Animaux préhistoriques partouzeurs de droite

Ouais ben c’est pas le tout mais il serait temps de reprendre une activité normale ici, NANMEHO ! C’est pas que je me tourne les pouces IRL voyez-vous, du coup, en règle générale, lorsque je rentre dans mon modeste logis le soir venu, je m’affale deux secondes, le temps de me faire vertement rappeler à l’ordre par deux monstres poilus affamés, me lève en grommelant à la gente féline dans son universalité d’aller se faire voir, me raffale (un néologisme que m’envie déjà Marcel Dassault) et me lance dans ma deuxième journée de travail de la journée, à savoir aider un mec à retrouver sa fille, dans une version polonaise, médiévale et fantastique de « Taken », avec des chasseurs spectraux dans le rôle des Albanais.


« –C’est pas très joli de m’utiliser comme excuse.
Je sais mais… Attention, derrière-toi ! Ils ont pendu Ablette !
s’échappe dans une nuage de fumée

Voilà, c’est de la faute de Géralt de Riv mais aussi de toutes ces missions périlleuses qui me sont confiées au quotidien. Sans moi, ce pays s’effondrerait. Au moins. D’ailleurs, regardez, je n’ai tellement pas de temps à consacrer à la Grèce en ce moment que c’est l’Apocalypse dans la culotte de leur économie.

Du coup, j’ai hésité… Je reviens avec quoi ?
« A la Poursuite de Demain » qui n’est déjà plus à l’affiche ?
« Mad Max » qui va me prendre encore trois ans de rédaction ?
Ou « Jurassic World » sur le sort duquel j’ai statué assez vite, et qui me permettra de me remettre en selle en daubant à pas cher sur un film qu’il est bien pour voir des dinosaures se déhancher langoureusement sur ton écran, mais concrètement bon à rien sur tout le reste.

Je fais partie de cette génération qui a connu la fièvre « Jurassic Park ». 1993, j’avais 10 ans, il s’appelait Stewball, c’était un chev… Bref…
Et oui, si vous aussi vous avez appris et chanté religieusement cette célèbre chanson du temps où vous étiez minots, le passage des ans et l’anglais LV1 font désormais exploser à votre visage cette vérité : ce cheval s’appelait « Boulette de Ragout », ce qui est assez prémonitoire pour une bête destinée à être abattue sur la piste de course. Spanghero FTW…

Fin de cette digression qui doit déjà vous faire comprendre combien je n’ai pas envie de m’étendre sur ce que « Jurassic Park » était et sur ce que « Jurassic World » en aura fait.

En ce temps-là, disais-je, tout était dinosaure. On mangeait des bonbons dinosaures, on avait des cahiers dinosaures, des albums Panini dinosaures, même des cordons bleus dinosaures, c’était la fête au dinosaure à tel point que j’avais eu à Noël une peluche vélociraptor, je sais, c’est puissant, tu peux pas test pareil doudou.

Le parc fait tellement partie de l’ADN de notre génération que malgré leurs filmo respectives plombées de rôles marquants, rien à faire, Sam Neill est pour l’éternité le professeur Grant et tu le respectes totalement depuis pour cela, Jeff Goldblum c’est Ian Malcolm, limite si la Mouche c’est pas de la rigolade à côté, et Laura Dern c’est le professeur Sattler, qui c’est ça, David Lynch d’ailleurs ?
Et quand tu regardes « The Pacific », tu te fous royalement de ce qui peut bien arriver au reste du casting, tant que Timmy s’en sort à la fin.

Bref, si tu avais entre 5 et 15 ans du côté de l’an de grâce 1993, alors un peu de toi est resté dans le parc.

C’est ainsi qu’en bonne intoxiquée du Jurassic Park, j’était prête à beaucoup de concessions pour « Jurassic World ». Et quand je dis beaucoup, c’est parce que malgré tout, j’ai de l’affection pour « The Lost World » et « Jurassic Park 3 ». Revus récemment, et avec bienveillance, je m’avançais, tel Ashitaka, prête à poser un regard sans haine sur le monde.
Ce qui allait jusqu’à trouver que bon, le dressage des raptors, pourquoi pas ? Après tout, John Hammond disait dans le premier film que la première personne sur laquelle les yeux du bébé dinosaure se posent reste gravée toute leur vie dans leur mémoire. Du coup, j’imaginais une super histoire avec Chris Pratt qui donnait le biberon à des tout petits raptors, les baladait dans le parc dans une super poussette, leur achetait des turbulettes avec des pitits trous derrière pour faire passer la queue, bref, j’attendais l’histoire d’un homme ayant vécu en symbiose avec une portée de fauves jusqu’à pouv….

