La Jument Pâle

Disclaimer ! Annonce ! Oyez, oyez !

Un prince nous est n… Non mince, c’est pas la bonne fiche, je la refais… Donc, oui, voilà, hop. Je l’ai déjà annoncé dans le premier billet de cette saison, mais je le redis à nouveau : je ne serai pas en mesure de publier l’ultime billet sur Game of Thrones la semaine prochaine. Il faudra attendre celle d’après.

« Bonjour Madame la Dame. Par la présente, nous vous signifions votre participation à un super voyage scolaire dans la non moins super province de Dorne ! Cordialement, bisous, L’Education Nationale. »

Je suis en effet expédiée le 19 mai au soir à Dorne, par voie de bus, avec 30 ados, aka 30 Sauvageons, pour une semaine entière. J’espère un peu pouvoir attraper du wifi pour au moins, visionner l’épisode, mais sincèrement, j’en doute. Entre le fait que je ne serai jamais vraiment seule et la fatigue d’avoir à courir après les dits Sauvageons toute la journée dans Lancehélion, il ne faut pas se leurrer, ça va être charrette.

Donc le prochain billet sera publié ici dans la semaine du 27 mai, dans les délais habituels, c’est à dire comptez sur une publication le mercredi, ou le jeudi (puisque cela sera une semaine très chargée niveau professionnel pour moi, en plus).

Après, il parait que je serai chez des gens extrêmement skillés question apéro. Je n’aurai PATOU perdu.

Croyez bien que je suis la première à être navrée de cette situation, ronger mon frein pendant une semaine entière, ce n’est pas vraiment la fin que j’avais imaginé, mais c’est ainsi. J’espère vous retrouver quand même nombreux sur cet ultime billet consacré à la série, parce que j’aimerais que l’on puisse tous se dire au-revoir et/ou à bientôt dignement. S’il y a un truc que ces presque 10 ans de billets m’ont apporté, c’est bien vous. Alors mayrde, on va pas se séparer, même si ce n’est que momentané, comme des malpropres.

2e disclaimer !

Le prince se nomme Arch…. C’est un tel BORDEL dans mes fiches ! Donc deuxième chose : merci.

Merci parce que d’ordinaire, un billet sur Game of Thrones ici génère une moyenne de 35-40 commentaires, ce qui est déjà beaucoup. Et si en publiant la semaine dernière ce texte long comme un jour sans pain, je me doutais un peu que ça allait réagir, je ne m’imaginais pas ça. Au dernier décompte, nous en sommes à 123 commentaires. Et comme toujours ici, que des interventions de qualité. Merci à vous d’avoir pris du temps pour commenter cet épisode, que vous soyez des habitués ou des nouveaux de la section.

Trêve de disclaimer et commençons direct par une brique dans la tête : cet épisode est fabuleux.

Sans déconner, je l’ai vraiment beaucoup aimé. L’atmosphère générale, la manière dont  Sapochnik développe son récit, les performances des acteurs dont je ne parle jamais d’ordinaire (Emilia <3<3<3<3, Lena <3<3<3<3), la beauté glacée des images, cette apocalypse dans laquelle on tombe sans pouvoir se rattraper à rien…

Du sacré bon travail.

A un détail près.

Celui de sentir, à chaque instant, combien « WOOOO PUTAIN, D, ON EST TROP A LA BOURRE, PRENDS CE CHAUSSE-PIED ET ENFONCE TOUT §§§ »

Et clairement, c’est là que le bât blesse, avec une écriture d’épisode qui cavale, ses intrigues qui ne retombent sur leurs pieds que parce qu’on est en fin de série et que l’effet de clôture des arcs apporte satisfaction quand clairement, il manque plusieurs heures à Game of Thrones pour rendre justice à ses personnages et à leurs intrigues.

« Save Marthaaaaaaa !!! »

Mon Dieu, qu’est-ce qu’il se serait passé si Varys avait eu Twitter ? L’épisode ouvre avec l’Araignée rédigeant un petit courrier, sans doute pas le premier et surtout pas le dernier, révélant l’ascendance de Jon, certainement à destination de toute la noblesse de Westeros. Bim, direct, la haute trahison.

Entre Martha, une employée des cuisines et membre du réseau des Nouveau Petits Oiseaux, le NPO, les originaux bossant pour Qyburn à l’heure où on se parle.

Martha, elle va nous faire plaisir parce qu’elle va lancer, surprise, le premier Point Chiffon du billet.

Si le petit oiseau ne vous est pas inconnu, c’est parce que la petite fille en question est apparue dans l’épisode 3, avec Varys dans les cryptes. Elle fait donc partie de son réseau depuis au moins cette période, peut-être même plus longtemps encore.

Et détail qui me plait chez elle :

Désolée pour la pourritude de cette capture, j’ai fait de mon mieux, parole…

Martha se coiffe comme Daenerys, avec le même type d’entrelacs de tresses. Son costume rappelle des formes vues à Winterfell, ce qui pourrait nous dire que Martha est du Nord. Si elle porte déjà ce vêtement dans les cryptes de Winterfell, on peut aussi faire un rapprochement entre cette forme croisée sur la poitrine et le costume gris et rouge de Daenerys porté dans l’épisode précédent.

On constate une intention similaire dans la coupe mais aussi dans les textures utilisées, ici très certaine de la laine. Martha est une employé des cuisines, elle n’a pas les moyens de se payer des vêtements en fourrure comme sa reine. Elle n’a pas non plus les moyens de se payer les services d’une coiffeuse, ce qui explique sa coiffure très brouillonne, à mille lieux des entrelacs savants qu’arbore d’ordinaire Daenerys.

Je fais si tôt ce Point Chiffon parce que cet effet d’imitation de la noblesse chez le commun sera répété une autre fois, de manière significative dans l’épisode. Ce n’est évidemment pas un hasard. C’est un moyen pour Michele Clapton de mettre en application son principe de la spirale, une théorie qui explique la manière dont les styles de la haute société descendent progressivement vers le bas de l’échelle.

Dans cet épisode précis, cela sert aussi de discours sur la façon dont les agissements des puissants impactent les plus faible qu’eux. Martha, comme l’autre personnage dont je parlerai plus tard, sont marquées par leurs dirigeantes, marquées dans le sens que les actes de ces deux femmes ont des conséquenecs directes, parfois tragiques, sur leurs existences. Elles sont littéralement à leur merci, sans pouvoir.

C’était

Bon, elle est sympa, cette petite Marth… Eh toi, gamine, reviens ici, s’il te plait. Si je comprends bien, tu es la bonniche au service de Varys qu’il utilise pour se renseigner sur l’état de la reine parce que c’est toi qui lui amène ses plateaux repas ? Donc ton job consiste à la fois à donner à manger à la reine et à faire ton rapport à Varys qui s’inquiète pour elle, ce qui me semble être une situation plutôt normale ? J’ai bon jusque-là ?

Alors pourquoi tu as peur des Immaculés ? Pourquoi dis-tu à Varys que tu as peur de leur regard ? C’est quoi l’embrouille ? Y’a quoi dans la salade boulghour maïs que tu apportes à Daenerys ?

Croyez-le, croyez-le pas, mais j’ai réalisé en me brossant les dents le lendemain matin que Varys était en train d’essayer d’empoisonner la reine. 24 heures pour que ça monte au cerveau.

Après, c’est pas bien de ma faute parce que la série passe totalement cette tentative de régicide sous silence, alors que c’est de loin le crime le plus grave que commet Varys dans cet épisode. Et que ce n’est d’ailleurs jamais que la deuxième fois dans sa vie que l’Araignée tente d’empoisonner Daenerys.

Il est possible que le reste des personnages l’ait ignoré. Après tout, la divulgation du secret de Jon est une trahison suffisamment grave pour justifier sa mise à mort et il semble très clair que Daenerys ne refuse pas de manger parce qu’elle craint qu’on l’empoisonne, mais bien parce qu’elle est en plein deuil. C’est con ça d’ailleurs, quitte à mettre en scène sa folie de manière honnête, les auteurs auraient pu imaginer une scène où elle refuse de manger parce qu’elle a peur pour sa vie, ce qui aurait fait en plus un parallèle avec son père.

Un petit détour rapide par la bande originale : Ramin Djawadi sera cette semaine un artisan essentiel de la construction de la Mad Queen. Je reviendrai plus tard sur ce que je pense de cet aspect de l’épisode et je vais me contenter de signaler qu’au moment où dans cette première scène, Varys et Martha commencent à évoquer Daenerys, c’est le thème personnel de cette dernière qui commence à être joué, de façon torturée, plaintive, comme il le sera d’autres fois durant cet épsiode. C’est déjà une technique que Djawadi avait utilisée durant le second mariage de Sansa, où le thème « I am hers, she’s mine » résonnait dans le bois sacré, comme une version cauchemardesque de lui-même.

De la même manière ici, le détournement du thème de Daenerys permet de faire entrer dans la tête du public qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark.

En attendant que son plan fonctionne, Varys courre sur la plage pour y retrouver son BFF, son One True King, son champion à lui, son étoile du matin, le beurre sur ses biscottes, j’ai nommé Jon Snow.

«-Bonjour Varys, comment va Tatie ? Je veux dire, notre bonne reine ?

Comme un lundi. Vous avez déjà vu « Vol au-dessus d’un nid de coucou » ?

Pas que je m’en souvienne, non…

-« Shutter Island » ? Un décor qui n’est pas sans rappeler le nôtre, d’ailleurs.

J’ai du mal à vous suivre.

Jon… L’heure est ultra grave : la reine ne s’est pas peignée depuis trois jours.

OHMONDIEU§§§

Le royaume a besoin d’un souverain qui se respecte capillairement, Jon.

Mais qui alors ? Sansa est toujours très bien coiffée…

Je pensais plus à une personne qui aurait parcouru un long chemin de la touffe en goguette au man bun parfait. Si tu vois ce que je veux dire.

Arya ?

– ??? Ah oui, c’est vrai, vous avez carrément eu le même parcours cheveux tous les deux. Nan mais du coup, je pensais plus à vous quoi. Le man bun, le respect du cheveu, toussa.

Ça me gêne. C’est un peu de la traitrise mêlée de trahison, votre truc.

Tu dis ça parce que tu n’as pas vu l’état de capillariat… »

Bon, Varys est encore en train de pleurer sur le fait que Daenerys se soit décidée, après avoir vu toutes les autres stratégies échouer, à prendre d’assaut Port Réal. Et il n’y a toujours personne qui semble disposé à lui proposer une autre solution pour en finir avec cette guerre une bonne fois pour toute sans faire trop de casse ? Alors que plus tard dans l’épisode, une solution possible nous sera négligemment jetée au visage ?

Nan, on va plutôt ressortir la bonne vieille histoire des dieux qui jette une pièce à chaque fois que nait un Targaryen, de toute façon, on a décidé qu’on allait en faire une folle, qu’elle allait péter une durite, alors pourquoi s’emmerder à écrire des personnages de conseillers essayant de faire leur boulot ? Y’a plus le temps les gens, y’a plus le temps !!!

Et d’où Varys, qui ne connait quasi pas Jon Snow, affirme-t-il que sa pièce à lui est tombée du bon côté ? Déjà parce que Varys n’est pas le meilleur juge de caractère qu’il soit. Le mec s’est tout de même engagé aux côtés de Daenerys, sachant tout son pedigree, en mode « notre Messie qui nous sauvera tous ! » avant de se rétracter parce que le dit Messie était pitet, à la réflexion, un peu trop nerveux. A d’autres. Comme si Varys ne savait pas ce qu’elle avait fait à Astapor ou Meereen.

Tout ce sur quoi Varys se base pour affirmer à Jon que Daenerys est un peu frappée du bulbe, c’est le fait qu’elle ressente des émotions quand le projet de sa vie se dérobe sous ses pieds et que ses amis meurent. Et qu’elle veuille mettre en œuvre une manœuvre militaire certes brutale, mais sensée.

L’antre du dragon.

Y’a pas à dire, Miguel Sapochnik sait gérer les ambiances comme personne dans cette série. La confrontation de Tyrion avec Daenerys est préparée en amont, par la première scène de Varys. Elle nous apprenait alors que la reine ne quittait plus ses appartements et ne mangeait plus. Dany n’apparait pas durant ces premières minutes d’épisode mais elle est le sujet de toutes les conversations.

Daenerys est comme un fauve, recluse dans son antre, dans laquelle Tyrion pénètre prudemment, par un couloir creusé dans la roche et qui évoque assez fortement une caverne. Le plan où il apparait, cadré devant le dragon sculpté au mur, nous dit alors ce que le reste de l’épisode ne cessera de démontrer : Daenerys est le symbole de sa maison, et ce de manière assez littérale.

C’est un dragon blessé qui refuse de s’alimenter mais dont on se méfie de la fureur.

Même son aspect physique, décoiffée, les yeux lourdement cernés, vêtue de quelque chose de très lâche (une de ses tenues habituelle, sans la veste longue), est un choc pour le public. Jamais Daenerys n’avait paru aussi au bout d’elle-même depuis la mort de Drogo.

Daenerys est une femme qui contrôle énormément son apparence. Elle favorise les lignes claires, les looks structurés. La voir ainsi dans un amas de tissus et de cheveux libres a quelque chose d’infiniment triste.

Elle qui doit encore faire face aux deuils de Jorah et Missandei vient de comprendre qu’on l’a trahie, exactement comme elle s’y attendait, avec les conséquences auxquelles elle s’attendait.

Il faut donc en finir avec Varys, que Tyrion utilise comme diversion pour sauver les fesses de Jon. Et parce que c’est acté les gens, Dany est foldingo, Ramin, sois gentil mon lapin et remets-y un coup de son thème perso mais joué de façon torturée, histoire qu’on voit qu’elle est en train de perdre la boule, quand elle condamne son conseiller.

On retombe ici les deux pieds joints dans ce qui ne va pas dans le traitement de Daenerys depuis l’épisode précédent. Tout est utilisé pour montrer qu’elle glisse vers une part très sombre d’elle-même, tout y compris ce qu’elle dit ou fait de parfaitement sensé. Faute de temps, les auteurs font clairement feu de tout bois, n’ayant pas de place pour insérer un arc qui manque au développement de Daenerys.

Elle n’a pas d’autres choix que d’arrêter et d’exécuter Varys parce que, crois-le, crois-le pas, le mec est un train de twitter à la planète entière que sa reine n’est pas légitime et qu’il faut la remplacer par Jon Snow.

Qu’est-ce-qu’elle  était supposée faire d’autre ? Le convoquer, régler ça autour d’un Martini, l’embrasser sur les deux joues et le renvoyer dans ses appartements avec une tape sur les fesses, sans rancune, petit filou ?

Et si Tyrion peut venir plaider les bonnes intentions pour sa part, n’ayant en effet largement merdé que sur le fait qu’il n’a pas été en parler avec elle immédiatement, pour Varys, les choses sont nettement moins claires.

Encore une merveilleuse façon de faire passer Daenerys pour dérangée quand elle ne fait que ce qu’il faut malheureusement faire. Et ici, qu’on ne vienne pas me parler d’exil comme solution plus douce, parce qu’en matière de légitimité et de succession, mieux vaut ne pas plaisanter. Un conspirateur de la trempe de Varys, ça s’élimine. Ça ne s’éloigne pas. Il finirait toujours par revenir.

Mais Varys est notre Cassandre du jour pour D&D. Le mec espère mériter d’être brûlé vif pour avoir trahi sa reine. Qui l’avait prévenu, la saison dernière, que ça lui pendait au nez. On aimerait dire que l’Araignée tisse une dernière fois sa toile sur Tyrion, mais le sort de Daenerys en est jeté. Même une décision rationnelle de sa part est traitée au travers du prisme d’une instabilité mentale qu’on lui a découverte cette saison parce qu’elle s’est retrouvée face à des murs, des illusions brisées et le deuil. Avant que ça ne s’exite dans les commentaires, rappel : que Daenerys sombre, ça me va. Qu’on le fasse de cette manière me pose problème. Et l’exécution de Varys est un exemple de la manière dont la série précipite, par manque de temps, l’idée d’une instabilité mentale. Jon est alors utilisé, à la fin de cette scène, pour forcer notre regard dans l’idée que quelque chose ne va pas avoir ce qu’il vient de se produire. Un choix pour le moins singulier.

Ainsi, alors qu’elle exécute un traitre dans le plus pur style de sa famille, le visage fermé, blessée, en colère, déçue, elle se fait juger du regard par Jon, qui semble effaré de voir des gens en exécuter d’autres parce qu’ils ont commis une trahison.

Jon, dont la première scène est lui en train de regarder son père exécuter un déserteur de la Garde de Nuit. Mais d’un coup, non, brrr, les exécutions, j’aime pas trop ça.

Janos Slynt ? Olly ? Ser Alliser Thorne ? Ça te rappelle quelqu’un ?

C’est le mode opératoire qui te choque ? C’est une Targaryen. Ca a toujours été son truc à elle, le feu. Je veux bien que tu sois dérangé par la scène, mais de là à jeter un regard de « hmmm cette femme est un peu bizarre quand même » à Daenerys, je pense qu’il y a une marge, franchie par D&D qui vont saisir toute occasion pour justifier le twist des cloches plus tard.

Ou alors c’est vieil adage de Ned « The man who passes the sentence should swing the sword”? Minou, c’est exactement ce que fait Dany. Drogon et elle sont une seule et même personne. C’est clair comme de l’eau de roche depuis la saison dernière, au moins.

Dans un épisode où Daenerys est totalement assimilée au dragon, le plan de l’arrivée de Drogon dans le champ est juste sublime. Dans la série, les dragons ont toujours été davantage traités comme des extensions de la khaleesi plus que comme des créatures à part entière. Et cette fois encore, la manière dont Drogon arrive est là pour renforcer l’idée que Daenerys et lui ne font qu’un. Dans la nuit, sa tenue rouge et noir se fond avec la robe du dragon.

Varys quitte donc la série en héros, en ayant été sur son dernier job un bien piètre conseiller je dois dire. La mise en scène de cet épisode étant quand même ‘achement belle, la mort de l’Araignée n’y fait pas exception. On se souvient que Mélisandre avait prophétisé sa mort et que l’homme était notoirement assez peu à l’aise en présence du clergé le R’hllor qui avait un peu le don de lui coller les miquettes. Du coup j’avoue que la lente sortie des ténèbres de Drogon m’a aussi fait frissonner car the night is dark, and full of terrors.

Plus tard, dans ses appartements, Daenerys remet à Ver Gris le collier de Missandei, « son unique possession quand elle a traversé le Détroit ». Dany, oh, je sais que tu es toute fofolle dans ta tête, mais tu en racontes de sacrées conneries : Missandei avait des kilos de vêtements neufs quand elle vivait à Meereen. Et vu que c’était une femme libre, j’imagine qu’ils lui appartenaient ?

Ok, ça aurait été moins dramatique de montrer Daenerys filer à Ver Gris trois tonnes de fringues à mettre au feu, mais bon, vous avez saisi l’idée…

En brûlant de collier de Missandei Ver Gris nous rappelles les derniers paroles de cette dernière : « Dracarys ». Et une fois encore, Ramin Djawadi est avec nous pour nous rappeler que ça déconne sévère dans les têtes du clan Targaryen, avec  une version assez dark de « I’m sorry for today », le thème de Missandei et Ver Gris.

Sur les entrefaites, un Jon Snow un brin inquiet se présente devant la reine :

«-Bonsooooooiiiir….

Je te l’avais dit, ou je te l’avais pas dit…

Beh oui m…

JE TE L’AVAIS DIT, OU JE TE L’AVAIS PAS DIT ???

Oui Madame Dragon… »

Merci, MERCI Daenerys d’expliquer un peu la vie à Jon. Parce qu’il n’y avait que lui pour se dire « oh, bah si, ça va bien se passer !! »

Accuser Sansa de la mort de Varys, c’était en revanche un peu gratuit. Encore que… Se méfiant de Daenerys et ayant révélé un secret pouvant la menacer, Sansa hypothéquait clairement les chances de survie d’au moins trois personnes : Tyrion, Jon et elle-même. Le premier parce qu’il était dépositaire du secret et que tout dépendait alors de sa façon de l’utiliser, le deuxième parce qu’il est le secret, et la troisième parce que Sansa a clairement joué avec le feu depuis l’arrivée de Daenerys à Winterfell et ceci est un jeu de mot parfaitement assumé. Dany ayant fondu un fusible maintenant, je serais elle, les prochains sur mon tableau sont précisément ces trois-là.

Notez un détail : les cheveux de Daenerys ne sont pas tout à fait aussi net que de coutume. Ses tresses ont un côté plus négligé. Cela peut continuer de souligner son état mental, elle est mal peignée = elle est folle, mais de façon plus littérale, cela nous relie à nouveau à Missandei. Il est probable que c’était elle qui faisait ses cheveux tous les jours. Quelqu’un a du ici prendre la suite et maîtrise visiblement moins bien la chevelure de la reine.

Approximativement coiffée, Daenerys explique alors à Jon que personne ne l’aime, que c’est pas juste, qu’elle aime pas bien quand elle fait peur aux gens, le tout avec son visage cadré dans les flammes, si tu vois ce que je veux dire…

L’ambivalence peur/amour au cœur de leur échange est on le sent, un nouveau déchirement pour Daenerys. Elle qui aspirait à ce retour au foyer, ne récolte guère que de la méfiance en Westeros. A mille lieues de l’adoration qu’elle a pu inspirer en Essos.

Sansa avait une réflexion similaire dans les livres : “I will remember, Your Grace, » said Sansa, though she had always heard that love was a surer route to the people’s loyalty than fear. If I am ever a queen, I’ll make them love me.”

Et Daenerys a été habituée à ce type de dévotion. Elle ne recevait de haine en Essos que venant de ses ennemis et a tendance à penser qu’une certaine forme d’amour lui est due, en sa qualité de libératrice. C’est ce qui l’a perdue avec Miri Maaz Duur, qu’elle avait soustraite aux viols, trop tard, espérant de la reconnaissance de sa part.

Sa manière d’incarner le pouvoir par la suite aura plongé ses sujets dans une forme de révérence admirative et dévouée, dont la crainte n’était toutefois pas absente. Les Meereenois se rendant dans sa salle d’audience ne s’y montraient jamais à l’aise, impressionnés, apeurés par leur reine, les toisant du haut de son trône, lui même installé en haut d’une pyramide.

Daenerys n’est pas de ces reines proches de leurs peuples, mais elle s’attend à ce que ce dernier lui témoigne de la reconnaissance. Et le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’en a reçu aucune depuis son arrivée en Westeros. Sa première véritable expérience de ses sujets ayant débuté au Nord, rien n’a pu chez elle la rassurer sur le fait que la greffe finirait par prendre. Les seigneurs de Winterfell ont une conception plus horizontale du pouvoir qui passe mal avec celle verticale de Daenerys et plus généralement du Trône de Fer.

La précédente visite royale se passe relativement bien parce que Robert et Ned étaient amis. Mais la hiérarchie et le sens de la royauté totale des Lannisters produit déjà des grincements dans les engrenages à Winterfell en saison 1. On se souvient, après l’accolade de Robert, d’une Cersei pleine de morgue venant vers Ned pour lui faire embrasser sa bague.

Daenerys a une idée de son statut similaire et dans le Nord, sans des liens d’amitié profond, avec pour seule recommandation celle d’être une étrangère fille d’un roi plus que contestable et responsable de grands malheurs dans la famille de leurs dirigeants bien aimés, il ne fallait pas s’étonner que cela coince.

Une Daenerys qui aurait commencé son expérience de Westeros en s’emparant directement du trône de fer pour diriger les Sept Couronnes n’aurait sans doute pas souffert autant de ce désamour. Isolée dans sa tour d’ivoire, elle aurait pu appliquer, sans rupture, cette conception verticale du pouvoir et aurait été moins affectée, parce qu’elle y aurait été moins confrontée, par les hésitations populaires (d’autant que la population de Port Réal est connue pour être versatile).

La saison dernière, elle rejetait la recommandation d’Olenna de régner par la peur et le titre de reine des cendres allant avec. Tristement, c’est pourtant Olenna qui avait raison, quand elle lui disait de devenir le dragon. Mamie Tyrell ayant elle-même été un buisson de rose toute sa vie, elle savait parfaitement de quoi elle parlait.

Mais l’amour est ce qui manque le plus à Daenerys. Quand il devient clair pour elle qu’elle est en train de perdre Jon, que celui-ci a préféré sa loyauté envers sa famille plutôt que son amour pour elle, bim, le département coiffure-maquillage nous la renvoie à un style qu’on lui a connu au moment de la mort de Drogo. La part de l’amour de Jon, si elle est moins brutale, n’en est pas moins dure, d’autant qu’il lui laisse espérer, jusque dans cette dernière scène qu’il y a pour eux une possibilité d’avenir. J’en veux un peu à ce Jon supposé être le personnage le plus franc de la série, de ne pas lui dire à ce moment les choses en face. Il semble encore hésiter entre son amour pour elle et l’inceste. Mais a aucun moment il ne verbalise son tourment, ce qui la laisse dans cet état d’incertitude qui la ronge. S’en est presque surprenant de la part de Jon, alors que depuis la nuit du banquet, il sait que lui et Daenerys n’ont pas la même perception de l’inceste. Pour quelqu’un de si attaché à dire la vérité, il semble un peu étonnant qu’il ne puisse pas, même si en parler lui en coûte certainement (il n’est pas difficile de s’imaginer le choc que cela a été pour lui…), simplement expliquer sa position à Daenerys.

Rien de garanti que cela la soulagerait un peu, mais au moins, les choses seraient claires et sans ambiguïtés entre eux.

Or ici, il la laisse penser qu’un avenir est possible, mais ne cesse de la décevoir en la repoussant, bien malgré lui.

Sans amour, sans amis, sans l’affection de ses sujets, Daenerys ne peut se résoudre qu’à régner par la peur, une option qu’elle n’avait jamais envisagé et qui lui coûte.

C’est pour elle la fin d’une autre illusion mais aussi la prise de conscience de son échec en Westeros. Elle qui pensait que son retour était attendu, elle qui se figurait Westeros aux mains de dirigeants indignes, réalise que sa seule légitimité ne suffit pas à faire d’elle une figure digne d’admiration.

Et pire, son aide contre le Roi de la Nuit, qui n’a eu aucune portée hors de Winterfell, n’a pas non plus été reconnue à sa juste valeur dans le Nord.

Daenerys doit réaliser que sa manière de gouverner, d’incarner son pouvoir, a toujours été source de crainte chez les autres. Mais qu’en Westeros, sa position de conquérante ne la recommande pas comme celle de la Briseuse de Chaînes pouvait le faire en Essos, contre-balançant son autoritarisme et sa brutalité.  

Le peuple se fiche d’elle. Ne la voit pas comme une libératrice car elle n’en est pas une. Personne ne l’attend, personne ne l’espère. Elle n’est qu’un rayon de la roue, que la fille d’Aerys, qu’une Targaryen de plus. Elle ou Cersei au pouvoir, cela ne changera fondamentalement rien dans la vie de ces gens. Rien à part d’avoir désormais la menace du feudragon au-dessus de la tête.

La salle du trône.

«-Les Port Réalais sont comme les Meereenois ! Ils sont un peu cons, un peu sales, mais dans le fond, ils ont de très beaux culs !

COMMENT OSES-TU ???

Private joke de la saison dernière, mille excuses. Ce que je voulais dire, c’est que les Port Réalais sont comme des Meereenois ! De gentils petits sujets tout mignons ! Ok, ils ont plébiscité la mort de Ned, acclamé Joffrey, démembré vivant le Grand Septon, agoni d’injures et maculé d’excrément masoeurlareine, mais ils gagnent à être connus !

Mouais… Ton vibrant plaidoyer n’émeut guère LE DRAGON. Qui se charge de te rappeler que le Meereenois, eux se sont révoltés à mon arrivée pour prendre la cité eux-mêmes. Genre, ils me kiffaient, eux.

Non mais les Port Réalais, ils sont bâillonnés par la peur que leur inspire Cersei qui n’aime pas bien la contestation, la sédition etc…

Les esclaves de Meereen ont brisé des siècles de conditionnement social et bravé la peur que leur inspirait leurs maîtres pour se révolter et je devrais comparer leur attitude à celle de 500 000 citoyens libres blasés qui n’en ont strictement rien à carrer de qui pose ses miches sur le trône du moment que la gamelle est pleine ? Il serait pas un peu contre-productif ton argument ? Qui m’a reboot mon conseiller super intelligent, le « cadeau » qui s’est offert à moi à Meereen ?

M’enfin ???

Je vais prendre cette ville with fire and blood parce que c’est mon style personnel et que c’est toujours comme ça que j’ai fait avant et personne n’est jamais venu se plaindre.

Parce qu’il n’y avait plus personne pour venir le faire…

Ça te défrise, bourgeois ?

Beh… Je… Oui ? »

Oui, mais Tyrion n’a toujours aucun plan B à proposer. L’idée de faire le siège de Port Réal est tombée à l’eau avec la destruction d’une grande partie de la flotte de Daenerys et la mort de Rhaegal, et ce, même si l’épisode nous montre qu’en fait, si, ça va, les scorpions c’est pas une menace très très menaçante, tout bien considéré (il faut juste savoir comment les prendre).

Du coup, au risque de me répéter, le plan de Daenerys n’est pas aberrant. Clairement peu Charlie, mais cohérent. Seule la force brute a été efficace contre les armées de Cersei jusque maintenant.

Et si ce choix dérange Tyrion, lui n’a toujours rien de concret à lui proposer. Pourquoi du reste lui ferait-elle confiance sur la tactique à employer ? Il a  toujours été avec elle un assez piètre conseiller militaire.

Chose qui est un peu normale. Tyrion se retrouve en position d’envahir et de soumettre son propre pays, de faire tuer sa soeur. Il a passé une saison entière à protéger Port Réal et ses habitants d’une invasion de Stannis, ce qui rend plus qu’amer pour lui ce retour du côté du conquérant. Avec le temps, Tyrion a tissé des liens affectifs avec ces lieux et ses habitants. Daenerys elle, n’en a aucun. D’autant moins qu’elle n’a pas reçu l’adoration ou même la reconnaissance, l’intérêt auquel elle s’attendait et à laquelle Essos l’avait habituée. Résultat, les dommages collatéraux, elle s’en tamponne l’oreille avec une babouche. La ville tombera, et le trône sera sien. Point.

Alors ouais, c’est duraille, entendons-nous là-dessus. Daenerys a fini par embrasser les recommandations de mamie Olenna. Ce sera la peur, le feu, le sang, toussa. En fait exactement comme d’habitude mais sans reconnaissance à la fin.

Tyrion en est réduit à l’impuissance et à la culpabilité de se retrouver dans ce camp qui s’apprête à détruire sans état d’âme ceux qu’ils s’était évertué de protéger, ainsi que sa soeur.

Et en parlant de fratrie, voilà qu’il apprend que son frère vient de faire défection à la coallition pour rejoindre Cersei. C’est un ultime revers pour le Lutin, qui s’était porté garant de son frère à Winterfell, après s’être porté garant de sa soeur quand cette dernière leur avait promis des troupes. Si les frères Lannister ont une faiblesse, c’est pour leur famille. Et cet épisode nous expliquant assez clairement qu’il y a des choses auxquelles on ne peut échapper, ce qui va se produire par la suite, aussi risqué que cela paraisse, tombe sous le sens.

J’ai un faible tout particulier pour le dernier plan de Daenerys dans cette scène, parce que c’est sans doute le seul moment où l’on voit de la confusion chez elle. Son regard erre un peu, tandis que le thème « Trü LØv » débute, de manière torturée, once more. Sauf que là, ça produit l’effet recherché, à savoir souligner la confusion de Dany et les prémices de son effondrement. J’aime aussi particulièrement le fait que la lueur des flammes recouvre peu à peu son visage et que le plan suivant nous montre des habitants des Terre de la Couronne se refugiant dans Port Réal…

Le camp du DRAGON.

Pour Tyrion, c’est le pire scénario possible qui se profile. Demain, la ville va tomber, par le feu et le sang. Sa soeur et son frère ne verront pas un autre jour se lever. Dans un geste désespéré, il se raccroche alors à ce qui lui reste. Jaime aura été la relation la plus stable et la plus saine de sa vie. Son frère l’a toujours aimé pour lui-même, tel qu’il était. Il lui est impossible de ne pas lui venir en aide, impossible de ne pas lui rendre tout ce qu’il aura fait pour lui au cours de sa vie.

Après avoir entrainer ser Davos, qui n’avait rien demandé qu’à faire des trucs de vieux tranquille dans un acte de trahison caractérisé qui pourrait lui valoir un bon vieux dracarys des familles entre les gencives, Tyrion se dit qu’il est temps d’aller mettre d’autres personnes dans l’embarras en demandant aux Immaculés qui gardent son frère de décarrer.

Ce qu’ils font vu qu’ils sont clairement les pires Immaculés du régiment, non mais sans déconner, les mecs… C’est la SEGPA ici ou bien ? On relit jamais les consignes ?

« Ouais, viens Puceron Putride, Monsieur Tyrion nous a dit qu’on pouvait aller jouer à PoGo ! »

Ceux qui n’ont pas pleuré devant le dernier face à face entre de Tyrion et Jaime, levez la main. Au milieu de mes larmes, j’ai tout de même trouvé l’énergie de lever un sourcil en entendant Jaime déclarer ne s’être jamais soucié de la population de Port Réal. Bah oh, bichon, si quand même, un peu, non ? La fois où tu as tué le roi Aerys, si tu te souviens, c’était un peu pour leur sauver la mise, ou je me trompe ? En tout cas, c’est ce que tu as toujours raconté, à Robert, à Brienne à Qyburn… Tu n’as tout de même pas rompu ton serment et supporté le titre de Régicide pour 500 000 âmes dont tu te fous cordialement ?

Mais passons sur ce sursaut d’égoïsme purement Lannisterien pour en revenir au plan de Tyrion, qui compte sur son frère pour convaincre Cersei de fuir avec leur enfant, vers les cités libres, en empruntant les passages secrets sous le Donj…

Wooooooowwww….. Attend un peu, Tyrion, attend un peu… Qu’est-ce que je viens d’entendre ? Les souterrains qui mènent à l’intérieur du Donjon Rouge ?

Que tu comptes utiliser pour exfiltrer Cersei ?

Est-ce-que, le prend surtout pas mal, hein, tu pouvais pas juste mentionner leur existence à ta reine quand vous en étiez à faire des plans de bataille ? Du style : « On fait semblant on fait la bagarre dehors pendant qu’on infiltre des mecs en douce par les dits tunnels pour aller faire prisonnière Cersei, comme ça hop, c’est fini ! »

Alors oui, c’est Tyrion et Tyrion ne peut rien faire susceptible de nuire à sa sœur. Les Lannisters, comme les Starks, se protègent mutuellement, même si au contraire des Starks, ils dépensent souvent beaucoup d’énergie à se claquer le museau. Mais clairement, Tyrion n’aurait que très difficilement pu échafauder un plan capable de faire ainsi tomber Cersei dans les rêts de Daenerys.

Mais Varys ?

Le Spiderman de Sept Couronnes ?

Le mec qui connait tous les passages secrets du donjon comme si c’était lui qui les avaient dessinés ? Pas moyen de, je sais pas, suggérer l’idée ? De proposer une approche plus fourbe, mais potentiellement très efficace aussi ?

A minima, ça se tentait, ça se proposait. D’autant plus qu’il ne semblait pas si difficile de faire entrer des gens dans la ville, ce ne sont pas moins qu’Arya Stark, Sandor Clegane et Jaime Lannister qui y ont pénétré au nez et à la barbe de tous. Alors faire passer en scred un commando d’intervention, ça ne me semblait pas tout à faire hors sujet.

Beware, beware, the daughter of the storm.

La bataille décisive est donc là et elle se livrera à Port Réal, siège du pouvoir, écrin du Trône de Fer. Les troupes de la reine Daenerys font face à la porte, défiées par la PUISSANTE Compagnie Dorée, c’est sympa d’être venu les gars. Les cieux sont encore calmes mais chacun sait qu’à tout instant peut se déchainer sur la cité la fureur du dragon.

Du coup, parfaitement logique, des milliers de gens cherchent à entrer dans Port Réal, qui va potentiellement être envahie, mise à sac et subir pas mal de destruction par le feu, because, le dragon toussa…

Est-ce que je dois vraiment avoir pitié pour tous ces gens qui se sont sciemment jetés dans la gueule du loup quand clairement, la bonne strat, c’était de se tirer dans l’autre sens, se planquer dans le Bois du Roi que sais-je encore ?

Miguel Sapochnik et Ramin Djawadi ont pris le parti de reprendre les éléments de l’avant bataille utilisés dans « The Long Night ». Le premier en enchainant les plans sur les différents protagonistes, tendus dans l’attente, en s’attardant sur les éléments stratégiques, les scorpions, les cloches, le seconde en réutilisé sa montée de cordes stridentes, ici en binôme avec une variation du motif « Dracarys« , pour instaurer la tension. Une tension qui dans « The Long Night » culminait avec l’arrivée de la vague des morts vivants déferlant sur les rangs des Immaculés. Ici, on peut d’ors et déjà voir le renversement que l’épisode va opérer de façon plus radicale encore quelques minutes plus tard. Nous sommes renvoyés à la Longue Nuit et à ces personnages attendant l’arrivée de l’armée des morts. Ici, ce sont des soldats Lannister, attendant fébrilement l’apparition d’une créature aussi fantastique que le Roi de la Nuit, un dragon. Le monstre, la terreur, sont dans le camp de Daenerys désormais, et cette ouverture de bataille le pose de manière très claire, en jouant avec la tension, mais aussi avec des schémas narratifs mis en place deux épisodes plus tôt.

Sapochnik s’attarde comme à son habitude sur les visages, les gestes du quotidien qui prennent un sens nouveau dans le contexte qui leur est donné : un enfant jouant avec une petite….voiture, okay, un homme qui fait rentrer sa famille dans leur maison, une femme qui referme ses volets, un soldat qui aiguille les gens vers l’abri le plus proche…

Et là dedans, Arya et Le Limier, dans une marche implacable, qui fondent vers le Donjon Rouge.

Daenerys arrive donc comme un Stuka pour affronter la terriiiiiible flotte des Fer-Nés et leurs terriiiiiiiiibles scorpions mortels équipés de traits à têtes chercheuses et les défonce, les doigts dans le nez, un bras dans le dos. Alors ok, elle nous fait là une superbe démonstration de vol, rien à dire sur le sens du placement pour rester le moins possible à portée de tir des balistes, mais quand même, je me dis que les mecs, quand ils ont écrits tout le merdier avec les scorpions depuis la saison 7, ils ont un peu mal dosé l’efficacité de leur arme.

Première apparition : dans la cave, un trait défonce la gueule de ce pauvre Balerion qui n’avait rien demandé à personne.

Deuxième apparition : Bronn, avec de la cendre plein les yeux, met un pruneau dans le poitrail de Drogon à son premier essai et avec une seule baliste.

Troisième apparition : Euron met trois traits dans Rhaegal, alors qu’ils sont derrière une île, ce qui implique que les projectiles sont tellement cheatés qu’ils savent faire des virages. Puis Daenerys leur fonce dessus mais se ravise parce que c’est tout de même hyper dangereux vu qu’il y a une vingtaine de bateaux et autant de balistes et que ça en fait, des traits.

Quatrième apparition : 500 et quelques scorpions meurent dans d’atroces souffrances en 3 minutes.

Tu vois pas le souci de dosage ?

Après c’est logique aussi. Si, je m’apprête à défendre cette scène et même pas j’ai peur. C’est la 3e fois que Dany est confrontée à cette arme et il faut considérer que ce coup-ci, contrairement aux deux premières, elle s’attend à en trouver. Elle a donc eu le temps de réfléchir à un moyen de les éviter. D’où sa manière d’arriver avec le soleil dans le dos, de voler, alternant rase-motte et brusques changements de cap, afin de neutraliser les tirs.

Ce qui donne un sentiment d’incohérence à cette scène, c’est justement ce souci de dosage évoqué plus haut. A chaque fois que les dragons se sont retrouvés face aux balistes, elles ont au minimum marqué un point. Et au pire, les dragons ont perdu. Du coup, tout le monde a un peu en tête cette idée que les scorpions représentent une menace de premier plan pour les dragons. Aussi, quand Daenerys se retrouve dans la position de pouvoir anticiper leur présence et d’adapter sa tactique, cela semble un peu facile.

Parce que ça l’est un peu aussi, on va pas se le cacher. Mais peut-être pas aussi incohérent qu’on pourrait le penser au départ.

Ah ben tiens, puisqu’on parle de dosage :

«Oui, la Compagniiiie Doraaaaayyyyy, très très bons soldaaaats, grosse réputation, vachement impressionnaaaaaants, les éléphaaaaaaants, la doruuuuure, le prestiiiiige, les plus chers de tout Essooooooos ! »

Moi aussi, mon petit Paisselande, moi aussi…

Là j’avoue, ce teasing des enfers du néant profond qui part de Cersei prenant Hautjardin d’assaut pour piller le grenier et la banque, utiliser l’argent pour calmer la Banque de Fer et refaire un prêt pour s’acheter #LesMeilleursMercenairesDeTousLesTemps, mais déjà, si j’avais été Cersei, quand les mecs sont arrivés sans éléphants, je me serais méfiée. C’est un peu comme si tu commandais une pizza Quatre Saisons et qu’ils avaient oublié les légumes. Il te reste la pâte, la tomate et la mozza, mais c’est pas sérieux. Tu peux pas faire confiance à un pizzaiolo qui oublie les légumes sur une Quatre Saisons => tu peux pas faire confiance à des mercenaires qui oublient leurs éléphants.

A leur décharge, les pauvres chats, un grand stratéguerre a eu l’idée de génie de les mettre dehors, ce qui n’a aucun sens, vu qu’il suffisait de se mettre dans les murs et de fermer la porte et boum, crois-le, crois-le pas, les armées de Daenerys restaient de l’autre côté. A l’instant T, à par pour échanger des regards suaves avec Ver Gris, tu n’as rien à faire dehors Harry.

Au lieu de servir d’adversaire de premier plan, comme la série l’annonçait la Compagnie Dorée est utilisé de manière plus surprenante comme illustration de la toute puissance du feu dragon. Nous avons sous les yeux une armée nombreuse, portée aux nues, une force menaçante annoncée comme un atout majeur dans la manche de Cersei mais qui se retrouve totalement impuissante face à Daenerys. Le pouvoir de la reine dragon est total, implacable, terrible. Si l’on avait montré la même scène avec, je sais pas, les armées Lannister par exemple, l’impact en aurait été diminué.

Pour le coup, le dosage ici est parfait, dans le sens où même si la Compagnie Dorée aura été inutile sur le champs de bataille, elle sert la narration, cherchant à nous montrer l’effrayant pouvoir de Daenerys, réduisant en cendres tout ce qui lui barre la route.

A noter, durant les premières minutes de bataille, quand Daenerys détruit la flotte d’Euron et les balistes des remparts, que Ramin Djawadi nous sert la version la plus sinistre jamais entendu du thème de la reine.

Quand la coalition du Nord et des armées Targaryen entre dans la cité, c’est une ville assommée qui les accueille. Dans un affrontement muet, Jon tente de dire aux Lannisters en face de lui, avec ses yeux de cocker qu’il faut déposer les armes, ce que les Bretons finissent par faire, apportant une première détente. Et le temps se suspend dans l’espoir que sonnent les cloches qui marqueront la victoire totale de Daenerys sur Cersei. Leur face à face muet est une scène splendide. La tension est à la limite du soutenable et lorsque les premières cloches sonnent, c’est un soulagement indicible qui nous envahi. Le soupir de Jon est le notre et tout retombe, d’un coup. La victoire est là, le destin de Daenerys s’est accomp….

Oh wait…

Il ne faut pas chercher d’explication rationnelle ou logique à ce brusque déferlement de rage chez Daenerys. Alors qu’elle vient de remporter la victoire suprême, tout d’un coup, cette reddition, c’est le coup de grâce, quelque chose cède et c’est la folie berserk. Pas de sens profond à chercher, on bascule en un instant dans la folie meurtrière la plus absolue, la plus injustifiée. Victoire trop facile, succès qui ne peut contrebalancer la somme des souffrances vécues pour en arriver jusque-là, tout se mèle et c’est l’explosion, les idéaux qui se craquèlent et Daenerys devient la Reine des Cendres, la mort incarnée, qui s’en va réduire en cendres un peuple qui pour elle, se réduit soudain à des fourmis ingrates indignes de sa compassion.

Daenerys achève l’œuvre de son père, accomplit son destin, prophétisé chez les Non-Mourants et par la vision de Bran, en incendiant Port-Réal.

La scène est carrément sublime dans son horreur. Le moment du basculement est sans doute une des meilleures performances d’Emilia Clarke à ce jour, laquelle Clarke a été dans cette saison, impériale. Et je le dis d’autant plus volontiers que je n’ai pas été la dernière pour critiquer son jeu les saisons passées.

Après ce dernier plan sur son visage, Dany ne sera plus jamais montrée que par ce qu’elle devient, un dragon, avatar du feu et de la mort.

Son père, quelques instants avant sa mort, prévoyait lui-même de renaître des flammes sous la forme d’un dragon. Disons que Daenerys aura mis quelques années avant d’en devenir un elle-même, mais cette fois, ça y est, la transformation est achevée. Et devinez qui roxx totalement cette évolution ?

J’avoue, cet épisode était un des plus beaux « pay off » chiffonesque de toute la série. Vous savez, ce sentiment de satisfaction quand quelque chose a été construit pierre à pierre et que soudain, vous faites face à l’édifice et tout fait sens…

Alors qu’elle incendie Port Réal chevauchant Drogon, Daenerys n’est quasiment jamais montrée. Le but de la manœuvre est bien de l’identifier à sa monture, de faire en sortie visuellement qu’elle est le dragon ne fassent plus qu’un. C’était le moment parfait pour atteindre ce point-là, ce moment où Daenerys conquière enfin son héritage. Et peu importe la manière dont cette conquête est amenée, elle ne sera pas adressée ici. Dans cette partie, je n’évoquerai que son costume, cet incroyable costume qui se suffit à lui-même et n’a presque pas besoin que j’écrive mille mots à son sujet.

Quand la tenue apparait réellement dans toute sa splendeur la première fois, c’est lorsque Daenerys et Drogon se posent sur le rempart, dans l’attente des volées de cloche. Daenerys apparait seule à l’écran, dans cette posture semi couchée qu’elle adopte sur son dragon. On entend les grondements de Drogon, sans le voir. Ainsi, le son du dragon et la posture de la reine lui confère une étrange aura, comme si c’était elle, le monstre (spoiler alert !).

Mais ce qui renforce aussi cette impression, c’est le vêtement qu’elle porte.

Sur la dernière image, on constate combien cette tenue lui permet de se fondre sur Drogon. Ils sont de la même couleur, semblent fait du même matériau.

Alors que Daenerys portait jusqu’ici des broderies ou motifs évoquant les écailles de dragon, jamais ne l’a-t-on vue avec quelque chose d’aussi littéral. Le dessin sur le tissu est ici une réplique assez fidèle des écailles de Drogon.

Grande première aussi pour elle, l’utilisation d’un tissu moiré. J’en suis presque tombée de mon siège. Daenerys a toujours favorisé les tissus épais, les couleurs solides. Ce tissu-là tranche radicalement avec ce qu’elle toujours porté. Les couleurs, or sombre et rouge, se rejoignent sur un brun foncé presque noir, évoquant toute la palette de la robe de Drogon. Son entrelac de tresses émule la crête de sa monture, achevant la transformation complète.

Reprenant la traditionnelle silhouette du dragon, ce costume parvient à être un habit de transformation totale plus encore que le manteau blanc de la saison dernière qui poussait pourtant loin l’idée. Ici, Daenerys est à peine encore humaine, elle fusionne avec Drogon, avec sa nature profonde de dragon. L’étoffe a un rendu presque organique, comme si elle était faite de la peau d’un reptile, d’apparence humide.

Sa couleur changeante peut aussi refléter l’instabilité de Daenerys en cet instant, se muant en quelque chose de différent, tapi au fond d’elle et qui ne demandait qu’un éclairage particulier pour se révéler.

C’est le pinacle du travail de Michel Clapton sur le personnage.

