Reviens, Vic…

Ouais, je sais, on frôle carrément la surchauffe là… Deux billets publiés en quoi…. Même pas deux jours de temps, c’est un truc à vous coller le tournis…

La vérité, c’est qu’avec tout ce qui sort en cette fin d’année, plus tous les films que j’ai eu le bon goût de rattraper, genre, au mois de novembre, youpi, j’ai du pain sur la planche. Me reste à voir : « The Impossible », « La Chasse », « Royal Affair », « Les 5 Légendes » et je vous parle même pas de la semaine du 12 décembre se serait indécent. Et je ne vous parle pas non plus de mes rattrapages : « Dark Shadows », « Immortels », et « Iron Sky »… Bref
C’est pas gagné d’avance.
Mais en attendant, voici le film que je n’avais pas prévu de voir, et qui m’a servi de remplaçant à « Looper », raté deux semaines de suite pour cause de *utain de vampires zoophiles.
Ah… Beh si j’avais décidé d’aller voir « Twilight », au moins, j’aurais ri…


L’affiche oublie de dire que le mec a AUSSI scénarisé « U-571 » et surtout, surtoooout « Fast&Furious ». Non mais ça ne prouve rien. Du tout.

SPOIL

L’ennui avec “End of Watch », c’est qu’en plus d’être assez moche, le film n’a aucune identité.
Tout du long on se demande à quoi on a à faire :
-ersatz de « The Shield ».
-journal vidéo.
-film réaliste.
-buddy movie.

Notez que si “End of Watch” avait pu être tout ceci à la fois, il aurait trouvé grâce à mes yeux. Mais malheureusement pour lui, n’étant ni vraiment l’un, ni vraiment l’autre, il devient rapidement une sacrée soupe légèrement over the top, nonobstant son obsession pour le « cinéma vérité ».

Que je m’explique un peu : au début, on nous vend le film comme réalisé en caméra subjective par un jeune flic qui revient tout juste de suspension pour le meurtre de deux gangsters (visible dans l’intro assez efficace).
Afin de justifier la présence de sa caméra et des deux petites dont il s’équipe avec son partenaire, il évoque un projet qu’il doit réaliser pour l’université.
Le premier souci, c’est que ce projet ne sera jamais plus évoqué par la suite. Et au regard de la fin du film et de la forme qu’aurait pu prendre son film amateur, c’est plus que dommage (on aurait pu découvrir à la toute fin de métrage que celui-ci avait été réalisé en hommage à son partenaire, ce qui aurait pu être intéressant d’un point de vue émotionnel).
Le deuxième problème c’est que David Ayer s’embarque dans une intrigue somme toute classique mais pour laquelle il se croit obligé d’abandonner le côté « journal ». Il tente bien maladroitement de vendre la présence de caméras amateurs dans les gangs noirs et latinos, mais dès l’instant où il abandonne le point de vue des flics, il sacrifie la cohérence narrative de son film et tout le projet qu’il avait tenté de bâtir, tant bien que mal, dans les 10 premières minutes.

A mesure que le film avance, le point de vue s’objectivise, jusqu’à faire disparaître les caméras des différentes protagonistes, qui ne reviennent plus que de façon épisodiques.
Et au final, reste cette impression étrange qu’Ayer a choisi cette excuse pour justifier combien son film est moche.

Parce que tout à l’heure, je faisais référence à « The Shield », je me dois de signaler que dans un style tout aussi brut, la série policière la plus géniale de tous les temps était aussi une belle série. Où les caméras extrêmement mobiles aux zooms sensibles et les ingénieurs du son qui s’égaraient parfois dans le champ donnaient un aspect documentaire toujours au service de la puissance des histoires. Et puis la photographie de « The Shield » était très loin d’être dégueulasse, toujours dans son style.

Ici, même lorsque l’on quitte l’œil de tel ou tel protagoniste, on demeure dans un certain amateurisme qui fait violemment jurer les quelques jolis plans de Los Angeles filmée la nuit.

Formellement, « End of Watch » est donc lesté par un parti pris jamais assumé et une esthétique qui desserre son propos. Encore un peu plus écorché par la surenchère de vulgarité dont le film est très friand, qui sans doute, sert à rendre le tout « plus vrai ». Au-delà de ça, on tente avec beaucoup de lourdeur de nous vendre une bromance qui fonctionne, heureusement, parce que les acteurs assurent leur partie plus que correctement, et, le difficile quotidien des flics de LA => j’ai déjà vu « The Shield », merci.
Quand on lit la catchline de l’affiche « chaque patrouille peut être la dernière« , on se dit que vraiment, David Ayer est passé à côté de ce sujet, échouant à créer un vrai climat de tension (sans doute en partie parce qu’il bascule dans l’objectivité au bout d’un quart d’heure. Sinon, il aurait au moins pu jouer sur l’effet de surprise)

Difficile, très difficile, de passer après « The Shield », mais une fois encore, j’aurais été plus indulgente si « End of Watch » n’avait pas été filmé n’importe comment, se servant avec une très grande malhonnêteté du prétexte bidon du film amateur pour justifier sa laideur.

En somme, c’est l’équivalent français du « Petit Lieutenant », de Xavier Beauvois.

Note :

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