Le titre de cet épisode n’ayant rien à voir avec la choucroute, je m’accorde le droit de ne pas faire de titre pour ce billet. Na.

Ah ben voilà, le grand classique : t’as plus Internet PILE LE JOUR OU SORT UN SUPER EPISODE DE « GAME OF THRONES » ! Un épisode sous le signe du chaos et de la fureur.
Moi, ce que j’en dis, c’est COMPLOT ! Orchestré par qui ? Pourquoi ? Mmmmh, mystère, mais en attendant, il me faut rattraper mon retard, donc sans plus de transition de toute façon j’ai mal au crâne donc j’ai aucune inspiration pour écrire une intro ridicule, chronique de l’épisode 16 !

(en plus, un épisode à 3 loups et un Rickon : ça mérite presque une tournée générale)

Winterfell.

Je crois que Bran Stark est le personnage qui totalise le plus grand nombre de réveils moisis de toute la série. Les gens ont un peu tendance à profiter du fait qu’il soit handicapé pour lui faire des peurs bleues au pied de son lit : Vieille Nan, les 7 poupées vaudous de Catelyn, son punk de frère, et maintenant Theon, son nouvel ami du petit déjeuner.

«-Euh…. Coucou ? » Fait Bran comme l’ex meilleur ami de son frère semble prendre un peu ses aises dans sa chambre.
«-Non maintenant, c’est PRINCE Theon seigneur de Winterfell que je viens de prendre à ton nez et ton absence de barbe ! Ahah ! Vous voilà bien feintés, les Starks !
Mais de quoi tu causes ? J’entrave que dalle au réveil avant d’avoir bu mon Nesquik. »

Mais hélas, les Fer-Nés ne sont pas très aware question Nesquik. Tout le monde est descendu dans la cour manu militari pour assister à la cérémonie de reddition du château. Un douloureux moment pour Bran, comme pour le spectateur. Je sais pas vous mais moi, j’ai enragé pendant les ¾ de ces scènes. Voir cette petite merde de Theon Greyjoy se la jouer conquérant est sans doute, après toute scène avec Joffrey, ce qui m’aura crispée le plus dans cette série.

Et voir les Fer-Nés envahir Winterfell c’est tout aussi énervant que voir les Allemands défiler au pas de l’oie sur les Champs Elysées. Faut dire qu’avec Theon à leur tête on assiste à de grands moments tout à la fois de charisme et de fair play. Se faire aimer ou respecter ce n’est visiblement pas trop trop leur truc. Du coup, tout le monde dans la cour sous la pluie battante, tout le monde ça veut dire surtout Bran, contraint de rendre son château à l’autre andouille, trempé comme un tout petit chat, et ça, ben non, franchement, Theon, tu peux démonter la tête de ses vassaux, trahir son frère, prendre son domaine comme un gros chacal, limite, ça passe encore, mais tu laisses le petit Bran sous la pluie, ça c’est impardonnable.

Ce que je trouve fabuleux avec Theon, c’est sa capacité sans cesse renouvelée à faire un truc atroce,et puis à tout de suite enchainer sur encore pire. Souvenez-vous, la fille du capitaine de l’Unique, traitée comme un bout de viande et paf, deux scènes plus loin, Theon dans le pantalon de sa propre sœur. Or donc, après avoir pris Winterfell à Bran avec toute la morgue et la condescendance dont il est capable, que va-t-il bien pourvoir faire de pire quand ser Rodrick va se pointer, tout vociférant et peu enclin à donner un « prince Theon » ?
Quelle scène horrible. A tout point de vue. Et Alfie Allen, bon sang de bonsoir, quel acteur. Et pourtant Dieu sait si jouer le rôle de Theon n’est pas chose facile. Dans son face à face avec ser Rodrick et ses vérités qui dérangent, il se rend capable de faire passer son personnage par tout un tas d’émotions.
Et plus encore lorsque mestre Luwin s’interpose pour tenter de le ramener à la raison. Entre son éducation de Stark, et sa culture de Fer-Né, Theon nous fait soudain un somptueux bug de loyauté. Parviendra-t-il à reboot en mode sans échec ? Pas si sûr. Theon relance son processeur en full mode Fer-Né cette fois, désinstallant illico son addon Stark en condamnant à la mort par décapitation ser Rodrick.
Nooooon ! Pas ser Rodrick !!!!! Il est censé mener la contre-attaque dans les bouquins !!!!

Ahah, qu’est-ce-qu’on s’en fout, franchement ! La série prend là une décision aussi radicale qu’intelligente : dans les livres, c’est Mikken, un type de la maisonnée qui se fait descendre pour insubordination (on le voit se prendre un coup dans la série, d’ailleurs), mais comme son personnage n’a pas été développé et qu’à un moment, il faut bien entériner par le sacrifice d’une vie le basculement de Theon, et puisque ce bon vieux Rodrick était de toute façon voué à mourir pour la défense de Winterfell…
Un choix parfait : Theon doit payer le Fer-prix, mais il doit surtout, surtout, tuer le père. Et par le père, j’entends Ned Stark, celui qui l’a élevé, aimé d’une certaine façon, et qu’il ne peut plus atteindre. Rodrick Cassel, qui fut son maître d’armes et qui fait en quelque sorte partie des meubles à Winterfell incarne en cet instant précis tout ce dont Theon doit symboliquement se défaire.
« The man who passes the sentence should swing the sword », lui rappelle mestre Luwin, comme un écho de la première scène de la série, où Theon s’affichait au milieu des Stark, tendant Glace à Ned avant l’exécution du déserteur. Dans cet épisode, la mort de Rodrick Cassel n’est que le reflet déformé de cette scène, où Theon va réinvestir chaque geste de Ned, en tordant leur sens et leurs valeurs.
Bref, c’était un très grand moment de télévision, à tous les étages.

Intéressant de noter que Theon est tout de même un garçon foireux en toute circonstance : mauvais pour faire des discours, mauvais ambassadeur, et mauvais bourreau. Bon, à sa décharge, rater l’exécution de ser Rodrick, ce n’était pas de sa faute. Theon a de tout petits bras alors que Rodrick Cassel a un cou de taureau. Et un col en cuir. Et personne d’assez intelligent pour signaler à Theon que :
«-Eh, mec, je suis pas sûr que ça p…. »

  • Schling !PAF*

«-Scrogneugneu, let’s do it again, et arrêtez de bouger, ser Rodrick, vous me facilitez pas la tâche ! *Schling ! Crac !* « Et voilà le travail ! J’ai entamé la colonne vertébrale ce coup-ci ! »
«-Ouais, mais la tête tient encore aux épaules, prince Theon… »
«-Et ce cartilage qui me résiste ! Je vais le mater ! »

Terminer une décapitation à coups de pieds, c’est ça, la Greyjoy’s touch.

Inutile de vous dire que tout le monde est hyper impressionné. Même Rickon en a oublié de le traiter de tous les noms.

Le soir venu, Osha est parvenue par une ruse très basique, profitant du côté DSK de Theon, à l’épuiser par une séance qu’on imagine totalement délirante de sexe tantrique sauvageon. Bref, elle lui met misère. Ce qui lui permet de fuir avec Bran, Rickon, Hodor, Eté et ce bon vieux Shaggy Dog (non mais jamais je ne parviendrai à m’y faire) à travers bois.
Oui, j’ai fait mon deuil des Reed. Adieu Jojen, adieu Meera.

Quelque part au pied d’Eyjafjallajökull.

Ah, qu’est ce que c’est beau, l’Islande tout de même ! L’endroit rêvé où se promener entre copains lors d’une petite randonnée destinée à souder des liens de camaraderie à la vie, à la mort. Jon est tout joyeux. Il marche à grand pas en écartant les bras, tel un écolier espiègle avec son gros cartable rempli de billes, de Prince Theon de Lu et d’un ou deux cahiers tassés dans le fond.

D’ailleurs, c’est l’heure de sa leçon de SVT.

