« You are the mourning queen… », air connu.

Et bien, on dirait que toute l’équipe de « Game of Thrones » a mangé du lion cette saison, ma parole !
Une fois encore, on a droit à un très bon épisode, alors même qu’il est calqué sur le modèle des épisodes les plus chiants des saisons passées, soit les épisodes qui ne sont qu’un long enchaînement de dialogues.
Sauf que cette fois, ces vignettes mises bout à bout font progresser l’histoire, les personnages. Malgré le rythme plus posé et le climat moins glauque dans la semaine dernière, « Breaker of Chains » maintient un niveau de tension et d’émotion constant, développe ses arcs, introduit de nouveaux protagonistes, et joue à merveille son rôle de redistributeur des cartes.

On a eu tellement d’émotion la semaine dernière qu’il était temps d’un petit épisode plus cal….

QUE TU CROIS !!!

Plus calme ? Dans tes rêves ! Même si on va enchainer les scènes de dialogues les unes après les autres, cette fois, ça avance, plutôt vite et bien. La série abat une de ses cartes maîtresses en basant cet épisode sur des confrontations puissantes, émouvantes, très joliment soulignées par une mise en scène propre, et une ambiance visuelle jouant entre puits de lumière et zones d’ombre.
Un épisode qui comme son titre l’indique, est celui de l’émancipation pour certains personnages : Sansa, Jaime, les esclaves de Meereen…

Port Réal.

Permettez-moi tout d’abord de vous présenter mon nouveau fond d’écran :

Previously, le roi Joffrey s’est étouffé avec un os de poulet lors de ses épousailles. Tout le monde en est chagrin, surtout la reine qui hurle à qui veut l’entendre que c’est Emile Tyrion le tueur, quand bien même elle n’en a aucune preuve.

Le roi est mort, vive le roi.
A noter que pendant que Joffrey pissait le sang par tous les pores de sa tête,Tywin avait ce geste surprenant de sa part envers le plus jeune des fils de Cersei.


Queuah ? Papi Tywin protégeant son petit-fils, lui épargnant la vue de l’agonie de son frère ?

Ouaip, ça fait un sacré choc…

Dans la confusion, Sansa s’est donc enfuie avec ser Dontos, déguisé en lapin de Pâques pour l’occasion.

Après une course éperdue dans les rues de Dubrovnik ? Split ? Port Réal, foutrement bien fichue si vous voulez mon avis, la voilà qui embarque dans une barcasse, direction « un endroit vachement plus sûr que Port Réal ».

«-Si vous voulez mon avis, ser Dontos, se sera pas bien dur.
Ok, alors en route pour les Glénans ! »

Mais au lieu de rejoindre un cours de pilotage d’optimiste, Sansa accoste un navire de belle taille.

«-Ah du coup, je passe mon permis hauturier ?
Montez à bord, ma dame, pressement ! »

Et alors que Sansa enjambe le bord…


«-Pedobear Lord Baelish ! Quelle surprenante surprise. Je suis toute étonnée. Comme tout ceci est étonnant…
Allons, Sansa, je vous avais promis une cabine avec des oreillers en plume dans ma cabine.
C’est fort aimable à vous, mais je croyais qu’on devait m’emmener dans un endroit sûr.
C’est bien ce que je dis, ma cabine. Vous voulez un bonbon ? »

Le temps de faire taire pour l’éternité ser Dontos « Joffrey Style », Petyr dévoile son plan maléfique pour faire évader Sansa : le recrutement de Dontos, le vrai faux collier ancien pour gagner sa confiance… Tout ça tourne la tête de Sansa au point qu’elle en oublie de se poser LA BONNE question : j’espère que vous, vous vous l’êtes posée…


RIP, ser Rogers.

Pendant que Sansa nous fait sa plus belle tête de truite sur le pont de l’Unique, qui tant qu’il battra pavillon Baelish se nommera le Pedoboat, au Donjon Rouge, Tyrion se fait passer les menottes, et zou, case prison.

Direction, le Septuaire de Baelor où repose le corps du roi Joffrey. A son chevet, la reine et le prince Tommen, bientôt rejoints par lord Tywin :

«-Dis-moi, ma fille, qui est ce garçon à tes côtés ?
Lui, là ?
Non l’autre, le blond vivant.
Ah lui ! Ben c’est Tommen, je crois. Mon autre fils.
Tu es sûre ?
A peu près, oui.
La peste soit des recasts… Bref, Tommen, ou qui que tu sois, j’ai à te parler. »


Tommen et Tywin : allégorie

Quelque part, j’aurais aimé que la scène se déroule ainsi, mais comme chacun le sait, cette entrevue entre Tommen et son grand-père est une des scènes les plus cruelles de la série, ever.
Cruelle pour Cersei, même si cette cruauté n’est pas dénuée de fondements.
En quelques instants, alors qu’elle vient de perdre son fils aîné, elle se fait déposséder du second. Et ainsi se poursuit sa chute, de reine à rien du tout, de femme de pouvoir à victime des hommes qui tirent désormais les ficelles pour elle.

Pourtant, difficile de la plaindre complètement. La manœuvre de Tywin est parfaitement juste, et salutaire pour le royaume tout entier. On a vu avec Joffrey ce qu’avait donné les méthodes d’éducation de Cersei. Tommen a un avantage certain sur son frère, celui d’être sain d’esprit.
Ce serait dommage de foirer tout ce pedigree en le laissant entre les pattes de Mother of Madness.
A la place de papi, j’aurais fait exactement la même chose. Je crois que j’aurais aussi renvoyé ma fille à Castral Roc, prétextant son grand chagrin et sa faiblesse morale de mère éplorée pour l’éloigner. Ou Hautjardin. Elle y aurait été étroitement surveillée par les Tyrells, sans aucune famille, sans aucun pouvoir.


Vous en aviez rêvé ? Internet l’a fait.

Cersei est un personnage qui dans la série comme dans les livres fait toujours danser entre une certaine dose de commisération et une envie de distribuer des baffes. La reine n’a jamais été d’une grande intelligence, mais aura toujours été persuadée du contraire, une conviction fondée sur une vérité toute simple : celle d’être une lionne de Castral Roc. Elle n’a finalement jamais capitalisé sur rien d’autre que son argent, le prestige de son nom, et sa position sociale. Lâchée par son père, déclassée et marginalisée à la cour, elle se retrouve désormais sans armes. Mais là où un Tyrion parvient à tirer son épingle du jeu, elle en est incapable.
La différence étant que ce dernier a toujours été contraint de faire sans le soutien paternel, et de s’affirmer dans le monde au-delà de son nom. Tyrion a gagné, à la sueur de son front et avec son sang le droit d’être un homme respecté, respectable et un Lannister de Castral Roc. Cersei a toujours fait l’exact inverse.

Ironie du sort, tous deux sont désormais dans le même état ou presque : sur la touche, littéralement ou métaphoriquement emprisonnés par leur propres famille. Et tout aussi impuissants l’un que l’autre.

Et justement, retrouvons Tyrion croupissant dans un cul de basse fosse assez cossu je dois dire. Si, c’est cossu, souvenez-vous du cagibi dans lequel ils avaient enfermé Ned Stark en saison 1. Au moins, le Lutin a une fenêtre, un piti coussin en toile de jute et un droit de visite.
Lequel se limite pour l’instant à son fidèle escuyer, Podrick Payne, venu avec des bougies, des saucisses, du fromage, du papier, de l’encre et le dernier numéro du Monde Diplomatique planqués dans la culotte.

Tyrion est touché, nous aussi. Podrick est un personnage que la série a imposé par touches successives. On l’a finalement très peu vu et son rôle s’est le plus souvent limité à être le type au fond à droite. En quelques scènes « coup d’éclat » comme son héroïque sauvetage de Tyrion en saison 2 ou ses exploits au Palais des Mille Fleurs dans la saison 3, il est devenu un personnage sympathique, familier, dont ni le spectateur ni Tyrion ne peuvent plus douter de la loyauté. Quelque part, la série s’est servie de Pod pour être notre représentant auprès du personnage le plus aimé de la série juste après Stannis Baratheon (si j’en crois les hordes de ses groupies qui zonent ici…). Podrick comme nous reconnait Tyrion pour ce qu’il est et l’apprécie à sa juste valeur. Comme nous, il le soutient, et comme nous, il l’admire.
Pod et Tyrion entretiennent une relation entièrement sincère, ce qui est suffisamment rare dans cette série pour être souligné. Et c’est toute à la fois cette sincérité et cette proximité que l’on entretient avec Pod qui rendent ses adieux à Tyrion si justes.




Tyrion a rarement été aussi vulnérable. Tous ses alliés potentiels se sont détournés de lui, comme il pouvait du reste s’y attendre : Varys a été cité comme témoin de la reine, et de toute manière, n’aurait pas levé le petit doigt pour sauver le Lutin si d’aventure cette manœuvre avait pu le compromettre. Bronn est son homme de main, ce qui en fait au mieux un témoin de peu de valeur, au pire, un complice.
Reste Jaime, alias le Régicide, qui pourrait éventuellement le soutenir, mais bon, être défendu par un mec connu pour avoir tué le roi qu’il avait juré de protéger quand on est soit même accusé d’avoir assassiné le roi, c’est comment dire…


« Tu réalises que ça fait de moi un genre d’expert en la matière ? »

Tenez, en parlant de Jaime, regardez sur quoi je suis tombée : cliché original du mariage, priceless.


Comme s’il s’était dit « et si j’allais me prendre un petit café sur le corps de mon fils neveu ? », le voici qui se pointe dans le Septuaire où Sasoeurlareine pleure toute seule.
D&D nous font décidément rattrapé trois saisons de temps perdu où les jumeaux, séparés, n’ont jamais eu l’occasion d’exposer la nature de leur relation. Et cette confrontation, comme tout le passage dans le Septuaire est une parfaite réussite. De la même manière que Cersei repoussant Jaime quand celui-ci est venu au secours de Joffrey, le moment où elle le rejette après que la main en or l’ait touchée était parfait.
J’ai un peu daubé sur la performance de Lena Headey la semaine dernière, mais cette fois-ci rien à dire.
La réunion sur le corps de Joffrey était aussi malsaine que dans les livres, bien que placée dans un contexte différent.

Dans les livres, Jaime et Brienne ne parvenaient à Port Réal que le lendemain des noces, apprenant la mort de Joffrey sur la route. Les retrouvailles des jumeaux avaient donc lieu au-dessus de la dépouille de Joffrey et si la scène se concluait de la même manière, cette fin était davantage motivée par le manque et l’urgence. Cersei ne réalisait l’amputation de son frère qu’à la toute fin. Ici, la même scène est utilisée pour solder les comptes entre eux. Une fois encore, la série n’a quasiment rien montré de leur relation tordue. Il faut donc prendre quelques raccourcis dans la narration, afin de faire exister à l’écran quelque chose qui est déjà mort. Si le fait que Jaime force sa sœur peut passer pour de l’out of character, on peut aussi le lire pour sa première prise d’initiative. Depuis le début, Cersei a été montrée comme la dominante, raillant volontiers le côté immature de son jumeau. Ce dernier reçoit finalement l’électrochoc qui lui fallait pour comprendre qui est sa sœur. Il fallait donc quelque part en passer par sa domination à lui, sur elle.

Au Palais les Mille Fleurs.

«-Tiens, D&D, ça faisait longtemps qu’on avait pas eu une scène de boules.
Ouais, enfin ça fait jamais qu’un épisode, chef.
Je sens que l’audience se lasse. On va pas leur faire s’étrangler un Lannister toutes les semaines non plus. Donc pour l’épisode trois, soyez gentils, mettez-y un peu de miches.
Oui, chef. »

Désormais élevés au rang de Grands Pourvoyeurs de Scènes de Cul, Ellaria Sand et Oberyn Martell nous accueillent donc au Palais des Mille Fleurs où ils s’ébattent joyeusement avec Dodo la Saumure.
Et comme dans « Game of Thrones » on aime bien répéter les schémas, si on interrompait leur séance de frotti-frotta avec UN FUCKIN’ LANNISTER !

«-Ouh bin ça alors, li boss de fin des Lannister ! » S’exclame Oberyn en découvrant Lord Tywin.

Je note que Tywin, avec son air de pas y toucher, ose tout de même jeter un œil sur une des Mille Fleurs avant qu’elle ne s’en aille. Coquinou.

Et c’est alors que débute un dialogue d’anthologie farci de gros préjugés :

«-Prince Oberyn, je n’irai pas par quatre chemins. Vous êtes suspect dans la mort du roi.
Ji vous prie di m’excuser, ji comprends pas di tout pourquoi.
Allons, c’est assez évident : le roi est mort empoisonné, et vous êtes un expert es-poison.
Oui, ça si vrai.
Et puis vous êtes… Voilà quoi, donc vous êtes suspect, et puis c’est tout.
Vous dites ça parce que ji suis Dornien ?
Oh, eh, c’est vous qui le dites hein…
Vous insinueriez que tous les Dorniens sont di fourbes i cruels empoisonneurs ?
It is known ! »

Ayant épuisé son quota de clichés racistes, Tywin peut en venir au fait. Maintenant qu’il a bien fait comprendre à Oberyn qu’il était comme qui dirait dans la gueule du lion, il peut déployer son mode passif-agressif over 9000 en lui proposant un deal que le prince ne peut pas refuser : un siège au Conseil Restreint contre une entrevue avec la Montagne et la promesse de ne pas venir lui chercher des noises rapport à la mort de Joffrey.

