle, ça et qu’elle est la fille du Roi Fou (elle ne l’appelle presque que comme cela devant a cour). Le fait est que les armées de Dany sont étrangères. J’ai envie de dire, et alors ? Dès qu’elle arrive sur Westeros, son premier souci est de se faire des alliés locaux afin justement de contrer l’argument de Cersei. Au final, s’il n’y avait eu Euron et la chute du Bief par l’armée Lannister, l’ost de Dany aurait été composé pour majeure parties de soldats westriens. Les Dothrakis et les Immaculés étaient des atouts majeurs dans sa manche qui se sont transformés en son unique force parce que ses alliés du continent étaient plus vulnérables que ses troupes casernées à Peyredragon.
      En effet, les Targaryens sont là depuis 300 ans, et malgré la pratique de l’inceste destinée à conserver leurs pouvoirs et par extension leurs traits physiques particuliers, ils se sont, durant es 300 ans, aussi beaucoup mariés avec la noblesse locale. Après 300 ans, après avoir construit l’entité politique des Sept Couronnes fédérées par le souverain de Port Réal, on ne peut plus vraiment parler de corps étranger.
      Si Daenerys en est un aux yeux des gens de Westeros c’est parce qu’elle est l’héritière d’un souverain de triste mémoire à cause duquel le royaume a été précipité dans la guerre civile. Parce qu’elle est une femme aussi, non mariée. Et parce que les Lannisters, Cersei particulièrement, n’ont aucun intérêt à ne pas exploiter ce filon bien commode pour la décrédibiliser. Cependant, cela ne la voue pas l’échec de facto. C’est juste un argument tristement prévisible qui flatte les bas instincts en jouant sur la xénophobie latente de la noblesse et du peuple. Il n’y a qu’à voir l’accueil que les Nordiens réservent aux Immaculés venus leur sauver la vie pour voir combien il est facile de jouer sur cette corde de la peur de l’étranger.
      Quand à unifier l’ « Andalie » par le sang, un roi et la religion des Septs, je n’argumenterai pas vu qu’on ne sera fondamentalement pas d’accord, et on le sait déjà tous les deux :p

      Robert avait en effet tout prédit en saison 1. Ce qu’il y a de paradoxal avec lui c’est qu’en tant que guerrier bourrin et pas politicien, il avait sur la question une vision plus précise que tout le monde. Là où tout le monde pensait les Targaryens finis parce que politiquement morts, Robert voyait le potentiel qu’ils étaient en train d’acquérir par leur alliance aux Dothrakis. Robert, dans son aveuglement anti-Targaryen était donc celui qui anticipait le mieux ce qui s’est produit, à savoir les voir tenter de reconquérir leur héritage avec une armée contre laquelle Westeros est mal préparée. C’était d’ailleurs ça, son souci, le fait que les ost du continent ne soient pas capables de s’organiser, faute d’expérience, face à une armée pratiquant la guerre de façon radicalement différente, pas le fait que les dits Dothrakis aient été des étrangers etc… Robert s’en fichait dans le grandes largeurs. Ce qu’il craignait était leur force de frappe sur le champs de bataille et leur capacité à affamer les seigneuries en menant des sièges.

      Sur ton gouvernement idéal, je ne suis pas sûre que Joffrey aurait pu être contrôlable sur la durée. C’était déjà un sale con en tant que prince, mais son statut de roi l’a totalement fait vriller. Tywin lui-même n’aurait pas pu le contenir et il aurait fatalement fini par péter les plombs à un moment ou un autre. Ce gamin ne connaissait pas le sens du mot « non » et avait des accès de violence irrépressibles qui faute de service de psychologie à Port Réal, auraient été difficiles à traiter sans une bonne vieille chute dans les escaliers. Quant à Margaery, elle aurait subi le déchainement de la libido de Joffrey et surtout, de sa profonde mysoginie. Joffrey hait les femmes, les perçoit comme faibles. Selon lui, une femme intelligente est une femme qui se tait et qui obéit. Il se méfie de leurs conseils, les méprise. Margaery, malgré ses trésors de charme, n’aurait rien du faire.
      Non, s’il faut une bonne marionnette cornaquée par Tywin, c’est sur Tommen qu’il faut compter.
      Et l’idée d’une alliance durable et solide entre les Lannisters et les Tyrells ne semble un peu utopique. Ce sont de trop gros poissons pour un petit aquarium comme Port Réal. La fierté Lannister contre les attitudes de gros politicards de base des Tyrells, cela aurait conduit à une agressivité larvée entre les deux maisons, à l’image de ce qu’il se passait entre Baratheon et Lannister. Enfin, c’est mon point de vue. Les Tyrells sont des « civilisés » de façade. C’est leur vitrine pour endormir la concurrence et se gagner le soutien du peuple. Mais ils sont des intriguants, des politiciens de première classe.

      Sur la féminazitude, ça se voit que tu n’en as pas croisé souvent, des féminazis ^^ Et des féministes non plus d’ailleurs, pour simplifier ainsi le concept de femme en tant que création sociale. Ce qui est une création sociale, c’est bien l’infériorisation d’un sexe sur l’autre et l’assignation de rôles précis aux deux sexes. Je ne vois d’ailleurs pas ce qu’il y a d’insupportable à rappeler que l’homme blanc hétérosexuel n’est pas l’humanité par défaut, mais bien une minorité au sein de la dite humanité. Alors oui, quand on fait partie de cette catégorie qui se définit comme l’humain par défaut et que cette position, création sociale, est remise en question, forcément, on s’accroche à son piédestal. Je comprends.
      Ça me permet de rebondir sur ta réflexion à propos des hommes qui auraient été amoindris dans la série. Un concept dont je saisis les mécaniques pour toi, mais que je ne peux pas partager. Tous les personnages ont été affectés par les évènements, hommes comme femmes. Si on prend l’arc de Théon, parce que je devine qu’il cristallise ton ressenti, on a par exemple pas l’histoire d’un homme amoindri. On a celle d’un homme qui pense l’être parce que la société dans laquelle il vit plébiscite le pénis comme l’accessoire de plus prestigieux qu’il soit. Quand il perd le sien, outre l’atroce mutilation, il déchoit aussi socialement, n’étant plus vu par son entourage comme un homme. A leurs yeux, il est amoindri, et de son point de vue, il l’est également. Pourtant, il va se reconstruire peu à peu autour de ce traumatisme. C’est d’abord Sansa qui va lui rappeler qui il est vraiment et cette reconquête de son identité va le conduire à rejoindre Yara. S’il lui cède la place en tant que candidate pour la couronne de bois flotté, c’est objectivement parce qu’elle est bien mieux placée que lui pour la ceindre. Elle a grandi dans les Îles de Fer, c’est une capitaine respectée, elle connait ses bannerets, contrairement à Theon qui a connu des revers du genre cinglant la seule fois où il s’est improvisé prince de quelque chose. Theon a l’humilité et la lucidité de céder la place à sa soeur. Ce n’est pas s’amoindrir, mais au contraire se grandir. On observe pareille humilité et lucidité chez Sansa face à Jon Snow, quand elle lui reconnait son aura messianique dans le Nord, qui la force à rester sur la touche, mais qu’elle n’hésite pas, lucide, à le conseiller quand elle sent qu’il ne fait pas l’affaire.
      Quand à sa castration, le superbe retournement de situation pour Theon vient lorsque sur la plage il affronte un Fer-Né qui le frappe à l’entrejambe, sans résultat. C’est une réelle épiphanie pour Theon, ce moment où il comprend qu’il n’est pas défini par sa mutilation, qu’il y a survécu, qu’il a fini par se retrouver. C’est un moment très fort d’acceptation de qui il est, dans sa globalité, avec ses erreurs et ses traumatismes. C’est le moment où il triomphe de dictats sociaux qui font de lui moins qu’un homme parce qu’il n’a plus de pénis. Tout le reste de son arc (le meilleur de toute la série, soit dit en passant) est celui d’un homme qui prend ses responsabilités, s’accepte. C’est au contraire à mes yeux un arc superbe qui traite autre autre de l’ineptie de la focalisation sur le sexe masculin comme alpha et omega du pouvoir, de la virilité.
      Je ne pense pas que qui que ce soit irait expliquer aux Immaculés qu’ils sont des hommes amoindris. Les mecs sont des paragons de virilité toxique dès qu’il s’agit de leur mode de vie : la rigueur absolue de leur entrainement, leur agressivité au combat…
      Pour moi, il n’y a pas d’hommes amoindris dans la série (si c’était le cas, elle serait aussi peuplée de femmes amoindries par les viols qu’elles sont subis, les vexations dues à leur sexe…), juste des hommes, confrontés à des situations souvent extrêmes qui leur laissent des marques toute leur vie. Après, les hommes de la série ne correspondent peut être pas à certains standards de virilité, mais là, on entre dans une autre construction sociale et on ne va pas s’étendre sur le sujet.

      Virago ANTI spéciste, c’était le bon terme 😉 Le spécisme c’est établir une hiérarchie du vivant sur le critère de l’espèce. L’anti-spécisme, c’est considérer que l’espèce n’est pas un critère suffisant pour discriminer un être vivant (aka le classer et lui attribuer des fonctions type : à protéger, à chérir, à exploiter, à manger, à exterminer), et reconnaitre à chaque individu le droit de vivre (attention, ce droit de vivre peut être restreint lorsqu’il menace directement celui des autres. Exemple : si je me fais attaquer par un animal, j’ai tout à fait le droit de me défendre. Contre-exemple : je décide de buter un animal parce que je l’ai classé dans la catégorie des tuables => spécisme).

      Tu parles des descriptions de nourriture des livres… C’est vrai que la série n’est pas aussi généreuse. L’autre jour, j’entendais qu’un monsieur avait décidé de recréer le vin de la Treille (mon côté Cersei m’a fait immédiatement tendre l’oreille) en se basant sur les informations contenues dans la série. Et là il dit : « y’avait pas grand chose comme info sur la couleur du vin, son odeur, son goût, alors j’ai du aller chercher dans les livres et là…. Mine d’or, il y avait toutes les infos que je recherchais. »
      « My sweet summer child » pensais-je… Bien sûr que George allait se montrer prolixe à ce point.
      C’est pour ça que je passe mon temps à encourager les gens à lire les livres. Ils sont d’une infinie richesse sur tellement de sujets ! Alors ok, c’est sans doute pour ça que Martin a du mal à les terminer, mais bon sang, quelle lecture quand même !

      Le H de « führer » était bien placé ! Et oui, tu as raison, dans ses visées internationalistes et non nationalistes, Daenerys est plus communiste que nazi, c’est clair. Par contre, la grammaire visuelle de Leni Riefenstahl reste ce qui se fait encore de plus efficace pour traduire visuellement l’idée d’un totalitarisme, et là, nazis et communistes sont dos à dos. Ce sont des codes visuels que l’on recycle constamment, au point que ça en est presque éculé aujourd’hui, mais ça fait toujours mouche : délire de toute puissance, soumission des foules fanatisées…

      Sur Jaime, je ne suis pas sûre de comprendre : il méritait Brienne parce qu’il a été capable de l’aimer en dépit de son aspect physique ? C’est bien ça ?
      Donc si je résume, dans la vie, on se résume à son physique ? Les moches vont avec les moches, les beaux avec les beaux ?
      C’est justement tout le sens de l’arc de Jaime que de briser ce conditionnement extrêmement réducteur, en particulier pour les femme car dans cette rhétorique, les hommes, quelque soit leur physique hors ou dans les canons, s’enorgueillissent de leurs femmes trophées. Le célèbre trope du mec un peu moche qui épouse une belle fille. L’inverse n’existe pas, dans cette optique, une femme hors des canons de beauté ne peut espérer finir dans les bras d’un homme jugé beau, car la femme n’aurait de valeur intrinsèque autre que sa beauté, qui présage de la capacité de son utérus a expulser un rejeton pas trop cheum : BELLE MENTALITE.
      Jaime et Cersei sont dans une relation toxique et narcissique. Elle manipule son frère et parvient à entretenir sa docilité justement parce que Jaime est comme elle, un être narcissique (moins qu’elle par contre, c’est clair). Toute l’idée derrière sa relation avec Brienne est justement pour Jaime de sortir de ce conditionnement, de cette relation qui flatte ses pires instincts, pour reconnecter avec ce qu’il y a de meilleur en lui. Le fait est que Brienne comme Cersei, est le reflet de quelque chose qu’il aspire à être. Brienne est droite, loyale, et bonne. Elle incarne à la perfection les valeurs de la chevalerie que Jaime a contribué à dévoyer (je ne parle pas ici du régicide, une trahison de ses voeux absolument nécessaire) par son attitude et son mépris. Ce mépris est d’ailleurs la résultante de son sentiment profond d’être indigne de son statut de chevalier, de garde royal. Jaime, grâce à Cersei, n’a pas une si haute opinion de lui que cela, et l’image qu’il renvoie de lui depuis la mort d’Aerys contribue à l’entretenir dans cette idée dépréciée de lui-même. Son orgueil de Lannister est une façade, une armure. Et c’est Brienne, par l’exemple qu’elle est, par la figure de droiture qu’elle incarne, qui va peu à peu le guider vers un nouveau lui.
      Jaime a dans les livres des sentiments pour Brienne qu’il ne s’avoue pas. Dans la série, on a largement passé ce point. Et ses sentiments sont naturels. Comment ne pas aimer cette femme, qui est admirable tant par ses qualités morales que par sa valeur physique (une qualité que Jaime sait lui reconnaitre, étant un des mieux à même de la juger en la matière) et qui surtout a eu l’honnêteté de le prendre tel qu’il était, dans son entièreté. Brienne a fait l’effort de comprendre Jaime, de voir au-delà de l’armure. Elle a compris ses failles, ses faiblesses, les a acceptées, et mieux, l’aura aidé à les dépasser. Brienne a sauvé Jaime. Et ses sentiments pour lui sont désintéressés. C’est elle qui, quelque part, aime en dépit du bon sens un homme moralement ambigu.
      Non, Jaime n’a aucun mérite à aimer une femme comme Brienne. L’amour qu’il a pour elle est au contraire logique, naturel et aura participé à sa reconstruction, à la reconquête de son honneur. Réduire Brienne à son physique et dévaluer leur romance sur ce seul motif est autant une injure pour elle que pour Jaime, dans le fond.

      Pour rester sur Brienne et les pensées féministes que je lui prêterais, déjà, mon « pourrir le cul de Jaime Lannister » était une blague, ensuite je ne vois pas ce qu’il y aurait de féministe à voir quelqu’un chercher revanche après avoir été largué de cette façon, homme comme femme. Heureusement, Brienne est au-dessus de cela. Précisément parce qu’elle a tout compris de Jaime et qu’elle ne peut que lui pardonner de l’avoir quittée.

      Côté mise en page, les paragraphes apparaissent bien, je trouve ton premier post assez lisible, mais je peux sans doute rajouter des trucs de séparation si tu veux.

      +1 pour Tyrion pensant à Tywin. Déjà, il est tout en noir. Ensuite, quand il se cherche une position de circonstance en entendant les autres arriver, il prend à un moment une pause, un peu de travers, la main droite sur l’accoudoir, qui est du pur Tywin :

      1. pour faire court, sur Jaime, je n’ai pas pensé une seule seconde au physique de Brienne. Je trouvais juste « beau » que, malgré ce qu’il sait sur sa soeur, il soit prêt à sacrifier sa vie, et encore une fois son honneur, pour être avec elle. C’est d’ailleurs ce que note Brienne dans le Livre Blanc. Donc, rassure-toi sur ce point, pas de biais sur le physique 🙂

        1. et ouiii sur la pause, je l’avais pas remarqué consciemment, mais sans doute inconsciemment. Quel sens de l’observation tu as !

    4. Point de service  : si on pouvait éviter d’employer, même ironiquement, le terme féminazi qui est une insulte créée par des anti-avortements sur ce blog, j’aime autant. Les mots ont un sens et associer féminisme et nazisme me met particulièrement mal à l’aise.

  11. J’ai reco 3 fois le commentaire par manque d’idée et de  »ah mince déjà dit en mieux » Merci donc faut le redire pour cet excellent blog qui m a énormément accompagné dans mon matage de GOT et permis de découvrir pas mal de points que je n’aurais jamais remarqué ( les points chiffons entre autre) j’éspère qu’on se revera pour la True conclusion de tout ce bazare parce que bon c’est un chemin dont on est pas encore au bout vu que la série nous quitte sur un beau merdier politique quand même. Nan parce que je m’excuse si ça à déjà été dit mais là on va avoir la stabilité pour combien de temps ? Un petit siècle si Bran voit trop tard un éventuel complot de nobles qui trouve qu’il squat un peu trop longuement le pouvoir ? Je vous rejoins sur le fait que G RR à intérêt à faire un très large épilogue montrant le après parce là il y a plus que matière à.

    Bref , pour en revenir à la série , ce fut bref et intense mais finalement on en ressort sur une impression déçu ( Nan je ferais pas la blague , non :p )

    Je garderais quand même longuement le souvenir de Dany en mode Reich de 1000 ans et les scènes avec Drogon qui suintait la badassitude. Et la fin même pas gégé me laisse un sacré vide..Et tain quand GOT sera finis ainsi que l’hérésie d’Horus j’ai intérêt à me retrouver autre chose à lire je vais pas survivre sinon ( Bon je vais ptet me mettre à lire the Witcher il serait temps )

    Bon là c’est super décousu je m’arrête là et je retourne lire Fire and Blood pour avoir ma dose ( My god j’adorerais voir une version TV de Meagor…)

  12. Je fais partie de celles et ceux qui ont toujours été team Stark et je dois dire que j’ai été assez émue par ces 4 Stark réunis une dernière fois. Particulièrement voir celle devenue la plus Stark d’entre eux couronnée Reine du Nord était vraiment beau et méritée pour Sansa. Évidemment le costume <3 ! La phrase de trop qu’ils ont mis dans la bouche de Sansa… Incompréhensible !

    La fin de Jon me semble particulièrement douce et je ne comprends pas bien que les gens qui le connaissent voient cet exil comme une punition quand on sait à quel point il y est bien.

    Je te rejoins sur le fait que Daenerys aurait fait une magnifique méchante et je regrette que la série n’ait pas pu développé cet aspect. Les scènes Daenerys et Drogon étaient très belles et j’ai beaucoup aimé leur fin.

    Outre tous les aspects rushés que tu évoques, ce qui m’a particulièrement gênée, c’est le traitement de Bran. Il y a décidément des choses dérangeantes dans cette série sur le traitement des femmes ou celui des personnes handicapées.

    Ça a fait le tour de la sphère Twitter militante handicapée qui a rugi contre le nom de Bran le Brisé ou Bran the Broken. Parce qu’évidemment, quand tu deviens handicapé, ta vie est foutue. It is known… ^^’

    Définir Bran par son handicap ET surtout le définir négativement alors qu’il y avait plein d’autres appellations plus pertinentes… Sur ce sujet, allez écouter la militante @MortuaryReport : https://twitter.com/MortuaryReport/status/1131008131952041984

    L’histoire que Tyrion raconte au sujet de Bran est également très limite. Au final, on choisit Bran comme Roi parce qu’il est une belle « leçon de vie », pas pour ce qu’il a accompli ou pour ses qualités (forcément, puisque la série n’a jamais montré ce qu’il était vraiment capable de faire). En l’état, le choix de Bran me semble tout à fait immérité et mal amené.

    Une militante française, Elisa Rojas, a fait un très bon billet sur le sujet : https://auxmarchesdupalais.wordpress.com/2019/05/23/got-final/

    Cette partie m’a vraiment perturbée, mais d’un autre côté, je ne suis pas étonnée tant le traitement de Bran a été mauvais.

    Merci pour tous ces billets qui sont toujours aussi plaisants à lire et qui éclairent beaucoup les épisodes pour moi qui ne suis pas aussi impliquée dans GoT. J’attends les livres patiemment, mais je n’ai clairement plus l’enthousiasme des débuts pour la saga et la série. J’espère que GRRM me surprendra !

    1. Le traitement de Bran…. Ouch, en effet. Tout son parcours pour quoi dans la série ? Révéler les origines de Jon Snow, qui ont été simplement utilisées comme un déclencheur à la folie de Dany ?
      Il aura passé toute la saison 8 à ne rien faire, posé dans un coin du décor. Son unique rôle actif a consisté à servir d’appat à Dagobert.
      D&D n’ont pas pigé grand chose à son personnage ni à la façon dont utiliser ses pouvoirs.
      J’ai aussi été très surprise d’entendre Tyrion l’affubler d’un surnom de règne, déjà très peu délicat. Bon, ok, Tyrion est le mec qui disait en saison 1 qu’il fallait s’assumer comme on était parce que le reste du monde passe son temps à te le rappeler, mais de la part du mec qui n’aime pas les blagues sur les nains, jeter au visage de Bran que son nom de règne sera Le Brisé, c’est… Déjà c’est complètement à côté de la plaque, un surnom de comme ça t’es rarement attribué à l’emporte pièce comme il vient de le faire.
      Et sachant que Bran n’est plus Bran, l’argument de « c’est un surnom qu’il utilise dans les livres » ne tient pas. Dans les livres, c’est la réflexion d’un enfant triste de sa condition, cherchant encore à vivre avec ce handicap qui a balayé ses projets et ses illusions. Je ne suis pas sûre que la Corneille à Trois Yeux, elle, se sente brisée. Bien au contraire. Le corps qui l’abrite n’est sans soute pour lui qu’une enveloppe. Il n’y a qu’à voir celle de Freuxsanglant, greffée au barral…
      La série voulait sans doute, à ce moment, donner à Bran un nom qui pétait un peu, histoire de ne pas avoir l’air trop bizarre au moment de faire dire à ses personnages « all hail king Bran » ? Ben ça tombe bien, le vrai nom de Bran, c’est Brandon. Lui rendre son nom complet aurait suffit à donner le côté solennel recherché.
      Ou « Bran the Raven » ? C’était bien aussi.

      1. Dans les livres, c’est effectivement très logique. Bran est un petit garçon qui d’un coup se retrouve paralysé. A son âge, il ne peut pas avoir de recul ou de réflexion sur le handicap alors qu’il vit dans une société validiste où tout lui jette à la gueule que sa vie en tant que personne handicapée sera pourrie.

        Il y a toute une phase d’acceptation de sa nouvelle condition qui doit être faite et il n’est pas particulièrement aidé par son entourage.

        Effectivement Brandon ou Bran the Raven, ça fonctionnait très bien ! Je trouve vraiment que c’est une écriture paresseuse et sans aucune réflexion sur ce qu’est devenue Bran. Je suis déjà étonnée qu’en dehors du cercle familial les gens appellent Bran par son diminutif, mais bon.

        Et vraiment le Brisé, ça se concentre sur son accident plutôt que sur le reste du chemin qui est tellement plus constitutif de sa personne !

        Effectivement en regardant la saison 8, on se demande vraiment à quoi le personnage sert… et ça donne un peu l’impression qu’il attend que ça se passe ^^’

        1. Je ne trouve pas cela choquant d’appeler Bran ainsi de la part de Tyrion et de son langage habituel, tout nain est un bâtard au yeux de son père .. par exemple… Ce n’est pas délicat mais pas incohérent pour moi. Je crois au contraire que les surnoms arrivent souvent à l’emporte pièce IRL . Pour un roi, peut être moins? mais rien ne dit que cela sera le nom retenu par l’histoire pour Bran …

          ça me semble très contemporain et sujet de notre société que de vouloir atténuer les choses, et ça me parait tout à fait possible que dans un monde médiéval on puisse parler de Bran ainsi, finalement c’est la seule chose que le peuple verra, personne ne connait vraiment son histoire en dehors du nord …

          1. C’est pas du tout l’idée d’atténuer les choses, juste respecter les gens, mais j’imagine que vous n’êtes pas allé lire ce qu’en disent les principales personnes concernées.

            Je ne dis pas du tout que le surnom n’aurait pas pu être donné, juste que c’est un surnom maladroit et incohérent avec ce que Tyrion raconte (il vante Bran qui revient de loin, a priori brisé n’est pas l’adjectif qui vient en premier dans ce cas, résilient, survivant déjà plus).

          2. Le truc avec les surnoms de règne, c’est surtout qu’on ne les attribue pas le jour où l’on devient roi, comme ça, hop. Le surnom se gagne, le plus souvent, ou s’attribue à la faveur d’un contexte ou d’un trait de caractère. C’était en outre surtout utile dans le temps où l’on ne parlait pas des rois en leur donnant leur numéro. Le surnom servait à les différencier les uns des autres. Du coup, Bran étant first of his name… Lui attribuer un surnom est inutile.

            Trouver déplacé le surnom du « Brisé » n’est en rien le symptôme d’une volonté d’atténuer les choses. L’idée c’est que ce surnom, une fois encore, résumé une personne handicapée à son handicap. Pas à tout le reste. Quand on vit avec un handicap, on n’a pas d’autre choix que de faire avec et de s’y adapter (et ce n’est pas une partie de plaisir dans une société qui encore aujourd’hui, en France au XIXe siècle, fait encore trop peu de choses pour leur faciliter la vie. Il suffit de regarder combien de stations de métro à Paris disposent d’un accès PMR, rien que ça), et je pense que la dernière chose que l’on veut, c’est de se voir résumer, tous les jours, tout le temps, à ce handicap. Un handicapé a des envies, des ambitions, des centres d’intérêt, des compétences etc…

            Donné à un être pluri millénaire capable de contrôler des animaux en projetant son esprit en eux, de voyage dans le temps via des arbres magiques et ayant accès à la mémoire de toute l’humanité, le surnom du « Brisé », il faut avouer que c’est mettre l’accent très lourdement sur le fait que l’être en question habite un corps d’handicapé, ce qui, disons -le tout net, n’a aucun intérêt ni aucune pertinence à l’instant T puisque comme le soulève Sansa, puis Tyrion, la question de la succession ne se posera jamais, donc le handicap de Bran est un détail mineur.

            Si je me mets deux secondes à la place d’un handicapé qui aimerait être vu autrement que comme un handicapé, oui, je trouve que c’est un tantinet abusé.

            Et d’un point de vue pure logique marketing, Tyrion est un peu moyen. Après Cersei l’Incestueuse et Fofolnerys, le mec vend un souverain sorti de nul part, fils cadet que tout le monde croyait mort il y a quelques mois encore, qui du reste est handicapé, donc ne projette pas forcément une image de force et de puissance pour les gens de cette société, et lui, il choisit de mettre l’accent sur ce point précis, au lieu d’opter pour un surnom qui soit révélateur des raisons pour lesquelles il l’a choisi (et clairement, Tyrion n’a pas proposé Bran parce qu’il avait perdu l’usage de ses jambes, mais bien pour ses pouvoirs de vervoyant).

    2. L’histoire de Bran a été considérablement passée au rouleau compresseur ces dernières saisons, pour être réduit au rôle de Wikipédia vivant. Concernant le surnom, il est aussi amené avec peu de subtilité, mais c’est celui qu’il se donne, alors qu’il est au désespoir après sa chute. (De mémoire, il dit qu’il ne pourra pas être le chevalier qu’il a toujours voulu être, qu’il y avait Brandon le Bâtisseur, mais que lui est Bran le Brisé puisqu’il ne peut plus marcher.) J’ai interprété ça comme une réappropriation de son stigmate, mais c’est évident que c’est très très mal géré.

  13. Merci beaucoup pour toutes ces années de chronique… Je n’ai jamais vraiment osé poster de commentaire, n’arrivant pas à me faire un avis bien singulier sur chaque épisode, mais je tenais à vraiment dire à quel point ces billets m’ont apporté. J’étais à chaque fois ravie et pressée d’aller voir ce que vous aviez à dire, de connaître votre avis plus critique que le mien, qui se réduisait souvent à « trop bien cet épisode » sans vraiment savoir pourquoi. Votre humour, vos points chiffons, vos memes de qualité supérieure… Merci infiniment. C’était un vrai plaisir, vraiment. Bonne continuation à vous, et si vous decidez de reprendre des billets sur une autre série je serai ravie de vous lire de nouveau !

  14. Ma chère Dame,

    on y est. C’est seulement maintenant que je réalise pourquoi vos derniers billets me faisaient moins rire. Ce n’est pas qu’ils étaient moins drôles, bien au contraire. C’est qu’au fond de moi, je voyais rapprocher cette date fatidique du dernier billet, et que je ne voulais pas que les billets s’arrêtent. D’ailleurs je ne le veux toujours pas. Mais puisqu’on y est, je ne vais pas m’attarder sur ton excellent billet. Tu as tout dit, et je partage ton avis sur quasiment tout voir tout tout court. Je m’arrêterai deux minutes sur Daenerys, car j’ai un petit regret la concernant. Celui d’avoir passé six saisons à passer à côté, trop occupé à brandir la bannière au cerf ardent, et ne prenant pas assez de temps pour la mère des dragons. Il m’aura fallu sept saisons pour l’apprécier, et la huitième pour en venir à regretter son sort funeste (je sais, j’ai un problème avec le feu….) mais mérité.

    Pour le reste, je voudrai juste te dire merci. Merci pour ces billets remarquablement bien écrits pleins d’humour, d’érudition, de références, d’analyses pertinentes, de memes foutraques, de montages délirants. Ton billet c’était comme le cadeau hebdomadaire que j’attendais comme un gosse attend ses cadeaux de Noël. Mais plus que ça, merci aussi pour ta patience, quand tu prends le temps de nous répondre, ta générosité, ta bienveillance (tu as été et tu restes un endroit où être fan de Stannis n’est pas honteux) et ton ouverture d’esprit. Ça va te paraître con ou guimauve (ou les deux), mais voir quelques uns des memes que je t’avais envoyé dans certains billets aurait été une grande fierté !
    Même si GoT est fini, j’espère avoir l’occasion de voir de nouveaux billets par ici, et j’espère pouvoir continuer à t’importuner sur FB de temps à autres pour continuer à échanger sur l’univers de Martin ou sur autre chose ! ^^

    1. C’est vrai qu’il y avait un solide clan stannisien ici ! C’était honteux d’être fan de Stannis ? Je ne savais pas. En tant que fan de Cersei, j’allais de toute façon pas jeter la pierre :p

      1. Le nombre de fois où j’ai bataillé pour expliquer pourquoi je trouvais Stannis plus intéressant que les Stark et pourquoi je trouvais que Sansa était un des meilleurs personnages de la série….aujourd’hui encore il m’arrive de batailler….

  15. Bonjour Bonjour,
    Me voici en tant que personne dans le fond qu’on entend jamais mais qui a lu chacun de vos billets depuis 2012 (oui je viens de vérifier ^^)
    Je ne me souviens pas de la façon dont j’ai découvert votre blog, mais je remercie chaque fois l’univers de GOT de l’avoir amené sur mon écran !

    Je me revois découvrir cette première saison alors qu’elle était toute juste finie de diffuser. Je l’avais regardée car Ronon Dex faisait partie du casting… Quelle découverte ! Je ne connaissais pas du tout l’univers de GRRM, et je me suis aussitôt plongée dans les livres, que j’ai lu de façon un peu anarchique car j’ai commencé en français, mais repris en anglais parce que merci la traduction…

    Quelle histoire riche ! Terriblement bien adaptée les premières saisons, avec un soin pour les détails que je ne soupçonnais pas, heureusement que vous étiez là pour mes les souligner !
    J’ai tellement apprécié vous lire durant ces années… Vous avez même réussi à relever le niveau de la dernière saison pour moi. Vraiment, ça a été très dur d’assister à la fin aussi grotesque de cette grande série…

    J’espère de tout cœur que nous aurons une nouvelle histoire qui nous rassemblera comme l’a fait GOT, ce rendez-vous hebdomadaire va me manquer ! Je ne connais pas The Witcher, c’est tiré de livres également ?

    Merci à vous Ma Dame, et à bientôt !

    1. Oui, « The Witcher » est une adaptation littéraire également. D’une série de livres très populaire en Pologne et en Europe Centrale, qui s’est fait connaitre chez nous grâce à une série de trois formidables jeux vidéos (que je conseille aussi très vivement, du coup) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Sorceleur

  16. Bonjour la Dame et j’ai un peu l’impression de m’apprêter à commettre un blasphème, mais voilà ce que m’a évoqué votre très bon billet, merci d’avoir pris le temps de l’écrire.

    « C’est un peu la fin de notre histoire
    Mais surtout ne sors pas ton mouchoir
    Dors petite fille dans ton grand lit
    Nom Jolie et prénom Émilie
    Dors, petite amie dans ton grand lit
    Puisqu’il faut bien vivre sa vie
    Nous on reviendra si tu le veux
    On est là pour rendre les gens heureux
    Même si on n’existe pas vraiment
    Tu peux compter sur nous tout le temps »

    Voilà, voilà. Sur le blog de la Dame qu’elle est badass, sur le final de la série de GoT qui n’a rien d’enfantin, je cite cette vieille rengaine pour enfant des années 80.
    Parce que j’aime qu’on me jette des tomates pourries ? Même pas.
    Parce que, quand vous dites qu’il « est des personnages de fiction qui nous accompagnent toute notre vie et qui s’avèrent être des piliers, des remparts, plus solides que la vie réelle ne saura jamais nous donner », ça a pop-uper dans ma tête, cette chanson que j’écoutais petite et que je chante à mes gamines aujourd’hui. « Même si on n’existe pas vraiment, tu peux compter sur nous tout le temps ». Pas pour être ton ami imaginaire, pas forcément pour te consoler, mais pour te faire appréhender des choses sur toi-même, sur le monde, sur la compréhension que tu en as.
    Est-ce que Daenerys est ça pour moi ? Je n’en suis pas sûre, mais la série dans son ensemble, oui. Je ne l’aurais pas pensé avant cette ultime saison, je voyais GoT comme une série hyper addictive mais pas comme une de « mes » fictions fondatrices, disons (les bouquins, davantage). Mais la mesure de ma déception face à ces épisodes qui auraient dû être des saisons entières, et mes tentatives à imaginer ces saisons dans leur intégralité me l’ont bien montré : GoT est une série importante pour moi. Parce que Sansa, parce que Daenerys, Theon aussi et Jaime (deux personnages à qui je ne peux pardonner leurs crimes et pourtant …)
    Donc oui, grande série, malgré ses défauts immenses (en tout premier le traitement du vrillage de Daenerys).

    Parce qu’aussi, les quatre Stark restants, qui ne se sont retrouvés que pour se quitter définitivement … En ce sens, moins Stark que jamais, et pourtant chacun a le destin qu’on pouvait lui espérer (à part Bran, qui n’existe plus).

