« Pas de chichi entre nous, appelez-moi Super. »

Oh mon Dieu comme c’est pas bien… Comme je m’étais jurée de publier plus régulièrement à partir de genre, là maintenant.
C’est pas de ma faute, m’sieur le juge, c’est que, vous comprenez, je viens de commencer l’Hérésie d’Horus et du coup, je passe tout mon temps libre à ramener des mondes rebelz dans le doux giron de l’Imperium. Et c’est que ça se fait pas tout seul cette affaire là, hein, bon bref, excuse bidon, je sais.
Y’a des space baffes qui se perdent, comme disait Leman Russ.

DONC, je reviens zà vous avec, surprise, des mandales, des xénos, et même, un exterminatus. Et ça n’a rien à voir avec Warhammer 40 000, en plus.
«-This is bullshit !!!
NO ! THIS. IS. MANOFSTEEL !!!! GNEEEEEEE !!! »

Confier les rênes d’un reboot de Superman à Christopher Nolan, qu’il est trop un intellectuel, et à Zack Snyder, toujours en quête de réhabilitation artistique, c’était vraiment ne prendre aucun risque.
Aux yeux de la critique, ces deux hommes sont désormais des intouchables. Nolan, le premier est devenu pour la presse une garantie qualité, l’homme qui remet de l’intelligence et du rationnel dans les films de super héros, OMG ça mérite au moins l’Oscar du Pulizer de la Palme d’Or du Lion de Berlin. Facile.
Le deuxième a été adoubé par tous les hipsters d’obédience geek comme « réalisateur visionnaire ».
Combo magique, duo indestructible, jumeaux aussi complémentaires que maléfiques.

Réussiront-ils à faire de ce nouveau Superman un film awesome où le geekasme côtoie la virtuosité d’une mise en scène inspirée et savante ?

Vous le faites exprès ou quoi ? J’ai dit que Zack Snyder et Christopher Nolan avaient fait le film…


Oui, au cas où vous vous seriez posé la question, c’est bien Ayelet Zurer, de « Anges et Démons ».

Après une bande annonce qui donnait confiance, « Man of Steel », réalisé par Zack Snyder, ne pouvait dans le fond que décevoir. Pourtant, j’y avais cru. Et pourtant, tout bien considéré, il y a énormément de bonnes intentions dans ce projet, de bonnes intentions qui ne peuvent être menées à bien en raison d’un réalisateur qui s’applique avant toute chose à ne pas donner à son œuvre l’ampleur qu’elle mérite.
« Man of Steel » est ainsi ce type de film assez dérangeant qui semble n’être que le reflet d’eux même.

On retrouve là le même syndrome que chez JJ Abrams : absence de souffle, absent de grandeur, absence d’épique. Beaucoup de gimmicks agaçants, aussi, et contrairement au dernier « Star Trek », une dose massive de pose artisante totalement à côté de la plaque.

Snyder a semble-t-il abandonné ses désormais célèbres ralentis-accélérés-re ralentis-re accélérés.
Je sais, vous vous dites « youpi ! » mais je vous trouve bien naïfs. Aussi naïfs que moi en fait, car Zack n’a fait que délaisser une marotte pour une autre. Entre « Sucker Punch » et « Man of Steel » il a découvert un super truc, là, sur le côté de la caméra, un putain de bitoniau dont il ne soupçonnait jusqu’alors pas l’existence. Découverte du siècle, épiphanie :

LE ZOOM

Alors il zoome. Tout le temps. Dès qu’un plan est large, PAF ! Il met un coup de trique sur le crâne de son cadreur en hurlant « ZOOOOOOOOOM ! ». C’est carrément insupportable sur les scènes d’action. Scènes d’action qui, sans le sacro saint ralenti-accéléré de Snyder, deviennent des bouillies infâmes, filmées en gros plans, ou en plan large avec un gros zoom. Le résultat, sans grande surprise, est une catastrophe sans nom.
C’est laid, confus, sans intérêt. Pour nous aider à comprendre ce qu’il se passe à l’écran, « du DRAMA INTELLECTUEL, CHRISTOPHER NOLAN IL A ECRIT MON FILM CHUIS TROP UN REALISATEUR HIPSTER ! », Snyder nous colle des explosions de partout et roulez jeunesse, ahah, le public en redemande !!!

Non, je ne crois pas. J’ajoute qu’en 3D, c’est à la limite d’être épuisant pour yeux. Une 3D complètement superflue pour le coup, entre autre parce que Snyder ne l’exploite pas une seconde, et qu’il colle systématiquement des arrières plans flous. Super. A part le plaisir de voir tout Henry Cavill en relief (mais même à plat ça reste parfaitement appréciable), la stéréoscopie ne sert strictement à rien. Et fait réaliser combien celle de « Star Trek » pouvait être réussie.

Mais sinon, on dit « les scènes d’action sont archi nulles, rien à sauver », mais le reste ?

Disons que le reste s’accroche à quelques bonnes choses. Et que le film en sort grandi, même si, un peu comme dans « The Dark Knight Rises », il semblerait que l’on ne fasse pas assez confiance au public pour comprendre certaines choses toutes seules. Une longue intro sur Krypton pour exposer les origines de Kal El, c’est très bien. Un Power Point présenté par Russell Crowe à mi-film pour tout réexpliquer, c’est trop. Un monologue du méchant à la fin pour tout re réexpliquer, c’est définitivement n’importe quoi.
Les trouzmille flash back sur l’enfance trop difficile et trop dark tiavu de Clark Kent, c’est aussi assez maladroit, d’autant qu’on a par moment l’impression que le type s’arrête de parler en mode « attends, j’ai un flash back ».
Sans parler de Jor El, utilisé comme un deus ex machina tellement surpuissant qu’il en devient risible. Comme si l’univers Superman avait besoin de davantage de Gros Bill.

Car c’est là aussi la difficulté de cette adaptation, et le panneau dans lequel elle ne tombe pas. Superman étant par essence un dieu, lui trouver des adversaires à sa mesure est un tour de force scénaristique.
Dégainer le général Zob Zod est donc LA chose à faire, surtout en le dotant, lui et ses sbires, de looks remarquablement classieux. La force et l’acharnement des kryptoniens sont complètement crédibles, la difficulté de Superman à les vaincre en massacrant des civils logique, même si on ne voit strictement rien des combats, parce que Zack Snyder est un gros manche.

Moins crédible en revanche, la rencontre Clark/Lois, dont les fondamentaux sont détournés. Je sais qu’il est très difficile de faire croire à un être humain normalement constitué que Lois Lane soit incapable de faire le rapprochement entre Clark et Superman. Un paire de lunette, une tête de benêt et le tour est joué. Faut dire que le slip porté sur le collant, ça vous change un homme.
Sauf qu’ici, Superman n’a pas de slip. On dirait Captain Exibo, c’est très très dérangeant.


Superman, il a pas de culotte.

Mais peu importe.
Alors plutôt que de sombrer dans le cliché et dans ce lieu commun de l’univers, Nolan a visiblement décidé de faire tomber au plus vite les masques. Ainsi Lois sait dès le départ qui est Kal El, ce qui nous renvoie en fin de film à véritablement utiliser Clark Kent comme la couverture de Superman. On revient donc naturellement à un fondamental du personnage et à sa spécificité dans le monde des superhéros.
Le hic c’est que cette habile pirouette intervient à la fin du film, une fois que le monde entier ou presque a vu son visage, une fois qu’il est fiché et surveillé par l’armée, qui connaît sa famille, sa maison, son lieu de naissance. Bref, qui connaît tout de lui et veut garder un œil sur sa personne.
Mais lui, non, trop rebelz et trop cool, il se pointe comme une fleur au Daily Planet : « Coucou, c’est moi, Clark Kent ».
Mouais. Non.
Autant l’idée est vraiment habile, autant il aurait fallu prendre quelques précautions pour mieux cacher son nom terrien. Genre, il aurait fallu que Lois ne publie pas son enquête, ou qu’il ferme sa grande bouche à propos de l’endroit où il a grandit :

«-Oh vous savez, général, je suis né au Kansas alors…
Ah oui ?
Yippee kay, mon général.
Hmm. Dites-moi, mon petit Superman, le semi remorque encastré dans une maison où nous sommes allé cherché la capsule à bord de laquelle vous êtes arrivé sur notre planète, ça n’aurait pas un rapport avec cet endroit du Kansas où vous avez grandi ?
… PAS DU TOUT.
Du coup, j’ai fait mes petites recherches, votre nom civil se serait pas Clark Kent à tout hasard ?
… MAIS ENFIN MAIS PAS DU TOUT !!!! Ahah, où allez vous donc chercher tout cela, général ??? Canaillou, va…
Ouais, du coup, si vous voulez disparaître et faire en sorte qu’on ne vous colle pas au train toute la sainte journée, bref, si vous comptez vivre une vie normale, je pense que le plus sage se serait d’aller vivre dans un endroit très reculé où la civilisation n’a pas droit de cité, genre la Creuse et puis de changer de nom aussi, hein.
Ah mais ça va pas du tout ça. Mon plan de carrière c’était d’aller bosser au Daily Planet avec la gonzesse qui a écrit ce super article sur moi, et m’y faire embaucher sous mon vrai nom !!! »

Ah bah oui, hein, tout de suite, c’est moins classe comme pirouette. Les mecs, quand vous avez ce genre d’idée lumineuse, pourriez-vous essayer de les rendre juste un peu cohérente à l’échelle du film ? Histoire que ça ne fasse pas totalement ballon de baudruche embrassant fougueusement une aiguille ?

Sans compter qu’avec des lunettes, Henry Cavill ne ressemble pas à un stagiaire un peu benêt. Jamais de la vie. Même pas en rêve. Au mieux, on dirait le mec de la pub Coca Cola, au pire un hipster supra choupi. Ouais, y’a pas à dire, cette couverture est totalement inviolable.


Mais pas Henry Cavill.

Cette grosse coquille finale mise à part, globalement, malgré un scénario qui raconte son histoire de façon chiante et répétitive à grands coups de flashbacks dans la face, « Man of Steel » se tient.

Et j’ai réellement apprécié les efforts sur le symbolisme dans l’œuvre. Vraiment. Même si le symbolisme était imposé avec la douceur d’un Space Marine convertissant les infidèles.

Collant avec une grande rigueur à cette idée que Kal El tient son pouvoir du soleil, Zack Snyder joue avec une certaine habileté de la présence de l’astre à l’image. Dans la première partie du film, où Clark se cherche un peu en se baladant partout torse poil, le ciel est gris, les scènes souvent nocturnes. Le thème du soleil, donc de la divinité, est introduit par la lumière artificielle qui entre souvent dans le champ, annonçant sa prochaine irruption dans le récit. Avec la découverte du Power Point de Russell Crowe, c’est donc le soleil lui-même qui fait son apparition, et qui sacre Superman en dieu sauveur de l’humanité, en même temps que le monologue de fin de Power Point appuie lourdement sur ce thème de la divinité.

C’est d’ailleurs dans cette séquence que se trouve les meilleures lignes du film, déjà présentes dans la bande annonce (qui était superbe d’ailleurs), et qui à mon avis, se suffisent largement à elles-mêmes :
« Tu donneras au peuple de la Terre un idéal à atteindre. Ils se rueront sur tes pas, ils trébucheront, ils tomberont. Mais le moment venu, ils te rejoindront dans le soleil. Le moment venu, tu les aideras à accomplir des miracles.» => frak, c’est juste brillant. Dommage que ça prenne place dans une scène un peu bancale qui oscille entre un très beau plan, Kal El sortant d’un vaisseau en cape et collants, et une suite de plans qui n’atteint jamais le degré d’intensité des images montées dans la bande annonce (à partir de 1.36, précisément), ahlala… Quel dommage.