« Ci Noël », semble se dire Oberyn qui n’a guère le choix que de dire banco. Il faut dire que la proposition de Tywin est rudement habille : sa maison fragilisée par un régicide, il ne peut faire autrement que de se reposer sur de nouveaux alliés. Et quoi de plus sympathique que de se faire de nouveaux amis en les menaçant de les mettre en prison s’ils ne coopèrent pas, tout en leur offrant sur un plateau d’or massif ce qu’ils étaient venus chercher ?
Le tout servi sur un magnifique mensonge, le plus beau jamais proféré dans cette série je crois bien :


« Non, prince Oberyn, les yeux dans les yeux, je vous promets : JAMAIS je n’ai donné l’ordre de tuer votre sœur. »

On est au niveau de :


« Non, les yeux dans les yeux : il n’y a jamais eu d’écoutes illégales ici au palais de l’Elysée. »

Les yeux dans les yeux, la vérité si je mens, tu peux pas me test.

Un mot tout de même concernant Oberyn Martell. Ce personnage est tout aussi classe dans la série que dans les livres (de toute manière, retenez que Dorne, c’est classe). Sauf qu’on a juste l’impression qu’il passe sa vie au bordel. Sans rire, les Lannister ne lui ont pas filé d’appartements au Donjon Rouge ? Il est obligé de vivre au Palais des Mille Fleurs ?

«-Non mais D&D, cherchez pas à justifier le truc. Du moment qu’on puisse avoir des boobs un épisode sur deux…
Oui, chef… »

Les jolies colonies de vacances.

Sandor Clegane commence à comprendre ce qu’il en coûte d’avoir une femme comme co-pilote : « On est où, là ? Pourquoi t’as pas tourné à gauche ? ATTENTION AU TRACTEUR !!! Tu roules trop vite… Mais je te dis de tourner à gauche ! Non, à droite, mais tu peux pas faire attention ? Comment ça la carte ? Mais j’en sais rien ! A l’envers ? ATTENTIONPRIORITEADROITE !!! On peut s’arrêter je dois faire pipi ! »

Il est à deux doigts de la jeter par la portière lorsque surgit soudain un tracteur sur sa droite. La fameuse priorité qu’il n’avait pas vue.

«-ATTENTIONUNTRACTEURDANSUNEPRIORITEADROITE !!!!
Allons, allons, les amis, il n’y a pas de mal ! Je me présente, Blaise, agriculteur, et voici ma fille, Sigismonde.
‘lut
‘lut. »

Malgré son manque évident de talent en copilotage, Arya sauve la situation en faisant passer le Limier pour son père, faisant passer son manque de savoir vivre pour un traumatisme de guerre. Pas totalement faux, ceci dit, tout comme son numéro « mamèreestmorte », d’ailleurs. On sent Sandor impressionné par sa protégée, à tel point qu’il en oublie d’insulter Blaise, sa fille, et leurs aïeux.

Je dois dire que cet arc Arya/Sandor me va pour l’heure très bien. Il apporte son lot de scènes d’anthologie, mais contribue aussi à forger le personnage de la petite Stark.
Comme le prouve cette belle leçon de vie assénée avec la douceur d’un caterpillar :

Un grand pédagogue est né.

Et ainsi Blaise apprit-il à ses dépends à ne pas parler aux étrangers.
Je crois que Sandor a un tout petit peu raison à son sujet. Il ne risque pas de passer l’hiver.

Men vs Windlings.

Vous pensiez que l’info de la semaine c’était le raid des Sauvageons sur un paisible village islandais ?

Vous pensiez que l’évènement à Châteaunoir c’était enfin entendre quelqu’un appeler Sam « L’Egorgeur » ?

Vous croyiez que le truc le important de ce passage dans le Nord c’était de découvrir que Vère est une Shae 2.0 ?

Ahah, bande de naïfs.

Je voudrais comprendre. Je voudrais savoir ce qu’il s’est passé et comment pareil miracle a bien pu se produire. J’exige de savoir QUI A REPARE KIT HARRINGTON !!!!!!!!!!!!!!!!!

Comment en quelques mois il a bien pu passer de « Jojo fait la moue » à « Dark Emo Ranger ».

Il faut croire que le MJ de la série a été hyper généreux l’an passé quand il a distribué les XP et que Kit a tout mis en charisme parce que là, sans rire, il a facile triplé son score.
Deux interventions cette semaine, DEUX et il pue la classe comme jamais. Sans faire la moue, sans se plaindre, sans rien. Juste en étant sobrement grave et torturé.

Du coup, je réitère ma question : QUI L’A REPARE ???

Mais avant de répondre à cette intrigante question, penchons-nous sur les évènements du jour.

Et faisons connaissance avec Jean-Pierre, paysan de son état et son fils Jonathan, qui rentrent à la maison après une dure journée de labeur aux champs. Visiblement, leur vie c’est vraiment de la mayrde parce qu’ils sont tous contents à l’idée de manger des patates au dîner. Après une semaine à sucer des cailloux je peux comprendre qu’on soit en mode LOOOOOOOOOOK THE PIIIIIIIIE !!!!!!!! devant des pommes de terre à l’eau.
Je juge pas.



Jean-Pierre n’aura de toute manière jamais la chance d’y goûter une dernière fois puisqu’il se mange une flèche d’Ygrid dans le museau, annonciatrice d’un gros raid sauvageon dans la face de ce paisible village islandais.

Aparté « shooting in location », les maisons typiquement islandaises avec les toits en gazon m’ont fait le même effet que la ferme près de Winterfell dans la saison 2. Je me suis prise le quatrième mur dans la tête et soudain, j’ai vu des mecs déguisés en Cro-Magnon courser des islandais en costume du Moyen Âge.

Le temps que je revienne dans le truc, c’était presque déjà fini. Planqué sous une brouette, Jonathan se fait attraper par ce thenn que j’ai bien envie de rebaptiser « Trü Evil ».

«-Ecoute-moi bien Jonathan, je suis très très méchant.
Ah bon ? Pourtant votre hache à deux mains, vos scarifications et le fait que vous avez violé le cadavre de ma mère sous mes yeux me donnaient rudement envie de vous faire aveuglément confiance…
Alors ce que tu vas faire, c’est que tu vas aller à Châteaunoir, pour leur dire à tous combien je suis très très méchant. Tu t’en souviendras ? Très très TRES méchant. Genre, je vais manger tes parents, et tout… »


« Amateur. »

Mais comme à Châteaunoir, personne n’a vraiment vu les Thenns, les frères de la Garde de Nuit ont vraiment peur de se faire peler vivant.

«-Je sais pas si vous réalisez, les mecs, mais ça commence à ressembler à Délivrance ! Ils vont nous violer et nous péter les bras !
Je veux pas qu’on me pète les bras ! »

Dans le fond, le frère blanchisseur soupire : il va y en avoir des slips à nettoyer cette semaine…

Pip propose d’aller tacler du Sauvageon dans la pampa islandaise avant que les derniers paysans du Don n’aient rendu leur dernier soupir au-dessus de leurs plats de patates. Eh ben mon Pip, tu ferais une recrue de choix pour la Confrérie sans Bannière : « Save the countryside ! »
Ce qui n’est guère du goût d’Alliser Thorne, préférant attendre les Sauvageons pour les briser durant le siège de la forteresse.
Et contre toute attente, Jon Snow est de son avis. Sur le coup, on ne sait pas trop si le plus émouvant est le fait que Kit Harrington sache jouer, ou qu’entre lui et Thorne, il se passe comme un début de bromance.


« Comment je respecte trop ta noirceur emprunte de maturité. »

Meanwhile, Sam l’Egorgeur aimerait bien un début de romance tout court avec Vère, mais l’affaire tourne court pour un simple problème d’arythmétique : Vère est la seule femme au milieu d’une centaine d’hommes dont le pedigree rendrait jaloux un Bolton. Le plus sage est donc de l’éloigner en l’envoyant à Mole Town, que j’ai bien envie de rebaptiser la Taupinière, connue pour être le bordel de Châteaunoir.
Seulement, Vère a décidé, comme Shae, d’être chiante et de ne rien comprendre à ce que lui dit Sam. Merci les mecs, on venait de se débarrasser d’une chieuse, avait-on réellement besoin de sa version 2.0 ?

De retour à Châteaunoir, Sam et le reste de la Garde de Nuit sont alertés par un coup de tsouintsouin : des rangers sont de retour.

Edd la Douleur et Grenn, dans un état assez lamentable, sont parvenus à revenir de chez Craster, ou plutôt de chez Karl, le mutin.
La chose chagrine fort Jon Snow qui décide une nouvelle fois de caster son aura de charisme pour convaincre les autres d’un raid sur la face des renégats, qui pourraient bien filer des informations capitales à Mance Rayder si d’aventure ils tombaient entre ses mains.

« Woooah, Jon, comment t’es trop convainquant », semble se dire Alliser Thorne et l’ensemble des spectateurs.

Non mais vraiment, il s’est passé quoi cette saison, Kit ?
Quel est ton secret ?

Peyredragon.

Ser Davos déboule, toutes voiles dehors, dans la salle de jeu de Stannis, qui en mode gros rageux, s’occupe à mettre ses figurines en copeaux.



«-M’enfin, sire ! Pourquoi vous faites ça à votre barge de bataille ? On avait mis presque trois semaines à la peindre !
Passque, Davos, passque, j’ai tout claqué mon PEL dans une armée d’Ultramarines et que maintenant j’ai plus un rond pour m’acheter de nouvelles pièces, voilà pourquoi !
Pourtant, sire, les Ultramarines seyaient fort à votre rectitude morale et… Arrêtez de faire du mal à cette figurine, vous me mettez mal à l’aise.
Bon, ceci dit, y’a tout de même un rayon de soleil dans cet océan de noirceur.
C’est beau, c’que vous dites, sire.
Ce petit fils de son oncle de Joffrey Baratheon est mort étouffé dans son vomi.
C’est moins beau, c’que vous dites, sire, mais ça fait plaisir.
Du coup, je me disais, pendant que Mélisandre et ses sangsues carburées au sang de roi font tout le boulot, qu’est-ce que vous glandez, ser Davos ? Je veux dire, à part envoyer mon « neveu » aux Glénans ?
C’est vraiment votre neveu quand ça vous arrange… »






C’était le point mauvaise conscience de Davos Mervault.

Mais ça ne répond pas à la question de Stannis. Ser Mervault embaucherait bien quelques mercenaires ce qui n’est guère du goût de son roi. L’idée est pourtant loin d’être idiote, sauf que the rightfull king of Westeros est comme qui dirait totalement fauché. Rappel, dans l’épisode précédent, ils en étaient à évoquer la possibilité de manger des mouettes. Alors se payer des troupes, surtout la Compagnie Dorée qui est évoquée ici…

Ah, tenez, il est temps de faire un point sur cette fameuse bande de joyeux mercenaires qui a déjà été évoquée deux fois depuis le début de cette saison :
Ouinsse euponne euh taïme était un petit bâtard royal, nommé Aegor Rivers, ou Aigracier pour les intimes. Aegor avait moult frères et sœurs car son papa, le roi Aegon IV Targaryen était connu pour avoir le spaghetti en feu et la détente facile. Accessoirement, le roi Aegon IV avait aussi tendance à être un sacré boulet.
De toutes les décisions stupides de ce roi qui fut très justement surnommé l’Indigne, il y en eut une lourde de conséquences car elle engendra la plus grande menace contre la dynastie des Targaryens, juste après Robert Baratheon et les couronnes d’or en fusion : les rebellions Feunoyr.

Pour vous la faire courte, accrochez vos ceintures :
Le roi Aegon IV suspecte son fils Daeron, l’enfant qu’il a eu avec sasoeurlareinesonépouse, d’être en réalité le fils de son frère. Du coup, il profite d’avoir parmi ses nombreux bâtards, Daemon, un roxxor de première bourre pour légitimer ce dernier et lui offrir Feunoyr, l’épée dynastique portée par tous les rois targaryens.
Daeron accède au trône mais comme il est un peu mou et trop intellectuel pour les GrosBill du royaume, ça commence à chuchotichuchota dans les couloirs et voilà que tous les rageux se mettent à dire que « ouiiiiii, en faiiiiit, Daemon il est vachement mieux que Daeron, et puis bon à une lettre près, ça change pas grand-chose, du coup, se serait bien si c’était lui le roi. »
Du coup, le roi Daeron barbote à son demi-frère Daemon dit Feunoyr, sa sœur (la sœur du roi, essayez de suivre, c’est pas facile), la princesse Daenerys, à qui il fait épouser le prince de Dorne.
Riche idée car comme chacun le sait, dans les livres de GRR Martin, les guerres civiles commencent TOUJOURS avec des histoires de gonzesses, et justement, pifpafpouf, Daemon décide que ça va bien, lève une armée et c’est parti pour des années et des années de conflits fratricides qui ne s’achèveront que lorsque ser Barristan Selmy en personne tue le dernier descendant Feunoyr, Maelys le Monstrueux (j’adore ce nom) durant la guerre du Roi à Neuf Sous (j’adore encore plus ce nom). Des barres.

