« By the Moon Door Shadow » (air connu)

Ouais.

Ok.

Il ne fallait pas s’attendre NON PLUS à un épisode de qualitay toutes les semaines non plus. « Game of Thrones » reste « Game of Thrones » quoi qu’il arrive et en milieu de saison, en règle générale, on a traditionnellement droit à un coup de moins bien.
L’épisode de la semaine a tout de l’épisode de remplissage, s’offrant en prime, le luxe de conclure l’un des arcs les plus « OMG mais que va-t-il donc bien se passer ? » exactement de la manière que je redoutais.

Attention, ce n’est pas non plus mauvais, même très loin de là. Chaque scène d’aujourd’hui a à sa façon fait progresser l’histoire. Pas de dialogues gratuits, tout servait soit à décrire un état présent du personnage, à placer des informations cruciales pour des développements à venir, ou à résoudre des intrigues.

Bref, l’épisode de transition classique mais qui continue sur la bonne lancée générale de cette saison 4, à l’arc de Bran/Jon près. Pas totalement raté, mais pas satisfaisant non plus.

Aller, sans plus attendre…..

LE.

BILLET….

Port Réal.

Voici venu le jour glorieux du couronnement de Tommen Baratheon, roi des Andals et des Premiers Hommes, Protecteur du Royaume et des Piti Chatons, proclamé devant la cour entière par un septon écossais, si j’en crois ses impressionnants roulages de « R ».
Cormac Mc Septon ayant fini son office, c’est l’heure des félicitations d’usage et du défilé des nobles, sycophantes glaireux et autres pique-assiettes.

Planquée derrière une colonne, Margaery Tyrell s’applique à spammer sa célèbre « moue de travers » au jeune roi quand SOUDAIN, éclipse de Tommen par l’Etoile Noire herself.


«-C’est la reine ?

-Non, c’est une base sidérale… »

« Game on, bitch », semble se dire Margaery en voyant Cersei approcher, mais, et là c’est presque louche tellement c’est inattendu, l’échange reste totalement courtois. Enfin courtois. Malgré que la reine reste persuadée que Tyrion est l’unique coupable de la mort de Joffrey, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver son échange sur son fils aîné un poil orienté. Ou alors je suis totalement parano. Pourtant, ça ressemblerait bien à Cersei, ce mode faussement confessionnel.
Mais dans les faits, ça ressemble surtout à la conversation qu’elle avait eu en saison 1 avec Catelyn dans la chambre de Bran dans le coma. Celle où elle avait évoqué un fils mort-né très certainement imaginaire afin de noyer les éventuels soupçons de Cat dans le flot d’une commisération de façade.

« Mince alors, mais pourquoi tant de douceur et de complicité, alors !!!! » S’en est presque étouffant !

C’est que l’on aurait presque oublié combien Cersei peut-être retorse parfois. Enfin retorse, je me comprends. Sa stratégie est digne d’un faux-derche de 10 ans cherchant à gagner les faveurs de ses parents sur ses frères et sœurs. C’est tellement grossier que si Tywin se laisse abuser par ça, franchement, il perd mon respect à jamais.
Ceci dit, je ne pense pas non plus que papi soit dupe du brutal retour au bon sens de safillelareine. Pas dupe mais pas idiot non plus au point de dénoncer son petit jeu. Tant qu’elle se plie à ses commandements pour lui complaire et redorer son blason, autant faire comme si de rien n’était.


Décidément, ce dialogue était magique…

Pauvre, pauvre Cersei. Oui, je sais, j’avais dit que je ne la plaindrais pas mais tout de même. Si on la voit cette semaine se commettre dans des amitiés de façade et faire carpette devant son paternel en acceptant TOUT ce qu’il voulait lui imposer, c’est qu’elle n’a plus vraiment le choix.
Plus de pouvoir, plus d’amis, plus vraiment d’enfants non plus, il ne lui reste que son père, un homme inflexible qui lui retirera son soutien si d’aventure elle s’oppose à ses décisions. Autant faire profil bas, le temps de refaire ses forces.
Dans tes rêves, Cersei. Dans tes rêves.

