Ragnarök

Entrez , entrez bonnes gens ! Venez assister au spectacle de votre vie !

Sous vos yeux ébahis va se tenir la plus incroyable des représentations ! Vous qui pénétrez en ces lieux, abandonnez tout espoir ! Car ce qui va suivre, vous ne l’auriez jamais imaginé dans vos pires cauchemars…
Si vous vous figuriez qu’un garçon connu pour avoir comme unique talent celui de décalquer des comics allait tirer son épingle du jeu en faisant ce qu’il sait maîtrise le mieux, vous vous trompiez.
Accrochez vos ceintures, aveugles croyants. La chute sera rude. La plaisanterie a assez duré. Mais libre à vous d’en rire encore. C’est votre dernier refuge.

Vos dieux sont morts. Qu’advienne Zack Snyder.


JE SPOILE

Dire que ce film cumule les handicaps est un doux euphémisme, ce qui en fait le Stephen Hawking des films de super héros.
S’il y avait une once de génie dans tout ça, l’analogie eut été pertinente mais pour le coup, je me contenterai de dire de « Batman V Superman » qu’il est aux Bat justiciers et autres super collants ce qu’une courgette est à la cuisine : pas très beau, avec peu de saveur, plein d’eau et roboratif.


« Batman V Superman », allégorie

Tout pose problème, à commencer par la mise en scène. Alors vous allez dire que je m’acharne, que je suis de parti pris contre Zack Snyder mais que voulez-vous, à chaque fois que je vais voir un de ses films, je découvre un peu plus de son inaptitude à sortir quoi que ce soit de propre.

Le seul élément bien emballé du film est la scène de l’attaque de Metropolis par Zod, une séquence plutôt bien torchée quand bien même on y trouve déjà quelques fautes de goût comme ce plan où Bruce Wayne regarde Superman et sa Némésis s’affronter. Plan qui est en fait un gros zoom des familles permettant de bien montrer au public de parfaits demeurés que si la ville est en flamme c’est à cause de Zod et Superman. Dès fois que le public ait oublié le titre du film qu’il est venu voir, n’ait pas vu « Man of Steel », ne sache pas lire et donc ait raté le carton d’ouverture de la séquence, bref, soit lui aussi une courgette.

Vers le milieu de la séquence, il y a aussi un autre plan qui montre que Snyder n’a pas de suite dans les idées : alors que depuis le début il s’attache à suivre le parcours de Wayne et donc à adopter son point de vue humain sur les destructions, il tranche ce parti pris avec un plan aérien qui n’a strictement rien à voir avec la choucroute, juste pour nous montrer un vaisseau s’engageant dans une rue et coupant les immeubles en deux.

Montrer la même chose mais du point de vue de Bruce, c’était impossible ?

Et encore, s’il n’y avait que ces petites erreurs, cela passerait. Cependant tout le film est à l’avenant. Grossier, balourd, vulgaire.
De la caméra qui tremblote sans aucune raison ? Check.
Des ralentis gratuits ? Check.
De l’action confuse, illisible, entièrement fondée sur l’impression d’ampleur, ce qui reste un cache misère ? Check et re check.

Après « Man of Steel », j’ai retenu la leçon : Snyder + 3D = NO WAY. Je suis donc allée voir celui-ci en 2D et je plains sincèrement quiconque s’est infligé le spectacle en stéréoscopie parce que même à plat, bon sang de bois, c’était laborieux.


Des références aux comics que si tu les as pas lu, et bien bonne chance pour les voir autrement que comme des éléments parasites…

On peut toutefois porter au crédit de Snyder sa volonté d’apporter quelque chose visuellement à cet univers qui n’est pas le sien. Quelques plans restent jolis à regarder, même si dans une œuvre aussi peu construite que celle-ci, l’accumulation d’images iconiques revient à un effet catalogue. Mais certaines idées restent élégantes, dans leur plastique pure, comme le pistolet pris dans le collier de Mme Wayne, les wattmille plans iconiques sur Superman. Pas tout à fait remis de sa période malickienne, Snyder essaye encore de nous resservir quelques plans «TROCONTEMPLATIFS TAVU» avec Bruce Wayne qui marche au ralenti dans un champ, Bruce Wayne au cœur d’une forêt aussi automnale que son âme torturay… Je crois qu’on ne l’aura jamais aussi peu vu à Gotham, le Bat de Gotham (ce nom…. CE NOM…).

A son crédit aussi on peut porter le souci, constant depuis « Man of Steel », d’exploiter la nature symbolique de son superhéros. Sauf qu’il le fait avec une totale absence de subtilité, et sans jamais chercher à comprendre le sens des symboles en question. Nous coller des parallèles christiques en veux-tu en voilà est une chose, comprendre ce qu’ils viennent faire là en est une autre. Il y a une marge entre brâmer « AGAD SUPERMAN IL EST COMME LE CHRIST » et avoir compris la nature du personnage-symbole qu’est le Christ.

Il faut aussi souligner la constance dans le traitement de Superman entre les deux films, « Man of Steel » s’interrogeant sur le besoin que le monde avait d’un super héros protecteur, et « BvS » sur… en gros la même chose, mais apportant des éléments de réponse plus concrets.
Comme « Man of Steel », « Batman V Superman » est plein de bonnes intentions, mais ne parvient jamais à transformer l’essai.

Le souci c’est que les efforts sont régulièrement desservis et par les renversantes qualités de mise en scène et d’écriture du film (#ironie) et par l’esthétique kikoo dark de l’ensemble, qui passe son temps à nous hurler que ON EST PAS CHEZ MARVEL ICI OKAY ???

Nan, c’est sûr qu’on est pas chez Marvel, les mecs. Parce que même chez Marvel, je ne suis pas sûre qu’ils aient des réalisateurs assez manches pour faire ce que j’ai vu dans ce film. La parfaite illustration de l’incompétence de Snyder. Elle ne tient pas en son incapacité à filmer des bastons, c’est un art très délicat que tout le monde ne peut pas maîtriser, non, elle tient en son incapacité à montrer à l’image, un personnage prenant le pouvoir sur un autre en un dialogue. La scène se passe dans le hall de chez Lex Corp. Luthor discute avec un mec du gouvernement (sans doute, j’avoue volontiers ne plus me souvenir de son rôle exact) qui décide d’accéder à sa requête concernant le matériel de Krypton, jusqu’ici classé secret défense.

Je passe sur le fait que Luthor explique deux scènes plus tôt avoir testé un échantillon de kryptonite sur le corps de Zod mais que ça ne semble étrange à personne qu’il demande l’accès à ce même corps à des fins de recherches (donc, ce que je comprends, c’est qu’avant, personne à part le gouvernement n’y avait accès…Du coup, les tests avec la kryptonite qu’il aurait pratiqué sur ce même corps ??).

Je vais aller directement au moment où il demande l’accès au vaisseau, l’accès au corps de Zod, l’accès à tout ce que le gouvernement détient comme matériel alien, bref, ce moment où notre G Man se rend compte que Lex est peut-être dangereux.

Un metteur en scène normal aurait exprimé cette prise de pouvoir soit en laissant le dialogue courir, en se reposant sur le jeu des acteurs, ou en chorégraphiant la scène, voire, le fou, en faisant tout cela à la fois, pour exprimer cette domination progressive de Lex. Il aurait aussi pu jouer sur les valeurs de plan, sur le cadrage, pour montrer, à l’écran ce basculement du rapport du force.
Zack Snyder, lui, il n’est pas comme tous ces tocards avec leur acteurs qui jouent, leurs chorégraphies, et leur cadrage. «CAY POUR LES NOOBS» semble-t-il nous dire en faisant sortir à Lex Luthor un bonbon, bonbon que ce dernier met dans la bouche de l’autre mec en lui disant : « Aller, suce. »

Je…


« Même moi, j’aurais pas osé ! »

Et je te crois volontiers Michael.

Dans une production de cette ampleur, lorsque l’on est un réalisateur avec tout de même une carrière relativement longue maintenant comme bagage, se fendre d’une conclusion pareille pour montrer le pouvoir d’un personnage sur un autre est juste affligeant.

