…But not a soul to hear. »

Et voilà. La troisième saison de « Game of Thrones » vient de s’achever. Bientôt, vous allez tous lâchement m’abandonner, me laissant écrire mes billets dans le vide sidéral du web, brâmant jeux de mots pourris et dispensant GIF animés de qualité variable à tous vents.
Oui, tel Robb Stark avant son infractus du Bolton, je vous fais le coup des yeux de chiots en espérant vaguement vous faire épouser une Frey rester pendant 10 mois dans le secteur.
C’est pas que vous me manquiez dans l’intervalle, mais si en fait. Et puis hein, émotionnellement, je ne suis toujours pas remise de cet épisode 9.
Et vous non plus je le sais bien.

Je sais que vous avez dévalisé les rayons glaciers de tous les supermarchés dans un rayon de 10 kilomètres autour de votre domicile. Que vous avez inondé votre écran de vos larmes amères, que le sol de votre chez vous a disparu depuis bientôt 7 jours sur la masse informe de Kleenex usagés dans lesquels vous avez versé votre désespoir.

Bref, c’est pas joli joli tout ça. Aussi, pour soulager vos cœurs en miette, je vous offre de l’amour :







Ouais,les chatons, ça fait un peu penser à des lions, dans le contexte, je sais pas si ça vous aide beaucoup…

Et si tout ceci n’a pu vous rendre votre sérénité, alors commençons tout de suite la chronique de ce dernier épisode de la saison, un épisode un peu étrange car ressemblant davantage à une longue transition d’une heure qu’à un season finale classique.
Un épisode avec : des saucisses, des boites, du slam, des Gungans, et de la taxidermie…

Un épisode du jour sous le signe du retour au foyer, fil rouge durant toute cette heure, un thème parfois évident pour certains personnages (Jon, Sam ,Jaime), inversé pour d’autres (Theon, Sansa, Arya), tantôt symbolique (Bran, Daenerys, Tyrion et aussi Arya, d’une certaine manière).
Pour tous en tout cas, on rentre chez soi changé, dramatiquement, complètement, subtilement.

Ah et « PLUS JAMAY JE REGARDERAI CE SHOW CAY FINI POUR L’ETERNITAY » => record d’audience absolu pour « Mhysa ». Je lol. So hard.

Avant de débuter la chronique du jour, je voulais vous faire part d’un petit parallèle qui m’est apparu l’autre jour.

Saison 2, épisode 9 : Blackwater.

La bataille semble tourner au plus mal pour les Lannisters. Stannis est parvenu avec ses troupes à escalader les remparts de la cité, et sous peu, l’ennemi sera là. Plutôt que de voir son plus jeune fils succomber aux coups de Baratheon en furie, Cersei décide de l’empoisonner. La reine est au bord du gouffre, car tout autour d’elle vient de s’écrouler.

L’extrait.

Bon, on note aussi que Tommen est vraiment lent à la détente. La scène ressemble à s’y méprendre à celle de Kaamelott quand Arthur essayait de raconter une histoire aux enfants de Karadoc à base d’animaux de la forêt avec des familles d’ours tentaculaires sinon on n’y comprenait plus rien.

«-Tu vois mon petit, alors c’est un maman lion et son petit dans la forêt…
Quel genre de forêt ? Le Bois du Roi ?
Oui, toutafé, concentre-toi, Tommen.
Attends, mais y’a pas de lions dans cette forêt, on est pas au Zimbabwe !
TAIS TOI BON SANG ! Ahem… Donc, la maman lion et son lionceau sont dans la jungle, terrible jungle, ça te va mieux comme ça ? Et là, y’a des bêtes féroces qui attaquent…
Des bêtes féroces ? Mais quel genre de bêtes féroces ? Je veux pas dire mais ton histoire tient pas debout. Le lion est le roi des animaux, au sommet de la chaîne alimentaire, comment veux-tu que des fauves le menacent ?
Mais j’en sais rien, un cerf c’est très dangereux, par exemple. Un sanglier aussi. T’a qu’à voir ce qui est arrivé au monsieur qui vivait avec maman.
Tu veux dire papa ?
Non, papa est priso…. OUI TU AS RAISON AH QUE JE SUIS SOTTE C’ETAIT DU SUEDOIS MON FILS. (arriverais-je un jour à t’empoisonner tranquille ?) Bon, sois mignon, tu me laisses finir mon histoire à base d’herbivores qui défoncent des lions dans une forêt de l’Occident Médiéval, et tu bois ton Breizh Cola maintenant.

Passons maintenant aux Noces Pourpres, où Robb vient de voir Talisa agoniser dans ses bras. Il a tout perdu : la couronne, la guerre, sa femme, son enfant.

L’ext…L’e…Bref, courage. Pensez aux chatons. Non, au poulain. C’est mieux.

Désolée, mais je ne peux pas m’empêcher de voir de sacrées correspondances entre ces deux scènes : l’insistance sur la porte close derrière laquelle la mort est tapie. La forme de la pièce (peut s’expliquer par le fait que la grande salle des Jumeaux soit en partie bâtie sur des décors de Port Réal, qu’est-ce-que j’en sais, mais tout de même).
Deux rois, Robb et Cersei (car c’est bien elle qui règne sur Port Réal dans la saison 2), assaillis par une armée ennemie et qui ont ou croient avoir tout perdu.
Et au moment où tout semble au plus mal, leur parent, Catelyn et Tywin, viennent à leur secours.

Il y a ceci de déchirant dans le « Mother » de Robb qu’il est emplie de désespoir. Mais comme le « Father » de Cersei, c’est aussi le cri primal d’un enfant pour son parent, exprimant ici deux sentiments différents : celui de Robb renvoie à ces blessés à mort qui appellent leurs mères, se tournant vers elle quand tout leur échappe. Celui de Cersei est un cri éperdu de soulagement.

Fin de la digression.

L’épisode du jour, accessoirement, était rendu très long par la nécessité de parler tous les personnages avec le long break de 10 mois d’ici la saison 4. Un retour rapide sur chacun s’imposait donc, avec plus ou moins de bonheur, mais confirmant en général en une scène ce qu’il en avait été d’un arc durant toute la saison.

Les Jumeaux.

Previously on Game of Thrones


Roose Bolton contemple son oeuvre du haut des remparts des Jumeaux, remparts qu’il a sans doute escaladés en empruntant l’échelle du Chaos. Un autre qui a pris l’échelle du Chaos, c’est le mec qui a soudainement décidé de faire un montage marrant avec le corps de Robb Stark et la tête de Vent Gris.

Un taxidermiste taquin sans doute, dans ce monde où les tumblrs n’existent pas, un monde sans Photoshop où quand tu veux metre un lolshot en ligne, tout ce que tu as à ta disposition c’est une aiguille et du fil.
Ou alors le type a tout simplement du sang de White Walker dans les veines : « always the artists »

Heureusement pour elle, pour le Limier et pour tous ces Freys qu’à cet instant précis, Arya s’éveille tout juste du coup de pelle qu’elle s’est mangée dans la tête la semaine dernière. Sinon c’était « Valar Morgulis » pour tout le monde.
Au lieu de cela, Arya ne peut qu’assister totalement impuissante à la chute de sa maison, détruite en l’espace d’une seule nuit. Je ne sais pas si le Limier saisit toute l’ironie de sa déclaration sur la veille, au sujet des craintes de la petite de ne jamais parvenir à rejoindre les siens.





La vengeance est un plat qui se mange certes froid, mais personne n’a rien dit concernant les hors d’œuvres. Qui se matérialisent sous la forme de Freys, aisément reconnaissables à leurs petits chapeaux ridicules (le pire look de maison après les manteaux en fiente de cormorans des Fer-Nés). Pour Arya, c’est l’occasion d’une première mise à mort. Jusqu’à présent, soit elle avait délégué (à cet homme), soit elle avait simplement défendu sa vie (le garçon dans l’écurie, un tragique accident). Ici, le meurtre est prémédité, parfaitement orchestré, joué, et accompli. Bien que sans l’intervention du Limier, elle serait sans doute morte.

Ah, Sandor, qui se contente de *clapclap* le joli coup tout en recommandant à la petite de la mettre dans la confidence la prochaine fois : meilleure nounou de tous les temps.

Meanwhile, aux Jumeaux, Roose et Walder papotent. Un papotage en forme de récap : « moi vengé du méchant surnom que papi Tully m’avait donné et de l’affront fait par Robb Stark, okayokay, toi Roose, gouverneur du Nord. Merci, scène suivante ! »

Mais pas sans une dernière petite pique de lord Bolton, qui me donne fort opportunément l’occasion de lancer un hommage à Robb Stark.

Musique, Maestro.





















Vengeance ! Vengeance ! Venge….
Attendez… J’ai bien entendu ? « Ramsay » ?
Transition of DOOM

L’épouvantable calvaire de Theon Greyjoy.

Mea maxima culpa. J’ai vraiment merdouailler sur ce coup-là, j’en suis consciente, pour tous les non lecteurs qui ne savaient pas trop sur quel pied danser avec Barry, normalement, une lecture relativement attentive du présent blog suffisait à éventer la surprise.
Barry, et tristement, se sera donc la dernière fois que nous l’appelleront ainsi, c’était donc Ramsay Snow, le fils bâtard mais qui n’a pas eu la chance d’avoir une belle-mère pour lui filer la coqueluche, de Roose Bolton.
Quelle. Famille. De Rêve.
Attention, cet épisode contenait un futur GIF de folie. Un des plus beaux de la saison, je crois bien.
Best gif ever

Je crois qu’on pourrait d’ailleurs lancer les élections du meilleur GIF de la saison, celui-là il est dans mon top 3, très clairement.

Mais ce GIF, à part me faire rire, nous permet un petit récap sur la situation de Theon. Qui a donc perdu au moins la merguez, sinon la merguez ET les pois chiche. Eunuque noir ou eunuque blanc ? Voilà une question fort savante qui aurait été largement débattue chez les Ottomans.
Nous, on s’en fiche un peu. Tout ce qui compte, c’est que Theon n’est plus Theon, mais Schlingue. La créature de Ramsay, une chose façonnée de ses blanches mains, un pitoyable être réduit à néant dont il s’est désormais rendu maître.
Tout ce long et pénible arc autour de Theon Greyjoy n’aura finalement servi qu’à ce moment. Ce moment où comme lui, on prie pour que cela s’arrête parce que de toute façon ça ne pourra guère aller plus loin.

Pyke.

Des hordes de goélands divaguent aux grés des bourrasques. Le lourd chant du ressac cingle la côte sur un rythme lancinant tandis qu’au loin, un troupeau de bulot paisse à flanc de colline.
C’est beau, c’est Pyke.

Pyke ?

Comme cela faisait longtemps, mais que fait-on ici ?

Retrouvons sans plus attendre le roi Balon Greyjoy et sa fille Asha-Yara apprenant la nouvelle de la chute du King in the North. Et de Winterfell.
Tout cela de la main de Ramsay Snow, fils de. Non, pas fils de Jon Snow. De Roose Bolton. Bref.

Eh ! Des nouvelles données par un Bolton, vous vous souvenez de ce que ça veut dire ?
Deux mauvaises nouvelles d’un coup !

1) « vous allez tous mourir dans d’atroces et longues souffrances si vous ne dégagez pas tout de suite du fief de mon papa Bolton. »
2) « vu que ça doit être super chiant l’hiver sur vos îles je vous offre ceci, son propriétaire n’en aura plus l’usage. »

«-Il nous offre quoi au juste Emile Louis ? »

Page de pub :

«Les éditions Delprado te propose : le Theon Greyjoy !
Fabrique ton propre Theon Greyjoy et retrouve avec cette réplique grandeur nature toute la saveur d’une aura de loose légendaire !
Pour l’achat de ce premier numéro, la kikoute de Theon vous est offerte !
Avec le numéro 2, tu recevras une phalange de l’annulaire gauche.
Le Theon complet t’appartiendra aux alentours de la sortie de « A Dream of Spring » ! »

Sauf que Balon Greyjoy n’est pas du genre patient : «Ouais, on les connaît, les éditions Delprado. Le premier numéro coûte que dalle et après, ça grimpe plus vite que la dette en Grèce ! »

Mais Asha-Yara non plus, n’a pas trop envie d’attendre. Plutôt que de patienter sagement pour la parution de chaque numéro, la voilà qui monte un raid viking vers le centre d’expédition de Fort Terreur pour aller rassembler l’intégrité corporelle de son petit frère qu’elle déteste, mais qu’elle aime quand même. Parce que. Elle est badass, Asha-Yara. Voilà. C’est tout. C’était vraiment la peine de nous coller cette scène dans cet épisode ? On avait tous oublié l’existence de ces deux-là, ça pouvait bien attendre un an avant de nous les remontrer, non ?


Ouais, si, c’était grave la peine. J’adore Asha. J’adore les Fer-Nés. Et là, désolée, mais cette scène fonctionnait puissance mille parce qu’elle était aussi le révélateur du personnage. Et puis Gemma Whelan possède une voix très particulière, contredisant un peu son physique et qui contribue grandement à doter son personnage, à cet instant précis, de ce qu’il fallait d’épique à ce season finale.
Parce qu’il ne faudra RIEN demander à Dany en la matière cette année. Sauf si vous considérez que le slam, c’est épique.

Man vs. Wildlings.

«-Ygrid ? Mais qu’est-ce-que… Comment t’es arrivée là ?
Je me suis téléportée ducon !
Sérieux ? »

C’est vrai qu’il y a quelques téléporteurs en Westeros depuis la saison 2. On peut imaginer qu’Ygrid ait réussi à choper d’une manière ou d’une autre celui qu’utilisait Littlefinger. On peut aussi faire marcher nos méninges et comprendre qu’elle l’a suivi à cheval, repéré de loin pendant sa pause beauté dans la mare, caché son cheval, approché en tapinois, et surgit dans son dos like a flower.

Histoire de rendre à Jon la monnaie de sa pièce parce que, syndrôme Shae, je le savais depuis le début, mais c’est trop injuste, mayrde. Ça mérite bien une Boromir, grand fou !
«-Tout ça parce que mon père c’est Sean Bean, ben bravo !
Tais-toi, Robb y a eu droit aussi la semaine dernière ! »

Bon, les gens, est-ce que cette histoire Jon /Ygrid a réellement fonctionné un jour ? Je dirais moyen bof. Quand Snowy lui balance « je te aime », désolée, mais moi aussi à la place d’Ygrid, j’aurais tiré. Pas de dépit, mais surtout parce que j’aime pas trop qu’on se foute de ma gueule.

Mis à part le fait que sur le long terme, la passion brûûûlante de Jon pour Ygrid et vice versa n’ait pas vraiment convaincu, leur scène de séparation elle, fonctionnait. Il fallait que ça se termine de cette manière, la fuite de Jon n’ayant rien conclu de façon satisfaisante. L’occasion de signaler que, miracle, Kit Harrington a bien tiré son épingle du jeu face à une Rose Leslie qui l’a toujours largement dominé.
Mais un Snow reste un Snow. Anticipation, flair, intelligence. Forever couillon, I want to be forever couillon.




Fort Nox.

Un peu comme si les changements de la semaine dernière n’avaient servi à rien, retrouvons donc Bran occupé à ne rien faire dans sa brouette (ce qui n’est pas exact, mais laissez moi cracher mon venin, bon sang !). Pendant que ce dernier raconte des histoires de Vieille Nan, Jojen prend un air mystérieux tandis que Meera s’occupe à être frisée. Et que Hodor hodor.



Voilà, ça c’était pas du rien.

Alors qu’Osha était partie vivre son propre arc de Simply Market en Shoppy avec Rickon, je m’attendais un peu à ce que la sœur Reed prenne plus d’importance. Je veux dire, de l’importance qui a des lignes de dialogues autre que « la voie est libre » et « haut les mains peau de lapin et attention c’est moi qui les écorche le mieux on ne bouge plus ! »
Je crois qu’il me faut me résoudre à ce que les Reeds, que j’ai tant attendu, restent deux personnages abominablement traités dans cette série. Jojen le stalker qui balance sa science, Meera qui ne fait rien… Et Bran qui se contente de faire un truc cool cette saison. Un seul.
J’espérais un peu qu’à la faveur de la peur, il passerait dans Eté et que l’on verrait la scène par les yeux du loup. Tant pis pour moi, il faut croire que cet arc est définitivement maudit, affublé de titre du pire arc de la saison.

Le cross over Bran/Sam fonctionne heureusement relativement bien. Même si on ne sait pas trop si Bran prend la peine de préciser à Sam qu’il a vu Jon il n’y a pas deux jours de ça. Ou plus. Qu’est-ce que j’en sais, je pige rien à la temporalité dans cet épisode c’est affreux.
Une rencontre rapidement écourtée par le passage, dans une belle scène d’ailleurs, de Bran au-delà du Mur, conduit vers la lumière par Jojen et Meera (symbole in da face).
Bon, je ne vais pas être totalement injuste avec Bran cette semaine. Il n’a certes pas fait grand-chose pour nous rappeler qu’il était un zooman, mais il a tout de même explicité le tabou des Noces Pourpres. Plus tôt dans la saison, s’eut été un spoiler. Ici, dans ce contexte un brin glauque du fort abandonné, c’est excellent.

Château Noir.

Sam et Vère, enfin arrivés à destination, se présentent devant Mestre Aemon pour expliquer un peu c’est quoi ce bazar, comment ça vous avez « perdu » le lord commandant, et comment ça Gilbert est mort, et Craster aussi, et c’est quoi cette histoire de magicien ? Sérieusement ?

«-Et surtout, si vous pouviez m’expliquer où vous avez trouvé le téléporteur !
Quel téléporteur, Mestre ?
Celui qui vous a permis de faire Fort Nox => Château Noir en 10 minutes !

Cette question essentielle ne sera cependant pas débattue (dommage, je la trouvais drôlement intéressante). Le plus urgent, c’est d’alerter les 7 Couronnes de l’invasion zombautres imminente. C’est vrai que pour nous, cela sonne comme une évidence. Mais pour Westeros, le retour de l’Hiver, la menace des White Walkers, tout cela appartient au folklore. Trois saisons pour qu’enfin, cette menace devienne une réalité prête à s’abattre sur le reste du continent. La scène est parfaitement menée, l’impression d’urgence dans la voix d’Aemon, l’application d’un Sam qui semble avoir pris dix ans d’un coup, la Garde de Nuit retrouve de son lustre d’antan, de cette époque où le lord commandant les faisait triomphalement passer le Mur pour aller botter les fesses des zombies qui avaient osé s’attaquer à son Jon Snow. Bref, cela faisait longtemps que l’on n’avait pas revu Château Noir, mais le très bon travail réalisé en saison 1 autour de la Garde porte ici pleinement ses fruits. Et puis, honnêtement, après deux ans ou presque en Islande, cela faisait un bien fou de revoir Château Noir.
Quand soudain…
«-Vite !!!! Viteeeeuh ! Y’a un mec à la porte qui a l’air de sortir d’un cosplay Boromir ! »

Je ne sais pas vous, mais je trouve assez incroyable qu’il faille attendre le dernier épisode de la saison pour voir Kit Harrington et John Bradley West gagner un brin en charisme et en crédibilité. Autant j’ai été profondément ennuyée par les mines de ravi de la crèche de Sam cette saison, autant dans cet épisode, il a su prendre une belle dimension qui manquait jusqu’alors à son personnage. Idem concernant Jon, qui malgré ses courtes apparitions a su faire mouche deux fois, même en étant presque mort.
#mouedel’agonieargh.

Peyredragon.

Mélisandre brûle l’armée Tau de Stannis. Les Tau sont des xénos. Posséder leurs figurines est hérésie. AU BÛCHER !

«-Et vous la laissez faire, sire, après tout le temps que vous avez passé à peindre ces figurines ?
Dites donc, Davos, vous n’allez tout de même pas recommencer à pigner, si ?
Si, je ne fais pour ainsi dire que cela, sire. Et sauver de jeunes forgerons sans défense.
Ah ben au sujet du jeune forgeron sans défense…
Votre neveu, sire. NEVEU.
Davos, j’en ai déjà pas grand-chose à secouer de ma propre fille, alors mon neveu, hein.
Vous n’envisagez pas de le brûler tout de même ?
Ben… Si, pourquoi ?
MAIS C’EST UNE MANIE CHEZ VOUS ? »

Le sang de cul terreux de Davos ne fait alors qu’un tour. Comment qu’on touche trop pas à la famille du ghetto quoi, abusé mon frère, vas-y TMTC. Comment que je te chourave le forgeron, tro stylé tavu, tactac monte sur le bateau, respect. Tu diras aux cousins que Davos leur fait un big up, wesh.
Ce qui n’est pas gagné d’avance considérant le pied über marin que semble avoir Gendry. Je suis sûre que la saison prochaine, on va avoir le droit à une barque animée dans le générique pour pouvoir suivre les pérégrinations du forgeron sur la mer, en mode « L’Odyssée de Pi » mais sans le tigre. D’ici la fin du cycle, Gendry devrait être rendu vers Asshaï, par-là.

Mais l’acte de gros rebelz de Davos n’est pas passé inaperçu. Et cette fois, même Stannis est en colère : « Tu n’as pas lu la citation d’Abou Djaffar sur la guerre dans le billet précédent Davos ? Tu réalises où ta putain de morale va nous mener ? C’est la guerre, bon sang ! Personne ne va te donner une image pieuse pour avoir bien agi ! »

Emu par ce plaidoyer conjoint de Stan et Méli, le père Davos ? Que dalle. Le spectateur aussi remarquez.
Peyredragon, exception faite du fameux épisode dit des fœtus, n’a pas été particulièrement reluisant cette année. On se fout toujours autant de Stannis, de Mélisandre, qui a surtout dépensé son énergie à rouler des yeux cette année, de Davos et sa conscience de mes deux… Seule Shoren est parvenue à insuffler un peu de vie dans cet arc très terne.


Shoren et l’éclairage super de cette scène.

Arc qui a le mauvais goût de se conclure sur un retournement de situation des plus improbables pour le non lecteur. Comment celui-ci peut-il en effet comprendre le soudain « frak la guerre, frak le trône de fer, go to the wall ! », surtout venant d’une Mélisandre qui semble en totale catatonie, hop, j’ai pas une expression sur le visage, j’ai dépensé tout mon acting sur les gros yeux que j’ai fait à Davos tout à l’heure, et je mets la lettre de la Garde de Nuit au feu aussi, tiens, et puis je balance pifpafpouf que j’ai vu un truc dans les flammes, sauf que j’ai surtout l’air de sortir ça de mon fondement. Que j’ai fort joli, je sais, mais non, pas de ass shots cette semaine (et ça fait deux épisodes que ça dure, OMG que se passe-t-il chez HBO ???)


Qui a besoin de ass shots quand il y a de lever de soleil pareils ?

Une aube nouvelle se lève sur le destin de Stannis Baratheon.

Symbole in da face #2.

Port Réal.

Finalement, il semblerait que Sansa et Tyrion, se soit une affaire qui roule. Enfin tant qu’ils se tiennent à faire des promenades digestives dans les jardins du Donjon Rouge en fomentant des purinage de couette. Sinon, pour le reste, c’est toujours le calme plat. Mais on sent que Sansa commence à comprendre qu’elle a épousé un Lannister sympa. LE Lannister sympa, si je voulais être parfaitement exacte. En revanche, elle n’a pas trop pigé le concept de faire payer aux gens leurs petits insultes. Ou comment en une petite réplique, Sansa se retrouve à nouveau définie dans son rôle cette saison : la fille qui ne boxe pas dans la même catégorie que le reste de la cour.
Sansa est un joli poids plume.
Un joli poids plume qui a une démarche affreuse.

Dites voir, mademoiselle Sophie Turner, c’est quoi cette façon de vous déplacer comme si vous étiez empêtrée dans vos jupes ? De la part d’Arya, je veux bien, de la part d’une grande dame comme Sansa Stark Lannister, marcher comme un camionneur, ce n’est pas très bien venu.

Mais je râle sur la démarche de Sansa, alors que pendant ce temps, des choses beaucoup plus graves se passent, bon sang !!! %%

DA PODRICK IZ IN DA PLACE BITCHES !!!

Tripod, the love machine, god of sex, protector of the point G, cavale dans les jardins vers son maître Tyrion, faisant glousser toutes les filles qu’il croise par le seul pouvoir de son aura de meilleur coup westerosi.


L’heure est grave, il est temps d’apprendre une triste nouvelle à notre bon nain.


Ce gif est magique.


Pourquoi faut-il que les scènes de Conseil Restreint soient toujours aussi réussies ? Bien que l’épisode du jour soit globalement assez terne question réalisation (et la présente scène n’y fait d’ailleurs pas exception), côté écriture, cela fonctionne toujours aussi bien. Surtout avec ce nouveau joueur qu’est Joffrey, assistant sans doute au premier Conseil de sa vie.
Comme quoi, pour le faire sortir de ses appartements, il suffit de buter un roi ou deux. C’est comme si Tywin avait disposé dans la salle une grosse tapette avec Robb Stark comme appât dedans.
Est-ce stérile de dire à nouveau que Jack Gleeson campe son Joffrey avec crédibilité ? Non, autant le répéter une fois encore, car son numéro du jour était brillant, entre euphorie et rage folle, un maelström d’émotions fortes qu’il parvient à exprimer sans faire basculer son personnage vers le ridicule et sa propre prestation vers le cabotinage.

L’attaque gratuite et stupide de sa part contre Tywin restait tout de même la phrase la plus émouvante de Joffrey depuis longtemps. Parce que l’on en oublierait presque que s’il est devenu ce qu’il est, c’est aussi parce que ce pauvre petit garçon a toujours été privé de l’affection de son père. Robert n’a pas été pour lui très présent. Aidé en cela par l’attitude de défiance entretenue par Cersei. Et si Jaime avait eu d’autres sujets d’intérêts dans l’existence que son nombril et le boule de sa sœur, il aurait pu jouer un peu le rôle du gentil tonton. Mais non.
Joffrey a donc grandi privé d’un père dont il a sans doute toujours cherché sinon l’amour au moins l’attention.
Alors philosophie de comptoir incoming les gros, de là à penser que ses provocations gratuites envers Tywin ne soient destinées à tester son gentil papi afin de se découvrir, je sais pas moi, des limites…


Tywin lui, n’en a pas grand-chose à faire de l’affection, l’amour filial, les bisous et les fessées qui créent des liens toussa.




« Foutez sa majesté au lit avec une triple dose de Lexomil. Et s’il refuse de la prendre par voie orale, administrez-la lui avec un carreau d’arbalète, je suis sûr qu’il goûtera la plaisanterie. »

Tywin est mon héros.
Moins quand il se met à tout expliquer ce que j’ai déjà dit ici la semaine dernière, et à citer mes paragraphes dans le texte, oh, monsieur Lannister, ça va bien maintenant ! On avait compris, merci. Enfin, si, il n’a pas tort. Tywin sait bien que les spectateurs sont fumasses. Que rien qu’à le regarder, des pots plus ou moins vides de Ben&Jerry’s sont allés achever leurs carrières sur des écrans de télévision un peu partout dans le monde.
Mufasa doit donc s’expliquer devant son fils, la France et le monde libre. Et bon sang de bois, il A FOUTREMENT RAISON.

Vous voyez ? Arrêtez donc de chialer comme des lopettes, ramassez moi ces mouchoirs et embrassez donc le parti de ceux qui savent que la guerre c’est sale et que pour la gagner tout les coups sont permis, et puis c’est pas grave, vu que c’est le vainqueur qui écrit l’histoire.
D’ailleurs, dans quelques années, les plus grands historiens expliqueront sans doute les évènements comme suit :

« La Guerre des Cinq Rois », de Loran Deutsch.

«Les Noces Pourpres ont été marquées par la conjonction de tragiques incidents. Lady Catelyn mourut subitement durant le repas étouffée par un os de poulet, tandis que son fils Robb Stark glissait à trois reprises sur des carreaux d’arbalètes avant de tomber lourdement sur un couteau. La thèse du suicide n’est toutefois pas à exclure. Quant à Talisa Stark, elle est morte tuée par un bébé alien qui s’est échappé de son ventre vers la fin des noces. Roose Bolton en était le parrain.»

[Le point : Talisa.

La rumeur, et les indices faisant d’elle une espionne Lannister étaient donc un écran de fumée destiné à duper les lecteurs, les forçant à s’interroger sur la série et à ne pas attendre passivement que les choses se passent. Une excellente initiative qui permet de rendre tous les spectateurs actifs pendant le visionnage.

Mais parlons un peu de Talisa et de Jeyne Ouestrelin.

Talisa est présentée comme une noble d’origine volantine (située sur l’autre continent, Essos), docteur à ses heures perdues, et serial loveuse de rois le reste du temps. Un jour un pêcheur a fait la méthode Heimlich à son frère, suite à quoi elle a décidé de suivre des études de médecine et de rejeter l’esclavage pour une raison complètement WTF. Du coup, elle émigre en Westeros pour y voler le travail des honnêtes gens, ah ça ! Voilà, c’est Talisa.

Jeyne Ouestrelin est la fille de Gawen Ouestrelin (original…) et de Sybille Lépicier, une dame issue d’une famille pas sérieuse qui porte des moulins à poivre sur sa bannière (sad, but true), et qui a surtout pour caractéristique d’avoir été élevée à la noblesse par Tytos Lannister (père de). Des gros roturiers qui se sont enrichis grâce au commerce quoi. Pouasse.
Mais riches. Donc intéressants pour Gawen Ouestrelin dont le prestige de la maison ne se rapporte guère à la santé de ses finances.
Du coup, il va voir Sybille, lui dit « tu as le pognon, j’ai le nom : on fait affaire ? » et Sybille elle répond « Banco. »

De cette union naitront 4 enfants, dont deux filles, dont Jeyne.
Détail ayant son importance cosmétique : la grand-mère de dame Sybille s’avère être originaire d’Essos. Et d’être en plus de cela une maegi. Qui aimait bien dire leur avenir aux nobles dames de Port Lannis. Détail, passons…
Ah dernier point : les Ouestrelin sont vassaux des Lannisters (sinon c’est pas drôle).

Côté Talisa, nous avons donc une rencontre avec Robb au-dessus d’une amputation et côté Jeyne, nous avons un Robb blessé soigné par cette jolie et gentille jeune-fille pour laquelle il développe un genre de béguin. Et un jour, il apprend la mort de Bran et Rickon. Comme on dit pudiquement, il va alors chercher du réconfort dans les bras de Jeyne et se réveiller le lendemain en se disant :

Car désormais que Jeyne a servi, Jeyne est bonne à jeter dans la poubelle jaune, vu qu’on pourrait éventuellement la recycler en septa.

IMPOSSIBEUL ! Hurle alors Robb d’un air courroucé ! J’ai pris son pucelage et ses espoirs de mariage arrangé avec, il en va de mon honneur de secourir la demoiselle en détresse => marions-nous sur le champ !


La grossesse de Talisa avait beaucoup surpris les lecteurs. Pour ma part, jusqu’à voir son impressionnant baby bump de 6 semaines qu’on dirait 5 mois, je pensais que c’était du flanc vu que ce n’était qu’une espionne de toute façon.
Triste, le baby bump n’était qu’une astuce visuelle pour ouvrir le massacre sur une scène bien gore. Et pour détourner aussi l’attention du spectateur qui pensait sans doute naïvement que lord Frey cherchait juste à se venger de cette gêneuse.
Quant aux rumeurs sur l’espionnage, et bien elles ne sont pas venues de nulle part. D&D ont sans doute joué depuis le départ à cultiver une certaine ambiguïté en se basant sur les connaissances des lecteurs. Ceux-ci savaient en effet que si Jeyne Ouestrelin était pure et innocente comme un Jon Snow, sa mère, Sybille, avait dès le départ informé Tywin Lannister du mariage de sa fille et s’était engagée à donner à celle-ci des potions de stérilité afin de prévenir la conception d’un King in the North 2.0


Mais dans la série, Talisa seule représentante de sa famille portait, un peu comme Margaery en saison 2, toute sa famille sur ses épaules. Il semblait donc logique que si Talisa incarnait à elle seule toute la famille Ouestrelin, ou du moins une évocation de celle-ci, elle devait donc remplir quelques conditions : noble, d’origine étrangère, une rencontre dans le monde médical Derek & Meredith style, et donc une bonne vieille trahison.
Laquelle n’est donc pas venue. Alors que dans un coin de ma tête je m’attendais presque à entendre Tywin expliquer cette semaine que Talisa avait pris sa mission trop à cœur et que sa grossesse lui avait valu d’être éliminée.
Ou quelque chose dans ce style.

Sauf que, kleine probleme quand même : ce personnage un peu pourri que personne n’aimait, n’a finalement servi à rien d’autre qu’à faire passer Robb pour un busard galactique.

C’était le point : Talisa, merci d’être passée]

La conclusion de cette confrontation entre Tywin et Tyrion était pour le moins surprenante. Pas pour le côté rabâché de « je te déteste sale nain, tu n’es pas mon fils ! », faut pas voir de l’ironie partout, hein, non, pour l’émotion qui perçait dans la voix de Tywin au moment de lâcher sa bombe dans la face de Tyrion. Une gifle verbale, qui partait avec autant de colère que de frustation, de dégoût et de mépris. Et sanctionné par un lion qui quitte la pièce, incapable d’en supporter davantage. Wooaah. Ils sont un peu chiants ces Lannisters, un coup on les déteste, un coup ils sont sans cœur, et paf ! Hop, gnagna je se sors un truc trop émouvant (enfin, si on considère que « je voulais te noyer mais finalement, non… » soit un truc émouvant, bien sûr) et puis mon acteur déboite tellement…

En parlant d’acteur qui déboite, retrouvons donc ce cher Tyrion en train de noyer les Noces Pourpres avec Pod dans des déca litres de vin de la Treille. Le nain donne des cours de cuite à son escuyer, mais franchement, en matière de picole, qui mieux que sasoeurlareine Cersei pour le conseiller ?
« Dégage ».
Ok

Bon, certes, ce n’est pas la première scène de « ouinouin Joffrey », « j’ai enfanté Kim Jong Il » entre Cersei et Tyrion. D’ailleurs, j’aime vraiment beaucoup cette relation entre eux, un mélange subtil de méfiance et d’abandon, qui, je l’espère, ne souffrira pas trop du retour de Jaime (« ouinouin il perdu son bras »).
Et ce n’est pas la première fois non plus que Cersei semble se soucier sincèrement du sort de Sansa. Enfin, non, pas vraiment de Sansa, mais de l’image d’elle-même que la reine projette dans la jeune fille.
La lucidité de Cersei vis-à-vis de Joffrey ne le dispute qu’à une chose : son amour inconditionnel pour son fils.
Ouais, bon, cette semaine, question meilleures scènes, les Lannisters se TAILLAIENT LA PART DE LION VOILA J’AI PLACE CETTE JOKE MOISIE MERCI DE RIEN.

Et attendez, question bonne scène avec des Lannisters dedans, ce n’est pas encore tout à fait terminé. Car, attation, « King’s Landing, I give you the Kingslayer ! »

Enfin… Jaime Lannister est de retour. Pour se préparer à ce grand jour, il a pris un solide petit déjeuner.

Maintenant, il est prêt à affronter tout et n’importe quoi, y compris de se faire traiter de paysan par un pauvre treux en charrette.
La chute est rude. Il y a un an encore il était le prince de la ville, le mec qui se baladait avec une escorte gigantesque rien que pour aller cueillir Ned Stark à la sortie d’un bordel. Il était membre de la Garde Royale, prestige, armure et manteau blanc, c’était la grande classe. Et maintenant…
Cela doit faire 8 mois qu’il n’a pas changé de fringues, il a accessoirement perdu un bras en route, ne s’est pas baigné depuis… Eh ben Harrenhal, par là. Bref, Jaime Lannister ne ressemble plus à rien. Du coup, il est encore plus comestible qu’avant. Balaise. Saleté.

Pour nos amis les shippers (ensuite, allez vous jeter dans une cuve d’acide, merci)



Les plus belles scènes sont parfois les plus simples. Quelques secondes ont suffi cette semaine pour traduire des chapitres entiers du livre en un seul échange de regards. Balaise. Et merci aux acteurs, hein, oui, Lena, je parle de toi aussi, qui m’avait tant déçue dans la saison 1 et qui ne cesse depuis de me surprendre.
L’habilité de la scène résidait aussi dans sa première partie, mettant en scène une Cersei perdue dans ses souvenirs, une boite pleine de coquillages sur les genoux. Des coquillages que Jaime lui avait offerts quand ils étaient plus jeunes, peut-être, à l’époque où ils étaient encore le reflet l’un de l’autre. Et puis la violence de leurs retrouvailles qui se passe effectivement de mots, quand ceux qui aspiraient jusqu’alors à n’être qu’un même être réalisent en une fraction de seconde qu’un gouffre les sépare désormais.
J’avoue que je craignais un peu cette scène, étant donné le peu de travail fourni jusque-là par la série pour faire exister cette relation. Comme si D&D ne comptaient que sur son côté « ouhlala, inceste ! » pour la rendre mémorable. En oubliant un peu facilement que ce qui fonde la relation Cersei/Jaime c’est aussi sa sincérité. Oui, même du côté de la reine. Ce n’est pas que Cersei aime moins son frère que son frère ne l’aime, c’est juste que son amour est différent. Et surtout qu’il n’est plus exclusif depuis la naissance de ses enfants. Le dialogue précédent avec Tyrion servait admirablement cette idée. L’amour de Cersei pour Jaime est aussi un peu pour ne pas dire très narcissique, puisque ce qu’elle cherchait aussi dans son frère, c’était elle-même, du moins elle telle qu’elle aurait souhaitée être si elle avait eu la chance d’être un homme. Jaime était en quelque sorte cette vision idéalisée d’elle-même.



Sauf qu’il est parti, lorsque les choses sont devenues les plus dures pour Cersei. Qu’elle a dû survivre seule à la cour, sans son soutien, en se voyant petit à petit marginalisée, mise en danger, reléguée à ce rang de femme, de ventre, qu’elle hait autant qu’elle le redoute. Peu à peu, elle s’est enfermée dans sa paranoïa, laquelle est d’ailleurs parfaitement justifiée, peu à peu elle a perdu son fils chéri. On imagine qu’à l’instant du retour du Jaime, ce dont elle avait le plus besoin était justement de ce frère extension d’elle-même. Et tout ce qu’elle récupère après quasiment un an d’absence, c’est un mec sale et mal rasé, en loque, et amputé du seul truc dont il ait jamais vraiment su se servir.
Pour elle, la chute est rude, et pour lui tout autant de comprendre soudain ce qu’elle avait toujours recherché en lui. J’espère qu’il a gardé Brienne dans les parages, histoire de pouvoir pleurer tranquille sur son épaule comme une femme sanguinaire…

Mon pauvre Jaime… Console toi, cependant, car :

Pendant ce temps, Varys offre des diamants à Shae. C’est une scène über intéressante. Pour tous les deux, pour Tyrion, pour la suite. Mais je peux rien dire. J’ai juré.

