« Has he lost his mind ?… »

[EditPiaf : Le Grand Architecte vs. les spams.

Bonjour,

Dans ma lutte éternelle contre les spams, j’ai décidé de tester un nouveau système sur le blog de La Dame.
Les commentaires seront modérés MAIS si vous avez déjà commenté une fois, vous serez sur une liste blanche et exit la modération pour vous.
Seul inconvénient, le système vous reconnaît grâce à la combinaison pseudo/mail. Si ce n’est pas la même chose, votre commentaire part en modération.
J’espère que ça sera efficace contre ces connards de spam et qu’on n’en laissera plus passer.

Voilà, vous êtes prévenus]

Je suis tel le chat avançant de sa démarche chaloupée sur la rambarde du balcon du 48e étage. Tel le lemming qui trottine non loin d’une falaise. Tel l’iceberg qui dérive sur une voie maritime fréquentée.

Ma naïveté n’a d’égale que mon optimisme, et mon inconscience est proverbiale. Lesquels viennent régulièrement se fracasser sur le dur mur de la réalité.

AH !!!!! Comme j’avais espéré que la deuxième fournée des adaptations Marvel serait meilleure que la précédente ! AAAH ! Comme tous ces signaux qui passaient au vert ont su m’abuser !
Déjà, et j’aurais dû me méfier tout de suite, en fait, j’avais été échaudée par les amères déceptions successives que furent « Thor » après lequel j’avais bien failli me suicider à coup de marteau, « Iron Man 2 » qui même des années après n’est pas toujours pas UNE PUTAIN DE MISE EN ABIME SUR LA CONDITION DE L’ETRE ACTEUR (the donut is in the donut….) et le sympathique buddy movie sous tranxène « Avengers ».

Mais bon, tu me dis « ouais, mais la deuxième fournée, tu verras, rien à voir, des vrais pros, des gens qui savent y faire », et je dis « banco ! »

=>Folle.

(Alerte spoilers)

Kevin Feige sait me brosser dans le sens du poil aussi. Je tenais à le dire, à ma décharge : « Viiiiiiens, ai confiiiiiiiiiiiance, c’est Shane Blaaaaaaaack !!!! »

Au point de me faire oublier qu’avant cela, le Shane n’avait réalisé qu’un seul film, « Kiss Kiss Bang Bang ». Qui était bien sympa. Mais qui ne présageait en rien de sa capacité à prendre en main un film d’action de l’envergure d’un « Iron Man ». Et, oh, surprise, vous n’allez pas le croire, c’est fou => ça ne le fait pas.

Sans blague.

Vraiment ?

Ayant du respect pour le scénariste Shane Black, je pourrais aussi dire « ouais, mais le scénario n’est pas si mauvais, y’a même des éléments intéressants, tuvoa… »

Que dalle. Enfin presque. Le seul élément intéressant de ce foutu scénar c’est Danny Madigan. Mais c’est trop dommage, il ne s’agit que de recyclage. Ceci dit, le side kick ado pas chiant, pas lourd, qui parvient à redynamiser l’action et à faire avancer l’histoire sans que la relation avec le héros ne soit teintée de niaiserie, c’est en effet, assez rare et louable.



Mais ensuite…

Ensuite et bien il ne s’agit que d’un festival ininterrompu de bullshit, frisant le ridicule, lançant de gros rires gras à la face du public qui n’en demandait pas tant. Lui, il était juste venu voir un bon film de super héros à la base. Pas un festival de la blague grasse.
Tu aimes l’humour bas du front ? Tu en auras pour ton argent. Bien.

L’univers Marvel lui, ressemble à la Pologne après le passage de l’armée allemande. On ne reconnait plus grand-chose, et ce qui semble familier tient à peine debout.

J’espérais, je l’avoue, une écriture plus fine de personnage de Tony. Dans un premier temps, j’y ai cru, avec l’évocation des crises d’angoisse du personnage principal. Sauf que la note d’intention est tristement symptomatique de l’irrespect des studios Marvel pour leur propre univers.
Les mecs laissent passer un scénario où ça y est, Tony Stark a enfin un semblant de personnalité. Le golden boy arrogant fait une crise métaphysique après les évènements d’ « Avengers ». Il n’arrive pas à surmonter le traumatisme d’avoir fait une chute dans l’espace, un endroit où il n’y a pas de gravité. Ça se comprend. Je suis pas très calée science mais si j’avais son génie, je pense que ça m’empêcherait également de dormir la nuit.
Ah, et non, merci pour lui, Stark n’est toujours pas présenté comme le cerveau le plus brillant de la planète (ni comme un alcoolique, pour ne surtout pas choquay les petits enfants et leurs parents, je suppose hein, comment ça je fais du mauvais esprit ?). Mais bon j’imagine que c’est comme Batman chez Nolan : on s’en fout que le héros ait un intellect génial. Tout ce qui compte c’est dans le cas présent qu’il fasse rire son public en se prenant un morceau de son armure dans les roubignoles, ou, dans l’autre, qu’il ait des tourments existentiels trop intellectuels et intenses tavu.
Bref, « Iron Man 3 » part sur de bonnes bases, qu’il dynamite avec une application assez effrayante. Tony fait une crise d’angoisse devant son ami Rhodes ? Okay, mais se serait mieux s’il l’avait dans un bar plein de monde, où il est en train de discuter de questions secret défense, et, trop cool, si on garait son armure devant le bar ?

