Warhammer 40 000 : L’Hérésie d’Horus (tomes 1 à 4)

Enfin, le voici le voilà, le billet sur l’Hérésie d’Horus réclamé à corps perdu !
Oui, j’avais promis courant octobre et finalement, voilà qu’il pop céans en novembre. A un jour près, quoi *yeuxdechat*, c’est pas trop grave.

La vérité c’est que j’ai un peu galéré à trouver une forme convenable à ce billet : est-ce que je devais précéder mon avis sur ces foutus bouquins d’une présentation succincte de l’univers ? Est-ce que je devais parler de tous ceux que j’ai lu ou juste d’une partie de ceux-ci ?

J’ai finalement tranché, et donc voilà, la duchesse d’Aquitaine L’Hérésie d’Horus, la trilogie Loken.

Ceux qui connaissent Warhammer 40 000 n’ont pas besoin que je leur en fasse une description. Quant aux autres, votre curiosité pourrait vous pousser vers ces livres, qui sont un bon point d’entrée dans cet univers.
Simple précision à toutes fins utiles, le nom même de Warhammer 40 000 indique que l’action du jeu (car oui, il s’agit au départ d’un univers crée pour un jeu de figurine) se déroule au 41e millénaire dans une galaxie que l’homme est parvenu à conquérir.
L’Hérésie d’Horus se déroule 10 000 ans plus tôt, précisément durant cette croisade lancée depuis Terra, berceau de l’Humanité, par l’Empereur.

Surhomme immortel et doté d’immenses pouvoir, il s’est fixé pour objectif d’unir sous sa coupe tous les humains disséminés dans la galaxie par quelques 15 000 ans de conquête spatiale.
Pour atteindre cet ambitieux objectif (mais le mec, il vit dans un modeste palais qui recouvre l’Himalaya, vous voyez un peu le genre), l’Empereur a crée, à partir de son ADN, 20 super guerriers, des surhommes façonnés à son image, les Primarques.
Fils de l’Empereur, leur rôle est de parcourir la galaxie à la tête de leurs légions de Space Marines, afin de répandre la bonne parole à coup de bolter dans la gueule si nécessaire.

L’Hérésie d’Horus décrit ce moment fondateur de l’univers où le plus fort/beau/intelligent/musclé/classe/rayer la mention inutile est passible de la cour martiale de tous les Primarques, Horus, décide de trahir son père, précipitant la galaxie dans 10 000 années de ténèbres et de guerres sans fin.


L’un des plus grands pouvoirs d’Horus était celui de rester classe avec un loup mort sur les épaules.

Non mais modeste, on vous a dit…

Dans ce billet je ne m’attarderai que sur les 4 premiers tomes de l’Hérésie, les trois premiers formant une trilogie non-officielle et le 4e lui servant de complément.

Cette première trilogie porte le nom officieux de trilogie Loken, nom de son personnage principal. Elle est l’œuvre de trois auteurs s’étaient partagé le boulot :
-« L’Ascension d’Horus », de Dan Abnett, le meilleur auteur de la Black Library (l’éditeur des livres Warhammer 40 000), à mon avis.
-« Les Faux Dieux », de Graham Mc Neil, de deuxième meilleur auteur de la Black Library.
-« La Galaxie en Flammes » de Ben Coulter, qui n’a pas démérité.

En l’espace de trois livres nous est contée la chute d’Horus (y’a pas vraiment de suspens sur la question, je vous rassure) vue principalement par les yeux d’un de ses Space Marines, Garviel Loken, boy scout en armure énergétique.
L’histoire appartient aussi à des humains normaux, témoins et souvent victimes de l’affrontement titanesque qui se joue entre Primarques, Space Marines, Imperium et Chaos.

Sans entrer dans le détail de chaque tome, il me parait intéressant de voir que la trilogie, malgré trois auteurs différents, parvient à filer un thème unique, qui irrigue littéralement cette introduction à l’Hérésie.
La trilogie Loken est en effet la trilogie du doute. Un doute qui s’empare de chaque personnage pour le grandir ou le détruire. Horus, malgré sa prétendue supériorité intellectuelle (je rejoins un de mes lecteurs qui sur la page Facebook se plaignait à juste titre du traitement de ces surhommes), se retrouve miné par le doute après sa rencontre avec la société utopique de l’Interex, mettant à mal ses convictions et la perfection du credo impérial.
J’aime d’ailleurs que se soit cette rencontre, à la fin du premier tome, plus que les évènements dans le système de Davin racontés dans le deuxième, qui poussent Horus à trahir.
Chez Horus, le doute est destructeur, très certainement par manque de maturité (les Primarques ont tous tendance à réagir comme des gosses de 8 ans), alors que chez Loken, il semble régénérateur.

La grande force de la trilogie se situe aussi dans ce personnage attachant, dont on suit le long calvaire et qui s’impose de manière tragique comme un fossile, une relique de temps qui seront bientôt révolus.
Sa foi inébranlable en la Vérité impériale, nourrie de ses constantes interrogations est rapidement présentée comme une illusion, un verni de rationalisme posé sur des concepts qui ne demandent qu’à être officiellement appelés religion pour le devenir.

Dans cette trilogie, on retrouve aussi constamment un souci de brouiller les repères du lecteur. Dès l’ouverture, brillante, on comprend que dans cette histoire aux enjeux titanesques, la vérité et ses apparences sont des idées à manier avec précaution. Rien n’est jamais ce qu’il semble être.

Dans le deuxième tome, le lecteur se retrouve presque conditionné, comme Horus, à douter de tout ce qu’on lui présente. En perte de repère, le Primarque fait se déliter son monde, ses systèmes de valeur, ne pouvant solder sa perte de repère que par une catharsis destructrice.

Et si le doute est au centre des trois premiers tomes, le quatrième, « La Fuite de l’Eisenstein », de James Swallow s’impose comme le tome de la foi. Malheureusement, c’est aussi un livre assez médiocre, au style simpliste et souffrant de nombreuses répétitions inutiles.
Avec un nouveau héros, le Space Marine Nathaniel Garro, le tome 4 se croit obligé de raconter, d’un point de vue différent, des évènements déjà narrés dans « La Galaxie en Flammes ». Sauf pour rappeler quelques scènes clés, ce procédé s’avère d’autant plus ennuyeux que James Swallow est un auteur plus faible que ses camarades.
Heureusement, lorsqu’on quitte les évènements du système d’Istvaan pour suivre les aventures de Garro à bord de l’Eisenstein, on peut profiter d’une histoire qui fait l’effort de développer sa propre thématique de fond.
Si la trilogie traite du doute, le tome suivant est celui de la foi. Moteur essentiel du personnage de Garro, elle se retrouve bien entendu chez l’escorte de la sainte, et dans la présence diffuse de l’Empereur qui peu à peu infuse le récit.

De loin la lecture la plus laborieuse, mais certainement pas un tome inutile. Il est en effet nécessaire, après la trilogie Loken, de poser les bases d’un Imperium nouveau dont Garro est en quelque sorte le premier croyant.

Je ne saurais donc que conseiller la lecture de ces 4 premiers tomes à quiconque souhaite découvrir Warhammer 40 000 et aime le space opera.
Contrairement à d’autres tomes dont je parlerai plus tard, ceux-ci ne versent pas dans la simple illustration du fluff (comprendre le background de Warhammer 40 000) mais cherchent vraiment à raconter leur propre histoire hors du carcan imposé par Games Workshop (la société qui produit cet univers).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *