« Dominic, nic, nic » (air connu)

Ahah, ça y est, il est enfin venu le temps du billet de l’expiation. Car oui, OH OUI je dois expier ma très grande faute même si bon, soyons honnête, je n’ai pas vraiment de regret à avoir péché car tout bien considéré, la poilade que se fut valait bien de perdre deux heures de ma vie.

Ayant renié ma parole, j’ai prestement jeté aux orties ma promesse d’enquiller à la suite « Fast&Furious » 2-3 et 4 avant de m’offrir l’orgasmique paroxysme du 5 parce que bon, tout bien considéré, dans le 5, il y a tout de même Baboulinet et THE ROCK. The Rock/Dwayne Johnson, un mec tellement musclé des bras qu’il peut même plus les mettre le long de son corps. Il est ainsi figé dans une posture über naturelle avec les bras à 50° (« Et sinon, Dwayne, vous n’avez pas trop froid ? » => ce jeu de mot de merde vous était offert par sire Perceval).


Avoue que tu l’attendais, hein…

Tout commence par la scène d’intro la plus OMGWTFBBQ de l’histoire du Septième Art depuis le premier F&F et « The Dark Knight Rises ».
Dom, incarné avec intensité par Vin Diesel, aka Baboulinet, est en prison, sans doute rapport à un vol de magnétoscope dans un des films précédents que je n’ai pas vu. Comme le disait mon GM : « OSEF, full DPS » donc après un montage expliquant avec force regards humides et moult extraits de journaux télé que le pirate de l’asphalte Dominic va passer le reste de sa misérable existence à tuner sa cellule de prison, on enchaine direct avec la tentation d’évasion.

C’est là que j’ai regardé ma montre et que je me suis dit : « Woot, ça fait 40 secondes que le film a commencé et il a déjà battu le record de stupidité du premier. C’est pas à la portée de n’importe quel pégu, un exploit pareil. »
Car pour faire évader Dom, Brian, son bro à voiture orange du premier film ne trouve rien de plus intelligent que de faire de crasher le fourgon qui le transporte à grande vitesse.
Après un truc comme wattmille tonneaux sanctionnés par quarante-douze explosions que Michael Bay n’aurait pas reniées, on apprend par voie de presse que Dom s’est volatilisé.

Je ne devrais pas m’étonner devant un plan pareil, 50% m’as-tu vu, 50% létal, 100% débile, il provient sans doute du même cerveau qui a conçu les braquages de poids lourds au harpon.

Ceci dit, la scène a le mérite de donner le ton. La suite ne sera plus ensuite que tentative de retrouver ce niveau d’awesomeness mâtiné de n’importe quoi.

F&F est décidément une franchise qui mérite sa réputation. Et ne me faites surtout pas dire ce que je n’ai pas envie de vous dire, à savoir que c’est grave pourri parce que ce n’est pas le cas. « F&F5 » est de l’espèce des nanars qui ont conscience de leur handicap. Premier pas vers la guérison ou pas, puisque le film se permet de se vautrer dans ses arguments avec une complaisance qui, oui, fait quelque part plaisir à voir. Parce que oui, il est jouissif de contempler (« contempler » est bien le mot) la première apparition de Baboulinet, qui vient d’aborder un train en marche (il adore ça Dom, aborder des gros trucs lancés à pleine vitesse) et qui surgit soudain en pleine lumière, tel saint Michel scintillant au soleil vespéral dans les cieux du Mont, après avoir ouvert le flanc d’un wagon avec des fers à souder. Le tout en marcel, et même pas il transpire. LA. CLASSE.

Parce qu’il est aussi jouissif de voir The Rock sortir d’un avion de fret de l’armée totalement GIGANTESQUE avec 5 pélos, balançant de la punchline à tire-larigot sans que les dites punchlines n’aient aucun sens, genre : »Je veux savoir quand il va pisser et combien de fois il se la secoue.« , sauf peut-être la dernière : « Mettez vos slips étanches, les filles« .

Sinon, dans le registre du filmage, qui se rapporte donc au plumage des acteurs principaux (comprendre : musclé), « F&F5 » se laisse plutôt bien regarder (œuvre de Justin Lin, qui avant ça avait déjà commis « F&F Tokyo Drift », F&F 4, et, fait d’arme qui est tout à son honneur, quelques épisodes de « Community ») . Deux courses poursuites, l’une à pied dans une favela, et l’autre en bagnoles, soit deux scènes d’action bien torchées. Dans la dernière, on peut voir entre autre Vin Diesel et Paul Walker défoncer des voitures de police avec un coffre fort de 17 mégatonnes. Il n’y a que le cinéma pour vous procurer des émotions pareilles.
Dans la première, on a sans doute le truc le plus awesome et le plus drôle du film, à savoir un Vin Diesel qui voit apparaitre The Rock en majesté, alors que ce dernier le poursuit de maison en maison en défonçant les murs avec la tête.

Sérieux, ça n’a pas de prix.


Une image qu’elle est belle comme une galette saucisse.

Alors que le premier opus de la pentalogie se trainait dans un scénario convenu dont il ne parvenait pas à sublimer le propos, « F&F5 » se la joue quelque part plus fine en transposant l’histoire de « Ocean’s Eleven » à son univers. Deux potes àlavieàlamort, un braquage, des experts, un ennemi. ‘oilà. Et ça fonctionne. Assez bien pour que je ne me sois pas sentie m’endormir.
D’autant que régulièrement, le film est émaillé de trucs sortis d’on ne sait où, mais qui te ramènent dans le jeu manu militari. Comme ce duel à main nue The Rock vs Vin Diesel qui à eux deux parviennent à se démolir la tronche, à atomiser un bureau, deux voitures et un garage entier. Peut-être même à provoquer un séisme quelque part, rapport à la puissance des impacts, qui sait…
Ou cette autre scène SUBLIME et boulversive tout à la fois ou….. Je ne sais plus son nom mais disons Pedro, le vieil ami de Dominic qui a un bouc (je parle de la barbe. Je précise parce que je sais que concernant cette pentalogie, vous vous attendez à tout, et vous avez bien raison), suite à une embuscade tendue par des narcotrafiquants brésiliens (pléonasme) travaillant pour un haut fonctionnaire brésilien corrompu (pléonasme), vient de se prendre un missile nucléaire tactique dans le buffet. ça pique.
Dom, comprenant que Pedro va succomber à une mort létale, prend son ami dans ses gros bras musclés et oints d’huile de vidange.

Pedro : *toussetousse* Dom, mon ami…
Dom : Pedro, mon copain.
Pedro : Je… Je crois que je vais mourir, Dom.
Dom : Dis pas ça ! Si on arrive à temps chez Carglass, ils pourront combler le trou dans ta poitrine avec leur résine magique ! Tiens le coup Pedro !
Pedro : Dom, regarde la vérité en face, l’impact est plus grand qu’une pièce de deux euros. Même eux ne peuvent plus rien pour moi.
Dom : Beeeeeuuuuuaaaaaaah !!!!!!!!!!
Pedro : Dom, promets-moi…. *tousseavecdesglaires* Promets-moi que tu prendras soin de ma femme et de notre fils.
Dom : Tu prendras soin d’eux toi-même mon copain.
Pedro : Dom, s’il te plait. Tu es mon meilleur ami, j’ai confiance en toi. Je te les confie. Et puis tu sais, mon fils, je lui ai donné le même nom que toi.
-plan magique sur le visage de Dom, visiblement en proie à une profonde et intense réflexion « putain c’est comment que je m’appelle, déjà ?« –
Pedro : On l’a appelé Dominic.
Dom : Ah.

DE L’OR EN BARRE JE VOUS DIS.

Avec des scènes où les experts venus aider Dom à braquer les narcotrafiquants obtiennent les empreintes digitales de leur cible en lui faisant palucher le boule d’une fille en bikini, des scènes où la fine équipe, qui vient de voler des voitures de police, prend le temps d’organiser un run dans le centre ville de Rio avec les bagnoles en question, une scène où The Rock, censé être un agent du FBI, abat froidement un haut fonctionnaire brésilien d’un chargeur dans la tête en meuglant « pour mes hommes !!!!!« …

Sans en avoir l’air, avec son scénario prétexte, ses dialogues décérébrés, ses scènes d’action aussi WTF que généreuses, et des situations tellement capillotractées qu’il faut les voir pour y croire et même après ça, tu restes connement pendouiller à ta suspension d’incrédulité pendant 20 bonnes minutes, « F&F5 » c’est un peu la résurrection des vieux actionners de jadis, naguère, autrefois. De ce temps béni des « Commando » où tu pouvais te poiler à pas cher devant des scènes grand guignol comme Arnold qui rame dans un canoé gonflable en faisant jouer l’intégralité de ses muscles pectoraux sous la violence de l’effort que représente la manœuvre de deux micro rames en plastique, ou le même Arnold qui déboite des Mexicains avec une binette dans un abri de jardin…
Certes pas du grand cinéma, ni même du bon d’ailleurs, l’équivalent filmique d’un menu Best Of parce qu’une fois de temps en temps, ça ne fait pas de mal.

Note : *

Bonus d’après la première partie du générique :

Intérieur nuit, un plan totalement innocent sur le fondement avantageux d’une madame qui se révèle être Eva Mendes habillée en working girl cochonne. Elle chaloupe comme si ses hanches étaient montées sur roulement à bille vers le bureau, forcément vachement trop petit, de The Rock (parce que son personnage était agent du FBI, pas uniquement machine à viander avec un mandat, comme 99.9% du film le suggérait). S’en suit un dialogue entre les biceps de The Rock et les seins d’Eva Mendes :

Seins d’Eva Mendes : Dis donc, biceps de Dwayne Johnson, t’as jeté un oeil sur ce dossier que je viens de te jeter négligement à la face avant d’opérer une cambrure supra naturelle sur ton bureau, histoire de caser un deuxième ass-shot post générique, ce qui n’est pas banal, tu avoueras ?
Biceps de The Rock : Nan, de toute façon, je veux pas le lire ton dossier, moi ce que je veux, c’est choper ce petit saligot de Dom avec qui j’étais copain comme cochon y’a même pas deux scènes de ça même que je l’avais laissé filé avec l’argent de la drogue parce que dans le fond c’était un bon gars et qu’on a tous droit à une seconde chance !
Seins d’Eva Mendes : Pourtant, tu devrais trop regarder dans le dossier, y’a un teaser de Fast&Furious 6 dedans…

Teaser de « Fast&Furious 6 » : une photo montre distinctement le visage crispé et vengeur de Michelle « Kill them all » Rodriguez, qui, c’est vrai, n’était pas dans ce film, où alors sous forme d’allusions subliminales.

Vous savez le meilleur ? LE FILM SORT EN MAI.

CANTWAITCANTWAITCANTWAIT….

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