“But now the rains weep over his hall…

Tu as lu « Le Trône de Fer ». Tu as aimé ça. Tu as survécu à la mort de Ned. Appris à aimer Sansa. Tu as même fini par admettre que Jaime Lannister n’était pas qu’un salaud, et vaguement déploré la mort de Renly. Tu étais blindé. Tu étais prêt. Tu n’étais qu’une buse naïve.
Car un jour…

Allons, prends une grande bouffée d’air frais. En plus, hein, sérieux, il est même pas si génial l’épisode du jour. Surfait et tout.

Pense positif. Pense soleil, zouk et mojito. Pense à ce qu’aurait été l’épisode du jour si l’hymne des Lannisters, ça avait été ça.

Tu vois, tu te sens déjà mieux. Et puis ça te met dans l’ambiance du mariage. Ne me remercie pas.

En même temps, hein, le bouquin dont s’inspire la série a été écrit par ce mec-là. Y’a des gens qui sont capables de tout…

Bon, soyons parfaitement honnêtes, sans l’évènement qui vient clore cet épisode, ce numéro 29 n’était globalement guère reluisant.
La réalisation relativement terne le disputait avec des arcs pas toujours très bien développés, la faute à un mauvais traitement depuis le début de la saison. On y trouve certes l’intensité dramatique qui sied à un épisode 9 de « Game of Thrones » mais sur le strict point de vue de la qualité, je ne vais pas non plus tenter de prétendre que Bran prenant le contrôle d’Hodor était une bonne scène, pas plus que ne l’était la séparation d’avec Rickon, un brin fonctionnelle.
Bref, allons-y, même si c’est à reculons.

Et oui, même après ça, j’assume toujours autant mon Lannister coming out.

Man vs. Wildlings.

«-Rapport de situation, Orell !
Chef oui chef ! Un vieux tout seul dans une cabane avec huit chevaux !
Hmmmmmm… C’est risqué… Ces vieux mystérieux sont tous pleins de pouvoirs magiques et ils maîtrisent généralement au moins 17 arts martiaux dont l’ancestralité le dispute à leur mortalité. Alors à mon avis, on devrait y aller en tapinois, à quarante douze, pour lui latter sa gueule et lui voler ses chevaux.
Quel plan audacieux, chef.
Merci Orell. »

Non mais je dis juste ça parce que dans le fond, deux Sauvageons progressant en mode commando auraient largement suffit pour désosser le vieux aussi discrètement que rapidement. Quel besoin d’y aller à trois mille plus un Jonsnow ?
Ah si… Commencer à introduire le doute dans les esprits de Tormund et Ygrid, sans doute.

Dans cet épisode, on récolte ce que l’on sème et ici, nos jardiniers se nomment D&D qui écopent d’une scène de trahisonmaispasvraimentvuqu’iln’ajamaisétédesleurs boiteuse. Premièrement parce que la relation Jon/Ygrid n’a jamais réellement existé à l’écran. Et la relation Jon/Sauvageons encore moins. Certes, il y a eu des efforts de fait, entre autre dans l’épisode 27, qui était parvenu à créer un semblant d’alchimie dans ce groupe, mais force est de constater que face à ce vieux qu’on lui demande de décapiter (sérieux, y’a encore des gens pour croire que Jon soit capable de décapiter quoi que se soit ?), Jon semble aussi peu tendu que la scène. Ni lui ni le spectateur n’ont le moindre doute sur ses intentions à cet instant précis et c’est bien dommage car à l’instant où tout bascule enfin, le niveau de tension est au plus bas.



Sauf ce très beau regard d’Ygrid qui portait seul l’intensité de la scène.

Pourtant, cette scène aurait pu servir de soupape pour les spectateurs déjà en état d’alerte maximale depuis l’arrivée de Robb aux Jumeaux. Un moyen habile de détourner l’attention en confrontant Snowy à un dilemme cruel : conserver sa couverture ou révéler son vrai visage. C’est finalement plus la réaction d’Ygrid qui permet à cette scène de conserver un certain intérêt. Car on va le revoir bientôt, l’enchaînement des évènements était là relativement maladroit. Surtout quand Jon se fait sauver par deux direwolves, pas banal quand même, et que ça lui en touche une sans faire bouger l’autre. Et OU EST FANTOME FGS !!!

Hell on Wheels.

Par tous les dieux, anciens et nouveaux, mais c’est que l’arc de Bran avancerait dites-moi ! Et sans aucune scène de rêve vert en plus ! Et avec, wait for it : deux loups et un Rickon qui parle !

Que le Champomy coule à flots !!!

Enfin non. Car là encore, difficile de s’en sortir le temps d’un épisode, après une saison entière à faire du rien autour de Bran.
Du coup, c’est la même semaine, à deux minutes d’intervalle qu’il va prendre pour la première fois le contrôle d’Hodor puis d’Eté.
Mouais.
Y’avait sans doute mieux à faire. Comme par exemple, une scène, quelques épisodes plus tôt, où Bran aurait pu suivre depuis l’intérieur de son loup une de ses chasses nocturnes.
Là, pour faire avancer le Schmilblik, on a droit à Jojen, qui doit se balader avec une encyclopédie des arts magiques sinon c’est pas possible, affirmant des tas de trucs qu’il sort d’on ne sait où (=> encyclopédie des arts magiques) « blabla, il y a moult zoomans au-delà du Mur, blabla tu peux contrôler ce que tu veux, blabla tu roxx, blabla laisse-moi encore te stalker dans tes rêves… »
Mais oui. Bien, Jojen. Maintenant que tout est sorti de ton chapeau, voyons comment Bran s’en sort avec ses nouveaux pouvoirs qui lui tombent du ciel : OHMONDIEU il roxx, quelle surprise, quel coup de pied au cul d’un arc qui n’avançait pas et qui aurait considérablement gagné à nous présenter, même durant ses deux minutes hebdomadaires, un certain apprivoisement de ses pouvoirs par Bran.

Bran qui d’ailleurs, c’est fou de chez fou, ne pense à signaler que deux trois heures après qu’il a sauvé le brushing de Jon Snow.
Ça par exemple, c’est pas croyable. C’est si compliqué d’écrire : « Puisque je vous dis que j’ai vu Jon, et qu’il s’est enfui vers Châteaunoir ! » au lieu de « Ah au fait, j’ai totalement oublié de vous en parler mais tout à l’heure, le mec qui se battait avec les Sauvageons, c’était mon frère Jon que je n’ai pas vu depuis des mois ! » ?

Merci aux Noces Pourpres de servir d’écran de fumée pour dissimuler les faiblesses de cet épisode. Merci, vraiment. On croirait le comeback des pires heures de la saison 2, genre, au hasard, le coup de raquette dans la tête de Jon, et Jon qui « oublie » de signaler à Mormont qu’il a vu un White Walker.

Le tout servi sur une facilité scénaristique qui sent bon le facepalm.

Quinze jours de break après un épisode brillant pour en arriver là.

Et trois saisons entières pour entendre des mots certes rageux, mais des mots quoi, flûte DES MOTS !!!! Sortir de la bouche de Rickon Stark.
R’hllor existe, c’est certain.


« Evidemment que j’existe… »

Rappelons tout de même que la dernière fois que Rickon avait ouvert la boubouche, c’était pour sortir des informations très intéressantes. Ouais, Rickon Stark ne parle pas : il spoile. Au Moyen Âge, on appelait ça prophétiser.



Un peu dommage que notre punk préféré n’ait pas été davantage développé cette saison, car au moment des adieux, il faut tout le talent des deux acteurs et le principe tout bête de voir un petit garçon qui a tout perdu se séparer de son frère pour parvenir au degré d’intensité voulu par la scène.
Ça et le concept même de deux Stark se disant adieu. On sait depuis la saison 1 que généralement, le simple fait de dire « au revoir » équivaut chez eux à se condamner à une mort certaine. Du coup….

Ouais, bon, ok, là aussi j’ai pleuré. Je hurle ma rage depuis le début de ce billet sur un épisode que j’ai sincèrement trouvé inégal, mais même sur les arcs que je jugeais bancaux bancals, j’ai versé ma petite larme. Enfin, pas partout, genre pas sur Dany, faut pas déconner non plus. Surtout qu’elle avait de très loin la pire partie cette semaine.

Yunkaï.


Pire plan d’infiltration ever.

Là encore, il faut être rudement conciliant pour laisser passer comme une fleur la prise de Yunkaï sans hausser le sourcil.

«-Alors, comme ça, y’a un genre de poterne dans la muraille ? Comme c’est original… Nous allons prendre la ville par-là !
Pardon Khaleesi, mais c’est idiot comme plan.
COMMENT OSES-TU CRITIQUER MON PLAN GENIAL JESUISLESANGDUDRAGON !!!!
Prenons les choses dans l’ordre, Khaleesi : Daario Naharis ici présent vient de trahir sa propre compagnie ainsi que son employeur en rompant son contrat sans préavis. Et ses 2000 hommes sont désormais sous votre commandement.
Merci, mais je suis au courant.
Du coup, à Yunkaï, ils doivent aussi être au courant, j’imagine.
Hmmhmm.
Alors vous imaginez qu’ils vont laisser la poterne aussi peu gardée que de coutume ? Ou qu’ils vont laisser passer Daario quand il viendra comme d’habitude faire son petit tour en ville ? Vraiment ?
Ah… Ouais… Je… ça n’a aucun sens, en effet… Ben disons alors que ça se passe le lendemain de mon butt shot d’il y a 15 jours. Comme ça, hop, ni vu ni connu, je retombe sur mes pattes.
Vous pensez vraiment que ça va passer aussi facilement ?
Mais oui, tout le monde sera trop obsédé ou choqué par les Noces Pourpres pour faire attention aux bouts d’amarrage qui soutiennent mon arc de la semaine. »

SO BE IT DANY

Et le pire ? C’est que ça marche. On y croirait presque. Jusqu’au moment où Daenerys, qui ne semble pas avoir été assisté même de loin aux mouvements de ses propres troupes fait l’étonnée « Oh, ser Jorah ! Oh Grey Worm ! Vous êtes donc de retour ! Mais quelle surprise ! » => petite quiche lorraine, tu suxx à être chef de guerre.


Je dis ça parce que le plan, pour mémoire c’était : entrer par la poterne, neutraliser la garde, ouvrir la grande porte pour faire entrer l’armée dans Yunkaï. En fermant krékré fort les yeux sur le côté improbable de l’infiltration, on peut tout de même retenir qu’à la fin, les troupes de Daenerys sont supposées entrer dans Yunkaï. Hein.
J’imagine qu’elle avait un truc vachement plus urgent à faire que de regarder ses troupes et de se renseigner sur la progression des évènements, genre une pédicure. Ou des muffins.


Ou des space cakes, vu la tête de Jorah.

La conséquence de toutes ces trivialités qui n’intéressent guère le dragon, c’est bel et bien la chute de Yunkaï. Laquelle tombe aux pieds de Daenerys sous la forme d’une bannière, jetée par un Daario qui aime visiblement bien jeter des trucs devant la Khaleesi. Ser Jorah lui, aimerait visiblement mieux se jeter sur Daario ou sur Dany, on sent qu’il hésite encore, mais la Advisor Zone commence à être un peu étroite pour l’ours du Nord.

Mais Daario, au secours quoi AU SECOURS ALLO MONSIEUR BOLTON VOUS VOULEZ PAS LUI TRANSMETTRE MES SALUTATIONS S’IL VOUS PLAIT ???

Cayaffreux, je ne peux plus le supporter. Et pourtant, j’ai dû le voir en tout et pour tout deux minutes cette semaine. Entre le sourire de Mickey qui drague les minettes près du tourniquet sur la plage de Palavas les Flots, l’insupportable arrogance qu’à côté Jaime Lannister est un parangon de modestie, et surtout, les feintes grossières qu’on se demande comment Dany peut tomber dedans tellement c’est aussi gros qu’un pédophile qui distribue des bonbons à l’arrière de son mini van, tellement c’est nul, tellement ce mec est le 5e cavalier de l’Apocalypse.
Qui tomberait dans le panneau d’un « Nan, pas les esclaves, j’aime tout ce qui est libre, comme le vent, mes cheveux, le vent dans mes cheveux, pas vrai Khaleesi ? » ou ce pitoyable « louloulou je traine en arrière pendant que ser Jorah annonce à sa majesté du Typhon qu’on est de retour comme ça elle va flipper un peu et elle sera trop soulagée quand je lui jetterai ma bannière, hihih, swagg. »





Ce passage à Yunkaï avait décidément tout pour me déplaire. Un scénario capillotracté et basé sur une idée foireuse (dans le livre, ils s’inflitraient dans la ville par ses égouts : j’imagine que s’eut été moins glamour de voir Daario recouvert d’excréments pour annoncer triomphalement à Dany la prise de la ville…) qu’il faut pourtant développer à grand coup de complaisance, et Daario Naharis qui s’il continue pourrait juste réussir à me faire haïr les passages vers Daenerys. Qui vient de broyer le cœur de ser Jorah. Littéralement. Faudrait lui organiser une soirée avec Ygrid, ils pleureraient leur désespoir autour d’un pot de Ben&Jerry’s.

Arry sans famille (qui ne croyait pas si bien dire…).

L’ironie dans la cohabitation forcée entre Arya et le Limier, c’est que la petite n’aura jamais eu meilleure nounou. Dommage qu’elle se laisse un peu berner par son côté Stark qui lui commande de ne pas faire confiance à ce tueur d’enfants.

Se rejoue ici la scène du « coucou mon bon monsieur », dont nous avons déjà eu deux variantes cette saison. La première fois nous a d’ailleurs enseigné que « un bon paysan croisé sur la route est un paysan mort ». N’est-ce pas, Brienne ?
Arya aurait mieux fait de laisser Clegane égorger le pauvre homme. Simple question de prudence. Je sais c’est triste, mais que veux-tu petite, ça pourrait être lui ou toi. Alors choisis. C’est la guerre, essaie de penser intelligemment, aboli donc ton côté Stark : que ferait Tywin Lannister dans cette situation ?

En bonne Stark, Arya choisit de ne pas occire le malheureux, mais de plutôt lui mettre des coups de bâtons dans la gueule. Sous les yeux presque attendris du Limier.

Une fois la charrette du paysan volée (on imagine sans peine la prochaine séance de doléance de son seigneur…), il est grand temps pour elle, qui semble déjà se douter que quelque chose pourrait ne pas tourner rond, c’est sûr que depuis un an, pour elle, tout part à vau l’eau, de s’en aller vers les Jumeaux et donc vers son statut d’orpheline.

Fifty shades of Frey.

Avant d’aller à reculons vous conter les joies du mariage d’Edmure Tully et de sa mie Cunégonde, avant que vous ne déversiez votre bile dans les commentaires « ouinouin cay pas juste, certes il était fort con ce Robb Stark et certes, il fut mind fuck comme tant d’autres avant lui », je voudrais céder la parole à plus mieux placé que vous et moi pour nous expliquer cette chose qu’est la guerre.
Ladies and gentlemen, please welcome Abou Djaffar de “Terrorismes, guerillas, stratégie et autres activités humaines” :

« Je ne m’explique toujours pas les réflexions au sujet de la déshumanisation de la guerre de la part de citoyens qui n’y connaissent rien, ont peur chez le dentiste et ne lèvent pas un sourcil quand les Birmans s’entretuent. Il y aurait donc une façon acceptable de faire la guerre, quand on regarde dans les yeux l’ennemi que l’on tue, quand on sent son sang sur la lame de son couteau ou qu’on respire l’odeur de sa transpiration ? Tout cela relève du pur fantasme, et de la plus parfaite ignorance fascinée pour la violence. (…) Pour tuer son ennemi, il faudrait donc le voir ? Mon bon Monsieur, ça fait longtemps qu’on ne fait plus ça – un peu comme les Sundaes à la fraise chez McDo, soit dit en passant. »

Je sais pas vous mais moi c’est l’argument sur les Sundaes à la fraise qui m’a le plus touchée.


« Oui, moi aussi. Il est plein de bon sens cet Abou Djaffar… »

L’ost Stark arrive donc comme prévu aux Jumeaux. En tête des troupes, caracole Vent Gris. A ce moment de l’épisode, je verse mes premières larmes, autant pour la suite que pour l’émotion de revoir cette pauvre bête 40 minutes avant qu’elle se fasse violemment trucidée. Ah, D&D… qu’avez-vous donc fait des direwolves ?
Mais passons, les Stark/Tully/reStark par derrière se présentent devant la cour assemblée de Walder Frey, 128 ans, plus vieux grignou westerosi encore en activité, dont on regrette un peu après cette scène qu’il n’ait pas un jour épousé lady Olenna. Remarquez, vu la suite des évènements, toutes les options sont désormais ouvertes. Il faudrait suggérer cette idée à Tywin Lannister, lui qui aime tant les mariages.


Nous notons que parmi les invités, se trouve Talisa.

Robb… Sérieusement ? Tu as trainé votre casus belli chez les Freys ? Tu voudrais pas t’ouvrir les veines maintenant histoire qu’on gagne tous un peu de temps ?
Non, se serait dommage, lord Walder est l’humeur joueuse. Il expos un cheptel assez impressionnant je dois dire de « Walda, Waldina, Waldinetta, Jeanne-Walda, Marie-Walda et Nicolaj Coster-Walda, hommage, toussa, vous comprendrez plus tard, sire… » laissant planer le doute au-dessus de la tête d’Edmure : est-ce que ma promise c’est celle avec un pied bot, celle qui a un poireau sur le nez ou l’autre qui ressemble vaguement à un Picasso après un carambolage dans un Modigliani ?




«-Bon alors, king in the North, il parait que vous avez amené votre Doctor Quinn sous mon toit. Je fais semblant de pas subir l’insulte et pi tu vas me la montrer.
Certes, lord Walder. Avance, Talisa.

C’est quoi ça ?
Beh c’est ma femme.
Ah ouais, pas mal. Mais dites-moi, vous êtes encore roi pour deux trois heures si je ne m’abuse.
Plait-il ?
Ma question touchait à la mise de votre reine : c’est quoi cette robe hideuse à peine digne de servir de serpillière ?
Oh, ça va, hein. Au moins, ma femme à moi, elle a des manches.
Je vous ferais quand même dire qu’être en campagne dans la campagne n’excuse pas ce manquement grossier à la bienséance. Sérieux, vous avez jamais entendu parler des réquisitions ?
Des quoi ?
Des réquisitions. Un truc qu’on fait à la guerre, quand on tond la laine sur le dos des paysans pour nourrir ses troupes et qu’on s’invite dans les châteaux des petits seigneurs pour boire toutes leurs réserves de Veuve Cliquot *wink à lady Catelyn*.
Euh, non…
C’est bien ce que je me disais. Ça fait quelques épisodes maintenant qu’on traine dans le Conflans où tout semble toujours aussi calme. Mais bref, passons sur ses menus détails et marions Cunégonde à votre Edmure !!! »

Je trouve tout de même un peu dommage que le début de cette conversation ait été marqué par le rituel du pain et du sel, qui certes était un concept récurrent dans le livre, et avait totalement endormi notre méfiance à la lecture, mais qui dans la série était ici présenté pour la première fois. Au mieux, c’est un clin d’œil aux lecteurs « coucou, on vous a pas oublié » => merci mais le lecteur s’en fout. Il s’en fout parce qu’il regarde une série, laquelle est différentes des bouquins et si le pain et le sel n’avaient pas été montré plus tôt, à ce moment précis, on pouvait parfaitement s’en passer. Il y avait assez de tension et de détente dans cette scène pour que lecteur et non-lecteur comprennent que les Freys accordaient leur pardon et leur hospitalité aux Starks. Du coup, le non-lecteur a dû trouver ce petit passage un peu étrange.
Il n’en reste pas moins, à cette étrange lubie près, que la scène est remarquablement efficace. Subtil équilibre entre menaces, humour, soulagement, elle donne le ton de la suite, en faisant du mariage d’Edmure un évènement joyeux. Le contraste est saisissant d’avec celui de Sansa, soit précisément l’effet recherché pour introduire, subtilement des grains de sable dans l’engrenage.

Mais retrouvons sans plus attendre le septuaire…

Le grand moment est enfin arrivé. Edmure et Cunégonde Frey vont convoler en juste noce. Alors que la fiancée s’avance dans l’allée centrale, l’orgue se met à jouer une marche nuptiale.

Les Noces Pourpres, la musique officielle, volume 1 : Quatre mariages et trouzmille enterrements.

« –Excusez-moi. Monsieur l’organiste ?
Voui ?
Désolé de vous interrompre, mais je crois que vous vous plantez de partition.
Mais pas du t… Ah oui, mince ! Hihi ! »

Ahem… Reprenons.

Le suspense est à son comble vu que la mariée est planquée sous une toile de parachute ne laissant rien entrevoir de ses difformités. La peur le dispute à la curiosité dans la tête des invités. Sera-t-elle plus Suzanne Boyle, ou plus Nabila ?


« Pitié, petit Jésus, faites qu’elle soit comme Nabila », semble se dire Edmure avant que Walder Frey ne dévoile sa promise.
A la vue de sa tendre Cunégonde, Edmure se sent soudain tout fruit de la passion dans sa tête. Parce qu’elle n’est pas mal du tout, la petite. « Et ouais, t’as vu le joli morceau que t’a refusé, king in the North ? » semble dire lord Frey en larguant sa fille comme un vieux sac devant le septon.
La bride désormais cloackée par Edmure, la cérémonie peut suivre son cour sous les regards attendris de Robb et Talisa, dans le grand classique de la scène cucul du jeune couple qui se remémore son propre mariage, de lord Bolton qui deux pas derrière pense à son tout nouveau jeu de couteaux, et de quelques randoms Frey girls qui lorgnent le Silure avec des yeux qui crient « fish and chips ».

AH COMME TOUT CECI EST MEUGNON !

Mais maintenant, le moment que vous attendez tous, le banquet de noces !

Les Noces Pourpres, la musique officielle, volume 2 : bouge ton corps au rythme des arbalètes.

Le plan de table est juste opti, un petit rigolo a trouvé amusant de mettre Cat à côté de Roose Bolton. Ils peuvent ainsi discuter tranquillement de leur vision de mariage, ce qui donne à Cat l’occasion de jouer une dernière fois aux vieilles chouettes moralisatrices : « Queuah ??? Vous admettez avoir épousé une Frey pour de l’argent ? »
Je ne sais pas pourquoi, ça m’a rappelé cet épisode de Kaamelott où Guenièvre découvre que son mari, après l’avoir vu deux minutes juste avant le mariage, ne l’avait pas épousée par amour.
Tandis que les invités festoient joyeusement, le groupe joue des airs entrainants afin de réjouir les cœurs et d’inciter les gens à boire encore plus, ce qui reste encore la meilleure façon de supporter une play list de mariage 6 heures d’affilée.

6 heures de torture psychologique durant lesquelles, merci Cat d’être la deuxième personne à le faire remarquer après Jaime, Roose Bolton ne boit pas une goutte d’alcool. Il doit avoir un entrainement de champion pour résister à pareil traitement. Il écoute en boucle des compil des années 80 pour préparer son corps.

C’est au son de « The Bear and the Maiden Fair » que débute ce à quoi nous avions échappé la semaine dernière avec Sansa, à savoir la bedding ceremony, un truc très gracieux, le moment préféré de tonton Patoche : l’inauguration de la mariée.

Sans transition, après une superbe interprétation du « Petit Bonhomme en Mousse », l’orchestre enchaine sur une balade, histoire de lancer les slows.

« –And who are you, the proud lo…
Excusez-moi. Monsieur le chanteur de bal populaire ?
Voui ?
Désolé de vous interrompre, mais je crois que vous vous plantez de chanson. Les trucs Lannisters sont verbotten en présence des Starks. It is known.
Mais pas du t… Ah, si, c’est vrai, au temps pour moi ! Hihi… UNLEASH HEEEEEEEEEELLLL §§§§§§§§§§§« 


La scène réussit ici, comme celle décrite dans le livre à instiller progressivement un climat malsain. Robb et Talisa condamnent leur premier enfant à une mort certaine en le baptisant Eddard (mékilsoncons….), et s’embrassent sous les yeux attendris de Cat.

Car celle-ci peut désormais se réjouir sincèrement pour son fils, maintenant que tout est rentré dans l’ordre. Après tout, sa belle-fille est assez gentille, malgré le fait qu’elle ait l’air enceinte de 5 mois alors que ça doit faire un truc comme 6 semaines (dans l’épisode 7, il n’y avait que dalle, je me permets de le signaler. Une grossesse presque aussi mal gérée que cette de Dany dans la saison 1, avec son ventre ridicule à 8 mois, mais le ventre rebondi de Talisa cette semaine, on le verra, n’était là QUE pour servir l’affreuse ouverture du bal). Oui, Catelyn est à ça de demander à Talisa de devenir sa nouvelle copine de poupée vaudou quand soudain, un Frey en bonnet de nuit passe devant elle. Intriguée par ce costume hideux, Cat le suit des yeux jusqu’à la porte qu’il va refermer dans un claquement sinistre. Mouais, les courants d’air sans doute…
Et là, c’est le drame.