Si encore le scénario avait simplement tenu la route, comme c’était le cas dans « Man of Steel », qui était souvent un peu couillon mais globalement assez logique, surtout comparé à ça, je pense qu’on aurait pu sauver quelques meubles. Mais la vérité, les enfants, la vérité c’est que le scénario de ce film est une catastrophe sans nom. Non seulement il est inutilement complexe, mal commun à moult blockbusters désormais (puisque lorsque l’un d’entre eux se permet de proposer quelque chose de simple et efficace le public hurle au scandale. Tu vois public, où ça nous mène de dire du mal du scénario de « Gravity », « Jupiter », « Pacific Rim » ou « Mad Max » ?), mais il brouille complètement les enjeux supposés être au cœur du film.

Tant et si bien que lorsque l’affrontement entre Batman et Superman est enfin arrivé, je ne savais plus du tout pourquoi ils étaient supposés se détester. D’un côté parce que Superman a contribué à tuer des gens à Metropolis quand il essayait d’empêcher Zod de détruire la planète et de l’autre parce que Batman arrête des truands dans les bas-fonds de Gotham ? C’est ça, j’ai bon ?

Nan parce que si je résume, Batman reproche à Superman d’avoir massacré des civils. Je comprends, moi aussi je l’ai fait dans mon billet sur « Man of Steel ». Du coup, j’entends parfaitement ses réserves. Celles de Superman par contre…

Superman pose un gros problème dans ce film puisqu’il est constamment un prétexte scénaristique. Victime des évènements, il se balade en slip et en collants dans le film avec un air ‘achement concerné. Ce qui en fait l’équivalent DC de Bella dans « Twilight ».

Une comparaison qu’il partage aussi avec Lois, réduite au rôle de demoiselle en détresse ou de Madone consolatrice (putain de plan de descente de croix SUBTIL AS FUCK dans le final. J’avais dit quoi déjà dans mon billet sur « Midnight Special » ?). Lois qui interview les gens exactement comme Jack Slater. Balaise.

Notre bon Kal-El décide à un moment du film qu’il a un problème avec Batman. Parce que. Des mecs en collant qui font le travail de la police c’est juste pas possible, merde. En quoi ça le gêne déjà ? C’est quoi ton problème, mec ?

Je parie que c’est expliqué à un moment du film, mais soit je dormais, soit c’était au milieu d’un discours de Lex Luthor sur les dieux, les mortels, les démons, son père, le Bat de Gotham et Superman de Smallville, mouhahaha, je suis vilain je suis méchant je parle super vite je suis méchant, je vous l’ai déjà dit ?

Ah oui, aussi… Jesse Eisenberg est le pire Lex Luthor de tous les temps. Enfin je ne blâme pas Jesse Eisenberg en réalité. Je blâme celui qui a écrit son personnage. Et le mec qui était supposé le diriger. On me dit dans l’oreillette que ces deux personnes ne feraient qu’une… Notons qu’à la fin, se faire raser la tête le transforme en prophète capable d’augurer de la venue prochaine de Thanos Darkseid, enfin je suppose.

Superman, pour en revenir à lui, outre avoir été écrit en braille et être dirigé comme un tractopelle par un parkinsonien, a déjà contre lui d’être un super héros globalement mal aimé (ou du moins pas apprécié à sa juste valeur) par le grand public qui lui reproche d’être trop lisse et trop parfait. Merci à Zack Snyder d’enfoncer le clou du cercueil en présentant du Fils de Krypton une nouvelle itération lisse comme le front du Nicole Kidman, stupide au point de ne pas comprendre que pitet, dès fois que, hein, je sais pas mais la fois où la bombe a explosé dans la salle d’audience, est-ce qu’on ne pourrait pas vaguement soupçonner le seul mec invité au truc qui était absent ? Même que c’était évident vu qu’il n’y avait qu’un seul siège vide ?


Oui voilà, juste à gauche

Bon après, je me plains du traitement anémique du Superman mais Batm…

« Le Bat de Gotham ! »


« Witness me ! »

Ok… Donc le Bat de Gotham est-il logé à meilleure enseigne ? Trop vénère sa race tavu, Bruce Wayne soulève de la fonte dans son garage, bricole des matériaux über radioactifs à main nue et se morfond sur fond d’automne triste. Quand il dort, il rêve qu’il joue dans un film de la Hammer ou bien qu’il est Mad Max. Le soir, il part mettre des chasses à tous les Albanais réfugiés à Gotham que Liam Neeson n’aurait pas encore tué, et classe suprême, il emploie comme major d’homme Tony Stark en personne.

De son côté c’est un peu pareil question motivation, on reste dans le flou puisque même si ses réservés sur Superm…

« Le Super du Kansas ! »

Le… Quoi ?? Bref, même si ses réserves sont fondées, il me semble tout de même que le film nous montre que Superman, s’il a pu commettre des erreurs, n’est pas fondamentalement un ennemi de l’humanité. Que son grand pouvoir implique de grandes responsabilités, je pense qu’on est tous d’accord, mais que Batman lui reproche en gros d’avoir cassé des œufs pour faire une omelette c’est un peu fort de café. Et vu qu’on est dans un film de Zack Snyder bourré ras la gueule de symbolique christique collée en full frontal sur l’écran, j’ajouterais même qu’avant de retirer la paille dans l’œil de Clark, Bruce ferait bien de s’occuper de la poutre qui est dans le sien. Rapport aux quarante douze morts à la seconde à chacune de ses sorties nocturnes. Je dis ça, je dis rien.

« C’était des criminels ! Et moldaves en plus ! »
Et ?

Oh oui, je sais, le film tente de nous dire combien Bruce est perturbé, que son obsession pour Superman a plus à voir avec la névrose qu’avec une quelconque soif de justice, mais dans ce cas, pourquoi, ventre saint-gris, se retourne-t-il comme une crêpe dans cette scène de réconciliation que j’évoquerai un peu plus bas ?
Parce que le personnage serait fait du même matériau que de la meringue pas cuite ?

Il y a beaucoup trop de métaphores alimentaires dans ce billet.

Et Wonder Woman me direz-vous ? Tout ce qui la sauve c’est de n’être qu’un caméo sympatoche de Gal Gadot. Ça fait un peu cher la bande annonce mais bon, elle reste encore l’élément le plus solide de tout le bouzin, dans le sens où sa caractérisation tient sur un demi timbre et qu’elle y reste fidèle, d’un bout à l’autre du film. Mazette, y’a UN personnage bien écrit et c’est celui qui a un temps de présence de 3 minutes à l’écran.

Malgré cela, la pauvre paye aussi le prix d’être l’élément d’annonce des autres futures stars de Justice League, ce qui l’amène à une scène extrêmement laborieuse. Pourtant, au départ, l’affaire du vol « honnête » du boitier de Bruce Wayne n’était pas si mauvaise. Malheureusement, tout cela n’était destiné qu’à nous conduire droit vers la dernière demi-heure du film, déjà pas glorieux. Et quand on ouvre son final de cette manière-là, les amis, ça n’augure rien de bon…
Unleash the stupidity…

Wonder Woman ouvre sa boite mail :

« Plop, la Femme aux Seins à 9000 Shekels,

J’ai retrouvé ta photo et j’ai une petite question : c’est bien toi à côté du Capitaine Kirk ?

Bisous,

Le Bruce de Gotham. »


Sisi, c’est même le deuxième en partant de la gauche.

En continuant à fouiller dans le dossier, Wonder Woman tombe sur un fichier appelé « Justice League : Assemble ! » qu’elle ouvre sans trop se poser de questions pour découvrir les comptes Snapchat de The Flash, Aquaman et Cyborg. Eh, DC, faut arrêter maintenant le « nous on fait trop pas comme Marvel, ah ! Serious business les gars ! ». Parce qu’après ces 3 teasers (4, si on compte Wonder Woman comme un trailer incrusté en douce dans le film), « Batman V Superman » est l’équivalent chez vous du « Iron Man 2 » de la concurrence.

Alors arrêtez un peu de vous payer nos têtes maintenant.

Meanwhile, à Gotham, Batman attend Superman de pied ferme pour lui mettre une misère tellement profonde qu’à côté, Calcutta c’est le Qatar. Compte tenu des enjeux, je m’attendais à ce que Superman annonce tout de suite la couleur mais c’était mal connaître Zack Snyder : si pour en venir à un combat filmé n’importe comment et chorégraphié par un manchot cul de jatte il faut en passer par une scène totalement illogique alors SO BE IT !!!