« Boy, that escalated quickly… »

Juste parce que, comme j’ai revu la selection recommandée d’épisodes peu de temps avant la saison 8, j’avais le souvenir d’un échange fort intéressant entre Varys et Tyrion juste avant la Bataille de la Néra, qui pourrait presque passer pour du foreshadowing et qui contient également la confirmation que Varys connait parfaitement les tunnels sous Port Réal mais qu’il ne semble pas proposer à Dany un plan dans lequel on pourrait s’en servir.

Presque du foreshadowing cette scène, parce que juste avant, voici ce que dit ser Davos en entendant résonner les cloches.

Donc soit, à ce stade, D&D savent déjà qu’ils vont faire le coup des cloches dans leur final et la remarque de Varys préfigure les évènements de cette semaine mais ils se sont merdé en faisant dire à Davos que les cloches n’annoncent jamais la capitulation, soit la réplique de Varys était juste destinée à être caustique, et celle de Davos pragmatique, auquel cas c’est en écrivant l’épisode de cette semaine qu’ils se sont un peu pris les pieds dans la tapi de la continuité.

Mais comme une volée de cloches, c’est assez classe et ça a fait admirablemnt bien le job cette semaine, on va essayer de ne pas penser à tout ça et passer à la suite.

Mon souci principal concernant le traitement de Daenerys dans cet épisode repose essentiellement sur les évidentes carences d’écriture générées par la trop grande précipitation avec laquelle D&D souhaitent finir leur série.

Que le scénario de la folie de Daenerys soit joué, bien, sur le papier, pas de souci, surtout quand on voit le résultat visuel à l’écran, mais qu’est ce que c’était beau, bon sang. Que le scénario de la folie de Daenerys soit à ce point précipité au point de n’avoir aucune cohérence, là, ça me pose de sérieux soucis.

D&D avaient besoin de construire ce tournant chez le personnage. Parce que son instabilité mentale n’a jamais été adressée directement par la série. On lui a agité le spectre de la folie de son père sous le nez à de nombreuses reprises, mais elle-même n’a jamais montré de signes de problèmes mentaux (or, pour faire ce qu’elle a fait dans cet épisode, surtout venant d’elle, il faut avoir perdu les pédales).

Parce que non, on ne peut pas parler de problèmes mentaux s’agissant de Daenerys. Elle est autoritaire, impitoyable, parfois jusqu’à la cruauté (Mirri Maz Duur, Doreah et Xaro Xhaon Daxos s’en souviennent), possède une conception absolutiste du pouvoir, a une vision quasi divine de sa personne royale, ce qui forme une collection de postures que l’on peut transposer sur une palanquée de dirigeants au cours de l’histoire.

On peut ainsi ne pas aimer cette approche, contester sa manière d’incarner le pouvoir et l’autorité, mais en faire une manifestation de folie, cela me semble exagéré.

Pour que l’on accepte l’idée de sa folie, il aurait fallu préparer le terrain de manière concrète, afin que cette apparition de la Mad Queen fasse un minimum de sens pour tout le public. Mais en 6 épisodes, il ne restait pas assez de temps pour aborder ce glissement, que D&D ont donc dû forcer.

Ainsi, c’est une paresse d’écriture confondante qui nous informe que Daenerys serait entrain de devenir folle. Des personnages parlent de son état mental, s’en inquiètent, évoquent cette folie, jettent des regards inquiets. Mais les indices eux-mêmes, sont absents.

Être ébranlée par la perte, la déception, se sentir irrémédiablement seule ce n’est pas être fou. Pourtant, c’est cette détresse que les auteurs ont choisi de nous faire passer pour des symptômes d’instabilité chez elle. Une détresse qui pouvait évidemment servir de point de départ à ce basculement, mais qui ne se suffit pas à elle seule.

Durant tous les épisodes où sa folie est traitée, Daenerys ne fait pourtant que prendre des décisions dans la droite ligne de ce qu’elle a toujours fait, des décisions qui sont du reste parfaitement sensées et logiques.

Prendre d’assaut Port Réal est une décision logique chez un personnage qui a tendance à favoriser les stratégies les plus frontales et qui a vu, de plus, son instinct validé par l’échec des tactiques les plus pondérées proposées par Tyrion. Dans la guerre qui l’oppose à Cersei, la seule fois où Dany a été victorieuse, c’est quand elle s’est faite confiance pour se lancer dans la mêlée en fondant sur la coalition Lannister/Tarly. J’ai déjà eu l’occasion de le dire dans le billet précédent mais les réserves de Varys et Tyrion, si elles sont compréhensibles, cessent d’avoir du sens quand on voit le premier foncer vers une lecture des choix de sa reine comme le symptôme d’une instabilité mentale.

Paniquer quand Jon annonce à Daenerys qu’il va tout dire à ses soeurs est également une réaction parfaitement naturelle. Dany sait que cette vérité peut être cataclysmique pour elle. Jon étant Jon, il ne peut garder le secret pour lui, mais quand Daenerys lui dit qu’il risque de tout détruire s’il parle, c’est elle qui a raison.

Exécuter Varys, une décision que la série sanctionne lourdement comme une marque de sa chute vers la démence, n’est là encore qu’une conclusion logique aux manigances de son conseiller.

Varys ne se contente pas d’être porteur d’une vérité qui pourrait faire destituer celle qu’il a juré de servir. Il la diffuse. Et par-dessus le marché, il se rend coupable d’un crime bien plus grand encore puisqu’il tente de la faire assassiner.

Nous sommes ici face à un crime d’état qui ne peut être sanctionné que d’une seule manière. Daenerys n’en est pas à sa première mise à mort pour trahison et celle-ci se justifie totalement. Que l’épisode tente de faire passer ici Varys pour une victime est dans la droite ligne de la manipulation mise en place par D&D pour faire passer Daenerys pour folle.

Quant à sa menace à l’encontre de Tyrion dans la salle du trône, là encore, elle est parfaitement à sa place. Son conseiller s’est porté garant pour Jaime. Et finalement, ce dernier révèle vouloir retourner dans le camp adverse. C’est la deuxième fois que Tyrion se trompe lourdement concernant sa famille. Daenerys lui accorde alors une ultime chance, ce qui est assez généreux en les circonstances. Tyrion ne s’est non seulement pas rendu indispensable auprès de sa reine, mais il a enchaîné les erreurs. Et le fait d’avoir gardé pour lui et Varys le secret de Jon sans même en parler à Daenerys était déjà suffisant pour le faire mettre aux fers, a minima.

En fait, si les auteurs de l’épisode avaient voulu montrer la montée de la folie chez Daenerys, la faire sombrer dans la paranoïa et arrêter tout le monde avant l’assaut final aurait pour le coup été un prémice plus crédible.

Tous ces faits ne sont en réalité symptomatiques que de la manière dont Daenerys a toujours incarné le pouvoir. Ses décisions continuent d’être rationnelles, elle ne bascule même pas dans des excès de violence particuliers, ne prend pas de décision allant à l’encontre du bon sens.

Si on peut en avoir l’impression, c’est parce que la série nous pousse dans cette direction. En rendant ses conseillers suspicieux, en faisant jouer son thème de manière torturé pour donner le sentiment d’instabilité, en écrivant des lignes de dialogues questionnant sa santé mentale.

Il y a un net décalage entre ce que la série montre et qu’elle veut que l’on voit. Et ce décalage n’est pas conçu pour être un commentaire sur, par exemple, comment Daenerys pourrait se retrouver victime des préjugés contre elle, la faute à son altérité, son style, son ascendance et les manigances bien placées de personnes souhaitant l’écarter du pouvoir.

Ce qui aurait pu être une manière subtile de présenter sa chute n’a plus lieu d’être lorsque D&D choisissent de lui faire péter les plombs, la faisant commettre un acte atroce, qui n’est pas non sensique en lui-même, mais le devient parce qu’il a été bricolé en amont. Parce que ce qui mène à lui est une manipulation destinée à forcer l’idée dans nos esprits que Dany est folle. La mise en œuvre de ce changement chez elle est artificielle, faisant de l’apparition de la Mad Queen un twist expéditif.

Que l’on aille dans cette direction, pas de problème. Mais que l’on construise Daenerys comme une adversaire, un ennemi à abattre. Qu’on donne à un personnage développé sur 7 saisons le temps de sombrer, de manière cohérente, sans que cela soit forcé par des artifices.

Et je me permets de revenir sur ce terrain qui a tant dérangé la semaine dernière, mais j’ai un problème avec l’idée qu’on nous dépeigne avec tant de complaisance une figure de femme traversant une période de deuil, de déception, de doute et de peine en assimilant cet état aux prémices de la folie. C’est au mieux une maladresse née de la nécessité de rusher vers la conclusion, au pire, une validation inconsciente de la part des auteurs que les émotions des femmes sont dangereuses et doivent être contenues. On le sait, un homme qui exprime ses émotions avec force a du caractère. Une femme qui en fait de même est une hystérique.

D&D se reposent donc mollement sur un vieux cliché sexiste pour expliquer le basculement de Daenerys : si on vous dit qu’une femme est folle, beh c’est vrai. Bitches are crazy.

Et ça, c’est vraiment, vraiment médiocre.

Je déplore d’autant plus ce traitement sexiste, bâclé et forcé de Daenerys que la mise en scène du dragon, dans cet épisode, auquel elle est totalement identifié, était d’une terrible splendeur. Ce déchaînement de force brute, de feu et de sang, ce cataclysme de rage, tout cela fonctionnait à l’écran, d’autant mieux que tout au long de l’épisode, Daenerys est assimilée à la créature mythologique qui sert d’emblème à sa maison. Visuellement, tout fonctionne très bien.

Dommage que cette scène ne soit pas venue couronner une plongée progressive dans la folie, mais plutôt une facilité scénaristique permettant de faire rapidement de Daenerys le dernier ennemi à abattre.

Et pourtant, D&D ne manquaient pas de temps. On sait tous maintenant qu’HBO leur a offert la possibilité de poursuivre pour quelques saisons de plus. On sait aussi qu’on leur a mis sur la table la possibilité de partir en changeant de showrunners à la série. Ils ont refusé ces offres en bloc et déclaré pourvoir finir leur histoire en 13 épisodes étalés sur deux saisons.

La compression de l’intrigue est la résultante de leur choix de se débarrasser du bébé.

Ainsi, nous n’avons pas là une série contrainte de précipiter sa fin pour cause d’annulation, comme « Rome » ou même interrompue avant sa conclusion, comme « Deadwood », mais bien une série qui s’auto-saborde en souhaitant en finir au plus vite.

Et, si j’en crois les échanges que j’ai pu avoir à ce sujet, une partie du public considère que le traitement réservé à Daenerys dans cet épisode est mauvais, ce n’est pas parce que cette partie du public n’a pas compris la mise en place faite par la série. « Fire and Blood », tout le monde l’avait retenu, les visions de l’Hôtel des Non-Mourants et de Bran, tout le monde les a vues. Sauf les spectateurs plus casu, tout le monde sait comment est Daenerys, quels sont ses défauts et ses qualités.

Ce qui pose fondamentalement problème, ce n’est pas l’incompréhension du personnage ou l’ignorance du foreshadowing la concernant. Ce qui pose problème, c’est que cette évolution a été précipitée, hâtée, au point de ne pas faire grand sens à ce stade du développement du personnage.

Ver Gris.

Les Immaculés sont d’une indéfectible loyauté envers leur libératrice et Ver Gris incarne cela à la perfection. Face au revirement de Daenerys, il décide donc de suivre le mouvement et de commettre un massacre dans le total irrespect de la convention de Genève, dont il se bat royalement les steaks.

Pourquoi Ver Gris se soucierait-il du reste de cette population westrienne qui ne l’a accueilli qu’avec mépris et rejet, quand il a sacrifié pour eux la moitié de ses hommes ? Et perdu la femme qu’il aime.

Il réfléchirait deux secondes, il se dirait qu’il serait sans doute temps de questionner son engagement auprès de Daenerys qui bafoue un peu tout ce en quoi il croyait jusqu’alors, mais bon, hein, D&D ont dit c’est la folie, alors zou.

La décision de Ver Gris de s’en prendre à des soldats désarmés souffre évidemment du même problème de fond que l’entrée de Daenerys dans la folie. Le général des Immaculés n’a toutefois guère de choix, sa reine ayant décidé de poursuivre le combat sur des gens qui viennent de se rendre, ce qui n’excuse pas l’évident cœur qu’il met à l’ouvrage. Et autant, je comprends que la perte de Missandei joue pour bonne partie dans sa réaction, autant je pense aussi qu’il aurait, comme Daenerys, gagné à davantage de développement pour que l’on n’en arrive pas à ce point où l’on est quand même un peu surpris par son geste.

Détail très signifiant : quand Ver Gris tue le capitaine Lannister, les premiers à se jeter sur les Bretons sont les hommes du Nord, qui ne se posent pas une seconde la question de « quoi ? Une reddition ? « . Ils y vont, bille en tête, et Jon ne tente de retenir que ceux directement derrière lui. Les autres, ont foncé, tête baissée. Ce détail en dit long, parce qu’il implique bien que ce moment est celui du basculement non plus dans la folie, mais bien ici, dans les pires tréfonds de l’humanité et nul n’en est à l’abri : ni un Immaculé, ni un Nordien.

Port Réal.

Il était je pense, essentiel de donner à Miguel Sapochnik « The Bells », après lui avoir fait réaliser « The Long Night ». Si le premier était un long cauchemar nocturne, cet épisode 5 n’est que trop réel et référence assez explicitement des scènes de destruction dans les grands conflits du XXe et XXIe siècle. Port Réal devient l’écho de massacres de masse perpétrés dans notre histoire. Le contraste avec la bataille contre l’Hiver est violent. Le jour s’oppose à la nuit, en révélant toute l’horreur, l’obscurité dissimulant l’indicible. Les flots de mort-vivants irréels par leur ampleur jurent avec la panique des mouvements de foule désordonnés.

Durant la Longue Nuit, c’est un chef calme, presque serein, hiératique, qui conduisait ses troupes. A Port Réal, c’est la fureur du dragon qui se déchaine dans toute sa démesure.

Si l’on met de côté ce problème concernant le développement de Dany, on ne peut que constater combien l’épisode est extrêmement satisfaisant, construisant une tension presque aussi insoutenable que durant « The Long Night », générant un sentiment d’horreur et d’impuissance absolu.

On se sent un peu comme Jon, qui au début tente bien de faire des moulinets de bras pour arrêter le massacre, mais qui finit par errer comme une âme en peine dans les rues, sonné par le déchaînement de violence absolu. L’atroce réalité de cette boucherie renverse les codes, dans ce qui reste un superbe retournement de situation, dans le même esprit que la crémation de Shoren, lorsque la série nous fait prendre conscience soudain du monstre tapi en chacun d’entre nous. Nordiens, Immaculés, Dothrakis, tous plongent avec allégresse dans le bain de sang, tuant, frappant, violant à qui mieux mieux, dans une sorte de frénésie meurtrière, alimentée par le feu du dragon.

Ce renversement, cette trahison, est clairement le tour de force de la série, qui renvoie dos à dos ses personnages, égaux dans leur grandeur, leur noirceur, leur détresse, leurs aspirations profondes. Cet épisode m’a rappelé « Black Book », de Paul Verhoeven, avec, oh ben ça alors, Carice Van Houten (un film que je vous conseille vivement), qui dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale, s’ingéniait à montrer le visage humain de chacun des protagonistes, résistants, SS, bourreaux et victimes, tous réduits à leur humanité par un film déconstruisant les attentes du public, pour mieux le renvoyer à sa nature profonde et interroger ses réactions face à un contexte aussi extrême qu’une guerre.

Cet épisode prend exactement le même parti, ne cherchant plus à nous engager dans un camp ou un autre, mais nous ramenant à tout ce qu’il y a de plus basique, de plus évident, de plus net. Seul Jon, pilier de vertu et d’honnêteté, tient face à la marée déferlante de brutalité, impuissant mais intact.

Bonne proposition fait force de respect.

Après s’être infiltré comme un pro dans Port Réal, Jaime se fait refouler comme un malpropre devant une boite de nuit, malgré sa main en or.

Enfermé dehors, Jaime fait le tour de la ville au petit trot pour atteindre un passage secret situé sous le donjon quand

DAMNED !

Euron Greyjoy !

DABADIDAMNED !

Danemark vs Danemark.

Le duel le plus inutile EVER.

Quel besoin de mettre ça là ? J’essaye encore de comprendre. Nous en sommes à un stade dans la série où les comptes se soldent et les arcs se referment. Du coup, un affrontement entre Jaime et Euron n’avait de raison d’être qu’en tant que point culminant de leur relation.

Sauf qu’ils n’en ont pas, de relation. Ok, il y a sans doute de la jalousie larvée entre eux, mais c’est bien le bout du monde.

Si on voulait clore un arc avec Euron, c’était celui d’Asha. Il est son rival politique direct, il a tué son père, l’a fait prisonnière dans l’intention fort probable de finir par la tuer. Elle a plus de raison que quiconque d’être celle qui l’affrontera. Mais comme la série veut surprendre, soit, pas d’Asha.

Et comme pas d’Asha, sincèrement, j’aurais préféré une mise en scène de la mort d’Euron par le feudragon appuyée afin que l’on comprenne qu’il était terminé. Après tout, le personnage n’a pas été particulièrement utile à la série cette saison. Il a servi à convoyer la Compagnie Dorée, à relancer le thème de la grossesse de Cersei et à tuer Rhaegal, clairement, son fait d’arme le plus glorieux cette année. Avec des scorpions rendus inopérants par Dany parce que, mayrde, son rôle dans la série avait donc bel et bien pris fin. Pas la peine d’étirer sa présence comme un bout de beurre sur une tartine trop grande.

Il fallait bien mettre un obstacle sur la route de Jaime ? Là, oui, je suis d’accord. Et c’est vrai que dans un donjon en train de s’effondrer, rempli de soldats et de gardes royaux , les obstacles, c’est ce qu’il manquait.

Enfin, Euron qui meurt en se félicitant d’être l’homme qui a tué Jaime Lannister, disons que c’était sans doute pas un mince exploit du temps où il était jeune et avait encore sa main droite, mais là, y’a pas vraiment de quoi pavoiser.

Surtout que la blessure de Jaime est une impasse scénaristique qui ne sert à rien du tout puisqu’il finira par mourir écrasé par le Donjon Rouge et pas par un coup de dague.

Suddenly Sandor.

Alors, le Clegane Bowl, concrètement, je n’en avais rien à carrer. Vraiment rien. Disons que j’aime bien Sandor, j’aime bien sa relation avec Arya, j’aime bien son développement, mais de là à dire que j’avais un intérêt particulier pour son duel tant attendu avec Gregor, non.

J’étais plus à l’affût de voir ce que son nouveau team up avec Arya allait bien pouvoir donner. La réponse, à l’image de la saison 8 : c’était expéditif et placé sur un mauvais timing.

Arya et le Limier font la route Winterfell-Port Réal ensemble (et arrivent après l’armée alors qu’ils sont partis avant, ok, j’imagine qu’ils se sont arrêté manger des blanquettes et boire des canons chez Hot Pie, façon Perceval et Karadok), mais c’est à deux mètres de leur objectif, dans un château qui tombe en ruine de partout que soudain Clegane professe le sens de la vie à Arya et lui sauve le boule.

Que la leçon vienne de lui, rien à dire. Ils ont un lien étrange et une compréhension mutuelle illustrée dans l’épisode deux quand Arya envisageait au départ de passer avec lui une partie de sa dernière soirée. Sandor est ce qu’elle a de plus proche d’un ami, même si aucun des deux ne se l’avouera jamais. Ils s’apprécient pour ce qu’ils sont, se détestent souvent aussi pour la même raison et savent se dire leurs quatre vérités sans crainte.

Le fait de la convaincre à deux pas de sa cible de renoncer à sa vengeance était par contre un peu bizarrement placé. Mais après, leur arc n’étant qu’une histoire secondaire au sein de cet épisode, je ne vois pas trop quand de toute façon ils auraient pu avoir cette petite conversation. Donc je suis partagée, mais dans le même temps, pour le coup, plutôt du côté indulgent de la Force. Ceci dit, la Valar Morghuliste était un moteur important du personnage, qui certes, avait commencé à en effacer certains noms. Mais ce revirement brutal chez Arya m’a semblé au final aussi peu préparé, aussi artificiel et précipité que celui de Daenerys.

Mais pour revenir du côté de Sandor (piti pincement au coeur quand Arya dit son nom…), le voilà qui surgit au pied du grand escalier à vis, provoquant chez son frère un sursaut d’indépendance. Gregor et Sandor entretiennent une haine à ce point viscérale que le garde zombie de la reine semble outrepasser son conditionnement pour accomplir ce dont il rêve depuis toujours, tuer le Limier.

Après, conditionnement, conditionnement, en fait, on en sait rien. Tout ce que l’on sait de Gregor Clegane c’est qu’il est une incroyable brute. Ramené à la vie par Mester Mengele, la Montagne n’a peut-être pas tant perdu de facultés intellectuelles que cela, au final. Et qu’il faisait juste le garde diligent de Cersei parce qu’il est le genre à obéir bêtement aux ordres. C’est peut-être non, la reine et Qyburn qui avons fini par nous dire, à regarder ce géant muet obéir au doigt et à l’oeil qu’il était dénué de véritable volonté propre quand en réalité, le gars se satisfaisait peut-être d’être encore en vie, d’avoir un super job, un boulot pas trop épuisant lui permettant de temps à autre d’assouvir ses petites lubies personnelles…

Le cadre de leur affrontement, pour étriqué qu’il soit, est le symbole de leur relation fraternelle, un champ de ruine irrémédiablement détruit par le feu le jour où Gregor décida de mettre le visage de Sandor dans un brasero.

En parlant de visage, c’est moi où celui de la Montagne est un mix étrange entre Anakin et le Baron Harkonnen ?

En découvrant le visage de son frère, Sandor a cette réflexion : « Je te vois, c’est comme ça que tu as toujours été« . Comme ça, comme un monstre, muet, affreux, toute sa nature profonde exposée sur son visage.

L’idée de faire de la fuit d’Arya et du Clegane Bowl un montage alterné a l’intérêt de rythmer les deux évènements, de rappeler le lien entre Sandor et Arya, le premier faisant exactement ce qu’il avait prévu de faire, mourir en emportant son frère avec lui, tandis que la seconde cherche à respecter les voeux de Limier la concernant.

C’est donc à demi éborgné par un adversaire insensible à la douleur et visiblement invulnérable aux blessures que Sandor finit par trouver l’unique solution à leur problème à tous les deux : cela a commencé par le feu, cela finira par le feu. Une conclusion parfaite pour le Clegane Bowl, notez que j’en m’en fous toujours un peu, mais c’était rudement bien exécuté.

« Et je regardai, et je vis paraître un cheval de couleur pâle »

S’étant détournée de sa mission sacrée, Arya passera le reste de son épisode à nous servir de poisson pilote. Miguel Sapochnik étant très Eisenstein dans sa manière d’aborder les foules, nous caractérise cette dernière depuis le début de la bataille au travers d’une mère et de sa fille.

Funfact, après Martha coiffée comme Daenerys, Gilberte est coiffée comme Cersei. Comme je le disais en début de billet, il ne s’agit pas ici d’un hasard d’avoir deux personnages du communs coiffés comme Daenerys et Cersei dans cet épisode.

Et Gilberte est particulièrement trendy parce que dans la foule, les femmes ne sont la légion à arborer la pixie cut de la reine Cersei, la plupart d’entre elles, comme on le voit sur le cliché ci-dessus, en étant encore au nattes relevées sur le haut de la tête, soit le style d’apparat de Cersei en saison 1.

Après le discours émotionnant de Sandor sur l’inutilité de consacrer sa vie à la vengeance, Arya regagne sur les rues de Port Réal, même si quand je vois l’état des alentours du Donjon Rouge, je me demande comment elle a seulement fait pour sortir de là vivante.

Arya va donc désormais nous guider au milieu du peuple de Port Réal, de la mort, de la terreur, de la destruction, de petits scénarios courts racontant en quelques secondes les horreurs de la guerre, le temps d’un long plan séquence dans les rues.

Arya et le Limier étaient les responsables de l’enfermement de Gilbert, la dame à la pixie cut et de sa fille, Josiane hors des murs protecteurs du Donjon Rouge. Sachant que Daenerys a absolument tout détruit par le feu dans ce secteur de la ville (c’est totalement l’apocalyspe quand on voit les plans aériens ou ceux cadrant les extérieurs depuis la forteresse), on peut se dire que ça leur a un peu sauvé la vie, en fait. Et c’est Gilberte qui sauve Arya en la relevant, l’empêchant ainsi de se faire écraser par la foule.

Arya n’étant pas un personnage de Port Réal, l’épisode doit a tout prix nous créer une ancre émotionnelle parmis les habitants de la capitale. Or, j’en connais pas moi, de Port Réalais. Gilbert et Josiane, parce qu’Arya s’attache à elle, se sentant responsable de leur avoir …. sauvé la vie par accident une premièr fois, ok, mais bref, deviennent le visage de ces victimes innocentes que voulait à tout prix éviter Tyrion.

Après avoir évité de justesse l’effondrement symbolique d’un clocher, Arya retrouve miraculeusement Gilberte et Josiane, qu’elle va déloger de leur abri, rapport au fait que si elles restent, elles vont mourir. Perso, je ne suis pas convaincue par cette théorie, vu la violence du cataclysme, mais bon, y’a sans doute un pourcentage de chance très légèrement supérieur en faveur d’une fuite en avant. De toute façon, ça ne changera rien. Gilberte et Josiane sont les visages des innocents sacrifiés de Port Réal. Ca ne pouvait pas bien se terminer.

Josiane tenant un cheval blanc durant tout l’épisode, la conclusion de ce dernier ne pouvait se faire qu’avec l’évocation de cette figure mythologique. Le cheval blanc, blême, pâle est dans de nombreuses traditions un symbole de mort. Même l’univers de GRR Martin n’y échappe pas. Dans ses livres, un fléau s’abat sur Meereen quand Daenerys en est reine, sous la forme d’une épidémie, apportée par un patient zéro qui chevauchait une jument blanche. La maladie, surnommée « La Jument Pâle », décime aussi bien les populations civiles que les armées massées autour de Meereen.

Parce qu’il est un animal sur le dos duquel on voyage, le cheval est devenu un animal psychopompe, celui qui conduit les morts. Dans les mythes de tradition celte, c’est un cheval blanc qui voyage entre les mondes des vivants et des morts. Le kelpie, divinité polymorphe des eaux, aime à prendre la forme d’un cheval blanc. Le cheval pâle est un fantôme récurrent des contes germaniques, les montures de la chasse sauvage sont souvent décrites comme blafardes, il est courant de représenter Spleinir, le cheval à huit pattes avec une robe blanche… Le quatrième cavalier de l’Apocalypse, incarnant la mort et la maladie, chevauche un cheval blême.

Mais le cheval blanc n’est pas qu’un symbole de mort ou un pont entre les mondes. Il est aussi un symbole de pureté, monture de prédilection des héros, symbole positif et solaire, il est Pégase ou les chevaux d’Apollon tirant son char.

Conclure l’épisode avec lui, avec ce symbole ambigu, s’avère une conclusion parfaite pour un épisode qui s’est évertué à renverser notre regard, à brouiller nos repères. Le cheval blanc, au coeur de la mort, conduit Arya vers son salut.

En salle des profs, j’ai eu une discussion au sujet de l’épisode et un de mes collègues m’a dit que le cheval blanc d’Arya est en réalité celui du capitaine de la Compagnie Dorée. Et en effet, c’est le seul autre cheval blanc que l’on nous montre dans l’épisode. Sauf que j’avais un doute, parce que dans mes souvenirs, l’attaque était quand même très violente. Je suis donc rentrée chez moi et j’ai revu la scène et en effet, la théorie est cohérente du fait qu’il s’agit bel et bien du seul autr cheval blanc de l’épisode, sauf que…

Voici d’état du cheval du capitaine Paisselande après l’explosion de la porte.

Je m’y connais pas trop en chevaux, mais je doute qu’il puisse se relever et courir comme un cabri avec l’arrière train dans cet état.

The things we do for love.

Cersei n’aura pas eu grand chose à faire cette saison, c’est un fait. Au final, elle n’aura servi que d’obstacle, de diversion destinée à faire émerger le véritable antagoniste final, Fofolnerys.

Durant toute la bataille, on peut observer Cersei prendre peu à peu conscience de la nature de cet adversaire. Très blasée par Drogon la saison dernière, Cersei a toute confiance en ses balistes, et on la comprend, à chaque fois qu’on a lancé un truc sur un dragon dans cette série, il est mort. A l’exception de Drogon, ma cocotte, n’oublie pas que le fils préféré de Daenerys a le cul bordé de nouilles et des écailles en scenarium.

J’aime la manière dont la reine se plante, assurée, sereine, à son balcon, contemplant sa cité hérissée de scorpions, très sûre de son avantage. La morgue se fissure quand nous la retrouvons, face à la destruction de ses armes sur les remparts et l’annonce de la fin de la Flotte de Fer.

Cerser, jusque là cadrée seule, apparait alors dans un champ plus large et très encombré. Elle est cadrée entre les montants de son lit, où viendra aussi se positionner Qyburn et tous deux sont comme surveillés par la Montagne, qui semble leur fermer la voie. Cersei apparait ainsi prise au piège d’éléments supposés rassurant et familier : son putain de mobilier qui l’enferme, sa Main venue lui apprendre qu’elle est désarmée, son garde du corps qui est un mort-vivant et qui lui bloque la sortie. C’est un plan claustrophobe, qui traduit à merveille l’étau se resserrant sur Cersei.

Petit détail que je n’avais pas remarqué avant, mais dans cette robe rouge, Cersei nous jette quelque chose à la figure. Ce plan de profil m’a fait prendre conscience d’un détail très intéressant : le médaillon Lannister qu’elle porte repose sur son ventre, là où la robe s’évase et où vraisemblablement commence son baby bump. Cersei pose ainsi sur son enfant le sceau de la maison Lannister, clamant ainsi sa véritable ascendance. HABILE.

Et j’aime aussi beaucoup ce plan, miroir de celui de Daenerys à Peyredragon, où le regard de la reine s’égare, confus, face à la perspective de la défaite, de plus en plus concrète à mesure que le temps passe. Le thème « Light of the Seven » semble ici tourner à vide, traduisant non plus comme en saison 6 l’inéluctable catastrophe que Cersei allait abattre sur Port Réal, mais bien son impuissance face à une autre catastrophe dont elle ne mesure du reste pas encore l’ampleur.

Contrainte de faire sonner les cloches, Cersei voit Drogon s’envoler, pensant certainement que Daenerys vient cette fois pour elle, sans s’attendre, un seul instant, à ce que la reine dragon ait résolu de faire brûler la ville. Cersei, qui pourtant n’a jamais été du genre impressionnable, est abasourdie, tétanisée devant le déferlement de violence sur la cité.

Et après la ville, Daenerys s’en prend enfin au Donjour Rouge, dans le but, sans doute d’appliquer une fameuse tactique dite du scorpion entouré par le feu que je laisse un expert vous détailler :

Incapable d’assimiler la vérité, Cersei répète à Qyburn que le Donjon ne tombera pas, quand en réalité, il n’est plus qu’un château de carte au milieu d’un océan de flammes. Ses larmes se mettent alors à couler, quand elle comprend que tout est perdu, aveu muet de sa défaite totale.

Histoire d’ajouter un peu de pyrotechnie à tout ce feu, voilà que des réserves de feu grégeois commencent à leur tour à sauter, ce qui indique deux choses : soit Cersei en avait placé à des endroits stratégiques en prévision de l’avancée des troupes à pied de Daenerys, soit le feu dragon brûle si fort qu’il est parvenu à enflammer les réserves d’Aerys, la volonté de ce dernier s’accomplissant une fois encore, par l’explosion de ce feu vert dont il n’a jamais pu faire usage.

Le feu grégeois étant également associé étroitement à Cersei, on peut voir cette explosion de grégeois comme un symbole pour Port Réal, qui brûle de la volonté et de la démesure de deux reines.

Comme Daenerys, Cersei finisse la série seule, isolée. Elle a comme la reine dragon, perdu ses enfants, et dans et épisode, c’est son entourage le plus proche, sans doute le plus fiable et solide qu’elle est jamais eu, qui lui est arraché. Ainsi, seule, dans sa demeure qui s’effondre, elle échoue dans la salle des cartes, fissurée, couverte de gravas. Avec la destruction du Donjon Rouge, cette vision de Westeros sous les pierres est une marque assez claire que dans sa folie, Daenerys est parvenue à son objectif : briser la roue. Le royaume ne se relèvera pas de cet évènement dans le sens où il me semble nécessaire de modifier les choses en profondeurs à partir de maintenant. Le traumatisme profond que laissera cette bataille appelle à une refonte en profondeur du système qui pourrait voir les Sept Couronnes devenir chacunes un état indépendant, soit un choix novateur et radical être fait pour choisir qui prendra la direction du continent.

La saison dernière, Tyrion évoquait avec Daenerys la possibilité d’une monarchie élective, ce qui reste une option probable pour Westeros, même si concrètement, cela ne ferait que refaire tourner la roue, chaque maison gagnant par là la possibilité de diriger les autres.

Pour sortir de cette crise et de ces longues années de guerre, Westeros doit trouver (je dis Westeros, mais on a tous compris hein, je parle des quelques clampins qui dans la série sont capables de prendre ce type de décision) un moyen d’assurer un pouvoir stable, garantissant une certaine forme d’apaisement, un dirigeant ou un système qui assure un consensus et ne souffre ni la contradiction, ni la suspicion.

Jon est-il du coup le mieux placé pour succéder à Daenerys qui va être, j’en suis convaincue, éliminée la semaine prochaine, il n’y a plus aucune échappatoire pour elle désormais ? Pas sûr. D’autant qu’après cet épisode, j’avais surtout envie de le prendre par l’épaule, de lui offrir un billet d’avion pour Reykjavik et de le laisser rejoindre Fantôme dans la neige. J’ai envie de calme et de paix pour lui, vraiment.

Le mettre sur le trône ne reviendrait qu’à placer un énième Aegon Targaryen à la tête du continent, ce qui annulerait le bris de la roue entériné aujourd’hui. Bref, pas une option que j’envisage. Du tout. Je raye Jon de ma liste. Là, c’est fait.

Revenons à nos Lannister favoris, que nous allons devoir quitter même si ça nous fend le coeur.

Ironiquement, les jumeaux se retrouvent exactement là où ils s’étaient quittés la saison dernière.

La mort de Cersei et Jaime a été pour moi un moment très satisfaisant. Entendez que je pleurais comme une madeleine d’avoir à me séparer de tasoeurlareine à jamais, mais j’ai trouvé leur fin à la fois très belle, très symbolique, et infiniment triste aussi.

Jaime a accompli son vœu, mourir dans les bras de la femme qu’il aime : « We don’t get to choose who we love. » Et Brienne n’aura jamais eu le pouvoir de lui faire dépasser l’amour qu’il éprouve pour Cersei. Brienne était assurément la femme qu’il lui fallait, une femme qu’il ne méritait pas. Cersei représentait autre chose, mais cette chose était plus puissante qu’une relation saine, fondée sur le respect mutuel. Cersei sa jumelle, la mère de ses quatre enfants, a été avec lui toute sa vie et si clairement, Jaime aurait été mieux inspiré de rester à Winterfell, jamais il n’aurait pu se pardonner d’avoir laisser sa soeur mourir seule face à Daenerys.

Ce n’est pas une décision censée ou rationnelle. Cersei ne l’a jamais aimé comme Brienne le fait. Son amour pour lui était narcissique, manipulateur, mais quelque part, Jaime est prisonnier de cette relation et de sentiments qui le dépassent.

Il est aussi prisonnier de celui qu’il est. Quand il disait à Brienne être un être abject la semaine dernière, ce n’était pas des mots durs destinés à la laisser en arrière. C’était Jaime Lannister faisant son propre procès. Ce procès qu’il n’avait pas eu de la part de Bran ou de Daenerys. Jaime, en bon Lannister, est un lion qui ne se laisse pas juger par les moutons. Et son verdict est sans appel : pour tout ce qu’il aura commis de crimes dans sa vie, il mérite de mourir, dans les bras de celle qui aura inspiré la plupart de ses actions. C’est ainsi une fin apaisée pour lui, qui a quitté Winterfell certain de trouver à Port Réal la juste condamnation à mort qui l’attendait.

Non Euron, tu n’es pas l’homme qui a tué Jaime Lannister. Le Régicide a décidé de sa fin par lui-même.

Un Lannister paye toujours ses dettes.

Concentrons-nous sur Cersei, enceinte, en train de comprendre qu’elle est prise au piège du Donjon Rouge. Tout s’effondre autour d’elle, ce foyer, cette maison, cette forteresse dans laquelle elle se pensait à l’abri. C’est tout ce qu’elle a bâti durant son existence qui lui tombe sur la tête. C’est la conséquence de ses actes qu’elle paye soudain, le poids de ses fautes qui s’écroule sur elle symboliquement. Le poids aussi de ce pouvoir qui aura façonné toute sa vie.

Dans ses derniers instants, quand elle comprend qu’elle va mourir, Cersei brise l’armure pour nous rappeler cette fragilité inhérente au personnage, qu’elle dissimule sous d’épaisses couches de froideur. Cersei a toujours été un personnage vulnérable, chose que l’on a facilement tendance à oublier avec elle, qui sait si bien dissimuler ses faiblesses qu’elle hait. 

Si nous avions je pense tous et toutes (y compris Lena Headey) des attentes autres concernant la mort de Cersei, pour ma part, cette fin me satisfait. Dans son ultime épisode, la reine est une chute libre. Son parcours dans le donjon, une longue descente, l’amène jusqu’au plus bas qu’elle puisse atteindre, la faisant mourir au même niveau que ce peuple dont elle se souciait si peu.

Un mot sur le Valonqar parce qu’il faut tout de même en parler. On en a déjà beaucoup parlé ici, mais D&D ont fait le choix de ne pas énoncer en entier la prophétie de Maggy la Grenouille. Comme ils ont fait le choix de ne pas énoncer non plus entier celle de Mirri Maz Duur. Comme ils ont fait le choix de zapper totalement celle du Prince qui fut Promis.

C’était un choix intelligent de leur part. Ne pas s’enfermer dans la nécessité de voir les prophéties s’accomplir de bout en bout leur aura permis de se réserver une marge de créativité et ainsi, de développer l’histoire et sa fin de la façon dont ils l’entendaient.

J’ignore s’ils savaient déjà comment ils allaient faire mourir Cersei quand ils ont amputé la prophétie de Maggy, mais le seul fait de ne pas parler du Valonqar leur aura permis de faire exactement ce dont ils avaient envie avec la reine dans cette dernière saison.

De la même façon, la prophétie du Prince qui Fut Promis étant absente de la série, cela leur a donné la latitude nécessaire pour choisir qui ils voulaient pour tuer le Roi de la Nuit.

On pensera ce que l’on veut du résultat, de mon point de vue, ce parti-pris était ce qu’ils avaient de mieux à faire.

Dans deux semaines….

Pluie de cendres sur Port Réal, qui prend des airs de Pompéi.

Mine de rien, Daenerys est une complétiste, elle n’a pas raté une seule rue. Tout est passé par le feu, c’est pas demain qu’une épidémie risque d’éclater à Culpucier, c’est moi qui vous le dit !

« Voilà ! C’était ça l’idée du DRAGON ! Une grande campagne d’assainissement des quartiers défavorisés ! « 

Si Port Réal n’est peut-être pas intégralement détruite, il est certain que la salle du trône, elle, n’est aujourd’hui plus debout. Enfin j’ai pas rêvé, il m’a semblé la voir exploser sous le feudragon.

Il ne reste donc plus que des cendres sur lesquelles asseoir son pouvoir désormais pour Daenerys, qui est donc devenue ce qu’elle rejetait la saison dernière.

« The Bells » restera longtemps dans les mémoires. Le choc qu’il apporte, la beauté de sa mise en scène, contrebalancent heureusement le souci principal de cette saison 8, à savoir sa cavalcade finale, qui réduit les personnages à des utilités et leurs évolutions à des leviers pour faire avancer l’histoire le plus vite possible. On sent le manque de temps à accorder à ceux qui ne sont pas supposés servir de chevilles ouvrières, et c’est ainsi que Cersei sera partie sans grand éclat, malgré une mort parfaite, au terme d’une saison passée à regarder par la fenêtre en balançant des sourires satisfaits.

Mais si j’étais prête à dire au revoir à Cersei depuis des années, je sais que je ne le suis pas encore concernant d’autres. Daenerys, par exemple, aussi, le prochain épisode risque d’être un assez complexe cocktail d’émotions. Daenerys doit mourir, pour ce qu’elle a fait, pour la série, pour le DRAMA. Il n’y a aucune échappatoire à cela. La boucle est bouclée, j’en ai conscience, malgré que je trouve profondément injuste qu’un élément aussi important de son développement ai été traité avec tant de légereté et soit alimenté d’un sous-texte plus que discutable . Jee ne suis pas prête, pas encore. Pas que je suis la plus grande fan ever de Daenerys, mais je suis attachée à elle . Comme je peux l’être aux autres, du reste, à Jon, à Tyrion, Sansa, Cersei, Brienne, Jaime…

L’avantage d’une série qui avance comme un TGV, c’est que quelque part, la hâte des showrunners est communicative. Et j’ai beau ne pas être prête pour les adieux, quelque chose aussi me dit que la fin doit venir rapidement. Il est temps que cela se termine.

Raison pour laquelle les dieux se sont ris de moi et m’ont envoyée à Dorne pour la diffusion du dernier épisode. Donc non seulement, il y a peu de chances que je vois l’épisode, encore moins que j’ai le temps d’écrire et surtout très peu de probabilité que je puisse répondre à vos commentaires sous ce billets. Mille excuses d’avances et par avance, j’aimerais assez que vous ne commentiez pas le dernier épisode dès après sa diffusion, ni ici, ni sur la page Facebook, dès fois que ça me spoile par accident si je viens faire un tour par là. Attendez mon signal, vous le reconnaitrez.

Allez, à dans un peu plus d’une semaine, et d’ici là, méfiez vous :

72 commentaires Ajoutez les votres
  1. Un grand merci pour ce billet, loin du simple bashage actuel que subit l’épisode et qui en expose les faiblesses mais aussi la qualités. Oui, l’épisode à des GROS soucis d’écriture, oui ça va trop vite, mais j’ai l’impression que tout le monde à rapidement oublié les qualités esthétiques de l’épisode, ainsi que la force de ses thématiques. Quand je vois la pétition pour refaire la saison 8, j’avoue subir une crispation gênée des zygomatiques. Le problème de l’épisode ne vient pas de ses idées ou de leurs exécutions mais de leur amorçage. Je pense qu’on aurait eu à y gagner d’avoir un épisode de remplissage, le trop plein narratif étant finalement ce qui permettait à la série d’amorcer un certain nombre d’évènements et de retournements en leur donnant une explication plus ou moins satisfaisante. L’exemple type est la discussion entre Sandor et Arya, qui aurait eu besoin de cette petite scène au coin du feu où les deux ce seraient jetés des piques tout en mettant en place le futur renoncement au moment fatidique. Et aussi merci pour les points chiffons, je suis beaucoup trop nul en analyse de costumes.

    1. La pétition, j’en ai entendu parler aussi. Beh non les gens, c’est tout ce que l’on aura et il faut savoir s’en contenter…

  2. Très bon billet la Dame, qui je crois recense les grandes qualités comme les énormes défauts de cette saison: une qualité de réalisation de photo, de mise en scène jamais vu à la télé et qui fout la honte à un tas de film, mais alors une écriture qui par moment comique ( bon c’est pas la première fois dans la série) mais surtout presque surprenante de par son manque totale de relecture
    – Les balistes sans rire, c’est pas une question de contraire ou de temps que d’etre cohérent sur les balistes d’un épisode à l’autre, d’une minute à l’autre. La mort de Rhaegal a crée une énorme incohérence dans son épisode et dans l’épisode 5, rendant l’attaque de Dany, magnifique, presque anecdotique……… Il y a personne pour dire qu’il y a un problème, j’ai rien contre les incohérences pour des effets de mises en scène ou autre, mais là faut m’expliquer le bénéfique que ça apporte ( pareil pour le dragon à l’épisode 3, il pete un mur mais est incapable de cramer Jon)
    – Pour le dialogue de Jon et Dany, si l’idée que vous relevez justement est vachement intéressante, son écriture ( dialogues) est mauvaise, sans rire à la fin de la scène je me suis demandé si dany n’allait pas cramer Port-Réal parce qu’elle est frustrée sexuellement, je suis sur que c’est pas l’objectif de la scène mais c’est ce qui peut en ressortir
    – Pour la folie par contre je suis dubitatif. A mes yeux ils ont voulu la montrer en colère, enragé, frustré et désespérée, pas forcément folle, du moins c’est ce que le jeu d’Emilia Clarke m’a fait ressentir. Mais il est vrai que d’un autre coté, étant donné qu’on accélère tout et qu’on ne prend pas le temps de faire un épisode entier dessus ( ça aurait été génial un épisode en vase clos dans Dragonstone qui se termine sur la mort de Varys), cela peut donner cette impression. Pour Jon lors de l’exécution, moi j’y ai vu surtout l’hypocrisie des stark de la série, comme son père spirituel Ned, à savoir qu’il est surement choqué par le fait de bruler Varys, pas le fait de l’exécuter. Ned était choqué par le geste de Jaime, alors que lui meme en a profité à la Tour……D’ailleurs si on avait vraiment voulu montrer la folie dans cette séquence, Est-ce qu’on aurait fait arreté Varys grace à ce que dit Tyrion ( personnage plutôt positif normalement)? Cela aurait été plus simple de la montrer le faire elle meme de manière arbitraire avec les autres qui pleurent à coté. En tout cas son geste se justifie totalement, et encore elle lui évite la case interrogatoire musclé.
    – La Compagnie dorée, c’est comme les Dothrakis dans l’épisode 3 en fait.
    – Les civils qui se réfugient dans la ville qui a des murs, ça me semble pas totalement déconnant, en sachant qu’ils peuvent craindre d’etre massacrer à l’extérieur par les fourrageurs de l’ennemi en cas de siège. Plus sérieusement c’est surement un effet de mise en scène et de montée en tension.
    – Les port-realais ont un comportement relativement cohérent pour le coup, ils font tout pour sauver leur fesse, comme le disait Davos ou Jorah les saisons précédentes. Maintenant je me demande ce qui serait advenu par exemple, de Bordeaux ou Paris si Charles VII avait eu des dragons. Hum………
    – Le geste de Dany est aussi un message aux autres seigneurs, surtout à la Dame de Winterfell.
    – Vous avez oublié de dire qu’il est possible qu’Arya soit en fait une Réplicante, ce qui expliquerait pourquoi elle est No One…..
    – Vous etes trop bonne d’avoir accordé autant de lignes à Euron, que c’était nul punaise. Ce concours de phallus en plus.
    – Pour Clegane et Arya, la situation est au contraire importante, ils arrivent au moment où tout tombe en ruine, s’il est clair que pour Sandor c’était un aller simple, pour Arya c’est pas certain qu’elle envisageait une mission-suicide. De plus ça fait parti, comme Cersei, de son humanisation dans cette épisode, chose assez appréciable, meme si c’est fait avec la finesse d’un Leclerc.
    – Première fois que je vois l’armée du héros massacrait des innocents, cela écho à beaucoup de choses, au sac de Port-réal par l’armée Lannister ( là c’est l’inverse, ce sont les dragons qui mettent à sac la ville des Lannister), à ce que disait Jorah ou meme Cersei sur les hommes lors des sièges. Le fait que les nordiens et les mecs du Val attaquent, au-delà de l’hystérie et de la violence ambiante, fait écho aux griefs que vous évoquiez dans votre billet lorsque Jaime se faisait raccourcir le bras. Visuellement ça m’a fait écho aussi à un élément du lore, à savoir la bataille de Chutebourg, où des soldats ont commis les pires exactions dans une ville en proie aux flammes de dragons.
    – Cette épisode montre clairement que si Jon a réussi à rassembler les hommes pour lutter contre le NK, ce n’est pas un roi, et il a beau etre un leader aimé, ses soldats ne suivent pas ce qu’il dit. D’ailleurs je me demande à quel point ça ne sera pas une raison de plus pour lui pour se casser dans le Nord, vu que ses nordiens et les gars du Val ont commis l’irréparable ( et politiquement de toute façon, au meme titre que les Lannister étaient hais pour ce qu’ils avaient fait, il sera lui aussi tenu responsable de ça logiquement)
    – le Trone va exploser je pense. je veux dire que l’objet de convoitise qui a corrompu et rendu fous bons nombres d’hommes et de femmes disparaissent définitivement, ça me semble trop beau pour etre évité. Tiens on dirait presque que je parlait de l’anneau unique là
    – Et comme ils aiment les parallèles, je vois gros comme une maison Jon qui fout un coup d’épée dans le dos de Dany, ce qui serait là aussi une ironie assez délicieuse.
    Bref épisode géniale au visionnage, de par son ambiance, son horreur, mais frustrant en se disant qu’on aurait pu atteindre des sommets en coupant l’épisode en deux, en prenant un peu son temps et en relisant le script aussi

  3. Plop La Dame.
    Ce qu’il y a de bien avec vos billets, c’est que vous arrivez à nous revoir légèrement notre jugement. Vous avez été philosophe, comme vous l’avez dit, et ça a marché sur moi.
    J’ai été dépitée par cet épisode. En mode « pfffffffff ben voilà. » Non, pas que j’en attendais grand chose. Depuis la fin expéditive de Dagobert, j’ai appris à revoir mes attentes à la baisse. Donc j’ai pris le truc comme ça arrive. Un gros rush des familles.
    Le développement de Daenerys est, comme vous le dites, expédié à la tractopelle. Déjà dit, je n’aime pas Daenerys, pour sa conception du pouvoir, sa haute opinion d’elle-même et sa manie de cramer les gens (je dis bien, cramer. Pas exécuter) et une manière d’être vu comme The Perfect Queen même quand elle enchaine les erreurs, quand par comparaison, Jon se prend ses erreurs en pleine tronche. Bon, pour le coup, l’image perfect queen a volé en éclat avec la destruction de Port-Réal. Peut-être que c’était voulu en fin de compte. Bref.
    Néanmoins, elle ne m’a jamais donné l’impression d’être folle. A Meereen, elle flirtait dangereusement avec la tyrannie et aurait pu basculé si elle s’était mis à tout brûler quand elle projetait de le faire en saison 6, mais elle ne le fait pas. A Westeros, elle n’a jamais aussi bien réprimé ses pulsions, à part peut-être lors du barbecue Tarly (et je parle encore une fois ici de la manière, pas de la décision de l’exécution). Et même jusque devant les murs de Port-Réal devant le cadavre décapité de Missandei. Donc ouais, son pétage de plomb quand les cloches sonnent apparait sorti du nul part et forcé. Objectivement, elle a toutes les raisons du monde pour péter un câble : ses deux plus proches amis sont morts, son amant la repousse, ses conseillers la trahisse, personne ne veut d’elle, et sa légitimité vole en éclat. Donc oui, pétage de plomb, OK. C’était d’autant plus sorti du nul part qu’elle s’en tient au plan d’attaque pendant toute la première partie. Elle brûle chaque scorpion et fait sauter le mur pour permettre aux troupes d’entrer. Pour rendre le truc plus cohérent, il aurait fallu évidemment beaucoup plus du temps. Passer quelques épisodes sur une Daenerys défaite, comme en début d’épisode, perdu dans des vêtements larges, cheveux éparpillé, grise, qui refuse de s’alimenter, nous renvoyant à son père. J’ai apprécié cette première apparition parce qu’elle vraiment surprenante (et dans le bon sens). On ne l’a jamais vu comme ça et qu’on sentait qu’il se passait quelque chose. Sauf que ça ne dure pas puisqu’elle prend par la suite des décisions cohérentes et qu’elle respecte le plan d’attaque au moins jusqu’à la reddition. Et sans passer plusieurs épisodes sur Danerys dépressive, il y aurait pu y avoir un déclic pendant l’attaque même : un dernier coup d’éclat de Cersei, un flèche qui tire sur Drogon (ou qui tue Rhaegal dans cet épisode plutôt que de le faire mourir la semaine dernière, pour ce que ça a servi) ou encore pire, un habitant de Port-Réal qui lui crie carrément « on veut pas de toi, sale étrangère ! », histoire de la faire basculer. Les showrunners ont justifié son basculement quand elle regarde le Donjon Rouge (très beau plan au demeurant) en disant qu’elle réalise qu’il représente tout ce qu’on lui a pris. Ok, très bien, mais pourquoi la ville aussi ? Je dois néanmoins reconnaitre la beauté de l’ironie de voir le Donjon Rouge, érigé par les Targaryen… détruit par une Targaryen.
    Au sujet de la réaction de Jon pendant l’exécution de Varys, je pense que c’est vraiment la manière qui bloque et pas tant le fait que d’exécuter un traitre. Brûler vif quelqu’un, sur l’échelle de la cruauté, c’est assez élevé. Ca a toujours été la manière de Daenerys, oui, et les exécutions étaient justifiés, encore oui mais la manière dérange. Pour Jon sans doute encore plus, puisque tout Targaryen qu’il est, il a quand même un grand-père et un oncle qui ont été brûlés vifs par un Targaryen et qui est par ailleurs le père de Daenerys… et son propre grand-père pour le coup, je viens de me rendre compte. Ca doit cabocher sévère dans la tête de Jon à ce moment-là ! Enfin tout ça pour dire que brûler vif les gens, ça renvoie immédiatement à Aerys II et il n’était pas spécialement connu pour sa raison, et que donc, ça dérange profondément de voir Daenerys employé le même mode d’exécution et en toute conscience pour le coup.
    (Est-ce que les Targaryen ont beaucoup exécuté par le feu d’ailleurs ? Les premiers sans doute, quand ils avaient encore les dragons mais après ?)
    Le focus sur Arya à la fin m’a plutôt énervé par contre. Très franchement, à ce moment-là, je m’en foutais d’Arya paumée dans Port-Réal et qui échappe à watmoults morts. Ce qui m’intéressais, c’était les réactions de Jon complètement désabusé, et Tyrion qui disparait complètement dès lors que l’assaut de Drogon commence, alors que c’est quand même la ville qu’il souhaitait protéger. Et s’il fallait suivre les péripéties des habitants de Port-Réal, continuer avec Josiane et Gilberte jusqu’à la fin aurait été suffisant. Le plan avec la jument pâle est très beau et c’est très impressionnant de voir Arya grise de cendre et blessée mais je trouvais qu’elle était franchement dispensable à ce moment-là. Ou alors pas sur autant de temps. Ma satisfaction ? Elle n’a pas tué Cersei. Sauf que parti comme c’est parti, elle pourrait tuer Daenerys.
    J’ai été aussi très déçue de Jaime. Qu’il ne puisse pas se détacher de Cersei, ok, je le conçois tout à fait et qu’il se sente infiniment coupable de toutes les chose qu’il a faite pour elle, encore plus. C’est comme ça que je voyais son départ la semaine dernière. Sauf que là, j’avais la désagréable sensation d’un retour à la case départ. Exit tout le chemin parcouru sur la rédemption : on retrouve le Jaime qui se fout de tout (alors qu’on sait que c’est pas vrai) parce que la seule qui compte c’est Cerei. Et j’aime pas du tout ça. Donc je suis très très déçue.
    Je ne suis pas déçue de sa mort. Pour moi, dès le départ, il était évident que les deux mourraient ensembles mais, voilà. Retour à la case départ.
    En vrac :
    – Euron aurait définitivement mieux mérité de mourir cramer par Drogon plutôt que par ce duel inutile avec Jaime.
    – Vous n’êtes pas la seule à ne pas avoir compris que Varys cherchait à empoisonner Daenerys. Moi non plus, je n’avais pas compris.
    – Jon complètement perdu face à la folie des hommes. Va vivre dans le Nord, ce monde-ci n’est pas pour toi. Encore une fois, il était inutile mais contrairement à l’épisode 3, ça m’a pas dérangé parce que… il est pour le coup complètement paumé.
    Et je crois que c’est tout.

    Maintenant la question que je me suis posée toute la semaine c’est : est-ce que les leak qu’Amaltheren a vu (pardon si j’écorche le pseudo ^^ ») ont bien décrit l’épisode 5 ?

    1. Ce n’est pas tant mon jugement que j’ai révisé que mes attentes qui sont revues à la baisse. Je suis toujours énervée contre ce que la série a fait dans l’épisode 4, pour les mêmes raisons. Après, cet épisode étant comme le 3 un très bel épisode avec d’immenses qualités de réalisation, je n’allais pas l’étriller gratuitement non plus :p

      Amaltheren (je pense que tout cas que c’est elle) a confirmé sur la page Facebook que le leak était fiable pour l’épisode 5.

      1. Oui, j’ai oublié d’en parler (so many things à dire)) mais la réalisation est quand même superbe. Personnellement, j’ai un faible avec tout ce qui est scène d’avant-bataille et tout ce qui précède l’assaut : les port-réalais qui se réfugient chez eux, les troupes qui s’installent, l’attente, était encore une fois réussi.

        Ah bah. On va se préparer alors.

      2. Oui je confirme que les leaks étaient 100% vrais de bout en bout, à ma grande tristesse !

        Et attendez la fin, vous allez pas être «  » » » »déçu » » » » ».

  4. Y a pas , hein venir lire le billet sur l’épisode après l’avoir maté faisait pour moi partie intégrante de l’expérience GOT , Merci chère Dame et sinon pour les gosses , une pelle et un peu de chaux vive et hop…Enfin je dis ça….

    Bref alors , alors et bien déjà comme tout le monde très frustré pour Dany , c’était une super idée mais oui il aurait fallu que ça massère bien plus longtemps avec ENSUITE un côté genre colère froide quand elle part cramer tout le monde…Cette scène m a mis sur le cul quand même hein. Le gros gros bémol par contre que j’ai c’est vraiment Tyrion , je devrais pas le comparer à celui du livre je sais mais là..Nan mais purée cette loose ! Au moins Varys m’aura moins déçus avec une mise à mort totalement excellente. Dommage Peter Dinkage est toujours très bon mais le perso est vraiment mal écrit depuis bien aller 2 saisons , triste. De toute façon je donne pas chère de sa peau.
    Je passe sur le reste , tout à été déjà dit en mieux :p Mais pour conclure ce qui me fait ch*** c’est que finalement ce rush de fin de série va je le crains pas mal desservir la série sur le long terme , on va être nombreux à en garder l’image d’une très bonne série mais à la fin très imparfaite et aux dernières saisons selon les gouts moins bonnes.

    Ah sinon j’aimais bien l’acteur qui jouait Euron , dommage que le perso fut…enfin voila quoi. Et là j’attends vraiment cette conclusion mais avec une pointe d’apréhension.

    1. J’ai peur aussi que ça fasse du mal aux préquelles qui sont en préparation actuellement. Si GoT subit un désamour à la « Lost », ils pourraient se faire purement et simplement annulés.

  5.  » Dans le Prochain Épisode  »

    Jon  » Après avoir transpercé Dany avec son épée  » : C’ était toi l’ Élu , c’ était Toi , tu devais détruire les Tyrans , et non pas devenir comme eux . Sauver Port-Rèal , pas la réduire en cendres ! Je t’ aimais Dany !

    Dany : DRACARYS !

     » L’ Avis MOINS BIEN que celui de la Dame de maître Xehanort  »

    En tout cas Varys avait raison , dommage qu’ il ait agi trop tôt ou trop tard , quoi qu’il en soit , j’ ai préfère sa Fin à celle de Littlefinger , plus Digne du Personnage ( de LA Série pas Des Livres je sais ) , Tyrion lui y croit encore un peu et il croit encore que Cersei peut être sauvée , il est plus obstinée que Stannis décidément , il délivre donc Jaime dans une dernière scène très touchante même si la phrase de Jaime sur les innocents ne correspond pas trop à sa confession dans la Saison 3 , Jon quant à lui ne veut toujours pas surmonter sa petite répulsion envers l’ inceste , je pense que ça se comprend à l’ écran mais UNE réplique pour le dire c’ était Trop demander ?

    Dany elle commence à tourner très parano puisque’ qu’ elle pense que Tout le Monde l’ as trahie ( ce qui est techniquement vraie ) et pensant qu’ elle sera à jamais seul et que le peuple ne l’ aimera jamais comme il aime Jon , elle décide de ne plus écouter Tyrion , de pas tenir compte de la Reddition de Port-Réal ( qui au passage est tombée en 5 minutes chrono , Drogon est repassée en God Mod , faudrait quand même que les scénaristes se décident , soit les Wyvernes sont Imbattables soit elle le sont pas , oui je les appelle Wyvern , c’ est pas de vraies Dragons , on nous as Menti !

    Varys : Mais si il y as plus de Mensonge , Que deviendras la Série ? Ça sera le Chaos .

    Moi : ……… )

    et décide donc de faire une barbecue , après çà ne sort pas de Nul Part , on avait déjà des signes avant coureurs dés la Saison 1 , et Dany as toujours eu tendance à être Impitoyable retenue seulement par ses Conseillers , d’ ailleurs la 1 ére fois qu’ elle franchit la ligne est après la mort de Barristan , avant ses exécution se justifiant un minimum ( soit trahison comme à Qarth ou ils l’ avaient un peu cherchée comme les Maîtres ) mais maintenant tous ses amis sont morts , et comme ses conseillers et son amant sont des Traîtres , elle décide de Brûler La Roue pour être certain que personne ne pourra la contester , et tant pis pour l’ Amour , ça sera la peur , ça sera la Terreur et La Mort !

    Donc je pense pas que Dany soit devenue folle et as pétée un câble , son acte est totalement préméditée , elle aurait fais pareil avec les cités esclavagistes si Tyrion l’ avait pas retenue , mais Si elle s’ imagine qu’ elle vas régner longtemps elle se fout le doigt dans ****** , parce que même si il fait la grosse moue en voyant ça , Jon ne l’ acceptera Jamais , après la stupéfaction on le voit essayer de limiter les dégâts et le dégoût sur son visage , il vas tuer Dany c’ est évidant et puis Arya ne peut pas tout avoir .

    D’ ailleurs parlons en : Après que le Lilier et elle se soient infiltrés ni vue ni connue , Sandor demande à Arya de ne pas devenir comme lui , et après encore un adieu touchant elle part et assiste en temps réal et en direct à l’ Apocalypse , et il est quand même un peu gros son Totem/Bouclier/Armure d’ Immunité , et puis il sort d’ ou ce cheval ????????? Aprés j’ ai quand même l’ intensité de la scène et le désespoir de la population .

    Le Cleganebown était magnifique mais j’ ai trouvé Jaime vs Euro plus réaliste , plus sauvage , plus GOTieinne , quant à la fin de Cersei je comprend pourquoi ils ont pas parlé du Valonqar , et je suis un peu déçue je voulais qu’ elle paye un peu plus .

    Enfin ça restait un bon épisode pris à part , mais il manque un épisode pour le préparer et au moins un épisode pour le terminer , enfin on verra comment ça vas finir :

    Dany vas elle cramer Jon et Tyrion puis Sansa et régner sur un tas e cendres ? Jon tuera elle Dany ou bien Arya fermera elle encore des yeux ? ( franchement je préférais Jon , c’ est bien plus Logique Et Tragique ) Jon se suicidera il ou s’ exilera il après son geste ? Drogon rejoindra il Fantôme et ferons des bébés ensemble ? ( J’ ai vue un Ane avec une Dragonne , en quoi c’ est impossible ? Tourte Chaude finira il sur le Trône de Fer ? GRR Martin sortira il un jour les Tomes 6 et 7 ?

    Et surtout , Surtout La Dame fera elle la critique de la série du SDA et The Witcher ^^^^^^^^^ ?

    1. Sur la folie de Dany, c’est malheureusement la direction que D&D ont choisi (c’est très certainement la fin que Martin lui réserve aussi, d’ailleurs). Entre les rappels à la folie de son père tout au long de la série, la récurrence de la formule de la pièce lancée par les dieux, qui revient encore cette semaine, les déclarations de Varys, les doutes de Tyrion, non c’est bien de la folie qui est décrite.
      A la rigueur, s’ils avaient décidé de lui faire détruite le seul Donjon Rouge, ce qui aurait déjà été un massacre sans nom, on aurait pu penser à un excès de tyrannie et d’autorité (ce qui d’ailleurs aurait été plus cohérent avec le développement du personnage dans cette saison 8, vu qu’on a pas le temps pour décrire la perte de santé mentale, mais bon, il faut se contenter de ce que l’on a…. Damned), on aurait pu se dire qu’en effet, elle n’était pas folle, juste, ben juste Daenerys en fait. En mode rageuse.

      Mais là, ils lui font incendier la ville, c’est à dire passer, rue par rue (elle fait des zigzag au-dessus de la ville, elle s’applique) pour brûler vif de civils et réduire la ville en cendres. Ce n’est pas quelque chose que la Daenerys que l’on connait pourrait faire.

      Hier j’ai regardé le inside de l’épisode et D (Weiss) dit que la décision de Dany n’était pas préméditée, qu’elle décide ça dans l’instant, sur le moment. Elle bascule donc dans une folie meurtrière… Yep… Mais comme l’écriture manque de développement on n’arrive pas à se dire que cela soit crédible/cohérent. Et c’est triste d’en arriver là, de saborder le développement de ses personnages juste parce qu’on en a marre mais que l’on refuse de passer la main.

      Les séries SDA et The Witcher ? Je dis mille fois oui ! Je comptais en parler dans le prochain billet justement 🙂

      1. Après toute la proposition gardée , le geste de Dany n’ est pas très éloignée des Pluies des Castamer : On frappe extrêmement pour être tranquille pour les 200 prochaines années .

        Après la différence est bien sur que les Reyne s’ étaient rebellés alors que Dany as tout cramé surtout parce  » Ma copine est morte , mon neveu ne m’ aime pas , et le peuple ne m’ aime pas , espèces d’ ingrat , je vais tous les cramer tiens  »

        Et puis franchement qu’ elle espérait ? C’ est pas en se la jouant Louis XIV qu’ elle vas se faire apprécier , et si Jon Show malgré le fait qu’ il soit un peu c** est aimée parce qu’ il est Proche du Peuple , et comme vue son statut de Batard il est plus facile pour lui d’ éprouver de l’ empathie , en + il se bat personnellement , il donne de sa personne , il est même mort pour expier nos pêchées , Dany ne fait rien sauf avec ses Dragons , et oui je sais Dany = Dragon , mais ça change rien la différence entre Dany et Jon qui tout compte fait ressemble un peu à celle entre Ramsay et Jon .

        Et franchement si elle veut se faire aimer Elle as TOUT le temps pour le faire , elle doit avoir au + 25 Ans ( si on considère qu’ une Saison = Un An ) elle signe au moins pour 30 Ans de règne , elle peut pas se montrer un peu patiente  ?

        Un peu comme D et D d’ ailleurs , ils sont si pressés que ça de faire SW ( ils ont pas intérêt à se rater sur KOTOR ) ou ils sont persuadés d’ avoir la meilleur fin possible ?

        Après c’ est pas à eux que j’ en veut le plus , non je suis toujours content de leur travail sur les Saison 1 à 7 ( Sauf pour Dorne , comment ils ont pu se rater à ce point ? ) d’ abord sur l’ adaptation et suite pour avoir fait une bonne Fanfiction , ça as pas du être facile tout les jours quand même d’ improviser une suite .

        Parce que le Responsable C’ est Georges R.R Martin , c’ est sa faute si l’ adaptation est bâclée Parce qu’ il as plus Rien à ADAPTER !

        Franchement j’ aimerais vraiment savoir ce qui l’ as bloquée : L’ Univers qui est devenue trop complexe avec trop de persos à gérer ? La pression accrue du à la Popularité Énorme de la Série ? Un Manque d’ inspiration ? Ou il as juste décidée de lâcher l’ affaire en profitant tranquillement de la vie ?

        Après on sait jamais Winter of Winter est peut être finie à 99.99 % et qu’ il compte le sortir juste après la sortie du 8*06 pour s’ assurer qu’ on ait tous une crise cardiaque ( et avoir un moins de fans à gérer ) .

        Ah sinon tu connais Mayo-Lek ? Il as commencé à faire la critique à chaud de chaque épisode de la série .

        Si tu le connais pas je te conseille , il as un très bon style ( encore plus chipoteur que vous ^^^^^^ )

        1. C’est ça le truc avec l’incendie de Port Réal, c’est que ce n’est pas réfléchi de la part de Dany, c’est une éruption de fureur subite.
          Je ne connais pas le Youtuber que tu viens de linker, je vais regarder ça de plus près, merci !

  6. Je pense que la fin est écrite au tout début de l’épisode 5 Varys parle avec la gamine d’empoisonnement (a mots couverts bien sur) et c’est comme cela que Daenerys va finir empoisonnée par Varys via la gamine: Au retour de sa guerre d’extermination elle aura une petite faim ou une grosse soif et prendra un bouillon fatal ou un vin mortel (peut être assaisonné avec le bon produit que DORNE fabrique et qui a tué Mycella et la vipère des sables.
    Peut être que Tyrion boira le même vin qui sait Cela permettrait d’en finir avec lui.
    Jon ? Il rentre tel a lonesome Nord boy vers Winterfell , peut être avec Arya et ce bon Davos qui ferait une bonne Main du Roi du Nord..
    Reste le cas de Vert Gris…….. suicide après la mort des deux femmes qu’il adorait ?

    1. J’avais pas pensé au poison pour Dany, mais elle pourrait en effet succomber à la vengeance de Marthaaaaaaaaa.
      Ou à Arya, qui est bien vénère et qui a désormais l’habitude de tuer les big bad.
      Ou à Jon, qui n’aurait pas d’autre choix parce qu’avec une Daenerys capable d’incendier une ville entière, je pense que Winterfell et une certaine dame rousse sont désormais sur sa burning list, et que le Jonny qui fut promis pourrait être la cible d’un assassinat (éliminer la concurrence). Du coup ce pauvre petit loup serait obligé de tuer Dany pour l’amour du DRAMA (Pinpin serait ravi) et comme il est pas la moitié d’un poète maudit, devenu régicide, il serait capable, au lieu de prendr le trône, de choisir encore plus de DRAMA et de se rendre à la police, aka les Immaculés, donc mourir.

      1. Ah oui j’oubliais, pour le poison. Je ‘ai rien compris non plus. C’est en débriefant avec des gens IRL que j’ai compris. Je trouve que ça n’aurait pus beaucoup de sens de laisser Marta empoisonner Dany, il aurait fallut construire un lien fort entre elle et varys pour que cela prenne la tournure d’une vengeance par exemple. La ça serait juste un peu plat je trouve.

        je ne vois Arya faire le sale boulot, bien qu’elle soit encore bien présente dans la série. La logique pour moi voudrait qu’elle se barre pour vivre une vie d’aventurière ou choquée par le sac de port réal, elle va ouvrir un orphelinat à accalmie avec Gendry 😉

  7. Hello,

    je n’ai pas grand chose à ajouter. très bon billet et bon épisode. Plus j’y réfléchis et plus le scénario me convient, la folie de Daenerys a du sens. L’épisode est joliment réalisé, il y a des images ressemblant presque a des tableaux. Mais vraiment, je pense que les défauts qu’on pouvait avoir au début de la série se sont amplifiés et c’est vraiment dommage.

    On a encore un peu ce sentiment de toussapoursa. La compagnie dorée par exemple? encore qu’avec l »éclairage du billet, j’accepte que cela a pu être pour montrer la puissance des dragons mais c’est presque comique dans ce cas là.

    Euron, il y a une sorte de duel pour Cersei, comme 2 prétendants qui s’affronte et forcément que cela tourne au concours de quéquette. L’idée ne me parait pas stupide mais comme beaucoup trop d’éléments cette saison, il n’y aucune subtilité de construction, cela pop de manière un peu aléatoire dans l’épisode.

    c’est vraiment le principal reproche, les raccourcis du rush to the end. Par exemple si on reprend les premières saisons, les gros twist étaient amené avec subtilité, on avait des indices comme dans les livres mais c’était difficile de ne pas être surpris. Sur ce final, il cherche a continuer à jouer la suprise (Arya qui tue le NK, la folie de Daenerys ..) mais ça ne prend plus, en grande partie par le manque de subitilité de la réalisation.

    En prenant du recul, je ne sais pas encore si je suis complètement déçu ou non par cette saison, j’ai un sentiment assez mitigé. Le scénario me convient , le visuel fantastique de certains épisodes,.Coté négatif, les scènes WTF trop nombreuses, les personnages girouettes qui perdent leur âme (d’un point de vue féministe ou pas ;)) beaucoup moins …

    Et puis sérieusement, Drogon c’est mieux qu’un escadron de bombardiers, il a du sérieusement faire du yoga et travailler son souffle pour cracher autant de flammes. Il n’y a que moi que ça choque de voir des murs de pierres s’effondrer comme des légos devant le souffle?

