Avengers assemble

Alors là c’est carrément l’apothéose de bullshit qui se déverse à torrent sur la noirceur de mon désespoir.

« At World’s End » ne sera pas diffusé chez moi. Alors tant pis pour vous troupeaux de rascals peuplant sans doute moult grandes villes diffusant avec morgue et hauteur et re morgue par derrière le dernier Edgar Wright : pas de billet avant quelques mois.

Gna.

En attendant, on se console comme on peut, avec ce que l’on a, comprendre pas grand-chose, monde cruel et abject, bouhou, j’en suis réduite à me faire le diptique « Bad Boys », complétant ainsi ma connaissance désormais encyclopédique de l’œuvre de Michael Bay.

Avec un peu de chance pour vous, je me trainerai pitet voir « L’Aube Rouge », film starring mon voisin de palier. Ou pas.

En attendant, causons un peu de « Kick Ass 2 », on n’est plus à une déception près…

La cruelle loi des séries, teintée de malchance, m’a conduite à subir coup sur coup deux déceptions cet été : « Elysium » et « Kick Ass 2 ».
Deux déceptions tempérées par les qualités certaines des films en question, ne parvenant toutefois pas à atténuer le sentiment de rendez-vous manqué.

Pourtant, dans « Kick Ass 2 » comme dans « Elysium », ce n’est pas l’adhésion totale au spectacle proposé qui m’a manqué, loin de là.

Aurais-je mieux apprécié « Kick Ass 2 » si je n’avais pas vu le premier juste avant à la faveur d’une soirée avant-première ?
Sans doute que non mais il faut être honnête, l’enchainement et donc, l’inévitable comparaison entre les deux ne pouvait se faire en faveur du film de Jeff Wadlow, succédant sans panache à Matthew Vaughn, réalisateur du premier volet, et de l’excellent « X-Men : First Class » (les fan boys de Marvel se rassurent, je n’encense là QUE les qualités filmiques de l’objet que je considère comme le meilleur de la franchise mais que les amateurs de comics perçoivent comme un viol sauvage des X-Men. Pas taper, donc).

« Kick Ass » aurait peut être gagné à rester un one shot, malgré sa fin ouverte sur le désir de vengeance de Chris (Mc Lovin pour toujours et à jamais…), tant le second volet semble rapidement atteindre ses limites.
Les même thèmes sont ici exploités avec un arrière-goût de déjà vu et une certaine asepsie, sand doute largement causée par l’incapacité de Wadlow à filme correctement ses combats. Autant le premier « Kick Ass » brillait par ses scènes d’action énergiques et fun, son absence de concessions et son décalage brutal entre la violence des affrontements et la légèreté du ton, autant « Kick Ass 2 » semble vouloir épargner son public.

Moins solide également, le scénario qui connait quelques temps morts et ne possède pas la fluidité du précédent. Du reste, le film échoue à traiter l’une de ses sous-intrigues, la prolifération des super-héros, messieurs et mesdames tout le monde prenant le masque pour rendre les rues plus sûres. L’idée était intéressante, d’autant qu’elle gardait cette fraîcheur du premier film dans ses intentions, mais possédait aussi en germe l’idée d’une dérive.
Lors du raid contre les maquereaux chinois, je m’attendais à un retournement de situation du type manipulation du colonel Stars and Stripes ou une grossière erreur sur l’identité des personnes tabassées et tuées.
Mais ce risque de bévue, ce danger potentiel que représentent des super-justiciers auto-proclamés n’est absolument jamais traité.

Le seul antagonisme du film restant finalement celui opposant Kick Ass à Chris, ou plutôt devrais-je dire Motherfucker. Un personnage totalement barré qui tire le film vers le festival de n’importe quoi car il désancre « Kick Ass 2 » de la réalité pour le faire basculer de plain pied dans l’univers des comics. Alors que le premier film opposait dans un jeu de massacre jouissif réalité et fiction, le second dérive franchement vers un récit purement fictionnel où se ne sont plus de vraies personnes qui s’affrontent, mais des archétypes (ou clichés racistes, c’est selon : bon sang mais les surnoms des bad guys sont à encadrer et à mettre au dessus de mon lit).

Autant le ressors comique fonctionne à plein, autant en revanche, les enjeux souffrent de cette opposition programmée qui ne semble même plus, au final, avoir un quelconque lien avec la mort du père de Chris. Ce dernier se concentre sur sa volonté d’être LE super-vilain, ce qui a au moins le mérite de coller avec la thématique force du film, la quête d’identité.

Enjeu central dans tous les arcs du film, il est quasiment l’unique définition du personnage de Mandy, désormais orpheline de Big Daddy et forcée de s’adapter à un monde qui n’a jamais réellement été le sien. Hit Girl est toujours cette figure fictionnelle égarée dans notre réalité, un monde particulièrement cruel dont elle ne possède pas les codes. Abandonner Hit Girl et se retrouver sans pouvoirs lui est nécessaire pour renaître à elle-même en terrassant le monstre (ici une hydre à trois têtes de pouffiasses), au fil d’un cheminement où Joseph Campbell retrouverait nombre de ses petits.

Ayant commencé ce billet en vous disant avoir été déçue par ce film, je me dois de revenir sur le final, au climax décevant tant dans sa mise en scène qui comme toutes les scènes d’action du film se contente de présenter en moins violent, moins fun et moins lisible, un succédané des scènes de combat du premier volet, que dans les enjeux de cette dernière. Autant le duel Kick Ass vs. Motherfucker a du sens, dans une certaine limite puisque comme dit plus haut, les motivations de ce dernier ont considérablement évolué vers un idéal de méchanceté pure, autant celui entre Hit Girl et Mother Russia apparait dépourvu de tension. Certes la violence de cet affrontement fait plaisir à voir (personnellement je rêve de claquer sa tête à Chloé Moretz. Désolée, je la tiens pour une bonne actrice, mais je ne supporte pas sa figure), mais à part pour offrir un duel final à une Hit Girl pour laquelle le film est déjà quasiment terminé (son anamorphose est achevée depuis la séquence du cimetière), son intérêt se trouve assez limité.
On est finalement très loin de l’assaut dans l’immeuble de Mark Strong dans le premier, motivé par la vengeance et la dette de sang de Kick Ass envers Hit Girl.

S’ajoute à cela quelques éléments parasites dans le scénario comme le personnage de la petite amie qui disparait en moins de 10 secondes sur un prétexte totalement foireux (un quiproquo dans lequel personne n’aurait pu tomber), la soirée pyjama tombant comme un cheveu sur la soupe, ou encore le personnage du père, développé dans ce film uniquement pour mieux le faire mourir.

Si j’ai retrouvé le ton décalé de « Kick Ass » avec un réel plaisir, difficile d’être pleinement satisfaite au sortir de cette séance qui reste tout de même un meilleur film de super-héros, et de loin qu’un « Man of Steel », exemple pris TOUT A FAIT au hasard.

Reste à espérer le retour de Matthew Vaughn derrière des caméras dans le troisième volet, plein d’armures et d’hommes machine.

Note : **

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