Leçons culturelles sur l’Amérique pour profit glorieuse nation américaine.

Et ainsi s’achève la saison des blockbusters. Autant le dire tout de suite, ça n’a pas été franchement jojo cette année. Un vrai bon film, « Pacific Rim », et une flopée de trucs médiocres sans grand intérêt.
J’ai bien cru que l’été allait s’achever sans véritable nanar, ce qui eut été dommage il faut bien le reconnaitre.

Mais heureusement !! Heureusement l’Allemagne existe depuis des siècles pour faire rigoler le reste du monde avec le schnaps, les tyroliennes, Harald Schumacher et les costumes bavarois ! Bon, il y a bien eut une période où ils ont été moins drôles mais globalement, depuis 1945, je trouve qu’ils ont bien repris du poil de la bête.
Et en tant que ressortissant de cette glorieuse et rigolarde nation, Roland Emmerich ne pouvait nous laisser finir l’été sans un petit film de derrière les fagots.

This, madame, is…

Des CGI qui tâchent.

Attention, « White House Down » est ce qu’il convient d’appeler un blockbuster estival, film supposé rembourser son budget de malade lors d’une carrière aussi longue que flamboyante sur les écrans.
Bon, on sait tous que le film s’est vautré, succombant lui aussi à la malédiction de l’été 2013.

Raaah lala, tout ce beau budget pour payer des acteurs, tourner des plans à Washington et avoir des vrais hélico de l’armée et puis des CGI dernier cri…

Wooouah. Un film à 150 millions de dollars et les effets numériques sont juste baveux. Une grosse catastrophe à ce niveau parce que bon, il y a 10 ans encore, les gros grains et les incrustations discrètes mais visibles, ça s’excusait encore. Là, régulièrement, j’ai vu un gros truc tout numérique me passer sous les yeux, « oh ben ça alors, un effet spécial, bon sang ! »
Mais normalement on ne devrait même pas se demander si c’était un vrai Delta Force, une vraie pale d’hélicoptère ou un vrai Air Force One qui vient de passer dans le champ !

Au niveau atteint aujourd’hui par les CGI, on n’en est plus vraiment à constater l’artificialité de ce que l’on a sous les yeux.
Même les explosions sont toutes nazes et semblent dater du siècle dernier, celui de « Terminator 2 » et « Jurassic Park », deux films farcis de CGI mais ou étrangement, en voyant ça

Ou ça

Tu ne te posais pas trop de questions sur l’artificialité de la chose.

2013, « White House Down » te rend le cachet des effets numériques d’antan.

Allons, consolons-nous, les effets spéciaux, bah, la belle affaire !

Ne soyons pas trop méchante, hein, parfois la bonté me traverse et après ça me fait tout bizarre brrr… bref, ne soyons pas trop méchante : des effets numériques baveux en 2013 ne font pas forcément un mauvais film.
La preuve, dans les années 90, des trucs comme « Jurassic Park » ou « Terminator 2 » étaient affublés des même « défauts », mais l’intelligence de la mise en scène et l’intégration des effets numériques dans des décors capables de masquer leurs faiblesses suffisaient largement à compenser une technique certes à la pointe de son temps mais encore balbutiante.

Vous voyez où je veux en venir, pas vrai ?

Ouais, la réalisation de «White House Down » confine à… rien du tout en fait et c’est presque ça le plus gênant.
Regarder cette tanche de Zack Snyder ? Pas une once d’originalité dans sa mise en scène, une compulsion maladive au copier-coller mais un style visuel aussi laid qu’affirmé.
Prenez Michael Bay, on aime ou on aime pas, mais il est impossible de confondre ses films avec ceux des autres.
Et JJ Abrams, il… Non je déconne, tout ce qu’il a trouvé pour imposer sa patte se sont les lense flares. Hihi.

Et bien Roland Emmerich eut été finalement bien inspiré de se trouver un genre de gimmick lui aussi, même un truc idiot genre un mouvement de caméra gerbant ou une obsession pour les filtres jaune pisse (Tony Scott, où que tu sois, big up, et pardon pour ce que je viens de dire sur les filtres, on dirait que je réduis ton cinéma à ça et c’est pas sympa de ma part).
Parce qu’à part détruire les Etats-Unis à longueur de films et réaliser le rêve d’Hiro Ito, il n’y a rien chez lui qui le distinguerait d’un pégu à qui on aurait donné les mêmes moyens financiers pour réaliser un clip sur la Maison Blanche.
Un pégu sorti d’une école de cinéma et qui connaît son métier s’entend, parce que l’on ne peut pas enlever à Emmerich un sens évident du savoir-faire. Simplement, ce n’est pas dans ce film qu’il le démontre le mieux, il faut bien le reconnaître.
Dans « White House Down » on frôle le zéro pointé en termes de prises de risques, style ou quoi que se soit.
Je risque d’avoir des difficultés à traduire l’impression que ce film m’a fait, si ce n’est qu’il est incroyablement lisse, pour ne pas dire terne, et que la seule chose parvenant à le sauver reste paradoxalement son côté « star spangled nanar WITH NO PLAN ».

Il faut tout de même être solidement attaché pour pondre un scénario à base de Maison Blanche attaquée par non pas des terroristes salafistes moudjahidins extrémistes moyennement orientaux, mais par le chef de la sécurité du président qui est tout colère parce que son fils est mort en Iran en affrontant des salafistes moudjahidins extrémistes moyennement orientaux pour rien du tout et qu’il veut donc se venger en atomisant ces gentils iraniens qui veulent rien qu’à faire la paix avec le président Jamie Foxx parce qu’ils en ont assez de toute cette violence et que se serait bien de se faire des bisous à partir de maintenant.

Si je devais prendre le président en otage pour lui voler ses protocoles d’activation d’ogives nucléaires, je pense que je programmerais les dites ogives directement sur la maison du mec qui a eut cette idée de génie.

Déjà parce que bonjour le politiquement correct qui refoule du goulot sous les aisselles. Et on s’étonne que le film n’ait pas marché aux USA…
Tu les vois les Américains qui ont envoyé une chiée de soldats en Irak et Afghanistan, subis les attentats du 11 septembre et qui sont tout de même engagé dans un bras de fer depuis plusieurs dizaines d’années avec l’Iran des ayatollahs applaudir des deux mains devant un discours aussi neuneu qu’on le croirait vomi par un hippie chevauchant une licorne au pays des Bisounours ???

Tout ça j’imagine dans le but de sortir du cliché du méchant islamiste qui veut la peau des Etats-Unis.
Ben écoute mon Roland, c’est pas pour stigmatiser toute une communauté car il est évident qu’il y a de gentils djihadistes pacifiques, mais en fait, si, certains sont un tout petit peu remontés contre la Bannière Etoilée, chaton. Du coup, en grands méchants, ils sont plutôt très crédibles.

Même « La Chute de la Maison Blanche » d’Antoine Fuqua parvenait à plus d’efficacité concernant son grand méchant, et pourtant, sur le papier, c’était pas facile quand on joue avec la Corée du Nord.
Les terroristes étaient ici des hackers nord-coréens (=> coefficient de crédibilité extrêmement élevé) infiltrés dans l’entourage d’un ministre sud-coréen dans le but de s’introduire dans la Maison Blanche pour kidnapper le président, un général et la secrétaire d’état à la défense car les trois possèdent chacun une partie des codes d’activation des missiles nucléaires. Je ne sais pas pourquoi, mais malgré le côté un peu foireux de la menace nord-coréenne, le tout me semblait autrement plus crédible

Des personnages qu’on voudrait mourir pour eux ne plus les voir.

Je crois que c’est la première fois que je n’adhère pas aux personnages dans un film de Roland Emmerich. En général, j’ai tendance à m’attacher un peu, à m’impliquer, dès fois ils sont drôles, touchants, et puis j’ai de la peine pour eux, c’est vrai quoi, le matin tu es un honnête employé des PTT sans histoire et puis en arrivant au bureau, PAF, tu découvres que tu es en réalité un personnage dans un film de Roland Emmerich et que l’Apocalypse arrive droit dans ta face d’ici ta pause de 16h.
Dur.

Là, c’est juste pas possible.

Non vraiment.

Déjà, le président, Barack Obama, et qu’on ne me fasse pas dire un truc genre « non mais bon, il est noir mais je vois vraiment pas le rapport » => ah bon vraiment ? Ne soyez donc pas naïf.
Heureusement, Barack Obama n’est pas un connard de hippie, contrairement au président du film donc, qui veut la paix, pas la guerre. Qui veut faire des bisous sur la barbe des ayatollahs pour qu’ils déposent les armes dans une grande farandole de Téhéran à Kaboul, entrainant les Talibans dans leur ronde folle de joie et de félicité.

Bref, qui veut sécuriser le Moyen Orient.

« Pas de problème »

Passe encore qu’il ait bouffé la Convention de Genève et qu’il soit plus pacifiste qu’un bébé phoque. Passe encore qu’il soit le leader du Monde Libre et naïf comme un Jon Snow.
C’est archi nul, mais admettons.
Mais le président est un Kevin.

Oui, un Kevin qui est bien content d’avoir un ‘ros hélicoptère alors avec le ‘ros hélicoptère il aimerait bien faire du rase motte parce que c’est trop la lolz, tavu, tous les plows PNJ en bas qui peuvent ter’ma mon ‘ros hélicoptère, fuck yeah, I am da president of da Iounaïtid Stèitsse, trololol.
Et je veux sécuriser le Moyen Orient.

On franchit là un seuil de crédibilité rarement atteint.

En parlant de trucs atteints : le personnage de Channing Tatum.
Alors autant le président a droit à sa première scène en mode gros Jackie 2000, autant lui, c’est une scène Jo le Mongolo durant laquelle il cause à un écureuil. Voilà. Suivie d’une autre scène Jo le Mongolo où il passe un entretien d’embauche pour être garde du corps de Dominique Torreto Barack Obama avec un max d’aplomb et un CV tellement farci de coquilles qu’on se demande comment il a bien pu se mettre en tête qu’un branque comme lui pourrait entrer au service de sécurité du président. Le film répond à cette épineuse question plus tard : c’est à cause de sa fille.

La fille de Channing Tatum est un genre de monstre hybride entre Dakota Fanning et Chloe Moretz au début de leurs carrières respectives : son potentiel de tête à claque est + l’infini.

Une duck face permanente greffée au visage et un personnage ultra relou de péteuse je sais tout plus mieux que tout le monde drapée dans un patriotisme totalement naturel et spontané pour une enfant de 11 ans : « Vas-y, tire-moi dans la tête, tu me fais pas peur, chuis une vraie patriote et les vrais patriotes ils ont pas peur que leur cervelle macule la Bannière Etoilée !!! »

Dès les premières minutes, j’ai voulu qu’elle meure. Et pas parce que les enfants sont pour moi des créatures au langage aussi mystérieux et indéchiffrable que celui des chiens (je sais jamais ce qu’ils me veulent, sérieusement…), y’en a même que je trouve sympa/mignons, limite adoptables, genre Bran Stark ou Arya.
Mais là, c’était juste impossible.

Ok, donc avec une équipe pareille pour l’implication émotionnelle du spectateur, on est sûr que très rapidement, on va s’attacher à suivre cette passionnante histoire de courage, de sacrifice, et de patriotisme.

Du patriotisme de bon aloi.

Ce n’est pas une surprise, tout le monde sait que Roland Emmerich est né en Allemagne par un tragique accident de la vie.
A mon avis il y a toutes les chances pour qu’il ait été Virginien et tueur en série dans une existence antérieure, un bon coup de karma dans la gueule, et PAF, il revient sur Terre à Stuttgart.
Depuis, il s’échine à démontrer au monde entier son amour débordant/délirant/encombrant/gênant pour la Bannière Etoilée.
Qu’il filme comme personne, soit dit en passant.

Non, je déconne, celui qui la filme le mieux sur fond de ralentis gerbants c’est Michael Bay.

Mais concentrons-nous sur le sujet, à savoir sur la vénération mode over 9000 de l’Oncle Sam.

Fuck Yeah, dans le film il y a le dialogue le plus barge de toute l’histoire du patriotisme américain qui sent Ronald Reegan sous les aisselles. Un truc que même Chuck Norris il oserait pas dire devant une caméra de peur d’en faire trop.

M’am la chef de la sécurité du président des Etats Unis de l’Amérique et du Monde Libre et qui revient tout juste d’Iran se pointe au briefing matinal de son service :

«-Coucou les garçons, comment que ça va bien par cette douce matinée dans la plus belle ville du monde ?
Bien, M’am la chef de la sécurité de notre président ! Mais attendez voir si je me trompe, vous débarquez tout juste d’Air Force Supercopter ?
Oui, tout à fait !
Et comment vous vivez le fait d’avoir un jet lag d’approximativement 57 heures en travers de la tronche ?
Je le vis bien, je fais le meilleur métier du monde !
Non sérieusement, c’est quoi votre secret ?
LE CAFE ET LE PATRIOTISME. »

Fin de citation.
Ok, j’ai un poil brodé sur ce dialogue, sauf la dernière ligne. C’est une *utain de ligne originale. Ce qui signifie, vous l’avez bien compris, que Maggie Gillenhaal prononce pour de vraie cette phrase.
Holy crap, sainte mayrde.