On aurait vite fait de croire Cersei rentrée dans le rang, vaincue et soumise. Si tout Port Réal cette semaine tourne autour de sa personne, c’est pour une bonne raison : la reine veut toujours la tête de Tyrion et elle y travaille activement.
En venant pigner devant les trois juges de son frère, et en leur donnant exactement ce qu’ils veulent afin de les amadouer.
On imagine sans peine combien cela peut lui coûter, à elle, la lionne de Castral Roc plus coutumière des coups de griffes coups de pattes coups de griffes coups de pattes dans la gueule de l’adversaire, mode *powerispower » activated, de devoir ainsi se la jouer passive pour arriver à ses fins. A noter qu’elle se révèle loin d’être mauvaise dans l’exercice, surtout auprès d’Oberyn, quand elle saisit au bond la perche que ce dernier lui tend sans le savoir en évoquant ses filles.

La cour toute entière devrait se méfier : c’est blessée que la lionne est la plus dangereuse.

Cette semaine, Port Réal était comme le reste de l’épisode, faussement chiant et sans intérêt. Car s’il ne s’est pas passé grand-chose d’étonnant, et qu’on y a surtout fait de la mise en place pour la seconde moitié de la série, on y a tout de même commencé à placer quelques petites choses bien sympathiques.
A commencer par OBERYN MARTELL FAIT DE LA POESIE OMAGAD et pas une gonzesse à poil à l’horizon mazette, sortez le champagne, ça s’arrose.


«-Li sanglots long di violons di l’automne…
-Arrêtez s’il vous plait, ça me met mal à l’aise. »

Loin du Palais des Mille Fleurs et de Dodo la Saumure, Oberyn compose quelque sonnet pour une de ses 8 filles, information qui semble étonner Cersei, nous prouvant là encore qu’elle est décidément trop quiche pour se rencarder correctement sur les gens puissants qui zonent à la cour.
Sans déconner ma fille, mais à ta place je me serais fait un dossier sur chacun d’entre eux, et Oberyn Martell « ji juré di mi vengi » en particulier.

Maynon, Cersei un jour, Cersei toujours « OH FICHTRE 8 FILLES…. Ahem, 8 filles, oh c’est exquis et je parie que se sont toutes de sales bâtardes jeunes personnes charmantes !! » *smileys dans la voix*

Là encore, nouille cosmique, si tu faisais un peu ton boulot tu saurais que les filles d’Oberyn Martell sont… how can I put this…

Oh et puis zut, vous verrez bien dans la saison 5, bande d’impatients, lorsque vous ferez la connaissance des ravissantes, charmantes, intrigantes et MORTELLEMENT DANGEREUSES ET FOLLES DANS LE DEDANS DE LEUR TETE Aspics des Sables, les fifilles à leur papa Oberyn, une bande de grosses guedins prêtes à TOUT pour l’honneur familial et qui de surcroît ont oublié d’être bêtes. Contrairement à leur cousine Arianne, mais ça, c’est une autre histoire et j’en ai déjà trop dit.


Intéressons-nous plutôt à ce qui est réellement important dans cette entrevue entre Cersei et Oberyn : « Alors voilà, prince Oberyn, snif, larmichette toussa, si vous aviez l’urbanité d’offrir l’Unique à ma fille unique, j’en serais fort aise, voyez-vous »
L’Unique quoi, carrément, paf, à peine Littlefinger l’a remis en location et pouf, le bateau, il repart aussitôt pour Dorne afin d’amuser la princesse. Sérieusement, Cersei…

Autre élément de mise en place qui fera « BANCO§§§§ » dès la semaine prochaine : la Banque de Fer et cette révélation tonitruante de Tywin Lannister :
«-Ah ma fille, les caisses sont vides, les mines d’or sont vides, ta tête est vide par contre, à la Banque de Fer, ils sont tous en train de s’offrir des dents en platine incrustées diamants. Je sais pas si je dois y voir un lien de cause à effet. »

Et la réaction de Cersei ne se fait pas attendre :

Que dire de plus sur cette scène parfaite, tant par les éléments qu’elle sait mettre en place que par le jeu de Cersei avec son père, impeccable dans le rôle de celle qui ne le décevra pas parce qu’elle a COMPRIS qu’elle doit se SACRIFIER pour le plus grand bien de la FAMILLE.
Autant vous le dire tout de suite, je trépigne d’impatience en attendant la semaine prochaine. Pour savoir pourquoi, rendez-vous dans le dernier paragraphe de ce billet.

Elayne, je m’appelle Elayne.

Lord Baelish a une laryngithe. Mais c’est une vrai épidémie ma parole ! Après Jon Snow, c’est ce bon Petyr qui souffre de la gorge et du syndrome de la grosse voix. Pourtant, pour se vanter à Sansa qu’il va prendre les Eyriés tout seul comme un grand à la force de ses petits poings, il ne manque pas de souffle !

Sansa ou devrais-je dire Elayne, s’apprête à faire la connaissance d’un membre éminent de sa famille, et quand je dis éminent, oui, je me réfère essentiellement à l’altitude car chez Lysa Tully, la seule chose à culminer au-dessus du niveau de la mer, c’est son taux de maladie mentale.
Ça doit être à force de vivre toute seule dans son donjon à 8796m avec très peu d’oxygène, j’imagine.


Tata Lysa n’a de toute manière guère de temps à accorder à Sansa. Il lui faut épouser séance tenante Littlefinger, et en écrivant cette phrase, à la perspective de leur prochaine nuit de noces, il y a mille jeux de mots honteux qui me viennent à l’esprit aussi vais-je m’abstenir et me concentrer sur la tête de lord Baelish quand il comprend que ça y est, il a la corde gravement au cou et que bon sang de bon soir, qu’est-ce que ça serre ce machin-là !
Il faut en profiter, de ces petits moments où on sent qu’il n’a pas la main et où les évènements lui échappent un peu.

Accessoirement, Lysa en rajoute une couche l’air de rien à la liste désormais édifiante des féloneries de Littlefinger. Ainsi donc c’est ce vil gredin qui a fait assassiner Jon Arryn et manœuvré Catelyn pour la persuader que les Lannisters avaient tué son beau-frère. Ce qui a précipité le jeu de domino plongeant Westeros en pleine guerre civile.
MON DIEU. Que cet homme est dangereux. Où s’arrêtera-t-il donc ? De combien de paramètres hasardeux et impossibles à maîtriser peut-il s’accommoder en même temps ? Seul le temps nous le dira.

Le lendemain, Sansa se goinfre de gâteaux au citron. Après un jeûne de quasi 3 mois, cela semble normal.
«Attention quand même à ne pas devenir une grosse truie comme ta mère », lui glisse diligemment tatie Lysa qui soudainement passe en mode berserk et se met à sauvagement attaquer les mains de Sansa pour lui tirer les vers du nez.
Et c’est là qu’on voit combien Sansa est devenu un ninja du harcèlement moral car en deux secondes montre en main elle retrouve les réflexes acquis avec Joffrey, se dépréciant pour passer pour la gourde qu’elle n’est plus depuis longtemps.
Et ça marche…

« Cool, mon mari ne t’a pas mise enceinte pendant votre croisière sur le Pedoboat ! C’est génial, tu vas pouvoir épouser mon fils !!!!! »

Scène coupée au montage :

Sansa fait irruption dans les appartements de Littlefinger :

«-Vous pouvez m’expliquer c’est quoi ce bordel ?
-Mais enfin, lady Sansa, vos manières…
-Vous m’aviez dit quoi sur le bateau ? « Un endroit sûr », « plus sûr que Port Réal » ?
-Oui, je…
-Alors pourquoi je me retrouve mariée à un déglingo qui rêve de faire voler les nains et la future belle-fille d’une maniaco-dépressive ascendant paranoïaque ? Dites voir, ça vous rappellerait pas un scénario qu’on connait déjà ?
-Je ne vois pas du tout…
-Imaginez qu’ils sont blonds ! Fuck, Baelish ! Y’en a MARRE ! Je vous emmerde, et je rentre à ma maison ! »

Thelma et Mouise.

