Like a candle in the wind

Cette semaine, je réalise que pour la première fois depuis, et bien depuis quelques années maintenant, la saison de “Game of Thrones” ne sera pas jamais aussi la saison de “Mad Men”.
Laquelle va laisser un vide immense.

Vide que « Game of Thrones » ne risque pas de combler de sitôt, surtout si elle continue sur des trucs comme l’arc dornien. Non parce que cette série a su développer des histoires pourries, incongrues, non justifiées, mais ce à quoi nous assistons cette année dépasse de loin toutes les merguez et les pois chiches de l’univers.
Ce qui n’empêche de rien D&D de nous faire passer du facepalm aux petits couinements ravis en l’espace d’un seul épisode, lequel contient cette semaine une mort pas banale, un Fantôme, et deux des scènes les plus satisfaisantes de l’histoire de la série, celles qui vous font pousser un grand « aaaaah » de plaisir mêlé de soulagement.

Après la grosse artillerie d’ironie dégainée la semaine dernière, le titre « The Gift » s’avère lui très premier degré.


Pour ne jamais oublier…

Another Brick in the Wall.

Qui l’eut cru… Qui aurait pu imaginer que Sam et Vère auraient le droit à deux des scènes les plus mignonnes de toute l’histoire de la série ?

« Mignonnes », faut le dire vite considérant que l’une des deux raconte la mort d’un vieil homme, mais on est dans « Game of Thrones » les gens, je vous rappelle que la quintessence de la romance ici c’est de coucher avec sa sœur.
Du coup, la fin d’Aemon Targaryen était quelque chose de remarquablement doux, apaisant, la fin tranquille et carrément sans précédent dans cette série d’un homme qui meurt de vieillesse dans son lit, sans s’être étouffé avec de la tourte, sans se faire poignarder à un mariage, décapiter pour trahison, coupé en rondelle par de l’acier valyrien, cloué à un lit à baldaquin, bouffé par un dragon/sanglier/zombie/loup/Bolton.

Une agonie éclairée par le fil rouge de l’épisode, la bougie, qui ici symbolisait la fin d’une existence, et la fragilité de celle-ci. Car rien ne justifiait réellement la présence d’autant de chandelles dans cette scène, pour éclairer les derniers instants d’un aveugle. Sam et Vère n’avaient pas besoin de tout cette lumière, qui était donc bien là pour appuyer le symbole.

Et puis, dans un épisode intitulé « The Gift » D&D en ont fait un beau aux lecteurs : Mestre Aemon est mort en parlant de son frère Aegon, qui apparait dans des romans de GRR Martin se déroulant quelques dizaines d’années avant les évènements de la série.
Je crois qu’on a été pas mal à réagir comme ça à cette mention :

Un qui ne se laisse pas aussi facilement impressionné par des morts naturelles dans « Game of Thrones », c’est Jon Snow, fin prêt pour son expédition sauvage dans le grand nord avec les Sauvageons.

«-C’est bon, j’ai mes bouclettes soyeuses, ma grosse épée en acier valyrien, mes tartines au Maroilles, les bons conseils avisés de ser Alliser…
Y’a pas de quoi Jon. Je peux pas te voir en peinture mais dans le fond, je t’estime quand même.
Moi aussi. Bisous, ser Alliser.
Bisous, lord commandant.
Bisous Sam.
Bisous, Jon. Tiens, voici des lames d’obsidienne. Dès fois qu’elles serviraient, SI TU VOIS CE QUE JE VEUX DIRE.
Ouais, genre si on se faisait attaquer à Port-les-Engelures ?
Genre.»

Genre, une qui aurait eu besoin d’un poignard, même en matière normale, pas des trucs de bourgeois comme l’acier valyrien ou l’obsidienne, non, juste un petit couteau tout con, c’est Vère, qui se fait agresser au réfectoire, ce qui, et là, je suis au regret de le lui dire, devait finir par arriver.
C’est pas que la Garde de Nuit soit connue pour être un repaire de repris de justesse, mais presque.

Sans la protection du lord commandant et celle de l’entourage de Stannis, Vère est terriblement vulnérable. A tel point que je ne comprends pas qu’elle se risque à se balader toute seule dans Châteaunoir.

Sam et Vère, même s’ils ont eu leurs moments relou, sont devenus cette saison un couple véritablement attachant, ce qui n’est pas gagné dans cette série. Leur combat contre les Frères Jurés était aussi pathétique qu’angoissant, à les voir se défendre ainsi l’un l’autre.
Rien à dire, sauf sur la chute… Alors là, je voudrais qu’on m’explique. Est-ce que Jon, avant de partir, a changé le nom du propriétaire de Fantôme au fichier canin ?


MoonMoon to the rescue !!!!

D’où sort donc ce cher MoonMoon vaguement aperçu en début de saison, tellement aperçu d’ailleurs que j’avais totalement oublié son existence ?
Si on veut oublier le côté incongru de son irruption dans le réfectoire, on pourra trouver mignon/attentionné de la part de Jon d’avoir laissé son dire wolf à Châteaunoir pour veiller sur son Sam.
Sinon, on peut avoir l’esprit chagrin et se dire que cet idiot de loup a loupé son bateau.

Winterhell.

La refonte de l’arc de Sansa est un exercice complexe. Il faut à la fois tenir compte de l’évolution du personnage, mais aussi du contexte très tendu dans lequel on l’a plongée. Du coup, on pourrait presque croire que D&D se sont engagés dans une impasse, mais cela, seul l’avenir nous le dira. Pour l’heure, je trouve l’équilibre plutôt réussi.

Nous retrouvons donc lady Bolton (et oui…) quelques jours après son mariage. Depuis son retour à Winterfell, Sansa a vécu une claustration progressive tendant à réduire de plus en plus son espace. Désormais, elle est enfermée dans sa propre chambre, contrainte de subir chaque nuit les assauts de Ramsay, qui cette semaine a pokévolvé de Michel Fourniret en Klaus Barbi.
Pour autant, elle continue de faire bonne figure en public, n’hésitant pas à jeter sa bâtardise au visage de son cher époux.


[ Le Point Chiffon :

Il sera bref à l’endroit de lady Sansa, qui pour être à la merci de son cinglé d’époux, n’en a pas pour autant remisé par devers elle son assurance et son talent pour piquer avec élégance et sans en avoir l’air là où ça fait mal.
Alors qu’elle sert à Ramsay un rappel de circonstance sur sa bâtardise, remarquez sa tenue hybride. L’Hiver étant désormais installé sur Winterfell, Sansa a sorti les chemises longues à passer sous ses robes, conformément à ce qui se fait dans le Nord.

Mais elle n’a pas choisi aujourd’hui n’importe quelle tenue puisque c’est encore et toujours sa robe de Mocking Bird qu’elle arbore, signe que malgré les violences conjugales, Sansa tient bon. Elle n’est pas brisée, et elle n’a pas oublié pourquoi elle a dû consentir à ce mariage.

Malheureusement, elle commence seulement à comprendre combien le combat va être difficile et combien elle est seule.

C’était le Point Chiffon]

Cette attaque de Sansa contre Ramsay est terriblement imprudente. Premièrement parce qu’elle ne sait pas que Theon n’a pas été allumer le Batsignal. Ah, comme la mise en scène a été cruelle avec nous, en faisant résonner le thème des Greyjoy tandis que Schlingue cheminait à l’ombre de la tour, pour mieux terminer dans les appartements de Ramsay…
Ensuite, parce que nous savons de quoi Michel Fourniret est capable quand on lui souffle dans les bronches. Et que nous savons bien que la pique de Sansa ne sera pas sans conséquences.

Si l’on se fait peu d’illusion sur la façon dont il va le lui faire payer le soir venu, pour l’heure, c’est mamie Zinzin qui a fait les frais de sa tentative d’évasion. Quel dommage, on commençait juste à s’attacher et Ramsay aussi visiblement. Je crois que tout le talent de la Résistance nordienne est d’avoir choisi des vieux au cœur fragile pour agents.


Mamie Zinzin : allégorie

Sansa doit continuer de s’accrocher, entre autre à l’espoir qu’elle peut retourner Theon, dont elle n’avait pas grand-chose à faire dans son enfance, mais bon, passons. Gageons également qu’elle saura faire bon usage que cette vrille négligemment chipée à un menuisier.

Jamais elle n’a eu à affronter un adversaire aussi tordu, violent et intelligent que Ramsay Bolton. Je crains désormais qu’il n’allume lui-même le Batsignal pour attirer Brienne et Pod et leur offrir un cours gratuit de cuisine : cette semaine, le carpaccio.

RKW FTW.

Meanwhile, dans les Ardennes…
Stannis et son best bro ever ser Davos se regardent dans le blanc des yeux pour oublier qu’ils se pèlent le postérieur. Et que leurs mercenaires se barrent. Et que les routes sont presque toutes bloquées par des congères. Et que Stannis ne peut pas reculer sous peine de passer pour l’éternité pour Stannis Le Péteux.

Mélisandre, toujours aussi sympa, quoi c’est vrai, elle est sympa comme fille, elle n’a jamais les pieds froids, ce qui en fait l’être à double chromosomes X le plus précieux de l’humanité pour vous, les hommes, aurait bien une solution, refaire le coup du GODMOD en utilisant un peu de sang royal :

“-J’aurais bien pris le sang de ton neveu, mais bon…
J’ai pas de neveu.
Mais si, le culturiste devenu navigateur en solitaire.
Ah !!
Ouais, celui-là.
C’est vrai que c’est dommage, du coup.
Pas tant que ça, il reste ta fille.
NONMAISCAVAPASLATETE ?
Attends Stan…
…Si tu touches ne serait-ce qu’à un cheveu d’une goutte de sang de ma fille, je te colle dans un charter direction Asshaï, espèce de sale sorcière !
Ce que j’essaye de te dire c’est q…
-Un barbecue ! Avec MA fille ? Alors ça, il ferait beau voir, Simone !
Non mais j’ai jamais dit que je devrais la cram…
Je ne peux pas entendre un mot de plus à ce sujet ! STANNIS OUT ! »

Eh,Stannis, mon loulou (quoi, je peux bien l’appeler mon loulou, c’est pas mon RKW…), je veux pas dire mais c’est tout de même pas la première fois que Mélisandre utilise du sang de roi devant toi. Si ça se trouve, c’est comme avec Gendry, elle a juste besoin de quelques gouttes, pas non plus de toute ta fille.
Ceci dit, j’en doute un poilou, vu qu’elle parle de sacrifice et pas de « deux trois gouttes de son sang comme dans « Pirates des Caraïbes » lolilol« , et contredit Stannis quand il évoque les sangsues. A ce stade, dans les livres, nous avions déjà eu droit au premier point de vue de Mélisandre qui avait profondément modifié ce que nous pensions de la prêtresse rouge. Visiblement, D&D ont choisi d’en rester au fanatisme le plus absolu la concernant.

Mis à part ce merveilleux moment qu’on n’avait PAS DU TOUT vu venir depuis quelque chose comme la saison dernière (« Sisi ma reine, votre fille doit ABSOLUMENT venir avec nous »), le détour chez Stannis cette semaine était de ces pastilles dont on se demande parfois pourquoi on a décidé de les laisser dans tel ou tel épisode, tellement elles seraient mieux dans un autre, histoire de renforcer leur arc plutôt que de tout éparpiller.
Notez aussi combien Mélisandre oublie totalement de mentionner un certain Balon Greyjoy, qui n’a donc pas volé sa place dans le bateau des arcs oubliés.

Port Réal.

En petite forme la semaine dernière, lady Olenna fait un comeback fracassant. Si tu crois qu’un septon vêtu d’un sac à patate ça va lui faire peur ! C’est qu’elle en a vu d’autres la Reine des Epines, seule personne du Multivers à pouvoir appeler High Sparrow « mon petit pote », sans que celui-ci n’ose la corriger : « Capitaine petit pote ».
Il y a deux ans, mamie Olenna se tirait de toutes ses joutes verbales avec au pire un match nul au mieux une écrasante victoire.
Cette année, on a changé de braquet. Enfin disons surtout que les joueurs ne boxent plus dans sa catégorie : Cersei est en mode folie maximum overdrive, Captain High Sparrow est plus incorruptible qu’Elliott Ness.

Heureusement qu’il reste un Littlefinger en ville pour lui permettre de se faire les griffes parce qu’on la sentait à deux doigts d’exploser sa gaine de trop de frustration contenue.

Mais tandis qu’Olenna et Petyr Baelish dissertent sur le sens profond de l’engagement en politique, moi, je pleure sur le cadavre du lieu le plus mythique de la série. La fin d’une ère, la fin d’un rêve, la fin du Palais des Mille Fleurs, lieu de tous les boobs shots, empire de la nudité gratuite. Ici, vécurent Roz, Prostituska, et l’autre, qui était super vulgaire… Ici Janos Slynt trancha en deux le corps de Bara, 2 mois et 24 jours. Ici le Grand Septon presqueculbuta la fille de « Ring ». Ici se trouvait la morue la plus fraîche de tout Port Réal et de cet aquarium Dodo était le gardien. Emotion, nostalgie, hommage :











Adieu, Palais des Mille Fleurs, disparu même pas deux semaines après avoir été franchisé suite à l’ouverture de ta succursale volantine, le Palais des Mille Fougasses.
Notre peine est immense mais la certitude que « Game of Thrones » n’en sera pas moins dégueulasse et racoleuse sans toi est comme un baume appliqué cette semaine par Tyenne Sand, une chandelle d’espoir pour nos cœurs en deuil.

[ Le Point Chiffon :

« Salou mé chéris ! Aujourd’houi, on va parler oun peu dé la reine Cersei parcéqu’il n’y a pas qué Sansa dans la vie ! »

Les tenues de Cersei sont elles aussi révélatrices de son état d’esprit, et la dernière fois que j’avais évoqué la reine, c’était pour dire qu’elle s’enfermait de plus en plus dans des corsets rigides et ou des bustiers en métal, faisant office d’armures. Je prédisais même qu’on ne la reverrait guère dans ses robes portefeuilles classiques.

Et comme de par hasard, cette saison, Cersei n’en a quasiment jamais porté, sauf lors des funérailles de Tywin… Ma belle théorie s’effondrait, scandale toussa. Festival de robes portefeuilles, enfin de seulement 3 (2 ½) d’entre elles.


Et donc, la fameuse robe à corset dite « rouleau de moquette », portée une fois cette année

La première est une robe noire de deuil apparue la saison dernière, dont le motif brodé or rappelle celui utilisé pour le vêtement funéraire de Tywin.


On en retrouve cette saison une version similaire, noire unie, mais doublée de ce même tissu brodé or. Limite si cela ne donne pas l’impression qu’elle n’a fait que retourner sa robe. D’un strict point de vue logique interne, je vois mal la reine Cersei se contenter de retourner ses robes quand un côté est sale, c’est la crise ma bonne dame mais tout de même quoi…
Par contre, du strict point de vue pratique de la conception des costumes, il me semble bien que cette robe de deuil ait été conçue dès l’origine pour être réversible. Cela permet de créer un costume à double emploi, à peu de frais, et qui symbolique s’avère être une astuce habile. En tout cas, il est certain qu’il s’agit exactement du même vêtement (comparer les manches, mais aussi le col, dont le liseré doré est plus épais sur la version unie, et que l’on retrouve plus fin sur la version brodée).


La seconde robe date aussi de la saison passée, il s’agit de son habit de deuil en tissu noir brodé du lion Lannister aux épaules.


Maintenant que j’ai dit ça, qu’est-ce qu’on peut bien en tirer je vous le demande…

Cersei est plus isolée que jamais, son influence diminue à la cour et tout portait à croire qu’elle jouerait à nouveau le jeu de l’armure féminine.

Mais il semble qu’elle ait décidé de faire profil bas, afin, sans doute, de ne pas sembler trop dangereuse aux yeux des Tyrells. Lorsque Cersei va à Canossa auprès de la nouvelle reine, elle met bien en scène son nouveau jeu. La reine mère ne lutte plus ouvertement. Elle se borne à afficher son deuil, comme si elle n’était plus qu’une femme brisée par le chagrin.
On remarque d’ailleurs que lorsqu’elle veut paraitre innocente et faible, elle choisit sa robe unie, la plus (faussement) modeste : c’est elle qu’elle porte quand elle discute avec Tommen au lendemain de ses noces, quand elle rencontre pour la première fois High Sparrow, lorsqu’elle va présenter ses vœux à Margaery mais aussi le jour de l’interrogatoire de ser Loras, où elle cherche à garder les mains propres.

En revanche, au mariage de son fils, Cersei retourne sa robe, et affiche son brocard tissé d’or. Intelligence de la costumière d’avoir fait à ce vêtement un mode on, et un mode off. Bitch Queen Mother affiche l’or Lannister lorsqu’elle veut réaffirmer son pouvoir.
Et cette semaine, face à Tommen, les lions Lannister sont de retour sur ses épaules pour une unique raison : la reine Margaery est en prison, la reine Cersei est de retour. Robe qu’elle portait quand elle envoyait Jaime à Dorne, et lors du Conseil Restreint avec Kevan où elle cherchait à s’imposer en tant que régente.

Bitch Queen Mother frappe à nouveau lorsqu’elle va visiter sa belle-fille au Septuaire. Regardez-moi donc ça. Elle n’avait même pas besoin d’ouvrir la bouche. Sa tenue hurlait à la face de Margaery : « Regarde-moi bien, smirking whore, regarde, je porte ta peau comme un vêtement. »

Parce que sa robe portefeuille est neuve. Et qu’elle a été fait dans un tissu qui crie « J’aurais pu être choisi par Margaery ». Parce que cette teinte de vert mordoré lorgne vers les nuances qu’apprécie Margaery, surtout depuis qu’elle a élu l’or comme nouvelle couleur de prédilection.

Et surtout, il y a ce motif végétal, très proche de celui de la reine Tyrell la semaine dernière. Et elle l’a fait monter sur une robe Lannister.



Forcément, c’était encore difficile hier et aujourd’hui de trouver une image claire de ce frakking tissu, mais vous pouvez me croire sur parole, c’est exactement le même style

Mais ce choix s’avère in fine malheureux pour la reine-mère qui a trop vouloir porter la peau de Margaery, fini par embrasser son destin, se faisant arrêter dans un vêtement cherchant à imiter celui de sa belle-fille le jour de sa mise aux fers.

C’était le Point Chiffon]

Tommen, notre petit chaton, est tout merturbé à cause de cette histoire de parjure rapport au fait que son beau-frère il s’emboitait dans Dodo la Saumure. La veille encore, Choupinet Ier ne savait même pas que ça existait ces choses-là !

«-N’ai crainte mon fils, maman est là.
Tes arguments étant aussi imparables que ta sincérité lorsque tu évoques ton affection pour ma femme, je m’en remets à toi, mère, pour sauver mon épousée ! »


La déclaration d’amour maternel de Cersei est tout ce qu’il y a de plus poignante. Simplement, le pauvre petit ne peut pas savoir que par « je veux ton bonheur et ta sécurité », elle entend « je veux la tête de Margaery sur une pique » et « tu te rappelles la fois où j’ai voulu t’empoisonner pour ton bien ? Non ? Tant mieux. »
Paradoxalement, ce sont les manœuvres de Cersei qui mettent le plus son enfant en danger. Comme la fois où il a failli déclencher une émeute au Septuaire après l’arrestation de Loras.
Margaery se contenterait de le maintenir sous sa coupe de velours et de sa vie, jamais Tommen ne se rendrait compte de rien, passant son règne à faire du bateau, brosser son chat et rouler sous la couette avec son épouse.
Décidément, cette prophétie de Maggy avait tout d’une prophétie auto-réalisatrice : en cherchant à empêcher sa réalisation, Cersei fait tomber les dominos qui entraineront sa chute, et la perte de ses enfants.

Mais en attendant, la reine mère pense avoir gagné la partie. Il est grand temps de triompher de sa belle-fille en venant la narguer dans sa cellule.
Et Margaery n’est pas trop d’humeur. Elle trouve que le RPG « Anne Boleyn » a assez duré. Et qu’elle aurait besoin d’un shampooing. Bas les masques pour Miss Hautjardin, qui ne cache plus sa haine envers sa belle-mère, RA.VIE de jouer la sollicitude pour la faire sortir de ses gonds.
Oh oui, c’est limite si on n’aurait pas envie que le retour de manivelle ce soit là, maintenant, tout de suite.
Et justement :

«-Salut à toi, femme !
Ouioui aussi…
La bougresse est-elle bien installée à fond de cale ?
Tout le confort moderne.
Bien. Maintenant, j’espère que tu es solidement amarrée, chouette mal empaillée. Coup de tabac en approche par babord !
-Il ne s’appelle pas Coup de Tabac, Captain High Sparrow, c’est mon cousin Lanc… Oh.
Ahah !! On l’a fait pas à l’envers au Captain ! Qu’as-tu à dire pour justifier cette entourloupe, ruffian enjuponné ?
Je suis la reine !
Bachibouzouk ! Iconoclaste !
Je suis innocente de tout ce dont je suis coupable !
Aux fers, bougre d’ectoplasme à roulettes !!! »

Et aussi aisément que l’on découvre un trafic dans les comptes de campagne de l’UMP, High Sparrow mit le doigt sur les fameuses casseroles de Cersei Lannister, ce qui aurait dû arriver dès le début de la saison considérant la réputation qu’elle se trainait.
J’avoue ne pas trop avoir compris ce qu’il s’est passé. Le Captain présente la chose comme si Lancel s’était ouvert à lui pendant sa conversion pour soulager sa conscience. Ce qui voudrait dire que High Sparrow attendait depuis quelques temps déjà l’occasion de faire tomber la reine. Et qu’il a agi fort opportunément le jour où elle est venue sans défense au Septuaire. C’est l’explication la plus logique.
Ce qui revient à dire que la scène au Palais des Mille Fleurs n’était que de la gueule pour Littlefinger promettant à Olenna sa vengeance en dégainant frère Macramé comme l’arme ultime contre Cersei.

Je vois assez mal Littlefinger et/ou Olenna se pointer au Septuaire : « Ah au fait, y’a votre frère Macramé qui a couché avec la reine, et qui s’est rendu complice de régicide avec un sanglier. » Je vois mal Lancel oublier de soulager sa conscience lors de sa conversion à la Grande Croisade du Repentir.
Le plus probable reste donc que High Sparrow était en possession de toutes les informations mais a préféré attendre le moment propice pour châtier la reine, en gagnant sa confiance, le droit d’armer ses Moineaux, en créant un précédent avec Margaery afin de gagner le respect du peuple, qui doit drôlement admirer son courage pour oser s’en prendre à la reine, en attendant que les Tyrell viennent à lui négocier avec des informations soit disant juteuses mais en réalité déjà en sa possession, uniquement pour que ces derniers lui soient redevables, avant de se retourner contre Cersei, pile au moment où cette dernière était en confiance.

Quoi qu’il en soit, c’est un moment de triomphe pour High Sparrow et un peu aussi pour tous les spectateurs qui adorent détester Cersei et qui affligés par sa bêtise depuis quelques épisodes, souhaitaient voir cette garce malfaisante derrière des barreaux.

Et alors que la reine-mère quitte la chapelle en vociférant, Captain High Sparrow se tourne vers frère Macramé :

«-Hardi, moussaillon ! Quelle belle prise !
Merci Captain.
TOURNEE GENERALE DE RHUM MES MOINEAUX !!! »

Et du fin fond de sa cellule, on entendit alors Cersei crier :
« NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON §§§§§§§§§ »

ENFIN ! Enfin, après 5 ans de complots, de langue de pute, de bitch faces, de réprimandes, de bêtises et de méchanceté gratuite, enfin, ça y est !








Les folles aventures de Bronn&Jaime.

C’est mamie Olenna qui à mes yeux résume le mieux l’arc dornien :


Après le fail le plus monumental ever, une œuvre collégiale qui vous aura été offerte par les Harpics des Sables et le célèbre duo comique Bronn de la Néra & Jaime Lannister « Trois mains et un cerveau », retrouvons le Régicide le temps d’une scène rudement intéressante et qu’on a pas du tout vu déjà la semaine dernière.
Préparez-vous pour un dialogue que vous n’avez jamais entendu à base de :

«Myrcella, on rentre maintenant ! » (Alors qu’on est en prison, mon petit, tu comptes la rapatrier comment maintenant ?)

Avec des :

«Mais je L’AIME ! »

Et un soupçon de :

« Pour une fois que des gens sont contents de se marier dans cette série tu vas pas venir troubler mon bonheur Disney ! »

Une scène CONSTRUCTIVE, donc.


« Lalala, ce rêveuh bleuuuh !!! »

Vous êtes en train de vous dire que cet arc est aussi puissant que « La Merguez et les Pois Chiche ? » Vous n’avez encore rien vu…
Direction la prison de Dorneville où Bronn est encore en train de chanter « The Dornishman’s Wife », parce que maintenant, elle risque de tourner en boucle pendant au moins deux saisons.

Y’a un truc qui tourne pas rond par contre, c’est la tête du mec qui pilote l’arc dornien. Alors lui, c’est un champion.
Le mec commence la scène avec Nym/Tyenne/C’est laquelle déjà ? toute gentille et mimi qui applaudit la chanson de Bronn parce qu’il a un joli brin de voix, puis tente de le tuer, puis le sauve sans aucune raison.

C’était sans doute une manière de rétablir l’équilibre dans la Force des Scènes de Cul, après celle de Sam et Vère, qui était toute mignonne.

«-D&D, dans mon bureau !!!!!
Oui patron ?
C’est quoi c’est connerie ! Vous m’avez écrit une scène de boule où les deux protagonistes gardent leurs vêtements ? Y’a quelque chose qui va pas chez vous ?
C’est que ça se passe dans le Nord et…
Je veux pas le savoir !!!! Trouvez-moi un moyen d’arranger ça ! Le public attend du boobs shot gratuit ! »

Coup de bol, les Aspics étaient à l’écran cette semaine, sinon c’est Diana Rigg qui se chargeait de remplir les quotas.

Si la scène semble gratuite, c’est surtout parce qu’elle est mal écrite. Mais sinon, dans l’esprit, elle illustre assez bien un aspect des Aspics que l’on n’a jamais vu jusqu’à présent. Pour la première fois, elles ont justifié la réputation des Dorniens (et des Dorniennes), par cet usage combiné du sexe et du poison pour mettre leur adversaire à genoux. C’était habile de la part de … ok, Boobs des Sables, de jouer ainsi avec le rythme cardiaque de Bronn pour accélérer les effets du long adieu.
Quelle pitié que cette scène, pas si mal dans l’esprit, se retrouve servie par une triplette de demeurées, et s’achève par le sauvetage le plus injustifié de l’histoire.

Car il semble bien que Bronn jouisse d’une étonnante immunité scénaristique, qui pousse Boobs des Sables à lui filer sa dose personnelle d’antidote. D’ailleurs, au passage, j’ai bien aimé le concept du collier que l’on avait remarqué chez les Aspics et sur Ellaria depuis le début de la saison.
Mais à part ça…

Morghulis te salutant.

Il aura donc fallu que « Mad Men » se termine la semaine dernière pour que « Game of Thrones » décide de rendre hommage à la reine des séries le temps d’une scène de publicité mensongère, servie par Monsieur Eko, qui nous fait un gloubi boulga Don Draper Style pour vendre ser Jorah mélangeant allègrement les œuvres de Thoros de Myr et de Jean Khal, le Dothraki qui tua Drogo en l’attaquant avec du tétanos :

« Ce guerrier, à nul autre pareil ravira le plus exigeant des lanistes. Un magnifique spécimen avec toutes les options. Ce n’est pas un gladiateur, ce n’est pas non plus un esclave dégarni en kilt. C’est un aller simple pour un monde inconnu, une machine d’exploration, un vaisseau aux voiles blanches qui vous conduira sur les rivages de la Friendzone. Les enchères à l’aveugle débutent à 10 000 dollars ! »


« C’est le talent, mec. »

Ouais parce que sans vouloir offenser Mario Del Vafanculo, ce type qui va acheter ser Jorah, mettre autant de pognon dans un rouquin sur le retour qu’il n’a jamais vu combattre, c’est au mieux de la confiance aveugle envers Monsieur Eko, au pire de la bêtise. Ou alors Eko est VRAIMENT aussi doué que Don Draper pour vendre n’importe quoi à n’importe qui.

Et maintenant, le point WTF, présenté par Edmure Tully :

La semaine dernière, les Boloss de l’Esclavage attrapaient deux pégus sur la côte pour s’en aller les faire combattre dans les arènes de Meeeeuuureen, cité libre dirigée par une reine abolitionniste. Cette semaine, les même mecs écoulent la marchandise (yo, changement de plan), tenez-vous bien mes chatons, SOUS LES MURS DE MEUREEN, puis, et là, on touche à la quintessence de la non relecture du scénario ou, faites votre choix, à un degré de RANAFOUT le plus élevé ever, voilà t’y pas qu’on conduit les gladiateurs tout esclaves qu’ils sont se mettre des coups de latte du genre terminaux dans le museau, sous celui de Daenerys, qu’elle a fort joli d’ailleurs.

Tu peux, D ou D, m’expliquer LE SENS CACHE DE CETTE INCOHERENCE TELLEMENT ENORME QU’A COTE MEME « TWILIGHT » OU « HUNGER GAME » SEMBLENT AVOIR ETE ASSEMBLES SUR LE GRAND METIER A TISSER DE LA LOGIQUE PURE ??

De deux choses l’une :
-on a caché à Daenerys qu’il s’agit d’esclaves, elle pense donc sans doute assister à un combat entre hommes libres et volontaires, ce qui est démenti par la manière dont ils entrent dans l’arène, poussés par Mario del Vafanculo. Rien qu’à observer son comportement et celui des mecs avec lui, à la place de sa Grâce Peroxydée, j’aurais fait interrompre la séance, le temps de procéder à une enquête musclée, menée par mes sangs-coureurs, car oui, cette semaine, je les ai vu, merci à Wits qui avait remarqué leur retour il y a 15 jours déjà.
-Daenerys sait parfaitement de quoi il s’agit, ce qui est une grave entorse à sa politique, sa morale, son projet, son tout, comme quoi hein, reine peut-être, mais politicienne surtout, qui sait même pas tenir ses promesses de campagne.

Et puis, ET PUIS ! Comment se fait-ce que je demande les deux mains levées vers le ciel exprimant tour à tour ma surprise, tour à tour ma frustration, que Monsieur Eko ne rechigne pas à vendre Tyrion alors que pourtant, il était supposé tiré un bon prix de
Mais visiblement il a totalement oublier le désormais célèbre cock merchant.

Pas un iota de logique dans cet arc, merci bien les gens, si seulement vous aviez pris le temps de vous relire, on n’en serait pas là.

C’est bon Edmure, tu peux y aller maintenant.

Mieux vaut je crois faire comme si on était tous un peu Helen Keller, rien vu, rien entendu, et voler vers la suite qui est tout aussi brillante question logique, matez-moi ça nanmaiho.

Corentin emmène sa promise aux jeux du cirque de Pitchouli-les-Mimosas, un petit bourg de 237 habitants situé à deux pas de Meereen, célèbre pour ses arènes et sa recette sans pareille de tourte aux supions.
Dany est motivée comme jamais.


« WHERE IS MY TEQUILA ? »

Et surtout, surtout quoi, Daenerys Targaryen sa Grââââce Immaculée qui se pointe comme une fleur dans le trou du cul de son royaume sans que les organisateurs de la kermesse n’aient été prévenus. MOUAIS.
Tu sens pas du tout que cette surprise a été concoctée pour ajouter un peu de tension à l’arc Tyrion, Jorah et les Boloss de l’Esclavage qui sans cela aurait été quand même, déjà moitié moins illogique, et ensuite un peu plus molle du genou.

Parce qu’il a la classe lord Friendzone quand il défonce ses camarades sans armes ni haine mais avec un peu de violence quand même.

Et là, va savoir si c’est l’ennui, la perspective de la dégustation de tourte aux supions, la chaleur, la compagnie de Corentin, ou son nouveau collier de dragon tricéphale remplaçant avantageusement la célèbre couronne qu’elle se fait offrir dans les bouquins, mais Dany ne reconnait même pas ser Jorah avant qu’il retire son casque, Maximus style.

Daenerys, tu en connais beaucoup des types qui se promènent en kilt de ce côté du Détroit ?

« Je pouvais pas le reconnaitre sans sa cravate en jean… »

Soit…

Remarque en passant : cela fait deux épisodes de suite que l’on nous reparle de Thoros de Myr. Un retour de la Confrérie serait-il à prévoir ?

Et puis ce moment est arrivé… Magique et … Emotionnant (non, ce thème musical n’a d’approprié que son évocation de la verticalité contrariée des protagonistes. Et son final aussi grandiose que celui de cette scène).
What a glorious day for Meureen, what a glorious day for the world.

Cet instant, je ne saurais vous dire combine il a été espéré, rêve, voulu, supplié par tous les lecteurs de part le monde, des lecteurs qui n’en peuvent plus, George de voir Tyrion faire du bateau, tenir à la jambe au PNJ le plus chiant de l’histoire des PNJ, j’ai nommé Penny la Naine dépressive, faire naufrage, écouter les jérémiades de Penny parce que la vie c’est DUR, on SOUFFRE putain, se faire vendre par un marchand d’esclaves se faire acheter par un acheteur d’esclaves, s’engueuler avec ser Jorah, passer DES MILLIARDS de jours sous les murs de Meereen à même pas trois cent mètres de Daenerys sans jamais parvenir à la rencontrer, montrer des stratagèmes dont tout le monde se fout vu que le lectorat il veut juste que Tyrion rencontre Dany et le reste il s’en fiche comme de l’an 40, mais non, le livre 5 il finit et Tyrion n’a toujours pas passé le frakking mur d’enceinte alors que ça fait 12 ans au moins qu’il est là à attendre comme une pomme pendant que Jorah et Penny se font un match de ping pong avec la dépression.
Et encore je vous résume parce que c’est tellement pire en vrai que tu finis par vouloir que celui qui était ton personnage préféré meure de la peste ET du choléra, de préférence en étouffant Penny et ser Jorah.

Cette fois nous entrons de plain-pied dans ce que j’ai encore du mal à identifier comme une anticipation des évènements de « The Winds of Winter » ou une réécriture totale des arcs de Daenerys et de Tyrion. Cette rencontre, pour attendue qu’elle fut, en est dans les livres à un tel point de suspension qu’il m’est difficile d’imaginer qu’elle puisse avoir vraiment lieu. Mais je ne m’étendrai pas davantage sur le sujet, j’attends la fin de la saison pour me prononcer sur cet évènement et tenter des comparaisons.
En attendant, Daenerys a gagné un bien très précieux, le cerveau et le sens politique de Tyrion Lannister en personne. Reste à espérer qu’elle daigne l’écouter et que lui accepte de conseiller Miss Gourdiche.

La semaine prochaine…

La mi-saison étant largement dépassée, on peut commencer à tirer quelques conclusions de ces 7 épisodes diffusés.
Comme D&D ont-ils gérer le virage délicat de l’adaptation par anticipation ?
Pas trop mal, dans les grandes lignes. Même s’il faut attendre encore un peu pour savoir où ira par exemple l’arc de Sansa, il reste pour l’heure la réécriture la plus audacieuse et la mieux gérée de la saison 5.
Difficile d’en dire autant de l’arc dornien, écrit en dépit du bon sens depuis le début, cumulant les maladresses et, je ne peux pas m’empêcher de le penser, souffrant un peu du manque d’intérêt que peuvent avoir pour lui les showrunners.
Car regardons les choses en face, cet arc ne sert strictement à rien, du moins pas pour l’instant. Il n’est là que pour faire faire des trucs à Jaime, tout en capitalisant sur la famille Martell, que l’on essaye de conserver à l’antenne parce que peut-être un jour, elle servira à quelque chose dans un arc principal.
Pour l’instant, on a surtout l’impression de suivre des aventures parallèles complètement déconnectées du reste, dans ce qui aurait même pu devenir une web série éjectée des diffusions hebdomadaires.
Il faudrait sérieusement que D&D nous sortent le grand jeu dans les trois épisodes qui restent pour effacer ce sentiment de ratage total.

Quant à Tyrion, malgré le WTF de son esclavage, il est celui qui s’en tire sans doute le mieux de la refonte de son arc, considérablement abrégé et menant à une fin très satisfaisante. En rompant l’isolement de Daenerys et en lui offrant son talent, il ouvre des perspectives inédites à la fois pour la Khaleesi, mais aussi pour l’ensemble du récit. Il est juste un peu dommage de voir qu’à côté de ces aménagements globalement réussis, D&D sont incapables de faire progresser d’autres arcs plus vite, comme celui d’Arya, qui va s’étirer en longueur jusqu’à la fin de la saison sans nous ouvrir à un peu de spoil (parce que je ne vois pas trop la série aller plus loin que les livres à son sujet, désormais).
Aller, à dans une semaine et d’ici là, n’oubliez pas…







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