Il est bon ton patriotisme, el gringo !

Non, mais bon, hein, je juge pas, mais pendant un instant tu espères un peu que tout le monde va rire parce que c’est une blague second degré, humour de la Maison Blanche, private joke du service de sécurité toussa.
Non. Tout le monde reste de marbre devant cette sortie surpuissante de « USA, je te aime, aime moi en retour, signé Roland ».

Sérieux, mon ami teuton : il faut te calmer.

Non mais c’est rien. Rien. RIEN, en comparaison de la fille du héros qui a mis une frakking alerte sur son téléphone pour stalker les faits et gestes du président à toute heure du jour ou de la nuit.
Quelle enfant, même passionnée par la politique, met sur son téléphone une alerte capable de la réveiller à 3h du matin juste pour voir le président inaugurer une serre de géraniums à Porterville Californie ?
Fille du héros qui a 11 ans !

Et qui s’est passionnée dès son plus jeune âge pour la politique parce son père était, accrochez-vous bande de plows => parti en Afghanistan.

Je sais pas, mais bon, admettons qu’elle avait un truc comme 3-4 ans quand elle a été en âge de comprendre que son paternel n’était pas là parce qu’il préférait boiter des talibans plutôt que lui touiller son Nesquik.
Admettons qu’elle ait décidé de comprendre quel besoin impérieux avait poussé Channing Tatum à devenir un GI Joe plutôt qu’un père responsable (hélas pour le « Channing Tatum est un GI Joe », je n’invente rien), comment une enfant de 5 ans à la louche peut-elle se passionner pour la politique plutôt que pour un truc autrement plus cool comme, au hasard :

Les fusils

Les hélicoptères

Voire l’Islam si elle avait vraiment l’esprit de contraction.

NAN. Elle, ce qu’elle kiffe, c’est la politique, la chambre des représentants, les débats, les costumes trois pièces et Wikileaks.

Bref.

Bon.

Cela fait tout de même d’elle la seule enfant de 11 ans capable d’accepter le sacrifice de sa vie sans sourciller ou de tenir tête à un mercenaire/terroriste/Jason Clarke en rogne. Un super pouvoir d’über patriotisme qui va lui permettre d’activer le massive final fuck, attention, accrochez-vous bien, ça va secouer dans tous les sens :

Le nouveau-nouveau président des Etats Unis a commandé une frappe aérienne sur la Maison Blanche afin de neutraliser les méchants qui sont à l’intérieur. Meanwhile, Channing Tatum est parvenu on ne sait trop comment à circonscrire la menace en maravant l’avant-dernier boss à coup de jeep et de mitrailleuse. Finesse…
Alors qu’il s’élance pour récupérer le cadavre du président qui en fait n’est pas mort mais ça il le sait pas donc pourquoi perdre du temps à aller le chercher alors qu’il pourrait en profiter pour essayer de sauver sa peau et celle de sa patriote de fille, cette dernière s’empare du drapeau présidentiel pour aller l’agiter sur la pelouse, deux secondes avant que les chasseurs ne larguent leurs missiles sur sa gueule.
Comme se sont des chasseurs bombardiers B-29, ils doivent attendre d’être pile sur l’objectif pour déclencher la frappe, ben l’US Air Force c’est pas tout à fait ce que je croyais, finalement.
Et contre toute attente, alors qu’ils vont à quarante douze mille kilomètre heure et qu’ils sont à watt cent mètres au-dessus de cette foutue pelouse, ils parviennent à apercevoir sur celle-ci une petite conne qui agite un drapeau au ralenti.
Ce qui suffit pour les faire désobéir à un ordre direct émanant du président en personne, un président tout neuf, certes, mais un président quand même.

J’ai rien compris à cette scène. Enfin si, mais si on la regarde deux minutes en intégrant toutes les données qu’elle contient et en les imbriquant de manière logique, normalement, la Maison Blanche, Channing Tatum, son marcel de John Mc Clane, sa fille et le cadavre presque pas mort du président véritable auraient dû être rayés de la carte en moins de 5 secondes.

Mais ça, c’était sans compter sur le pouvoir du patriotisme : tout vrai patriote en apercevant un autre même si celui-ci mesure 1m20 les bras levés et se trouve à quelque chose comme 1 kilomètre, arrêtera immédiatement ce qu’il est en train de faire pour considérer le message patriotique que l’autre essaye de lui envoyer.