Oui, se serait presque formidable si les fameux éclats de lumière artificielle ou si le soleil n’étaient pas là pour nous aveugler la face. Non parce que Zack Snyder, ce n’est pas précisément la subtilité qui le caractérise le mieux. Je pense qu’il craignait vraiment que le public ne saisisse pas l’analogie alors il y va à la truelle. Snyder n’a pas encore intégré le fait que tous les éléments narratifs d’un film n’ont pas besoin de se retrouver au premier plan. Qu’il ne faut pas chercher à tout exposer dans le premier niveau de lecture. Alors il en fait des tonnes, cherchant sans doute également à éblouir son spectateur pour le renvoyer à son infériorité face à Superman.
Là au moins, les reproches que je peux faire aux adaptations Marvel n’ont pas lieu d’être. Il faut dire que globalement, les adaptations DC Comics sont plus glorieuses et celle-ci ne fait pas exception à la règle.
Malheureusement, j’ai eu le sentiment tout du long de regarder un très beau sujet mis entre les mains de tâcherons remplis de bonnes volontés mais manquant de talent pour sublimer une matière extrêmement riche.

Il a beau être anglais, c’est donc un brave garçon.

L’amour inconditionnel de Zack Snyder pour les plans iconique semble ici étrangement mis en sommeil. Je m’attendais à une certaine débauche mais il reste soit étrangement frileux soit totalement hors sujet.
Bon, tant pis, ce qui reste est tout de même correct, même si personnellement, j’en redemandais. Oui, moi. J’en redemandais. Dans un film de Zack Snyder, comme quoi tout est possible.

Même le film de Brian Singer contenait plus de morceaux de bravoure en la matière. Mais que ce soit dans ce film ou le nouveau, le problème reste le même : manque d’ampleur, manque d’épique, manque d’une mythologie pleinement assumée.
La mythologie, comme toujours chez Snyder, cela consiste à mettre le nez du spectateur sur les analogies qu’il filme en full frontal :
« Agad mon cadre, Superman dans une église avec un vitrail de Jésus juste derrière => analogie !!!!!! ET TU SAIS QUEL AGE IL A SUPERMAN ?? »

Oh ben oui, je dirais bien 33 ans mais j’ai peur que ça fasse un peu beauc…

« IL A 33 ANS MON SUPERMAN TU AS SAISI ? »

Oui, merci Zack, j’ai saisi.

« OHWAIT, JE VAIS AUSSI LUI FAIRE PRENDRE DES PURES POSES AVEC LES BRAS EN CROIX, PIGEAY  »


« Eh Papa ! Qui c’est que j’imite ??? »

Et donc, ce moment magique : la scène de l’église.

«-HENRY ASSIEDS TOI SUR LE BANC ET PREND UN AIR TORTURAY. PARFAIT !ACTION !!!!!!1 !!!!11
Je suis en plein tourment existentiel au pinacle de ma maturité, mon père, qu’est c’que j’dois faire votre sainteté ? Me débiner comme un gros péteux en collants ou me sacrifier pour le Salut du monde ?
CAY GENIAL HENRY MAIS SI TU POUVAIS TE DECALER SUR LA DROITE, JE VOUDRAIS FILMER LE VITRAIL DANS TON DOS !!!!1 !!!!!!!11 !!!!one
De quoi ? Tu veux dire le vitrail représentant Jésus en plein tourment existentiel au pinacle de sa maturité sur le Mont des Oliviers alors qu’il se demande s’il doit se débiner comme un gros péteux en sandales ou se sacrifier pour le Salut du monde ?
OUAY, CAY UNE RAYFAYRENCE ! C’EST UN TRUC SUPER SUBTIL ET ULTRA INTELLECTUEL MAIS JE T’EN VEUX PAS DE PAS COMPRENDRE TU ES ANGLAIS !!!!
Et t’as pas peur que le public pense que tu le prends pour un con vu que je viens de balancer que j’ai 33 ans et que bon, je suis dans une église en train de me pencher sur la question du Salut de l’humanité ? Et que je fais 12 plans les bras en croix par tranches de 20 minutes ?
NON. »

Mais attention, je déplore la lourdeur du traitement, absolument pas la présence de la thématique et surtout pas le fait que « Man of Steel » en parle. Qu’il confronte avec honnêteté le public à la nature profondément mythologique des superhéros est un bon point à mettre à son crédit. Quand bien même le bon point ressemble à un super tanker de la Maersk.
C’est bien là d’ailleurs que je regrette de voir un pareil sujet et tout le potentiel qu’il contient confié à un type surcoté qui se contente généralement d’emballer ses films de façon mécanique. Un empereur du copier coller qui, comme sur « Sucker Punch », privé d’un support à décalquer, rate le coche question narration par l’image ou iconisation de son héros.

Zack Snyder c’est par exemple le mec qui ne sait pas filmer une scène de vol. Superman qui vole comme un fifou partout sur la planète pour tester l’étendue de ses pouvoirs, c’était pourtant, sur le papier, le truc le plus orgasmique de l’année. Ben non, vous pouvez oublier le grand frisson. La seule scène de ce type qui commence un peu à déboîter c’est un petit passage du duel Kal El/Zod où la vue subjective, les renversements de perspective et même le cadrage, produisent l’effet attendu : vitesse, puissance, affrontement tri dimensionnel exploité jusqu’au bout. Mais cela ne dure que quelques secondes. Un peu court pour en profiter.

Ce triple climax final est d’ailleurs assez dérangeant dans le fond, puisque si on regarde bien, à part dégommer les ¾ des immeubles du centre-ville de New York Metropolis, Superman ne sauve littéralement personne (« si, la Terre ! »). Il doit y avoir un truc comme wattmille victimes collatérales à son duel contre Zod, entre les immeubles qui s’effondrent les explosions. Bon, on a bien compris depuis le début du film, avec Jor El en Al Gore from outter space que « Man of Steel », comme le titre l’indique, ça n’est pas tant un truc sur Superman (qui est nommé quoi… deux fois dans le film ?) qu’un gros film de SF blindé de thunes qui lorgne vers le film catastrophe. Du coup, on peut bien butter des Américains à la tonne, c’est pas bien grave.

« Je suis Oussama Ben Laden et j’approuve ce message ! »

Snyder n’était à mon avis absolument pas l’homme de la situation. Le trailer abusait d’ailleurs vraiment très bien sur le visuel du film, qui de loin ressemblait à un Malick en collant bleu. De près, on se coltine énormément de surdécoupage, un cadrage approximatif, énormément de plans flous et une flopée de filtres gris, parce que bon, hein, c’est un univers plus tourmenté et plus dark, tu vois. Plus intellectuel aussi me souffle Christopher Nolan dans l’oreillette.
Visuellement, c’est mille fois moins laid que Sucker Punch, mais cela reste tout de même un peu léger.
Et puis le naturel de Zack Snyder revient si vite au galop : un peu perdu dans la partie « cinéma d’auteur américain » où ses caméras tressautant en permanence (tout est filmé à l’épaule, c’est vraiment usant sur 2 heures 30 de métrage), il se replie souvent dans ses vieux travers de copier coller. Un combat dans une rue au milieu d’une ville de bouseux ? Et hop, on retrouve en gros le combat dans une rue au milieu d’une ville de bouseux de « Thor ». Une excellente référence…
Un vaisseau spatial qui se pose au milieu de Métropolis ? Filmons cela comme « Cloverfield », ou n’importe quel found footage de la dernière décennie.
Un combat dans une ville avec des grattes ciels ? Vous reprendrez bien un peu de « Transformers 3 » ? L’intro en mode space op’ : allez me chercher mon dvd d’ « Avatar » et saupoudrez un peu avec « Matrix », juste pour voir. Roooh et si on faisait aussi des architectures et des vaisseaux kryptons en forme d’organes génitaux, hein les mecs ? Ouais comme dans « Alien » ! Ou « Prometheus » ! Best. Rayfayrence. Ever.
« Man of Steel » est en effet moins un film de superhéros qui se prendrait pour un film de SF qu’un festival open air du copier-coller de 15 ans de cinéma d’anticipation. C’est assez prodigieux, je dois dire.

