L’œil du chaton

Mmh. Ahem. Okok…

Dites, les mecs, juste une fois, ça vous ferait rien de vous fendre d’un truc qui soit un tant soit peu original ? Parce que bon, même si vous travaillez sur un film franchisé, croyez-le croyez-le pas, mais il existe la possibilité de raconter des trucs différents. Toujours. Et de la faire de manière différente. Toujours.

Mais bon, je sens que j’en demande trop. Alors après « Terminator Genysis », « Jurassic World », « Insérez ici le nom d’un random personnage du catalogue Marvel”, “Star Wars Episode IV Enhanced Edition”, il était visiblement GRAND TEMPS de remake/reboot/se faire du fric sans trop suer sur le dos de Rocky Balboa avec « Creed », un film pas si honteux que tout ce qui précède le laisserait supposer.

Ayant suivi d’extrêmement loin cette histoire de dérivé de « Rocky » (comprendre : je savais qu’il existait, et c’est tout), j’étais loin de me douter qu’in fine, « Creed » ne serait qu’une resucée du film qui fit le nom et la gloire de Sylvester Stallone.

Mais une resucée suffisamment bien faite et consciente de ce qu’elle est pour coller aux basques de son prestigieux ainé avec ce qu’il faut d’humilité et un minimum d’ambition pour s’éviter de dégonfler comme le premier « Jurassic World » venu.

Après, il ne faut pas non plus se voiler la face : si « Creed » est un agréable film, c’est en grande partie parce que le recyclage de « Rocky » est fait de manière intelligente. Au lieu de décalquer comme un braquignol le film de Stalone, Coogler s’attache à l’essence du mythe. Alors certes, les fondamentaux visuels sont respectés, à la lettre, mais « Creed » fonctionne avant tout parce qu’il existe au niveau émotionnel, et aussi au niveau de ses personnages. S’il se vautre à ça de relever le défi, c’est en partie à cause de son personnage principal, qui peine un peu à émouvoir.

Le gros souci d’Adonis Creed reste son traitement, surtout au départ, particulièrement expéditif. Entre l’intro où l’épouse d’Apollo vient le récupérer dans le centre de redressement pour mineurs et celui où il présente sa démission d’un poste à quarante douze mille dollars la semaine, pour aller briser le cœur de sa mère dans leur palais de marbre peuplé de statues chryséléphantines, il faut AU MOINS la scène très bien pensée où Adonis affronte son père par écran interposé pour que l’on perçoive un peu de drame intimiste qui est supposé se jouer d’un bout à l’autre du film.

Pour vous la faire courte : l’exposition est à la fois laborieuse et courte.

Cette obsession à exister par soi-même qui anime Adonis ne revient qu’en fin de métrage, quand Sly lui fait essayer le short de son paternel après qu’il ait enfin assumé son patronyme.
Cette réconciliation avec Apollo si elle est bien traitée, tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, faute d’avoir été correctement préparée en amont.

Alors s’il n’y a guère à dire d’Adonis, il faut saluer Rocky, dans ce qui est sans doute sans dernier tour de piste. Le respect immense de Coogler pour ce personnage profondément humain est palpable à chaque seconde. Stallone n’a pas l’aura « over the top » de Schwarzenegger, qui a davantage surfé sur des personnages mythologiques toute sa carrière durant, quand Sly a plus essayé de conserver une dimension terre à terre (avant d’être rattrapé par sa propre légende).

C’est sans doute sur l’approche de Rocky qui « Creed » prend un tour méta, avec un regard plein de tendresse posé sur un imaginaire, un univers, un bonhomme, qu’on respecte, et que l’on honore en préservant et perpétuant son héritage.

C’est aussi là que « Creed » démontre sa plus grande faiblesse : ne pas vraiment exister loin de Rocky. Et si ce film ne se vautre pas avec complaisance dans la nostalgie, tel la région Centre, il peine à trouver son identité.
« Creed » est l’enfant de « Rocky », un enfant tout sauf honteux, mais qui règle son pas sur celui de son père.

Car l’autre boulet au pied du film est son scénario décalqué de « Rocky », jusque dans son final, où, suspens en mousse les gars, Adonis il perd à la fin, mais avec les honneurs. Et un short hideux qui n’a sa place nulle part ailleurs que sur un ring.

Pas bluffant sur le plan de la mise en scène, Ryan Coogler affiche ce qu’il faut d’ambition pour permettre à son travail de se sortir de l’exercice de citation. Sans être truffé d’idées géniales, « Creed » se contente d’être une réussite dans ses morceaux de bravoure, tel ce plan séquence joliment exécuté sur le premier combat officiel d’Adonis, suivi des vestiaires au coup de cloche final. Cette approche organique s’avère d’autant plus nécessaire qu’elle nous permet de coller et d’adhérer pour la première fois au personnage principal, un peu trop terne pour enthousiasmer les foules, mais dont l’engagement moral et physique, ici suivi pas à pas, devient un vrai pivot émotionnel pour le reste du métrage.

« Creed » est un petit film. Mais un petit film sympathique, un feel good movie que tu inviterais bien à boire une bière.

Note : **

Un commentaire Ajoutez les votres
  1. Joli film qui permet de compléter le cycle Rocky. C’est vrai que le perso de creed est terne en lui même etne semble exister qu’en compagnie des deux autres protagonistes.
    Ses courses dans les rues de phily sont flagrant. Là où les rocky planchaient sur le mental du boxeur, creed se bornent aux relations avec son entourage. Aussi creed ne trouve sa force que dans l’amour de sa copine et la reconnaissancede son « oncle »

    Le traitement de la légende est elle traitée avec énormèment de tendresse, vivement la suite

  2. Joli film qui permet de compléter le cycle Rocky. C’est vrai que le perso de creed est terne en lui même etne semble exister qu’en compagnie des deux autres protagonistes.
    Ses courses dans les rues de phily sont flagrant. Là où les rocky planchaient sur le mental du boxeur, creed se bornent aux relations avec son entourage. Aussi creed ne trouve sa force que dans l’amour de sa copine et la reconnaissancede son « oncle »

    Le traitement de la légende est elle traitée avec énormèment de tendresse, vivement la suite

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