Ainsi, au lieu de :

«-Batman !
Ttttt ! Bat de Gotham !
Bat de Gotham !
Merci…
Lex Luthor est un sombre enfoiré qui nous a monté l’un contre l’autre. Il menace de tuer ma mère si je ne lui apporte pas ta tête. Si tu veux bien, on règlera nos différents plus tard !
Hmm… »

Deux options pour sortir de ce dialogue : Batman y croit et accepte de donner un coup de main, Batman n’y croit pas et tous les deux se mettent sur la gueule, combat filmé n’importe comment, manchot, cul de jatte, toussa…

Mais comme c’était sans doute trop cohérent, Zack Snyder s’est dit : « ON VA METTRE UN DIALOGUE OU SUPERMAN NE DIT RIEN ET OU ILS SE METTENT SUR LA GUEULE EN PETANT DES MURS AAAAAHHHHAAAAAAH §§§§§ »
Scène de baston contenant un très beau passage où Batman assomme Superman avec un évier qui m’a donné envie de me lever pour crier « Jacob Delafon sends his regards ! » (quand les blagues te viennent pendant la séance CE N’EST JAMAIS BON SIGNE)

Enfin disons qu’à ce moment-là je pensais que le film avait touché le fond. Sotte que j’étais. C’est à cet instant précis que j’ai compris comment « Batman Vs Superman » avait été écrit. Ou plutôt dicté. Par un type qui codait en morse en se frappant la tête contre un mur. C’est la seule explication logique à la conclusion de cet affrontement déjà rendu complètement insignifiant par la nullité crasse de la mise en scène (et encore, ce n’est rien comparé à la bouillie servie dans le combat contre Doomsday).

Superman, affaibli, est à deux doigts de se faire empaler par Batman (ce n’est pas sale). Il voit sans doute toute sa vie défiler dans un frakking ralenti contemplatif filmé comme du Malick à contre-jour où du linge se ballotterait au vent du Kansas sur fond d’une mélopée à 3 notes jouée au piano par Hans Zimmer. Soudain, une image de sa mère s’imprime sur sa rétine : « Zut, c’est vrai que j’aurais peut-être dû en parler à Bat from Gotham quand je suis arrivé plutôt que d’ouvrir le dialogue par un pain dans sa bouche. Mais tout n’est pas perdu. » Et donc à voix haute :

«-Batman…
Bat de Goth…
Oh ta gueule ! Batman, il faut que tu sauves ma mère !
Assez t’il tout étant ?
Ma mère, que Luthor a enlevée. Oui je sais, j’aurais dû commencer par là… »

Ahaah ! Ahhaaahhahah !!!! MOUHAHAHAHAHAHAHAAHHAHAHAHA § !!!!§§§§§

Que vous êtes naïfs. Le combat a débuté sur ce qui n’est même plus une incohérence scénaristique mais sur une incohérence dans les lois de l’ordre des priorités humai….

« Superman vient de Krypton, il n’est donc pas humain »

La ferme !

« Oui, il a certes grandi dans une ferme mais on ne peut pas pour aut… »

C’est fini oui ?

Non parce que ce qui va suivre est tellement …
Pasnaturelpaslogiquepasdutoutlegenredetrucquivasortirdelaouched’unmecquivamourir que j’entendais distinctement le son que faisait le crâne du scénariste contre les parpaings.

Car au lieu de demander à Batman de sauver sa mère, Superman lui demande de sauver «Martha».

MÊME DANS « ARMAGEDDON », GRACE APPELLE SON PERE « PAPA » LORS DU MOMENT EMOTIONNANT DE LA FIN ALORS QUE DE TOUT LE FILM ELLE L’A APPELE SEULEMENT HARRY ET TU VEUX ME FAIRE CROIRE, ZACK, QU’A CET INSTANT PRECIS SUPERMAN DEMANDERAIT EN TOUTE LOGIQUE A UN MEC QU’IL NE CONNAIT NI D’AVANT NI D’EVE (salut Jawad) DE SAUVER « MARTHA » ALORS QU’IL L’A TOUJOURS APPELEE « MAMAN » ET QU’IL LUI RESTE UN TRUC COMME 2 SECONDES A VIVRE ?


« S.A.U.V.E.M.A.R.T.H.A »

Je crois bien que c’est la mise en place la plus laborieuse EVER que j’ai jamais vu entre l’intro du film avec le « Maaaaaaarthaaaaa » de Juste Wayne (bah oui, il a pas de prénom), les plans insistants sur la plaque « Martha Wayne » dans le caveau, et l’indispensable flash-back car le public est tellement demeuré qu’il n’a évidemment pas assimilé l’information.
Public qui est décidément pris pour un gros faisan car on tente de lui faire avaler la résolution de conflit la plus capillotractée de tous les temps. Loin devant le final de « Jurassic World ».

Donc, la résolution du conflit :

Tenez, il vous faudra bien une triste mélopée zimmerienne pour aller avec tous ces facepalms.




Parce que oui, après, ce « nos mamans avaient le même prénom », c’est l’avalanche de coeurbisoucoeur dans les faces de nos deux héros qui s’en vont main dans la main et la cape au vent répandre la justice par monts et par vaux, avec en prime, à la fin, un discours poignant de Bat de Gotham sur « je n’étais pas digne de lui blablabla… »

Je …

En fait, je n’ai plus vraiment de mots à ce stade de crétinerie.


SPOILER

On peut absolument tout refaire avec ce truc c’est magique : la Seconde Guerre Mondiale, la Bataille d’Azincourt, Pepsi et Coca, Schumacher contre Battiston….

Ah si, j’ai un autre truc à dire : Doomsday. Je parle rarement des acteurs, mais j’ai été agréablement surprise de retrouver ici quelqu’un que je n’avais pas vu depuis très longtemps. Il faut dire que malgré le succès de son premier film, il fait partie de ces gens qui n’ont pas eu la carrière qu’ils méritaient mais je remercie vraiment Zack Snyder de lui avoir redonné sa chance.
On applaudit bien fort, dans le rôle de Doomsday, le troll des cavernes de « La Communauté de l’Anneau » m’sieurs dames…

Non mais sans déconner quoi. L’imagination les gars…



Même un décalque de la version des comics eut été plus inspiré, sans déconner…

Même dans « Smallville », avec moins d’un 23e de votre budget, ils trouvaient le moyen de pondre un Doomsday cheap mais avec de la personnalité !

VOUS AVIEZ UN JOB !!!!!!

Le sentiment que tout le monde sur ce film est en train de faire n’importe quoi est palpable, ce qui rend le visionnage assez gênant au final, quand on se souvient au détour d’une énième sortie de route que ce que l’on a sous les yeux est un film supposé mettre en scène la confrontation entre les deux plus grands héros de comics que les comics aient jamais portés. Avec le budget qui va bien. Oh, à ce niveau, pas d’inquiétude, le pognon se voit à l’écran, apportant un vernis de crédibilité qui s’effrite malheureusement très vite.

Mais l’exécution est terriblement laborieuse, à un point que ne devrait jamais atteindre un produit de studio calibré pour divertir. Ici on s’ennuie, on se perd dans des scènes sans intérêt (les rêves fan service de Bruce étaient-ils supposés nous apporter des éléments sur son personnage ?), le tout emballé dans une mise en scène au mieux oubliable au pire sordide pour une production de ce calibre, servi sur une photographie mi-sépia mi-dégueulasse, écrit sur un rail de coke.

Là où « Man of Steel » faisait encore illusion, « Batman V Superman » est totalement démissionnaire, ce qui m’inquiète énormément pour la suite.
Il faut croire ce monde condamné à regarder ses mythes se faire rincer à grand coup de pseudo vénération, pour la plus grande gloire du pognon facile.

Bon il reste un rayon de soleil dans cet océan de noirceur : le dernier Michael Bay est sorti.

AWESOME !

Sûr ce, je vous laisse, mon patron vient de m’autoriser à évacuer le bâtiment.

Note :

PS : à quelque chose malheur est bon. Puisque le film est très loin de faire l’unanimité, peut-on espérer qu’enfin ceux qui le portaient aux nues réaliseront que depuis le départ, Zack Snyder se paye cordialement leurs fioles ?

PPS : je réalise soudain que le plan de Wonder Woman pour récupérer sa photo n’a aucun sens. Bruce Wayne ne fait qu’installer un appareil permettant de copier le contenu des serveurs de Luthor. Ce qui signifie que qu’au mieux, tout ce que Dumber Woman pourrait faire avec le boitier qu’elle a dérobé, c’est effacer la copie de la photo. Pas la retirer des serveurs de Lex Luthor…

6 commentaires Ajoutez les votres
  1. £££££… Tu vois public, où ça nous mène de dire du mal du scénario de « Gravity », « Jupiter », « Pacific Rim » ou « Mad Max …££££££

    bigre…un New York 1997 serait-il possible aujourd’hui ?

  2. @ Lockeforever : pas impossible, mais avec tout un tas de problèmes à produire, et pour trouver un public large.

  3. Honnêtement chère Dame je prends toujours beaucoup de plaisir à lire vos reviews qui sont toujours très intéressantes, voire drôles même quand je ne suis pas d’accord.

    Mais là je n’ai tout simplement pas pu aller au bout. Là où habituellement vous arrivez à trouver un point de vue différent de ce qu’on a pu lire ailleurs, votre déferlement de mépris juste pour le plaisir conte le film, nous avons pu le lire partout dans la critique professionnelle, ça n’apporte donc pas grand chose au débat. J’aurais espéré que vous puissiez voir un peu plus loin que la plupart de ces gens qui n’ont pas fait l’effort de comprendre le film sous prétexte que ça ne ressemble pas assez à un Marvel ou qu’il avait un peu d’ambition dans le fond.
    Et l’impression que j’ai en vous lisant au bout de la moitié de votre review c’est que vous rejoignez cet avis d’un film trop sombre et pas assez drôle.
    Personnellement je trouve qu’il est bon que DC/Warner se distingue ainsi de Disney/Marvel. Chacun des deux concurrents a un ton qui lui correspond bien. Et cela tend vers la diversité du cinéma contrairement à l’uniformisation que prônent la plupart des critiques professionnels (selon eux DC devrait s’aligner sur le style fun de Marvel, et la diversité dans tout ça ?).

    Concernant Batman v Superman je vais faire court car mon post est déjà long, mais je trouve qu’il est dommage que tout le monde casse ce film. Certes il n’est pas dénué de défauts, mais il ne se contente pas d’être un simple divertissement comme le sont les Marvel (ce qui n’est pas honteux en soi) mais tente d’apporter sa pierre au genre super-héroïque concernant la réflexion autour des super-héros que sont Superman et Batman. Et rien que pour cela je pense que l’effort doit être salué car il aurait été facile de faire un divertissement dénué de fond.

    Désolé de ne pas être d’accord avec vous ma Dame, mais cette fois je ne peux pas vous suivre dans vos propos. J’espère ne pas avoir loupé une éventuelle nuance qui aurait pu me faire relativiser votre point de vue dans la suite de votre review. Ça n’empêche pas que je serai au rendez-vous pour vos prochains billets 😉 D’ailleurs winter is coming et je pense que nous sommes nombreux à être impatients que cette nouvelle saison débute pour pouvoir vous lire 🙂

  4. Désolé du double post, mais je me doit de répondre à propos du fameux « Martha » dont j’ai n’ai pu consulté votre avis sur la question. Et je dois avouer qu’à chaque fois que je lis quelque chose à ce sujet ça me fait sortir de mes gonds xD

    Pour moi ce retournement de situation prouve au contraire que Zach Snyder a tout compris au personnage de Batman et à sa psychologie. Le chevalier noir vit avec le souvenir du meurtre de ses parents qu’il n’a pas pu sauver et qui a conditionné son envie de combattre le crime. Quand il entend dans la bouche de Superman le nom de « Martha », ça ne devient pas juste un « nos mamans ont le même prénom on devient potes » mais cela renvoie directement au traumatisme d’enfance de Bruce Wayne. Ainsi il veut comprendre pourquoi Superman prononce ce prénom. Et quand il découvre que Lex Luthor l’a manipulé à travers Superman pour qu’ils s’entretuent, son monde s’effondre car il a été dupé alors qu’il est un véritable paranoïaque qui fait son maximum pour tout contrôler. De plus l’issue du combat s’enfonce encore plus dans la psychologie du Batman: en proposant à Superman d’aller sauver sa mère Martha, Batman répare symboliquement son traumatisme d’enfance. Il n’avait pas pu sauver sa mère, il sauve celle d’un autre qui porte le même prénom, et en plus c’est la mère de Superman ! Bref pour moi Snyder a très bien géré cette idée, il faut simplement aller chercher des réponses dans la psychologie des personnages et ne pas s’en tenir au simple fait que les deux mères ont le même prénom, car ça ne se résume pas à ça.

  5. @ Ser Capuche : il n’y a aucun souci pour le désaccord 🙂 J’ai envie de dire encore heureux qu’il y ait des avis différents. Le film divise énormément, du coup je m’y attendais.
    Ce à quoi je m’attendais moins en revanche, c’est qu’après un « Man of Steel » qui essayait de faire quelque chose, Zack Snyder sorte un film aussi peu travaillé que ce BvS. Tant sur la mise en scène que sur le scénario. D’où mon « déferlement de mépris ».

    Je ne crois pas qu’il faille de l’humour dans Justice League car comme vous le dites, DC a non seulement le droit mais doit se démarquer de Marvel Studio. Ne serait-ce que pour proposer une autre vision des univers de super héros.
    Là où en revanche j’ai un souci, c’est quand la soit disant ambiance sombre et torturée devient une marque de fabrique au même titre que le « cool » chez Marvel, privant le film d’avoir une quelconque personnalité. On est également dans un produit calibré. Mais d’un calibre différent. Snyder étant l’équivalent DC de Favreau.
    Je n’y vois pas quelque chose favorisant la diversité au cinéma, bien au contraire puisque l’on est une énième fois dans un blockbuster superhéros standard, sans talent, sans réel projet artistique derrière, avec un scénario faussement complexe, prétexte au fan service, et farci d’erreurs de finition.

    Et le bashing prend ici de l’ampleur précisément à cause de cet emballage qui au final, fait plus facilement ressortir les défauts à de ce type de production que le Marvel standard. Tout bêtement parce que le Marvel aura son petit air de ne pas y toucher, sa posture cynique et son « humour » (je mets des guillemets, hein…) pour faire passer la pillule. « C’est nul, mais bon, je ne me suis pas ennuyé, c’était divertissant », et hop, public satisfait.
    Sur BvS, on peut difficilement en dire autant. Le scénario n’est qu’un prétexte mal amené à un affrontement qui se solde sur une résolution extrêmement capillotractée. Évidemment que cette scène permet à Batman de résoudre son trauma, là n’est pas la question. Mais c’est dans l’exécution, encore et toujours, que le film échoue. Le fait que tout tourne autour du prénom « Martha » est lourd (le rabâchage autour du prénom de Mme Wayne d’un bout à l’autre du film, le flashback au moment où Superman prononce le nom… ), dénué de logique. comme je l’écrivais dans le billet, un fils qui s’apprête à mourir donnerait-il le prénom de sa mère à une personne qui ne la connait ni d’Eve ni d’Adam ? « Sauve ma mère » n’aurait-il pas été à ce moment là plus pertinent, carrément moins tarte à la crème et tout aussi efficace d’un point de vue psychologique ? Parce qu’au plan symbolique, le prénom de la mère de Bruce Wayne n’a justement aucune importance. C’est la mort et l’absence de sa mère qui est essentiel. Donc quand je constate qu’un scénariste/réalisateur en arrive là, non, désolée, je ne peux pas être indulgente. Et c’est au contraire pour moi la preuve que Snyder n’a rien compris aux personnages, et surtout, n’a rien compris au symbolisme inhérent à ces œuvres qu’il est supposé adapter. C’est une constante chez lui que de se servir des symboles comme d’écrans publicitaires sans jamais chercher à comprendre leur sens et donc pouvoir les utiliser.

    Désolée pour la publication de vos deux messages ce matin seulement, ils avaient été mangé par l’anti spam et bizarrement, je ne les ai vu qu’aujourd’hui. Pas faute d’avoir vérifié hier soir pourtant. Bon l’essentiel c’est qu’ils sont en ligne 🙂
    J’ai aussi hâte au lancement de cette nouvelle saison de « Game of Thrones ». Ne rien savoir ou presque de ce qui va se passer est exaltant 🙂

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