Je me souviens à la lecture de ce sentiment de confusion, d’un long moment où je ne comprenais plus ce à quoi j’étais en train d’assister. Le léger malaise qui s’accentuait jusqu’à l’oppression, la sensation diffuse que tout va mal, mais pas encore, et finalement, ce déchaînement de violence aussi barbare qu’imprévisible.
Le massacre des Noces Pourpres n’est peut-être pas aussi réussi qu’il aurait dû, en raison d’un nécessaire montage entre les évènements de la salle de banquet, et la position d’Arya. Le rythme en souffre, forcément. Le premier insert, le temps que les musiciens ne jouent une fois les Pluies de Castamere renforce le climat de peur, mais c’est surtout le deuxième, quand Arya assiste à la mise à mort des gardes et de NOOOOOOOOOOOOn Vent Gris qui brise l’élan général. Mais la suite…
La bonne idée consistait à davantage faire reposer cette scène sur les acteurs plus que sur des effets de réalisation. Le travail de Michelle Fairley, tout au long de la scène, est admirable. Et celui de Richard Madden l’est tout autant.

Robb, avant Catelyn, a compris que tout est perdu. Qu’en une fraction de seconde, tout c’est écroulé. Parce qu’il vient de perdre Talisa et Eddard (sérieux, quoi…) alors qu’il reste encore à Cat son fils.

Et Roose Bolton d’enfoncer sa lame dans le cœur de son roi, sous les yeux horrifiés de sa mère.
Rembobinons quelques semaines plus tôt :
«-Bon ben, merci pour le dîner de l’autre soir, lord Bolton, et puis ben à la prochaine quoi. Transmettez mes respects à Robb Stark.
Mais je n’y manquerai pas ser Jaime. Merci pour la punchline !
De quoi ?
De rien. Ah, avant que vous ne partiez… Je ne sais pas trop comment vous demandez ça… c’est un peu délicat.
Essayez toujours.
Voilà, disons que dans ce domaine, c’est un peu vous l’expert alors je voulais quelques conseils pratiques pour… Vous voyez…
Je savais pas que vous aviez une sœur, lord Bolton.
On peut savoir de quoi vous parler, ser Jaime ?
Je peux savoir de quoi VOUS parlez ???
Ben de régicide !
AH D’ACCORD !!!!!!
De quoi vouliez-vous qu’il soit question ?
Ben de l’autre truc, là, pour lequel je suis aussi célèbre. Bref, dans les deux domaines, une seule règle vaut : stick them with the pointy end. »


« Show them how it feels to lose what they love ».

Je suis un monstre de vous infliger tout cela à nouveau. Je sais, mais c’est pour votre bien.
L’évènement apporte aussi la réponse à certaines questions posées par le livre : non, Robb n’avait définitivement pas réussi à mettre sa reine enceinte (dans le livre, Jeyne Ouestrelin n’était pas présente aux Noces Pourpres, afin d’éviter de provoquer Walder Frey inutilement. Il existait quelques spéculations quant au fait qu’elle ait pu être enceinte de Robb car elle croise la route d’un personnage qui quelques mois plus tard, fait d’elle une description qui semble contredire le portait qui avait été fait d’elle par Catelyn), et non, il ne semblerait pas que le testament du roi du Nord ait une quelconque importance. Peu avant les Noces Pourpres, en l’absence de fils pour lui succéder, Robb décidait en effet de désigner son héritier, ce qui provoquait quelques débats houleux avec Cat puisque Robb souhaitait choisir Jon Snow. Le fait que le testament n’existe pas dans la série semble confirmer le peu d’importance du document en question pour la suite de l’histoire. Car quoi qu’il en soit, considérant les informations dont il dispose, Robb dans le livre ne pouvait en effet qu’élire son demi-frère. Et dans la série, la grossesse de Talisa rendait la disposition inutile. Il n’y a donc pas de mystères autour du fameux testament de Robb.

Les Noces Pourpres étaient à « A Storm of Sword » ce que la mort de Ned étaient à « A Game of Thrones » : un bouleversement majeur entrainant la redistribution de toutes les cartes. A noter que la mort de Robb n’est finalement que la conséquence de celle de Ned. On peut donc imputer la responsabilité directe de la mort du roi du Nord à ce petit con de Joffrey.
Car s’il avait envoyé, comme prévu, Ned sur le Mur, Robb aurait fini par regagner ses pénates, aurait laissé le Baratheon épouser sa sœur, et les choses se seraient tassées, dans un climat de tension larvée, certes, mais au moins, la guerre aurait pris fin.
Les Noces Pourpres vont désormais totalement changer la donne pour les deux camps : les Stark n’existent pour ainsi dire plus, le Nord échoit désormais au nouveau gouverneur du Nord, mais si, vous savez, ce mec sympa qui certes, ne boit pas d’alcool mais qui transmet toujours les salutations des gens, fournissant ainsi un nouvel allié aux Lannisters, qui d’une situation de départ plus que défavorable, sont bel et bien en passe de remporter cette guerre des Cinq Rois.