Je raccourcis un peu l’histoire parce que sinon vous allez tous partir boire des mojitos, et je ne pourrai pas vous blâmer pour ça.
Disons qu’à un moment, Aegor Rivers dit Aigracier (vous l’aviez oublié, pas vrai ?) prend le parti de Daemon Feunoyr et participe à ses côtés à la célèbre bataille du champ d’Herberouge où Daemon meurt.
La queue entre les pattes mais l’épée dynastique en acier valyrien entre les mains, Aegor s’exile en Essos où il finira par servir comme mercenaire avec d’autres exilés de la rébellion Feunoyr.
Après avoir servi quelques années chez les Second Sons, l’ex compagnie de Daario Naharis, il décide de devenir auto entrepreneur et de fonder sa propre compagnie, la Compagnie Dorée où l’on retrouve la plupart des partisans de Feunoyr. Régulièrement, la Compagnie participe aux sursauts de la rébellion. Elle s’illustre aussi en Essos où elle trouve toujours à être employée grâce aux guerres entre cités libres.

Son nom vient d’une étrange coutume à laquelle se plient tous les capitaines de la Compagnie et qui leur vient d’Aegor. A sa mort, il demande à ce que son crâne soit plongé dans l’or et utilisé comme étendard. Ainsi, la Compagnie Dorée annonce-t-elle sa présence par sa collection de crânes d’or.


« C’est sympa, j’aime bien ! »

C’est là qu’on en revient à notre ser Davos, qui ne voit pas trop comment faire pour se payer les services d’une compagnie de mercenaires ni renflouer les caisses du royaume d’ailleurs. Y’aurait bien le détecteur de métaux sur la plage, ou l’ouverture d’un KFS, « Kentucky Fried Seagull », mais ce qu’il lui fait, c’est une solution à court terme.

C’est pendant l’instant choupi de la semaine avec Shoren, qu’il a l’illumination. Une illumination dont on a déjà entendu parler dans l’épisode précédent, au détour d’un dialogue entre Olenna et Tywin : la Banque de Fer.

Charmante compagnie braavienne, la Banque de Fer est une institution célèbre pour prêter de l’argent aux plus puissants et, en cas de non remboursement par ses derniers, pour financer leurs ennemis.
Avoir des dettes à la Banque de Fer, c’est presque aussi risqué que de faire confiance à Littlefinger, en somme.
La devise de la Banque de Fer « Elle obtient toujours son dû ».

Car oui, bons amis, vous tremblez comme des fillettes devant les Bolton, frémissez dès que votre regard croise celui de Tywin Lannister, craignez le feu du dragon, et pourtant, il se pourrait bien que le vrai ennemi, celui qui aura le pouvoir de faire « rise and fall » des « kings », c’est votre banquier.

Que dire de cette escapade dans les embruns sinon qu’elle aurait pu nous être présentée la semaine dernière ? Ce qui nous aurait épargné le pénible récap de l’épisode 3…

Ein Volk, ein Reich, ein Khaleesi.

Et retrouvons plus attendre Daenerys pour la fin de cet épisode riche en dialogues et autres champs/contre-champs pour la séquence des trouzmille dollars du début de saison, celle qui claque l’intégralité du budget CGI au moins jusqu’à l’épisode 8. Remember l’entrée à Qarth et le « Dracarys » d’Astapor l’an passé…

La Mère des Dragons se pointe donc devant les portes de Meereen, arborant son plus bel air de bitch queen, nullement impressionnée par le gigantisme de la cité.

Je dois avouer que la grande porte et ses deux harpies m’ont vraiment scotchée. Bizarrement, je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi imposant.

«-Khaleesi, la Porte Noire s’ouvre.
Je supplie votre pardon, ser Jorah ?
Non mais regardez, on dirait trop la fin du « Retour du Roi », quand la Bouche de Sauron vient narguer Aragorn et…
Vous n’êtes qu’un nerd, ser Jorah. Dites-moi plutôt qui est ce glandu qui s’avance le zgeg à l’air en déblatérant des insanités en valyrien.
Le champion de Meereen, votre Splendeur. Il attend que vous lui envoyiez votre champion à vous.
Ce qui signifie, ser Barristan ?
-Rien. Les deux vont se battre : si vous gagnez, ils auront la honte, si on perd, c’est nous qu’on viendra embêter à la récré.
Ah, Meereen, c’est une autre culture…. »

Forcément, tout le monde veut être le champion de Dany pour aller casser sa tête au champion de Meereen et à ses problèmes de prostate.

