La rétro : « Fast & Furious » (Ahah, vous l’aviez pas vue venir celle-là !)

La Très Sainte Inquisition enseigne que « l’esprit inoccupé s’égare dans les ténèbres ». Me sentant cernée par le chaos et la corruption, j’ai donc décidé de me consacrer à combler le vide abyssal qu’est ma culture en matière d’automobiles.
Pourquoi les voitures et pas la biolixiviation, la culture bantou ou les lévriers afghans, me direz-vous, car vous me savez ignare dans ces trois domaines ?
La réponse est assez simple : il n’existe aucune pentalogie concernant ces trois sujets. Alors que les voitures, oui.
Une pentalogie, ça te pose gravement en terme de sérieux, je trouve. Quand on est capable de produire 5 œuvres d’affilée sur un même sujet, c’est qu’il doit y avoir des tas de trucs trop awesome à raconter dessus. De subtiles imbrications entre technique et spiritualité, des cérémonies propitiatoires et autres rituels initiatiques, des enjeux bigger than life portés par les aspirations primaires de l’être humain.

Sauf que bon, hasard, coïncidence, la seule pentalogie jamais réalisée sur les voitures porte la marque « Fast&Furious », que nos amis québécois, jamais les derniers sur la déconne, n’auront pas manqué de retitrer « Rapide&Furieux », ce qui 1) révèle les confins de ridicule dans lequel peut parfois aller se nicher un titre anglais d’apparence vaguement classe, 2) te fais comprendre que non, vraiment, tu aurais mieux fait de choisir les Bantous.


Et leur tuning sur costume de cérémonie.

C’est ainsi qu’à mes risques et périls et en toute connaissance de cause, me suis-je jetée comme une grosse idiote dans les bras musclés et enduits d’huile de moteur des Jacky Tuning. Si je ne suis pas revenue dans une semaine, appelez le président.

Parfois je me demande vraiment ce qui peut bien se passer dans la tête d’un producteur auquel on soumet un concept tel que « Fast & Furious », à cet instant précis où il décide, en toute connaissance de cause de donner son feu vert.
Non vraiment, ça m’échappe.

Parce que bon, je connaissais la bête de réputation, mais je ne m’y étais jamais frottée, et pour cause : un peu comme « Point Break », un bien bon film qui me sort par les yeux uniquement parce qu’il est peuplé de surfers, et que les surfers, ben c’est juste pas possible, « Fast & Furious » est hanté par les silhouettes en marcel de tous les Jackies Tuning du canton dont je suis originaire. Et ça, comme le disait ces philosophes des temps modernes que sont les Robins des Bois, ça me fait une sorte de fussoire.

« Rapide et Furieux » c’est donc l’histoire de Brian, un homme qui dans la vie a deux passions : la mécanique et les sandwiches au thon (triste, mais vrai).


Oh ben merci, Paul, je pensais que c’était une adaptation de Jane Austen, dis donc !

C’est d’ailleurs par la grâce de la conjonction cosmique de ses deux centres d’intérêt qu’il fait la connaissance de Dominic, un mâle alpha tuner qu’il suspecte d’être le chef d’un gang de pirates routiers, de gros manchots qui attaquent des camions remplis de lecteurs DvD au harpon #àl’abordage ! #intimiderlechauffeuravecdesarmesc’estpourlesfaibles.

Sauf que Brian n’est pas qu’un mécano amoureux de belles carrosseries (ce qui inclut la sœur de Dominic, qui lui vend ses sandwiches au thon #laboucleestbouclée), il est aussi flic en infiltration ! (dans le jargon, on appelle ça un point « Point break »)
Pour démasquer le mystérieux harponneur de 38 tonnes, Brian doit donc gagner la confiance de Dominic, avec lequel il engagera bientôt une bromance torride, et presque entièrement jouée en marcel.
La légende de Baboulinet est en marche (et hop, point Mozinor).

Je vous raconte pas la suite, ça pourrait gâcher le suspens.


Mais bon, à la fin, y’a un banquet avec des sandwiches.

« Plaisir » de la découverte « F&F » m’a en fait laissée sur ma faim (=>faim=>sandwich=>ausecours). Au terme d’approximativement 27 minutes de moteurs qui ronflent je me suis retrouvée surprise devant le générique « Queuah ? C’est déjà fini ? ».


Voiture centriste ? Véhicule DDE ? Difficile à dire.

Une surprise, pas une déception, soyons clairs. Une demi-heure de film en plus et je descendais sur le parking démolir à coup de parpaing tous les engins à quatre roues situés dans mon champ de vision. Manque criant d’intérêt de ma part ou mollesse naturelle du film, je n’en sais rien, mais j’ai vraiment eu le sentiment de contempler une œuvre bâtie sur du vide. Vous allez me dire, vu le sujet, c’est pas trop étonnant. Sauf que bon, « Point Break », pour mémoire, c’est tout aussi potentiellement chiant, mais au final, ça se rend totalement capable de transcender le postulat de départ. Mais c’est réalisé par Kathryn Bigelow, à savoir pas par une manchotte.


Attention, la contemplation prolongée de cette voiture peut provoquer migraines ophtalmiques et décollements de rétine.

Bon Rob Cohen n’a pas une filmo de rêve à son actif (« Cœur de Dragon », « Daylight », ou encore « xXx ». Je vous rajoute « La Momie 3 » ou c’est bon ?). Du coup, tu peux pas avoir le sandwich au thon et l’argent du sandwich au thon non plus. Ceci étant dit, le mec se dispense de shaky cam, ce qui est presque anormal pour un film réalisé au tout début des années 2000. Du pestacle à l’ancienne, qui se rend capable à mi-parcours, de dispenser une séquence plutôt bien emballée de course automobile.

Alors attention, « course » c’est vite dit (« bien emballée » aussi). Le Jacky Tuning il ne court que sur des lignes droites. Sinon, les virages, c’est trop compliquay. Bon ok, je suis de mauvaise foi, puisque Jacky calibre sa voiture pour être une bombe au sprint, pas pour savoir négocier de purs virages à la Jean Alesi #del’importancedebienchoisirsesexemples.


Jean Alesi qui est aussi sosie officiel de Nicolas Sarkozy.

Mais quand tu abordes la scène, franchement, y’a de quoi être inquiète : « OhmonDieu, les Jakcies vont courir en ligne droite mais ça ne va ressembler à rien à l’écran !!! »
Ben non. En fait, Cohen s’en tire bien. Il s’en tire presque (<= mot clé) à la « Speed Racer ».
La course de quelques secondes est ici étendue à une poignée de minutes durant lesquelles les extérieurs seront floutés, suggérés par des bandes de couleur figurant la vitesse à laquelle les bolides se déplacent. Pendant ce temps, les pilotes sont filmés normalement, merci pour eux, rendant ainsi parfaitement compréhensibles les gestes techniques à exécuter (genre appuyer sur le gros bouton rouge qui fait aller super vite => on a les stratégies que l’on mérite).

C’est bien à ce seul instant du film que j’ai commencé à développer un début de semblant d’intérêt.

Et pourtant, « F&F » a une immense qualité, celle d’être totalement pris et à prendre au 1er degré. Il n’y a pas une once de cynisme dans ce film, et quelque part, c’est tellement reposant. Jusqu’au bout, Rob Cohen assume la beauferie de son projet, et si ça ne l’empêche pas de livrer une copie franchement chiante à regarder, au moins, on se dit que l’on est pas venu pour rien. Enfin, si l’idée de se retrouver immergé la tête la première dans un congrès de tuning faisait partie de vos « 12 trucs à faire avant de mourir ». En 1h30 et quelques, grâce à ce film, se sera chose faite.

Après, au secours… Au secours parce que bon, entre les mecs en marcel qui se frottent langoureusement sur les capots de leurs voiture orange et verte, pendant que des biatches avec des paires de nibards dont la stabilité insulte violemment toutes les lois de la gravité, se trémoussent dans des garages où d’autres mecs en marcel bidouillent les moteurs d’autres voitures aux couleurs hors du spectre, on est presque moins dans le polar bas du front que dans un porno réalisé par Dominique Chapatte.


Avec tout de même une riche idée de casting, celle consistant à faire du mâle et de la femelle alpha de la confrérie du tuning, Vin Diesel et Michelle Rodriguez.


Wooouaaah. Sérieux, ces deux là étaient juste fait pour se rencontrer et se faire écrire de somptueux dialogues amoureux à base de : « Beeeeuaaah ! » et de « Meeeeeuaaaaah ! ». Regardez comme ils sont beaux… On dirait un couple de divinités primordiales. J’en ai les larmes aux yeux.


Mais bon, c’est par le tout de rigoler, c’est qu’il m’en reste encore 4 à voir, attendu que, folle devant l’Eternel, j’ai décidé fermement de me faire la totalité de la série. Il parait que le 5 est le meilleur. En même temps, dedans, y’a Vin Diesel ET The Rock.

Note :

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