Je reviens un instant sur les scènes introspectives du départ, noyées dans un filtre tour à tour gris et moche (mais rassurez-vous, très subtilement, la lumière progressera dans la photographie, symbole, toussa). La vache, c’est presque digne d’une parodie des Inconnus sur la sélection du Festival de Cannes. Zack filme du linge qui sèche. Le linge est flou. Le ciel est gris, et flou aussi, c’est sombre et torturé, et il faut penser à faire le point, monsieur de cadreur. Sauf que le cadreur, c’est Bruce.

Du coup en plus d’être flou, ça bouge de partout. Le linge sèche sur fond d’automne triste, le vent souffle, caybo, c’est trop intellectualisé, comme tourment intérieur du héros pris au piège de la noirceur de son existence, qui se teinte en quarante douze nuances de gris et s’étiole dans le bruit d’un ressac lancinant. Si je filmais un seau où flottent des épingles à linge ? Allégorie. Superman ne sert pas à grand-chose. Il devrait servir à suspendre le linge, mais il préfère faire du dos crawlé dans le nord du Pacifique. Le seau est flou, et l’image bouge. C’est beau, tout ce symbolisme. Grand prix du jury, à l’aise.

Sachant que cette scène, casée à la toute fin, est une des plus ridicules, ever…

Soudain, PAF mesdames, Henry Cavill surgit et OMAGAD il n’a pas de chemise. On lui pardonnerait presque d’être anglais, un instant.


Toute Française digne de ce nom sait qu’il est périlleux de se mélanger avec les ressortissants de la perfide Albion. Pour mémoire, Aliénor d’Aquitaine, Isabelle de France et leurs coucheries avec des Anglois ou assimilés ont donné la Guerre de Cent Ans. Alors remets ton t-shirt, Henry, merci.

Lequel Henry déambule pectoraux au vent, étrangement d’ailleurs, il est le seul élément à ne pas être flou, mais le cadre tressaute toujours malicieusement. C’est atroce. « Cay de l’art », me précise doctement Zack Snyder. « C’est kloug » que je lui réponds. Sans blague, quoi…

Guère original dans le traitement de l’action, Snyder démontre dans les fameux flash backs son incapacité à traiter un sujet sous un angle émotionnel. Les errances de Kal El pour trouver sa voie, pour protéger une humanité qui se méfie de lui et dont il doit en permanence se défier sont justes des pastilles mal filmées, déchargées de tout affect. On regarde donc Clark souffrir, encaisser, agir, avec autant d’implication que si on le voyait essuyer un verre.
Cet échec c’est aussi l’échec du film à définir les rapports de Superman à l’humanité. La seule scène qui introduit un semblant de réflexion à ce sujet, c’est ce moment, largement inspiré d’une scène des « Fils de l’Homme » d’ailleurs, où Kal El sort d’un bâtiment accueillit par des soldats qui, sidérés par la vision de ce dieu, abaissent lentement leurs armes.
Et il faut qu’un abruti ait mis une ligne dans la bouche du général à ce moment précis bien entendu, pour briser la magie du moment.
Tout est décidément fait pour faire retomber la mayonnaise dès qu’elle commence à prendre forme.


Darwin Award 2013, direct. Merci d’avoir participé, Jonathan…

Un peu à l’image de la relation Clark/Lois, à laquelle il est impossible de croire une seule seconde. Amy Adams fait du bon boulot (mais elle a zéro sex appeal quoi. Remarquez, un premier rôle féminin fade, dans une production Christopher Nolan, ça reste logique). Henry Cavill fait du bon boulot. Mais dès qu’ils sont ensembles à l’écran, il ne se passe rien. On est exactement au même niveau de non tension que dans le film de Brian Singer. Et là aussi, c’est fâcheux parce que la relation Lois/Clark est un des moteurs de cet univers.
Accessoirement aussi, cette romance est ultra mal écrite à tel point que le baiser final tombe totalement comme un cheveu sur la soupe. A quel moment le truc a commencé ? Mystère. Ça doit être toute cette émotion d’avoir détruit New York parce que le général Zob il a insulté ma mère. Et je peux pas en vouloir à Amy Adams d’avoir eu la subite impulsion de lécher la figure de Superman, mais quand même quoi…

Également très décevant, le final supposé incroyable de ce film qui s’étire inutilement en longueur, se noie dans la confusion la plus totale, multiplie les effets spectaculaires vains en raison de l’absence d’implication émotionnelle pour tout ce qui se passe à l’écran. La seule chose qui fonctionne correctement dans ce pataquès indigeste, c’est la story line parallèle de Perry White et sa stagiaire, apportant un peu d’humanité à cet affrontement dantesque sur le papier, totalement chiant sur l’écran.
Qui se solde heureusement par l’exécution du général, seule option de Superman pour sauver la famille Ricoré d’une mort trop atroce, découpée par les lasers qui sortent des yeux de Zod. Il est un peu con, Superman, une bonne prise de karaté aurait suffit à faire tourner la tête à Zod, mais non, on va plutôt rester là peinards à s’enlacer, en gueulant «MORTAUXHUMAINS» et « NONTOUTMAISPASCA !!!!! », hein bro ?
Hmmm. Heureusement que la mort de Zod sanctionne ENFIN l’atroce dilemme de Kal El, qui pour sauver la Terre, doit annihiler à jamais sa propre espèce. Un terrible conflit intérieur qui n’est exposé que durant ces quelques secondes. Il était grand temps.

« Man of Steel » c’est un résultat frustrant pour un travail sincère même si un rien cynique sur les bords, aux ambitions démesurées compte tenu des capacités de son réalisateur. Si l’on exclut le scénario correct mais plombé par ses redondances, et la réalisation pauvre mais moins poseuse que de coutume chez Zack Snyder, il reste tout de même quelque chose de ce film, entre une promesse, un espoir qu’un jour, autour de Superman, il se passera quelque chose de grand au cinéma, et le sentiment d’avoir effleuré le traitement que Superman méritait.

Pour le prochain, juste, virez Zack Snyder. Prenez Joe Carnahan. Je dis ça, je dis rien.

Et qu’on emmène de toute urgence Christopher Nolan et ses idées d’intello trop torturé tiava à la con méditer leurs péchés sur l’arbre de la souffrance. Vivement que son règne s’achève, à celui-là.

Ah et Hans Zimmer aussi. Je sais pas avec quoi il compose hein, sérieux, mais je penche pour un Jagdpanther.
Impressionnante cette BO, entre son thème efficace mais paresseux (mais efficace, ce qui est largement suffisant pour ce genre de film) et ce gloubi boulga mi-infâme mi-immonde à base de percussions atroces qui font du bruit pendant le film, déjà, hein, c’est lourd, presque plus encore que dans « The Dark Knight Rises », et font de l’écoute séparée une longue et douloureuse torture. Je me demande ce qui a pu lui arriver à ce pauvre Hans pour tomber aussi bas. Des esprits mesquins me soufflent « Immediate Music ». Ils sont mesquins mais perspicaces.

Note : */* (une note remarquablement indulgente, je trouve, mais bon, j’aime bien quand les gens font des efforts, et je peux pas passer ma vie à traîner Zack Snyder dans la boue…)

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