Brienne commence à voir clair dans le jeu de Jaime Lannister. La vorpale en acier valyrien, l’armure à faire pâlir toute femme de goût comme elle et moi, tout ça, ce n’était que

« J’aurais dû me méfier aussi, avec son sens de l’humour aussi particulier que son sourire est thermonucléaire » semble-t-elle se dire tout en essayant de ne pas remarquer Podrick Payne en train de se benner de son cheval pour la 17e fois en 2 heures.

Podrick a en effet révélé sa nature : c’est un escuyer des villes, pas un escuyer des champs.

Et si d’aventure vous trouviez que Bronn/Tyrion ou Brienne/Jaime étaient d’improbables duos, et bien visiblement, you know nothing, parce que Tripod et la Pucelle de Torth, ça envoie du bois. Et en écrivant ça je me rends compte que ça sonne un peu pas propre donc soyez aimable, et oubliez ces images qui vous sont venues en tête.


Je sais que l’épisode ne contient strictement aucune scène de boules, alors c’est pas pour qu’on en invente en plus, hein…

Même si Brienne est à ça de se faire seppuku devant l’autre glandu qui piétine un lapin, on sent que rapidement, son bon fond reprend le dessus quand elle comprend que certes, Pod est un gros manchot, mais il est loyal, serviable, et soucieux de faire son devoir au mieux de ses capacités. Ils ne sont finalement pas si différents tous les deux et le voyage pourrait être un poil moins énervant avec Podrick qu’avec Jaime Lannister et sa grande gueule.

La leçon du Professeur Sandor.

Cette semaine, professeur Sandor a décidé de donner une nouvelle leçon à son élève préférée, la petite Arya. L’occasion pour elle d’évoquer feu son maître d’armes, Syrio Forel.


L’Education Nationale est fière de toi, Sandor.

Vous avez remarqué le nombre d’allusions que l’on fait à Braavos depuis quelques épisodes ? Courage, encore une semaine à attendre et nous y mettrons enfin les pieds.

En attendant, Arya apprend à ses dépens que finesse, grâce et subtilité ne vous assurent pas la victoire. Oui, parfois, à la sournoiserie du renard on peut préférer l’implacable force de persuasion d’une panzer division traversant les plaines belges.
Comprendre : ceux qui pensent que la violence ne résout rien n’ont simplement pas cogné assez fort.

Un peu comme Syrio Forel avec son justaucorps de danseur de l’Opéra de Paris, son épée en JdR GN en mousse et sa perruque à la Diana Ross affrontant ser Optimus dans son armure Terminator armé d’une épée à deux mains pénétration 10, dégâts 40+3D20.


« En garde, ma mignonne ! Je vais te découper le gras du cul, ça te fera toujours ça de moins à trimballer ! » De Syrio Forel, Arya avait aussi gardé le sens de la punchline.

Cette petite séquence de la semaine ne nous a rien appris d’intéressant, soyons honnête. Episode de transition oblige, mais tout de même, cette saison continue à être globalement assez bien écrite car une fois encore, un résumé des enjeux pour un personnage est l’occasion de placer des éléments pour la suite. Depuis le début de la saison, Aiguille est redevenue un élément central pour Arya. Objet et instrument de vengeance, elle lui permet aussi de renouer en quelque sorte avec sa famille et son passé, tout comme elle incarne pour la petite fille la clé de son avenir. Arya Stark se rêve encore danseuse d’eau et ses enchaînements n’ont pas fait que nous rappeler ses cours de danse avec Syrio Forell, « first sword of Braavos ». Ils ont servi une fois encore à nous remettre cette foutue ville sur le tapi.
Au détour d’une leçon au tractopelle du professeur Sandor, dans ce qui n’a été qu’une pastille, on a un peu recentré le personnage d’Arya.

