Pompompidou

Il y a des films sur lesquels j’ai envie d’écrire tout de suite, même si ce n’est que pour en dire du mal.
Il y a des films sur lesquels j’ai envie d’écrire tout de suite pour vous assommer de tout le bien que j’en pense.
Et il y a des films, sur lesquels non seulement je n’ai rien à dire, mais sur lesquels je n’ai pas envie d’écrire. « My Week with Marilyn  » est de ceux-ci. Mais je suis en vacances, et je ne peux plus me réfugier derrière l’argument :  » Oui, euh, travail, pression, chronophagie, dépression, le monde à sauver ! « 
Je vais donc écrire ce billet. Sachez ceci : je suis en train de me prendre par la main (pas facile pour taper sur un clavier, entre nous soit dit) et de me pousser tout à la fois à rédiger quelque chose. N’importe quoi : une note, un avis.
« Patience, discipline« , comme le disait si bien Sylvanas Windrunner. Une devise que je m’empresse d’appliquer séance tenante.

C’est quoi ?

« My Week with Marilyn » est un récit autobiographique d’un ancien assistant-réalisateur de sir Lawrence Oliver (modestement interprété par le modeste Kenneth Branagh), qui aurait eu une aventure platonique avec Marilyn Monroe pendant le tournage de « Le Prince et la Danseuse ». Par cette petite fenêtre dans la vie de la star des stars, nous allons donc découvrir Marilyn comme nous ne l’avons jamais vue.

Youpi.

Alors ?

Comme un mauvais biopic qui se respecte, « My Week with Marilyn  » n’apprend rien au spectateur sur son sujet principal, à savoir Marilyn Monroe. J’ai presque envie d’arrêter là mon billet, mais je vais tout de même tenter d’argumenter un peu.
Le portrait, très lisse, de l’actrice, donne à voir une femme fragile, bourrée de névroses, engoncée dans son image médiatique. Bon ben merci, c’était précisément l’image que j’avais d’elle.
On se contente d’aligner les poncifs, grâce à un observateur extérieur éperdu d’amour et d’admiration, qui nous livre donc un portrait très objectif de l’icône hollywoodienne.
Rien, rien, rien, pas le plus petit projet de mise en scène, dans ce film qui passe son temps à expliquer par des dialogues déclamés par Kenneth Branagh que Marilyn  » ouhlala, elle est super naturelle, quel charme ! « , ou par Eddie Redmayne  » Marilyn était fragile. Et perdue. Et fragile aussi. « 

Comble de l’ironie, on atteint un tel niveau d’asepsie que les apparitions de Marilyn, qui était pour mémoire, un sex symbol, sont appuyées non pas par la mise en scène ou la performance de Michelle Williams (on y reviendra), mais par des acteurs masculins qui font super naturellement tomber leurs mâchoires sur une musique vaguement nanarde soulignant l’entrée en scène de la bombasse.
Aussi vain qu’inutile.


« Ah beh, comme moi en fait ! »

Bon, pour être tout à fait honnête, j’ai laissé passer trop de temps entre le visionnage de ce film et la rédaction de ce billet pour vous parler de la mise en scène. Déjà, je ne suis pas super affutée sur le sujet, et là, le temps et l’ennui passant, j’avoue mon inaptitude à vous dire combien ce film était plat. Même « La Dame de Fer » était plus marquant question réalisation. C’est dire.

« Ouais, mais Michelle Williams a eu un Golden Globe ! »

Certes. Pas qu’elle démérite en pseudo Marilyn. La voix, la gestuelle, la personnalité à fleur de peau, la fragilité, rien à dire. Joli travail.

Le hic, c’est que ça s’arrête là. Michelle Williams est assurément une bonne actrice, mais elle ne peut pas être crédible dans le rôle de Marilyn parce qu’elle ne possède pas ce qui fait une bonne partie de la fascination qu’exerçait Norma Jean Baker sur son public : le sex appeal.

Voilà pourquoi le film est obligé d’en faire des caisses avec des effets musicaux totalement datés pour tenter de faire croire qu’elle faisait subitement monter la température sur le plateau.
Le pire, c’est que dès la première scène, on sent que cela ne fonctionnera jamais. Le film s’ouvre sur un numéro de chant de Marilyn. Michelle Williams fait le job, singe sa gestuelle, mais elle a beau onduler du postérieur et secouer sa poitrine dans tous les sens, ça ne marche pas. Y’a-t-il des hommes ici qui ont vu ce film et qui peuvent me donner leur sentiment sur cet aspect du personnage, parce que bon, je râle, mais je ne suis peut-être pas la mieux placée pour donner mon avis sur la question.
Enfin je dis ça… En tant que femme, je ne suis pas non plus totalement aveugle au fait que Marilyn Monroe, oui, c’était de la dynamite montée sur talons aiguilles. Je n’en ai rien à faire personnellement, mais je m’en rends compte. Michelle Williams, pardon, mais question énergie sexuelle, c’est le zéro pointé (comme l’indique mon titre, elle est plus « Pompompidou » que « poupoumpidou », si je voulais résumer).

Or, c’est précisément ce magnétisme de Monroe qui était son plus grand atout et sa pire malédiction. Personne, à commencer par les hommes, ne la prenait vraiment au sérieux parce que, comme le lui disait si délicatement Lawrence Olivier : « Sois sexy, c’est tout ce que tu sais faire.« 
Pour comprendre le personnage, il aurait fallu la voir dans toutes ses dimensions. Celle de la petite chose fragile, mais aussi celle de la femme sûre de son pouvoir de séduction, capable de jouer de ce pouvoir et de s’écrouler la minute d’après, victime de cette image qu’elle renvoyait.
Le portrait ici servi se voulait hagiographique, mais ne sort finalement qu’assez pathétique et quand je dis pathétique, je ne veux pas dire comme Claude François dans « Cloclo ». Ce n’est pas Marilyn qui est pathétique, c’est la lecture qui en est faite.

Je ne voudrais pas donner l’impression de tout mettre sur le dos de Michelle Williams. Je pense que l’ouvrage adapté ici est de base assez mauvais. Du coup, difficile de se dépêtrer des lourdeurs et surtout de cette impression persistante d’être devant une fan fiction écrite par un lycéen.

Ceci étant dit, je reste persuadée que Michelle Williams est une erreur de casting. J’ai passé mon film à me demander ce que donnerait Scarlett Johansson dans le rôle de Marilyn. Ou Christina Hendricks. Bref, des filles qui possèdent toutes deux ce « truc » qui manque à Williams et qui fait ici cruellement défaut.




Ami homme, fais ton choix.

A noter que dans ce film, vous trouvez aussi Judy Dench. Actrice qui est décidément de toutes les productions anglo-américaines foireuses (« Shakespeare in Love », « Mrs Henderson présente »…). Dorénavant, j’aurai dans mon cerveau une alerte Judy Dench.

Film insignifiant, à la réalisation fade, au scénario sans saveur et à l’interprétation terne, « My Week with Marilyn  » n’est même pas un bon film du dimanche soir.
Je vais regarder « Certains l’aiment chaud », pour oublier.

Note : 0

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