Et moi, j’essaye encore de comprendre ce que ce message signifiait :

1) « pitié ne tirez pas, tous les méchants sont morts ! »
2) « Nous avons pris Iwo Jima ! »
3) « Je suis en retard à mon cosplay Captain America, pouvez-vous me déposer s’il vous plait ? »
4) « Je pas avoir argent, moi voler drapeau pour faire couverture ! »

S’il fallait recenser toutes les sorties à la noix que comprend ce film, je pense qu’on en aurait pour la nuit, donc le mieux c’est encore que vous alliez le voir, histoire de comprendre un peu l’ampleur de l’élégie.
Mention spéciale à ce merveilleux guide qui s’arrête la larme à l’œil devant un tableau de la Maison Blanche en flammes et qui déclare, trémolos dans la voix et tout : « A chaque fois que je vois cette œuvre, ça me brise le cœur… »

On aurait dit Valéry Giscard d’Estaing après le passage des chars Allemands au défilé du 14 juillet 1994.

A se demander si le guide en question n’était pas du genre à mettre des parpaings dans la tête des touristes anglais, histoire qu’ils se souviennent, bande de salopards, et si jamais je vous recroise, promis, je jette une boite de Lipton dans le Potomac. ‘culés.

Sachant que l’incendie dont on parle est celui de 1814, une époque où même sa grand-mère n’était pas née pour vendre du beurre aux Anglais. Du coup pourquoi cet aparté patriotico-stupido-concon ?
J’en sais rien.
D’ailleurs je pense que je vais aller me prendre un café et du patriotisme, pour tenir jusqu’à la fin de ce billet.

Originalitay.

Dans sa carrière, Roland Emmerich a du détruire un truc comme 17 fois chaque bâtiment de Washington. C’est une façon très étrange de déclarer son amour aux Etats-Unis mais bon, la parade nuptiale des Allemands est peut-être très différente de celle des autres peuples.
Si ça se trouve, en 1940, on n’a pas du tout compris le message, en fait.

En plus d’être l’amoureux transi le plus dérangé de l’histoire, Roland Emmerich est aussi un gars extrêmement modeste. Le genre qui fait des auto citations.

« Oh, comme tu y vas, jeune fille, tu nies à un réalisateur le droit de glisser un clin d’œil à ses autres films dans ses propres œuvres ? Mais ils le font tous ! »

Non mais les clins d’œil, j’ai rien contre. En revanche, les doigts dans l’œil, ça me gêne déjà un peu plus.

Alors dans « White House Down », on a ce somptueux passage, made in le guide-conférencier de la Maison Blanche :
«-Alors chers visiteurs, apprenez que la Maison Blanche est composée de 2 ailes, information de première bourre à laquelle n’importe quel pégu peut avoir accès en regardant une carte. Et sachez que la partie centrale où nous nous trouvons est…
Moajesay monsieur le guide ! C’est la résidence exécutive où se trouve le bureau de notre vénéré président !
En effet, mais c’est surtout la partie du bâtiment qui est DETRUITE DANS « INDEPENDANCE DAY » UN SUPERBE FILM DE ROLAND EMMERICH OHBENCAALORS !!!!!!! »

Oui, je sais, Barack, c’est dur. Mais attends encore un peu.

Un peu plus tard, le président Barack-Jaime Fox se retrouve coincé dans un ascenseur avec Channing Tatum. Alors que me remontait tout juste en mémoire le qualificatif de « Obama porn » dont usaient les Républicains pour parler du film et que je m’interrogeais justement si ça allait être à ce moment-là, voilà que les deux héros se retrouvent à devoir bloquer la cage d’ascenseur pour ne pas mourir écrasés. Le président utilise alors sa chaussure pour la mettre dans un engrenage, et laissez-moi vous dire que c’est carrément de la chaussure en titane parce que ça supporte ultra bien le choc.

Mais bref, le festival commence : il manque une chaussure à Jamie Foxx, ça dure pas longtemps, mais retenez qu’il est NU D’UN PIED pendant quelques minutes. *indicesubliminal*

Quelques plus tard, on voit passez ce truc-là devant l’écran :

Et le prénom de ce truc se trouve être John. Quelle coïncidence !!!

Indice, ce personnage qui morfle contre des terroristes cherche quand il trouve le temps d’y penser à retrouver une personne qui lui est chère et que les méchants retiennent en otage.
Et à un moment du film, y’a un mec qui n’a plus de chaussures.

Toujours rien ?

Et si je vous rappelle, là, comme ça, que ce que vous écoutez en ce moment, c’est signé un certain « Beethoven » ?


« A chaque fois que j’entends du Beethoven, j’ai envie d’attaquer un immeuble. »

Je sais, vous allez me répondre que « non , il a pas osé, c’est tellement évident, que limite, ça sonnerait comme du plagiat sauf si le film contient du second degré, dans ce cas ça reste lourd, mais bon, ça peut être drôle, à trois heures du matin après le 7e shot de vodka du drinking game « un verre à chaque allusion à « Die Hard ».

Et bien si. Il a osé.

« POOOOOOOUUUUUUURQUOOOOOOOIIIIIIII  »

Je sais pas, parce qu’il est allemand comme Hans Gruber et Beethoven, mon petit John. Je sais pas…


Et là, le héros et son side kick noir à lunettes, je sais pas si je vois le mal partout, mais bon, au point où on en est… Repompe ou pas ?

Je ne sais plus très bien…

Puisqu’on en est à parler d’originalité, autant rappeler que cette année, et à quelques mois d’intervalle seulement sont tout de même sortis deux films basés sur une prise d’otages à la Maison Blanche : « White House Down », donc et « Olympus has Fallen », de Antoine Fuqua (j’ai déjà fait mille fois la blague sur la dragée, ne me forcez pas).
Amusant, ce dernier film a été titré chez nous « La Chute de la Maison Blanche », ce qui en effet la traduction du titre original ou plus précisément de sa signification en code de sécurité. La bonne pioche aurait été d’opter pour un truc du style « L’Olympe est tombé », ce qui nous donne un titre moche, ou même « La Prise de l’Olympe », ce qui reste moche mais évite le nawak gigantesque qui va suivre.
Comme le titre français de « Olympus has Fallen » est la traduction littérale du titre de l’autre film, celui de Roland Emmerich cette fois « White House Down », les traducteurs se retrouvent bien cons et optent pour un abandon courageux de toute velléité de changement de titre.
Sauf qu’on a désormais un film qui s’appelle « La Chute de la Maison Blanche » et l’autre « White House Down ». Su. Per. Bonjour la confusion, GG les mecs.
Conseil d’amie, tapez-vous plutôt « La Chute de la Maison Blanche » ne serait-ce parce que Gerard Butler est plus supportable que Channing Tatum et parce qu’il n’y a pas de petite fille horripilante dedans. Et que c’est mieux, tout simplement.

Alors donc, deux films traitant du même sujet qui sortent à quelques mois d’intervalle, forcément, on jouera à la comparaison qui ne se fera pas en faveur du Roland Emmerich. « La Chute de la Maison Blanche » est plus efficace, plus tendue, plus fun et mieux filmée. Voilà, c’est dit. Et c’est facile deux fois moins chiant.
Et non, je n’en ai pas fait de billet parce que bon, Gerard Butler et le menton d’Aaron Eckart luttant contre des hackers Nord-Coréens, le tout visionné un soir où il faisait super chaud, hein, oh. Je peux pas vous parler de tout non plus. Mais *instantcritique* c’était sympa sans plus *findel’instantcritique*.

Je ne sais pas qui de Fuqua ou d’Emmerich a dégainé le premier ce pur sujet post 11 septembre en forme de catharsis américano-centrée, mais le fait est qu’arriver second, surtout quand on pond un truc aussi naze, mein klein Roland, c’est pas forcément à ton avantage. On a l’impression de revoir la même chose mais en moins bien et avec Barack Obama dans le rôle de Jamie Foxx. Ou l’inverse. Peu importe. Et encore une fois, la fille de Channing Tatum, mais non quoi. Au moins le gamin dans « La Chute de la Maison Blanche » il était choupi. On avait envie qu’il s’en sorte. Ici, je rêvais que les missiles se verrouillent sur sa duck face pour l’effacer de la surface de la Terre une bonne fois pour toute.

Il fut pourtant une époque où Roland Emmerich parvenait à produire de gros spectacles catastrophe sans grande originalité mais dotés d’une certaine efficacité. « White House down » est la définition même du film vain et boursouflé qui ne parvient jamais à atteindre ses objectifs.
Autant privilégier le plus réussi et plus honnête « La Chute de la Maison Blanche ».

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