JE SUIS TROP NAIVE JE M’EN VEUX JE VAIS ALLER MANGER DES GATEAUX AU CITRON POUR OUBLIER

Si seulement… Si seulement…….

D’un bout à l’autre, avec une abnégation quasi maladive, « Jurassic World » se tire des balles dans le pied.
Un peu comme si auteurs et metteur en scène s’étaient rendus à l’évidence que de toute manière, le premier film était insurpassable et que quoi qu’ils fassent, quoi qu’il arrive, leur « Jurassic World » ne serait qu’un énième blockbuster exploitant une franchise légendaire qu’il aurait mieux valu laisser dormir.

D’autant que le « Jurassic Park » de 1993 n’a rien perdu de son charme, ni le T-Rex de son éclat.

Résultat, « Jurassic World » est un film méta. Mais méta méta, limite si le SOUS TEXTE n’est pas souligné au point que l’on ne voit QUE CA.

Situé dans la contuinité du premier film, « Jurassic World » débute dans le rêve devenu réalité de John Hammond, dont la statue trône dans le bâtiment principal, là où jadis, il avait lui-même orné son grand hall du squelette d’un T-Rex. Bam, d’entrée de jeu. SUBTILITAY.
Le parc est donc ouvert, et c’est là que commence le sentiment nauséeux, sans doute voulu par le film, qui n’hésite pas à présenter lourdement et avec complaisance les attractions complètement WTF de Jurassic World.
WTF en elles-mêmes, même si beaucoup ne sont rien d’autres que ce que l’on peut voir dans tous les grands zoos du monde, mais WTF surtout parce qu’elles détournent nombre de scènes iconiques du premier film pour mieux nous faire passer son message.
Ainsi, les adorables tricératpos, véritables objets de vénération pour le professeur Grant, sont désormais condamnés pour les plus jeunes d’entre eux à servir de montures aux enfants.
Le big boss, seigneur de ces lieux, le T-Rex, est nourri d’une chèvre derrière une grosse vitre devant laquelle le public s’agglutine, pour mieux se repaître de la « férocité » du « prédateur ».
Les galliminus courrent toujours dans la grande plaine, or ce ne sont plus trois humains en fuite qui assistent à leur vol, mais des cars remplis de touristes.

Les dinosaures sont sous contrôle. Même les raptors, prédateurs ultimes trois films durant, se verront réduits à la fonction de pisteurs, ce qui me permet d’inventer une nouvelle espèce, le Raptor Terrier.
Tout est lisse, encagé, ou mis à disposition. Pas de saveur, pas de risque, pas vraiment d’émerveillement. On consomme massivement du dinosaure, qui ne se refuse désormais plus au regard du public, contraint de se livrer à un show permanent pour divertir les foules.
Lesquelles, vite blasées, sont avides de toujours plus grand, plus effrayant, plus impressionnant, du moment que la bête reste sagement dans sa cage et se laisse admirer.

COUCOU LES BLOCKBUSTERS.

COUCOU LE PUBLIC QUI SE RUE VERS LES FRANCHISES.

Ce message SUBTIL NOM DE DIEU s’adresse à vous. Le parc, le film, allégorie.

Regardez-moi ça. Les généticiens produisent à la chaine des espèces de dinosaures déjà existantes en se contentant de les rafistoler un peu, puis les asservissent au goût du public dont le parc flatte les bas instincts.
Mais le jour où l’on se décide à créer une bête de toute pièce, un hybride tellement monstrueux qu’il finit par échapper à tout contrôle, c’est le chaos qui reprend ses droits, jusqu’à ce que le public se fasse dévorer par les anciennes attractions rendues à la liberté.


« Viendez faire un tour en toute sécuritay dans nos Jurassic Ballz !!! »

Limite, ça part pas trop mal cette affaire. Je me disais « c’est réalisé avec les pieds, y’a pas de rythme, pas d’âme, mais au moins, ce film a un truc à dire et c’est plutôt gonflé de le faire au sein d’un film franchisé, produit par un gros studio ».

Aaaaaah. Si seulement….

Si seulement « Jurassic World », tout mou qu’il est, avait eu le courage d’aller jusqu’au bout. Malheureusement, dans son dernier acte, c’est tout le film qui baisse les bras, et qui démissionne.

Tu ne peux pas abandonner, « Jurassic World » ! Ce n’est pas ce qu’aurait fait un dinosaure !

L’évasion de l’Indominus Rex (pourquoi pas le « Terminatosaure » tant qu’on y est…) aurait dû précipiter l’ordre impeccable du parc vers la théorie du chaos de Ian Malcolm. D’accord, le film essaye, au travers du personnage de Nerd Mc Nerdy (joué par Jake Johnson, dans un rôle que Chris O’Doyd aurait pu tenir il ya quelques années) de nous en rappeler les fondamentaux, mais la sauce ne prend pas car dans les faits, rien n’est mis en place pour favoriser cette idée.
Surtout dans un film démissionnaire qui nous montre les héros utiliser des dinosaures pour combattre l’hybride. Oui, vous m’avez bien lue.

En soit, le domptage des raptors par Owen, tel que présenté au début du film, est une bonne idée, en adéquation avec le sous texte de « Jurassic World ». Les quatre prédatrices sont certes contrôlables, mais comme le précise Owen, cela n’a rien de systématique, et ce contrôle ne s’est jamais exercé hors de leur enclos. La fragilité de son pouvoir sur les poulettes de l’enfer est l’élément central dans cet arc du domptage des raptors.
Un contrôle qui aurait définitivement dû s’effacer du film à partir du moment où Germaine, l’Indominus Rex, s’est imposée comme leur alpha.


« Petite Futée sends her regards »

Mais en rendant la fidélité des raptors à Owen, puis en attirant Bérangère le T-Rex vers Germaine rien qu’en lui faisant coucou avec une fusée de détresse (le copier coller de la scène avec Malcolm dans le premier, cette fois sur des talons), « Jurassic World » détruit son unique intérêt, celui de rendre à la franchise ce qui fait depuis toujours son essence : la théorie du chaos. La création est vivante, une donnée que Claire, la responsable du parc, a d’ailleurs beaucoup de mal à intégrer. Et privée des contrôles offerts par ses créateurs, livrée à elle-même, elle trouve toute seule sa place dans le monde, quitte à tout balayer sur son passage.


Dommage pour Joss Whedon, cette scène n’était pas le passage le plus sexiste du film finalement. Mais comme la pire scène reprenait allègrement l’argument « une femme sans famille n’est pas vraiment une femme », hein, on va pas chipoter, Joss

Sauf qu’en lieu et place d’un final sur fond de contemplation du chaos et de l’échec patent du Jurassic World, voici ce que j’ai vu :

«-Germaine !!!! Espèce de vieille pute dégarnie !!! Viens un peu ici que je t’attaque !!!
Tu me défie, Bérangère ? Soit ! Challenge accepté !!!
Eh ! Je suis peut-être rien qu’un tout petit raptor mais moi, Gladys, je me joins à ton combat, Bérangère le T-Rex !
-(humains) :  »Pourvu que le méchant dinosaure perde !  »
MOOOOUUUUAAAAAAAAAAAAAMECREEEEAAAAANTE !!!!
Coup de pied retourné dans ta face de fossile !
Attaque du gros plan injustifié sur deux supers prédateurs géants qui se battent, même que le public, il est un peu venu voir ça, alors ce serait dommage de lui en donner pour son argent !
GnéGné, je vais te mordiller le dos, Germaine !
-(humains) : Pourvu que les gentils dinosaures gagnent !
Prise de catch, et BIM ! Dans le filet la Germaine ! ON FAIT MOINS LA MALIGNE MAINTENANT !
(Apparition inexpliquée des Dents dans la Grand Mer) : Anomnom le méchant dinosaure.
VICTOIRE !!!!
Fuck yeah !
Merci, Gladys. Sans toi, tes 1m40 au garrot, tes toutes petites dents et ta rage de batteur dans un groupe de pagan metal finlandais, je n’y serais jamais arrivée.
De rien, Bérangère. C’est toujours un plaisir d’aider une collègue. Aller, à la prochaine.
On ira se prendre un café à l’occasion, j’ai vu à peu près 15 000 fois pendant ce film qu’ils avaient ouvert un Starbucks ici
Supayr ! Bisous !
-(humains) : Wooaaah, super, Gladys, quel swag ! Tu es vraiment mon amie et bien plus encore !
J’ai eu un bon professeur Owen. Je vous laisse, humains. Bon vent ! »

Et ainsi s’en furent Gladys, et les humains, hyper rassurés d’avoir enfin défait la méchante Germaine.

Et pendant que tout le monde se réjouit de la fin de cette terrible journée en sabrant le champagne et en jettant des bigorneaux par poignée sur nos héros, j’aimerais rappeler qu’il y a toujours un T-Rex en liberté dans le parc, un raptor en vadrouille, des enclos défoncés de partout d’où s’échappent des dinosaures, et 3 MILLIARDS de ptérodactiles dans le ciel, sans doute déjà en route pour le continent.

MAIS JE DIS CA JE DIS RIEN.

Outre le fait que cette scène de free fight soit un peu toute naze en elle-même, elle a aussi le très mauvais goût de dévoyer les figures légendaires du premier film.

Le T-Rex et les raptors y étaient les prédateurs ultimes, la principale source de terreur pour le public. Dans le final de « Jurassic Park », le T-Rex sauvait les humains par accident (et par la grâce d’une incohérence scénaristique permettant à une bête de sa taille de se faufiler ni vue ni connue par la porte d’entrée du bâtiment). Ici, il est conduit sur Germaine et à la fin de l’affrontement, au lieu de démonter la tête de Gladys, la… remercie ? Ouais, la remercie de son aide.

Si vous voulez…

En prime, ces deux stars du premier film s’unissent pour refaire le portrait de la star du nouveau. Tu te dis que ça participe de l’entreprise interne d’auto dépréciation du film qui sait et affirme à de nombreuses reprises que de toute façon, il ne sera jamais à la hauteur de l’original.

Mais au final, le T-Rex et le raptor se font voler leur victoire par le soumarinosaure, à la faveur d’un plan complètement WTF, où tu découvres qu’en fait, ce super prédateur aquatique peut parfaitement sauter sur la promenade pour y boulotter Germaine, promenade où quelques heures plus tôt s’égaillaient des milliers de touristes. Heureusement que la sécurité était une priorité, hein.

Ainsi, ce T-Rex téléguidé par une simple fusée de détresse et ce raptor dressé sont les images serviles du passé, échouant in fine à démontrer leur supériorité sur l’hybride conçu pour flatter les bas instincts du public. Ce dernier se fait simplement manger par une flatterie des bas instincts plus grosse que lui.


J’en étais à un tel point que même ça, n’aurait pas pu me choquer

On pourrait croire que c’est encore un coup de grand méchant film méta, mais le comportement quasi choupi de Gladys et Germaine après ce combat laisse plutôt penser qu’en fait, non, plus personne n’en avait rien à foutre.

Autre moteur du film, la nostalgie imprègne « Jurassic World » au point de lui nier toute personnalité.
Les rappels à « Jurassic Park » sont constants, entre les plans copier-coller et la traversée des anciens décors.
Englué dans son souvenir, « Jurassic World » s’ajoute un handicap supplémentaire, en même temps qu’il semble dire au public qu’il n’est finalement qu’une version aseptisée et forcément moins bien de ce film qu’il a adoré quand il était jeune.

«Jurassic World » est totalement démissionnaire. Et il ne réussit même pas à être un bon survival comme l’était son illustre prédécesseur.
Là où le premier film enseignait l’insignifiance de l’humain et lui offre une leçon d’humilité, « Jurassic World » offre un actioneer dans lequel on peut dompter des raptors. La différence de ton est immense.
En soit, ce n’est pas un drame, mais ajouté au rappel constant du « c’était mieux avant » prôné par le film, ça sonne juste comme la confirmation de ce que l’on nous serine à longueur de métrage.

En plus d’être racoleur et vide, « Jurassic World » est aussi maladroit. Une façon pudique de dire que c’est écrit avec les pieds. Ouverture du festival dans 5, 4, 3, 2, 1…. :

-le mec de l’armée qui veut utiliser des raptors de combat.

Et qui n’est là que pour lancer l’intrigue de « Jurassic Wars », ou un truc du genre, qu’on pourrait aussi bien appeler « Dino Riders » et faire réaliser par Michael Bay.

-les enfants les plus blasés EVER qui tirent la gueule quand leurs parents les envoient à Jurassic World. J’avais envie de les tuer rien que pour ça.
Sans même chercher à comparer les frangins chevelus de cet opus avec Lex et Tim, il faut quand même reconnaitre que « Jurassic World » ne sait pas que faire avec deux gosses, un enfant lunaire et un ado dont les hormones sont au taquet.
Déjà, rien que dans la première scène du plus jeune j’avais envie de le choper par les épaules et le secouer.
Sans rire, gamin, tu pars en vacances à « Jurassic World », tu kiffes les dinosaures tellement que t’en as plein ta chambre mais le jour du départ tu tires la même tête que le jour où tu t’es rendu compte en arrivant à l’école que tu avais oublié ton goûter à la maison.
Je sais que tes parents divorcent et que c’est triste et tout, mais quand même quoi.
Même chose pour son abruti de frangin, qui visiblement se serait davantage enthousiasmé pour les dinosaures si ces derniers avaient eu des boobs.
Blasés d’un bout à l’autre, ils se contentent de trainer dans le parc en faisant deux trois conneries histoire de lancer des intrigues en mousse, et surtout, ce qui m’a le plus gonflé, je crois que c’est le fait qu’après avoir sauté du haut d’une falaise, contemplé la glotte de l’Indominus Rex, été pourchassé par des ptérodactyles, vu leur nounou se faire dévorer sous leurs yeux, manqué de se faire éventrer par des raptors, survécu au combat entre un T-Rex et l’autre grosse reloue albinos, ILS VONT BIEN.

Je veux dire psychologiquement bien.

Vous vous souvenez de l’état dans lequel Lex et Tim terminent le film ? Ou même comment ils sont après l’attaque du T-Rex ?
40 ans de psychothérapie au bas mot plus la phobie des lézards et des oiseaux à vie !!

-le directeur du parc, un sacré demeuré si vous voulez mon avis :
«-C’est quoi ce bordel Wu ?
Votre sécurité, chef.
Ne détournez pas la conversation !! On parle de trucs graves là ! Comment se fait-il que l’Indominus Rex soit aussi intelligent, du genre capable de savoir ce qu’est une balise GPS ! Y’a quoi dedans ?
Du T-Rex, de la sèche, un scénario de merde et un ingrédient secret.
Quel ingrédient secret ?
L’amour.
Votre gueule, Wu. Dites-mois quel est cet ingrédient !
EPIC TROLLFACE »

Nan parce que bon, voilà quoi, hein, de toute la franchise, on ne connait qu’un seul dinosaure supérieurement intelligent, du coup, par élimination…

-la sécurité aussi étanche que le Costa Concordia :
« –Allo le PC, je vous appelle parce qu’on a perdu un dinosaure très très méchant y’a deux heures environ.
Queuah ? Mais comment il a fait ?
Il a escaladé son enclos, vous savez ce truc où travaillent en permanence quarante douze ouvriers qui visiblement n’ont rien vu, à croire qu’ils ont été formés à l’académie Helen Keller...
C’est très suspect votre truc, vous êtes sûre qu’il s’est bien tiré ?
Positivement sûre ! Du coup, j’ai laissé trois mecs dans l’enclos pour constater des trucs, mais en attendant, vous pourriez localiser mon dinosaure grâce à la puce qu’il a dans le dos ?
Oui, chef ! »

Parce que le faire à la seconde où la disparition de l’Indominus a été constatée, c’était trop mainstream. On aura pu sauver des vies tu vois. La vache, c’est pas passé loin !

Je dois vraiment parler aussi des attractions über dangereuses de ce parc ? Genre le carrousel des bébés tricératops, vous savez, ces machins avec des cornes, que si jamais y’en a un qui s’emballe, on devrait dénombrer trois morts par piétinement et au moins 7 par empalement ? Ou du « circuit » dans la grande plaine qui autorise les visiteurs à piloter des boulasses en verre au milieu d’espèces disposant de frakking pics sur leurs queues le tout doublé d’une taille fortfort impressionnante ? Attendez, y’a aussi la balade en barque devant les dinosaures géants qui au moindre clic clac Kodak un jour de réception de leur feuille d’imposition pourraient virer berserk ? Ou le parc aquatique destiné à admirer le mosasaure dont les gradins sont carrément situés à portée d’un bond de la bestiole ?


Sécuritay

C’est moi où les gens qui ont imaginé les attractions de ce parc sont complètement fous ?

-l’Indominus Rex, sa vie son œuvre : Je ne retiens que le moment le plus épique où, dans sa petite tête de dinosaure, v’là que Germaine se dit « Et si je retirais cette puce qu’on m’a collée dans le dos il y a sans doute un bout de temps maintenant donc déjà pour que je m’en souvienne c’est pas gagné et puis surtout pour que je sache à quoi ce truc sert c’est encore plus h4rd c0r3, mais bon NIQUE LA LOGIQUE, je devrais dire LES LOGIQUES vu que déjà, un dinosaure qui pense à virer sa balise GPS, il faut le sortir, mais un dinosaure avec des tout petits bras qui arrive à s’arracher un truc enfoncé dans le dos, là je dis GG et par GG j’entends « Gros Glands », messieurs les scénaristes. »

Alors certes, toutes ces carabistouilles sont des détails et peuvent être mis dos à dos avec celles du premier film, qui en la matière se posait là lui aussi :
-le fossé de trouzmille mètres de profondeur qui apparait dans l’enclos du T-Rex, comme de par hasard au moment où les héros doivent passer par dessus bord.
-toujours le T-Rex qui se TP dans le hall du bâtiment principal.

La différence principale dans notre perception de ces scories tient principalement dans la qualité globale du film. A ma gauche, « Jurassic Park », un film très bien construit avec d’excellents personnages et une vision , un ton, une ambition (ce qui en dit long quand on sait que ce fut pour Spielberg un simple film de commande qu’il devait produire avant de se mettre à un projet lui tenant vraiment à cœur, « La Liste de Schindler »). A ma droite, « Jurassic World », qui ne fait même pas semblant d’essayer d’être bon, se contente de capitaliser sur le succès du précédent, s’en trouve visiblement un peu vain et sale, le dit, et se contente d’enchainer les séquences pour tirer vers une conclusion en forme de happy end complètement WTF.

Mise en abime de l’extrême pour ce film qui dénonce en direct ce qu’il est réellement et semble au final ne même pas en être désolé puisqu’il se contente de faire un gros doigt à la franchise, et à ses fans dans un final méprisant l’esprit même de « Jurassic Park ». Et avec suffisamment de cynisme pour se draper dans une nostalgie qu’il espère sans doute voir camoufler sa misère.

Note :

Un commentaire Ajoutez les votres
  1. Ouéééé un billet ^^

    …Sur un filme qui ma bien deg. 🙁 Pas mieux hélas que ce très bon billet , à part que j’ai plutôt apprécié la première heure…Pour me facepalmé ensuite tout le reste du filme…..On se seait cru dans un épisode de Lassie sérieux , ou un de ces téléfilms sur canal j avec pour thème les gentils dinos contre les méchants dinos et les meuchants monsieurs en costards qui veulent GAGNER DE L ARGEEEEEENNNNNT !!!!! ( tel un youtubeur sous coke et au rire cynique ).

    Bref bien qu’émerveillé au début , l’enfant en moi qui avait découvert le 1 dans les pages de la rubrique ciné de Player one était un peu déçus….

    – OH ! Que dis tu Ablette ? UN lycanthrope s’occupe d’orphelins en détresse ?!! Allons l’occire pour le bien de l’humanité ! Hu dada !!

  2. Permien : Secondaire is coming

    Trias : A dimetrodon always pays his debt

    Jurassique : Our is the obesity

    Crétacé : Finishing Strong

  3. Bon déjà d’une, dans ce film ( que j’ai pas vu parce que je suis trop pauvre pour aller au ciné ) ils sacrifient un requin blanc ET ON NE TOUCHE PAS AU SEIGNEUR DES MER parce qu’il nous faudrait un plus gros bateau ….
    De deux, le spoil fraternel sur les allumettes, non mais allo, tu t’enfuie d’un Trex et t’as des talons
    De trois , les gateaux au citron tu oublie, désormais ce sera tarte aux abricots avec boule de glace vanilles !

    Tout ces private jokes pour dire que je vais surement attendre de passer par le download pour me tarter ce navet cet hiver avec des potes au lieux de filer du fric a cineville, merci la dame 😉

  4. Merci pour cette critique chère la Dame, vous avez parfaitement résumé ce à quoi je m’attendais pour ce film et qui justifie que je n’ai pas dépensé de l’argent pour aller voir ce produit vidéo de consommation. J’ai vraiment beaucoup rit, vous étiez en très grande forme pour l’écriture de vos dialogues !
    Le fait que ce film, dont la qualité est vraisemblablement discutable, ait cassé la baraque au box office alors qu’un film superbement réussit comme Mad Max Fury Road a fait des entrée somme toutes modestes en comparaison me laisse songeur quand aux goûts actuels des spectateurs en matière de cinéma. Bon en même temps quand on voit qu’ils se ruent sur des produits du type 50 Shades of Grey, Fast And Furious 7 ou chaque nouveau Marvel attendu comme le messie alors qu’ils ne proposent jamais rien de nouveau, ce n’est pas bien étonnant.

    D’ailleurs en parlant de Mad Max je pense que nous sommes nombreux à attendre votre billet qui semble long à écrire, bon courage alors pour votre écriture ! Quand à À La Poursuite de Demain, ce n’est pas parce qu’il ne passe plus au cinéma qu’il ne faut pas le faire (Mad Max ne passe quasiment plus également). J’espère que vous le ferez quand même après cette remise en route avec Jurassic World, car votre avis sur ce film m’intéresse également beaucoup.

  5. @ ILDM : sûr qu’il y a un petit côté « Denver » dans « Jurassic World » avec cette scène de fin entre le T-Rex et le raptor. Sérieux, si le tyrannosaure n’avait pas eu de trop petits bras pour y arriver, je suis certaine qu’ils se seraient serré les paluches.

    @ Lockeforever : you made my day ^^ !

    @ el provocador : bien vu pour le requin blanc. Je percute à l’instant qu’on nourrit plusieurs fois par jour le mosasaure avec une espèce en voie d’extinction… GG Jurassic World. Lequel me répondra sans doute « OSEF, noob ! Si y’en plus, on n’aura qu’à en cloner ! « . Ce qui serait logique, en fait.

    @ The Hood : on peut ajouter aussi « A la Poursuite de Demain » qui s’est vautré pire que « John Carter » alors pourtant qu’il proposait une histoire originale, un concept nouveau, et qu’en plus, cerise sur le gâteau, il était superbement mis en scène. Maaaaaais bon…
    On lui trouvera sans doute un scénario simpliste, « déjà vu » et/ou farci « d’incohérences ». Des choses que l’on reproche moins aux films issus de franchises ou aux adaptations. Il n’y a qu’à prendre pour exemple le bashing contre « Pacific Rim » et l’indulgence devant « Transformers » pour se rendre compte combien cette prétention à « l’inédit » mine la créativité.
    « Mad Max » est vraiment difficile à aborder, tellement ce film est riche et foisonnant. J’y travaille, mais je peine à trouver un bout par lequel le prendre.

  6. @La Dame: il est vrai qu’À la poursuite de Demain a d’indéniables qualités quant à son originalité et sa mise en scène. Et je suis tout à fait d’accord des critiques qui lui sont faites alors qu’elles ne sont pas répétées sur d’autres films qui mériteraient bien plus de reproches (les franchises comme vous dites, super-héros et autres blockbusters encore plus décérébrés). À ce titre je trouve il serait intéressant d’analyser dans un de vos billets combien les critiques professionnels peuvent être complaisants avec certains films, les mêmes franchises, et parfois ne rien comprendre à d’autres bien plus ambitieux (http://www.vodkaster.com/actu-cine/… voir cet article édifiant qui illustre la bêtise des débats entre ces critiques soit disant professionnels), alors que de nombreux critiques amateurs sur blog comme vous par exemple, font beaucoup plus d’efforts d’analyse. À la Poursuite de Demain pourrait être parfait pour cela.

    Pour ce qui est de Mad Max lisez vous des articles pour vous inspirer ou préférez-vous ne rien lire pour rester « vierge » de ce genre d’information et trouver votre propre approche ?

  7. Personnellement, ce qui m’a le plus dérangée, ce sont les clichés des deux gamins perdus dans le parc (pourquoi faut-il TOUJOURS des gamins dans Jurassic Park, POURQUOI???) et celui de la belle plante qui comme de par hasard craque sur le ranger parce qu’il est trop trop fort. Arrêtez les conneries. Claire aurait été un bien meilleur personnage si on lui avait enlevé ses putains de neveux et son crush débile de sous le pied. -_-

    Et sinon, la fin, ce retournement de situation où les deux prédateurs du premier deviennent les héros, j’ai trouvé que ça faisait aussi très fan service, parce que finalement, pour ma part, j’ai attendu l’arrivée du T-rex comme certains attendent un nouvel opus d’Assassin’s Creed. Mais bon, niveau blockbuster, je suis trop influençable. XD

  8. @ The Hood aka ser Capuche : j’ai esquivé votre lien vu que justement j’évite de me polluer sur « Mad Max », y’a déjà tellement de choses dont il faut parler, si je m’embarque dans ce que les autres ont remarqué/analysé, je ne m’en sortirai jamais :p A lire après l’écriture du billet donc !
    Et à voir pour « A la Poursuite de Demain » 😉

    @ Bigregirl : les enfants dans « Jurassic Park » sont un élément de base de la franchise. Mais disons que s’ils sont mal traités, comme c’est le cas ici, c’est la cata assurée.
    Le perso de Claire en lui-même n’est pas honteux, c’est son traitement qui coince grave. Perte de crédibilité totale à l’instant où elle prouve sa capacité à pister un dinosaure dans la jungle en …. retroussant ses manches…. Okaaaaay… Et puis ce discours nauséeux sur « Clairemasoeur, tu rates ta vie à privilégier ta carrière à la joie incommensurable d’avoir des enfants enfin ! » Un petit couplet chanté pour appuyer l’idée que Claire est trop absorbée par sa carrière et son boulot et qu’elle ne sait pas relâcher la pression. Sauf que tout ça, son côté control freak, et sa manie de tout quantifier par les chiffres, c’est expliqué en long en large en travers et sans subtilitay pendant les 40 premières interminables minutes.
    Du coup, le crush n’est pas forcément si inutile que ça (c’est écrit avec une truelle, ça on est d’accord), mais cela participe de la logique du perso. L’échange au sujet de leur premier désastreux rencard est révélateur du caractère psychorigide de Claire (« -Quel régime interdit la tequila ? -Tous ! ») et à mesure que tout part à vau l’eau dans le parc, que le contrôle de Claire s’effrite, elle perd sa rigidité et peut donc céder à son attirance pour Owen, parce qu’en gros, plus ranafout de rien.

    Entièrement d’accord concernant le côté fan service du final « Jurassic Park All Stars ».

  9. @ La Dame: je comprends que vous ne lisiez rien sur Mad Max je trouve cela très honorable, vous ne vous laisserez pas influencer de cette manière. Dans le cas contraire je vous aurais suggéré quelques articles mais je n’en ferai rien. Une fois que vous aurez écrit votre billet je vous conseille quand même de lire celui que je vous ai donné en lien. C’est vraiment édifiant !

    Et merci pour le ser Capuche, j’ai explosé de rire ! Vous ne manquez pas à votre réputation pour affubler les gens des meilleurs sobriquets. Cela dit je suis honoré ma Dame que vous me donniez le titre de « ser » !

  10. Hoooooodi-ho !

    Super billet comme d’hab, je suis plutôt d’accord avec tout ce que vous dites.

    J’ai tout de même pris beaucoup de plaisir à le voir au ciné, même si effectivement, la plus grosse partie de ce plaisir venait la plupart de gros, trop gros éléments de fan services.
    Et du fait que ça fait vingt ans que j’attend de voir un dinosaure aquatique dans un Jurassic Park, donc rien que pour ça merci.
    Et il y avait Chris Pratt, et Chris Pratt quoi qu’il fasse il est toujours enorme, malgré le résumé du film qui le décrit comme ayant une « cool attitude ».

    « Cool attitude ». « COOL ATTITUDE ». Quelle genre d’immonde être humain peut utiliser cette expression pour faire la promotion d’un film ?

  11. Ah et je suis entièrement d’accord avec Bategirl, je ne peux plus supporter les enfants.

    C’était déjà nul il y a vingt ans, et c’est toujours nul aujourd’hui ( pas pire que dans « Le Monde Perdu », mais tout de même ).

  12. @ ser Capuche : ah ben si ça vous plait, je garde 😉 Au plaisir de lire vos sugggestions dès la publication du billet !

    @ Vareth : je me demande d’ailleurs comment ils le gardent, le mosasaure, parce que je n’ai pas vu d’enclos pour lui. Mais il y a sûrement un truc pour le contenir dans le bassin. Je n’y ai pas prêté attention, distraite que j’étais par mon envie d’encastrer un parpaings dans la tête des deux enfants.
    Dans « Le Monde Perdu », ça peut aller avec la fille de Malcolm. Le seul truc qui soit over the top avec elle reste la façon dont elle OS un raptor en faisant des tourbilol sur une barre parallèle. A chaque fois que je vois cette scène, mon cerveau plante, redémarre sans échec et sur l’écran de mes yeux s’affiche un gros « DAFFUQ ».

    J’aime bien cette erreur faisant de Bigregirl une Batgirl, avec un Batblog (c’est vrai qu’il est bath son blog :)), qu’elle écrit dans sa Batcave :p

  13. Hem, comment dire, je viens donc de visionner ce film…..
    Alors, voui, il était émaillé d’incohérence et de bug de tout genre ( scenar, jeux des acteurs etc ) mais restait plus regardable que pas mal de navetons donc, why not….
    Puis il y a eu la scene finale qui me fit faire le plus gros facepalm de ma vie, suivit d’un  » pfffffrt  » si tonitruant que ma chère Woolite ( mon mix de Siamois/Nibelung/Xenomorphe ) me dévisagea d’un air offusqué

    Malgré tout le film reste un divertissement pas si horrible que ça !!!
    Mais je comprend que la generation des trentenaires qui on vecu la folie Jurassic park puissent êtres degoutationnés….Ils avaient l’age ou on trouvais les dino super cool quand le film est sortis ( moi j’etait a celui ou on voulait plutôt voir Basic instinct, avec le biactol et la 103 sp )
    Mais oui, je me repete, je comprend,….Après tout, en tant que Quadra nourris a coup de fouets et de barbe de trois jours , j’ai pleuré des larmes de sang devant les  » cranes de cristals  » !

  14. @ El provocador : moi aussi, j’ai souffert devant les crânes en question. Les mauvais films sont transgénérationnels.

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