The Elder Lols IV.

Ah ! Aaaaahaaaah ! Un film de SF ! Youpi, cotillons ! Un évènement qui mérite bien un billet, tiens, y’a pas que « Game of Thrones » dans la vie même si étrangement, je me sens un peu poursuivie en ce moment, un sentiment qui, vous allez le voir, est totalement justifié.

Donc, je disais, « Oblivion » (ahah, pas du tout, je ne l’avais jamais dit avant, vous ne pouviez donc RIEN deviner sauf si vous avez percé le mystère pénétrant de mon titre, hihi, ce plan est génial, je suis géniale je… Non, les docteurs sont déjà là avec moi, ils m’observent, posez donc ce téléphone). Ouais, ben on va commencer tout de suite, hein, y’a du pain sur la planche.

ATTENTION JE SPOILE  !

Film pasteurisé, « Oblivion » brille par de très nombreux défauts, à commencer par un scénario paresseux qui a le mauvais goût d’être souvent faible et régulièrement sur explicatif. Deux tares qui ont tendance à être rédhibitoires mais que le film réussit de justesse à dépasser. De justesse, hein, parce que, autant que je vous le dise tout de suite, « Oblivion » ne casse pas trois pattes à un canard.

Et pourtant, il y a de très bonnes choses dans ce film à commencer par un personnage principal dont les questionnements incessants et la nostalgie sont un des pivots, trop vite abandonné, du récit.
Jack et son assistante/compagnonne Vika seront malheureusement introduits par le biais d’un long et très chiant monologue sur le mode du : « le matin, je me lève à 8h et après mon bol de Rice Crispies, je pars au boulot. Mon travail consiste à …..ZZZZzzzzzzzz….. »

Pardon, Tom, c’est juste que je la vois sur l’écran, ta foutue journée type, et je n’ai pas besoin que tu me commentes les images. Mais c’est gentil de ta part, j’apprécie. Cordialement.

C’est un procédé un peu facile, qui a tendance à être agaçant parce que j’ai toujours l’impression qu’on me prend pour une quiche quand on l’emploie.
Du coup, fait rarissime, je suis sortie du film dans les 10 premières minutes, pour n’y revenir qu’à la faveur de ce qui m’ont semblé être de grosses incohérences.

Or et c’est là que le scénario d’ « Oblivion » est intéressant, ces incohérences apparentes ne sont là que pour insinuer le doute dans l’esprit du spectateur qui assimile peu à peu tout ce qui ne va pas dans cet univers.
Les prétendues incohérences (Jack ne s’approche jamais des chacals, lui et Vika sont convaincus que les radiations sont aussi polies que celles de Tchernobyl, le piège foireux des chacals dans la bibliothèque…) agissent comme des signaux d’alarme dans notre esprit de la même façon qu’elles définissent la nature de Jack et Vika.

Et très clairement, c’est ce dernier personnage qui a retenu toute mon attention tant j’ai trouvé son rôle bien écrit, et sa caractérisation habile.
Vika, comme Jack, est donc un clone et comme lui, elle est davantage un programme qu’un être humain. Son conditionnement est toutefois plus puissant que celui de son compagnon, dont la part de libre arbitre est plus grande car agent de terrain, il doit conserver une certaine capacité d’initiative. Vika elle, dont Jack dit qu’elle est là pour le protéger, est en réalité un anti-virus. Son rôle est de surveiller Jack, pour éviter justement que son libre arbitre ne l’entraine dans la mauvaise direction.

Si on était dans la Matrice, Vika serait l’agent Smith. Conditionnée à devoir rester dans la tour (les deux clones se montrent très mal à l’aise lorsque Jack leur propose de descendre), dédiée à surveiller le comportement de Jack afin d’éviter tout débordement (d’où la question quotidienne de Sally : « Formez-vous une bonne équipe ?« ), c’est Vika qui garantit la bonne marche du système, agissant en quelque sorte comme un anti-virus ou un fire wall (elle jette par la fenêtre la plante, se montre ouvertement hostile à Julia, avant même d’avoir vu son visage). Vika garde le système et s’assure de son bon fonctionnement. Son seul personnage suffit à expliquer pourquoi Jack n’a jamais été étudier les corps des chacals, pourquoi il croit dur comme fer à l’existence d’une zone de radiation parfaitement circonscrite. Le conditionnement mental des deux personnages est clairement explicité par le traitement pour le moins fin d’un seul.
Quand on constate que « Oblivion » se rend capable de ça, ça fait un peu regretter la légèreté du reste…

En tout cas, moi j’ai regretté, comme dans « Tron : l’Héritage », du même Joseph Kosinski, que le questionnement principal du film, ici comme dans le précédent, la condition humaine, ne soit pas vraiment exploité, traité et serve de prétexte à l’intrigue plutôt que l’inverse.

Mais dans le fond, contrairement à ce que son titre indique, « Oblivion » reste un film difficile à rapidement oublier (comme « Tron : l’Héritage ») en grande partie parce que Joseph Kosinski n’est pas un manchot.


« Ahah, très drôle…. »

Loin d’être un simple tâcheron à la Jon Favreau (parce que réaliser en les revoyant que je n’avais aucun souvenir des deux premiers « Iron Man » ça n’a pas de prix…), Kosinski cultive un sens de l’image et cherche sincèrement à explorer sa thématique. S’il se boite violemment la face sur un scénario qui se contente d’accumuler sottement des références même pas digérées à d’autres univers, on ne peut tout de même pas lui reprocher d’essayer de définir la quête d’humanité de son personnage principal.

Mais difficile de se sortir sans dommage d’une scène où Jack et Julia se crashent dans la zone de radiation sans que notre bon Tech 49 ne semble ému par la situation. Pas faute d’avoir été conditionné à ne pas franchir la frontière, ni d’avoir Vika lui susurrant en permanence dans l’oreille « Attention, si tu vas là-bas, tu décèderas de mort létale à coup de fusion nucléaire instantanée dans ton sang ! » , hein… Mais non, normal, « Chouette, le désert… Eh, Julia, je te fais penser à qui ? Aqaba !!!!! »…

Ah et coup de gueule, aussi : c’est quoi cette scène en mousse de l’arrivée de l’Odyssée devant le Tétraèdre ? Non mais on se serait cru dans « Avengers » quand Thor arrive et que la seule réaction des humains autour de lui est de se moquer de son costume… Oh !
Sérieux, Jack et Vika qui commencent leur journée à la cool, même Vika qui trouve le moyen de voler une photo à Jack genre collégienne, balance des petites phrases telle « ouiiii, encore une journée au paradis, trallala ! ». Arrêt sur image :
VOUS ETES SUR LE POINT D’ETABLIR LE PREMIER CONTACT ENTRE L’ESPECE HUMAINE ET UNE CIVILISATION EXTRATERRESTRE, CA VOUS ARRACHERAIT LA GUEULE DE FAIRE SEMBLANT DE VIVRE L’EXPERIENCE METAPHYSIQUE ULTIME OU PRESQUE ?


Merci, mais dans les 3 dernières secondes, c’est un peu juste…

Vous pouvez reprendre le cours normal de ce programme. Merci de votre attention.

…. Quand ton scénario prend déjà l’eau faute d’une écriture soucieuse de construire un univers vraiment solide, coller de la référence dans tous les tuyaux, c’est pas la meilleure des initiatives. Parce que du coup, ce que le film avait perdu en crédibilité avec son script, il ne le gagne pas en n’ayant pas l’air original pour un sou.
Limite, on croirait un film de Zack Snyder, avec de la rayfayrence tous azimuts mais pas un début de commencement de digestion, d’interprétation, d’assimilation.

Entre les tentatives un peu molles de définition de l’humanité puisées chez Frank Herbert (coucou, Duncan Idaho !), la présence d’un « monolithe », ici le tétraèdre, dont l’esprit est incarné par un très joli œil rouge façon Al, l’infiltration dans le dit Tet qui fait un rien penser, mais là je pense que ce n’est tellement pas une référence que c’est juste un effet de mon esprit tordu, à « Independance Day », des éléments empruntés assez largement à « Terminator » dans les scènes sur les chacals, « Matrix » pour le côté révélation apportée par un noir mystérieux avec des lunettes de soleil même la nuit et sa bande de survivants loqueteux un peu roots, les chacals qui causent comme des Jawas et ont des looks d’hommes des sables, et même, ne me dites pas que vous n’y avez pas pensé, vous, un soupçon de « Patient Anglais »… A force de voir des emprunts manifestes à droite à gauche, j’ai fini par en voir absolument partout. Et donc à me désintéresser un peu de film en lui-même.


« Ah ! Je t’ai reconnu Morpheus ! »

Un jour, peut-être Joseph Kosinski parviendra à réaliser un film solide. Pour l’instant, il se révèle être un entertainer efficace, sincère dans sa démarche, mais qui manque peut-être encore de crédibilité ou de confiance en lui pour imposer sa patte auprès des studios. A moins que son style soit précisément celui de produire des œuvres aseptisées et un peu vaines, mais formellement élégantes. En tout cas, de la même manière que l’arène dans « Tron » m’avait convaincue, les scènes d’action d’ « Oblivion » sont maîtrisées, lisibles, et constitue de vrais (les seuls ?) temps forts dans l’histoire.
Monter un projet aussi ambitieux sur le nom de Tom Cruise était une bonne idée en soi et tout ce que je souhaite à Kosinski est de profiter des opportunités qui s’offriront désormais à lui.

Note : */*

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