Avant de poursuivre sur les Noces Pourpres, un petit point Talisa : donc, pas une espionne, a priori. Soit les indices n’en étaient tout simplement pas, soit nous apprendrons qu’elle était bien au service de Tywin, a su saisir une opportunité quand elle s’est présentée, mais sa grossesse étant devenue dangereuse, il était préférable de l’éliminer. Après tout, personne ne la pleurera (sa mort ne m’a en tout cas strictement rien fait, je ne pense pas que c’était d’ailleurs l’effet recherché par D&D), le personnage pouvait bien sortir de si sanglante manière, agonisant dans les bras d’un Robb contemplant sa plus belle erreur.


Un grand bravo au game master.

Les Noces Pourpres, c’est l’évènement qui divisa le plus les lecteurs : soit entre deux antagonistes irréductibles Stark/Lannisters, les premiers étant largement plus nombreux que les premiers, leurs rangs gonflés par tous ceux qui n’avaient pas encore réussi à trancher malgré une défenestration et une décapitation, soit entre ceux qui allaient arrêter de lire « A Song of Ice and Fire » et ceux, qui plus, nombreux continueraient malgré tout.
Un évènement qui divise, et laisse, quel que soit son camp, un goût amer. Car il n’est guère aisé, même à qui sait garder la tête froide, de regarder la manœuvre sans la voir pour ce qu’elle est : un coup de pute.


Mais prenons les choses dans le sens inverse : imaginons qu’après la mort de Renly, Catelyn soit parvenue, en ayant prouvée son innocence dans le régicide, à gagner la confiance des Tyrells. Après tout, ceux-ci, durant la rébellion de Robert Baratheon étaient rangés du côté des Targaryens, et considérant la manière dont Tywin Lannister avait trahi son roi lors de la prise de Port Réal, il y avait fort à parier qu’ils se seraient montrés ouverts aux arguments des Starks, de la même façon que Renly l’avait été.
Soyons fous, et imaginons que les Tyrells décident de jouer ouvertement le jeu d’une alliance avec la maison Lannister, fiancent Margaery à Joffrey, et là, toujours en extrapolant un scénario parallèle, que pendant les noces, les forces de Hautjardin en profitent pour passer tous les lions présents par le fil de l’épée. Coup d’état, Mace Tyrell s’assoit sur le Trône de Fer au pied duquel Cersei, Tywin et Joffrey se vident encore de leur sang.
Tous les lecteurs applaudissent, c’est brillant, ahah, vive les Tyrells, best of the best, ‘culés de Lannisters, vous l’avez pas volé !

Ah oui, là tout de suite, ça passe. On trouve même que l’entourloupe est brillante, mais quel génie, quel sens de stratéguerre de velours, caybo, caytellementbo que j’ai envie de l’encadrer au-dessus de mon lit à côté du GIF de Jaime Lannister.


Bien que celui-ci vient de gagner ma pole position.

Je vous rassure, j’ai été la première à penser de cette façon et c’est d’autant plus facilement que je nous traitre tous d’hypocrites de la pire espèce quand nous appliquons avec le sourire la règle du deux poids, deux mesures.
Tout ça parce que Tywin est sympathique comme un redressement fiscal. Délit de faciès, en plus.

Tywin Lannister, comme Ned ou Robb, cherche avant toute chose à préserver sa famille. A la maintenir dans son rang. Et, parce qu’elle en a le potentiel, à l’élever. Tywin Lannister n’est pas un gentil propriétaire terrien le cul posé sur un derrick (métaphore « Dallas », big up à Fewer), c’est un homme qui a une certaine ambition politique. Il a élevé tout le clan au rang qu’on lui connait aujourd’hui, cherche à capitaliser sur cette élévation en établissant une dynastie de son sang sur le Trône de Fer.

Pour atteindre cet objectif, il gagne la confiance des puissants, se distingue par ses compétences, intrigue, établit des alliances avantageuses, bref, il utilise des armes de politicien. Et se révèle relativement économe de la vie des siens si on considère que ses mouvements militaires sont toujours motivés par l’idée de faire un maximum de dégâts avec un minimum de pertes. D’où, lorsque l’occasion se présente d’éliminer Robb Stark en économisant la vie de ses soldats, des mois et des mois de guerre, en s’assurant la docilité du Nord, il saisit la balle au bond, une balle qui lui permet, soit dit en passant, de réparer la KOLOSSALE erreur commise par Joffrey devant le septuaire de Baelor.
Bref, Tywin fait preuve de lucidité, de pragmatisme, et cherche avant toute chose à ramener la stabilité dans le royaume, ainsi qu’à sauver ses miches, en très fâcheuse posture, est-il nécessaire de le rappeler lorsque Robb décide d’épouser Jeyne/Talisa. Si cet objectif doit être atteint en ayant recours à des moyens qui n’ont vraisemblablement jamais été inscrits dans un code de chevalerie, peu importe. Le résultat est là, et puis de toute façon, se sera surtout la réputation des Freys qui sera salie dans l’affaire. Après tout, se sont eux qui ont violé toutes les règles sacrées de l’hospitalité en massacrant le roi du Nord sous leur toit.


Heureusement qu’il y a les GIF, je n’avais pas vu ce Manderly.

Bien sûr, Robb incarne, comme Ned, le dirigeant idéal, motivé par la justice et l’honneur, n’y faisant que d’infimes concessions (comme épouser n’importe quelle greluche, mais passons…) et le voir mourir victime des manœuvres sournoises d’un intriguant passé même dans le jeu des trônes ne fait plaisir à personne.
Cersei l’avait pourtant dit : « You win or you die. There is no middle ground » Face à un joueur aussi redoutable que Tywin, une seule erreur devient fatale. Robb en a donc logiquement fait les Freys frais. Pourtant, lorsque la guerre éclate, sur le papier, mis à part la richesse de la maison au pouvoir, et sa « légitimité » sur le Trône de Fer (le test de paternité n’existant toujours pas en Westeros, Joffrey est, sauf aveux publics de Cersei, le fils de Robert Baratheon), la maison Lannister n’a pas toutes les cartes en main, loin de là, pour l’emporter. Surtout pas après le Bois aux Murmures, qui sent comme le commencement de la fin pour Tywin. On le verra d’ailleurs ensuite se retrancher à Harrenhal, et s’enfermer dans une posture d’attente qui s’avèrera payante, premièrement parce que ses ennemis finiront par commettre des erreurs, et ensuite parce que cela lui permet de saisir certaines opportunités, comme son retour à Port Réal.








Question coups tordus, Tywin qui n’en était d’ailleurs pas à son galop d’essai puisque sa trahison envers le roi Aerys devant les murs de Port Réal, basée sur la fausse promesse d’une assistance et l’économie de ses propres hommes (une fois encore), posait déjà les bases de son style politique.
De son point de vue, si l’on exclut les considérations de chevalerie et d’honneur qui n’ont de place à la guerre que dans la bouche des perdants, les Noces Pourpres sont une parfaite optimisation de tout son potentiel. Son chef d’œuvre à n’en pas douter et surtout, la démonstration de son avance en matière de pensée politique et stratégique sur tout le continent.

Tywin Lannister est en quelque sorte d’archétype d’une nouvelle génération (représentée également par Littlefinger, ou Varys et au moins deux autres familles, dont les Tyrells), précurseur d’évolutions politiques et morales qui devraient changer la face de Westeros sur le long terme.
Et c’est précisément cela qui fonde toute l’opposition Stark/Lannister qui anime largement le début du cycle, non pas uniquement l’entrée d’un Ned trop longtemps isolé, dans une cour royale dont il ne comprend pas les ressors, mais bien la fracture entre un monde qui s’éteint et un autre qui s’éveille (Volvic…).

On a beaucoup dit que « ASOIAF » se déroulait dans un Moyen Âge éternel, ce qui historiquement est vrai. Cependant les Noces Pourpres, pour moi, c’est l’entrée dans une ère nouvelle (qui débute, ironiquement, le jour où un Lannister décida de tuer le dernier roi targaryen, précisément en envoyant bouler violemment le code et la chevalerie). Une façon de voir la politique et la guerre radicalement différente, motivée moins par la légitimité d’un nom ou d’une action que par le mérite, ou, plus prosaïquement, l’ambition et la volonté de s’élever. On pourrait d’ailleurs gloser à ce sujet concernant certains développements d’ADWD où justement, on peut observer ce type de « politicien » à l’œuvre, pour le coup dans un numéro visant à utiliser cette nouvelle façon de penser en lui conservant les apparences de l’ancienne.

Fondamentalement ce ne sont pas les Noces Pourpres qui auront tout fait changer.

L’évènement qui débute le basculement de Westeros du féodalisme vers la modernité, c’est la chute du roi Aerys. Et de la dynastie targaryen dans son ensemble. Car leur éviction du Trône de Fer, qu’ils détiennent quasiment de droit divin, ou de droit draconique, devrais-je dire, est bien ce qui précipite le royaume dans une longue guerre civile dont la guerre des Cinq Rois n’est que le deuxième soubresaut. La fin des Targaryens, c’est l’ouverture du pouvoir royal à qui sera suffisamment finaud pour le prendre. La famille qui s’en emparera devra alors, plus que se construire une légitimité, s’imposer par la force et le pouvoir. Les Lannisters tentent précisément cette approche, tout comme Stannis Baratheon. Et ils savent tous qu’il leur faudra consolider leur puissance plus que les Targaryens n’ont jamais eu à le faire. Ces derniers possédaient en effet les dragons qui leur conféraient le droit de régner, ne serait-ce qu’à cause de la menace que ces animaux représentent.


Aucun lien, juste pour le plaisir.

Leur disparition a, plus que les quelques mauvais souverains de cette dynastie peut s’enorgueillir, remis en cause leur pouvoir. C’est sans doute la raison pour laquelle, dans les dernières années, on assiste à un acte aussi désespéré que la tragédie de Lestival qui vit mourir le roi Aegon, et son Lord Commandant ser Duncan le Grand, vraisemblablement au cours d’une tentative d’éclosion d’un œuf de dragon.
Avec la décrépitude de la race des dragons, le temps des Targaryens sur le Trône de Fer était compté. Et ils le savaient très bien.

Et maintenant, pour détendre un peu cette lourde atmosphère :




Je crois que je peux laisser le mot de la fin au maître :

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