Brace yourselves, a full year is coming.

Depuis le 1er avril, nous étions un peu comme d’espiègles bambins dans un parc de loisir, fermement accrochés à une tyrolienne suspendue entre deux arbres, riant bêtement pour dissimuler notre appréhension face la possibilité d’un impact violent dans le tronc d’en face ou d’une brutale défaillance de notre harnais.

Les métaphores, ça n’a jamais été vraiment mon truc.

Tout ça pour dire que cette saison, D&D nous aurons sacrément fait danser, entre les passage gentiment WTF (le coup de raquette dans la tête de Jon Snow), le n’importe quoi puissance mille (Docteur Quinn) et l’astucieux aménagement (Qarth).

On le sait, la saison a eu du mal à démarrer, avec autant d’épisodes d’exposition que dans la première, ce qui dans ce cas était bien plus justifié. Un rythme plan-plan et de nécessaires rebondissements capillotractés qui devraient malheureusement devenir la marque de fabrique de la série, compte tenu du besoin d’introduire, saison après saison, de nouveaux lieux et personnages.
Si le fait de sortir un avant-dernier épisode grandiose pouvait également devenir une tradition, j’avoue que ça m’arrangerait.

Bon eh oh, c’est pas le tout, mais c’est qu’il y a du boulot ! Oh oui, je sais « la semaine dernière, c’était vraiment naze, ce billet ! ». Ahah, et bien cette semaine, en guise de compensation, vous allez avoir du lolshot à ne plus savoir qu’en faire : blagues débiles trafiquées sur Photoshop par des nerds avides de montrer au web tout entier l’étendue de leurs névroses, et GIF stupides, sans doute bricolés par les même nerds, toujours pour les mêmes raisons, mi-impérieuses, mi-psychiatriques.

« Valar Morghulis » est donc le dernier épisode de la saison. Vous allez y apprendre des tas de choses : est-ce que Tyrion a survécu à son entaille mortelle ? Robb est-il parvenu à trouver son lit sous sa tente de 4m2 ? Pourquoi n’y a-t-il que de sombres salauds dans la Garde Royale ? Doreah est-elle revenue du marché avec des kiwis ? L’Unique est-il encore à flot ? Combien de moues différentes Kit Harrington est-il capable de faire ? Daenerys va-t-elle tout péter avec ses dragons histoire de conclure la saison sur quelque chose de fabuleux ? Va-t-on revoir Roz dans cet épisode ?

Le fun fact avant de commencer : le réalisateur de l’épisode du jour est Alan Taylor, déjà au manettes du season finale de l’année dernière et metteur en scène récurrent sur la série. Ce qui n’est pas un fun fact en soit. Non, le vrai fun fact, c’est qu’Alan Taylor est actuellement en plus pré-production de « Thor 2 ». Voilà.

Man vs. Wildling.

Cette semaine, dans « Man vs. Wildling », Jon Snow a fort à faire. Tout le monde est trop méchant avec lui, même Monsieur Mi-Main, qui veut plus lui donner des leçons de SVT rapport au fait que « t’es rien qu’un petit con, Jon ».
En plus, et j’ai presque envie de dire, c’est pire, Jon, non content de lutter contre les éléments, combat également sa chevelure qui s’il n’a pas encore pris sa décision, semble avec choisi à sa place d’embrasser la cause des Sauvageons. Je n’arrive pas trop à savoir si ce truc sur sa tête est un caniche agonisant ou un brushing réalisé en mode aléatoire avec un réacteur de Boeing…

Considérations capillaires d’un intérêt majeur mises à part, venons-en au plan plus global de Qhorin Mi-Main. Qhorin, avec son prénom de gonzesse et sa mine de chien battu sait qu’il est foutu. La légende de la Garde de Nuit ne sera plus vivante longtemps, et comble de l’horreur, pour seule éventuelle porte de sortie, il ne lui reste que Jon Snow.

Lequel Jon Snow possède les arguments suivants :
-une épée en acier valyrien dont il sait à peine se servir.
-un loup albinos qui n’en a rien à carrer que son maître se fasse malmener par des sauvageons et qui l’a lâchement laissé choir quand il s’est fait capturer.
-la capacité de réflexion d’un bulot.
-énormément de cheveux.
-une impressionnante collection de moues.


En résumé : un gros mental couplé à la puissance de feu d’un croiseur.

La série ne le dit pas, mais Qhorin tentera à plusieurs reprises de se suicider en avalant sa propre langue plutôt que de devoir affronter l’idée de confier à Jon Snow le destin de la Garde de Nuit et du royaume tout entier.

Mais bon, avaler sa langue, c’est pas facile. D’ailleurs, Jon a essayé une fois, et il s’est mordu, alors il a fait la moue.

Le super plan de Qhorin Mi-Main se déploie en trois temps :
Phase 1 : insulter la mère de Jon Snow.
Phase 2 : contempler la moue de Jon Snow.
Phase 3 : espérer que Jon Snow soit moins manche pour le tuer qu’avec Ygrid.

Scène à laquelle on ne pige pas grand-chose, je dois dire, mais ce n’est que la première fois dans cette chronique que je vais vous le dire. Attendez, y’aura pire bientôt. Certes, Mi-Main fait des grands « ahlala, sale traître de bâtard, bouh vilain tu mérites de mourir, mécréant » à Jon, lequel le tue dans un grand numéro d’Actor Studio où Kit Harrington déploie tout son talent => une moue surprise.

Mais ce qui m’inquiète c’est après. On peut supposer que Mi-Main et Jon avaient déjà répété leur petite pièce avant de la jouer, mais ce que j’ai un peu de mal à comprendre c’est la réaction des Sauvageons : « Il a tué Qhorin Mi-Main, bon, c’est qu’il doit être de notre côté : libérons-le. »

Le prétexte m’a semblé un peu léger, passant rapidement sur le fait que Jon, bien qu’il ait tué son frère, n’en a pas pour autant ouvertement exprimé le vœu de tourner casaque. Mais le scénario de cet épisode prend de furieux raccourcis histoire de clore tous les arcs de la saison.
Un procédé qui bien que nécessaire, n’est pas forcément toujours heureux. Comme « Blackwater » a empêché la poursuite des intrigues de chacun le temps d’un épisode, il faut rattraper ce temps perdu.
Ainsi, Jon est aussitôt libéré. Au lieu d’être, par exemple, maintenu prisonnier mais travaillé au corps par les sauvageons : « Tu as tué Mi-Main, ton frère juré. Ça va se savoir. Tu peux pas revenir chez les Corbeaux. Tu devrais nous rejoindre… »

Par manque de temps, on pratique un définitif « cut the crap » pour envoyer Jon jeter un petit coup d’œil sur le camp de Mance Rayder. La saison prochaine, il sera conduit devant le roi d’au-delà du Mur, et il pourra lui faire la moue.
Génial !

Sérieusement, pour la saison 3, il va falloir se remuer pour nous pondre quelque chose qui ait un peu de consistance. Pas folichon cet arc au-delà du Mur, entre Jon Snow en mode grognon et Mi-Main la Légende de la Garde de Nuit qui, action n°1, confie une exécution à cette andouille de Jon, action n°2, se fait avoir comme un bleu par les Sauvageons. Non seulement, le jeu assez déplorable de Kit Harrington sur cette saison n’a pas franchement contribué à m’attacher à son personnage, mais le traitement superficiel de Mi-Main m’a rendue totalement indifférente à sa mort.
Seule Ygrid m’a sauvée de l’ennui le plus profond.

Orgueil et Préjugés.

Jaime Lannister et Brienne de Torth forment décidément le couple le plus mal assorti de tous les temps. Mais dans le fond, je soupçonne Jaime d’adorer Brienne parce qu’elle est une source de vannes quasi inépuisable et qu’elle n’a que moyennement le sens de la répartie. Ouais, n’est pas Elisabeth Bennett qui veut.

Parce qu’il fallait sans doute se fendre d’un passage dans le season finale pour ne pas oublier ces deux là, on doit donc se farcir une scène qui aurait peut-être gagné à n’être présentée que dans la saison suivante. Bon, il était en effet nécessaire de rappeler l’existence de Brienne et Jaime. Mais d’ici l’année prochaine, on aura eu le temps de les oublier. De là à dire que ce moment entre dans la catégorie des passages inutiles de l’épisode, il n’y a qu’un pas.

Brienne et Jaime tombent sur des soldats Stark qui leur cherchent des crosses. La scène en elle-même est pourtant plutôt bien écrite. On y voit au travers de la réaction des soldats toute la douleur de Brienne. Sérieux, Brienne est une fille bien. Loyale, douée, intelligente, mais elle est moche. Et être moche, pour une femme, aux yeux des hommes, il n’y a pas pire.
C’est amusant de voir qu’elle semble se faire aux remarques désobligeantes du Régicide, qui joue les fanfarons, et de réaliser que l’hilarité spontanée des soldats la blesse 20 fois plus.
J’ai trouvé cette scène vraiment terrible pour cela. C’était la première fois que l’on voyait Brienne dans cette position si cruelle de la fille grosse et moche devant les petits cons de la cour de récré. Et qu’est-ce-qu’elle peut bien y faire ? Elle est en effet grosse et moche. Alors elle laisse dire, pas le choix.
Bon, je trouve toujours que l’actrice a une drôle de façon de donner ses répliques, mais pour la première fois dans cette scène, je l’ai trouvée vraiment bien, justement dans cette restitution de la douleur, de la résignation et de la crispation.

Mais Brienne, faut pas trop trop lui souffler dans les bronches. La traiter de grosse fille moche, ça passe. L’habitude.
Essayer de faire foirer sa mission, alors là, c’est plus du tout la même musique.

Combat expéditif, qui impressionne fortement Jaime (« OMFG, a Terminatrix ! »), réalisant sans doute pour la première fois que oui, la petite, elle n’est pas que moche, elle est aussi sacrément douée (et que se balader sur les routes avec elle, c’est un peu comme voyager avec Hulk). Et un brin revancharde aussi, parce que je ne sais pas vous mais moi, j’ai adoré la lente mise à mort du gros con de Stark qui s’était foutu de sa tronche. J’adore aussi le fait que la dernière image qu’il emportera dans la mort sera celle du visage de Brienne de Torth.

Ma championne.

Malgré l’efficacité de cette scène, j’ai du mal à comprendre son intérêt. peut-être, quitte à se souvenir de l’existence de certains personnages, comme ces deux là, ou Stannis et Mélisandre, aurait-il mieux fallu les lier tous par un montage en forme de récap « et pendant ce temps ». On aurait ainsi pu voir une petite séquence où Brienne marche avec le Régicide, sans forcément la séquence de baston qui va bien. Laquelle aurait pu attendre un an pour nous être présentée.

Je suis d’autant plus réservée que j’attendais vraiment un cliff pour cet arc en fin de saison. Je vais me consoler en allant faire une tarte à la rhubarbe.

« Sorry can’t hear you over the sound of how awesome I am« .

Mufasa is back, bitches !

La classe de Tywin Lannister est si violente que j’en viens à me demander s’il n’est pas le double inversé de Theon Greyjoy, finalement. Comment ne pas rester sous le choc de son arrivée triomphale de la semaine dernière, proclamant avec cette assurance dont lui seul est capable : « Ahah ! Nous avons gagné », sur un ton proche de celui de Papi dans « Papi fait de la Résistance », à la subtile différence que Charles Dance est un tout piti peu plus élégant que Michel Galabru. Mais ça se joue à pas grand-chose.

Tywin Lannister cultive les entrées remarquables comme d’autres les rhododendrons ou les mycoses. Ainsi, dans l’unique but de dépasser celle de la semaine dernière, il décide pour le final de la saison d’entrer à cheval dans la salle du trône.
Ah ouais, comme ça, carrément !

Heureusement, mais alors là, trois fois heureusement que les Lannisters vivent au Moyen-Âge parce qu’entre le fait d’être blond aryen (oui, un jeu de mot s’est glissé dans cette phrase), de délirer sur leur Reich de 1000 ans, et de se vêtir pour la guerre de noir et d’écarlate, on était à ça de voir Tywin faire son entrée devant le Trône de Fer sur un Panzer IV. Ce qui aurait été super impressionnant aussi, me direz-vous. Mais après, il aurait encore fallu se lancer dans des travaux pour refaire la super déco de Joffrey.

Bon, c’est pas le tout de parader comme un cake sur son cheval blanc, c’est qu’il y a une cérémonie en cours !
Cérémonie de remise du pin’s magique qui rend Main, ce qui a l’air t’en toucher une à Tywin Lannister sans faire bouger l’autre.
« Sympa », dit-il en regardant à peine sa bonne vieille broche avant de repartir sur son cheval en sens inverse. Comme si ce qui allait se passer par la suite n’avait aucun intérêt, alors que tout de même, Margaery a mis sa robe la plus moche.

La guerre ayant été gagnée grâce aux tractations de Littlefinger avec les Tyrells (« Taïrells », « Tirells », deux prononciations dans le même épisode, je suis confuse), lord Petyr Baelish vient de se voir confier, youpiyoupla, la super forteresse pas glauque du tout de Harrenhal ! Exactement ce que Tyrion lui avait promis plus tôt dans la saison. Pour mémoire, Harrenhal est maudite, mais bon, Littlefinger n’est pas un garçon impressionnable. A deux doigts de faire un entrechat tellement il est joie et bonheur.

Joffrey continue gracieusement sa distribution de bons points, en jouant une comédie savamment orchestrée par sa mère et son conseil restreint :
«-Ah, ser Loras, vous qui nous avez sauvé, je veux vous récompenser. Qu’est ce que je peux vous offrir ? Un château ? Un pin’s ?
Ben sire, disons que c’est moi qui aimerais vous faire un cadeau : ma sœur. Garantie de première main, elle n’a *tousse* jamais servi.
Votre sœur… Elle est où votre sœur ?
Ben là, à côté de moi.
Ah, au temps pour moi, le fait qu’elle soit coiffée et habillée pire qu’une bonniche de Winterfell m’a induit en erreur. »

Pitié, l’année prochaine, les gens des costumes… PITIE ! Vous avez fait de si beaux efforts sur Cersei et Sansa, afin de leur donner de vrais vêtements royaux. Faites un petit effort sur Margeary, en plus sa famille est censée être une des plus riches du royaume. Je sais qu’elle a de super seins Natalie Dormer, mais clairement, les méga décolletés of doom ça ne suffit pas à donner l’illusion qu’elle est une dame de la très haute noblesse.
Ça la fait juste ressembler à une cagole.

Une cagole qui joue super bien au jeu des trônes soit dit en passant :
«-Oh sire, je puis à peine lever les yeux sur votre royale personne. Les récits de vos exploits les plus héroïques sont parvenus à mes chastes et pures oreilles, et j’ai cultivé depuis les hautes tours de mon palais une inclinaison à votre endroit qui se mue, désormais que mon regard a frôlé votre magnificence, en un amour que je ne saurais qualifier autrement que de fort à propos étant donné les circonstances. Donc maintenant épouse-moi, je suis riche, et grâce à ma robe tu peux constater que la marchandise est de qualité.
Rooh, non, c’est trop bête. En fait, c’est con, tu vas voir, il se trouve que je suis déjà fiancé, pas de bol.
Oui, alors à ce sujet, moi, la reine Cersei, je tiens à préciser ta fiancée ne nous sert plus à grand-chose depuis que son père a osé « trahir » sa majesté. Si on la garde c’est juste parce qu’elle fait joli et qu’elle nous servira de monnaie d’échange pour ton p… oncle. Du coup, tout est arrangé, coucou, nouvelle belle-fille, je te déteste déjà !
Ouiiiiiiiiii ! Trop super !!!!!!!!! »

Une qui est à deux doigts de travers la salle du trône en faisant la roue pour exprimer sa joie, c’est Sansa. Mais Sansa ne peut jamais rester tranquille deux minutes ni savourer son bonheur comme il se doit. Littlefinger la met en garde, comme il est de coutume avec ce personnage dans cette série, en grillant toutes ses cartouches d’effet de surprise pour la suite. D&D ayant évacué le personnage de Ser Dontos, autant exposer directement les manipulations du puppet master. Mouais, ça se tient dans le cadre d’un allègement de l’intrigue. Après, est-ce que cela sert le personnage de Littlefinger, qui est désormais sans surprise ? Pas sûre.

Une chambre de bonne, dans le Donjon Rouge.

La famille Lannister a toujours été aimante et su récompenser ses membres les plus méritants. Aussi, maintenant que Tywin est revenu pour assumer sa charge de Main du Roi, Tyrion n’est plus d’aucune utilité. Viré pendant son coma de ses appartements, il est expédié dans une soupente avec son fidèle escuyer Podrick Payne. Le brave petit, je l’adore déjà.

Décidément, Bran n’a plus l’apanage des réveils en fanfare, puisque à sa sortie du cirage, Tyrion est accueilli par mestre Pycelle.
« A moi !!!!!!! », hurle le pauvre blessé, qui fait demander Bronn de toute urgence.

A sa place, je ne serais pas rassurée non plus. D’autant que Pycelle prend un évident plaisir à lui faire l’inventaire de ce qu’il a perdu : « ton travail, tes amis tarifés, ta gueule de beau gosse, ah non, c’est vrai, en fait, t’as rien perdu sur ce coup là, t’as même gagné le droit d’être encore plus moche ! Hihi ! »

Tout de même, je m’interroge. Avant le début de la série, Tyrion vivait à Port-Réal, non ? Du moins y passait-il du temps. Il n’a pas des appartements à lui ? Ou alors les a donné à Jalabhar Xho ?

Peu importe, sa visite suivante est celle de Varys. Qui confirme ce que Pycelle, qui ne jouait même plus les petits vieux devant Tyrion d’ailleurs, avait laissé entendre : Bronn n’est plus capitaine de la garde, et demeure aussi introuvable que ses clans des collines qui de toute façon, ont été renvoyés chez eux.
Ah oui, et aussi, cerise sur le gâteau, n’enquêtons surtout pas sur cet étrange incident, ça dégagera du temps pour les intrigues de la saison prochaine, ser Mandon a tenté du tuer Tyrion sur ordre de la reine.

Comme le suggère Shae, il est grand temps de se tirer de là. Mais Tyrion refuse de partir se réfugier à Pentos avec sa copine. Lui, il aime les jeux de pouvoirs, dusse-t-il en crever, il restera à Port Réal, pour faire chier son père et sa sœur jusqu’au bout. Na, voilà !
Quel homme. Je déteste Tywin de ne pas voir que son fils est un sacré putain de bonhomme. Une scène qui une fois encore, mais j’en ai marre de me répéter, était admirablement servie par un Peter Dincklage tout en fragilité et en détresse. Il est chiant, ce type. Surtout quand il s’effondre quoi, merde…

A noter que cette scène révèle ce qui semblait bien avoir été amorcé en filigrane dans les épisodes précédents : Shae n’est plus tant intéressée que cela par l’argent de Tyrion. Ou alors elle joue super bien la comédie. J’ai pu lire sur les forums des tas de choses au sujet de ce prétendu changement du personnage. Je ne suis pas encore tout à fait sûre que le personnage de Shae ait été à ce point modifié. Après tout, dans les bouquins aussi elle faisait très bien son travail et savait que dire à Tyrion pour le rendre heureux. Faut pas croire, c’est une fille qui est très douée dans son métier.
Tenez, en parlant de putes…

La geste de dame Roz, la prostipute.

Libérée par la reine maintenant que le roi Joffrey est revenu de la guerre en un seul morceau, Roz a rejoint le Palais des Mille Fleurs où elle tente de cacher ses ecchymoses du mieux qu’elle peut.
Varys entre soudain dans sa chambre, pour tenter de la débaucher au sens professionnel du terme (bien que «débaucher » une pute au sens professionnel… bref… Ne jouons pas sur les mots).

Varys dégaine l’artillerie lourde : langue fleurie, douceur de la voix, gentillesse, flatterie. Là où Littlefinger se la joue crotale, il apparaît comme à son habitude, moelleux comme un muffin.

En deux temps trois mouvements, c’est fait, il a mis Roz dans sa poche.

C’est sans doute la première fois cette saison qu’une scène avec Roz semble promettre devoir déboucher sur quelque chose. Mais bon, je voudrais pas trop m’avancer non plus.

Et franchement, j’espère que D&D vont en faire quelque chose de Rozie, parce que vu le temps investi pour ces conneries pendant toute cette saison et la précédente, au détriment de vraies intrigues avec des gens intéressants dedans, mieux vaut que ça ne se termine pas simplement sur la création d’un nouveau sous-marin.

Arya Sans Famille.

Ah ben on ne peut pas dire que le fait de voir Arya sur les routes me procure de la joie. Pas que je sois inquiète pour elle, du tout. Non, j’ai lu les bouquins donc je sais que ces pérégrinations à venir seront les moments les plus chiants de la série. Enfin, je dis ça, je suppose en fait. Cette saison, un très bon travail de réécriture de son arc a permis d’en faire quelque chose de dynamique et de bien pensé. Très éloigné des livres, mais efficace et cohérent.
Alors bon, pourquoi pas, après tout…

En attendant de ne rien faire d’autre que marcher pendant deux tomes, Arya rencontre une dernière fois Jaqen H’Ghar.
Le mystérieux homme aux cheveux bicolores fait ses adieux à la petite, avec une recommandation à la clé : « Si jamais la carrière de Sans-Visage te tente, tu peux aller déposer un CV de la part de cet homme à Braavos. Tiens, prends cette pièce, et répète après un homme le titre de l’épisode : Valar Morghulis. Souviens-toi bien de cette phrase parce que c’est ta punchline. »

Bien qu’elle aurait voulu voyager avec son Terminator, Arya comprend qu’il n’a pas l’intention de la suivre comme un caniche dans tout Westeros à la recherche de sa mère, de ses frères et de … « Merde… C’est quoi son nom déjà… Conna… Non…Bref, ma sœur ».
Leur route se sépare donc, sur cette phrase énigmatique de Jaqen : « Jaqen is dead », et en effet, alors qu’il se retourne une dernière fois sur Arya, son visage est celui d’un homme inconnu.

Oh ben ça alors…

Bon, on a tous nos théories fumeuses sur Jaqen H’Ghar, sur ses multiples visages, dont un potentiel, et je sais pas vous mais moi, leur petite discussion m’a confortée dans mon idée au sujet de … chutchut.

Je note que ce passage Arya/Jaqen brille par la sobriété de sa mise en scène. Une simple contre-plongée suffit à auréoler le personnage de Sans-Visage de mystère, tout comme sa téléportation derrière Arya. Voilà, ça ne coûte pas grand-chose à faire, mais l’effet est là. Au contraire du son changement de visage, très bien amené, plus discret que dans les livres où ses traits se remodelaient devant la petite fille. Une simple tête qui se tourne et une autre qui réapparaît, dans le même plan. L’effet d’étrangeté est toujours présent, mais l’effet visuel est moins lourd à produire.
Quelque part, cette scène est pour moi l’expression parfaite du numéro d’équilibriste qu’est la production de cette série hypertrophié de partout (décors, costumes, personnages, intrigues) et qui doit en plus de cela danser avec des effets numériques, un budget certes plus que conséquent pour une production télé, mais l’obligation de toujours trouver un point d’équilibre entre les incontournables effets visuels, et la simple narration. On le voit ici, une mise en scène bien pensée suffit à faire les ¾ du boulot. Un petit effet numérique par-dessus de fait pas de mal, et apporte la dimension d’étrangeté qui manquait à la scène.
Un très beau travail.