  8. Merci pour cet excellent billet comme d habitude
    Tyrion qui parle des souterrains à Jaime, j’avais même pas pensé sur le moment à les utiliser pour entrer. Pourtant tu en avais parlé dans un précédent billet, honte à moi.
    Et une expédition aurait même pu être tentée. L’envoyer qu’une dizaine d’hommes pour la discrétion et La Montagne se chargeait d’eux.
    Échec mais au moins essai.
    Je rage en fait parce que je suis folle du couple Brienne Jaime. En quelque sorte, la relation Jaime Cersei a toujours suivi le même chemin, hormis l’épisode 4.
    Donc je dois en prendre mon parti.
    Par contre, je suis déçue par la mort de Cersei. Pas la façon de mourir mais par la présence de Jaime. Il adoucit ses derniers moments et j’aurais aimé la voir seule, désemparée, etc jusqu’à la fin.
    Cela m’a d’ailleurs surpris parce que je ne pensais pas détester autant le personnage.

    Pour finir, bon voyage à Dorne. Pourras- tu y visiter quelques lieux de tournage ?

    1. Malheureusement non, je vais à Barcelone, qui n’a pas servi de lieu de tournage à la série. Et on vient de me voler ton portable et ma carte bleue (true story) donc je me sens un peu comme Dany ce matin, j’ai envie de cramer des trucs. Si vous entendez parler d’un départ de feu à la Sagrada Familia, vous étonnez pas.

  9. Je me suis moi aussi laissée complètement emporter par cet épisode. J’ai bien vu les grosses ficelles scénaristiques mais j’ai décidé que l’émotion, c’était mieux. Je pense d’ailleurs que c’est ce que voulait transmettre la mise en scène en priorité et pour le coup, je trouve que c’est très réussi. Que ce soit Daenerys défaite à Peyredragon, le dernier adieu de Jaime et Tyrion, ce moment terrible en attendant que les cloches sonnent, Jon complètement sonné, les retrouvailles de Cersei et Jaime, Arya perdue dans un labyrinthe de ruines fumantes…

    Autant la dégringolade de Daenerys ne m’a pas surprise, autant j’ai été extrêmement choquée par le geste de Ver Gris d’attaquer des soldats rendus et désarmés. D’une certaine façon c’était plus « concret » qu’un feu mythologique tombant du ciel. C’était le choix d’hommes normaux, de soldats qui plus est, de s’affranchir effectivement de la convention de Genève pour donner libre court aux instincts les plus bas de l’humanité. Daenerys est presque une déesse des cendres, mais eux sont on ne peut plus humains. Je crois que c’est plus par le geste de Ver Gris que par l’envol de Drogon que le renversement total des valeurs se concrétise. C’est en tout cas à ce moment-là que je prends définitivement parti pour les gens de Port-Réal.

    J’ai adoré les scènes réunissant Jaime et Cersei. La fin de Cersei n’est pas aussi spectaculaire qu’on pouvait se l’imaginer (encore que ça se discute quand c’est le Donjon Rouge qui te tombe sur la tête) mais elle m’a semblé juste. J’ai également pardonné à Jaime d’avoir abandonné Brienne. Et je salue là aussi le jeu de Lena Headley. Du sourire confiant aux larmes à son balcon, de ce soupir mêlé de désespoir et de soulagement en revoyant Jaime à la peur viscérale qui l’étreint dans les souterrains. Comme vous l’avez très bien dit, le dépouillement de tous ses artifices par Cersei pour retrouver son humanité était beau. Et c’est très particulier de pleurer devant son écran pour un tel personnage. Daenerys a en quelque sorte abandonné son humanité, alors que Cersei l’a enfin recouvré.

    Cela dit je vous rejoins totalement sur le décalage entre ce qui est montré et ce qui est voulu par les showrunners concernant Daenerys. Comme vous je ne parviens pas à voir de la folie, mais seulement une bonne dose de colère, de chagrin, de deuil et de désespoir. Les portraits d’Emilia Clarke les cheveux défaits étaient superbes mais ça n’évoquera jamais pour moi autre chose qu’un méli-mélo de sentiments très forts et pas très positifs, une grande souffrance très compréhensible. Ce en quoi je vous rejoins également totalement sur le traitement sexiste que ça laisse voir. J’avais bien compris là où la série voulait m’amener, d’où ma relative complaisance face au basculement de Daenerys avec les cloches, mais ça coince quand même aux entournures avec les vieux raccourcis grossiers employés pour en arriver là.

    J’appréhende beaucoup le dernier épisode. Tout amène à penser que Daenerys sera abattue lundi prochain mais si cela fait effectivement l’objet de tentatives, je ne parierais rien sur la réussite desdites tentatives. J’en suis à un stade où je n’arrive à me faire aucune idée sur la fin de la série et quelque part, c’est très fort de la part des showrunners. Je souhaite que Jon retrouve MoonMoon dans le Vrai Nord, qu’Arya fasse le tour du monde en bateau, que Sansa et Tyrion fassent des marmots à 300 de QI… mais qu’est-ce qui me dit que Daenerys ne parviendra pas à rester sur le trône qui aura déjà tant coûté à tout le monde ? Alors certes, la salle du trône a explosé, mais y’a qu’à ramasser les épées des soldats Lannister empalés par Ver Gris et refaire fondre le schmilblick par Drogon. Est-ce que ça ne serait pas justement une fin douce-amère comme on nous la promet depuis un moment ?

  10. Merci pour ce billet et les précédents. Vos analyses sont précieuses et permettent une meilleure assimilation du contenu des épisodes.
    Je vais faire court, comme tout le monde je déplore la rapidité avec laquelle se déroule cette ultime saison. 10 épisodes auraient permis plus de profondeur mais c’est ainsi ! Le visuel en revanche, un petit bijou !
    J’ai A-DO-RÉ les morts des Clegane Brothers et de Cercei et Jamie. C’était magnifique, visuellement et symboliquement, de la pure poésie à mes yeux. Nothing else matters, only us.
    Et the rain of Castamere remixé à la sauce light of seven dans le générique de fin, sublime ! Adieu Cercei…
    Quant aux autres… Dany m’a toujous soûlée, donc autant vous dire que sa mort prochaine m’indiffère, voire me réjouit.
    J’arrive plus trop à suivre Arya qui abandonne à deux doigts du but… et Jon, ba c’est jon quoi, toujours un peu dépassé par les événements. Enfin, J’ai peur pour Tyrion la semaine pro, je croise les doigts pour qu’il survive à la madqueen.

    Bon séjour à Dorne avec vos sauvageons la Dame !

    1. Tyrion pourrait s’en tirer, sauf si quelqu’un bave dans les oreilles de Daenerys au sujet de Jaime. Enfin je pense que je suis surtout en train de m’auto persuader qu’il va s’en sortir. Je ne suis plus sûre de rien.

      1. Je redoute le scénario suivant : Daenerys apprend la trahison de Tyrion, l’exécute et se fait buter par Jon…

        1. Scénario plus que probable, si la section SEGPA des Immaculés vient rapporter à la reine que le prisonnier s’est mystérieusement échappé pendant qu’ils étaient en train de jouer à Pokemon Go… Il y a bien un moment où Daenerys va demander à ce qu’on lui livre le Régicide.

          Avec très peu de bol, ça pourrait même se passer dans la première moitié de l’épisode (JE SUIS PAS PRÊTE PUTAIN…).

          Dans l’optique D&D de surprendre, vu que Tyrion est un perso réputé insubmersible, il est plus que probable qu’en effet, ils le butent mais comme Daenerys l’a très souvent menacé, le twist rigolol serait de le faire mettre sur le banc des accusés pour la destruction de Port Réal, avec Daenerys. Et là aussi, il y passe. Et contrairement à son procès pour régicide, cette fois, ça va être compliqué pour lui de s’en sortir (sauf si Jon plaide en sa faveur ?).

  11. Merci pour le billet, moi aussi ça va me faire tout drôle de lire celui sur le dernier épisode.

    Concernant celui-ci, entièrement d’accord avec toi sur l’ensemble. Daenerys n’a jamais été aussi belle et charismatique que ce moment où le fusible crame et qu’elle s’envole dans les cieux. Par ailleurs content de retrouver l’aspect arme atomique des dragons, les épisodes précédents avaient fait beaucoup de dégâts à ce niveau là.

    Pour Euron, le problème de son duel avec Jaime reste une nouvelle fois le traitement du Greyjoy, qui n’est qu’un gros balourd beauf à l’humour pachydermique presque malaisant.

    Rien à dire sur le reste, mais je me rends compte que je souhaite la victoire de Daenerys, je crois que j’ai un faible pour les gens qui crament des gens qu’ils ne devraient pas !

    1. Autant je pense que j’aurais pu considérer d’un oeil froid la destruction du seul Donjon Rouge, autant s’en prendre à la ville entière, là, je ne suis pas. Du coup, traitement à la truelle du personnage mis à part, sur ce seul crime de guerre, Daenerys mérite un gros blâme de ma part. C’est comme brûler vive sa fille, ça se fait pas, mayrde :p

      1. Que veux-tu, j’ai un truc qui ne tourne pas rond chez moi….j’aime les pyromanes. Bon ceci-dit avec le recul, le bûcher de Shôren reste une scène atroce à tout point de vue !

  12. Merci pour ce résumé clair et précis, qui analyse tout ce que j’essaie de dire depuis une semaine sans arriver à le formuler correctement. Je crois que c’est la première fois que je laisse un commentaire, mais je suis les billets de la Dame depuis un moment, et leur pertinence n’est jamais démentie ! Autant dire que j’attendais celui-là, merci d’avoir prit le temps de l’écrire.
    Rien à ajouter, si ce n’est une chose qui m’a frappée pendant la scène de la mort de Jaime : ça fait des années que le mec supporte le surnom de ‘Régicide’ (et tous ses actes par la suite seront jugés à l’aune de cette action) parce qu’il a tué le Roi Fou qui voulait faire brûler Port-Réal, tout ça pour mourir dans l’incendie de la ville par la fille d’Aerys… La boucle, les mecs, la boucle !

  13. Merci la Dame pour cet excellent billet!
    Mine de rien je me prépare autant à verser une larme pour le dernier épisode que pour le dernier billet. Depuis que j’ai commencé à regarder les épisodes, j’ai pris l’habitude de venir ici lire les billets (et les relire en même temps que je revisionne les épisodes). J’ai complètement associé les deux supports.
    (Ce serait tellement chouette de se retrouver pour des billets sur SDA et the Witcher)

    Je l’avais dit sur le groupe facebook, je n’avais pas hâte de voir cet épisode. Je ne sais pas si c’est le fait que j’ai su ce qui allait se passer avant (j’ai vu l’épisode tardivement), ou parce qu’après l’épisode 3 qui m’avait tellement refroidi, j’ai baissé mes attentes et éteint mon cerveau pour apprécier le spectacle ou que je suis fatiguée de râler sur la série, mais j’ai sincèrement apprécié le spectacle.

    Dans le vrac :
    – Euron et Jaime, le Cleganebowl : deux trucs dont je m’en tamponnais la babouche, j’avoue sans honte avoir passé ces deux passages.
    – La mort de Cersei et Jaime : contrairement à mon conjoint qui a détesté cet épisode et tout particulièrement ce moment, j’ai adoré cette fin pour sasoeurlareine. Je me prépare depuis les dernières saisons à la voir mourir, mais j’ai quand même versé une petite larme (pareil pour la scène Tyrion-Jaime). Même ses dernières scènes avec papy Mengele étaient touchantes (on en parle assez peu car le personnage de Quyburn est effacé et morbide mais ils avaient une relation particulière avec Cersei qui était assez touchante, de loin). ¨

    Concernant Daenerys, vous mettez pile le doigt là oü ça bloque pour moi et je suis entièrement d’accord avec vous. J’avais entendu une interprétation intéressante de son acte sur le podcast Whisperos et qui est aussi présentée dans les commentaires. Comme Varys a fuité la véritable identité de Jon, Daenerys sait que même si elle avait gagné (facilement) la bataille contre Cersei, elle ne gagnera jamais la guerre contre Jon. (Tout comme le roi de la nuit, Cersei n’est finalement qu’une autre péripétie contre le véritable obstacle : Jon, un héritier mâle, plus légitime par la naissance mais également par son parcours sur Westeros). Tout est fichu pour elle, et son unique porte de sortie est de commettre un tel massacre qu’elle montre qui est le patron de la boutique et de laisser les potentiels comploteurs réfléchir à deux fois avant de contester son statut de reine. C’est quasiment suicidaire, mais elle n’a guère le choix. (C’est une interprétation assez intéressante mais qui ne colle du coup pas avec l’explication de DW).
    Les scènes avec Arya étaient cools mais aussi dispensables (J’aime beaucoup Arya, mais je trouve qu’elle est trop mise en avant au détriment d’autres personnages qui disparaissent dans le décor). J’avoue que j’aurais préféré surtout suivre Jon et Davos. D’autant plus que j’ai trouvé leur traitement assez brouillon dans l’épisode (je n’ai pas très bien compris ce qu’ils faisaient pendant le massacre. Jon m’a seulement donné l’impression de rester planté comme un piquet).

    On râle beaucoup sur cette saison car c’est la dernière mais je trouve que la saison précédente était largement pire sur tous les points de vue (l’épisode WTF au-delà du mur, la relation entre Jon et Daenerys absolument loupée, les scènes Arya et Sansa) et a largement contribué à installer cette saison dans des sables mouvants.

    Concernant cette saison, pour l’instant le visuel est magnifique, les acteurs au meilleur de leur forme (Emilia, big up, tu m’as bluffé ces deux derniers épisodes), le scénario se tient mais le vrai gros défaut de cette saison sur lequel tout le monde est unanime est son rushage (dont les raccourcis scénaristiques provoquent de sacrées incohérences). 6 épisodes étaient bien trop courts. Sans aller jusqu’aux 5 saisons suggérées par Martin, il aurait fallu au moins 10 épisodes pour un bon résultat à ce niveau-là.

    Pour le dernier épisode, je fais une minute de silence sur mes pronostics de la semaine passée et je mise davantage sur une indépendance des 7 royaumes. Une fin qui me plairait et qui me réconcilierait avec la fin de l’épisode 3 serait Jon allant dans le Nord rechercher Moonmoon et Tormund et lors d’une chasse au caribou tombe sur des membres humaines éparpillés en spirale.
    Bon séjour à Barcelone !

    1. Concernant Daenerys, je crois qu’en effet, il n’y a pas de rationalité ou de plan à chercher. Et le fait que beaucoup de gens tentent d’y trouver une raison, une logique, montre bien que D&D se sont foirés dans construction de sa folie. Si on ne veut pas y croire, c’est parce que ce n’est pas amené de façon crédible, tout simplement.

      En parlant des 7 Couronnes, j’étais en train de faire l’inventaire des seigneurs de chaque province, sachant que certains le sont plus à titre putatif que de fait :
      -Nord : Sansa (OUI.)
      -Les Eyriés : Robin Arryn
      -Les Conflans : Edmure Tully
      -Les Terres de l’Ouest : Tyrion Lannister
      -Les Terres de l’Orage : Gendry Baratheon
      -Dorne : le prince de Dorne

      C’est le Bief qui m’a fait tiquer. Techniquement, il n’y a plus de seigneur dans cette province. Les Tarly sont tous soit morts, soit dans la Garde de Nuit. Sam n’a pas renoncé à ses vœux, bien qu’il ait pissé dessus.
      Et qui penserait, sincèrement, à donner Hautjardin à ser Bronn de la Néra ? Tu vois Tyrion, avec tout ce qu’il a merdé, venir demander à Daenerys de donner la boutique à un reître qui il n’y a pas deux semaines était encore au service de Cersei ?

      Et pourtant, ironiquement, une part de moi aimerait que lorsque la série se termine, Bronn ait enfin élu domicile dans un château. Même un petit, peu importe.

      1. Je suis totalement d’accord.

        Concernant les biefs, Hautjardin et Bronn, encore faudrait-il qu’il y ait un Tyrion dans le prochain épisode ou encore une Daenerys…(A mon avis, au moins un des deux partira en fumée).

        La question des provinces soulève un autre souci d’opacité d’information dans cette saison: j’avais compris que Sam en tant que dernier membre de la Garde était relevé de ses fonctions, et avait décidé de partir avec sa dulcinée et leur progéniture dans la demeure familiale.

        J’aimerais que Bronn ait un chateau à la fin de la série, au moins pour justifier cette scène complètement random entre lui et les deux frères Lannister lors de l’épisode 4.

        Je m’égare complètement et je doute fortement que la série suive cette hypothèse, mais tant qu’à donner un château à un roturier, autant viser du gratin type Brienne ou Davos.

  14. Merci pour ce billet. J’ai été jusqu’à maintenant une lectrice silencieuse qui attendait vos billets avec presque plus d’impatience que les épisodes.

    Cet épisode a fait couler beaucoup d’encre. Visuellement, il envoie du lourd et je tire mon chapeau au réalisateur. Il met en scène une réalité horrifique : le sac d’une ville qui s’est rendu et le massacre de dizaines de milliers d’innocents. Des hommes qui sont capables des pires abominations. Un pauvre Jon désabusé qui se rend compte que le Roi de la nuit et les marcheurs blancs n’étaient rien en comparaison. ça fait évidemment écho au sac de Port Réal par l’armée Lannister. Effet miroir car cette fois ci les Lannister sont du côté des vaincus. Et vous l’avez très justement mentionné, ça fait écho à notre propre Histoire qui comporte son lot de massacres d’innocents. Alors on n’a peut être pas de dragon mais on a la bombe atomique.

    Comme beaucoup, je suis déçue par le rush scénaristique. Vous l’avez évoqué, HBO était prête à donner le budget pour plus d’épisodes et Martin lui même disait qu’il fallait au moins 13 saisons. D&D ont cru jusqu’au bout pouvoir clôturer la série en 13 épisodes (S7 et 8) sauf que ça se fera au détriment de ce qui a fait le succès de la série, la qualité scénaristique. Faire dire à un personnage tel que Jaime Lannister qui a eu un des arcs narratifs les plus aboutis de la série avec celui de Theon qu’il se fiche des « innocents » clairement ça ne passe pas.
    Dany en Mad Queen. L’idée était bonne sur le papier mais elle aurait mérité un traitement plus approfondi. Le père de Daenerys n’est d’ailleurs pas devenu Mad King du jour au lendemain, il était un bon Roi à ses débuts. Une saison supplémentaire pour montrer l’isolement de Dany à Westeros n’aurait pas été de refus. Le retour des Tully avec la figure d’Edmure (même si l’acteur est pris par le tournage de la série The Crown) par exemple, un Gendry qui va à Accalmie en comme nouveau seigneur et qui peine à s’imposer devant les vassaux des Baratheon qui ne vont surtout pas prêter allégeance à une Targaryen. Pourquoi pas un retour à Dorme, les Martell malgré l’épisode Rhaegar/Lyanna étaient fidèles à la maison de Dany et ce prince de Dorme mentionné brièvement dans l’épisode 4 aurait pu lui proposer une alliance par un mariage. Mais la révélation de l’ascendance de Jon et surtout de l’annulation du mariage d’Elia (on ne t’oublie pas Elia !) serait très très mal passé. Je m’égare un peu mais il y avait de la matière pour montrer ce basculement progressif dans la folie et la rage meurtrière car le peuple de Westeros la considérera toujours comme une étrangère. Alors en dernier recours, elle assume entièrement son statut de Dragon et suit le conseil d’Olenna Tyrell. J’ai adoré le point chiffon sur sa tenue.

    Emilia Clarke est fabuleuse dans cet épisode. Le début de l’épisode où on la voit avec des cernes, les cheveux décoiffés, on ne peut s’empêcher de penser un instant à Aerys II mais comme vous le soulignez très bien elle est surtout en deuil. Elle a beaucoup perdu. Le dernier regard avant qu’elle bascule…elle devient le dragon et comme le disait Jorah un dragon est une créature sauvage et ne peut être domestiqué.
    Lena Headey qui va beaucoup me manquer. J’ai eu de la peine pour Cersei dans cet épisode. Cette humanité retrouvée quand elle comprend que c’est la fin pour elle et surtout pour son enfant, c’est touchant. S’il y a quelque chose qu’on ne pourra jamais lui reprocher c’est d’avoir aimé ses enfants. Beaucoup auraient aimé qu’elle meure dans d’atroces souffrances mais n’a t-elle pas déjà payé beaucoup de ses crimes par la mort de ses enfants (elle voit son propre fils mourir, pour une mère c’est le pire scénario possible), elle est mis à nu lors de sa marche de la honte. L’intensité de son regard lorsqu’elle voit Dany mettre le feu à la ville…Lena you are amazing !

    Euron…..une vaste blague du début à la fin.

    Oui j’ai pleuré pour la dernière scène Jaime/Tyrion et celle d’Arya/Sandor quand elle l’appelle par son prénom.

    Je n’ai pas d’attentes particulières sur le final. On aura une première fin de GOT en attendant la fin de Georges RR Martin. S’il y a quelqu’un qui doit être déçu des facilités scénaristiques et surtout du rush c’est lui. Alors beaucoup vont me dire, s’il avait fini les livres avant blablabla Il prend son temps pour ne surtout pas décevoir les lecteurs et il a bien raison. C’est un gros perfectionniste qui a crée une oeuvre monumentale. Je lui souhaite bon courage car déjà qu’il est sous pression, là ça va être démultiplié. La mad queen comme beaucoup je pense que ça vient de lui et que c’était le dernier plot qu’il avait donné à D&D en plus du sacrifice de la fille de Stannis et l’origine d’Hodor mais les trois seront de toute manière traités différemment et avec plus de profondeur dans les livres. A GirlHasHope

    Pensée pour Jon qui j’espère pourra couler des jours heureux dans le Nord avec Tormund et Ghost loin des responsabilités qu’on veut lui imposer. Il mérite ça le bonhomme !

    Bon séjour sur les terres de Dorme

    1. J’aime beaucoup votre scénario politique virtuel ! On aurait alors retrouvé le sel des premières saisons de la série 🙂

  15. Bonjour et merci pour ce billet qui m’aide beaucoup à accepter l’épisode.
    J’étais assez révoltée de voir la fin de Varys sans dénouement sur sa mutilation et sa relation avec les prêtres rouges, et aussi Jon qui reste le chien-chien à sa mémère alors que love ou pas il a toujours fait ce qu’il pensait de plus juste.
    Et oui globalement tout qui va trop vite, des intrigues et des évolutions de personnages bâclées pour finir au plus vite une série qui était super bien construite. Trop dommage. Shame !
    J’ai trouvé la mort de Cersei et Jaime plutôt belle, ils sont nés ensemble, ils sont partis ensemble. J’avais imaginé quelque chose de plus grandiose mais écrasés en choeur par le pouvoir et la défaite c’est pas trop mal.
    J’ai lu que le cheval pouvait être « habité » par Bran qui vient à l’aide de sa soeur. Pourquoi pas.
    Enfin merci encore, et bon séjour à Dorne 🙂

      1. Kinvara nous l’apprendra peut-être … ?

        (Kinvara = seconde Prêtresse Rouge que l’on voit à Meereen qui bash Varys)

  16. Bonjour la dame et merci pour cet avant-dernier billet sur la saga GOT, sniff !

    J’ai aussi trouvé la réalisation de cet épisode absolument magnifique, j’ai passé plus d’une heure accroché à mon siège et le souffle court, si on prend pour référence le ravage de Laketown par Smaug la réalisation de Sapochnik me semble très clairement un cran au dessus, et les morts vivants ne m’ont pas gâté la fête cette fois ci !

    Pour ce qui concerne le début : rien à redire, la fin de Varys fut courte, efficace, et élégante, comme le personnage, que j’ai toujours bien aimé.

    C’est après…

    Alors autant dire que si je ne vous ai pas suivi la semaine dernière dans votre appréciation sur la conversation entre Sansa et Sandor, cette semaine, par contre, j’ai été assez outré de voir la façon dont les scénaristes ont traité la « conversion » de Daenerys. Déjà ça commence avec cette scène que j’ai trouvé d’un grotesque entre elle et Jon :

    « Jon… je me sens si seule, et toutes ces femmes qui me font des misères, j’ai tellement besoin d’un gros câlin et d’être rassurée… »
    « Euh… tata Dany, vous êtes toujours ma Queen hein ! et pour le reste… euh… vos ragnagnas ? »
    « AH BON, PUISQUE C’EST CA : LET IT BE FEAR !!! »

    Ri-di-cu-le !