Ah et Sansa m’a brisé le cœur. Voilà qu’elle commence à se faire à son nouveau statut et son nouveau statut lui rappelle violemment qu’on l’a condamnée à vivre avec ceux qui ont semble-t-il juré d’anéantir tous les siens.

Yunkai.

Nous sommes donc sans doute un truc comme le lendemain de la prise de Yunkaï, Daenerys et son crew attendent devant les portes que les gens veuillent bien sortir pour prêter allégeance à sa majesté Daenerys Targaryen du Typhon, j’abrège parce que ser Jorah s’est endormi.


Alors que Dany attend avec appréhension une réaction de la part des trouzmille yeux de merlans frits qui la contemplent, on nous propose des plans sur certains visages. Fort maladroit. Du coup, quand le premier « Mhysa » part de la bouche d’un père puis de sa fille, je ne sais pas pourquoi, mais de mon côté, ça fonctionne mal. J’aurais davantage vu ici un plan large, et un cri parti de nulle part, repris le cœur par l’assemblée des esclaves.
Mais bon, je devrai faire avec cela, tant pis pour moi.

«-Translatrice, que signifient ces salamalecs ? Pourquoi ces gens parlent comme des Gungans ? S’insurge Dany.
Mhysa, c’est du haut Ghiscari, ça veut d…
COMMENT OSEZ-VOUS IMITEZ JARJAR BINKS DEVANT MOI ? » (si vous saviez depuis combien de temps je retiens cette vanne pourrie…)

Ulcérée, à juste titre, car c’est tout de même de la faute de Jarjar si le seigneur Sith Palpatine a été élu chancelier du Sénat galactique, Daenerys lâche ses dragons sur la foule. Elle va sans doute purifier toute cette vermine par le feu, ahah ! Vous allez voir un peu, bande de suppôts de l’Episode I !!!


Sauf qu’en fait, pas du tout.
Non.
Les dragons se contentent de faire le tour en couinant, tandis que Dany s’en va prendre un bain de foule parmi ses nouveaux enfants.

Un des hic de cette saison, en arrivant à cette fameuse scène, c’est peut-être d’avoir oublié de rappeler que Daenerys est stérile et que dans ce « Mhysa », il n’y a pas, pour elle en tout cas, que la joie d’avoir été libéré. Dany c’est aussi cette figure un peu ambivalente qui peut ordonner le massacre d’une ville entière sans sourciller, mais qui va prendre sincèrement en pitié trois loqueteux parce que bon, hein, dans le fond, elle a bon cœur. Mais elle massacrera jusqu’aux derniers ceux qui auront mis ces pauvres gens dans la misère. Parce que. Voilà. Sang du dragon.

Je ne sais pas à quel endroit cela coince exactement, mais ce qui explique l’échec, pour moi, de cette scène tient sans doute moitié dans une réalisation un peu tartignole qui se vautre sur un passage il est vrai particulièrement casse gueule, moitié au manque de travail sur le personnage de Daenerys cette saison. Bien que cette acclamation, qui fait écho à celle martiale des Immaculés, tente donc de redresser la barre, la scène n’est est pas plus convaincante pour autant.


L’idée de faire quelques gros plans sur les visages des esclaves n’était pas la plus heureuse de l’année, loin s’en faut. S’attarder sur certains individus non plus, même si le but est bien entendu de renforcer l’individualité de chaque personne assistant à la scène. Comme l’acclamation des Immaculés était un choix personnel de chaque homme se rangeant sous la bannière de Daenerys, ici, l’appel est bien censé provenir de chacun des esclaves présents.


« Mother of dragons ! »

L’astuce habile consistait surtout ici à utiliser les dragons que Daenerys semble faire décoller inutilement, pour embrasser un point de vue très large sur la masse des esclaves, et celle des soldats.






Ainsi s’achève la troisième saison de « Game of Thrones », sur une Daenerys devenue mère de famille nombreuse.
C’est donc avec une certaine nostalgie que je conclus cet ultime billet sur une série de 10 épisodes particulièrement réussis, formant ce qui est à ce jour la meilleure saison de « Game of Thrones », avant la prochaine
Bien sûr, rien ne saurait être parfait sous le ciel de Westeros : la religion souffre toujours d’une absence de traitement digne de ce nom, certains arcs semblent confus, pour ne pas dire opaques, les dire wolves sont aux abonnés absents cette saison, et Kit Harrington, quoi, mayrde. Remplacez-le par Martin Freeman. Ou Bart the Bear, il était très bien cet ours.
Quelque part, et surtout dans ses derniers épisodes, la série tend encore à ressembler à un produit dérivé luxueux, même si les libertés prises dans ce season finale laissent augurer quelques surprises la saison prochaine : l’arrivée anticipée de Jaime et Brienne à Port Réal, Shae, ou encore l’expédition de Asha pour secourir son frère. Continuez comme ça D&D : vous n’êtes jamais aussi bons que quand vous envoyez bouler le canon (oui, un dernier jeu de mots atroce avant que vous m’abandonniez pour un an). Sauf pour Roz, quand même. Plus jamais ça. Sans blague.

Next year…







PS : comme on a réussi à bien se tenir jusqu’à present, et comme les commentaires sont lus par des non-lecteurs, restez les plus sibyllins possibles quant à vos attentes pour la saison 4, si vous voulez en causer.
Genre, moi, je pensais que l’épisode se conclurait sur des gens qui repêchent des trucs.
Genre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *