De l’usage de la photocopieuse dans le Septième Art.

« Pfff, la Dame ne publie même plus depuis début juin. Sûr qu’elle est partie se dorer la pilule sur de lointains rivages, tenter d’envahir la Bordurie ou autre activité à forte valeur créative ajoutée. Bref, elle glande, quoi…. »

Ahah, pauvres innocents que vous êtes. Vraiment ? Des vacances ? Déjà, rien que pour écrire ce mot, je dois sortir mon dictionnaire tellement je ne suis plus très sûre de sa signification et de son orthographe. Non, alors que l’été (l’hiver ? Difficile à dire) débute, j’entre en phase d’activité maximale. De charmante blogueuse je passe sans transition à sensei en médiation patrimoniale, dictatrice pour deux mois devant laquelle les saisonniers tremblent d’une juste frayeur que leur inspire mes regards emplis de fiel et de courroux, ainsi que leur respect profond pour mon statut.
Et si un seul visiteur m’énerve : FUS RO DAH. Et on en parle plus.
Non mais.

Bref, tout ça pour dire que je bosse à fond, et qu’entre ça et d’autres trucs aussi fascinant que le vidage de cartons de livres et de dvd, sans parler de dompter deux chats berserker dans l’unique but de les faire entrer dans un panier de transport, disons que le temps me manque pour aller voir des films, d’autant que, je sais pas vous mais moi, la programmation en ce moment, c’est pas non plus la danse des sept voiles.
Elle était vachement longue, cette phrase.

Anyway, comme on dit sur Nolife, il est grand temps mes chers petits de nous atteler à la tâche titanesque qui s’offre désormais à moi : chroniquer « The Amazing Spiderman ».

Ah, comme c’est dommage.

Dommage pour Marc Webb, j’entends, d’avoir hérité de la lourde tâche d’adapter à l’écran un des super héros les plus géniaux de tous les temps juste après Sam Raimi.
« The Amazing Spiderman » c’est l’histoire d’un film qui se dit « amazing » dans son générique pour poser clairement sa différence d’avec le « Spiderman » sorti il y a tout juste 10 ans, mais qui repompe quand même visuellement le générique du film en question (et, gage de qualité, une scène de « X-Men Origin : Wolverine » => craaaaap !!!!).
C’est le film qui pioche dans les meilleurs plans de la trilogie de Raimi et tente d’en livrer sa version pour me faire penser à chaque seconde « et si Raimi en avait réalisé un quatrième… »

Bref, c’est dommage. Parce que « Amazing… » ne tient absolument jamais la comparaison avec « Spiderman ». Alors qu’honnêtement, de toutes les adaptations Marvel réalisées sous la houlette de Kevin Feige, il est clairement le meilleur, juste derrière « Captain America ». Lequel se promène toujours de larges foulées devant, quand même faut pas déconner.

Et puis il n’y a qu’un Peter Parker.

Parfois, il arrive une conjonction cosmique comme celle qui fit un jour se rencontrer Colin Firth et Mr. Darcy. Depuis son interprétation de ce rôle, d’autres acteurs s’y sont frottés pour ne faire que confirmer la triste réalité : Firth est l’interprète idéal de cette tête à claque arrogante et sûre d’elle mais en fait non, et j’arrête sur le champ d’écrire sur Darcy parce que de mémoire, il n’a jamais été foutu de tisser une toile ni de jouer à cochon pendu du haut de Big Ben.
Alors que Tobey Mc Guire, oui.

Ah… Tobey…

Le Peter Parker idéal. Un acteur qui avait tout pour incarner le personnage, sans se contenter d’être crédible dans le costard. Une tronche de boy next door mais plus du style du boy next door dont tu ne remarques la présence que le jour où tu quittes définitivement l’immeuble, quand le déménageur manque de le tuer en le percutant avec un carton.
Gauche, définitivement nerd, clairement pas capable sur le papier de lever une fille comme une Mary Jane Watson, et pour ce qui nous préoccupera dans les lignes à venir, une Gwen Stacy.
Justement pour cela que dans les films de Raimi, Peter séduit MJ via son alter ego en lycra.

Le drame, c’est de réaliser à quel point Mc Guire était parfait pour le rôle en découvrant la prestation d’Andrew Garfield. Ah ben mon petit Andrew, tu ne succèdes pas à l’interprète parfait en fronçant des sourcils, j’aime autant te le dire tout de suite. Même si la prestation de Garfield est vraiment très bonne (il joue quand même super bien, ce con…), difficile de faire oublier que Mc Guire joue non seulement tout aussi bien que lui, mais avait surtout à camper un personnage d’authentique geek associal et pataud, un alter ego de son réalisateur qui transposait sa sensibilité sur le héros et pas, comme Garfield UN PUTAIN DE HIPSTER EN SKATEBOARD MAIS MERDE UN SKATEBOARD CHEVAUCHE PAR UN ACTEUR BEAUCOUP TROP COOL POUR ETRE CREDIBLE EN PRESIDENT DU CLUB D’ECHEC !!!!!!!


The original

The amazing

Laissez-moi hurler mon désespoir, merci.

Non mais zut, et puis c’est quoi ce Peter Parker qui emballe à l’aise Blaise EMMA STONE QUAND MEME (Emma Stone qui aurait trop DU être la Catwoman de Nolan, qu’on se le dise) et puis qui lui raconte tout sur sa double vie, comme ça, même pas grave si son père c’est le chef de la police et qu’il ne rêve que de mettre Spiderman en prison, un Spiderman qui utilise DES CARTOUCHES DE FILS D’ARAIGNEE PARCE QU’IL SAIT PAS EN PRODUIRE LUI MÊME PAR LES POIGNETS !!!!!!!! (ouais, ok, comics rated, mais tout de même, c’est un peu naze…)

Ah ben laissez-moi vous dire qu’il a du mérite, Andrew Garfield, de parvenir à se dépétrer honorablement de ce sac de noeud. Emma Stone aussi a du mérite, et à l’écran, leur duo fonctionne remarquablement bien, malgré l’incongruité de ce Peter Parker qui utilise Bing comme moteur de recherche (mais bon c’est un hipster, j’imagine que c’est cohérent, du coup).

Un Peter Parker qui se promène en loucedé dans un labo scientifique high tech, entre dans les zones interdites, en particulier des placards ostensiblement bourrés d’araignées mutantes avec écrit en gros sur la porte : « Verbotten entrer dans placard à araignées mutantes sous peine d’excommunication et de banissement à vie de communauté scientifique, petits cons« , et qui se mette à jouer « Mr. Beveridge’s Maggot » avec les fils de leurs toiles tel un technoharpiste => ben tu l’as pas volé de te faire mordre, à mettre tes mains pleines de doigts sur toute surface à ta portée (y compris Emma Stone, donc). Le syndrôme « David » de « Prometheus », en quelque sorte.

Mais bon, pourquoi je m’étonne, franchement, quand je découvre à l’écran Gwen Stacy devenue responsable de l’encadrement des stagiaires chez Oscorp alors qu’elle n’a même pas encore son bac => perso, rien compris. Plus crédible, messieurs les trois auteurs du scénario : Gwen est stagiaire chez Oscorp, voilà, point final.

Outre les points WTF de ce scénario, l’histoire, inutilement complexe, est racontée de façon totalement maladroite, sans rythme, sans dynamisme. « The Untold Story » qu’ils disaient dans je sais plus quelle bande annonce. Oh ben pourquoi pas, sauf qu’en réalité, on te raconte la « déjà told story, but this time with a bunch of useless ballshit« . Les origines de Spidey, que tu le veuilles ou non, se sera TOUJOURS oncle Ben, tante May, la mort du premier par la faute de Peter et le héros portant sa croix.
Mais comme dans la quasi totalité des adaptation Marvel ces dernière années, le personnage principal est sacrifié au profit d’éléments bien plus fondamentaux, tel : l’action, la baston, la lolz, les complots à la con.
Voilà pourquoi « Amazing » ne parle jamais de Peter Parker. Voilà pourquoi le personnage semble aussi cool et désinvolte qu’un Tony Stark ado. Voilà pourquoi la vendetta contre l’assassin de l’oncle Ben est brutalement oubliée en cours de film, et pourquoi jamais plus on n’en reparlera.

Il faut j’imagine, compter sur le fait que le spectateur a déjà vu les trois films de Sam Raimi et qu’il soit donc déjà familier de Peter Parker pour que le scénario présent passe pour crédible et bien construit. Dans la trilogie, Spiderman était un adulte en construction, aussi bien dans sa vie publique que dans sa vie secrète, apprenant à faire usage de ses pouvoirs et des responsabilités qui en découlent dans un très bel arc en trois actes. Si le dernier était légèrement nawakesque en raison de l’accumulation des adversaires qui donnait un peu l’impression d’une surenchère inutile, jamais Raimi n’a perdu de vue Peter Parker et le fait que Spidey est Spidey parce que sous le masque, il y a ce geek introverti qui se bat chaque jour de sa vie pour trouver sa place dans le monde et être tout bêtement heureux.

Ici, disons que l’on voit Peter Parker réussir à emballer la plus belle fille du lycée, et puis sauvez New York. Ah ben chouette alors. Bon, il serait malhonnête de dire que l’évolution du personnage est absente. Simplement, elle est traitée dans le fil logique de l’action, sans jamais être l’objet de la narration. Résultat, le film ne m’a jamais émotionnellement impliquée.

Et une nouvelle fois c’est dommage. Parce que sincèrement, Marc Webb se donne beaucoup de mal pour que son film soit sympathique à regarder. L’emploi de la 3D, à défaut d’être génial, est correct. Si les scènes de voltige à la première personne avaient été un peu moins shaky et un poil plus longues, j’aurais été presque comblée.
Parce que question production et CGI, « Amazing… » se pose là. J’ignore combien de reins ont été vendus pour financer ce film, mais à l’écran, ça pète. Et la très nette amélioration du photoréalisme en 10 ans fait regretter que Sam Raimi n’ait pas eu les même joujous à disposition pour sa trilogie. Entre les mains de ce grand malade, je pense que j’aurais eu un geekasme à mi-séance. Webb, outre s’inspirer largement du travail de son prédecesseur dans les scènes d’actions, tente d’iconiser un peu son héros, et y parvient sans sacrifier à la désacralisation désormais indissociable des adaptations Marvel. Bon, pas de quoi se rouler par terre non plus, mais certains plans larges fonctionnent. Certes, ça ne mange pas de pain, mais ça fait tout de même plaisir. Bon après, les combats donnent souvent mal au crâne, mais ne sont pas toujours illisibles.
C’est cool. C’est souvent plein de bonnes intentions, qui aboutissent rarement à quelque chose de satisfaisant, un peu comme le scénario.


Nop, rien à faire, je n’adhère pas à la machine à fils, OSEF si elle est canonique.

« The origins untold of the unknown story of the past of Peter Parker… FEEEEAAAAAR ! » => on s’en tamponne l’oreille avec une babouche, les mecs. Oh oui, le père de Peter était un graaaaaaand scientifique, ouiiiiiiiii, il avait découvert les secrets du transfert génétique interespèce (tu parles d’un exploit, moi ça fait longtemps que j’ai fait fusionner mon ADN avec celui d’une marmotte…) et donc pour Peter le film n’est qu’ une loooooongue quêêêête de ses origines, ouhlala comme tout ceci est über mystérieux, jusque dans la scène bonus track pour un baril acheté une scène supplémentaire offerte où tu découvres, EXACTEMENT COMME DANS LA SCENE FINALE DE « KILL BILL » qu’en fait, le père Parker n’est pas mort : en même temps c’est une adaptation de comics => s’il n’y a pas de corps, c’est que le type n’est pas mort cqfd.
Ben même ça, alors que c’est tout de même censé être au coeur de ce reboot, c’est abandonné sur le bord de la route comme Hector le labrador un jour de départ en famille vers le Lavandou.
Donc un coup on a Peter qui fait mine de s’intéresser au passé de son père, puis de s’intéresser à venger l’oncle Ben, mais comme le boule d’Emma Stone est vachement plus passionnant (je lui jette pas la pierre mais je le trouve tout de même bien frivole, ce garçon), pifpouf, il préfère aller insulter le père de sa dulcinée sous son propre toit avant d’aller cogner un pauvre lézard qui lui a rien fait du tout, et puis soudain, parce qu’il trouve sans doute ça plus épique que de venger son vieil oncle, il décide de faire de la mort de la créature sa priorité numéro 1, rapport au fait qu’il aurait créé le monstre, alors qu’en fait, pas du tout.

Bon, on voit bien l’idée générale : Peter est tout aussi responsable de la mort de l’oncle Ben que de la transformation du docteur manchot, mais il choisit d’abandonner sa croisade personnelle au profit de la protection des innocents. Simplement, c’est tellement mal présenté, avec un rythme si lénifiant et un enchainement des idées si décousu qu’on se retrouve à la fin du film à se demander si en fait, le braqueur de la supérette a pu finalement s’en sortir. En tout cas moi, cette question m’a obsédée tout le film durant.
Comparer la non résolution de cette vendetta avec la façon dont Raimi concluait cet arc est inutile, le kiwi gagne par K.O.

Si « The Amazing Spiderman » me prouve une chose, c’est que Michelle Phan a raison : « Less is more« . Un adage qui vaut pour les tutos de maquillage sur Youtube comme pour l’écriture d’un scénario de blockbuster. Inutile de s’embêter avec des intrigues trop complexes, l’important c’est de bien développer une histoire qui tienne la route toute seule et de pouvoir faire évoluer intelligemment les personnages en son sein. « John Carter » s’y était cassé les dents en mars dernier, à trop vouloir en faire, et « Amazing… » se vautre précisément sur ce point.

Et aussi sur sa note d’intention soooooo Kevin Feige TM : la cool attitude. Bon sang, mais Sam Raimi parvenait à rendre son film drôle et souvent décalé sans pour autant donner l’impression de donner des coups de coude dans les côtes du spectateur. L’opposé du moment où l’oncle Ben, il file trop la teuhon à Peter en disant à Gwen « mon gros vicelard de neveu il t’a en photo sur son ordinateur ! ROFLcopter« .

Entre ça et les repompes assez grossières dont je n’ai sans doute pas évalué toute l’étendue (de la trilogie « Spiderman » en passant par « X-Men Origin : Wolverine », et « Kill Bill », « Watchmen », « 300 », et là, ça me vient pas mais je suis sûre de pouvoir en trouver d’autres), on frôlerait presque la purge si Marc Webb ne me donnait pas l’impression d’avoir vraiment tenté de faire de son mieux. Comparé à Joss Whedon sur « Avengers », on a ici au moins l’illusion que le réalisateur tente de donner un peu d’ampleur à son récit. Mais il n’y a pas de quoi s’accrocher au rideau non plus.

Ceci étant dit, il y a dans « The Amazing Spiderman » pire que les grossiers décalques d’un film à l’autre. Oui.
IL a encore frappé.
IL a une nouvelle fois utilisé son pouvoir le plus puissant.
IL a osé.

L’EMPEREUR DU COPIER-COLLER, le grand khan de la décalcomanie, le drongaire du plagiat, le doge de l’auto-parodie :

JAMES « l’époque pour j’étais doué et inventif appartient désormais au passé » HORNER.

Alors là, limite, je suis choquée. J’ai passé le film entier à me dire : « ben la vache, le compositeur, il repompe totalement les BO de « Titanic » et « Avatar », sachant que de base, la seconde n’est qu’une relecture de la première, il a pas peur. Du sous-sous James Horner, y’a même de gros morceaux du « Nouveau Monde »… Eh beh… Y’en a qu’on pas honte. »
Et là, paf, générique : « composed by James Horner » => mais c’est scandaleux d’être un branleur pareil.

Sans plus de suspens inquiétant et de transition transitionnante, extrait dans vos faces : contemplez l’étendue de sa pathologie. Horner ne se répète pas, il bégaye.

Et voici maintenant l’heure de donner une note à ce film, et là, je suis très ennuyée parce que je ne sais pas s’il mérite un ** comme « Avengers », vu que « Amazing… » m’a beaucoup plus ennuyée, et si, de fait, je dois lui mettre moins, ou plus, parce que c’était tout de même un peu mieux, mais en fait je sais pas. J’en sais rien. Je sais plus. Je suis démunie. Marvel, tu me rends folle.

Note : */*

Bonus track, pour laver votre linge plus blanc que blanc :
The original
The amazing

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