«-Tiens, ‘agad’ mon petit Jon, c’est quoi là ?
De la neige, M’sieur Mi-Main !!!!!
Mouais, c’est surtout une congère, et une congère ça se ???
Euh, ça se tabasse à coup d’acier valyrien, ahah !!!
MAIS NON ! Une congère, ça se contourne, triple buse !
Mais le lord commandant il m’a offert une pure épée tunnée en acier valyrien et je peux jamais m’en servir, bouhou c’est pas juste ! je peux aller jouer avec mon loup maintenant ? »

Qhorin Mi-Main est heureusement un homme patient. Même si je pense qu’il compte davantage sur les éléments que sur ses qualités de pédagogue pour faire entrer deux trois trucs dans le crâne de Jon où il ne semble y avoir de l’espace que pour l’acier valyrien, l’honneur, la gloire et la justice. Ça me rappelle furieusement quelqu’un…

Mais bon, pas le temps de jouer bien longtemps avec Fantôme qui de toute façon, fait du boudin (Jon a donc fini par déteindre sur son loup), Mi-Main a repéré un camp de sauvageons à qui il propose d’aller offrir un peu de chirurgie dentaire gratuite.

Les frères jurés ont rapidement le dessus sur les hommes-phoques (ils sont TROP CHOUPIS dans leurs vêtements Inuits, les Wildlings : je veux le même anorak), y compris Jon qui retourne comme une crêpe l’un d’entre eux et pour une raison inconnue lui arrache sa capuche, et là…

«-Aaaaaaah !!!!!!!AaaaaaaAAAAaaaaah !!!!!
Bon sang, Jon, mais qu’est-ce-qu’il y a !
Làààààààà ! Lààààà !!!! Aaaaah, caytropaffreux ! Y’a une fille ! Ah pouasse, mais quelle horreur, elle m’a trop fait flipper !
Mais ça va pas bien de te mettre dans des états pareils pour une gonzesse ?
C’est le choc, M’sieur Mi-Main. Je veux dire, la dernière fois que j’en ai vu, elles avaient des pieds bots, des dents de hamster, trois yeux, des excroissances un peu partout et elles pataugeaient dans la boue et la consanguinité de concert. Alors que celle-là, elle est propre, et bien coiffée en plus, ce qui est pas banal pour une Sauvageonne, si vous voulez mon avis. »

Pendant que Jon a ses vapeurs, moi, je suis trop contente. Coucou Ygrid ! Alors ma poussinette, bien ou bien ?

«-Bon, ça va, maintenant, tu la buttes, et on en parle plus.
WTF ? » S’étonne Jon.
«-J’en sais rien, débrouille toi, parait que dans ta famille, y’a une longue tradition de décapitation de trucs venus illégalement d’au-delà du Mur, alors fais marcher ton imagination. Tiens, toi qui te plaignais de pas assez dégainer ton acier valyrien, ben voilà. Bon ben nous on va monter le camp plus loin, on se fait une fondue ce soir, Michel ?
Ah, bonne idée, chef ! »

On sent que Jon est tiraillé entre tuer la fille rapidement pour aller manger de la fondue et invitée Ygrid à boire un vin chaud. Elle, même sous la menace d’une lame en acier valyrien, reste digne. Elle se doute peut-être que contrairement à Rodrick Cassel, elle sera exécutée proprement.
Jon tente bien de se souvenir pendant de longues minutes comment on fait pour tuer quelqu’un par décapitation : « Stick them with the pointy end…. Naaan, ça va pas marcher…. »

«-Bon, tu la coupes, ma tête ? On va pas non plus y passer la nuit ! » S’impatiente Ygrid.

Snowy prend son expression la plus Stark possible, avec la moue de l’honneur et du devoir, lève très haut son épée qui décrit une courbe superbe dans un geste que, si Nelson Monfort le commentait, il dirait sans doute descendu sur les ailes d’un ange ou je sais pas quelle connerie, et…. Il rate complètement Ygrid, mais alors là, d’au moins 30 centimètres.

« M’enfin !!!!? » Fait Jon, considérant son épée, la pierre qu’il vient de heurter et la tête d’Ygrid toujours bien vive pendant de longues secondes mises à profit par la sauvageonne pour se tirer de là vite fait.

«-Ouilleouilleouille ! C’est pas bon du tout, ça ! Elle va donner l’alerte et moi, je vais me faire disputer ! »

Jon se lance donc à sa poursuite, sautillant sur le glacier derrière sa proie qu’il finit par plaquer au sol : « pas de bol, fillette, on m’appelait l’Imanol Harinordoqui de Winterfell ! »

Très vite, le spectateur lambda en vient à plaindre Ygrid : coincée dans un glacier à la nuit tombante avec Jon Snow qui semble aussi dégourdi pour la survie dans la nature que Daenerys pour la diplomatie.

«-Il va faire nuit…
Mais non, il va pas faire nuit…
Si, le soleil se couche, regarde.
Mais non, le soleil se couche p… Tais-toi, avance !
On va crever de froid.
Mais non, on va pas crever de froid.
Faut s’abriter ou faire un feu…
Mais euh, RESPECTE MON AUTORITE !!!! »

Sur ce, parce qu’il n’est pas du genre à se laisser emmerder par une gonzesse, Jon saucissonne Ygrid, l’allonge par terre et part bouder dans son coin, c’est encore ce qu’il sait faire de mieux.

«-Eh, j’ai super froid aux pieds », lui indique Ygrid. « Tu pourrais pas venir me les réchauffer ? »

Jon, qui ignore que TOUTES LES FEMMES SANS EXCEPTION ont toujours froid aux pieds la nuit, et que ça n’a ici donc rien à voir avec la température ambiante, se fait avoir comme un bleu. Il va donc se coller sur Ygrid qui semble déjà avoir bien cerné le bonhomme. Quelques heures avec lui, et elle sait que Jon connait deux choses :

Elle peut donc tenter sa chance.

Sauf que pas de bol, elle tombe sur Jon Snow, qui est un peu le Jonas Brother of the Night Watch local.

«-Mais enfin, qu’est-ce que vous faites madame ?
Rien du tout.
Ouais, ben veuillez cesser tout de suite ces marivaudages ! Car j’ai fait vœu de pureté et de probité, hein, donc, voilà. Alors euh hein, arrête d’essayer de me violer, c’est pas bien !»

Oui, Ygrid, la nuit va être TRES longue. Avec un peu de chance, en plus, il ronfle.

Harrenhal.

Faire contre mauvaise fortune bon cœur : c’est le nouveau credo d’Arya. Comme elle est mieux là, à servir de groom à Tywin Lannister qu’à parier sur le temps que mettront les rats à trouer le bide de ses compagnons de cellule, elle s’acquitte de sa tâche d’échanson avec efficacité et le sourire.
Un service que Tywin semble apprécier à sa juste valeur.
Ils sont mignons tous les deux, à se lancer des petits regards et à se lancer dans des discussions complices.
Voire intimes, les discussions car au détour de l’une d’entre elle, on apprend que quand il était petit, Jaime était dyslexique. Et que son père s’est improvisé orthophoniste afin de lui faire rentrer la lecture dans le crâne à raison de 4h de cours par soir.

Non mais clairement, ça explique plein de choses sur Jaime. T’as déjà des difficultés à lire, et ton père te prend la tête 4h tous les jours, et on imagine que la moindre erreur ne doit pas être tolérée, limite, quand tu fais tes lignes de lecture, ça doit être avec un poignard derrière la nuque. Le lourd trauma d’enfance, quoi. Après on s’étonne qu’il ait cherché le réconfort auprès de sa sœur.
Bravo la pédagogie, Tywin…

Mais je vous rassure, il n’y a pas que cette révélation fracassante à émailler notre passage à Harrenhal cette semaine. Personnellement, j’ai découvert que Littlefinger avait le don de téléportation.
Obligé, sinon je ne m’explique pas comment il a fait le trajet Accalmie => Harrenhal en si peu de temps. D’ailleurs, qu’est-ce-qu’ il vient faire ici ? Ce n’était pas plus simple de remonter à Port Réal pour faire son rapport ?
Je dis ça parce que les projets de mariage de Margeary Tyrell, je ne vois pas trop en quoi ça le concerne en premier chef. D’autant que bon, si je ne m’abuse, Littlefinger était allé au-devant de Renly sous les ordres de Tyrion, qui est Main en remplacement de Tywin, dont la préoccupation principale là, tout de suite, est la guerre contre Robb Stark. Un simple corbeau aurait suffi.

Tout ça pour dire que cette scène était le moment de WTF de l’épisode, heureusement noyé par le jeu d’Arya pour dissimuler son visage au nouveau venu, avec plus ou moins de succès. Par chance, les grouillots ont un pouvoir d’invisibilité naturel qui lui permet de s’en tirer sans casse.

Là où j’ai une fois encore un peu de mal à suivre, c’est lorsque Arya profite que Tywin lui tourne le dos pendant 10 bonnes minutes pour lui chiper un papier où des instructions sont données contre les armées de Robb. Elle avait largement le temps de le lire, mais non, elle préfère se barrer avec au risque de se faire prendre, des informations stratégiques à la main.
Devinez ce qui arrive ?

« Ausecoursausecoursausecours !!!! »

Arya court toute éperdue dans le château.

«-Ausecoursausecours Terminator Jaqen ! Il faut que tu ailles tuer numéro 2 !
Une fille pourrait dire bonjour et arrêter de gueuler tout fort dans une cour pleine de monde qu’elle veut qu’un homme aille lui tuer quelqu’un… Mais un homme dit ça, il dit rien.
Nonmaistunecomprendspas c’estatroceaffreux !
Une fille devrait penser à utiliser sa barre d’espace. Un homme pige que dalle à sa logorrhée.
Méchant Lannister savoir pour moi, lui dénoncer une fille à Tywin, toi tuer méchant Lannister, capish ?
Ouais, ben, un homme a piscine…
MAINTENANT !!!!! »

Il a beau rouler des yeux, Jaqen s’exécute, assez proprement je dois dire, le vil dénonciateur étant abattu sur le pas de la porte de Tywin. Un joli coup, Jaqen. Qui va pouvoir maintenant se mettre deux doigts dans l’œil.

Du côté de chez Robb.

Le Jeune Loup pavoise. Encore des batailles de gagnées, encore de la gloire, en plus il a trop la classe et il est trop proche de ses hommes, en gros, oui, Robb peut se le dire le matin quand il se rase : « Je roxx. »

C’est tout de sa roxxitude vêtu qu’il tombe soudain sur Docteur Quinn, dite Talisa, pour une fois occupée à autre chose qu’à couper un truc à quelqu’un. En l’espèce à écrire une lettre.

Robb se fichant un peu de la lettre, il attaque tout de suite le travail, troquant le costume de roi pour celui de lover :

«-Eh, salut, ça va toi ? » *Joey Tribiani style*

Presque aussi subtil et délicat qu’Ygrid dans sa phase d’approche, Robb est à deux doigts d’inviter Talisa à dîner sous sa tente pour « voir ma collection d’arbres généalogiques » quand…

«-Alooooooors, mon Robbie, on dit plus bonjour à sa mère ? »

Ah, Cat… Toujours au bon moment.

«-AaaaaahaaaaaAAAAaaah ! » Hurle Robb tout en exécutant un triple salto de 15 mètres. « Aaah, Ah, Môman c’est toi ! MAIS QUEL HEUREUX HASARD *frakfrakfrak !!!* Euh, ben, ça va ? Tu as fait bon voyage ?
Ouioui, mais c’est qui ELLE ?
Ah, euh… Elle ? Ben euh, pers…. *gros yeux de Talisa* Une personne, voilà, c’est une personne. Ah, si je sais, je sais ! C’est dame Talisa.
C’est qui ses parents, je les connais ?
Ah beh, non, je crois pas.
Mouais, bon, aller Robbie, viens avec ta mère.
Alors sinon, tu as fait bon voyage ?
Tu me l’as déjà demandé ! C’est cette garce qui t’as tourné la tête ! Et ne me dis pas le contraire ! Je sais, tu peux pas mentir à ta mère ! De toute façon je l’aime pas.
Mais tu la connais à peine.
Oui, elle veut me prendre mon fils. Je vois pas pourquoi je l’aimerais. De toute façon, je te rappelle que tu dois épouser une des filles Frey. It is known.
Ouais, je suis au courant, pfff.
Fais un peu confiance à ta mère. Je t’en trouverai une qui louche pas et qu’a pas de pied bot ! »

Ah, un grand moment que cette scène, décidément…

Scène qui me confirme un peu dans l’impression que cette affaire Docteur Quinn va tourner au grand n’importe quoi incessamment sous peu.
Soit on nous révèle bientôt que Talisa est en fait Jeyne Ouestrelin ou assimilé, comprenez qu’elle est vraiment de bonne famille et ça semblera sorti du chapeau, soit on n’en saura jamais plus sur ses mystérieuses origines, et du coup, se sera nawak.

Ceci dit, on ne me laisse jamais le temps de gamberger dans cette série. A peine le temps d’arrêter de me moquer d’un Robb sermonné par sa mère que surgit Roose Bolton, avec de grands moulinets de bras :

«-Sire ! Sire !
Qu’est-ce qu’il y a encore ? Vous avez tous décidé de me pourrir la journée ?
Sire ! Les Greyjoy ont pris Winterfell !
Quoi le fuck ?
C’était Theon qui menait l’assaut…
Ah ben bravo ! S’écrit Catelyn. Ça serait jamais arrivé si tu écoutais ta mère !»

Oui, c’est bien le moment de traiter ton fils de petit con devant ses bannerets. C’est vrai, c’est pas comme si il n’avait pas l’air de s’en vouloir à mort. Pas comme s’il n’était pas blessé par la trahison de son ami. Non continue à l’enfoncer, il en a bien besoin.

Parce que personne ne peut se permettre d’aller reprendre Winterfell aux Fer-Nés, Roose Bolton propose gentiment les services de son bâtard Ramsay : « Un brave garçon, le cœur des autres sur la main. »

Aaaaah, Ramsay Snow… Vivement que je contemple ta face de dégénéré ascendant comte Zaroff !

Port Réal.

Ah Cersei… « Great temper, slow mind », aurait pu en dire Littlefinger. Car Tyrion a eu beau lui expliquer par A+B que Myrcella serait plus en sécurité à Dorne, province neutre et tranquille s’il en est, à boire des mojitos sur la côte en compagnie de son fiancé, plutôt que dans la bouillonnante et bientôt assiégée cité de Port Réal, non, rien à faire, Cersei lui en veut toujours.
On sent bien qu’il est épuisé, le Tyrion. Même plus la force de lui refaire son exposé en long en large et en travers, avec un dossier relié, des graphiques, peut-être même un Powerpoint. Non, parfois,il faut savoir reconnaitre sa défaite, et ce jour-là, c’est encore ce que le Lutin saurait faire de mieux.

Pendant ce temps, Sansa essaie bien de prendre le parti de Tommen, qui pleure le départ de sa sœur sous les sarcasmes de Joffrey. Lequel n’en a strictement rien à carrer, de Myrcella. Ça fait plaisir. N’empêche c’est là que l’on voit que Sansa est une vrai Stark. Toujours à prendre le parti de l’opprimé. Toujours mal à propos d’ailleurs, mais heureusement pour elle, Sansa a un excellent instinct de survie, et parvient à esquiver la riposte de Joffrey.

«-Je trouve que c’est normal de pleurer.
Quoi, vas-y quesstadi ?
J’ai dit que je trouve qu’on a une belle journée. »

Sur le chemin du retour vers le Donjon Rouge, Joffrey prend un bain de foule. Et la foule lui offre une très belle bouse en pleine face.

Loin de réfléchir au fait que bon, le rapport de force est de quelque chose comme 1 contre 10 pégus en colère, le roi se met à hurler comme un goret : « C’est qui qui a fait ça ? C’est toi ? Alors viens, viens, je t’attends !!! T’as peur ? ET BEN CASSE-TOI PAUVRE CON ! »

Assez rapidement, la situation dérape en conséquence. Alors que tout bascule dans un grand n’importe quoi généralisé, on assiste à quelques scènes fort sympathiques, comme le Limier confiant son colis de Joffrey à un random garde royal pour mieux se précipiter au secours de Sansa, Tyrion assistant médusé au démembrement du Grand Septon (un peu déçue qu’il n’ait pas eu sa couronne de cristal, d’ailleurs. Du coup, on se demandait un peu qui était ce type avec un encensoir), ou Sansa, qui ne trouve rien de mieux à faire que d’aller se planquer dans une allée étroite et sombre avec des violeurs d’enfants aux trousses. Ouais, en fait, concernant son instinct de survie, j’ai rien dit…

Bon, sinon, cet épisode est presque le meilleur de toute la série : trois loups, un Rickon, et une baffe pour Joffrey. Tous les éléments sont réunis pour faire atteindre à ces 50 minutes au top qualitatif de folie.

Une baffe et une méga engueulade d’oncle à neveu neuneu, qui vous faire regretter que personne n’ait trouvé le moyen d’arracher un bras ou deux à Joffrey. Ou même juste sa langue. Ça aurait déjà fait des vacances à tout le monde.
En attendant, je ne peux que constater que Jack Gleeson prend toujours aussi somptueusement les baffes. Je me demande si les autres acteurs le cognent pour de vrai. En tout cas, à « Sansa est pas revenue, ben qu’elle crève ! », je pense que j’aurais frappé de toutes mes forces, peut-être pas pour les mêmes raisons queTyrion mais tout de même. C’est pas de ma faute, il le joue tellement bien…

Sansa, justement, est sauvée in extremis par le Limier et ramené, vivante, en bonne santé, et comme un sac au Donjon Rouge. Le pire qui risque de lui arriver maintenant, se sera de faire d’atroces cauchemars dans lesquels elle sera sans doute incapable de démêler si ce qui la fait le plus flipper se sont les manants édentés tentant de la violer ou Sandor Clegane déroulant le gros intestin de l’un d’entre eux sous ses yeux. Difficile à dire.

Il semblerait que Shae, the funny nurse, ait pris elle aussi le parti de Sansa. En fait, dans ce château, à part Joffrey et ser Goldorak, tout le monde semble sincèrement la plaindre. Et personne ne fait rien.

[Bonus track, with funny faces :


Qarth.

J’ai beau être des fans de Daenerys, je crois que rien ne me ravie plus que ces scènes où elle semble totalement à côté de la plaque, incapable de comprendre qu’elle n’est qu’une petite khaleesi en haillons avec trois dragons pour seule fortune, trois bébés dragons qui plus est.
La voir exiger du Roi de l’Epice des bateaux au seul motif de « je veux ! » c’était beau.

« Attention, je vais me fâcher très fort !!! »

Sauf que nous, spectateurs, savons que Dany ne déconne pas totalement quand elle tente maladroitement de lui expliquer qu’elle n’est pas tout à faire comme les autres. Daenerys, à la différence de son frère, qui n’en avait que l’ambition, EST le dragon. Alors quand le Roi la renvoie dans ses 22 avec une suffisance toute justifiée, légitimement, je me suis un peu sentie inquiète pour lui.
La dernière personne qui l’a contrariée, elle l’a foutue au feu, puis est entrée dans les flammes et en a fait naître trois dragons. Juste ça.

Bon, ok, en la présente, elle ressemble à un gros bébé joufflu qui fait rien qu’à pigner. Et qui scrogneugneu tant qu’il peut sur le chemin du retour chez Xaro Xhoan Daxos, où l’attendent quelques cadavres.

« Mais c’est quoi ce bordel ? » Fait Dany juste avant de…

« Ciel ! Mes dragons ! »

C’est là que l’on voit le sens de ses priorités. A sa place, en découvrant le corps sans vie de Irri, j’aurais un peu chouiné je pense : « C’est pas juste ! C’est parce qu’elle a été super chiante la semaine dernière qu’il fallait la tuer ! Et maintenant qu’elle est morte, QUI ME DIRA IT IS KNOWN KHALEESI ? »

Non, elle, rien à carrer de sa bonniche : « OU SONT MES DRAGONS ?? »

Ben tes dragons, ma petite égoïste, sont en chemin vers la Maison des Non-Mourants. Un endroit charmant que je te propose de visiter la semaine prochaine. Et de détruire with fire and blood aussi, en tout cas, moi, c’est ce que je ferais à ta place.

Cette entorse aux livres me parait bonne. Elle crée un suspens bien moins artificiel que celui du mémorable raid dans les neiges chez Craster avec Jon, et si la chute est bien celle que j’imagine (« Drogon ? Drakkaris. »), elle va lui donner le poids qui lui manque à Qarth.

En plus, avec un peu de chance, ça nous donnera un épisode à trois dragons.

Ben quoi, j’ai le droit de rêver, non ?

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