Ein Volk, ein Reich, Eine Khaleesi.

Cette semaine à Meereen, un cours de politique pour débiles profonds.

«-J’ai assez de mecs pour prendre Port Réal là ?
-Z’êtes large, Khaleesi. Question troupes je veux dire, hein, car votre sveltitude n’a d’égale que votre… votre… Bref.
-ALORS REPRENONS CE QUI M’APPARTIENT DE DROIT §§§§§
-Je souhaiterais dire un mot, si vous n’y voyez aucun inconvénient…
-Parlez, lord Friendzone.
-Sans vouloir casser l’ambiance, prendre Port Réal c’est bien joli mais Westeros doit être quelque chose comme 10 000 fois plus grand.
-Et ?
-Et… Et vous êtes complètement cruche, Khaleesi ou bien ?
-C’est que j’ai du mal à rester concentrée sur vos propos, ser Jorah, je suis distraite par votre cravate en jean. »

Je vous juge pas, Khaleesi, moi aussi j’ai eu du mal à le prendre au sérieux avec sa chemise dégueulasse et ses cheveux chaotiques mauvais.
Sans rire, même Daenerys a fait des efforts vestimentaires cette semaine, minimes les efforts, mais tout de même, par contre Jorah Mormont doit se considérer comme trop badass pour mettre des fringues propres. Ou alors Dany lui a dit un jour qu’elle trouvait assez chouette sa chemise aussi a-t ’il résolu de la porter toute sa vie.



Ouais, enfin Dany est surtout sapée exactement comme sa bonniche dans cette scène. Hein, je dis ça, je dis rien, mais Miss Holloway lui fait son regard qui juge.

Après avoir expliqué à sa Khaleesi que bon, prendre une capitale, c’est de la vision à très court terme, voilà Jorah et sa cravate en jean qui tentent de lui faire comprendre que bon, vue de Westeros, elle est surtout un gros bébé joufflu avec trois dragons dont le seul fait d’arme s’est jusqu’à présent résumé à faire cramer des trucs et tout laisser en bordel derrière.
Du coup, se serait bien qu’elle rajoute quelques lignes à son CV pour justifier de son expérience en macro management.

Ce à quoi Daenerys répond « oui », parce qu’elle n’a vraiment pas le choix.

Et voici comment on se retrouve coincée dans un sac de nœuds pas possible duquel il sera extrêmement difficile de s’extirper.
Merci, Mr Martin pour ce qu’il convient d’appeler une impasse narrative née d’une manière d’écrire aussi riche que potentiellement casse-gueule.

GRR Martin distingue deux types d’écrivains : les architectes, comme Tolkien qui bâtissent des univers entiers et les jardiniers, comme lui, qui plantent des graines et tentent de contenir l’invasion des pissenlits.
Là où les architectes contrôlent leur récit car ils agencent tout dans un ordre logique assurant la solidité de l’édifice, les jardiniers eux, travaillent une matière vivante qui, s’ils n’y prennent pas garde, finit par échapper à leur contrôle.
C’est précisément ce qui est arrivé à GRR Martin au fil des ans. Son univers, suivant du reste la règle d’un certain réalisme semble avoir davantage de maîtrise sur Martin que Martin n’en a sur lui.
Meereen est l’exemple le plus édifiant des limites de cette méthode, bloquant un personnage sans doute essentiel au grand dénouement, Daenerys (et ses dragons) dans un cercle vicieux généré par le réalisme politique : évidemment que les cités de la Baie des Esclaves allaient se rebeller sitôt le dos de Dany tourné. Evidemment que son petit empire allait être menacé par des esclavagistes grognons bien décidés à remettre d’équerre leur modèle économique et social.

Rapetown.

Cessons donc de tourner autour du pot et attaquons bille en tête la partie de l’épisode qui suscitait le plus d’attente. Une grosse entorse au canon de la part de D&D, une prise de risque, un grand n’importe quoi, ou un succès total et épique ?

Beh, rien de tout ça finalement, juste un arc qui fait *pshiiiiit*.

Pas de retrouvailles trop émouvantes entre Bran et Jon mais un choix difficile pour le petit prince, choix qui en dit long. Pas de fait d’arme glorieux pour Locke qui tire sa révérence de la plus piètre des façon, même si, il faut lui reconnaitre ce mérite, il meurt en se faisant soulever et étrangler d’une seule main et ça, je pensais qu’il y avait que les mecs dans les comics qui savaient faire. Respect Hodor, tu as ta place dans les Avengers désormais.
Pas de bataille épique, juste un duel mal branlé mais au final crassou à souhait, compensé par la mise en scène à la ramasse totale du déploiement stratégique de Brodor, le géant 50% Bran, 50% Hodor, 100% létal.

Et c’est donc ainsi que meurt Locke, comme une pomme dans la neige. Ah, et tout soudain, il me prend des envies de lyrisme, tel un Oberyn Martell composant des vers bouleversants à Ellaria devant des Lannisters qui brûlaient !
Locke, ta mort me fait comme une émotion poétique.

Locke le trancheur,
Des phalanges l’exterminateur
Du Régicide tu fus
Et le nez dans la poudreuse tu mourus

Las ! tes punchlines nous berçant
S’en sont allées comme des chandelles dans le vent
Sous les coups d’un géant de 100 tonnes
Onc ne te revis plus chez les Boltons

Et Fewer pleurait
Et pleurait encore
Ta classe de roquet
Disparue dans le Nord.

Après ce magnifique poème qui un jour je le sais me vaudra le Nobel de Littérateur AU MOINS, peut-être serait-il opportun de revenir sur cet arc.

Locke, tout d’abord. Personnage apprécié des téléspectateurs, il a été prolongé en saison 4 de manière plutôt habile permettant de relier trois intrigues entre elles : Jon, Bran et les manigances des Boltons.
Le minimum que j’en attendais, c’était que l’on fasse se poursuivre cet arc de manière satisfaisante. Pour bien faire, Locke aurait dû échouer dans sa mission, ne jamais mettre la main sur Bran à Rapetown ou se contenter d’être estourbi par Brodor. Le script lui offrait même une occasion en or en mentir avec la fuite d’un des mutins qu’il aurait pu accuser de lui avoir flanqué un coup de raquette dans la tête. Et il s’en serait retourné au Mur, bien embêté, pour y intégrer d’autres intrigues. Ayant échoué à retrouver Bran, on pouvait l’imaginé peu pressé de rejoindre le doux giron de Roose Bolton.

Mais au lieu de ça…

Au lieu de ça, D&D ainsi que leurs auteurs se sont dit un truc encore plus kewl : « Trop MDR si on faisait mourir Locke de façon arbitraire et sans classe olol ! »

Nope.
NOPE
NOPENOPENOPE

Vous détruisez tout le bien que j’ai dit de votre travail d’adaptation la semaine dernière, bon sang !

Non, ce n’est pas cool !

« Mais GRR Martin il le fait tout le temps, tuer des personnages cool de façon arbitraire et sans classe ! »

Faux !

George aime bien tuer des gens, c’est vrai. Il aime aussi les faire mourir de façon souvent triviale car la mort est ainsi, rarement dans la recherche de l’esthétique et de la fioriture. Sauf que ce qui fait la différence entre « Et là Locke se fait sauvagement briser la nuque puis jeter comme un sac dans la neige » et une sortie de route mémorable pour le Trancheur, c’est sa foutue plume.
Ah ça on peut lui reprocher tout un tas de choses, à George, mais pas de rater ses morts. Même les plus bêtes, les plus simples, il parvient à lui donner un je ne sais quoi de mémorable. Que ce soit dans l’acte lui-même ou la découverte du corps par un tiers, sa façon de traiter les sorties de ses personnages, même les moins importants, fait d’une mort inutile ou injuste quelque chose d’un minimum esthétisé.
Or, quand vous choisissez de vous débarrasser d’un personnage aussi charismatique que Locke, lui offrir une fin sans panache, sans classe, sans esthétique au motif que « c’est la guerre c’est sale c’est comme ça pour de vrai », ça fonctionne moyen bof.

Tout au plus la réaction d’Hodor après que Bran l’ait lâché nous donne-t-elle un peu de sens. Je dis tout juste parce que seul Hodor semble sensible à ce sang versé. Bran lui, semble s’en foutre. Reste à espérer que cet acte ne restera pas sans conséquences, sans quoi, Locke, et son arc tout entier laisseront un goût un peu amer dans la bouche, celui du foutage de gueule.

Foutage de gueule manifeste en revanche, et ce dès cette semaine, pour cette collision entre les arcs de Bran et Jon.
Je le redoutais, et c’est arrivé, tous les deux ne se rencontrent donc pas. Prévisible, oui. Il était après tout nécessaire que Bran prenne à un moment ou un autre le contrôle d’Hodor pour se défendre. C’était même le moment parfait pour le faire.
Quant à la raison invoquée par Jojen pour tenir Bran à l’écart de son frère, elle se vaut parfaitement elle aussi.

Mais il n’empêche qu’au regard des attentes suscitées par ce rapprochement, la résolution semble assez faible. Logique, mais faible.
Limite, l’apparition de Brodor aurait pu se faire avant l’assaut de la Garde de Nuit, laquelle serait alors intervenue dans un Rapetown en proie au chaos. Les Frères se seraient alors posé la question de savoir qui avait donc bien déboité la face de Karl (qui dans ce scénario aurait été la victime de Brodor) et de ses sbires.
Bran, déjà en fuite, aurait ainsi loupé Jon Snow de peu, sans jamais le savoir.

Mais ça aurait pris lord Snow de faire son show en acier valyrien, un show pas tiptop à regarder d’ailleurs, hein, mais bon, comme ça il passe pour le sauveur des femmes/filles de Craster, tel un héros grec outrageusement frisé.

Le moins que l’on puisse donc dire de ce passage au-delà du Mur c’est qu’il n’était pas fameux. Et je pèse mes mots.

Autre dénouement possible à ce séjour à Rapetown, l’apparition inexpliquée mais néanmoins salutaire de …
Zut, how can I put this… Disons…

Un élan.

Oui, voilà.

Et pas comme le discobole hein, non, comme l’animal.

Oh, voilà qui est commode. Utilisons donc cet innocent roi elfe à des fins de non spoilers pour non-lecteurs. Non-lecteurs, rassurez-vous, je pense de toute manière que cette personne que j’appellerai désormais Thranduil in the North n’apparaitra jamais dans la série.
Jojen vient de rendre inutile sa participation à la suite des réjouissances en révélant que lui, Meera et Hodor ont eux aussi vu le barral que la Corneille à Trois Yeux a montré à Bran. Le tout dans une bien jolie scène de visions, si vous voulez mon avis. La scène où le paludier, dévoré par la fièvre contemple sa main en flamme était vraiment très élégante formellement et au milieu de cet arc à la destinée bancale, offrait une plage de fantastique bien venue.

Et au-delà de ça, c’est sans doute la première fois que l’on aperçoit dans le Scoobbie Gang (big up à Nicolas) un début de commencement de dynamique de groupe. Laquelle passe forcément par un peu de développement de personnages. Or ici, avec sa vision, Jojen commence à montrer un semblant d’épaisseur et à être autre chose à nos yeux qu’un stalker légèrement chiant. Si Meera n’a pas encore vraiment ouvert la bouche ou fait quoi que ce soit d’intéressant à part se faire attraper par les mutins après la retraite de poste d’observation la plus discrète EVER, elle n’est plus seulement la frisée du coin de l’écran. Même si on se demande encore tous à quoi elle peut bien servir, dans le fond…

Pour une série qui s’efforce de trouver son ton et son identité à côté des livres de GRR Martin, je trouve vraiment que la gestion de ce passage de la saison 4 laisse grandement à désirer. Modifier l’arc de Bran au-delà du Mur était une nécessité et le faire se rapprocher dangereusement de Jon un risque. Qu’il aurait fallu assumer jusqu’au bout en évitant, par exemple, de sacrifier Locke pour si peu.
Dans le fond, le fait de mettre Bran et Jon en présence et de placer le premier devant un choix aussi dur que celui de ne pas révéler sa présence à son frère, est plutôt pertinent. Cela met Bran face à l’importance de sa quête et nous permet à nous spectateur, d’évaluer l’aspect crucial de cette marche vers la Corneille. Bran a certes eu une vision, mais nous n’avons pas ressenti nous, l’impérieux désir de rejoindre ce mystérieux barral pour enfin obtenir la réponse à toutes ces questions : pourquoi je rêve de piaf à trois yeux ? Qui m’a jeté par la fenêtre ? Que fait-Jojen penché sur moi quand je me réveille et enfin, c’est quoi « hodor » ???
C’est bien le fait de voir Bran refuser de se faire voir de Jon qui nous convainc nous, public, de l’importance de son voyage. Un voyage qui jusqu’à présent n’a pas été formidablement bien traité et dont on pourrait commencer à douter de l’intérêt.

Le problème de cet arc s’achevant de manière insatisfaisante tient fait vraiment au traitement réservé à Locke. Il aurait largement pu contribuer à nourrir toute une sous-intrigue sur le Mur, au lieu de crever comme un moins que rien dans la forêt. Au lieu de faire tuer Karl par Brodor, c’est donc Locke qui sert de victime, et ce, j’en suis persuadée, uniquement pour offrir à Jon Snow un dwel contre le chef des mutins en forme de petit moment de bravoure de la mi-saison.
Une fois encore, remercions donc le bâtard de Ned Stark.

Lequel a vraiment gagné sa soirée car enfin, il a récupéré son loup !



«-Mais où tu étais passé, Moonmoon ??
-Oh… J’ai fait quelques trucs…»




Et pour fêter le retour de son compagnon Jon décide de ben de tout faire cramer en fait, la maison de Craster, les mutins, les fill… ah non, pas les filles, mais tout le reste, allez, zou.

Et tant pis si l’armée de Mance Rayder, qui est soit disant tellement près que ça urgeait à la minute de faire un raid sur la face de Karl, voit le gigantesque feu en question, tout ceci n’a que peu d’importance.
Bon ok, je fais du mauvais esprit. Il était hors de question de laisser 11 mutins grossir les rangs de l’armée des morts, du coup, la Garde de Nuit n’avait pas vraiment le choix.

Je pousse tout de même un long soupir à la perspective de nous retrouver la semaine prochaine dans un arc au Mur sans surprise parce que sans Locke pour bousculer un chouia le canon avec sa tronche inimitable et son talent à nul autre pareil pour avoir l’air simplement classe.

La semaine prochaine…

Ah !

AAH !!

AAAAAaaaaAAAAhhhhHHHHHHHH !!!!!§§§§§ !!!!!1 !!!!!!§§§11 !!!!!!!!!

Quatre tours dans le slip sans toucher l’élastique pour le prix d’un !!!

1)Stannis quitte Peyredragon pour se rendre à…
2)Braavos où il a rendez-vous avec…
3)Mycroft Holmes aka Mark Gatiss aka …
4)la Banque de Fer !!!!

Et un cinquième pour la route avec le retour de

Asha Greyjoy en mode badass démultiplié vs. Michel Fourniret !!!

PS : Ouais ben c’est pas facile de trouver des chansons qui collent au poil, hein…

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