« Where are my dragons !!!!?????!!!!! »

Depuis quelques jours, le monde tremble, en proie à un sentiment diffus mais persistant. L’absence le ronge, le tue à petit peu.
Partout dans le monde, de la Norvège au Groland, de Macao à Zanzibar, les hommes et les femmes de cette terre lèvent les yeux au ciel en murmurant « pourquoi ? »

Que s’est-il passé, nul ne le sait. Quand cela s’est-il produit, Dieu lui-même ne pourrait y répondre.

Ça a disparu. C’était là, et puis, pouf….

Et de part et d’autre du globe, encore et toujours cette même question lancinante, que l’on n’énonce que des sanglots dans la voix :

« WHERE THE FUCK IS ROZ ? »

Bon, mes petits encornets chéris, la semaine dernière, on avait eu de très lourd. La série s’affranchissait encore un peu plus des livres afin de se trouver une identité propre et une logique interne qui pour l’instant, me va bien.

« Ouais ben moi, je suis trop choquée par les évènements de cet épisode, hein. Donc déjà, vous me rendez mes dragons, et alors peut-être, PEUT-ETRE, j’arrête d’être pénible ! Et puis vous devez respecter mon autorité !« 

Certes, les entorses au scénario des livres sont désormais légions, mais ce qui m’intéresse à l’instant présent, se sont les supposées entorses aux personnages.
Je pense qu’en tant que lecteurs, nous avons tous du mal à poser un regard objectif sur les personnages des romans. J’ai déjà évoqué un jour le cas épineux de Cersei, mais on peut en dire tout autant de Daenerys et de Jon, qui semblent pour l’instant les trois personnages les plus éloignés de ce qu’ils semblaient être dans les livres.
Je ne reviens pas sur Cersei et son portrait aussi objectif que troublant, pour dire un mot de Jon et Dany.
La série m’a amené a reconsidérer l’idée que je me faisais d’eux dans les livres. Et à me rendre compte des talents de mystificateurs de GRR Martin. Jon, par exemple, est tout aussi niaisou et foireux dans les livres que chez HBO. Simplement, on ne s’en rend pas trop compte car il est toujours le seul à narrer ses propres « exploits ». Et quand il cède la main, c’est pour laisser la parole à Sam, son fan numéro 1. Sinon, Jon est toujours la victime involontaire des circonstances. D’ailleurs, j’ai préféré la façon dont il intègre la bande de Mi-Main dans la série que dans les livres où le prétexte du patrouilleur pour chiper Jon au lord commandant était tout de même : « c’est un Stark, sang des Premiers Hommes tout ça, il se peut que ça serve » . Oh. Vraiment. Oh, oui, Jon a des qualités. Honneur, rectitude morale, sens du devoir, c’est un garçon capable plein de bonne volonté. Mais c’est une foutue tête de pioche qui, à l’image de son Ned de père, a tendance à ne jamais réfléchir dès lors que devoir et honneur sont de la partie.
A mon avis, Jon Snow est une illusion d’optique.
Et Dany n’est pas mieux. Surtout à ce moment de son parcours. Qui parle de Daenerys Targaryen, à part Daenerys Targaryen ? Alors forcément, elle se donne le beau rôle à Qarth, la jeune et belle reine contre les moches et méchants marchands qui veulent pas l’aider en lui donnant des bateaux alors qu’elle a un royaume à conquérir, zut !
Ah, ça oui, ça ne fait pas spécialement plaisir de la voir se comporter comme une enfant gâtée qui veut tout, tout de suite. Et comme je relis le tome 2 en parallèle des épisodes, je réalise combien, lorsqu’elle raconte sa confrontation houleuse avec les 13 à Xaro Xhoan Daxos, la scène dans la série doit être très proche de la réalité. On notera l’artifice dans les livres d’ailleurs, consistant à ne pas montrer cette entrevue, qui aurait immanquablement fait perdre de sa superbe au personnage. La série, elle, n’a pas peur de te montrer une Dany immature et encore trop faible pour oser prétendre au Trône de Fer. La Khaleesi est malheureusement pour elle plus à l’image de ses dragons qu’elle ne le pense. Un poussin sorti de l’œuf. Et qui a ses preuves à faire.

Je crois que le grand bien que cette série m’a fait, c’est de me permettre de relire les livres avec un regard beaucoup plus critique. Et j’ai incroyablement hâte de voir commencer l’arc du Régicide, un de mes personnages préférés (parfois, je compte le nombre de Lannister que j’aime bien, et ça me fait peur…).

Mais sans plus de transition, voici venue la chronique de l’épisode du jour, une chronique pleine de séries dérivées.

Winterfell.

« Where are my hostages !!!!!!!!!!! »

C’est à ce cri de rage de Theon Greyjoy que s’éveille Winterfell en ce froid matin d’automne. Oui, Theon à peine maître de la capitale du Nord trouve déjà le moyen de se faire ridiculiser par une gonzesse mal peignée, deux enfants en bas âge dont un handicapé et Hodor.
Ça la fout ultra mal.
Mais limite, ce qui la fout encore plus mal que tout, c’est son air complètement ridicule quand il tatane l’un de ses hommes qui lui a mal parlé de la bouche. Theon a érigé l’epic fail au rang l’art martial : ça mérite un gif.

Après si belle démonstration d’autorité, Theon part à la chasse. Avec toute une compagnie de Fer-Nés, sûrement plus affutés question pêche au bulot que battue dans la forêt, et pour que la fête soit encore plus folle, il s’est aussi accompagné de Mester Luwin (officiellement pour ne pas le laisser seul à Winterfell, on sait jamais, il pourra se mettre à faire des high kicks et à sortir de nunchaku de dessous la robe pour reprendre le château à lui tout seul, ou pire, envoyer des corbeaux pour annoncer la nouvelle de fuite des princes).


Oui, j’en profite à mort, je sais pas combien de temps ça va durer.

Meanwhile, un peu plus loin, nos gentils fuyards mangent des noix en balançant leurs coquilles partout : bien joué, Callaghan.
Mais sinon, tout va bien : Hodor dit « Hodor », Osha râle, Rickon envoyer chier tout le monde et Bran tente de tempérer sa troupe. Laquelle arrive en vue d’une ferme…

Alors là, bon, ok, filmer en décor naturel c’est génial, tout ça, mais bon, je tenais juste à faire ma chieuse et dire que la ferme en question à l’air de dater du XIXe siècle, par là. Un petit peu incongrue, dans le tableau, si vous voulez mon avis (et si vous le vouliez pas, ben tant pis pour vous).

Un peu plus tard, Theon fait lui aussi un bond vers le XIXe siècle mais bon, même à son contact les chiens de chasse deviennent nuls. Il doit avoir un genre d’aura : l’aura de la loose. Qui n’affecte pas son nouveau meilleur pote, qui fait mine de découvrir, comme de par hasard, des coquilles de noix.
Mmmmmh, je me demande bien quel coup de filou ces deux-là nous préparent…

Une superbe scène de la mort, so to speak.
Ça y est, j’ai trouvé un truc pour lequel Theon est doué : le théâtre.

« Alors, gens de Winterfell, on fait les malins ? Vous allez voir ! Toi là, hisse un peu oncle Owen et tante Beru les corps brûlés des deux petits princes ! »

L’horreur.

Man vs. Wildling.

Jon est à deux doigts de la crise de nerf. Finalement, ce n’est pas Ygrid la plus à plaindre. Elle en fait ce qu’elle veut du Snowy, incapable de se défendre au pourtant classique : « t’as un couteau dans la poche ou tu es juste très content de me voir ? »
Avec son légendaire sens de la répartie (« Mais euh ») Jon décide de repartir à la recherche de Qhorin Mi-Main.

Bon c’est pas le tout de faire des propositions indécentes à Jon Snow, Ygrid ! Parle-nous un peu de l’eau qui coule sur ta planète la neige qui tombe sur ton clan !
S’improvisant Claude Levi Strauss, la sauvageonne nous raconte donc l’histoire édifiante de son peuple, chassé dans le Nord il y a moult éons et qui se définit lui-même non pas comme des sauvages « parce que c’est un tout petit peu péjoratif, tu vois », mais comme le Peuple Libre. Rien que ça.
«-Et puis on est pas des sauvages, d’abord ! Même qu’on était là avant !
Ouais, ben moi aussi j’étais là avant, hein, mes ancêtres sont les Premiers Hommes alors hein, ta bouche !
Ben vas-y, fais ton malin ! N’empêche que c’est pas parce que vous avez mis un Mur pour nous garder derrière que chez vous, c’est chez vous ! Tu la vois, ma grosse allégorie du conflit israélo-palestinien ?
Oo ??? J’aimais mieux que tu me parlais de sexe tantrique sauvageon, Ygrid.
Ah ben pour ça, c’est facile : tu viens dans mon clan, tu te construis une chouette cabane, j’invite mes copines et on te montre. »

Ygrid, c’est un peu le VRP de la désertion. Son argumentaire est très convaincant. Jon fait mine de ne pas être intéressé, en roulant un peu des mécaniques.

«-Pfff, comme si j’avais besoin de toi et tes copines. I know where to put it !

Et c’est là que… (tous en choeur, je veux vous entendre depuis mon bureau)

«- YOU KNOW NOTHING, JON SNOW ! »

Je crois que bien que depuis le début de cette série, c’était la punchline la mieux sortie.

Cependant, Ygrid a plus d’un tour dans sa besace. Sentant bien que Jon, qui connaît rien à rien, est tout de même un peu désarçonné par ses manières de Marie couche-toi là, elle tente une fois encore de le violer séduire, en lui proposant, en gros, de copuler séance tenante, là, par terre, sur un glacier islandais. Euh… Ouais, ben si tu veux ma fille, mais bon, il doit faire quelque chose comme -20, pas sûre que le petit Snowy accepte de…

FEINTE !!!!!!!!! GROSSE FEINTE !!!!!!!!

Ygrid s’enfuit à toutes jambes, bientôt suivie par Jon, déployant sa fameuse tactique du « je cours comme un bourrin avec mon épée au poing, ça sert à rien, mais ça me donne une contenance », contenance qui ne lui est plus d’aucune utilité lorsqu’il se retrouve encerclé par des sauvageons qui ont une classe assez folle, je dois dire, parmi lesquels une Ygrid, goguenarde, qui lui dit : « Pwned. »

Punky Brewster Westeros Edition.

Il fallait s’en douter. On assassine un mec sur son palier et forcément, Tywin le prend pour lui. Mais le monde ne tourne pas autour de ta personne, mon petit pote !
Convaincu qu’on cherche à menacer son intégrité physique, Tywin fait torturer quelques prisonniers, puis envoie le nouveau et décidément trop maigre Gregor Clegane après la Confrérie sans Bannière. Pas sûr que ça donne quelque chose, mais en tout cas, ça a l’air de le détendre. Tant mieux, parce que si on avait du se taper une scène avec Tywin apaisant ses nerfs en faisant du point de croix avec Arya, je pense que nombre de lecteurs se seraient aussitôt fait seppuku avec leur édition reliée de « A Feast for Crows ».

Mais je pense que le moment est venu pour vous révéler l’existence d’une nouvelle série dérivée de « Game of Thrones » :

« Punky Brewster Westeros Edition »

Mais si, souvenez-vous de cette somptueuse série des années 80, « Punky Brewster », mettant en scène les aventures d’une orpheline adoptée par un vieux bourru ! Ensembles, ils vivaient plein d’aventures, que Punky provoquait par son côté tête brûlée et à chaque fin d’épisode, après l’avoir copieusement engueulée, le vieil Henry lui donnait une leçon de vie pleine de sagesse et de bong sengtimengs.

La seule différence notable entre « Punky Brewster » et Arya Stark, c’est que Punky elle avait pu garder son chien, Bandit, alors que Nymeria, malheureusement, est partie pour toujours.

Ainsi donc, dans l’épisode de « Punky Brewster Westeros Edition » de cette semaine, Tywin et Arya ont une nouvelle grande discussion, partant du Reich de mille ans des Lannister. On le sent un peu curieux, le Tywin, de son petit page tout gentil et tout serviable qui cherche une ouverture pour te mettre son couteau à beurre dans le cou quand tu lui dis « legacy » te répond « caypafo » mais qui est tout à fait capable de te reprendre sur l’histoire de Westeros quand tu fais semblant de te planter, et de te sortir de curriculum des reines dragon (enfin, je crois, Tywin est un sacré filou).
Arya est beaucoup moins maligne. En fait, la pauvre chérie est en confiance. Tywin est gentil, il la traite bien, sans doute beaucoup mieux qu’un seigneur ne traite son page en temps normal, il n’est dans le fond pas si méchant, et puis, bon, pour une gosse comme elle, après tout ce qu’elle a vécu, j’ai envie de dire que baisser sa garde, c’est tout ce qu’il y a de plus normal, surtout que le vieux, comme Henry avec Punky, il lui dit qu’il l’aime bien.

Et dans le fond, cette relation complice justifie parfaitement pourquoi Arya ne donne pas le nom de Tywin à Jaqen.
La semaine dernière, lorsque l’autre analphabète de Lorch a voulu la dénoncer, son premier réflexe a été de donner le nom de cet homme à son Terminator. Alors qu’en toute logique, si elle avait réfléchi sérieusement à la question plus de deux secondes, elle aurait demandé à Jaqen de tuer Tywin. Cela aurait réglé son problème, et tous ceux de son frère. Mais non, comment pourrait-elle envisager tuer ce type qui l’a sortie de prison, qui l’a habillée de frais, traitée avec gentillesse, lui file ses assiettes à bouffer et qui lui offre de la considération ?
J’ignore si Tywin en a conscience, mais il a cultivé chez elle un sacré syndrome de Stockholm.

Est-ce qu’en cet instant Tywin se doute de qui il a affaire ? Est-ce que Littlefinger l’a bel et bien reconnue et en a informé Mufasa Lannister ? Ou alors est-il juste amusé par cette fillette pas comme les autres ?
Sa remarque sur les filles qui aiment les conneries roses avec des cœurs et les bonbons et les gâteaux était-elle orientée afin de révéler les penchants naturels d’Arya pour les casques, les épées et la destruction ? Ou n’était-ce que remarque en l’air ? Suis-je en train de devenir parano ?
Cette série me rend folle… Enfin, plus…

Avec le faisceau d’indices concordants dont il dispose, Tywin sait que la gamine est noble. Je l’avais dit, que son accent la trahirait.
Un truc très drôle, Tywin la confond en lui faisant remarquer qu’une vraie pécore aurait dit « m’lord », et non « my lord ». Si vous avez lu « A Dance with Dragon », vous vous souviendrez que Roose Bolton fait exactement la même réflexion à un personnage également amené à dissimuler sa naissance. Voilà, c’était la remarque dont tout le monde s’en fout du jour.

Bref, cette nouvelle série « Punky Brewster Westeros Edition » est géniale. Pleine de tension, de passion contrariée, de complicité, de tortures et surtout, et ça c’est trop bon, d’estime réciproque. Car Arya a beau se vautrer face à Tywin, celui-ci ne peut que reconnaître qu’elle assure grave dans son numéro. S’il ne l’a pas encore percée à jour (ça viendra, c’est Tywin Lannister tout de même), il sait maintenant à quel jeu elle joue.

Port Réal.

Après sa très mauvaise semaine dernière, Sansa est déterminée à aller remercier comme une grande dame le Limier pour la défense héroïque de sa princière personne.
Le Limier s’en tamponne les amygdales. Limite, c’est lui qui la remercie, ça lui a donné l’occasion d’éventrer des mecs, c’est tout ce qu’il demande dans la vie. Ben heureusement que je sais qu’en effet, il a pas eu une enfance facile, parce que sinon, je pense que je n’en dormirais plus la nuit à force de me poser des questions sur l’origine de cette étrange passion.
Toujours prêt pour rendre service à Sansa, surtout pour lui remonter le moral, Sandor Clegane lui rappelle, dès fois qu’elle aurait oublié, que bientôt, elle sera l’épouse de l’autre taré de Joffrey.
Habile, car en effet, l’échéance va soudainement se rapprocher.

Aïeaïeaïe…

Oh cette petite réflexion du Limier sur le fait qu’il sera son seul rempart contre Joffrey fait cruellement écho avec la fameuse scène dite « de la bastonnade » il y a quelques épisodes maintenant. Mais si, souvenez-vous, cette scène terriblement dérangeante, c’était la dernière fois que vous avez vu Roz, frappant Prostituska avec un gros bâton sous les ordres et l’arbalète de Joffrey…
Non parce qu’il est gentil le Limier, mais il aura du mal à s’interposer dans la chambre à coucher.

Or, maintenant, Sansa ayant eu ses règles, la voilà prête pour le service. Pauvre spectateur que nous sommes, nous laissons notre cerveau comme celui de Shae d’ailleurs, faire la synthèse de toutes les scènes où nous avons vu Joffrey la faire frapper, l’insulter, ou tout simplement être un gros goret.
Je pense qu’on aura tous eu envie de traverser l’écran pour aller la sortir de ce bourbier qu’est devenu Donjon Rouge.
Si vous voulez monter un raid pour aller sauver Sansa, retrouvez-moi à minuit, sur les marches du septuaire de Baelor. On va bien être obligé de le faire nous même, la série a oublié ser Dontos en cours de route…

Au passage, on découvre que Shae, en plus d’être une funny whore et une funny maid, est aussi une funny bodyguard qui va jusqu’à menacer physiquement ses collègues pour protéger Sansa. Shae, tu es mon héroïne du jour.
Sauf que contre Sandor Clegane, ton couteau à huître ne te servira pas à grand-chose.
Bon sang mais que ces scènes étaient horribles, j’avais l’impression de voir Sansa aller à l’abattoir.

Mais bon, la petite a eu un choc alors pour la calmer, on va la filer quelques heures à Cersei, qui est toujours d’un si grand réconfort :
«-Ben je pensais que ça serait moins… Le merdier, quoi…
Ahah, noob. Attend un peu d’avoir un enfant, tu verras.
-*gloups*
D’autant que tu devras les faire avec Joffrey, qui lui-même, et d’ailleurs, rétrospectivement, j’aurais peut-être dû arrêter les frais avec lui à ce moment-là, m’a fait souffrir un jour et demi pour sa mise au monde, tu vois un peu le tableau. C’était déjà un petit enfoiré, à l’époque.
Ah ben, je me disais aussi qu’un talent pareil, ça devait être de naissance.
Tiens, tant que j’y suis, ça m’étonnerait qu’il soit avec toi pour les accouchements. Encore que… Te voir souffrir par sa faute sans qu’il ne t’inflige personnellement de souffrance a l’air de lui plaire… Enfin s’il est aussi con que mon mar… que son « père », il te laissera sans doute toute seule pendant que lui sera en train de faire une partie de joquari.
Le roi jouait au joquari pendant vos accouchements ? Mais qui était là, à vous soutenir dans cette si dure épreuve qu’est mettre au monde un prince ?
Ben leur p… Oncle. Leur oncle. Mon frère. En même temps c’était le mieux placé en cas de problème : il connait mon col de l’utérus comme sa poche. »

Et pour finir cette super discussion entre femmes, Cersei conclut sur « the more you love, the weaker you are », donnant à Sansa la clé de son personnage : « n’aime personne à part tes enfants. »

«-Beh je suis pas censée aimer Joffrey ? Je le répète vingt fois par jour en ayant l’air de penser le contraire, c’est du boulot !
Aimer Joffrey ? Ben essaye pour voir. »

Cersei, à bout de son Joffrey chéri. Si le docteur Freud avait du psychanalyser les membres de cette famille, il se serait fait sauter un anévrisme.

Histoire de compléter le tableau, retrouvons Tyrion et sa chère sœur pour une scène nocturne. Non, pas du tout… ça va pas bien vous dès fois.

«-Alors, mon tout petit frère, elle dit quoi ta lettre.
Que Stannis arrive avec…*tousse*200 bateaux.
Hihi, 200… Personne n’a 200 bateaux dans cette série enfin.
Si, lui il va y avoir droit. Il a toujours droit aux super effets spéciaux, entre ses armadas et ses ombres.
On est mal barrés alors ?
En gros.
Ah, mon frère, la guerre est semblable au feu : ceux qui ne veulent pas déposer les armes périssent par les armes.
Tu cites Sun Tzu père maintenant ? Tout en confondant tactique et stratégie, grosse gourde ? »

Bon, les gens, si je pouvais encadrer cette scène où Tyrion dit : « There is just you, me, and Joffrey, the lord of the Seven Kingdoms, and protector of the realm ». Tant de fiel, tant de sarcasme. J’en mangerais.

Mais il n’y a pas que Tyrion a été très bon dans cette très bonne scène où Cersei confesse son impuissance face à Joffrey. Lena Headey fait du très beau boulot cette saison, je trouve. J’aimais bien sa déception :
«-Je pensais qu’il serait comme Jaime. Gentil, mais con, le genre qu’on mène à la braguette. D’ailleurs, il lui ressemble, physiquement.
Eeeuuuuh…
Si, si, sous un certain éclairage. Dans la pénombre. De dos. De loin.
Ouais, ‘fin moi ce que j’en dis, c’est qu’il ressemble surtout à Robert.
Robert n’était pas totalement ravagé du bulbe, si tu vois ce que je veux dire. »

Allez, bas les masques, et on continue dans la scène géniale de confession, avec une Cersei qui s’effondre (scène qui est en fait, oui pardon pour le blasphème tout ça, meilleure que celle du bouquin), et un Tyrion qui tente de la consoler en s’en approchant comme si c’était une lionne enragée. Un échange de regard, et l’instant de compassion est terminé.

Ben les gens, c’était vraiment super beau. J’ai presque pleuré, surtout dans les dernières secondes.

Qarth.

Bon aller, je le dis…

BON SANG ELLE M’ENERVE !!!!!!

Si c’était pour nous la montrer en mode caps lock fury, c’était vraiment pas la peine de nous inventer une histoire où on lui vole ses dragons !

Chiante comme pas deux, Daenerys ressemble de plus en plus à Viserys. Autant dans son mode colère over 9000 que dans ses décisions totalement débiles comme refuser l’aide de Xaro Xhoan Daxos ou renvoyer le pauvre ser Jorah sur les roses parce qu’il tente gentiment de la réconforter : « Venez Khaleesi, que je vous fasse un gros calin. »

D’ailleurs, il était où ser Jorah pendant que Irri défendait les dragons à la force de ses petits poings rageurs : « Don’t take the dragons, it is known ! It is known ! » ? Parti faire le marché, sans doute pour acheter des kiwis ? (oui, lui trouver un bateau, je sais. Rien n’empêche ce bateau de cependant transporter des kiwis)
Bref, je le trouve bien présomptueux de se pointer là comme ça, avec sa mine super concernée.
Je note qu’une fois de plus, il sait être de bon conseil. Pas sûre que Dany l’écoute cette fois-ci par contre, même si les évènements lui ont remis les idées en place.
Son disque a l’air un peu rayé : « Find my dragons FFS !!!!! »

Alors que ser Jorah cherche un peu partout sous les cailloux et en soulevant les tapis… :
«-Coucou c’est moi, Qaithe, la dame avec un masque super flippant. Ça va ?
Euh, moyen. Vous auriez pas vu des dragons, par hasard ?
Je ne vais pas répondre à cette question car je suis mystérieuse. La preuve, j’ai un masque. Par contre, je vais te balancer gratuitement et sans raison autre que le rappeler aux spectateurs qui l’ont peut-être oublié depuis l’année dernière que tu es un gros espion à la solde de Varys.
Ok, mais sinon, vous auriez pas vu des dragons ?
Non, par contre, je sais que ta khaleesi est en ce moment même avec le voleur ! Sur ce, je disparais tout aussi mystérieusement que je suis venue. You want to know my name, you want to see my face ! I am the devil, mouhahahahah !

Sympa d’être passé, Qaithe.

Jorah court donc vers Dany, il a même déjà le doigt accusateur pointé et tout, et la réplique qui tue au bout des lèvres : « Ahahah ! Mains en l’air, monsieur le terroriste ! »

Sauf que Daenerys est avec les Treizes. Jorah va avoir l’air bien con. Et Dany encore plus, toujours avec ce même problème de disque « wherearemydragons wherearemydragons wherearemydragons wherearemydragons ». Le Spice King (s’il a des filles, peut-on les alors les appeler les Spice Girls ?) une fois de plus la mouche de façon tout aussi habile que juste et insupportable, alors Daenerys voit tout rouge.
Personnellement, je suis pour le Roi des Epices. Il est pénible, mais tout ce qu’il dit est frappé du sceau de bon sens.

Mais nous sommes dans « Game of Thrones », la série qui vous laisse rarement le temps de vous attacher.
Car soudain, Nosferatus, le magicien chelou, sort de la foule pour s’accuser du vol des dragons et révéler que Xaro Xhoan Daxos est lui aussi dans la conspiration, et là, pouf, sort d’images miroir et le voilà qui exécute tous les membres des Treize


Question : après cet épisode, combien reste-t-il désormais de Sang Coureurs à Dany ? Non parce ce que c’est un tout piti peu l’hémorragie, là.

Haaaaaaaan, le vieux complot !

Dont je n’ai pas trop compris l’intérêt, mais bon, admettons, maintenant Xaro Xhoan Daxos est calife à la place du calife, il va pouvoir ouvrir Qarth au marché chinois et envoyer ses porte-conteneurs faire la navette Hong Kong / Le Havre. Ah ben tiens, sous ses airs de pas y toucher, lui… Sinon, Dany, ça va ? C’était sympa de jouer les marionnettes ?

Bon, c’est pas le tout, mais les petits ont besoin de voir leur maman. Désormais, Daenerys a un prétexte un peu plus impérieux que dans les livres d’aller voir ces gros malades de mages mort-vivants. Finalement, c’est pas mal du tout, cette affaire là…

Docteur Quinn, femme médecin.

« Tout le monde disait qu’une femme médecin ne pourrait pas survivre seule à la limite des terres colonisées. Mais j’étais bien décidée à lutter de toutes mes forces. J’avais un Robb Stark maintenant, et c’était sûrement le plus grand défi de ma vie. »

Comme dans tout bon épisode de « Docteur Quinn » qui se respecte, cette semaine, Talisa a des soucis de fourniture. En temps normal, elle fait envoyer par Horace, le télégraphe, un message à Denver et deux semaines plus tard, tous ses patients sont morts, mais elle reçoit ses petites caisses de pénicilline.
Le truc ressemblant le plus à un télégraphe, présentement, c’est son Robb. Qu’on dirait qu’il va la bouffer dès qu’il la voit tellement elle est belle pleine de sang et de cervelle Lannister sur ses fringues.

«-T’en fais pas fillette, je vais aller te la chercher, ta pénicilline !
Oh Sully Robb, merci ! C’est tellement généreux et SURTOUT DÉSINTÉRESSE DE VOTRE PART D’ENVISAGER UN VOYAGE JUSTE VOUS ET MOI SUR LES ROUTES ET DANS L’ ADVERSITÉ, tellement qu’on voit pas DU TOUT comment ça va finir après que vous ayez appris la mort de vos deux petits frères et que vous aurez besoin de réconfort… »

Au pays de Jaime.

Adeptes du bondage, bonsoir, le Régicide est toujours enchaîné de toute part dans sa cage sise au beau milieu de l’ost Stark. La dernière fois qu’on avait eu de ses nouvelles, il se faisait grogner dessus par Vent Gris. Depuis, il s’ennuie un peu. On lui laisse jamais un magazine, c’est nul.

Pour compenser, cette semaine, on lui a refilé un de ses cousins, le pauvre petit qui passe son temps depuis le début de la saison à faire la navette entre les Stark et les Lannister et qui visiblement, lui, contrairement à Littlefinger, ne connaît pas le secret de la téléportation, vu qu’il vient tout juste d’arriver pour expliquer à Robb que de toute façon, Cersei a déchiré ses conditions de paix. Avant de le renvoyer pour une énième interminable chevauchée, Robb lui propose d’aller dormir à sa place habituelle, sauf que visiblement, les Stark accumulent tellement de prisonniers que : plus de place, informe lord Karstrak (à qui on fait coucou, c’était sa première apparition).

« Ah bah, c’est sûr. Trop de prisonniers ! » Note avec diligence et une pointe de sarcasme ce cher Roose Bolton.

Jaime et son cousin Alton sont donc de par le fait colocataires pour la nuit. Ils se racontent des trucs de Lannister, sans grand intérêt, mis à part que l’on refait un peu connaissance avec le Régicide à cette occasion. Atteint d’une forme précoce d’Alzheimer, grande gueule, mais beau parleur, un rien désinvolte mais sympathique, n’ayant pas une aussi bonne opinion de lui-même qu’on pourrait le penser, si prompt à lier connaissance avec les g….

« Ahahah ! YOUHOU LE GARDE JE VIENS TOUT JUSTE DE BUTER GRATUITEMENT MON COUSIN !!!!!!! »

Pardon mais là, WTF ?

A peine le temps pour moi de me remettre de ce thé qui vient de faire une fausse route sous l’effet de la surprise, que Jaime est re capturé par les Stark. Tout le monde semble décidé à lui trouer la peau, bizarrement plus parce qu’il a tué un garde qu’à cause du fait que ce salopard a déboîté son propre cousin innocent pour s’offrir une diversion (en plus, le garde en question était juste bon à fait « tssshiiii !!! » comme un chat en colère. Je suis pas sûre qu’il leur manque vraiment).
Cat, en l’absence de Robb, se retrouve dans la position étrange de dernier rempart entre Jaime et la décapitation (ou pire) par lord Karstark, dont il se trouve que le garde était son fils. Aller, Cat, courage, défend la vie de l’homme qui a voulu tuer le tien, de fils. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Régicide ne lui facilite pas la tâche. On dirait qu’il veut mourir. En tout cas, retourner en prison, ça, jamais.

«-Et si on te file des magazines ?
Nan ! Jamay ! »

Mine de rien, la série a gentiment posé quelques jalons avec cette petite affaire des Karstark qui font « tssshiiiii !!! »
Y’a plus qu’à attendre que les pommes tombent dans le panier. Si je puis dire.

Alors justement, en parlant de trucs susceptibles de tomber dans un panier, la tête du Régicide est menacée. Catelyn se rend donc dans sa geôle, sans doute pour dire ou faire un truc, mais Jaime c’est une vrai star, alors il se met à énerver tout le monde, à commencer par Catelyn. Ouais, bon, je sais… Il reste une grande gueule en toute circonstance, mais tout de même, j’adore cet aplomb avec lequel il confronte Catelyn à ses petites valeurs. Régicide ? Ouais, d’un roi fou qui massacrait ses sujets for the lolz. Incestueux ? Certes, mais fidèle.
Toujours le mot pour rire ? Attends voir un peu Brienne, je sens qu’on va trop se marrer tous les deux.

Et la série de prendre toujours autant de liberté et c’est tant mieux, même si parfois, on se demande un peu pourquoi, comment et où tout ça va-t-il bien nous mener.
Si je peux malgré tout me permettre quelques broutilles remarques :
-la série échoue toujours aussi pitoyablement à parler de religion. Pourtant HBO a de l’expérience en la matière, si j’en crois mes souvenirs de « Rome », où les dieux imbibaient littéralement chaque épisode, d’une façon ou d’une autre, au détour d’un autel, d’un sacrifice, d’une mention dans les dialogues. Au point de faire partie d’une toile de fond riche et pleine de sens. Bon alors, D&D, vous fichez quoi ?
-encore une allusion à la Confrérie sans Bannière. J’ai bon espoir. Mais je ne me fais toujours pas au nouveau Gregor Clegane.
-personne ne sait ce que Roz est devenue. Le monde continue de pleurer sa disparition.
-Doreah a disparu. J’espère qu’elle n’est pas avec Roz… Brrrrrr.
-suis-je la seule à trouver que Brienne n’est pas super bien jouée ?

Mais à part ces menus détails, franchement, il était pas génial cet épisode ?

Aller, nouveau meilleur épisode depuis le début de la série. Quand s’arrêteront-ils ?

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