Et adieu Jaqen. Un homme va nous manquer.

Winterfell.

Theon Greyjoy rêve tout éveillé. Il pense à ce que seront les cérémonies de son jubilé de diamant, célébré à la date anniversaire de la prise de Winterfell. Il se voit déjà, saluant la foule venue l’acclamer en masse, campé sur le pont de la Chienne de Mer, et il entend les commentaires exaltés de Léon Zitrone, ou Stéphane Bern, il n’a pas encore décidé.

En tout cas, si Theon est sûr d’une chose, c’est qu’à son jubilé, il n’y aura pas de joueur de cor. Ah ça non, certainement pas !

S’il rêve, c’est surtout pour oublier la présence d’une armée de 5000 hommes du Nord sous les murs de Winterfell. Avec ses 20 clampins, comme le lui fait remarquer mestre Luwin, il y a peu de chances pour qu’il voit le jour de son jubilé.
Mais le mestre, qui a vu Theon grandir et qui sait désormais qu’il n’a pas tué les petits princes, fait preuve de compassion envers le jeune homme. Il lui indique l’existence de tunnels par lesquels fuir le château.

Oh ben tiens c’est pas banal, ça. Des tunnels pour fuir le château ? Eh, mestre Luwin, à quel moment tu en parles à Osha pour qu’elle fasse sortir les gamins par là ?
Non, le tunnel est réservé aux gros faisans comme Theon Greyjoy, faut croire.

Faisan, certes, mais parfois, ce faisan sait se montrer courageux. Ainsi, il réunit ses hommes, visiblement moyennement motivés, pour les encourager à tenter une sortie héroïque. On a déjà vu que cet homme était doué pour le théâtre. En voici une nouvelle preuve.

Magie d’Alfie Allen, qui nous sert un discours flamboyant, c’est un Theon inspiré, exalté, qui enflamme la foule en lui promettant l’éternité de la légende, la gloire des héros qui ne meurent jamais, car ce qui est mort ne saurait mourir et BAM !

La malédiction Theon Greyjoy, la fameuse aura de loose qui ne le quitte jamais. Alors qu’il se remue les cojones pour pondre un discours magnifique sur le courage et le sacrifice pour une cause perdue (et fort stupide), le voilà qui se fait trahir par ses hommes, assommé par son second : « j’ai cru qu’il ne se tairait jamais… »

Même mestre Luwin est très choqué parce qui vient de se passer :
«-Euh, attendez un peu les mecs, c’est vraiment dans le scénario ?
Oui, oui, page 14, regardez, mestre.
Ah oui, en effet. Je suis étonné parce que ça n’a pas vraiment de sens. Je croyais que le château devait être repris par le bâtard de Roose Bolton pourtant. Ça fait au moins 4 épisodes qu’on l’annonce.
Ah ben ça, c’est parce qu’entre les dragons de l’autre décolorée, le final de l’épisode et les loups des princes, y’a plus un rond pour filmer une pseudo bataille à Winterfell, en fait. Du coup, on trahit, on disparaît on sait pas où, et dans la scène suivante, les enfants découvriront le château dévasté, mais désert, là encore sans aucune raison apparente.
Bon, d’accord. Mais vu que j’étais censé mourir, je fais quoi maintenant ?
Pour vous ça n’a pas changé, mestre, vous inquiétez pas, je vais vous le mettre, votre coup de lance.
Ah, merci bien ! »

Et donc, scène suivante, le château a été incendié, mais plus un chat dans Winterfell. Ni autour. A part mestre Luwin parti mourir au pied du barral. Une très jolie scène, que méritait bien ce beau personnage.
Une mort qui ne fera que rendre Rickon plus rageux encore, mais maintenant, ce ne sont plus les clients du Simply Market de Winterfell qu’il ira emmerder vu que désormais, les Starks courront les routes en quête du Mur et de Jon Snow.
On note que Isaac Hempstead étant devenu un peu trop grand pour l’acteur qui joue Hodor, ce dernier ne le porte pas dans un panier attaché à son dos, mais dans une brouette, pour une version médiévale de la chaise roulante.

Si les scènes dialoguées n’avaient pas rattrapé l’ensemble, je serais je pense restée avec une impression très mitigée de ce passage à Winterfell tant l’affaire du siège et des 5000 hommes du Nord est traitée n’importe comment. En effet, une fois les fuyards sortis du château, on peut constater que ce dernier brûle de partout, mais qu’il n’y a aucune trace de l’armée de Ramsay Snow. Qui n’est pas non plus à l’intérieur.
Bref, c’est à n’y rien comprendre.

Tout ce qui peut éventuellement aider à piger ce qui s’est produit est dans le previously : Robb précisant à Bolton que tous les Fer-Nés qui se rendront auront la vie sauve, sauf Theon Greyjoy. Du coup, on en déduit que les potes de notre loser préféré l’ont tout simplement vendu à Ramsay Snow pour sauver leur peau. Ça aurait gagné à être un tout petit peu plus clair, peut-être.
Aussi étrangement présenté que soit la chose, elle s’avère malgré tout habile pour produire à nouveau un raccourci peut-être un peu trop violent, ceci dit…

Ost Stark.

On a sorti Catelyn de sa prison. Du coup, elle râle. C’était bien la peine je vous jure. Encore que, elle ait raison.
Oh le beau patatra.

Cat en train de sermonner Robb sur le fait qu’épouser Talisa soit une grosse connerie… Je veux bien admettre que dans le strict cadre de la série, cela puisse être crédible. Mais quelle image cela donne de Robb et j’ajouterai, pourquoi ce besoin de venir greffer sur cet univers une histoire de mariage d’amour qui n’a aucun sens dans le monde et le milieu social évoqué ?
Même dans les livres, Robb épouse Jeyne parce qu’il s’en sent le devoir moral. Ce n’est pas une union contractée sur un coup de cœur. S’il admet par la suite avec fait une énorme bêtise, il n’en demeure pas moins que la bêtise est faite au nom de l’honneur, pas « parce que je l’aime, maman. »
Au passage, le speech de Catelyn était très bon, remettant les choses dans leur contexte, avec une définition du mariage vu comme un partenariat de circonstances. Qui fait écho avec la scène des fiançailles de Joffrey et Margaery.

Bon bon, nous ne reviendrons plus sur l’inanité de cet arc Robb/Talisa, maintenant que le mal est fait, il faut boire le calice jusqu’à la lie et forger pour devenir forgeron, enfin quelque chose comme ça (sagesse populaire bien remisée ne trouvera jamais l’hiver à la porte valant mieux que deux tu l’auras).
Donc ADMETTONS que Robb se soit amouraché d’une rebouteuse couverte de sang et de tripes séché, ADMETTONS qu’il se soit convaincu tout seul comme en grand de dire « zut » (il est très poli, Robb) à son mariage avec xxx Frey, ADMETTONS.

ADMETTONS aussi qu’HBO ait entendu mes vociférations : « Et ils sont où les dieux, hein, HEIN, DIS MOI OU ILS SONT HBO, DIS-LE MOI !!!! »
Non mais les mecs, c’était pas la peine de vous donner tant de mal pour me pondre une cérémonie de mariage, j’apprécie l’intention, hein, c’est vrai, pour une fois qu’on en entend parler des …

ALARM !!!!! AAAAALAAAARM !!!!!!!

La vautre : bravo, D&D, GG les garçons. Super. Je vous ferai une tarte aux pommes pour vous récompenser de vos somptueux efforts.

Robb qui se marie devant les Sept.

Ahah, je vais loler et je reviens.

Oui, oui : le king in the North, qui se marie devant les Sept dieux de Westeros. Un barral c’était trop demander.

« Ah mais on a cru comprendre que des barrals, y’en avait plus que dans le Nord, hein, alors tu as fini de nous casser les rastaquouères avec tes délires religieux ? »

Déjà, de mémoire, de barral, il y en a un à Vivesaigues, qui n’apparaîtra certes que dans la saison 3, mais j’ai presque envie de vous dire qu’en l’espèce, rien n’empêchait de nous faire la scène du mariage devant l’arbre-coeur et dans la saison suivante, petit dialogue cosmétique : « Tu te souviens, Gérard, quand le roi s’est marié dans le bois sacré de Vivesaigues, le buffet était super bon ».

Non bon, ok, une cérémonie, c’est un peu ce que je demandais depuis le début de la série. Je l’ai eue. Mais je me permets tout de même de dire qu’elle tombait mal à propos.
En plus, le fait de les marier devant un arbre qui ne soit pas un barral, avec le rituel des mains liées, qui est typiquement le rituel de mariage des dieux du Nord, c’était ajouter de la confusion à la confusion. Ou alors c’est une cérémonie mixte. Ce qui ne serait pas con. Mais pour le coup, sachant que cet élément cosmétique n’était de toute façon accessible qu’aux lecteurs connaissant déjà les cérémonies de mariage dans toutes les religions de Westeros, soit il fallait choisir franchement, soit il fallait se fendre d’une petite réplique pour expliquer pourquoi ce mariage ne ressemble à rien, à l’image de l’arc qui nous a conduit à lui…

Peyredragon.

Revenu chez mémé la queue entre les jambes, Stannis Baratheon fulmine en traitant Mélisandre de grosse incompétente d’étrangère « t’as de la chance qu’on vive au Moyen-Âge, sinon, c’était charter direct pour Asshaï ! »

Notre prêtresse préférée tente de lui rappeler que ses salamalecs divinatoires à base de flammes lui montrent toujours la victoire finale de Stannis, mais notre bon roi n’est que moyennement convaincu.

Tous les gens qui aiment les meme ont du apprécier à sa juste valeur la scène ou Stannis étrangle Mélisandre en lui demandant :

Inside you”, répond la prêtresse de R’hllor avant de lui montrer un truc dans un brasero. Quoi ? Nous n’en saurons rien. Mais ça a l’air sympa.

A noter que sur un temps très court, cette scène est une des plus efficaces de tout l’épisode. Stephen Dillane et Carice Van Houten forment un très beau duo entre lequel s’est instaurée une belle dynamique.

Malgré tout je me demande si certaines scènes, comme celle-ci, dont les dialogues n’ont pas non plus un intérêt fondamental, n’auraient pas gagné à être regroupées dans un montage. Stannis/Mélisandre, le mariage, la dernière scène de Dany dont on va bientôt parler… bref, trouver une astuce de réalisation pour gagner du temps sur des éléments comme la chute de Winterfell 2.0, l’infiltration de Jon en milieu sauvageon, un authentique cliff pour Brienne et le Régicide… Et au terme de ce montage, on aurait subtilement glissé sur le final, hop.

Qarth.

Aller, on est entre amis ici, on peut bien se le dire : qui n’a pas eu envie de frapper très fort le visage de porphyrogénète de Daenerys Targaryen ces trois dernières semaines ?

Moi, oui. Je l’avoue d’autant plus aisément que je suis OUVERTEMENT dans le camp du dragon tricéphale et ce depuis le début, et se ne sont pas mes inclinaisons malsaines pour certains Lannisters qui vont me faire changer d’avis.

Ah, tenez d’ailleurs, je pense que c’est le temps d’un point presse :

[Point Presse : Alors, La Dame, comme ça on soutient les Targaryens ? Wachum ?

Ach so. Ich think dat der Targaryen Haus ist zehr über, ja, und that die kaiserin Daenerys ist zehr legitime in her call für den Ironen Thronen.

Vous n’avez rien pané à mon allemande de cuisine, que dis-je, de buanderie, et pourtant, je m’améliore de jour en jour. Ah, il me tarde de voir le moment où je m’en irai gambader dans les rues de Berlin en chantant « O Tanenbaum » de ma plus belle voix et de mon plus bel akzent chermanique.

Mais vous vous en fichez, je le sens bien (et oui, je rallonge volontairement la sauce pour ne pas arriver trop vite au final de l’épisode. C’est grossier, comme technique, mais c’est tellement moi).

Non, ce qui vous intéresse c’est de lire en bon français républicain les raisons de mon soutien à la maison Targaryen.
Déjà, franchement, parmi tous les prétendants au Trône de Fer, qui trouvez-vous le plus sympa, capable, cool ? Les Lannisters ? Qui a envie de voir ses raclures sur le Trône de Fer ? Bon, allez, Tyrion roi de Westeros, ça aurait de la gueule et ça serait même presque possible. Bien que dans l’ordre de succession actuel, se soit les Baratheon les héritiers de la couronne. Ah ben eux, justement, il n’en reste que Stannis et sa fille Shoren. Amis non-lecteurs, vous ferez sa connaissance dans la saison 3. Sachez cependant qu’elle ne vous donnera pas plus envie de la voir couronnée que son père.
Ensuite, les Stark : ils n’ont rien à faire sur le Trône de Fer et d’ailleurs, ils n’en veulent même pas. Qu’ils restent dans le nord, ils y sont heureux à faire des bonhommes de neige, manger du reblochon, à repousser les invasions de White Walkers avec leurs dire wolves, et qu’on leur foute la paix. Tout ce que je souhaite à cette famille de braves gens (si, ils sont bien braves, les Stark), c’est de couler des jours heureux.

Alors donc, il ne reste guère que les Targaryens. Et les Targaryens, se sont tout de même non seulement les héritiers de droit du Trône de Fer, mais aussi les fondateurs du royaume qu’ils prétendent gouverner. Sans eux, point de Trône de Fer, point d’union des Sept Couronnes. Ce sont eux qui ont fondé l’état que leur a pris Robert Baratheon, en se rebellant contre son souverain. Un souverain certes fou dangereux, mais son souverain tout de même. Quand on ne se place pas du côté du glorieux vainqueur trop occupé à réécrire l’histoire pour légitimer sa traîtrise, on appelle ça de la félonie. Et tout ça, en plus, même pas pour une affaire d’incapacité flagrante à gouverner ou de punition injuste et je sais quoi encore, nan, pour une gonzesse ! Lyanna Stark !

Normalement, lorsque tu déposes une dynastie, au Moyen-Âge, ton premier réflexe est de passer par le fil de l’épée toute la famille. Comme ça, aucun risque qu’un petit cousin éloigné se pointe un jour pour réclamer son dû.
Le problème de Robert Baratheon, et bientôt de tout Westeros, c’est d’avoir raté l’assassinat de Viserys et de Daenerys. Parce que maintenant, elle peut en toute légitimité revendiquer le trône de son père.
Pas moi qui viendrai lui dire : « Ah mais poulette, tu l’as perdu » => ce n’est pas elle qui l’a perdu. Son père était roi, elle est son seul héritier, donc, elle peut prétendre au Trône de Fer.

Voilà pourquoi je soutiens les Targaryens. Je les regarderais peut être un peu en biais si Robert et les Lannisters s’étaient avéré être de super bons dirigeants, mais le fait est que se sont légèrement des buses. Et que depuis la mort d’Aerys, Westeros ne connaît que des épisodes plus ou moins longs de guerre civile.
J’ajouterai que tous les Targaryens n’étaient pas des malades mentaux passant le temps à tout faire cramer. Rhaegar aurait sans doute fait un bon roi, et Aegon l’Improbable était très aimé du petit peuple. Tout ça pour dire qu’ils ne sont en aucun cas pires que les bras cassés actuels.

Et en plus, ils ont des dragons. Franchement, vous qui ne les soutenez pas, je vous trouve bien difficiles.

C’était le point presse : La Dame soutient les Targaryens (et ça leur fait une belle jambe) ].

Je disais donc que Dany m’insupportait depuis quelques épisodes avec son mode fureur, à rouler des yeux et à parler en caps lock.

Tout de même, c’est paradoxal, de l’entendre chouiner à longueur de journée que « mes dragons, je les aime, je les adore, je veux les retrouver et tout ouinouin ET JE SUIS FUREUR ET COURROUX MEME QUE JE PARLE TOUT EN MAJUSCULE ET EN ROULANT DES YEUX !!!!!! FUUUUUUUUURYYYYYYYYYWRAAAAAATH !!!!! », et d’attendre quelque chose comme 4 épisodes pour la voir ENFIN se décider à aller les chercher.

Ce n’est pas comme si elle ne savait pas où ils étaient en plus. Bon, je ne vais pas trop me plaindre. Ceux qui se souvienne de la non-intrigue de Daenerys à Qarth dans le bouquin et de son entrée dans l’Hôtel des Non-Mourants un peu sur le ton : « J’ai vu de la lumière, ça a l’air sympa chez vous ! », seront je pense d’accord avec moi pour dire que lui donner ce besoin impérieux d’entrer chez ces tarés était une excellente idée. Au moins, on a eu l’impression qu’il se passait quelque chose dans la cité des CGI et des couturiers entomophiles.

Mais le fait de devoir délayer au maximum cet arc n’a pas été un des tops de cette saison, il faut bien le reconnaître. Quand bien même la réécriture de l’action était bonne.

Peut-on en dire autant de sa conclusion ?

Dany, escortée de Rakharo, son dernier blood of her blood (sauf si le vieux est encore en vie, mais il ne me semble pas l’avoir vu cette semaine) et de ser Jorah, dit le Dégarni, se rend à l’Hôtel des Non-Mourants d’un pas décidé. Devant l’évidente facilité avec laquelle elle atteint le cœur du complexe, on se demande pourquoi elle ne l’a pas fait plus tôt, mais bon, tout ce pinaillage, c’est du souci alors vite, la suite.
Par un procédé assez astucieux visuellement de pifpoufmagie, la khaleesi se retrouve soudain à l’intérieur de l’Hôtel, laissant son ser Jorah fort dépourvu.

Comme il est de tradition cette saison, Daenerys va donc commencer son exploration du palais par un petit monologue en caps lock fury : « Wherearemydragons ? J’ai pas peur, bande de lopettes ! Alors préparez-vous à piauler les filles, parce que j’arrive pour vous botter le cul ! »

Le complexe, étrangement vide, est également étrangement en ruine. Bon, je ne m’attendais pas vraiment à retrouver une copie carbone du passage en question dans la série, mais tout de même…
Guidée par les cris des dragons, Dany passe soudain une porte et se retrouve….

Dans le Donjon Rouge, précisément la salle du trône de fer, recouverte de neige (je m’en ferais bien un fond d’écran tellement c’était beau, d’ailleurs).

Attention, voici venir la première vision de Daenerys dans l’Hôtel des Non-Mourants. Le spectateur attentif traduit la scène par un très inspiré et aride : « Winter is coming ». Histoire d’appuyer notre intuition, Dany se retrouve soudain au-delà du Mur. Winter is soooooooo coming.
Cette double vision est un écho habile au final de l’épisode, qui permet de prendre enfin la mesure de la menace. Mais on en reparlera ensuite, puisque là, Dany entre dans une tente dothraki où elle tombe sur …..

Un caméo de Jason Momoa.

L’acteur avait émis le souhait d’avoir une scène dans cette saison. Et la production a entendu son vœu. C’est cool. Parce que franchement, la scène est très belle. Tout le monde joue bien, y compris Jason qui y est touchant et expressif (un comble) et le bébé Rhaego qui ne pleure pas. Mais qui est super moche.
S’en suit un dialogue touchant :
Drogo : Greeuuboummoumkradjoubibouraroum.
Daenerys : Sheusheu ashalala shamsham boubi.

Dothraki LV2, les gens.

Scène inventée, les retrouvailles de Daenerys avec son sun and stars lui donne droit aux adieux qu’elle n’avait pas eu la saison précédente avec Drogo. Si ce passage peut sembler incohérent au lecteur qui aurait sans doute préféré assister à une autre vision (on en reparle), cela pose en revanche bien les bases du caractère de Dany, qui à l’issue de la scène, s’écarte cette seconde vision comme elle l’avait fait de la première, attirée par les cris de détresse des dragons.

Avant de parler de la scène déroutante qui suit, je vous fais un petit point sur les visions de Dany dans le livre :

[Le Point : L’Hôtel des Non-Mourants, un trip au LSD de Daenerys Targaryen.

Après avoir absorbé une substance psychotrope qui lui est servie part Pryat Pree, Daenerys entre dans le palais en suivant les recommandations du magicien : toujours prendre la première porte sur sa droite, ne jamais descendre un escalier, tourner sept fois la langue dans sa bouche, e perricoloso spingersi.
A préciser que dans les livres, Dany n’entre dans l’Hôtel que pour y mander l’assistance des Non-Mourants dans son projet d’invasion de Westeros. Accompagnée de Drogon, elle découvre donc, par des portes ouvertes, des scènes, visions du passé et de l’avenir.

Elle découvre entre autre une femme venant de mettre un enfant au monde. Le père tient son fils dans ses bras. Il s’agit de son frère, le prince Rhaegar, et de son héritier, Aegon. Rhaegar dit à son épouse, Elia Martell de Dorne, que l’enfant est « le Prince qui fut promis », que « sienne est la chanson de la glace et du feu », et que le dragon doit avoir trois têtes. « Il y en a forcément un autre », termine Rhaegar.

Ensuite, Daenerys passe devant un banquet où festoient des hommes morts aux têtes d’animaux. On y découvre en réalité certains développements en cours et futurs des évènements en Westeros. Mieux vaut ne pas s’étendre sur le sujet.

D&D ont préféré ne retenir aucune de ces visions. Dommage, j’aurais bien voulu voir Rhaegar et son fils avant que ce dernier ne se fasse éclater la tête contre un mur par Gregor Clegane.
Leur choix de réécrire totalement les Non-Mourants n’est pas idiot, mais il annule le caractère prophétique de ce passage. Ce n’est pas la neige dans la salle du trône qui peut prétendre compenser cela, étant donné que tout le monde sait depuis le premier épisode de la saison 1 ce truc à propos de l’Hiver qui vient…

Sachant que GRR Martin supervise pas mal de choses dans la série, je m’interroge tout de même sur l’absence de certaines scènes, en particulier celle de la prophétie du prince qui fut promis. Simple volonté de ne pas alléger les choses ou fantômes écartés car pas si important que cela pour la suite finalement ? Je pense surtout que leur présence et leur histoire nous sera en réalité racontée par un contemporain des évènements tragiques de la prise de Port Réal dans la saison prochaine.

C’était le point : « Pour aller à l’ouest, pars à l’est » ]

Retrouvons Dany qui vient de sortir de la chambre des visions pour tomber sur ses dragons enchaînés sur un présentoir à dragons (un truc qu’il faut que j’achète pour mon appart).
Plan très très généreux des adorables petites créatures que sont Drogon le noir, Rhaegal le vert et Viseryon le blanc, je le précise parce que je crois que la série n’a jamais nommé les dragons.
Qu’on se le dise, une grosse partie du budget de l’épisode est passée là dedans. Ceci explique sans doute le rendu parfois un peu cheap de ce season finale, avec beaucoup de plans serrés, sortis des gros évènements de fin de saison, comprenez celui qui nous concerne maintenant et le final.

Pyat Pree surgit avec sa tronche de vampire yougoslave pour expliquer à la khaleesi que depuis leur naissance, les dragons semblent avoir ramené la magie dans le monde. En leur présence, les sorts sont plus puissants. « Mais si tu savais ce que je m’en cogne », semble lui dire Daenerys.
« Ah tu t’en cognes ? Ben tu vas voir ! SHAZAM ! »

Et voilà notre khaleesi enchaînée comme ses dragons par les images miroirs de Pyat Pree. Et voici que commence la scène la plus naze de la série.
J’exagère, oui. A peine.
Sérieux, déjà, l’enchaîner devant ses dragons ça crée un plan vraiment merdique au moment où il faut donner à ceux-ci l’ordre de tout faire cramer.

Dany *se retourne en risquant le torticoli foudroyant* : Dra… Gnégné ! Drakkaris !
Pyat Pree *qui cherche à voir ce qu’il se passe derrière Daenerys en se tortillant gauchement* : Hmm, vous disiez ?
Dany *pose vaguement iconique cadré nawak pour qu’on puisse voir les dragons qui crachent du feu derrière* : BEHOLD ZE POWA OF THE DRAGON FIRE, ROBERT PATTINSON !

Nononon, je suis désolée, autant j’adore les dragons, j’aime Daenerys, mais là, je trouve que ça ne fonctionnait pas. Les dragons enchaînés sont obligés de cracher des trucs de feu d’une taille totalement disproportionnée, uniquement parce que ça doit coûter méga cher de réaliser une scène avec des dragons en CGI qui volent autour d’un vampire moldave en robe de chambre. Du coup, on a simplement droit à une scène qui se la joue petit bras, avec une volonté d’emphase à grands coup d’effet pyrotechniques aussi over ze top que le jeu d’Emilia Clarke quand elle prend sa pose de cavalier de l’Apocalypsemortenferdestructionfireandblood. Juste un truc : Dany enchaînée derrière ses dragons, déjà, ça aurait été vachement plus simple à mettre en scène. Enfin bref…

Bon, soyons sympas, si cette scène a un grand mérite, c’est bien de montrer que les dragons, ce ne sont pas de jolis petits Zippo, mais du purs lance-flammes. Qu’est ce que ça sera quand ils seront grands ?

Un peu déçue par ce final chez les Non-Mourants. Pas tant du fait de la réécriture, mais plutôt à cause des choix de réalisation que j’ai trouvé dans cette scène un peu douteux, jusqu’à faire basculer la série dans une esthétique de fantasy de merde.

Mais on regarde « Game of Thrones », la série qui sait te rattraper un budget serré avec une scène qui coûte pas trop cher et qui tabasse.

Le roi de Qarth, Xaro Xhoan Daxos dort du sommeil du juste aux côtés d’une accorte demois….

Eh… EH !

Doreah, sale collabo !

Alors non seulement, elle n’a même pas ramené de kiwis du marché, mais en plus, ça fait 4 épisodes qu’elle vit dans un lit de soie avec un homme qui a plus de poitrine qu’elle ! Ouh, c’est la khaleesi qui va pas être contente quand elle va découvrir ça. Et comprendre que c’est sans doute toi qui a démoli la pauvre Irri, qui avait bien raison de ne pas trop t’aimer, en fait. Triste, j’apprécie désormais Irri. Mieux vaut tard que jamais.

Les tourtereaux sont tirés de leur sommeil par un réveil matin dothraki, comprenez la lame d’un arrak vous caressant langoureusement le torse pour y arracher d’un coup sec la clé de votre coffre fort.

« Non mais ! » s’écrit Xaro Xhoan Daxos, légèrement outré.

Cet épisode est décidément à la gloire des réveils pourris: tout ce qu’il reste du khalasar de Dany est au pied du lit, khaleesi comprise, with dragons.
Si vous parvenez à surmonter la légitime surprise de voir 15 loqueteux arriver dans la chambre du roi de Qarth comme des fleurs alors que sa demeure est sûrement gardée par trouzmille Immaculés (des esclaves guerriers, pour faire court), vous pourrez constater que cette scène est vraiment très bonne, surtout grâce à Emilia Clarke, glaciale, impériale, et parée de ses trois dragons.
L’image est vraiment parfaite. On passe ainsi de la fantasy moisie à une fantasy de qualité, appuyée par un seul effet spécial à l’efficacité décuplée par l’aura de l’actrice qui décidément, quand elle a un truc vraiment über cool à jouer, est juste parfaite.

Devant la khaleesi, Doreah tente de se justifier : « Je devais penser à mon avenir, et puis de toute façon y’avait plus de kiwis sur le marché ».

On sent très vite que Daenerys ne laissera de toute façon rien passer dans cette ville peuplée de requins, de chacals et de vipères. Direction le coffre fort de Xaro Xhoan Daxos, que le khalasar entend vider pour s’acheter un bateau. Forcément, le coffre est vide. Le dernier mensonge du roi est enfin éventé.

« Bon, Xaro Xhoan Daxos, ce n’était pas prévu au programme, mais j’ai décidé de tuer ton personnage. Déjà parce que tu n’es qu’un gros enfoiré, you don’t mess with Dany, et ensuite parce que La Dame en a marre de devoir écrire ton nom en entier. Ainsi, pour éviter un retour impromptu de ton personnage dans les saisons à venir, je décide, moi Daenerys Targaryen l’Ignifugée, de t’emmurer vivant avec mon ex-bonniche. Vous l’avez pas volé. »

Désormais sans bonniche mais avec trois adorables petits dragons qui ne demandent qu’à grandir, Daenerys peut réjouir ce qu’il reste de son peuple en ordonnant le pillage général. Une scène super cool, si vous vous souvenez de la fois où elle avait empêché ses sang coureurs de démonter une statue dans les jardins de Xaro Xhoan Daxos (une dernière fois, pour la route). Daenerys, en possession de ses dragons, les caisses renflouées par le vol du mobilier en or massif de son hôte, semble avoir trouvé un équilibre qui lui manquait cette saison. Cela arrive un peu tard, mais l’important, c’est ce sentiment de la voir soudain grandir d’un coup. L’image finale d’elle accompagnée de ses dragons était très belle et posait en quelque sorte les bases d’un personnage nouveau, qui a définitivement rompu avec le passé (cf la scène de Drogo).

Le Poing des Premiers Hommes.

Je n’en avais pas parlé il y a 15 jours à dessein, parce que ça tombait légèrement comme un cheveu sur la soupe cette affaire là, la pitite pastille sur le Poing des Premiers Hommes destinée à nous présenter la découverte du siècle : des lames d’obsidiennes et un cor, que Grenn découvre en creusant une fosse d’aisance pour la Garde de Nuit : glamour, toujours.

Sam, excité comme une puce, avait alors récité tout un laïus sur l’histoire de l’obsidienne : « One upon a time… », tout ça pour dire que bon, hein, l’obsidienne, ou verredragon, on sait pas d’où ça vient, mais on sait que ça peut servir contre les White Walkers. « I read that in a book » => oui, moi aussi j’ai lu « Le Trône de Fer », Sam, alors cesse de crâner et brace yourself, tu vas en avoir besoin.

Comme s’il n’y avait que trois grouilllots disponibles dans la Garde de Nuit, retrouvons Edd, Grenn et Sam en train de ramasser du « combustible » pour le feu du soir. Edd fait rien qu’à se plaindre, Sam dégoise encore et toujours sur Vère, mais tu vas la fermer ta gueule, dit Grenn, bref, le traintrain quotidien.

POOOOOOOOUUUUUUUUUIIIIIIIIIIIIIIINNNNNN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Fait le cor.

«-Youpi ! Fête dans mon slip ! C’est Qorin Mi-Main qui revient avec mon bro Jon ! Si je pouvais raconter ça à Vère !
Mais tu vas la fermer ta… »

POOOOOOOOUUUUUUUUUIIIIIIIIIIIIIIINNNNNN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Fait le cor une deuxième fois.

«-Et voilà, je le savais, on va tous mourir tué par des foutus sauvageons, c’est bien ma vaine ça, je vous jure, pfff, quand je pense que… »

POOOOOOOOUUUUUUUUUIIIIIIIIIIIIIIINNNNNN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Fait le cor une troisième fois.

Du coup, c’est la fête dans le slip de tout le monde.

Parce que ça fait quelque millénaires que personne n’a plus entendu les trois sonneries d’un cor au-delà du Mur, mais tout le monde sait encore ce qu’elles annoncent : les Autres.

Nos Gardes de Nuit se précipitent donc vers le Poing des Premiers Hommes pour s’y réfugier et changer de slip.
Enfin, disons que Edd et Grenn s’y précipitent, parce que Sam semble se donner beaucoup de peine pour faire semblant de courir et de tomber la tête la première dans la poudreuse.

« Ouille ouille ouille, attendez-moi les copains ! »

Limite débonnaire le Sam quand il se retourne pour constater qu’un brouillard pas hyper naturel avance vers lui.

« Bah, un peu de brume, c’est rien. Pompompompom…. Promenons-nous vers le Poing des Premiers Hommes. »

Mais tu vas la bouger ta couenne, Sam ? C’est parce que tu joues le rôle de l’obèse sympa de service qu’il fait faire semblant d’être incapable de courir, bon sang, c’est pas crédibile une seconde ! On dirait du Kit Harrington, là !

Résultat de toute cette attente volontaire, Sam se fait rattraper par la troupe des zombautres.

Faut le faire : se faire rattraper par des zombies. Y’a pas plus lent qu’un zombie, à par un Samwell Tarly, visiblement. Le jour où il se fait zombifier, il sera encore devant le Mur pendant que le reste de l’armée des morts sera en train de boire des Daïquiris à Lancehélion.

Toujours en faisant mine d’avoir l’air concerné, Sam rampe, supposément sous l’effet de la terreur, mais je sur interprète peut-être, après tout, c’est sans doute pas si flippant que ça, une armée de mort-vivants conduite par des monstres de légende, je disais donc (cette manie que j’ai de la digression, à force on n’y comprend plus rien, tenez, voyez, je recommence) JE DISAIS DONC SAM RAMPE vers un gros caillou qui va sans doute super bien le planquer vu qu’il est sur la route des zombautres.

Anyway, alors que je tente d’oublier la crétinerie de cette scène, un cheval s’arrête à hauteur de Sam. Comme on me l’a fait justement remarqué l’autre jour, merci Takara, on jurerait que dessus se trouve le prince Arthas Menethil, le mec de Warcraft III est accessoirement le boss de fin de la deuxième extension de WoW. Je sens que ça vous passionne tout ça.

Alors là, les gens par contre, ce n’est plus à un zombie que nous avons à faire. Ce n’est plus non plus à un Autre filmé de loin dans la pénombre. C’est un plan complet, du haut vers le bas, sur des êtres que personne n’a jamais vraiment vu, même pas dans les bouquins (les rencontres avec les White Walkers y sont très très rares, et fugaces, même quand par miracle, un humain parvient à en tuer un, GRR reste très avare en description).
La série exigeait sans doute que l’on montre un White Walker aussitôt et aussi complètement. Ce n’est pas une mauvaise idée, loin de là, que de montrer ce que l’on va affronter. Et visuellement, ils sont réussis, on dirait qu’ils sont des glaciers à forme humaine, avec d’incroyables yeux bleu.
Et ils sont en pagne aussi. Un détail qui n’a pas grande importance, d’autant qu’on a super bien vu leurs armes faites d’un matériau plus tranchant que l’acier valyrien. Faut le faire.
A peine remise de ce choc, je continue la scène, toujours plus loin dans le nawak : l’Autre se retourne vers Sam et le regarde. Sam a l’air inquiet. Comme si on venait de le chiper les doigts dans le paquet de Granola alors qu’il a été privé de dessert : « Oups, désolé. »

C’est si difficile de jouer la terreur ?

Visiblement impressionné par son flegme, le White Walker se désintéresse de lui et donne à ses troupes de mort-vivants l’ordre de continuer la marche. Un détail intéressant, leur cri ressemble beaucoup à celui des dragons. Economie de production ou volonté de créer un lien entre les forces de la glace et celles du feu ? J’aimerais bien que se soit cela.

Alors que la caméra nous fait découvrir la masse impressionnante de sauvageons mort-vivants qui s’apprête à assaillir le Poing des Premiers Hommes, nous constatons que Sam se trouve donc au milieu d’une armée de zombies et qu’il n’a pour s’en sortir qu’un couteau et un slip sale.
Je sens que ça va être vaguement foireux à expliquer l’année prochaine.

Ainsi s’achève cette deuxième saison de « Game of Thrones », sur une scène bâtie n’importe comment, mais impressionnante visuellement, concluant un épisode sans panache, mais comme d’habitude, bien joué, ne servant finalement qu’à amorcer les arcs de la saison prochaine.
Il ne reste désormais plus qu’un an à attendre pour retrouver des GIF idiots, des lolshots sans lien avec le texte, des photos trop grandes et des blagues de mauvais goût à propos de cette série qu’on adore détester, qu’on déteste adorer, qu’on trouve parfois nulle, parfois géniale, mais qu’on ne raterait sous aucun prétexte.

Reste que cette saison pose très sérieusement la question de la qualité de la série sur le long terme. Je veux parler de la difficulté d’adapter une matière qui ne va faire que s’enrichir de saison en saison, de la nécessité de supprimer des arcs entiers, des personnages, voire des sous-intrigues, quitte à devoir les réinjecter par la suite de façon totalement artificielle. GRR Martin a créé un univers tentaculaire, très riche, pour ne pas dire trop riche en lieux, en personnages, en histoires parallèles. Quand je vois ses difficultés à se sortir de certains arcs dans le tome 5 (oui, je regarder vers Meereen), je me dis que pour la série, cela n’augure pas forcément que du bon à l’avenir. Les aménagements nécessaires ne manqueront pas de frustrer les uns, et de laisser les autres sur le carreau.
Coup de bol pour « Game of Thrones », l’équipe aux commandes sait ce qu’elle fait et m’a semblé jusqu’ici capable de procéder aux coupes qui s’imposaient afin de prendre ses distances avec les livres tout en le respectant.
Malgré tout, cette série est un vrai pari sur l’avenir et sans doute, pour D&D, un très beau défi professionnel et artistique.
Le tout étant de trouver un bon équilibre entre libertés (l’arc de Qarth, celui d’Arya) et passages obligés (je maintiens que garder Robb/Jeyne plutôt que Robb/Talisa aurait singulièrement simplifié les choses).

Je profite de m’être fort généreusement donné la parole pour vous remercier, les gens, d’avoir pris le temps de lire un billet, un autre, d’avoir laissé un commentaire, recommandé ce blog, et d’avoir été chaque semaine un peu plus nombreux devant cet affligeant ramassis de conneries. Et je remercie mon Grand Architecte qui répare tout, et dont les mains s’agitent dans l’ombre pour faire tourner cette boutique.

Le spectacle continue entre deux saisons : TEASING !


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