Ben oui. Parfaitement. Moi aussi je gare mon armure mobile devant le musée quand je vais au travail. Logique. J’ai pas la chance d’en avoir une qui tient dans une valise comme celle présentée dans « Iron Man 2 ».
Waoouh, attendez, Tony gare son armure en double file alors qu’il peut la trimballer dans une foutue valise ? Juste pour le fun de la scène ?

« Iron Man » est une franchise démissionnaire. Depuis le début. Il n’y a qu’à voir l’agaçant cabotinage de Robert Dooney Jr. pour s’en convaincre. Il joue une coquille vide, ça l’amuse, tant mieux pour lui, tant pis pour le public en mal d’un minimum d’exigence. Un public qui comme l’acteur principal sont de toute manière les victimes consentantes d’un scénario en jachère composé sous l’égide d’un Kevin Feige tout puissant, qui a vendu tout le fond de Marvel en échange d’une dose massive de coolitude.
Comme si les superhéros, ce n’était que cela : des gens cool, qui font des trucs cools. Et si toi, public, tu devenais cool ?


Je dédie ce GIF à Fumble qui avait repéré cette peluche géante dans le trailer.

Car, et c’est là que l’on touche le fond, « Iron Man 3 » va encore plus loin qu’ « Avengers » dans son idée de présenter les superhéros comme des gens normaux.
« Kevin Feige », si ça se trouve, c’est l’identité secrète de François Hollande.

Après « les superhéros qui se chamaillent et mangent des kebab », voici donc « toi aussi, deviens Iron Man ».

Non.

NON. Bordel, je veux pas devenir Iron Man. Je veux pas entrer dans l’armure, je veux pas que ça puisse avoir l’air facile, je veux pas qu’on me prive de mon Tony Stark l’homme machine parce que non de non, Tony Stark c’est, devinez tout seuls, je viens de le dire : un homme machine.

Et le film de s’amuser à démonter le concept avec application : et que Pepper enfile l’armure, et que je la passe à machin et à truc, et blablabla… Et surtout de se conclure sur l’ablation du générateur dans la poitrine de Tony Stark. Et là, je ne sais plus quoi penser…

Comme je ne savais quoi penser de cette scène, héroïque en diable d’Iron Man sauvant les passagers d’un avion d’une mort certaine, avec cette très belle idée de chaine humaine dans les airs, soutenue par le demi-dieu Stark, se concluant sur l’armure écrasée par un camion, révélant qu’en réalité, Tony n’était pas à bord… Ou comment foutre en l’air l’unique tentative d’iconisation du personnage.
Bravo. Bien. Bel effort.

Ceci dit, une fois encore, mais de quoi je m’étonne quand je constate, dès le début du film, que le moteur des actes d’Iron Man est un élément scénaristiquement aussi faible que la mort de l’agent Coulson dans « Avengers », ici son chauffeur envoyé à l’hôpital par le Mandarin.

Tenez, puisqu’on en parle…

Bon, on le sait, il y a des capitaux chinois dans le film. Certes. Normal, ça devait finir par arriver. Sauf qu’en l’espèce cela revêt presque les habits d’un pousse au crime. Car il y avait certes l’option de conserver le Mandarin tel que dans les comics. Avec un Ben Kingsley, cela aurait pu être grandiose, un méchant plein de charisme avec une vraie envergure.

Mais c’était oublier Kevin Feige et la sacrosainte concession au cool. Ainsi, le personnage de l’antagoniste se retrouve désacralisé, de manière, il faut le dire, efficace, habile, drôle, mais qui tend, une fois encore à dédramatiser les enjeux.

« Iron Man3 » fait l’effet d’un pétard mouillé, d’une blague entre potes certes plaisante, mais qui peine à trouver un souffle quelconque. Une seule scène d’action est correctement emballée, encore qu’inégale, celle de la destruction de la villa de Malibu (scène qui tient sur l’idée la plus débile ever : défier un terroriste international de venir vous savater à votre domicile et ne jamais s’y préparer… J’ai envie de pleurer…). Le reste balance entre plans trop serrés et shaky cam. Effet décuplé par une 3D inutile dont le filtre sombre achève littéralement le film.


Si j’avais été moins bête, j’aurais sans doute vu venir ce troisième volet dont le niveau se situe entre celui correct sans plus du premier (qui a cet immense mérite de réellement traiter du thème de l’homme-machine, renvoyait presque par moment Iron Man à la figure du Golem), et le foutage de gueule intégral du deuxième.

En dépouillant une fois de plus cet univers pourtant riche de tout ce qui faisait sa puissance, les studios Marvel se contentent de convertir un réservoir d’histoires, de mythologie et d’héroïsme en une pompe à fric qui semble certes diablement efficace mais qui abolit tout intégrité artistique, toute velléité de traitement, bref, tout intérêt autour de son thème central : le superhéros.

Note :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *