La rétro : « Les Gardiens de la Galaxie »

Après avoir ici encensé « Jupiter Ascending » et lâché sur Facebook que bon hein oh, « Les Gardiens de la Galaxie » pouvaient aller se rhabiller, je me suis dit qu’il était peut-être de bon ton, surtout après n’avoir si longtemps rien glandé ici, de m’expliquer un peu sur le cas du dernier Marvel en date.

Si je devais situer « Les Gardiens de la Galaxie » sur l’échelle de Marvel, je les mettrais quelque part dessous ou devant « Captain America : The Winter Soldier ». Très certainement en-dessous, d’ailleurs. Possible aussi que le premier « Iron Man » lui chipe sa place car en tout honnêteté, le premier opus des aventures de Tony Stark n’était pas si mal.

Ce qui signifie qu’au pire des cas, « Les Gardiens de la Galaxie » se positionne en 4e position sur une échelle de Marvel toujours dominée par « Captain America », décidément indétrônable.

Point fort des « Gardiens », le dépaysement certain qu’il offre d’avec le reste des productions Marvel. En lieu et place de l’introduction d’un nouveau super et de ses pouvoirs, on bascule ici dans un genre de space opera décontracté, frappé du sceau du « cool », si cher au patron des studios Marvel, Kevin Feige.

On suit le point de vue et la trajectoire de Peter Quill, alias Star Lord, mercenaire décontracté et cool, qui suite à de rocambolesques aventures rattachées au lore de Marvel, va se constituer une équipe de vagabonds et autres laissés pour compte, unis dans leur désir de vengeance contre le grand méchant du film.

Sur que le point de départ des « Gardiens » est rafraichissant. Et plutôt bien mené jusqu’à mi-parcours. Si on comprend très vite que le film sera divertissant point barre, et drôle point barre et cool point barre, aucune déception en ligne de mire. Vol sans turbulences. L’humour marvelien est là, et il colle aux dents, d’autant plus qu’il est saupoudré d’un référentiel constant qui fait souvent office de cache misère sur un scénario paresseux, comme de coutume chez Marvel. Après le passage dans la prison, où l’équipe se forme et où les personnages sont exposés, « Les Gardiens de la Galaxie » se met à suivre la formule type de la franchise sans chercher à faire un réel film d’aventure bien fichu.

En résumé : LoLz => explosions ! => BrrooubrrrcarshhhBroum => LolZ => EXPLOSION => LoLZ => EXPLOSION GIGANTESQUE => LoLz => fin.
Recette déclinable à l’infini chez Marvel et plus perceptible que jamais dans sa phase 3. Sauf dans « The Winter Soldier », Captain America continuant décidément à se démarquer par le haut au sein de la franchise.

Ceci dit, là où un « Thor : The Dark World » ou un « Iron Man 3 », « Les Gardiens de la Galaxie » réussissent à créer une vraie synergie dans le groupe titre, jusqu’à se ménager de vraies plages de plaisir. Les spores bioluminescents de Groot, le sacrifice final de ce dernier, sont des moments qui fonctionnent, parce qu’en amont son personnage et celui de Rocket ont été bien établis. Si l’on pouvait en dire autant du reste de l’équipe ce serait magique, mais il faut savoir se contenter de ce que l’on a et un couple crédible composé d’un Ent et d’un raton laveur transgénique, tant que ça fonctionne, ça me va.

Le registre émotionnel, par lequel Marvel pêche sur souvent, n’est pas le point faible des « Gardiens de la Galaxie ». On sent une envie réelle de la créer et de la laisser s’installer, mais les impératifs du film rattrapent souvent ces instants pour imposer un rythme d’enfer à la production. La mécanique de ce type de film est ultra précise et aucun temps mort n’est toléré afin de respecter l’alternance de LoLz et d’explosions. La première séquence du film se voit ainsi sauvagement désamorcée par le kidnapping de Peter, dans un enchainement trop mécanique pour permettre à l’émotion créée par la perte de sa mère perdurer. Cet évènement, loin d’apparaitre alors constitutif de sa personnalité, devient un gadget que l’on resservira quand le besoin s’en fera sentir sur la fin. Comme souvent chez Marvel, les personnages ont un background solide hérité des comics, effleuré dans les films mais jamais vraiment traité. Plus importante est l’action, le fun, les situations cool et le rire de connivence avec le spectateur.

« Les Gardiens de la Galaxie » font cependant bien leur job : film estival sans prise de tête, tunnel de divertissement brut sans rugosité, produit parfaitement calibré par Marvel. Sur la qualité de l’écriture, de la mise en scène, la mécanique de base de l’histoire, le film n’a cependant rien pour le recommander. Il ne se distingue en rien du reste de la soupe vendue par Kevin Feige. Seul l’emballage le recommande, avec cette forme atypique et son décor, l’espace.

A mon avis, pas de quoi se relever la nuit, mais pas de quoi non plus bouder. Dès lors que l’on sait à quoi s’attendre, impossible d’être déçu par ce film qui remplit toutes les cases de son cahier des charges et le fait plutôt bien. On est ici face à une production supérieure aux « Avengers », même si elle possède les mêmes défauts. Au moins, grâce aux dynamiques de groupe « Les Gardiens de la Galaxie » réussissent à réunir quelques qualités qui font toute la différence.

Note : /

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *