Les critiques flash de la rentrée

Oui, oui… « Les vacances c’est fini, faut penser à publier maintenant !!! »

Mais tout à fait, bonnes gens, tout à fait, sauf que bon, malgré une bonne volonté évidente de ma part (si, si, vous jure), entre le boulot qui redémarre avec son lot de « raaaaah!!!! » et de « renvoyez-moiàDublinFFS!!!« , et le reste, pas évident de trouver du temps pour….

« Tatata ! N’essaye même pas de t’en tirer comme ça ! On sait TOUS ce que tu fais pendant ton temps libre en ce moment, vilaine !« 

Ok, je pex. Mais pas que pour engranger des PO et me farmer un stuff correct pour les instances (pour ceux qui se demanderaient pourquoi je parle soudain chinois, je précise : il s’agit de WoW), non ! Je vous ferai sans doute un petit billeT sur « Mists of Pandaria » dans les semaines à venir. Vous voyez ?

Bref, assez d’excuses foireuses, voici un billet contenant 3 critiques flash de « The Tall Man », « Voisins du Troisième Type », et « Jason Bourne : L’Héritage ».

Attention tout de même, je spoile.

« The Tall Man », de Pascal Laugier : je n’avais pas autant spoilé depuis mon billet sur « Rebelle », ‘fin je crois.

Et on ouvre le bal avec « The Tall Man » qu’un génie, quelque part, a décidé de retitrer pour la France « The Secret » (et se faisant, de loler à la face de la loi Toubon), ce qui avec les gros « On n’avait pas été autant surpris depuis le « Sixième Sens », dites-donc, ouhlala ! » sur les affiches, ne laissait guère au spectateur de suspense sur l’existence d’un twist.
Lequel est sur la forme plutôt habile (enfin attention, dans une certaine mesure, hein, disons qu’il faut éviter de repenser au début du film après), sur le fond, ben franchement, je… je vais vomir et je reviens, en fait.

Réalisé par le Français Pascal Laugier, « The Tall Man » s’articule sur un enchaînement totalement fifou de twists plutôt que sur un seul : la nature du kidnappeur, son identité, ses motivations, ce qui oblige le réalisateur à jouer sur la représentation de ses personnages. Ainsi, la première moitié du film contient en germes tout ce qui explosera dans la suite, lorsqu’aura été opérée la conversion des points de vue.
J’ai plutôt apprécié la façon dont la maison de l’héroïne et ses habitants étaient représentés après la révélation intervenant dans la première moitié du film. J’ai moins aimé la voix off qui sort de nulle part (enfin si, de la bouche d’une gosse qui ne pouvait pas parler. Oh. Magie de la voix intérieure, ou résolution du trauma ? Peu importe, c’est en trop), le générique qui emprunte à « Fringe » ses pires effets d’incrustation de texte en 3D.
Le reste, bah, ni indigent ni génial, se laisse regarder avec un intérêt poli (si tu arrives à fermer très fort tes yeux et tes oreilles sur les coquilles énormes du scénario), jusqu’à la fin, où ce qui te reste surtout, c’est une bonne grosse nausée face à la morale de ce film.

Parce qu’une fois passé le twist si « génialtrosurprenanonn’avaitpasétéaussisurprisdepuisFast&Furious », premièrement, je me sentais de plus en plus gênée, non pas par le propos même du film (un film ce n’est pas une leçon de vie, rappelons-le), mais bien par le fait qu’à aucun moment, le dit film ne soit ambigu sur les actions de ses héros (dont les motivations sont pourtant hautement contestables). Ah, si non, je suis bête, la caution morale tient dans la dernière phrase prononcée en voix off… Génial.

Ensuite, je me suis mise bêtement à rétropédaler, et me suis rendue compte avec horreur que si dans « Sixième Sens », une fois le twist éventé, tu peux revoir le film et découvrir alors combien il est subtilement construit, ici, la seule chose que tu puisses faire, c’est te rendre compte que les trente premières minutes sont abyssales de malhonnêteté. Puisque ça va tout de même jusqu’à faire parler Jessica Biel et sa complice du mari de la première comme s’il était mort (alors qu’elles savent parfaitement que non). Ou jusqu’à voir une mère d’enfant disparu préférer reprendre ce dernier toute seule à ses ravisseuses plutôt que d’appeler la police qui enquête sur les dits enlèvements…
Bref c’est plus un film, c’est du bricolage. Un bricolage de mauvais goût, qui plus est.

Note :


« NOOOOOOON§§§§ CAY IMPOSSIBLLLLEEEEE §§§§« 

« Voisins du Troisième Type », de Akiva Schaffer.

En France « The Watch » écope d’un titre qui s’il est laid comme tout, a le mérite de résumer toute l’histoire au spectateur qui se demanderait de quoi cause le film. C’est pratique, du coup je me demande pourquoi personne n’a pensé à retitrer « The Tall Man » en « Robin des Bois inversé spécialisé dans le vol d’enfants ». Quelque chose dans ce style.
Sinon, « Voisins du Troisième Type » c’est un genre de « Desperate Housewives » mais avec des mecs et des extraterrestres. La banlieue américaine dans toute sa splendeur avec Ben Stiller dans le rôle de Bree Van de Kamp.

Film qui souffre du syndrome « le plus drôle est dans la bande annonce » mais qui a de la chance : ça reste drôle dans le film. Ensuite, ça reste surtout relativement sage pour une comédie américaine avec Stiller et Vince Vaughn plus Richard Ayoade, dans le rôle de Morice Moss en Amérique. Film joliment produit, sans effets cheapos, avec la dose réglementaire de mauvais goût (mais pas trop pour que ça reste exportable), et des personnages aussi cons que bien développés.

Insignifiant, divertissant, totalement fucked up, avec quelques bonnes idées comme Ben Stiller cherchant à apprivoiser un extraterrestre en utilisant tous les trucs qui marchent dans les films de SF (lui filer à bouffer, lui chanter le thème de « Rencontres du Troisième Type », et lui dire « je te vois » => priceless).
Après, bon, si dans dix ans vous m’en reparlez, soit j’aurai totalement oublié avoir vu ce film, soit j’en conserverai le souvenir d’un moment vaguement chouette, un peu comme « Paul » (dont vous avez vu venir le remake officieux, « Ted » ?).
Mérite principal de « The Watch », j’ai envie de revoir « Zoolander », « Tonnerre sous les Tropiques » et « We don’t mess with Zohan ». Et ça, c’est cool.

Note : */*

« Jason Bourne : L’Héritage », de Tony Gilroy.

Au départ, il y a l’envie de faire un 4e « Jason Bourne », mais l’envie n’est pas partagée par Paul Greengrass. Du coup, Matt Damon, qui surkiffe se faire suivre dans toutes les capitales européennes par un gros Irlandais barbu armé d’une caméra, annonce qu’il ne resignera pas pour un 4e film.
Mais bon, comme il ne s’agit que de menus détails, on va surtout pas s’arrêter pour si peu, donc tu me trouves un volontaire pour réaliser, tu seras gentil, tiens, le scénariste des « Quelque chose dans la Peau », ça devrait faire l’affaire, il connaît la franchise, et tu me trouves un acteur bankable mais disponible, tiens, pourquoi pas Jeremy Renner. Bon, ben je crois qu’on a tout, c’est bon, on peut y aller.

Ahhhhhaaaaaannnnn, grossière erreur ! Vous n’avez pas d’idée !!! Idée au singulier, j’espère que vous l’avez remarqué, parce que c’est bien là le problème en fait. Si encore les mecs avaient eu l’envie de faire quelque chose de fondamentalement différent, ça aurait pu fonctionner, mais en l’espèce « L’Héritage », ce n’est qu’une resucée peu inspirée du reste de la franchise.
Bon, Jason Bourne qui courrait partout pour retrouver son identité et se reconstruire, ça avait au moins le mérite de posséder un enjeu intéressant.

Ici, et bien nous allons suivre le destin d’Aaron Cross, qui pendant les 30 premières minutes du film va se contenter de faire des galipettes dans la neige avec Oscar Isaac et des loups, tandis qu’Edward Norton complote à l’échelle mondiale pour liquider les programmes « super-espions génétiquement modifiés » #brasdeMorphée.
Du coup, Aaron qui est un super-espion génétiquement modifié va devoir courir pour sauver sa peau.

Ben euh, oui… Super, merci les mecs. Du coup, Aaron Cross c’est quoi ? Jason Bourne 2.0 ?
Et bien oui, et tout le film de le clamer haut et fort. Premièrement en situant le récit parallèlement à celui de « La Vengeance dans la Peau », troisième Jason Bourne du nom. Constamment, le film revient vers lui, comme pour rappeler, pour ne pas dire forcer la filiation.
Inutile au possible, compte tenu du fait que Greengrass et son style bien particulier parti avec Matt Damon et le personnage titre sous le bras, l’intérêt de développer une nouvelle version de la franchise s’avérait assez limité.
Tony Gilroy ne fait que reprendre à son compte la manie des zooms brutaux sur les visages de ses acteurs, évacuant la shaky cam de son prédécesseur, ce qui est une bonne nouvelle. Attention, la shaky cam de Greengrass est bien la seule que je supporte, parce qu’elle est la seule que j’arrive à lire. Du coup, s’affranchir de ce style est une bonne idée. Conserver les zooms style documentaire « OhmonDieu, ce personnage a une émotion, vite, je zoom sur son visage pour accentuer l’effet dramatique ! » c’est déjà moins heureux :(ça passe super bien dans « The Shield » (best série policière du monde, ever) et dans « Battlestar Galactica » (best série de SF jusqu’à ce qu’une autre aussi bonne trouve le moyen de se conclure aussi fort qu’elle aura commencé, ever), mais curieusement, dans un film, au cinéma, je sais pas, ça fait cheapos…

Mais il faut faire avec. Comme il faut faire avec une Rachel Weisz perdue dans un film où son rôle se limite à servir de side kick aussi morne que celui de Franka Potente dans « La Mémoire dans la Peau ».

En plus d’une réalisation sans grand style ni ambition, les enjeux pour le personnage principal sont résumés à survivre à la liquidation de son programme. Bon, la survie est un enjeu majeur, on est tous d’accord là-dessus. Sauf que bon, l’enjeu en question est du vu, revu, et corrigé. Là où Bourne avait une vie à reconstruire et une expiation à gagner, Cross semble jeté dans une fuite en avant qui peine à dynamiser le film.
Un dynamisme qui se tire une balle dans la tête lors de la course poursuite finale, totalement imbuvable. Alors là, par contre, de la shaky cam, en veux-tu, en voilà, en plus, les ¾ des plans sont flous. Les courses poursuites sont devenues une marque de fabrique de la franchise, mais ici, la scène vire très rapidement au grand n’importe-quoi.

Parce que bon, le super-espion of doom envoyé pour décéder par la mort Aaron et Doctor Screamy, que le scénario te sort du chapeau à quoi, 10 minutes de la fin à peine, ben, curieusement, ça fait psssshhhiiiiit.

Regardez-moi ça :
RANDOM AGENT DE LA CIA 1 : Raaah, cet Aaron Cross est insaisissable ! Mais que faire ?
RANDOM AGENT DE LA CIA 2 : On pourrait peut-être mettre notre super-espion génétiquement modifié of doom sur le coup, le bien connu Dark Prince of Chaos ? Il est encore opérationnel vu qu’on a buté TOUS nos agents génétiquement modifié SANS EXCEPTION sauf lui, parce qu’on se disait qu’à un moment du scénario, ça pourrait resservir.
EDWARD NORTON : Cette conversation n’a strictement aucun sens, mais bon, ENLISH HELL, MY MINIONS !!!!!

Suite à quoi, pif paf, débarque Dark Prince of Chaos qui va donc se mettre à poursuivre Aaron et Doctor Screamy partout à Manille, pendant un truc comme, oui, 10 minutes, dont la moitié sera toute floue et atteinte d’une forme avancée d’épilepsie.
Alors certes, tu sens que tu regardes le remake de la grande poursuite à Moscou dans « La Mort dans la Peau », s’en est même au point que le méchant termine sa carrière d’evil guy la tête encastrée dans un pilier en béton #LadyDiana, exactement comme dans « La Mort… ».
Sauf que pour mémoire, dans « La Mort… » Greengrass et Gilroy (pourtant scénariste de ce 2e opus) s’étaient un peu cassés le fondement à faire exister leur méchant. Qui butte Franka Potente en moins de 10mn de film, se la pète un peu Terminator et pourchasse Bourne dans Moscou avec une abnégation affichée.
Là, ben, mis à part les dialogues qui t’expliquent avec une grande paresse que bon, le mec sur la pétrolette c’est Ze Ultimate Killer Elite, tu ne peux que constater son manque certain d’efficacité (même pas capable de tuer Rachel Weisz !!!! Un comble !!!).

On peut aussi noter que le film s’ouvre sur le même genre de plan que « La Vengeance dans la Peau », et qu’il se termine sur la même musique d’ascenseur que les trois films précédents. Dommage, s’eut été tenter de doter ce reboot d’une personnalité propre que de choisir autre chose que Moby (ou autre chose de Moby, tant qu’à faire). Je peux même ajouter la séquence de course poursuite à pied où les deux personnages principaux fuient chacun de leur côté, l’un dans les rues, l’autre sur les toits, décalque d’une scène similaire au Maroc dans le 3…

Bref, pas de prise de risque, pas de volonté affichée de faire autre chose de ce film qu’une suite impossible à faire mais qu’on va faire quand même, hein, de la trilogie « Jason Bourne ».

Dispensable, sans être totalement nul.

Note : *

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