    Il connait décidément toujours nothing Jon Snow…

    Ensuite pour ce qui concerne le « pétage de câble » de Dany, sur le moment j’ai vraiment pensé que c’était prémédité, et je ne l’ai pas vu folle mais barbare. Faut pas oublier qu’elle a quand même été « formée » par les Dothrakis, et tant qu’à faire peur, puisqu’elle est la seule à avoir l’arme nucléaire de l’époque, autant qu’elle montre ce que ça donne si elle s’en sert. Histoire de faire réfléchir ceux qui envisageraient de se montrer rétif à son ex-futur règne sur Westeros… à commencer peut être par Sansa et ceux des gens du Nord qui sont aux premières loges à combattre dans la ville !

    C’est une grande tradition dans les guerres de toutes les époques, plus près de nous les gens de Hiroshima et Nagasaki pourraient nous en parler !

    D’ailleurs dans le making-off les scénaristes parlent de Dresden, mais ils disent aussi que ce sont les cloches qui la font virer berserk… soit…

    Pour ce qui concerne la Golden Company alignée devant les remparts, le contexte me semble très différent de l’épisode trois. D’abord Cersei et ses généraux doivent avoir une assez bonne estimation de ce qu’ils ont en face, et, Cersei le dit, ils pensent que les ballistes neutraliseront le dragon. Alors, pour éviter le siège, ils emploient la même tactique que Ramsay en confiance devant Stannis et devant Jon : ils pensent pouvoir régler le problème à la régulière devant les remparts.

    La suite… bon… les larmes de Cersei, les adieux d’Arya à Sandor, un des beaux « couples » de cette série, j’ai bien aimé le parti-pris de montrer l’apocalypse qui s’abat sur KL par les yeux d’Arya.

    Euron… il fallait effectivement fermer son arc, je pense qu’on a voulu nous montrer que, métaphoriquement, et avant le moment ultime, c’était toujours Jaime le mâle dominant vis-à-vis de Cersei… mais bof…

    Le Cleganbowl : du pur fan-service, et puis il fallait bien nous la montrer au moins une fois la tronche qui se cachait sous le casque de La Montagne. C’était quand même bien fait, ce qui m’a gêné c’est la mort de Qyburn, écrasé comme une m**** par la pogne de Clegor… je sais pas pourquoi mais je lui voyais plus d’avenir que ça à la main de la reine !

    Et puis la mort du couple « maudit »… J’aurais bien vu une mort un peu moins « douce » pour Cersei, genre un bon petit jugement où on évoquerait pèle-mèle le massacre du Grand Sept de Baelor, le traitement de certaines prisonnières, etc… avant une décollation bien propre, Ned style… mais on manquait clairement de temps.

    La fin de l’épisode avec le cheval pâle, j’avoue, je me suis demandé ce qu’il pouvait bien faire au milieu d’une ville qui venait de subir une tempête de feu, sur le moment le côté symbolique m’a totalement échappé, comme la tentative d’empoisonnement de Daenerys d’ailleurs…

    Pour le dernier épisode, je dois avouer que je suis perplexe, j’ai entrevu des leaks, donc je ne donnerai pas de détails, mais même s’ils sont justes il reste tellement de destins à dénouer que je l’attends avec une certaine impatience… au risque, comme tout le monde semble le pressentir, d’être déçu.

    En attendant, bon séjour dans cette belle ville de Barcelone, et n’oubliez pas d’aller voir Santa-Maria del Mar infiniment plus sobre et plus belle à mon goût que la Sagrada. Quand vous avez parlé de Dorne j’étais persuadé que vous alliez à Séville 🙂 !

    1. Ah oui Qyburn !!! Bah c est un peu le docteur Frankenstein donc c était prévisible comme fin.

      Ce qui m a surpris c est sa loyauté, je l aurai vu quitter le navire avant qu’il sombre.

      1. Moi je me suis toujours demandée pourquoi il était fidèle à Cersei , vue que c’ est Jaime qui l’ as aidée .

        1. C’est Cersei qui a viré Mestre Pycelle pour lui donner son labo, c’est elle qui en a fait ça main, qui lui a confié La Montagne à « reconstruire »… bref ça crée des liens !
          Mais sinon je l’aurais bien vu aussi trahir Cersei en la livrant ou la tuant, voyant qu’elle avait perdu, sauf que négocier avec Daenerys ça ne paraissait plus trop possible là !

      2. Qyburn et Cersei c’est une histoire assez touchante je trouve. Cersei déteste Pycelle, un vieux pervers qui profite de son statut pour la reluquer et dont elle se méfie d’une manière plus large. Quand Qyburn arrive, c’est une parfaite opportunité pour elle de remplacer ce gros dégueulasse.
        Et puis Qyburn est un type qui a ses bons côtés. Je le pense sincèrement reconnaissant envers Cersei de le prendre tel qu’il est et en retour, il la prend aussi comme elle vient. Elle le laisse être celui qu’il est et il fait de même en échange. L’un comme l’autre sont des incompris, des rejetés, pour des raisons qu’ils assument parfaitement, pour des choix radicaux qu’ils ont fait. Je crois que ces deux là se comprennent mieux que quiconque ne les comprendra jamais. Il y avait beaucoup de tendresse dans la manière dont ils se sont pris la main dans cet épisode. Cette tendresse trouve son écho dans les deux scènes qui entouraient l’annonce de la grossesse de Cersei l’an passé. Qyburn est sincèrement dévoué à la reine, et vers la fin, je pense qu’ils réalisent tout d’eux que cette dévotion va au-delà de servir leurs intérêts respectifs.

        1. Big up d’ailleurs à Anton Lesser, qui aurait mérité depuis la saison 6 d’avoir son nom au générique de début !

        2. Cette affection et cette dévotion date d’assez longtemps quand on regarde leur historique. Je pense notamment à la scène de la marche de la honte de Cersei. Il est littéralement le seul à rester auprès d’elle et l’épauler. Je me souviens du moment très touchant oü elle regagne l’entrée du donjon rouge, complètement défaite, et il l’attend avec Frankenstein et un drap pour la revêtir.

        3. Ah tiens, avec mon esprit mal tourné pour tout ce qui concerne l’entourage de Cersei, j’y voyais de l’obséquiosité sournoise et intéressée à ces manières de Qyburn, mais effectivement, vous avez peut être raison…

      3. Je regrette un peu le peu d’importance accorder à Qyburn. Le mec a quand même réussi à faire de La Montagne un gars aussi increvable que les zombies de Dagobert ! Ca valait le coup d’être approfondi je pense. Je suis sûre qu’il aurait mérité d’examiner le ptit Régis qu’on lui amène sur un plateau la saison dernière.

  17. Pardon j’oubliais, concernant la mort de Cersei : on ne va (normalement) pas pouvoir retrouver son corps sous un million de tonnes de gravats, et donc, du point de vue des protagonistes survivants, et en particulier de celui des « légitimistes », rien ni personne ne peuvent prouver qu’elle soit effectivement décédée et non en fuite…

    1. Exact : ceci entrainant moult usurpatrices qui apparaitront sporadiquement dans les Cites Libres, prétendant être la reine, ou un de ses enfants cachés.
      La seule preuve dont les gens pourraient disposer, ce sont Tyrion et Davos qui la connaissent : la barque, si elle est toujours accessible, et qui n’a pas bougé.

  18. Je passe dans le lointain pour confirmer donc que les leaks étaient 100% vrai, que je suis bien contente de m’être spoilée la gueule, et même avec ça j’étais tellement furax après avoir l’épisode que j’ai pas réussi à dormir.

    En tant que scénariste de profession ça m’a sincèrement brisé le coeur et laissé un vieux goût de poussière dans la bouche. Je suis incapable d’apprécier même la beauté visuelle de l’épisode tellement j’étais amère et en colère du traitement honteux de chacun de ces personnages.

    Il y a une part de déformation professionnelle dans mon amertume, liée aussi à ma colère sans borne que l’égo gigantesque de D&D les ait poussé à brader de la manière la plus scandaleuse qui soit le show le plus regardé de la planète, le bousillant en deux saisons, privant des centaines de personnes d’emplois, trahissant (j’ai pas d’autres termes) la chaîne qui leur avait fait confiance sur ce projet avec absolument AUCUNE considération.

    HBO a beau être une chaîne solide, le moindre échec colossal sur une série un peu chère pourrait les fragiliser drastiquement. Une série comme GoT, c’était aussi la garantie de continuer à produire du contenu de qualité, assurer les arrières d’une chaîne exceptionnelle dans le paysage télévisuel, qui prends des risques, fait des efforts, et a offert des conditions de rêve sur un plateau d’argent.

    Je suis furieuse, amère. Au delà du naufrage de la série et du scénario, D&D se sont comporté de manière scandaleuse vis à vis de toute la profession en se comportant comme deux putain de diva rejetant avec négligence des conditions de travail exceptionnelles, et en dégommant ce qui aurait pu rester comme la plus grande saga de pop culture de l’histoire de la série télé.

    Chaque minute de l’épisode me l’a craché au visage. J’ai détesté de bout en bout chaque scène des personnages, même si j’ai apprécié la qualité de la réalisation, des CGI, des plans, du storyboard. Mais c’est une maigre consolation.

    Autant dire qu’entre moi qui suis scénariste pro et mon mec qui est docteur en histoire spécialisé dans les arts martiaux et escrimes européennes, et qui s’est rincé le cerveau à l’acide après la débilité crasse des techniques militaires de la série, le concentré d’amertume était over the moon.

    Surtout avec ce qui devrait arriver dans l’épisode final, toujours selon les leaks, et la conclusion de la série. J’ai qu’une hâte maintenant, c’est qu’on en finisse et qu’on oublie ces deux dernières saisons.

    1. Ah oui, dur, en effet… J’ose à peine imaginer l’arrachage de cheveux que doivent être les visionnages…

      Donc les leaks étaient viables ? L’avantage de l’épisode 4, c’est qu’il m’a tellement douchée que je n’ai même pas envie de me griller la surprise en allant les voir. J’en suis à ce point de détachement que lundi, quand je me suis levée à 6h pour aller voir l’épisode, je trainais les pieds. Et la rédaction du billet s’est faite un peu dans le même état d’esprit (pas aidée non plus par le fait de devoir écrire en séances fractionnées, ce qui ne me convient pas). J’ai beau avoir beaucoup aimé ce dernier épisode sur le plan de la réalisation et pour ce retournement de perspective qui couronne une glissade amorcée en saison 7 (on commençait déjà à nous préparer le terrain avec en particulier l’attaque du convoi où Daenerys apparaissait pour la première fois comme une antagoniste), je manque un peu d’enthousiasme, là.
      Bon, il faut aussi compter sur le déni. Je sais que c’est la fin et je n’ai pas vraiment envie que cette fin arrive, même si je peux penser et dire le contraire (paradoxe…).
      En plus, je crois que dans le fond je suis très fan de l’idée d’une Daenerys en antagoniste. Sérieux, le personnage a un tel potentiel de complexité… Mais elle n’aura pas le temps d’être développée à la hauteur de ce qu’elle pourrait être. Et ça me fait suer.
      C’est un peu la malédiction d’Anakin, le personnage qui est amené à devenir le méchant le plus classe de la terre mais qui, lorsqu’on nous montre sa chute, le devient uniquement parce que George Lucas en a fait un type nerveux ascendant neuneu…

      1. Oui les leaks étaient complètement vrais de bout en bout, du coup je suis encore plus échaudée en connaissant déjà la fin :’D

        Comme toi j’aime beaucoup l’idée de Daenerys comme antagoniste final, et c’est justement la médiocrité incroyable de l’écriture qui me rend si furax tellement le matériel de base est riche et passionnant.

        Pour un exemple récent de personnage basculant de façon crédible dans la folie, il y a bien sûr Dutch dans Red Dead Redemption 2, et en plus on sait très peu de choses de Dutch à la base !! Franchement ça me rend DINGUE en comparaison ! J’ai peu apprécié le gameplay de RDR2, et la narration était un poil laborieuse et casse gueule, mais alors 10/10 en revanche pour construire une évolution nickel et crédible d’un groupe qui se délite et sombre dans le désespoir alors qu’ils tentent de toutes leurs forces de rester souder. C’est une histoire vraiment tragique à voir, traversée d’instants de violences folles tempérées par un amour incroyable qui suinte de partout, et ça a fait vraiment une très belle histoire et un basculement d’autant plus cruel quand la figure du leader sombre dans la folie.

        Merde quoi. On ne sait RIEN du personnage de Dutch quasiment, mais la mise en scène suffit : c’est un meneur, c’est toute sa vie, il s’y jette à corps perdus, mais tu devines une certaine médiocrité sous jacente, qu’il camoufle par son charisme et un périlleux jeu d’équilibre et de dupe. Dutch c’est quasiment que de la gueule, mais ça reste un homme courageux, qui s’est occupé d’orphelin qui n’avait rien, qui fait confiance à son bras droit, et qui dirige équitablement son groupe. C’est autant un homme bon que médiocre.

        Sa dangerosité se révèle au fur et à mesure : il s’est construit un monde, une petite société d’une dizaine de personnes, et est incapable de s’adapter à autre chose, car dans la vie de tout les jours, il ne serait rien. Et quand tout commence à être mis en péril, c’est là que tout devient plus glissant : il manipule, ment de plus en plus, essaye désespérément de trouver des solutions de plus en plus compliquée et dangereuse. MAIS, ses motivations demeurent positive, car il veut sincèrement sauver son groupe, ce qui est d’autant plus cruel à voir. Son discours évolue, perd peu à peu en crédibilité, les gens commencent à douter autour de lui, et c’est d’autant plus difficile pour eux qu’ils VEULENT le croire, qu’ils continuent de le soutenir, mais la gangrène est déjà là, et tout glisse vers quelque chose de plus en plus désespéré et sans retour.

        La mort de son bras droit qui le tempérait a exactement le même effet que la mort de Missandei, mais est bien plus intelligente et utile. Dans RDR2, la figure de ce personnage sert à mettre un frein à Dutch, le faire douter, lui donner un garde fou, une figure d’affection aussi. C’est un repère très important pour l’équilibre du groupe, et sa disparition, cruelle, par la faute de Dutch, fragilise considérablement tant le groupe que les capacités de Dutch à prendre du recul. Ce qui fragilise du coup son couple, car sans plus personne à qui confier ses angoisses, il devient odieux, dur, méfiant, même s’il essaye. C’est vraiment triste à voir, angoissant. Et quand la violence arrive d’un coup, pour protéger le groupe, on est sidéré et inquiet. Et ça va aller de mal en pis.

        La descente aux enfers de Dutch est progressive et 100% crédible, hyper angoissante et malaisante à voir, et n’explose que dans l’ultime segment narratif, avec la fracture définitive entre lui et le personnage principal, Arthur, qui pourtant jusqu’au bout a essayé d’y croire et sauver son mentor. ET MÊME LÀ on se demande comment on a pu en arriver là ! Parce que c’est bien écrit, parce que c’est une réussite totale, et pourtant la narration souffre aussi de faiblesses très visibles dans RDR2 !

        Ça me rend du coup complètement chèvre de rater à ce point la bascule de Daenerys avec le fantastique matériel qu’elle offre. C’est une figure christique, magique, pétrie d’ombre et de lumières, d’extrêmes. Elle méritait de devenir une incroyable antagoniste, et pas juste une frappée du bulbe qui devient un allume cigare vivant.

        Tout comme Jaime avait le droit à son arc de rédemption, et prouver que oui, on peut survivre et sortir d’une relation épouvantable et toxique à souhait, que Jaime a TOUJOURS été ce chevalier brave, courageux et pur, uniquement perverti par Cersei, et qu’il s’était retrouvé avec Brienne qui lui a rendu à qui il était.

        Ça me fait énormément de peine que ce personnage ait été écrit de cette manière pour conclure. Tout comme je trouve extraordinairement décevant la fin de Cersei, qui méritait une fin à la mesure de l’évolution de son personnage, et pas juste comme un paquet de tomate écrasé sous le Donjon rouge.

        1. TAHITI §§§

          Ahem, je ne peux qu’abonder dans le sens de quelqu’un qui cite Dutch dans RDR2. Ce jeu… Bon, je ne partage pas tes réserves, vu que j’ai été totalement happée par le jeu, de A à Z, je n’ai aucune objectivité le concernant (et sincèrement, je ne suis pas encore vraiment remise…).
          Du coup, ton point de vue sur les faiblesses de la narration m’intéresse beaucoup 🙂

          Sur Cersei, j’attends encore un peu de voir la fin de la série, mais je pense qu’on pourra in fine conclure que sa fin, passive et sanglotante, rejoindra l’ambiance générale du traitement des femmes par le cliché…

          1. YES TAHITI !! C’était d’autant plus horrible à écouter et voir que j’ai grandi avec un parent malade psychiatriquement et mythomane, et j’ai complètement retrouvé en Dutch ces discours hyper malaisant où tu SAIS que ce ne sont que des rêves toxiques irréalisables !

            Pour RDR2 ça reste une très bonne histoire hein on est d’accord, et c’est un vrai luxe que de pouvoir prendre tant de temps pour raconter l’histoire, mais c’est un peu là où le bât blesse justement : dans les chapitres 3 et 4 notamment, il y a ce soucis d’étaler trop peu de beurre sur une gigantesque tartine pour essayer de donner du corps à l’histoire, mais l’enchaînement des missions n’est pas au mieux. C’est bien de faire pleins de petites missions pour faire progresser l’histoire, mais elles sont assez superficielles au final, et la vraie faiblesse globale de la narration, c’est l’échec (je trouve) de donner à chaque membre du groupe une réelle personnalité et une importance qui fait qu’on se soucie de chacun d’entre eux, et qu’on les voit comme une famille liée à la mort. J’ai bien aimé chaque personnages, mais j’étais sincèrement déçue de ne pouvoir en savoir plus, et que leurs interactions soient si superficielles. Surtout alors qu’on savait déjà qui survivrait dans RDR1 ! Evidemment j’ai adoré les missions avec Sadie, Jon et Charles, qui sont mes bests chouchous ever, mais avec les autres, ce ne sont quasiment que des petites missions de rescue. Tillie, Susan et Karen se contentent de se balader dans le camps 90% du camps sans faire grand chose d’autres que se moquer de Molly, dont j’ai elle-même regretté que l’on n’approfondisse pas sa relation avec Dutch, qui était très intéressante. Ça se voit que Molly est une jeune femme intelligente, cultivée, pas à sa place, passionnée et transie d’amour pour Dutch, et que ça la met à l’écart des autres. Elle traverserait l’enfer pour lui, pas parce qu’elle stupide ou une godiche amoureuse, mais parce que c’est une femme qui a été transpercée par le charisme et la personnalité de Dutch, et qui a ce besoin chevillé au corps de faire corps avec lui et de se dévouer pour l’aider. Et qu’il est évident qu’elle l’aime plus qu’il ne l’aime, et c’est triste, parce que je n’ai jamais douté de l’affection de Dutch envers Molly, et quand les choses deviennent plus compliqué, il est incapable d’accepter son aide, de se montrer vulnérable devant elle, certainement parce qu’il souhaite que Molly reste amoureuse de son image, et pas de l’homme qu’il est. C’est passionnant je trouve, très réaliste et bien foutu, mais on n’explore quasiment jamais cet aspect de leur relation, ce qui fait que le twist final autour de Molly était cool, mais n’était pas exploité à son meilleur.

            Et c’est un peu le cas pour tous. Plutôt que de se lancer dans des tas de missions déconnectées à faire dans n’importe quel ordre, j’aurai vraiment préféré une toile tissée autour des membres du groupe, qui se répond, qui resserre de plus en plus l’intrigue, pour faire en sorte que chaque perte soit un déchirement aussi violent que celle d’Hosea. J’étais très triste aussi pour Susan, qui était un personnage fascinant, mais dont on n’a jamais rien su quasiment, rendant son twist à elle surprenant et brutal, mais idem, on n’a pas cet attachement de figure maternelle et de pilier que l’on aurait dû avoir. Pareil pour l’alcoolisme et la solitude profonde de Karen, la maladresse de Pearson… Quant à Javier et Bill, ils sont complètement passé à l’as, comme le révérend Swanson, Marybeth, Sean, Leopold et Tilly, qui ne sont là que pour la déco. C’est quand même vraiment dommage, sur un jeu si long, qui prend autant son temps (je l’ai fini en un peu plus de 95h, épilogue compris), de sacrifier tant de missions limites pour des quêtes fedex, plutôt que de consacrer au moins les deux ou trois premiers chapitres à se plonger dans les personnages pour rendre la chute du groupe d’autant plus cruelle que l’on comprendrait réellement les enjeux et espoirs de chacun.

            Ironiquement, ce qui m’a le plus touché (même si j’ai beaucoup aimé l’histoire du groupe, notamment grâce au personnage contrasté et passionnant qu’est Arthur, et la descente aux enfers de Dutch), ça reste l’arc expliquant d’où vient le soutien des indiens sur Dutch dans RDR1, qui est absolument BRILLANT à mes yeux. C’était vraiment un arc que j’attendais, parce que je suis passionnée de culture et histoire amérindienne, et j’ai trouvé que c’était une réussite totale et un coup de maître. C’est intelligent, beau, brillamment écrit que d’introduire le miroir de Dutch avec Pluie-Battante, qui révèle tardivement à Arthur ce qu’est que d’être un père, et le détache lentement de la doctrine de Dutch, et la terrible histoire autour d’Aigle-qui-vole, qui au contraire trouve en Dutch l’exutoire de violence qu’il recherche. Leurs histoires et destins croisées était non seulement une excellente manière de détacher Arthur de Dutch de façon crédible, et montrer son évolution, que de montrer le terrible arriviste qu’est Dutch, et la cruauté tapie en lui. C’était vraiment malin, subtil, progressif et parfaitement mené, d’autant plus que ça met en exergue le personnage abominable qu’est Dutch alors qu’Arthur s’investi de plus en plus avec Pluie-Battante, alors même qu’il ne cherche pas à le comparer à Dutch. Ça se fait de lui-même, et l’histoire m’a brisée le coeur, notamment avec les missions « Le fils du roi » et « Mon dernier fils », qui avaient de formidables double sens.

            (PARDON C’EST LONG MAIS ON M’ARRÊTE PLUS QUAND JE PARLE DE ÇA)

            Quant à Cersei, pour raccrocher au billet, j’étais d’autant plus déçue que sa peur de la mort est le moteur de son personnage, et au final la scène est belle et crédible entre les jumeaux… Mais elle n’a rien à faire là. C’est complètement déconnecté de leurs évolutions respectives. Ils ont suivi deux chemins distincts et se sont élevés par leurs propres moyens. Cersei n’a plus besoin de vivre par procuration au travers de Jaime, elle l’a rejeté, et s’est élevée avec toute ses armes et sa pugnacité, par ses meilleurs et pires côtés, et est restée toujours fidèle à elle même. Jaime s’est détaché d’elle, s’est retrouvé seul, s’est battu, et surtout, a trouvé le salut avec Brienne, qui l’a rendu à qui il était. Brienne est sa rédemption, son moteur, leur relation est superbe et parfaitement joué par les acteurs. Jaime se sauve de sa relation toxique, et Cersei a perdu depuis longtemps de son influence sur lui dans la série. Son revirement n’a AUCUN SENS. Pire, elle est d’une tristesse à pleurer, car elle envoie quand même ce message dégueulasse que quoi qu’on fasse, on ne peut pas se sortir d’une relation toxique. Et je trouve ça d’autant plus affreux que D&D ont justifié en interview cette décision par le fait qu’ils ne croient pas en la rédemption d’un personnage. ET THEON ALORS LES MECS ????

