Bang your head.

C’est le Hellfest, et j’y suis pas.
Complot.
Ignominie sadique de ce monde cruel.
Ou plutôt contraintes diverses et variées qui font que finalement, non.


Pas cette année, gens bigarrés.

Pas cette année, garçons velus.

Pas cette année, les guitaristes coincés en haut des échafaudages.

Pas cette année, Lordi… NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Argh.

Qui n’est pas Metal friendly peut difficilement comprendre. Qui est geek peut parfaitement piger, au contraire, cet étrange instinct grégaire qui pousse, une fois l’an, un troupeau de gens en t-shirts noirs à venir se rouler dans la boue pour écouter du bruit et de la fureur diffusés à un volume défiant les capacités vocales de Théo, votre cousin de 6 mois, quand il se réveille affamé. A cette différence près que Théo, une fois le biberon calé dans le museau, aura le bon goût de la fermer. Le metalleux, lui, ne la boucle qu’entre deux gorgées de bière et peut poursuivre ses activités hurlatives et chantatoires jusque très loin dans un weekend prolongé en compagnie de ses semblables. La magie du rassemblement.

La magie de se demander, à chaque chevelu ou moins chevelu que tu croises arborant tatouages et tabard de groupe über extrême : « mais où ils sont dans la vraie vie ? »

Ben sans doute comme toi. Ils doivent mener une vie lambda totalement banale, au pire, ils tiennent des blogs consacrés aux GIF de chatons, bref, ils sont normaux dans leur dehors, mais totalement déglingo dans le dedans.

Et si comme toi ils vont voir « Pop Redemption » et qu’ils ont un minimum de respect pour le Metal, ils vont un peu mourir de l’intérieur.


Go home, Rolling Stones, you’re drunk.

Eric Cartman disait « crève hippie, crève ».

On a rarement fait plus beau, plus réaliste, et plus puissant comme injonction. A la fin de la séance, c’était ces mots que j’avais sur les lèvres, des lèvres encore teintées de mon propre sang pour m’être par trop mordue la main près de deux heures durant.

J’aurais dû me méfier dès le titre, qui affichait pourtant haut et clair ses intentions malhonnêtes, mais non, on me dit « Hellfest » + Alexandre Astier, l’année où je n’y vais pas, et je fonce tête baissée, en plus y’a Audrey Fleurot. Qui suis-je pour dire non ?

« Pop Redemption » est l’équivalent en encore moins drôle du « Boat That Rocked » de triste mémoire. Bizarrement, quand c’est anglais ça passe mieux, mais dans le fond, l’un comme l’autre sont tout autant des arnaques. Des films qui vendent un sujet, et qui se contentent au mieux de passer à côté, au pire, de le mépriser.
Deux films qui ont pour point commun de prétendre parler de rock pour n’en diffuser quasiment aucune note.
Des films pour Famille de France, pas loin, vantant la rébellion mais pas trop hein, restons soft, passons de la pop, ou pire des trucs hippies, c’est mieux, le public se reconnaîtra.

Non. Le public, surtout le public Metal friendly a envie de vomir. Pas tant à cause de la soupe que tu lui balances dans les esgourdes qu’à cause de mépris affiché pour son genre de prédilection.

Pourtant « Pop Redemption » a quelques velléités de sortir un peu des clichés, en tournant autour d’un groupe de Black Metal dont les membres mènent justement les vies que je décris plus haut, en présentant un personnage d’épouse totalement en phase avec les choix artistiques de son bassiste de mari.
Et on s’arrêtera là.

Les quelques bonnes intentions, principalement contenues dans les backgrounds des personnages principaux dont rapidement remisées au profit de ressors comiques parfois efficaces, mais presque exclusivement basés sur une ironie sans réelle affection à l’endroit du Metal.
Co écrit par Alexandre Astier, le truc, hein. Metalleux le mec quoi. Enfin Metal friendly. Qui se sert de très loin la meilleure scène du film sur les chanteurs morts (on aurait dit une scène de ma vie, sérieux, merci Alexandre).

L’idée maîtresse de « Pop Redemption », contenue dans le titre donc (je m’en veux…) c’est de voir un groupe foireux de Black Metal, retrouver son mojo après avoir joué de la pop, déguisé en hippie, pendant le festival de la fraise à Escabouche-les-Ganivelles. Enfin par-là, quoi.
Message super engagay attention : « la musique est un langage universel qui réunit les cœurs des hommes »

No. Fucking. Way.

Faites-moi écouter de reggae et vous allez voir si j’ai envie de réunir quelque chose. A part les pièces d’un FAMAS pour tirer sur la foule.
On sent bien la tentative, louable, du film à lier deux styles de musique insolubles sur le papier, Metal et pop, ou rock acidulé pour ne pas mettre tous les hippies dans le même panier, mais il y a une certaine ironie dans ces cartons citant nombre de patchouli-chinchilla célèbres, puisqu’ils sont les seuls à avoir le droit de donner de la voix, le Metal était utilisé pour illustrer leurs maximes et donc, démontrer que ce dernier est bien à la semblance de, faisant de l’abîme de fond et de forme une simple pose crâneuse de la part des Metalleux.
A noter qu’il y a aussi une amorce assez maligne de parallèle entre la fanfare de la gendarmerie et les Dead Makabés, qui ne sera malheureusement jamais menée à bien. Et qui m’a semblé plus intéressant que l’opposition pop-rock/Metal.

Le pire du pire étant atteint dans la scène du concert final où les Dead Makabés chantent une version blackisée de leur chanson sur les fraises devant un public du Hellfest en transe. Reniement dans l’antre du Metal, le seul endroit où, justement, leur musique avait une chance d’être appréciée à sa juste valeur. Une conclusion un rien condescendante, qui nie au Metal sa capacité à être une musique épanouissante, libératrice, et surtout, fédératrice (la rédemption passe par la pop, d’où le titre, mea culpa toussa).
Dans le même ordre d’idée, le seul autre personnage qui aurait pu permettre de relever le niveau était celui de la fille de la Dame du Lac, la petite goth qui s’avère n’être qu’un deus ex machina très paresseux, bien qu’elle soit dotée d’une scène power point exposant les origines du métal. Instructif, si tu es comme Jon Snow.
Mais le personnage est rapidement cantonné à celui de l’ado relou et rebelle qui décrédibilise tout autant le genre que le reste du groupe.

A part de plonger une énième fois dans les clichés mortifères et barbares du Metal, en se fendant de deux pastilles tournées au Hellfest ignorant superbement tout ce qui pourrait ne pas se conformer aux idées préconçues d’un public entretenu dans sa perception négative du genre (putain, cette phrase….), « Pop Redemption » ne livre pas grand-chose. On attend encore LA comédie sur le Metal, qui saurait regarder ce milieu comme il le mérite, avec ses bêtises et ses bonheurs, son folklore et ses excès, son sérieux et son second degré.
Un film qui pourrait par exemple se payer le luxe d’une bande son entièrement métalleuse, se serait déjà un sacré progrès. Je crois que j’ai rarement autant détesté les hippies que pendant ce film où leur musique d’ascenseur pour drogué neurasthénique m’a littéralement donné envie de m’emparer d’une foreuse et de foncer vers la régie pour y mettre un disque d’Amon Amarth. Histoire de leur apprendre la vie un peu. La vie selon Amon Amarth, c’est surtout la mort, la guerre, et le pillage. Mais peu importe.

Je vous épargne le laïus « c’est réalisé comme le film souvenir d’une kermesse paroissiale », déjà parce que c’est très méchant de dire ça. Non c’est juste du service minimum, à se demander s’il y a un projet derrière la mise en image de l’histoire, mais bon, ne vous inquiétez pas, c’est le cinéma français.
Cadrages approximatifs, y compris durant la scène de concert dans le cabaret, ce qui est un comble, considérant l’importance de la mise en scène dans les concerts de Metal justement, et précisément celui-là, puisque les membres du groupe usent d’éléments de décor pour scénographier leur chanson… Un gros plan sur la tronche du Julien Doré puis un plan américain alors qu’il a fini de sortir de son cercueil, et c’est tout le grand guignol de la scène qui s’écroule. Heureusement, le final, avec les effets spéciaux foirés compense un peu. Le running gag des poches de sang étant de loin le plus efficace et le mieux réussi de tout le film.

Alors oui, ce beau billet plein de fiel et d’Eric Cartman sent bon l’esprit de la ruche. Parce que le métalleux, oui, il se sent souvent seul et incompris alors il n’aime forcément rien tant que de trainer avec qui partage ses passions étranges pour les gros monsieurs chevelus (dit comme ça, je sais… je sais…).


Ouais, bon, Zakk Wylde est un genre de principe, aussi.

Mais si sa musique est sa religion, il n’est pas non plus totalement coincé dans le cercle vicieux du satanisme mariné dans de la bière de mauvaise qualité. Et de temps en temps, il aimerait bien qu’on cause de sa personne avec un peu plus de tendresse, de discernement et qu’on arrête de lui mettre de la musique de hippie dans les oreilles. Sérieux, c’est intolérable.

Ah, jeune ami curieux, tu veux étendre ta culture sur le sujet ? Je te propose donc de te massacrer immédiatement les deux oreilles et la santé mentale avec un peu de douceur et de finesse. C’est suédois, c’est câlin comme un chaton mignon, à peu près aussi poilu, ça veut juste te faire des bisous après t’avoir massacré avec une hache à deux mains. This, madame, is Amon Amarth.

Et si tu veux te laisser tenter par l’aventure, alors n’hésite pas à suivre ce tutoriel, oui, je sais, un peu de personnal branling, oh hein, ça va, me jetez pas la pierre.

Si tu as « no regrets » parce que tu es le « chosen one », je te conseille aussi de faire un tour sur ce billet qui te fera découvrir la vie et l’œuvre, en version digest, du plus grand groupe de rock de la planète. Rangez moi donc Muse, Cold Play, et écartez donc ces Metallica et AC/DC ! Les boss sont là.

Ainsi je clos ce billet sur « Pop Redemption », que j’ai bien conscience de maltraiter mais qui m’a surtout fait regretter que ce film populaire sur un groupe de Metal amateur, qui permettrait une plongée franche et sincère dans ce monde marginal et fascinant à bien des égards, tant dans ses petites traditions que dans son histoire, n’existe pas encore. Un jour, qui sait…

La vie étant une chienne jusqu’au bout, je dois aussi faire une croix sur la tétralogie cette année (comment ça, aucun lien, où est la logique ?), bref gné quoi. Zut.

(NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!)

Note : 0/* (parce que j’ai ri jaune… Mais ri quand même.)

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