    Me reste à attendre les livres, et à espérer un peu bêtement une fin réellement différente, que GRRM n’avait lui-même pas prévue, à cause de l’effet papillon … (en tout cas sur l’identité du régnant final, s’il y en a un, car je pense que Daenerys aura la même fin. Mais tout sera forcément plus subtil et totalement construit, et la saveur en sera différente).

    Merci la Dame, et merci les commentatrices et commentateurs de la Dame. C’était vraiment cool de vous lire, et de partager un peu tout ça avec vous.

    1. Il semble bien que Bran sera roi (ou du moins dirigeant) dans les livres aussi. Isaac Hempstead-Wright l’a confirmé récemment. Et D&D comme GRRM ont toujours dit que la fins serait la même. Mais évidemment, cette fin sera amenée de manière très différente (y’a intérêt bon sang…).

      Et sinon : EMILIE JOLIE MAIS C’EST PAS VRAI JE L’ECOUTAIS EN BOUCLE SUR MON WALKMAN QUAND J’ETAIS PETITE §§§
      Merci du coup pour cette citation qui forcément me parle beaucoup !

  17. Hello,

    Concernant la série, en tant que lecteur, je suis assez content d’avoir eu une fin, je n’en attends plus d’autre. Comme beaucoup, j’ai un peu abandonné l’espoir d’avoir une qualitay exceptionnel, trop de détails et d’incohérences sont a reprocher sur les dernières saisons mais je suis assez satisfait de la fin papier. C’est celle que j’avais prévu pour Arya, je n’en voyais pas d’autres possibles du point de vue de la série, suite à la chute du roi de la nuit. Je ne comprends pas trop toute la déception des fans qui s’est cristallisée sur le manque de « violence » ou de « surprise » de la fin, je ne sais pas ce que les gens attendaient. D’ailleurs je n’ai pas encore vu le commentaire d’Amaltheren, j’attends d’avoir son avis car il me semble qu’elle était dégoutée de la fin suite à la lecture des spoils, je suis assez curieux de savoir ce qui a été gênant lors de la découverte de ces derniers. Je trouve que les destins des personnages tiennent assez la route. Je ne comprends pas bien aussi le reproche de « tout n’est pas éclairci », toute bonne histoire a besoin de sa part de mystère et ne pas tout dire laisse libre part à l’imagination…

    ben voilà c’est le dernier!! Que dire, personnellement je ne me souviens pas quand je suis arrivé ici, ni c’est le fruit d’une recherche internet ou « tiens tu devrais lire cela, ça va te plaire »… Bref comme beaucoup, ce blog faisait partie de la série pour moi. Merci beaucoup la Dame, pour tous ces efforts et ces pages de lectures qui ont sans doute pris un peu trop de temps sur mon temps de travail, (du coup)les rires intérieurs des lolshots et dialogues revisités, les points de vue ou les petits détails qui m’ont souvent échappés, le hellfest et le malentendu du genre 😉

    Bien entendu, je vais continuer à surveiller du coin de l’oeil l’activité de ce blog et de la page fb et en cas d’excès de féminisme inattendu, je sortirai un bon vieux slip à fourrure avec un cd de Manowar 😉

    1. Manowar, meilleurs slips en fourrure, EVER, armure idéale pour tous ceux qui ont été mordus par des féministes quand ils étaient petits :p

      Pour en revenir sur la fin de la série, ce qui revient le plus dans ce que je lis, c’est que les gens sont déçus de la façon dont elle a été amenée.
      Sur le tout n’est pas éclairci, ouaip, la part de mystère s’est important. Après, la série a traité certains arcs de manière très succincte, du coup, cela peut laisser une impression d’absence de conclusion. A y réfléchir, ça me fait penser, en moins frustrant, la fin de Battlestar Galactica et ses multiples arcs abandonnés.

  18. Salut, je suis un des gars dans le fond également, quoique j’ai déjà posté quelques commentaires occasionnellement, mais n’ayant pas une plume des plus subtile, je me suis toujours limité au stricte minimum, mais même le stricte minimum oblige un minimum de savoir vivre :

    Merci à toi pour tout ces billets, ils vont me manquer…
    Voilà environs 6 ans que je te suis, et force est de constater que tes billets ont pour moi totalement fait partie du plaisir Game of thrones. Je veux dire, chaque semaine il y avait l’épisode à regarder, mais aussi ton billet à lire ! Sérieusement, Game of thrones n’aurait pas été aussi intéressant sans tes approfondissements, tes points chiffons, tes digressions, tes mises en perspective, tes acclamations/indignations et tes blagues bien sur.;.

    Bref, j’espère un jour suivre une autre série à tes cotés, et d’ici là, je te souhaite le meilleurs !

  19. C’est la première fois que je prends la plume (le clavier ?) depuis des années, et ce pour vous dire un énorme MERCI. Pour la pertinence de vos analyses, là où la plupart des récaps sur le net hésitaient entre amas de fanthéories fumeuses ou simples réactions j’ai aimé/j’ai pas aimé n’apportant rien au schmilblick. Pour ces lolshots choisis avec soin et amour. Pour votre humour, votre connaissance de l’univers et ces points chiffon qui ont ravi mon âme de couturière en herbe. Bref, pour TOUT.
    Je suis arrivée ici je ne sais plus trop comment, sans doute en navigant de lien en lien. Je suis restée depuis, lisant beaucoup, ne commentant jamais (Corneille des Internets, j’observe beaucoup et me manifeste toujours très peu…). Si je sors aujourd’hui de ma timidité habituelle, c’est parce que vos billets ont eu une place particulière pour moi. Je les ai découverts à un moment où je songeais à arrêter de suivre GoT (ce qui est arrivé très vite, en début de saison 3). Je n’arrivais pas à me faire au rythme assez lent et j’étais plutôt globalement déçue de l’adaptation une fois passée l’excitation de voir quelle tête avait qui, mais il restait en moi une once de curiosité (et comment ils vont faire pour tel truc ou tel truc ? est-ce qu’on verra tel perso, tel lieu ?). Assez paradoxalement, c’est votre blog qui m’a décidé à arrêter définitivement de regarder la série : je pouvais satisfaire ma curiosité de lectrice en lisant vos textes, bien écrits, drôles et détaillés, plutôt qu’en perdant mon temps devant des épisodes qui n’éveillaient en moi qu’un intérêt poli mâtiné d’agacement.
    Avec du recul, je ne regrette pas mon choix puisque, par ce biais et donc grâce à vous, j’ai moi aussi participé à cette grande expérience collective qu’a été GoT. Et vos analyses m’ont même conduite à réviser mes jugements et à regretter d’avoir été aussi langue de vipère par le passé en répétant à qui voulait l’entendre que les décors faisaient carton-pâte, que les acteurs étaient dans l’ensemble peu charismatiques et les costumes, du grand n’importe quoi (or, vos points chiffon m’ont démontré à quel point j’avais tort… ^^). Je vais donc sans doute dans un proche avenir me décider à poursuivre mon visionnage là où je l’avais interrompu il y a tant d’années 🙂

    Pour aborder tout de même ce qui était proposé par cette dernière saison et ce final, je ne peux évidemment pas me prononcer sur le traitement qu’en a fait la série mais je suis, dans l’ensemble, satisfaite par les grandes lignes (à part le WTF Samwell Tarly), même si en découvrant l’accession au trône de Pinpin, je me suis dit que je n’aurais pas misé sur ce cheval là, mais après tout pourquoi pas. Je suis dans l’ensemble assez curieuse et impatiente de ce que George pourra nous proposer si c’est bien le canevas qu’il choisit d’adopter pour ses livres.
    Vous abordez dans ce billet la question de ces personnages de fiction qui comptent pour nous : d’une manière que je n’arrive toujours pas à m’expliquer, c’est Theon Greyjoy qui aura joué ce rôle pour moi dans cet univers (c’était d’ailleurs l’un des rares que j’appréciais autant dans les livres qu’à l’écran) et j’ai été vraiment satisfaite de la conclusion proposée par la série, que j’ai découverte à travers vos billets, malgré un petit pincement au coeur.

    Bref, encore merci pour tout, je continuerai de toute façon à traîner mes guêtres par ici. Bon courage avec vos Sauvageons (je n’en vois qu’une fois l’an, quand ils passent le Mur pour leurs stages en entreprise, et une après-midi passé en compagnie de l’un de ces individus a le pouvoir de me rendre cinglée…).

    PS : La veille de la diffusion de l’épisode final, j’ai rêvé que Jaime Lannister me complimentait sur ma coiffure. Pourquoi ? Comment ? Ce rêve a-t-il une portée symbolique qui m’échappe ?

    1. Merci pour ce premier commentaire 🙂

      En effet, c’est particulier comme rêve ^^
      Y’a des spécialistes en symbolique dans la salle ? Parce que moi aussi, le décryptage m’intéresse ^^

  20. Coucou la Dame!
    Merci encore pour ce dernier post. Beaucoup d’émotions en terminant la série malgré le désappointement déjà discutés dans les précédents billets. Je pense que tout à été dit dans les commentaires et je suis globalement d’accord avec tout ce que tu dis dans l’article.
    Comme on savait que D&D faisaient fi de tout sens commun pour arriver à leur fins, je n’ai pas été choquée du conseil final (même si totalement abusé comme discuté; aucun sens politique).

    J’ai commencé à lire tes billets au début de la série, j’ai fait mon cheminement féministe en partie en lisant tes posts (comme qqu le mentionnait en commentaire) et surtout j’ai réalisé l’importance des costumes dans cette série. Les points chiffons ont faconnés en moi une réelle passion pour les costumes, historiques et cinématographiques; une envie personnelle de créer moi aussi d’une manière ou d’une autre. Je n’aurais probablement jamais réalisé ça sans tes posts 🙂 merci beaucoup!

    J’espère te retrouver sur la prochaine série the witcher ou bien la série a la croisée des mondes. Mais j’ai l’impression qu’on aura pas autant de point chiffons.

    A bientot j’espère alors 🙂

    1. C’est marrant cette histoire de cheminement féministe parce que clairement, je n’avais pas du tout cette sensibilité au début. Je pense que j’ai évolué aussi au fur et à mesure des années, en partie à cause de GoT je pense. Merci en tout cas 🙂

      A la Croisée des Mondes, c’est aussi une série que dans l’absolu, j’aimerais traiter ici. On verra comme ça se passera sur le moment 🙂

      1. je suppose qu’on doit avoir le même age, et le même genre de préoccupations, alors ça parait normal qu’on s’est questionné en même temps sur ces sujets, surtout que ces dernières années ont quand même été riche en remise en questions sur le féminisme sur l’internet (je pense).
        Personnellement le début de la série games of thrones, c’est aussi pour moi la redécouverte de la lecture, et principalement fantasy que mes parents limitaient pendant mon adolescence . Il y a quand même un gros problème de représentation de la femme dans ce genre (vaste sujet, je paraphrase). Au bout d’un moment tu finis par t’interroger sur pourquoi un livre te parle plus qu’un autre, même quand l’histoire est moins bien, et ben moi c’est quand soit le personnage principal est une meuf, soit qu’il y a pleins de meufs cools. Honnêtement c’est étrange comment au début de mes lectures, le fait d’avoir une héroine m’enthousiasmait à mort… juste parce que c’est une femme… j’ai l’impression d’avoir raté mon évolution adolescente quand je pense à ce que certaines héroines auraient pu m’apporter à l’époque XD je sais pas si quelqu’un me comprend haha XD

        1. Je comprends parfaitement parce que tu dis parce que c’est pareil pour moi. Une héroïne aura toujours tendance à attirer mon attention. Et dans un livre qui n’en a pas, j’attends toujours un peu l’arrivée des personnages féminins. Je pense que c’est une envie de représentation, d’identification. Ce qui est un très vaste sujet !

  21. Ah, tiens, au passage, un gros lolz pour toute cette cohorte partout sur le net qui se plaignait des épisodes « lents » ou il ne se passe rien (c’est vrai que des discussions politiques ou géographiques, c’est « rien » pour eux…) et qui sont pas les derniers à chouiner sur le rythme FATALEMENT simpliste (action, action action, on fonce, on doit faire avancer l’intrigue jusqu’au point Z, rab des caractères).

    and now, l’instant majoritariste. (tant que c’est pas interdit par le Miniver, j’en profite)

    Surpris, après les muh féministes et les muh handicapés, de ne pas avoir encore lu d’appel à lire tel « militant » de la cause LGBTQAZERTY/nomades/indiens d’amazonie/gros/petits/moches/travailleurtravailleuses/bourges-bourges/marrons/verts/noirs/jaunes/orange/blond-brun-roux/acnéistes et je dois en passer, venir poser leur laius communautariste.
    Avoir un surnom (certes pas donné le premier jour, certes…) péjoratif, c’est pas top, c’est certain, mais jamais je n’ai lu de « militants » vouloir rebaptiser Pierre le Cruel, Léodagan le sanguinaire, Charles VI le fol, Charles le simple, Louis le bègue, Goustan le cruel.
    Et Arthur, vous croyez que ça lui plait, hein, « le sanglier de cornouaille » ? Révooolte !
    Et être tétraplégique, c’est la joie, it is know.

    1. Sérieux le sanglier de Cornouailles, ça craint. Tu as oublié la minorité qui a pleuré la mort de Missandei… En fait, il y a par moment un peu trop de projection de nos sociétés dans ce qu’on voit. D’un côté, je le comprend, d un autre côté cela dépasse souvent les oeuvres qui ne sont pas censés être un reflet de notre monde moderne.

      1. Vers les saison 3-4, je me rappelle avoir lu une polémique sur quoi la série serait profondément mysogine (because la nudité des femmes très présentes) et raciste du fait du peu d’acteur de couleur et surtout la scène de la fin de la saison 3 où Daenerys est porté en triomphe par les esclaves libérés par Daenerys. Esclaves ayant la peau de couleur tandis que Danerys est tout ce qu’il y a de plus blanche. Cette scène a été interprété par certains comme une affirmation de la supériorité des blancs sur les gens de couleurs, les blancs ayant ici le beau rôle en les libérant (quelque chose du genre).
        Autant je peux comprendre les critiques sur la nudité trop présentes dans les premières saisons, autant celle sur le racisme m’a laissé un peu perplexe. GoT se déroulant dans un univers médiévale fortement inspiré de l’Occident, cela me semblait cohérent de ne pas voir de personnes de couleurs à Westeros (même si y’en a dans le livre oui.). Pour autant que je sache, le Moyen Age était pas réputé pour être très cosmpolite et sûr que si un noir se serait risqué à poser le pied dans un des royaumes européens, il n’aurait pas forcément bien accueilli.

      2. La série est écrite à notre époque, elle s’adresse à son époque aussi et je pense qu’il est normal que les gens réagissent. Il est assez rare pour une personne handicapée d’être représentée dans les médias. C’est une occasion ratée ici car la série ne fait que véhiculer des clichés sur le handicap qui affectent le quotidien de nombreuses personnes.

        Il aurait été assez simple de choisir un surnom qui ne soit pas blessant et qui soit cohérent avec l’univers de GoT.

        Ce n’est pas grand chose pour nous peut-être, mais c’est un point de détail qui a eu suffisamment d’importance pour que des personnes en fauteuil s’expriment et expliquent ce qui leur semble poser problème.

    2. Par contre des commentaires comme les vôtres qui se plaignent ou se moquent en criant à la tyrannie et la censure (quel sens de la mesure !) dès que des personnes s’expriment pour soulever des points qui leur semblent problématiques on en lit encore beaucoup trop.

      Avant de vous moquez, cherchez peut-être à comprendre le point de vue des personnes handicapées qui vivent à notre époque et regardent une série écrite à notre époque…

      Que les arguments ne vous plaisent pas n’empêchent pas un minimum de respect des autres…

      Et surtout vous en savez quoi en fait exactement de la vie d’une personne tétraplégique ?

    3. Réponse collective sur ce bloc de commentaires.

      First, Lockeforever : les opinions, toutes les opinions, sont les bienvenues ici. La discussion, courtoise, est encouragée. Là où ton commentaire me fait grincer des dents (et réagir Llu), c’est qu’il est, sous couvert d’humour, inutilement méprisant.

      Ce qu’il faut comprendre avant tout, c’est que personne n’aime être caractérisé d’emblée par une vision réductrice de son identité. Parce que ce critère sert trop souvent de prétexte à y accoler des clichés entretenant l’infériorisation d’une minorité/communauté.
      Donc non, être tétraplégique ce n’est pas cool, d’ailleurs un tétraplégique te l’expliquerait sûrement très bien, mais être tétraplégique, ça n’est pas l’identité du dit tétraplégique. C’est une partie de celle-ci, c’est son histoire et son quotidien.

      Quand j’étais en fac d’histoire, il y avait un mec, très lourdement handicapé moteur, qui ne pouvait bouger que la tête et une main, il parlait très mal mais posait tout le temps plein de questions à la fin des cours. Il est venu assister en auditeur libre à des cours tout le temps où j’ai été étudiante. Pour moi et mes camarades, il venait pour s’occuper, vue la vie de merde qu’il devait avoir et on le plaignait, le réduisant à être un mec à la mobilité extrêmement réduite qui devait trouver réconfortant la présence des étudiants et de pouvoir discuter avec les profs. On ne l’a jamais trop pris au sérieux, ni lui, ni ses questions, parce que c’était, à nos yeux, un handicapé. Ce n’est que vers la fin de mes études, que j’ai découvert que ce type était écrivain. Et assez prolifique encore. Il venait à la fac tous les jours ou presque pour se cultiver et se documenter pour ses ouvrages. Moi, je l’avais réduit à son handicap alors que ce mec était une tronche qui ne s’était pas arrêté de vivre et de créer parce qu’il avait une mobilité singulièrement réduite.
      J’ai également pas mal de sourds dans ma famille et je les ai vu trop souvent, dans des conversations où leurs interlocuteurs réalisaient que la personne en face d’eux avait du mal à les entendre, se faire sortir de la conversation parfois de manière à peine polie, parce que faire un effort pour parler distinctement et en face de la personne, c’est trop dur. La personne est alors réduite à être une sourde, qui n’a d’autre identité que sa surdité, qui agace les autres. Peu importe si la dite sourde avait quelque chose à apporter à la conversation, un point de vue à partager ou autre.

      Quand on te réduit à ton handicap, ta couleur de peau, ton origine, ton sexe, tu finis par subir invariablement tous les préjugés et clichés qui vont avec cette identité restreinte à un seul aspect de ta personne. C’est juste insupportable à la longue.

      Alors on peut ne pas être d’accord, pas de souci. Mais juste, est-il possible de se mettre un peu à la place des autres ? Quand des gens se plaignent collectivement de quelque chose, c’est souvent que la chose en question pose problème. Ecouter leur point de vue c’est déjà la moindre des choses. Après, on est d’accord ou pas, c’est l’opinion de chacun.

      Du coup, je rebondis sur Run, qui parle des réactions à la mort de Missandei. Je n’ai pas abordé ce sujet ici parce que personnellement, je trouvais que sa mort avait du sens dans ce que D&D essayaient de faire autour de la chute de Daenerys, en l’isolant petit à petit, d’abord avec Jorah, puis Rhaegal et enfin Missandei. Et comme Dany a une armée d’affranchis recrutés là où les esclaves ont la peau noire, la couleur de Missandei n’était pas, pour moi, un élément qui avait été même inconsciemment, un critère pour choisir de la faire mourir, qui plus est enchainée. J’y voyais plus une tragédie personnelle pour elle que de partir ainsi, et son dracarys était bien un cri de guerre en réaction au traitement qu’elle recevait. Missandei avait été de plus prise en otage pour sa valeur de conseillère de la reine.
      Du coup, je n’ai pas fait allusion au caractère potentiellement problématique de la scène, même si au moment où je l’ai vu, je me suis dit que ça avait du faire réagir.

      Le fait est que je n’ai pas été gênée par cette scène d’une femme noire enchainée se faisant exécuter parce que…. Je ne suis pas une femme noire. Alors je ne dis pas que toutes les femmes noires sont obligées de se sentir gênées par la scène, je dis simplement que je n’ai pas le vécu d’une personne de couleur. Je ne vis pas d’agression ou de micro agression en raison de ma couleur de peau (à laquelle on me réduit, pour en revenir à ce que je disais plus haut). Je n’ai pas une histoire locale, régionale, un récit de mes origines mettant en scène mes ancêtres déportés et réduits en esclavage. Je n’ai pas cette expérience-là.
      Du coup, je ne lis pas cette scène au travers de ce prisme et elle ne me dérange pas quand je la regarde. Par contre, je me doute bien que d’autres ont pu faire cette lecture et se sentir mal à l’aise devant la scène.
      Je conçois parfaitement que l’on puisse aussi considérer, vu le discours ouvertement xénophobe de Cersei aux nobles du Bief en saison 7, qu’elle voit Missandei comme une étrangère méprisable, ce qui ajoute beaucoup à la violence de cette scène.
      Le fait que je n’ai pas été heurtée par le caractère raciste du passage ne veut pas dire qu’il n’a pas pu être perçu ainsi par d’autres. Et il est, à mon avis, intéressant d’écouter ces avis là aussi, pour avoir un éclairage nouveau sur une situation qui d’entrée de jeu, ne m’avait pas parue plus problématique que cela. Cette lecture de la scène était d’ailleurs intéressante, parce qu’elle ouvrait à d’autres sensibilités et d’autres grilles de lecture que je ne vois pas forcément, n’ayant justement pas l’expérience ou les clés pour identifier ces éléments problématiques pour d’autres.

      Pour répondre à Sheena maintenant, en effet, le final de la saison 3 en avait gêné beaucoup parce qu’il était une sorte d’illustration du concept du white savior, l’Occidental qui sauve le monde, avec une Daenerys qui vient apporter l’abolition de l’esclavage aux gens d’Essos qui le pratiquent.
      Je pense que l’effet était un peu voulu, du moins que dans l’esprit de Martin, il y a une notion de critique de ce concept justement, en mettant Daenerys dans une situation de blocage générée par sa volonté de sauver les esclaves en imposant sa pensée et sa philosophie au forceps. Si je me souviens bien, mais il faudrait que je recreuse cette question et malheureusement, là, c’est pas possiP, c’était de la part de Martin une réflexion sur l’interventionnisme américain.
      Sauf que dans la série est diffusée, les gens qui la voient le savent pas comment va évoluer le projet de Daenerys pour la Baie aux Serfs et n’ont donc pas forcément le recul suffisant pour voir l’ironie de la scène. La saison 6, avec le plan miroir de Jon submergé par les soldats dans la bataille des bâtards, nous dira pourtant 3 ans plus tard que ce plan de Daenerys dans la masse des anciens esclaves évoquait cette même idée de submersion, d’enfermement, de nasse qu’elle se créée elle-même et dont elle va devoir s’extraire.
      La scène illustrait donc ce concept de white savior et les gens l’avait bien lue comme telle sans savoir qu’en réalité, il y avait derrière une volonté de l’interroger.

      Sur la question de la misogynie, clairement oui, la série l’est. Dans ses premières saisons, il est presque aberrant de voir qu’elle fait coexister des personnages féminins interrogeant leur condition et leur place dans la société et des scènes qui ne servent clairement qu’à flatter les fantasmes sans souci de discours ou de critique.
      La manière dont la prostitution est abordée dans la série se fait très clairement par le prisme du fantasme. Elle n’interroge pas la réalité de cette profession, ses coulisses sordides, préférant présenter les filles comme avenantes, jeunes, souvent en plein travail. Nombreuses sont les scènes où le sexe est utilisé de manière totalement gratuite : en vrac, je pense à celle où Littlefinger explique tout son plan machiavélique à Ros en train de doigter sa camarade, ou à l’arrivée d’Oberyn et Ellaria à Port Réal. La première est très difficilement défendable, la seconde, on m’objectera que les Dorniens étaient plus libres de mœurs, c’était approprié. Sauf que… On a plein de manières autres de montrer cela, d’introduire deux personnages autrement que par leurs préférences sexuelles lourdement mises en scène, moins dans un but de construction que de racolage facile.

      Je trouve édifiant qu’aujourd’hui encore, quand on veut décrire la série à une personne qui ne l’a jamais vue, la sainte Trinité qui est souvent évoquée, est « morts, sexe, dragons ». Alors que le côté sexe gratuit a été considérablement diminué au fil du temps, et c’est tant mieux. Cela montre bien, à mon avis, à quel point la gratuité du sexe (citée afin d’inciter les autres à regarder la série) est un élément qui était bel et bien là pour flatter les bas instincts du public et pas pour raconter quelque chose sur une société médiévale fantastique.

      Sur le cosmopolitisme médiéval, je ne suis pas spécialiste, donc je ne me risquerai pas trop sur ce terrain. Dans les livres de Martin non plus ceci dit, il n’y a pas foule de personnages noirs sur Westeros. Il y a bien Jalabhar Xho, le courtisan/prince en exil/parasite du Donjon Rouge qui traine ses guêtres tout au long des livres et qui est absent de la série. Mais dans le même temps, la série a fait de Salladhor Saan, un Lysien, un personnage noir. Donc bon…

      Enfin, sur l’idée selon laquelle les gens projetteraient trop de leurs questionnements contemporains sur une série supposée se dérouler dans un univers médiévalisant : comme le dit Llu, la série est écrite de nos jours, par des auteurs contemporains. Qu’elle ait pour décor une société médiévale répondant à des codes qui ne sont pas de notre temps est une chose. Que la série se repose là-dessus pour faire passer tout et n’importe quoi en est une autre.
      Aucune œuvre, qu’elle soit réaliste, SF, fantasy j’en passe, n’interroge fondamentalement autre chose que notre époque. Placer le cadre d’une intrigue dans un décor étranger dans le temps et ou dans l’espace permet d’étudier ledit cadre, de l’analyser, de le critiquer aussi, mais à la lumière de quoi sinon de notre temps ?
      C’est par exemple trop commode de dire qu’au Moyen Âge il y avait des bordels, donc qu’on va en mettre dans la série parce que c’est réaliste et en profiter pour y mettre en scène des jeunes et jolies femmes que l’on va complaisamment représenter dans l’exercice de leur profession avec une décomplexion voyeuriste qui n’est là que pour flatter les instincts du spectateur du XXIe siècle qui serait sans doute fort perturbé dans ses fantasmes s’il découvrait que les prostituées, dans la vraie vie, n’étaient pas forcément jeunes, loin de là, pas forcément jolies, loin de là aussi, qu’elles collectionnaient les infections, maladies et autres joyeusetés, devaient affronter les lourdes conséquences psychologiques de leur métier consistant à mettre son corps à disposition du client, quel qu’il soit, pour son plaisir à lui, au mépris de ses envies, de ses goûts, de ses douleurs, qu’elles étaient souvent sous l’emprise de leur maquereau et ne pouvaient donc pas quitter si aisément leur poste quand elles n’en pouvaient plus. Je passe les avortements, les enfants qu’il fallait abandonner, ceux qui naissaient et grandissaient dans les bordels, en particulier les filles qui souvent devenaient prostituées à leur tour…

      Le cadre historique et ses réalités sont bien là pour être interrogés, et cette interrogation ne peut se faire qu’au travers du prisme de l’auteur, qui est celui de son époque, de ses sensibilités à lui. Quand le cadre n’est utilisé que comme vecteur de fantasmes, cela peut conduire à véhiculer aussi certains clichés que l’on peine encore de nos jours à déconstruire et donc entrer en collision avec d’autres façons de voir les choses.
      Cela me ramène à la façon dont on fait parler de son viol à Sansa, le décrivant comme une expérience nécessaire à l’accomplir en tant que femme. Si malheureusement beaucoup voient encore le pénis comme une baguette magique servant à calmer une femme acariâtre ou à faire grandir la jeune fille (et j’en passe), cette manière de voir les choses est aujourd’hui éculée pour d’autres, très nombreux aussi.

      1. c’est quand même dommage que tu ne réagisses qu’aux miens propos qui ne te plaisent pas et pas aux propos gentils tout plein que je fait aussi (à toi et à ton boulot).

  22. Tout d’abord, un grand merci my lady pour votre incroyable travail autour de cette série. Vos billets ont été pour moi utiles, nécessaires et indispensables pour une lecture exhaustive des épisodes et notamment à travers vos « point chiffon » si riches ! Alors encore une fois MERCI.
    Ce dernier épisode bien que souffrant de raccourcis et d’accélérations quelque peu indigestes, me sied quant à sa finalité somme toute assez logique. Le destin des enfants Stark est à l’image de ce qu’is souhaitaient en saison 1, mis à part Bran. Cependant comme vous l’avez souligné, qui mieux que lui pour monter sur le trône et assurer la paix du Royaume ?
    La mort de Daenerys était-elle très belle, et la scène avec Drogon une des plus sublimes de la série. Je pensais à vous en la regardant… Tout comme Tyrion retrouvant son frère et sa sœur dans les ruines du donjon. Quelle merveille cette image de Jamie et Cersei enlacés comme dans le ventre de leur mère. Naître ensemble, mourir ensemble, Tout mon être était broyé d’émotions devant tant de beauté.
    Jon repartant au nord du mur avec Tormund et Fantôme, en mode les jolies colonies de vacances, enfin il kif pépère !
    Sansa the queen in the North ! Enfin ! Frissons de plaisir, cœur dans les yeux, étoiles plein la tête !!
    Arya l’exploratrice, avec Lacarte et Babouche, ode à la liberté et l’émancipation des femmes. Elle s’offre un destin choisi et non un destin d’épouse et mère que sa naissance engendrait.
    Enfin, Tyrion que je redoutais de voir mourir, accède a la place où la brillance de son intellect pourra s’exprimer. Je fais entièrement confiance au duo Bran/Tyrion pour gérer Westeros dans l’intérêt du peuple.
    Bref, je suis ravie et soulager du destin des personnages lors de cet ultime épisode. Cependant, c’est le reproche principal que j’ai entendu autour de moi. GoT nous avait habitués à des rebondissements, or, il n’y en eut aucun et c’est très logiquement que s’est conclue la série. Pour moi, c’est un plus. D’autres auraient préféré une bad end, plus à l’image de GoT.
    Pour conclure, je dirai que cette série m’a bouleversée, il y aura un avant et un après. Et vous la Dame m’avez aidée à l’appréhender sous un autre angle. Je ne regarderai plus jamais les séries et les films de la même manière grâce à vous. Thank you La Dame !

  23. Bonsoir chère dame,
    Ceci est mon premier commentaire.

    Je vous remercie pour vos textes souvent très justes et toujours agréables à lire. Par ailleurs team Sansa oblige, l’extase n’était jamais loin quand ce personnage était évoqué ici. Je n’arrive pas à en vouloir à D&D pour les lacunes de ce dernier épisode tant ils m’ont fait plaisir en couronnant notre little dove.
    Une collègue m’avait fait découvrir ce blog et nos semaines étaient entrecoupées de « Alors, elle l’a sorti ou pas encore? » « Va donc lire le billet de la dame! » « Ah super ! Les transports en commun seront un plaisir ce soir ».
    Alors, merci 🙂

  24. Très chère Dame.

    Merci pour toutes ces reviews d’épisodes, ces blagues qui nous ont suivi plusieurs saisons (tasoeurlareine, Dagobert), ces points chiffons, ces fantastiques analyses.

    Je n’ai pas grand-chose à ajouter à ce billet, vous avez très bien résumé ma pensée pour toute cette saison… quel dommage qu’elle ait du tenir en quelques épisodes, sans avoir le temps de déployer tous ses enjeux. On a oublié que Daenerys penchait dangereusement ? Plus de conseillers (logique jusque là, elle a besoin de gens pour la canaliser), elle va mal se coiffer et on va faire des plans à la discours de Nuremberg. La situation politique de Westeros ? Ressortez Tobias Menzies et mettez ce cosplay d’Oberyn à ce jeune homme qui ressemble vaguement à Oscar Isaac, on va leur faire dire des blagues et ce sera plié. Non vraiment, il aurait fallu une demi-saison au moins pour gérer la crise politique westrienne…

    Je relirai tous ces billets avec grand intérêt dans les années à venir, c’est sûr ! Je vais rester dans les parages, en attendant la sortie de la série inspirée de Tolkien, dont je suis sûre de trouver des commentaires ici ! (Elle sera probablement sur la fin du Deuxième Âge, et j’ai déjà fait le casting dans ma tête. Et imaginé une version alternative qui est une sitcom sur le séjour de Sauron à Numenor.)

    Au plaisir de vous relire, plein de câlins de remerciement pour toutes ces analyses de qualité !

  25. Un grand merci pour tous vos articles, que je suis depuis quelques saisons ! Ca a toujours été un plaisir de retrouver votre analyse, vos petites blagues, votre sélection de memes, votre réecriture de dialogues et vos points chiffons.

    A propos de points chiffons, est-ce que vous pensez écrire encore quelques analyses par personnage, comme vous l’avez fait pour Sansa, Daenerys et Cersei, en reprenant leur évolution ? Par exemple sur des personnages comme Margery, Missandei, Varys, Joffrey, Tyrion ou Jaime.
    Et petite question aussi : j’ai lu votre reprise des costumes de Sansa et je n’ai rien vu sur ses 2 colliers ronds à chaîne : j’espérais avoir votre interprétation sur leur signification ! (Ce qu’ils représentent, le passage de l’un à l’autre…Est-ce que par exemple vous voyez une aiguille dans le bout pointu du collier ?)

    Merci beaucoup !

    1. J’avais rédigé un article faisant suite aux Point Chiffon consacrés à Sansa au sujet de ses bijoux dans la série, mais je n’ai pas trouvé le temps d’en faire un texte satisfaisant. J’espère m’y remettre cet été. Je ne comptais pas y aborder les collier « volant de Twingo », parce que j’y avais déjà consacré pas mal de temps dans les articles sur les épisodes.
      Concernant ce bijou, c’est bien une aiguille que représente la pendeloque, confirmée par Michele Clapton. L’idée de ce design très particulier vient d’un collier qu’elle porte elle-même depuis de nombreuses années :

      Sur les autres personnages, j’ai commencé à bafouiller au sujet de Joffrey, possible que ça débouche sur un article. Et Tyrion mériterait également le sien !

  26. Je n’ai jamais beaucoup commenté, mais j’ai toujours lu avec intérêt. Merci pour ces billets, pour votre engagement année après année. C’est avec plaisir que je repasserai ici de temps en temps.

  27. Un Homme as vue cette vidéo , et as pensé qu’Une Dame serait intéressée .

    Un Homme vous conseille de faire attention au volume .

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