            Et en prime, on en a un, de frère Lannister qui s’est toujours soucié de Cersei jusqu’au bout : TYRION ! Ça, ça aurait été surprenant, touchant, magnifique, de voir Tyrion tenter de sauver sa soeur, et d’échouer, qu’elle lui témoigne cette reconnaissance finale, avorté par la série ! J’aurai bien plus pleurer de voir Tyrion se bagarrer de toute ses forces pour sauver Cersei, que ce soit lui et pas Jaime qui la trouve, que Cersei comprenne alors qu’elle s’est trompée toute ta vie sur Tyrion, et qu’au dernier moment, elle le remercie, et que soit par choix soit par fatalité, le sauvetage échoue, laissant Tyrion dévasté et à la merci de la fureur de Daenerys. Et pourquoi avec une scène en miroir, de Jaime qui « sentirait » la fin de sa soeur, en a des sentiments confus, mais est sain et sauf dans le Nord, auprès de la femme qu’il aime, et lui vivra, offrant une direction inattendue à son personnage, et opposant encore une fois la glace du nord et le feu du sud, et les trajectoires opposée de deux personnages moteurs.

            Et combien d’autres actes manqués sérieux, plutôt que ces fins de personnages consensuelles et médiocres !

  19. Coucou ! Merci pour le billet de nouveau ! J espère que tu passeras quand même un bon moment avec tes sauvageons ^^

    Comme Almatheren, j’ai eu eu beaucoup de mal à rentrer dans l épisode. Je lui reconnais des qualités de réalisation indéniable dont je n ai pas pu profiter pleinement tellement je suis déçue globalement du développement.
    Jaime est un de mes perso préférés et je n ai rien ressenti du tout devant sa fin, que je ne peux m empêcher de trouver bâclée tellement j aurais aimé mieux comprendre comment 7 saisons de développement et de remise en question de sa personne (et donc de son amour pour cersei) sont passées à la trappe. En soi pq pas, je pense que ça peut faire sens, qu il accepte cette part de lui même, mais c était si rapide.
    En fait c est juste pareil avec tout épisode. Toutes les actions finales sont possibles et même très sympa sur le papier mais c est la manière dont on y arrive qui ne fonctionne pas.
    Pdt plusieurs saisons dany mad queen est suggérée, pas une dany parano mais bien megalo. Et dans les épisodes 4 et 5, elle n à jamais été aussi humaine et lucide pour moi. Je n’ai jamais trouvé dany aussi sympa xD et je me dis encore une fois, il pouvait totalement faire une dany qui décide de devenir le dragon et régner par la peur (sans la folie)…. C était totalement possible…

    Pour moi le pire dans cet épisode c est comment tout le monde était là comme quoi port real est imprenable ou alors il faudra faire un massacre. Pourtant littéralement ils prennent la ville uniquement avec drogon en quoi ? 20 minutes à tout casser et littéralement en tuant que des gardes et soldats de profession? En soi je comprends pourquoi ils ont fait ça, mais alors pq avec fait chier tout l épisode 4 et le début de l épisode 5 comme quoi les gens vont te détester etc ? J y connais rien en stratégie militaire mais pendant cette saison, il est arrivé assez souvent que je trouve une stratégie militaire complément stupide… À un moment… Faut arrêter de prendre les gens pour des débiles non ?

    En fait je me demande pourquoi d&d ont juste pas passé la patate chaude à d autres ? Clairement cette saison ils en avaient marre à un point qu ils ont carrément perdu tout respect pour leur public et toute envie de faire un truc correct. La saison précédente était déjà un peu plus dans cette lignée mais quand même pas autant en mode foutage de gueule…. Fin bon… On a tjs un sans faute niveau costumes et réalisation..

    1. Je pense vraiment qu’ils ne l’ont pas passé par égo. Il n’y a aucune autre raison quand il y avait le financement, l’acceptation de la chaîne, toute l’équipe disponible, que le projet n’était pas de leur fait à la base (RAPPELONS LE HEIN, c’est une commande, pas eux qui sont venu proposé l’adaptation), et d’autres showrunners disponibles.

      Et quand on voit les interviews des acteurs à présent, c’est quand même ultra triste de voir qu’eux-même ont du mal avec ce qu’ils ont tournés. Et encore plus triste comme tu dis quand on voit la qualité des départements qui bossent sur la série, et qui la sauvent d’un naufrage complet, quand leurs propres boss n’en ont rien à foutre de leur boulot.

      1. Si ton ego est suffisamment gros pour ne pas refiler la patate chaude il devrait l être aussi pour pas faire de la merde, surtout dans une série avec autant de succès et qui en plus avait une fin prévue. C est pas comme si ils allaient jamais en sortir et être prisonnier de la série pendant encore une décennie. De plus, cela ne va t il pas ternir leur réputation pour le suite ? Franchement moi j aurais plus peur de me foirer et de détruire ma carrière à ce stade… Enfin je n en sais rien, je ne suis pas dans leur situation xD
        Pfff je me sens tellement déçue de ce gâchis sérieux. Le potentiel était la pour faire une série presque sans faute… Et pendant les premières saisons, la série avait presque outrepasser le livre, qui certes est merveilleux en terme de persos et histoire mais très très lourd à lire (c est un goût personnel évidemment). C était vraiment un bon combo Martin+D&D je pense… Enfin bon je comprends totalement Martin et je me demande encore s il va terminer les livres. Pour lui l adaptation à probablement vraiment été une malédiction déguisée en bénédiction.

        1. L’hypothèse développée à la fin de cette video :

          ce serait que D&D auraient été très bons pour adapter le matériel existant de Martin, mais plutôt très peu inspirés pour écrire le développement des personnage et de l’histoire sans le support des livres.
          Du coup n’arrivant par à atteindre la finesse d’écriture des six premières saisons, ils sabordent la série à coup de personnages subitemment stéréotypaux, de scènes d’action et d’effet spéciaux.

          1. LA DAME ! (et les autres en retard)
            !!!!! ATTENTION !!!!!!!!!
            La vidéo postée ci-dessus contient des spoilers sur l’épisode 6 !
            !!!!!! ATTENTION !!!!!!!!!!

            Désolé je viens juste de réaliser ma bévue.
            S’il vous est possible d’éditer mon message pour ajouter un avertissement…

  20. Kinvara nous l’apprendra peut-être … ?

    (Kinvara = seconde Prêtresse Rouge que l’on voit à Meereen qui bash Varys)

  21. Merci pour votre billet la Dame !
    Je suis extrêmement déçue de toute cette saison et de Daenerys. C’était mon personnage préféré, celui que je trouvais le plus fascinant à osciller entre sa compassion et sa violence. Je vais me contenter de laisser cette vidéo qui explique bien mieux que moi pourquoi je suis très amère :

    Je suis également déçue de cette propension à casser toutes les storyline pour le shock value :
    – Arya qui renonce à la vengeance alors qu’elle est aux pieds de Cersei. Pour moi, Arya était un de ces personnages qui est consumé par sa vengeance, qui exulte par elle mais finira par mourir par elle. Pas de rédemption après avoir été si loin qu’elle apprend à être Sans-Visage et cuisine des gens pour les servir en repas à leur père.
    – Jon dont toute la storyline a toujours été le Nord et l’Hiver qui se retrouve ici comme un PNJ car on lui a volé son histoire pour ne pas en faire une image de héro traditionnel, qui finira quand même héro traditionnel car obligé d’être noble jusqu’aux oreilles pour sauver le monde de Daenerys. Ca supprime en plus toute tragédie qui aurait pu venir d’un vrai conflit de loyauté pour le personnage, d’un vrai choix à faire. Ici il n’a plus le choix que de la trahir.
    – Jaime qui pour moi perd toute sa rédemption et dont la scène avec Brienne est limite une insulte après l’épisode 5
    – Bran qui n’a finalement servi à rien excepté révéler la parenté de Jon (donc foutre la merde) et être un ver accroché à un hameçon pour le Night King
    – Sansa qui oublie sa compassion et son intelligence pour être une antagoniste forcée de Daenerys sans raison, révélant le secret à Tyrion car sachant qu’il le répétera à Varys qui décidera ensuite de trahir.
    – Cersei qui se redécouvre soudain une humanité pour mieux faire le parallèle avec Daenerys, l’enfermant à nouveau dans cette maternité qui devient sa caractéristique principale et ça me déçoit. Cette grossesse est l’un des points les plus incompréhensibles de la saison pour moi.

    Bref, merci pour votre immense travail, j’ai toujours trouvé fascinant vos billets que j’ai diligemment suivi pendant toutes ces années.

  22. Bonjour,
    C’est toujours un bon moment de lire vos billets et lorsque que je découvre le signal sur facebook je me réjouis comme un oisillon devant une prune confite. Je veux donc vous dire toute ma reconnaissance pour votre travail, pour tout ce qu’il m’a procuré comme rire, comme gaieté, comme réflexion enrichissante même si je n’ai découvert tout ça qu’au moi d’Avril.

    J’ai beaucoup aimé cet épisode qui démontre la qualité très exceptionnelle de cette série, qui met en œuvre un dispositif technique exigeant au service d’une authentique ambition artistique en ce qu’elle tend à nous montrer le monde, à mieux nous le faire voir, à éclairer notre regard en nous faisant saisir, par le détour de la fiction, des réalités, qui sont parfois devant nos yeux ,mais qui nous échappent, qui ne sont pas directement accessible dans notre quotidien par ce qu’on n’est pas assez disponible pour se les approprier.

    En l’espèce, par exemple,on ne donne une définition plus complète, plus profonde, plus sensible de ce que c’est que la chaos, la confusion, la peur, la rage de tuer etc.. tout ce que vous avez très bien dit.

    J’ai cette sensation émouvante que je n’oublierais pas cette série, qu’elle me servira de viatique pour traverser l’existence, une provision inépuisable dans laquelle je pourrais continuellement piocher pour décrypter le monde, pour le comprendre, pour enrichir mon rapport avec lui.

    Les créateur ont réussi à faire de Tyrion,de Dany, de Arya, de Sansa, Cersei, de Jame, du limier, des compagnons de route qui ne me quitterons plus.

    Ce sentiment je l’ai déjà eu, il y’a des livres comme La recherche, guerre et paix, madame Bovary, l’Education sentimentale, les rêveries du promeneur, qui ne se sont plus jamais refermés, ou des films comme le pianiste de Polanski, des tableaux comme la nuit étoilé de Van gog , des poèmes (les chercheuses de poux)auxquels je reviens toujours, parce que à chaque foi il s’est produit ceci que j’ai rencontré la pensé d’un autre, j’ai vu le monde avec les yeux d’un autre, j’ai cru les comprendre, et que cette coïncidence m’a permis de me découvrir moi-même de me rendre meilleur quelque part.
    Tout ceci, c’est pour moi les caractères d’un chef d’œuvre, et je suis, par conséquent ,convaincu autant que je le ressens , que, quelque soient les critiques pertinentes, GOT la série est un putain de chef d’œuvre, par son envergure, par l’ampleur de ce qu’elle a brassé, par l’intensité et les moment de grâce qu’elle a su fabriquer (Tywin dans la scène de la forge, la mort de Cathelyn, l’assassinat des Fray etc…l’adoubement, les retrouvailles Sansa/Théon)

    J’approuve par ailleurs pleinement le choix des scénaristes de raccourcir les saisons, conclure une série c’est comme s’arracher des poils, il convient de le faire vite, d’un geste sec et energique.
    C’est le moment de la conclusion, n’est plus temps de développer les personnages, de continuer à les faire vivre c’est celui de les achever, au sens propre comme au figuré, de les mettre face à des choix radicaux, de trancher dans le vif, de bousculer nos habitudes et nos certitudes.

    Pour autant, je ne suis pas béat d’admiration sur ce qui nous est proposé, mon principal grief c’est l’appauvrissement des dialogues qui sont parfois assez plats, on ne retrouve plus la profondeur et l’élégance ciselées des débuts, ça affecte certains personnage comme Tyrion, ou Varis qui m’ont parfois donné l’impression d’être affadi, leur paroles ne percent plus comme avant, elles échouent à nous donner l’idée de cette lucidité, de cette ironie mordante qui leur donnait leur charme et faisaient leur singularité.

    Sur cette épisode je n’ai pas acheté le revirement d’Arya qui me semble, pour le coup, assez artificiel, ni le combat de Jame, j’ai pas vraiment été émus par ses adieux à Tyrion, je trouve que leur relation n’a pas été assez creusée, elle n’a pas la densité nécessaire pour me remuer ;

    J’ai pas aimé non plus la mort de Varys, trop sèche, et je suis agacé par ce que je trouve la série trop pudique sur les exécutions ; pas de gros plan sur Missandei alors que je m’attendait à une scène horrible qui mette en évidence la puissance terrifiante de La Montagne, son caractère monstrueux lorsqu’elle doit s’exercer sur un être aussi frêle, le mec peut découper un cheval sans forcer donc je m’attendait légitimement à ce qu’il en fasse de la viande hachée, qu’il l’ a coupe en deux par le milieu ou quelque chose d’approchant ;pas de plan sur Varys non plus, ça m’énerve.

    Les combats ne m’ont pas vraiment convaincu, on ne sent pas suffisamment la violence et l’impact des coups, j’ai été un peu frustré par le Clegenball sur cet aspect (j’avais adoré, par exemple, ce plan où le poing de la montagne faisait voler en éclat les dents d’Oberyn), je les trouve mal chorégraphiés, si c’est un effet réaliste qui est recherché en soulignant une certaine maladresse, c’est pas convaincant.

    Mais je trouve tout ceci assez dérisoire par rapport à la puissance énorme de cet épisode.

    Pour le reste je partage pleinement le sentiment sur tout ce qui a trait à la relation Jame/Cersei, je trouve vraiment votre analyse brillante sur ce sujet.

    J’ai quand même une remarque à faire sur la phrase de Jame sur les innocent ; je n’y vois pas matière à s’étonner ni d’incohérence par ce qu’il tient le même discours à Edmurr Tully à l’épisode 8 de la saison 6, autrement dit, à une phase assez tardive de son évolution, bien après la scène du bain en tout cas.
    Il lui dit en substance qu’il aime Cersei, que Cersei a besoin de lui, que rien n’a d’importance à part Cersei et que pour la retrouver il était prêt, sans aucun etat d’âme, à mettre son fils, un petit bébé, dans une catapulte pour le projeter contre les remparts de vivesaigues.

    La différence avec le régicide c’est que Cersei est étrangère aux enjeux de cet acte, les innocents ne commencent a avoir une valeur que lorsque Cersei n’est pas concerné, or Cersei est partie prenante lorsqu’il parle à Tyrion dans l’épisode.

    Je ne partage non plus votre interprétation sur le traitement de Dany.

    Je n’adhère pas à la grille de lecture du genre pour analyser la série. Mais peu importe.

    Ce qui m’intéresse ce que, ce sur sujet, j’approuve la démarche des scénaristes pour les motifs qui fondent vos critiques.

    Ce qui me plaît c’est que justement, avant l’épisode, il n’y a de possibilité d’interpréter de manière univoque le comportement de Dany.

    Elle est comme le dieu multi face, elle a plusieurs facettes, plusieurs visages, elle équivoque, ambiguë.
    Varys insiste sur les aspects problématiques, alors que Tyrion, en prenant en charge les lignes de forces de votre argumentation, exprime un point de vue qui banalise la portée des critiques, qui rationnalise ses décisions.

    Et la série ne tranche pas entre ces deux approches, elle ne nous dit pas laquelle est le plus fondée, elle laisse le public persévérer sur une attitude, proche de celle de Tyrion, qui sans ignorer les excès de Dany, les doutes qu’ils peuvent créer, nous permet encore d’adhérer globalement au personnage en trouvant des justifications parfaitement valable et raisonnable à tout ce qui peut troubler ou à ce qu’on peut lui reprocher.

    Avant son basculement le public a encore d’excellents motifs, comme Jon, comme Tyrion, de la suivre et de la défendre.
    Et je pense que les scénaristes sont parfaitement conscient que le glissement du personnage vers la neurasthénie, et que les autres causes qui le fragilisent, sont insuffisants pour expliquer son acte.
    Tyrion sait tous ce qui l’a affecté, il est pourtant sidéré, comme le public, lorsqu’elle commence à massacrer.
    Je pense que les scénaristes nous ont maintenue sciemment dans l’ambiguïté vis-à-vis de Dany et que c’est ,en se dispensant ,de lui faire commettre des actes trop extrêmes, qui auraient permis de mieux anticiper sa dérive, ou de mettre en scène un élément déclencheur moins impalpable, plus concret, qu’ils sont resté subtiles et qu’ils n’ont pas céder aux facilités qu’on leur reproches.

    Par ce que je trouve que justement ça aurait été plus facile, et moins subtil, de donner, avant l’instant fatidique, des raisons évidentes et manifeste de se convaincre, et de prévoir qu’elle est capable de faire ce qu’elle fait

    C’est encore un personnage que l’on peut légitimement aimer et admirer qui sombre dans l’horreur et c’est de là que vient une partie de la puissance de cette scène son caractère traumatisant, et l’audace des scénaristes en ce qu’ils prennent le risque de heurter, de bousculer, d’être anti-démagogique au sens où ils assument de déplaire.
    Pour autant cela ne dénature par le personnage, ça ne le trahi pas, par ce que je trouve que c’est compatible avec des éléments structurant de sa personnalité, en particulier la mégalomanie.

    A cet égard je suis surpris que vous puissiez dire à la foi qu’elle n’a pas de trouble mentale et qu’elle a une vision quasi divine de sa personne royale.
    Par ce que c’est précisément ce qui distingue Dany de tous les autres dirigeants, son délire de grandeur, la
    démesure de son ambition, la représentation messianique qu’elle se fait de sa destiné, son goût du colossal et tout cela ne dessine pas une personnalité particulièrement équilibrée.

    A Meereen elle parle « d’anéantir » les villes des maîtres, à Qarth de réduire la ville « en cendre jusqu’à qu’il n’en reste rien », peu importe les raisons et le contexte, ce qui m’intéresse ici c’est son vocabulaire, lorsqu’elle envisage des représailles elles sont toujours illimités, quand elle est travaillé par des pulsions de destruction c’est toujours dans la perspective de d’une destruction totale, absolue.

    C’est le tout qui l’intéresse, pas comme Ramsay, qui s’attaque à des sujets particulier, à la singularité d’une personnalité dont il veut briser les ressorts les plus profonds, Dany n’envisage que le tout, l’infiniment grand.

    Dès lors on nous montre qu’une personnalité mélago, accoutumée à la violence et à la cruauté, convaincu que le pouvoir est consubstantiel à sa personne et qu’elle ne peut agir autrement que pour le salut public, enragée par la haine et le désir de vengeance, qui dispose d’une arme de destruction massive peut commettre un crime démesuré, lorsqu’elle est prise, comme les autres, dans le dynamique furieuse de la guerre qui appel le sang et toujours plus sang.

    A la limite entre son acte et les crimes de tous les autres il n’y a qu’une différence de degrés pas de nature.
    Surtout que, ce que souligne les cloches, c’est qu’elle a gagné, qu’elle a vaincu tout ce qui pouvait resister à sa toute puissance, qu’elle est, par conséquent, par ce que plus rien ne peut désormais arrêter son pouvoir, absolument libre de faire ce qu’elle veut.

    C’est dans la singularité et la spontanéité de ce moment qu’elle bascule, et c’est très réussi je trouve.

    Ensuite je pense que ce qui trouble Jon ce n’est pas l’éxécution, mais le rapport qu’elle a avec l’évènement, son
    regard, sa froide détermination, ce n’est pas la même que lui ou que Ned qui sont tourmenté par la gravité de leur acte.
    Cette gravité leur pèse, Jon le dit quand il veut tout envoyée bouler, il dit qu’il a tué un gosse, Ned va médité au bois sacré chaque foi qu’il exécute la peine capital, cette expression prend tout poid pour eux, c’est je pense ce qui interpelle Jon, c’est que Dany réagi différemment.

    Je crois en effet qu’elle va mourir, Jon va s’en charger, pour le dragon peut être Arya, on va peut être assisté au triomphe des Starks.

    1. Merci, je me sens moins seul. Je n’ai pas grand chose à ajouter si ce n’est que la déferlante de critiques me semble plus liée à la frustration que ça se termine bientôt et au fait que chacun se forgeait sa propre idée de la fin de chaque personnage. Ce n’est qu’un avis personnel, mais je ne trouve pas que les épisodes de la saison 8 dénaturent la construction des personnages. Le seul élément qui m’a surpris, c’est le fait qu’Arya soit celle qui tue le NK (et à partir de là, qu’elle décide de mettre fin à sa quête de la liste n’ai plus vraiment choquant, elle a « tué la mort » du coup elle peut recommencer à prendre conscience de l’importance de la vie). Pour le reste, au contraire, on sentait déjà poindre les actes de la majorité des personnages dans la saison 7. Le fait est que certains développements nous déplaisent, et D&D ne les ont pas modifiés. D’accord, on a parfois l’impression d’un rush permanent, mais qu’on le veuille ou non, les choix ont été faits, il faut qu’on vive avec.

      Pour en revenir à l’épisode 5, j’ai trouvé ici un miroir assez frappant avec celui de la longue nuit:
      – La flotte d’Euron qui prend une veste comme les dothrakis
      – la compagnie dorée, en dehors des remparts, submergés par le dragon comme les immaculés l’ont été par les morts-vivants
      – la folie meurtière une fois les portes passées où les dothrakis, les immaculés et les nordistes inspirent autant la terreur que les morts-vivants
      J’ai embrassé l’ironie de voir les « gentils » devenir « méchants », et les « méchants » devenir gentils. Pour moi, c’est du 100% GOT. Je conçois que ça puisse frustrer, que certains détails puissent gêner, et qu’on aurait aimé en avoir encore pour quelques saisons, ou au moins quelques épisodes, mais honnêtement, cet épisode, reste une sacrée claque. J’ai ressenti un vrai malaise une fois Danny passée en mode Berserk et son armée avec. C’était toute l’horreur crue d’un conflit qui était montré là, et j’ai rarement été à ce point « dérangé » en regardant ce genre de scènes à la télé. C’était étouffant, c’était une montagne russe d’émotions qui te font aller du soulagement à la tension en une respiration. Du grand art.

  23. Chère La Dame, je n’ai jamais fait de commentaire et sur cette dernière ligne droite, je tenais à vous remercier pour vos superbes analyses. Comme beaucoup, je prends autant de plaisir à regarder les épisodes qu’à lire vos textes. Sur cette dernière saison, ils ont été presque thérapeutiques pour moi… Concernant cet épisode 5, j’ai imaginé un scénario dans lequel Cercei et Jaime parviennent à sortir des sous-sols. Un problème se pose dans cette situation : qui tire la barque dans l’eau ? Qui rame ?!!?? Jaime avec une seule main ?! Sasoeurlareine ?!!! Sauf erreur de ma part, il n’y avait personne en train de se limer les ongles en sifflotant à côté de la barque pour les attendre. Du coup, j’ai imaginé les jumeaux en train de s’engueuler avec chacun une rame au milieu de la mer. Ça m’a bien fait rire (un peu jaune quand même) !! Ce détail illustre l’incompréhension que je ressens durant cette saison dans la brusquerie des arcs narratifs (en particulier dans une série dans laquelle tous les détails sont si riches en informations comme vos points chiffons l’ont notamment si brillamment démontré). De nouveau merci infiniment chère Dame, j’ai vraiment passé de très bons moments à vous lire. J’espère que vous passez un beau séjour à Dorne !

  24. Bonjour la Dame.
    J’arrive après la bataille (Ha. Ha.)
    J’espère que vous vous êtes bien amusée à Dorne, malgré les Sauvageons.
    Votre billet m’a fait du bien. J’étais très, très en colère après l’épisode, et vous lire m’a (un peu) (un tout petit peu) (mais c’était pas gagné) apaisée.
    Je n’ai pas grand chose à ajouter à tout ce qui a déjà été dit (qualité des commentaires, tout ça) mais encore un grand merci pour vos longs billets et vos analyses.
    Juste redire que GoT nous a d’abord surpris, beaucoup, en se fichant des codes de la série. Tel personnage mourrait – et « n’aurait pas dû », parce qu’il était le héros. Mais en revanche, dans l’univers de la série, c’était complètement logique qu’il meure. Tel personnage en sauvait tel autre, et c’était pas logique parce que c’était un méchant – sauf que, dans l’univers de la série, il avait des raisons logiques de le faire. Et depuis quelques temps, la série a décidé de nous surprendre, quitte à trahir les personnages qu’elle avait développés (ou au contraire pas encore assez développés pour que l’action posée soit crédible).
    Brefle. A bientôt pour votre dernière analyse de cette série. Je crois que je regarderai The Witcher juste pour en lire vos posts ensuite.

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