«-Ich will être fotre champion !
Nein, mein klein Grey Worm. Du bist mein general.
Bon ben moi alors. J’aimerais tant prouver qu’il y a de la place pour les seniors dans une vie active et épanouie.
Sans vous offenser, ser Barristan, je refuse que ce duel tourne à un affrontement entre prostates défectueuses.
MOIMOIMOIMOIKHALEESIMOIMOIMOI §§§§§§
Allons, je ne peux me résoudre à vous perdre, LORD FRIENDZONE.
Vas-y ferme ta bouche ser Jorah, Waario est dans la place, tactac Khaleesi, bien ou bien ? Lâchez l’affaire les boloss.
Ah, Daario, quel heureux hasard que vous veniez si subtilement me rappeler que vous ne servez à rien. Aller donc risquer votre vie contre Ludwig van Bitoven. »

En mode total NO CARE, Waario roule des mécaniques vers son adversaire, qui a genre, une armure, un cheval, une lance. Armé d’un coupe-ongle, le champion de Daenerys lâche un gros « YOLO ! » bien rageux avant de jeter son arme dans l’œil du cheval, qui se boite violemment, envoyant bouler par un concours de circonstance INOUÏ son cavalier pile sur l’arak de Waario qui le décapite alors séance tenante.


« Matte mon swag ».

En délire, la foule se met à jeter des bigorneaux par poignées et Daenerys en profite pour déclamer son grand discours émulant de la saison de valyrien.

Bien que la scène soit globalement plutôt réussie, cette fin d’épisode a un arrière-goût de réchauffé, puisqu’elle reprend dans les grandes lignes les mêmes ressorts que le sac d’Astapor l’an passé. Bande originale comprise.
Et comme souvent dans les épisodes avec Daenerys, on se demande bien où sont les dragons. Même un rapide aperçu, juste un cri, une ombre et les visages apeurés des gens de Meereen se levant vers eux auraient suffi à rappeler leur présence et l’origine de la puissance de la Khaleesi. Certes, Daenerys avait juré qu’elle n’utiliserait pas cette arme pour conquérir cette cité, mais je reste persuadée qu’elle devrait davantage s’en servir comme élément de dissuasion, surtout dans la série où, support nouveau oblige, beaucoup d’informations doivent passer par l’image. Ainsi, une présence discrète des dragons (sans se taper toute l’animation des trois bestiaux, juste faire passer des ombres et des rugissements) donnerait sans doute un côté moins cheap à certaines de ses apparitions. Quelque part, je crois que ses scènes gagneraient à toujours suggérer leur présence dans les parages de Daenerys. Sans que l’on ait besoin de les montrer.

La semaine prochaine…

Et bien cela devrait continuer sur son petit train de sénateur, si j’en crois la preview de l’épisode 4. On entre comme tous les ans dans cette zone sans turbulence où la série s’assoit un peu pour se regarder passer.
Cependant, depuis le début de cette saison, on sent que quelque chose a changé. « Game of Thrones » a gagné en intensité, ce qui est une bonne chose compte tenu du fait que les évènements après la mort de Joffrey sont nettement moins funky que tout ce qui a pu précéder. Après ce retournement inattendu, les protagonistes doivent se protéger, nouer de nouvelles alliances, jauger leurs ennemis. Si cela va bouger, le mouvement restera cantonné à des soubresauts périphériques qui semblent toujours nous éloigner un peu plus de la conclusion.
Lentement, mais sûrement, on se rapproche de l’adaptation des tomes 4 et 5, calme (relatif) avant la tempête finale.

Il est donc vital pour la série de se montrer capable d’exister toute seule, en développant ses arcs, ses personnages, sans se borner à l’exercice stérile du copier-coller. Premièrement parce que cela n’aurait aucun intérêt pour ses créateurs. Ensuite parce que ces derniers savent qu’une bonne partie de la fan base est composée de lecteurs qui doivent être surpris si on veut qu’ils continuent à suivre.
Jusqu’à présent, le numéro d’équilibriste entre invention et respect de l’histoire a été plutôt réussi. La série a trouvé son ton, sa maturité, et s’est même installée dans ses gimmicks, si j’en crois les savoureux échanges au vitriol entre membres de la cour, devenus la marque de fabrique de la série immédiatement après les boobs&buttshots.

Saison 4, saison de la maturité ?

PS : Sweden, one point.

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