Ned is dead.

Avec le printemps revient « Game of Thrones », avec son cortège de questions : Quelle est la marque du shampooing qu’utilise Jon Snow ? Pourquoi la tête de la reine penche-t-elle quand elle réfléchit ? A quoi Roz peut-elle bien servir ? Pourquoi Joffrey met-il sa couronne de travers comme un gangsta du ghetto ? Qui est ce jeune punk qui zone partout dans Winterfell en se faisant appeler Rickon Stark ? Où est donc passé Jalabar Xho ? Varys met-il des bas et si oui, peut-on parler de bas à Varys ?

Tout ceci, vous ne le saurez pas en lisant ma review hautement constructive et furieusement lolesque (ou pas) de « The North Remember », aussi connu sous le nom de « season premiere de la saison 2 de Game of Thrones ».

Dans un souci de lisibilité, nous procéderons comme de coutume, à savoir par secteur géographique, en faisant fi de chronologie, et de références trop récurrentes à la comète, qui occupe désormais le ciel, et les esprits de tous. Mais qu’est-ce donc que cette chose (mis à part un hommage à Ann Mc Caffrey ?). Cinq livres, et je suis toujours incapable de vous répondre.
Allez, en route !

La CreuseLe Cantal…gné… Pontivy… Au delà du Mur.

Nous retrouvons donc la Garde de Nuit clopinant dans la neige, arpentant l’œil aux aguets et l’oreille roidie par les frimas, les rudes paysages de la Sibérie. A moins que ce ne soit Roudouallec, en tout cas, c’est grave sauvage, froid et dépeuplé. Enfin, dépeuplé, pas que, vu que nos amis les Corbeaux se rendent gaillardement chez un autochtone, le fringant Craster, dont les habitudes matrimoniales feraient frémir le plus déluré des Targaryens. Peut-être même la reine Cersei.
Dans la grande tradition de « Game of Thrones », nous découvrons donc une douce famille ayant élevé l’inceste au rang d’art de vivre. Si un jour un généticien décide de se taper l’étude de l’ADN mitochondrial des gens de Westeros, il risque d’avoir de grosses surprises. Sérieux, on se moque des Bretons et des Picards parce qu’ils se marient tous entre cousins et que ça donne des blogs comme celui que vous lisez présentement, mais Westeros, pardon hein, c’est juste 20 fois pire : et que je culbute ma jumelle, et que j’épouse mon frère, eh, petite, on serait pas cousins issus de germain des fois ? Ça te dirait pas d’aller voir ma collection de poignards en acier valyrien ?
Pays. De. Tarés.

D’ailleurs, Jon Snow, mister orgueil et préjugés, bien le fils de son père, se la joue un peu grand justicier frisé en signifiant de façon fort peu subtile à Craster, son hôte quand même qu’il trouve sa manie de coucher avec ses propres filles un peu, comment dire… Indigne d’un gentleman. Se faisant, Jon fronce les sourcils et fait les gros yeux.
« Nan ! Naaaaan !!! Pas les gros yeux ! » s’écrie Craster, foudroyé par tant d’autorité naturelle et dûment ébranlé dans ses convictions matrimoniales et sa vision de la famille idéale.

Non… Ca c’est ce qui est écrit dans le journal intime de Jon Snow : « Cher journal, aujourd’hui j’ai fait les gros yeux à un romano qui fait rien qu’à coucher avec ses filles, il n’est pas venu demander la monnaie de sa pièce, lol.« 
En vrai, Jon se fait moucher comme une cousette et presque éclater la tête contre un séchoir à morue par le lord commandant qui n’aime pas trop qu’on vienne lui saper ses discussions diplomatiques avec de broutilles remarques comme : « l’inceste, c’est pas bieng. »

Vexé, Jon se recoiffe et s’en va bouder dans la neige. Certaines choses ne changeront jamais… Pendant que Jon boude j’en profiterai pour dire deux mots de géopolitique sauvageonne toute de même parce que c’est plus intéressant que les états d’âme de Frisouille. Pendant que Jon jouait les vierges effarouchées (check, double check), Craster expliquait tout de même au Lord commandant que Mance Rayder, dont personne n’avait prononcé le nom depuis le tout début de la série, marche vers le sud.

Quoi le fuck, dites-vous !

Fort heureusement, et sans se fendre d’une sexposition dont la série a fait sa marque de fabrique (en même temps, là, je voyais pas trop comment en faire une impliquant Craster et le Lord Commandant… Non, je ne veux pas de cette image dans ma tête, ni dans la vôtre d’ailleurs), on nous explique en deux répliques que ce mec, Mance Rayder, auto-proclamé roi d’au-delà du Mur, est un ancien frère de la Garde de Nuit, un tourne casaque qui préférait sans doute manger des raclettes avec des gens mal coiffés, et de géants chevauchant des mammouths, plutôt que de poireauter jusqu’à ce que mort s’en suive sur un mur. C’est un choix de vie.
Sauf que bon, dans le ramassis d’info balancées sous le regard réprobateur de Snowy, on peut réaliser un truc trop affreux quand même : les sauvageons et leurs armées de trucs et de machins géants s’amassent au Nord pour venir… Ben, vers le Sud, oui, parfaitement logique. Sauf si tu vis en Terre de Feu, en général, quand l’hiver vient, si tu veux te réchauffer les harpions, faut descendre. Merci, Craster, ou devrais-je Captain Obvious (ceci dit, le lord commandant ne semblait pas avoir vraiment fait le rapprochement…).
Si je résume, nous avons donc des sauvageons qui arrivent en masse droit sur le Mur, défendu par la Garde de Nuit, qui présentement est partie faire une rando en Islande, donc pour le « watcher on the Wall, the shield of human realms », on repassera. Sachant qu’au sud du Mur se trouve le Nord (ouais ouais), actuellement vidé de ses lames parties taper sur les Lannisters un peu plus au sud, sachant que plus au sud encore, les Lannisters iront sous peu taper sur d’autres gens, tels des Baratheons…
Pour Mance Rayder, cette campagne doit être aussi grisante qu’un open bar.

Winterfell.

Et nous retrouvons donc la riante cité de Winterfell. On semble s’y laver toujours si peu, mais en revanche, on y reçoit des doléances. Ça a l’air aussi chiant qu’un film de Xavier Beauvois cette affaire-là, en conséquence de quoi, Bran s’ennuie ferme, mais joue avec application au petit seigneur.
Honnêtement, on s’en tamponne un peu, puisque nous sommes gratifié, comme ça, dans le season premiere, d’un rêve de loup… Qui est plutôt joliment présenté, avec ce reflet soudain d’Eté dans l’étang, qui répond à celui de Bran quelques temps plus tard, alors qu’Osha, presque présentable pour une fois, lui explique que la comète est signe de dragons.

Hmm. Arrêt sur images, s’il vous plait : Osha, la sauvageonne déglingo coiffée comme Bonny Tyler qui se met subitement à déblatérer des choses sur les dragons ? Dans le reste du royaume tout le monde lit cette foutue comète comme un présage pour les guerres à venir. Daenerys elle-même qui vit avec des dragons, quand même, n’a pas fait le rapprochement. Même si rapport il y a, c’est évident, une telle affirmation de la part d’Osha c’était légèrement… Bon… Admettons, quoi…


Si, capillairement, les progrès sont incontestables…

Vivesai… Ah tiens, non.

Alors que je m’attendais à retrouver Robb Stark et sa frakking môman dans le château de Vivesaigues, nous revoici nous revoilà dans l’ost Stark, entre les toiles de tente grises et les rires gras des hommes de troupe. Au beau milieu de ce bazar, Jaime Lannister, le Régicide et présentement prisonnier du Jeune Loup, est assez étrangement enchainé dans une grosse cage. Enfin, étrangement, c’est moi qui dit ça, hein. Juste que je ne trouve pas super utile d’enchainer ce pauvre garçon par le cou, même si un Régicide enchainé est toujours une vision de bonheur. Remarquez, peut-être que Robb craignait qu’avec de simples menottes, Jaime finisse par se ronger la patte pour s’enfuir.

Jaime prisonnier, Jaime outragé, et Jaime humilié par son geôlier qui vient le narguer fort gratuitement, je trouve. Bon, en réalité, Robb vient juste faire un recap de l’entre deux saisons au Régicide. Ce qui revient, en gros, à un concours de kiki. Se terminant par une victoire sans appel de Robb, vu que son kiki est nettement plus gros. Il mesure déjà un peu plus de son mètre au garrot maintenant, et lorsqu’il le montre à Jaime, celui-ci flippe tout de même un peu.
C’est qu’il a bien grandi, le kiki de Robb.


Mais évidemment que je parlais de Vent Gris…

Parti pris assez intelligent de la part du département CGI que d’avoir choisi de prendre un loup normal et de l’agrandir à l’écran pour donner un maximum de crédibilité au loup géant, et d’avoir annoncé son arrivée par des effets sonores qui non seulement préparaient bien à la vision de la bête, mais renforçaient singulièrement l’aura de Robb. Ce qui fait de cet épisode un épisode à deux loups. On va tenir le compte cette année, promis. L’épisode qui en montrera le plus aura droit à… ben disons à une chronique avec encore plus de lolshots que d’habitude.

Tout ceci nous amène à l’une des meilleures scènes de l’épisode, après les entrées successives de Tyrion dans divers endroits de Port Réal, celle ou Robb dicte ses conditions de paix aux Lannisters.
C’est dans ce genre de scènes que l’on voit combien D&D sont deux fieffés petits malins. Dans les romans, Robb n’est jamais nanti d’un point de vue. Il n’existe qu’au travers de yeux de sa mère et de ses frères. Et si Catelyn est une observatrice privilégiée, c’est avant tout une mère, devrais-je dire, une « maman », espèce cousine de la femelle humaine dont le cerveau s’est échappé du corps en même temps que son premier-né. Aux yeux de Catelyn, Robb est et restera Robbinou, Bobby, Poupette, enfin, tout ce que vous voulez, mais il ne sera certainement pas le roi Robb. Ainsi, les remarques constantes de Cat, « il avait l’air d’un roi« , « il prenait son ton royal« , poussent à voir Robb comme un enfant qui joue au roi. Ce qu’il est sans doute, du fait de son jeune âge et de son inexpérience. Mais ça, il n’y a guère que sa môman pour le réaliser. Aux yeux de tous, Robb est le roi, le master and commander de Winterfell et du monde libre qui boutera les Lannister hors du Conflans.

Voilà pourquoi dans la série Robb semble surbutter par rapport aux bouquins. Juste une question d’angle de vue. Tout comme Ned semblait dans la série être l’empereur des ouiches lorraines alors qu’il avait tout l’air d’un parangon de vertu à la lecture.
Une scène très forte, donc, permettant de remettre un peu les choses dans leur contexte, et surtout de replacer Robb sur son piedestal, le tombeur du Régicide, la terreur des lions de Castral Roc, tout ça.
D’où un ton régalien, une attitude inflexible, et un révérencieux et grisant : « quinngue in ze naurf » murmuré par Rodrick Cassel et repris par l’assemblée des bannerets (un « King in the North » qui était gueulé par le Lard Jon dans les livres, mais on notera que ce murmure est nettement plus cinégénique). Après une scène comme ça, toutes les femmes regardant ce show voudront épouser Richard Madden.
Afin cet enthousiasme délirant retombera bien vite avec la super décision politique trop inspirée du jour de Robb. Pour une fois, il aurait mieux fait d’écouter sa mère et s’abstenir d’envoyer Theon Greyjoy dans les Îles de Fer.
Warhum ? Ach…
Vous souvenez-vous du pauvre Theon ? Ce garçon est otage des Stark depuis ces 10 ans et l’année ou son royal père, Balon Greyjoy, seigneur des Îles de Fer, décida de se rebeller contre le fraichement promu roi Robert. Depuis, Theon, qui a grandi avec Robb et qui est selon ce dernier « son meilleur ami 4ever » (oui Robb est trop génial, mais trop con aussi parfois), a vécu de frustration en brimades, sans cesse ramené à son statut, comme on a pu le voir dans la saison 1.
Donc renvoyer ce gros frustré chez lui, c’était assurément l’idée du siècle. Bravo champion. Vivement la semaine prochaine qu’on voit de quelle façon Theon va s’y prendre pour te faire un enfant dans le dos.

En attendant, l’apparition de Vivesaigues est encore repoussée, sans doute parce qu’un nouveau chateau en CGI, ça commençait à faire cher entre les loups ûber king size et les dragons dont on va maintenant essayer de dire deux mots.

Quelque part, dans les Badlands.

« –Ouhlala, desert is hot, Khaleesi !
It is known. »

Avec un épisode placé sous le signe de la comète et l’annonce faite par Osha, il était plus que temps de retrouver la Targaryen de notre coeur, la Khaleesi Daenerys Targaryen du Typhon, Souveraine légitime du Trône de Fer, Reine des Andals et des Premiers Hommes, Mère des Dragons, présentement à la tête d’un ramassis de loqueteux qui s’il croisait Brice Hortefeux se fera expédier en Roumanie sans somation tellement le khalasar ne ressemble plus à rien.
Bon, je note qu’on a beau être au milieu du désert, il y a des dothrakis assez débrouillards pour avoir déniché assez de bois pour faire un joli palanquin à dragons.

Gniiiiiiii ! Les dragons ! Bon, comme dans les bouquins, on n’en a que pour ce gros prétentieux de Drogon, le dragon noir comme la gueule de l’enfer, aux ailes rouges et qui serait, selon certains observateurs (les bonniches de Dany, celles qui prennent la lune pour un oeuf ou pour une déesse, paie ton expert), Balerion réincarné.
Balerion, pour votre édification bonnes gens, était la monture d’Aegon le Conquérant, qui soumis Westeros avec ses deux frangines, Visenya et Rhaenys, chevauchant réciproquement Vaghar et Meraxes, à noter que Rhaenys, d’ailleurs, était la soeur et l’épouse de Aegon, et que ce charmant couple incestueux enfantera du second roi de la dynastie des Targaryens, tandis que Visenya, qui fut également l’épouse de son frère, pas de jalouse, fut la mère de Maegor le Cruel, autre roi targaryen qui construisit le Donjon Rouge où vivent aujourd’hui les rois des Sept Couronnes. Je pense que vous savez tout.

Non mais tant qu’à faire, il faut que cette séquence autour de Daenerys vous serve un peu à quelque chose tout de même, tant il ne s’y passe RIEN DE RIEN. Bon, ok, les dragons sont choupi. Enfin, LE dragon, puisque de Rhaegal et Viseryon, on ne verra que des bouts de queue sortant du palanquin. Une astuce pour ne pas cramer tout le budget de la série sur les 5 prochaines saisons en deux séquences montrant les dragonnets jouer avec une pelote de laine (un petit dragon c’est comme un chat, mais avec des ailes).

Histoire de justifier son temps de présence à l’écran, Daenerys envoie trois cavaliers faire du repérage dans le désert, dans l’espoir de trouver une cité, un puit, une tente Keshua, de l’écran total.
Sans doute la partie adaptée la plus ratée de ce pilote qui jusqu’alors s’était montré irréprochable. Pour mémoire, le khalasar n’a plus rien à boire ni à manger, mais Dany envoie tout de même trois mecs jouer les éclaireurs. Elle espère sans doute qu’ils tiendront plus de deux jours. C’te blague. Dans les livres, la troupe se refaisait une petite santé dans une ville abandonnée avant qu’elle ne décide d’envoyer ses Sangs Coureurs.

Bon, ceci dit, rien de bien méchant, hein. Et Drogon était si mignon…

Peyredragon.

Mais quel est donc cet étrange endroit nouveau apparu dans le générique ? « ‘Dragonstone » ? What the fuck is that silly place ?

Ah, mes chers, chers amis, vous n’avez pas lu les bouquins et vous êtes encore tout innocents dans vos têtes. Vous ignorez l’existence du mec le plus génial de tout Westeros, Stannis Baratheon ! Le type qui a fait interdire l’humour pas décret, et qui de toute façon par le seul pouvoir de sa tronche de Mormon dépressif atteint de paralysie faciale génère un nul anti-second degré, anti-calembour, et anti-galéjade. Peyredragon est un endroit où je ne me sentirais pas à mon aise.

Mais découvrons ce haut lieu westrien au travers des yeux de ce mestre qui court, jupe au vent, sur une plage. Vite, hâte-toi petit mestre, car tu es en retard pour la fête de fin d’année qui a lieu sur la plage, celle où le soir de la dernière épreuve du bac, on vient sur la côte pour brûler des cagettes, boire de la vodka et vomir dans des trous creusés dans le sable, tel des tortues luth venues pour leur ponte annuelle.

Mais quelle n’est pas la surprise de notre bon mestre de découvrir qu’en lieu et place des cagettes, ce sont les statures des dieux que l’on brûle ! Oui, et je comprends aussi la tienne de surprise, petit spectateur qui n’a à aucun moment été préparé à la vision de ces statues des Sept, les divinités principales de Westeros. Si tu es observateur et que tu as bonne mémoire, tu te souviens sans doute de vagues allusions, impliquant des arbres, des anciens dieux, et comme tu es intelligent, tu as déduit qu’il en existait donc de nouveaux.

A peine le temps d’intégrer l’info qu’on te balance donc, par l’immolation de ces idoles, l’existence d’un dieu encore plus nouveau, un dieu unique en plus, j’ai nommé le seigneur de la lumière, celui qui écarte la nuit et change les ampoules, Claude François R’hllor.

Il produit de la lumière avec ses paillettes et porte du rouge, Claude François est indubitablement un prêtre de R’hllor. Ou R’hllor lui-même.

Et nous découvrons ce nouvel acteur de la vie spirituelle westrienne par le truchement de sa prêtresse, Melisandre.

Alors attention les yeux, ça envoie du lourd : Carice Van Houten, juste une des plus belles femmes du monde (qui ne l’a pas vu dans « Black Book » n’a rien vu), toute rougeoyante, accent étranger dehors (ça fait d’ailleurs un rien accent français, c’est pas banal, pour une Hollandaise : « faur ze night iz dark and foul of terreurz »), servant à mettre en valeur un Stannis Baratheon tellement pas concerné par tous ces salamalecs qu’on a l’impression qu’en fait, c’était juste un mec qui passait par là ramasser des ormeaux et puis il a vu ce qu’il a pris de loin pour un feu de cagettes alors il est venu pour engueuler ces petits cons parce que ça se fait pas, de brûler des cagettes.

Comment vous décrire Stannis… Vous voyez Ned Stark ? Et bien soustrayez-en l’humour, la joie de vivre et la capacité à transiger avec ses convictions. Vous avez votre Stannis Baratheon. Le mec le plus funky de la planète, peut-être même du multivers. Qui regarde brûler ses anciens dieux sans broncher et embrasse le culte de R’hllor parce que dans l’instant présent, ça sert plutôt bien ses ambitions politiques.

Lesquelles sont de venir s’asseoir sur le Trône de Fer, dont il s’estime le légitime héritier depuis la mort de son frère Robert « qu’il n’a jamais aimé, mais bon, si je peux rendre service… ». On remercie Ned Stark de lui avoir expédié un corbeau dans lequel il expliquait l’ascendance douteuse des enfants de Cersei… Champion du monde jusqu’au bout…

Mais on ne peut brûler les nouveaux dieux devenus anciens en toute impunité sur Peyredragon (du point de vue de Mélisandre, se serait d’ailleurs plus : « on peut rien crâmer en toute impunité sur cette île, bon sang ! ») et voici que le mestre se rebelle : « Oui, euh, c’est intolérable, tout ça ! Personne n’a pensé à prendre les knackis ! »

Mais tout le monde s’en fout : après la cérémonie de pacotille consistant à lui faire retirer l’épée du rocher, pardon, d’une statue en feu, Stannis paye son coup.

Alors là, attention, un grand moment de l’histoire des assassinats, qu’on enseignera sans nulle doute dans les écoles des Sans Visages à l’avenir.
Le mestre a décidé de tuer Mélisandre. Un mec nommé Davos Mervault, on reparlera de lui plus tard, tente bien de l’arrêter mais rien à faire, le mestre est comme un ouf dans sa tête. Il met donc dans une coupe un petit caillou, de façon top discrète, comprenez devant une vingtaine de témoins, depuis le haut bout de la table, en faisant en sorte que le caillou en question fasse bien *clingcling* en tombant dans le verre.
Ensuite, il fait de l’Actor Studio tellement convaincant qu’il aurait pu aussi bien se lever en disant : « Mélisandre, je vais vous servir du vin empoisonnée, soyez bien urbaine de le boire, cordialement. », avant de …

Arrêt sur image, s’il vous plait, j’ai jamais rien vu d’aussi con.

Donc au lieu de tendre direct la coupe à Mélisandre, le mestre commence par boire en premier. Sans doute parce qu’il est vieux et porte une robe de chambre, il se prend pour un mestre Jedi. Quoi qu’il en soit, il n’en a pas vraiment les capacités vu qu’il se met à suinter du sang de partout. Du coup, Mélisandre se marre et attend que le vieux crève comme l’abruti qu’il est, pour faire un truc trop cool : boire dans la même coupe. Ce qui lui fait ni chaud ni froid. Elle, c’est sûr, elle a suivi un entrainement spécial à Coruscant. Ou alors, elle est space marine.
La suite nous le dira.

Quoi qu’il en soit de cette pitoyable tentative de meurtre, la femme rouge en sort toute auréolée de puissance, son petit numéro de woman vs neurotoxine s’avérant carrément plus impressionnant que le truc moisi avec l’épée en feu sur la plage.

Port Réal.

Je ne sais pas si c’était fait exprès en mon honneur, mais cette saison de « Game of Thrones » débute avec des tartes dans la gueule. On part sur des bases très élevées présentant le Limier en train de refaire le nez d’un chevalier à coup de marteau de guerre, avant de balancer l’infortuné du haut des remparts. Yummy.

J’attendais avec émotion l’instant de mes retrouvailles avec Joffrey. J’avais fait provision de petits cailloux pointus pour les jeter à son visage de petit enfoiré, mais lorsqu’il est apparu à l’écran, mes intentions ont fondu comme neige au soleil. Un grand tremblement m’a parcourue et fusant de ma gorge tel Ussein Bolt de ses starts, le rire s’en est allé heurter le mur d’en face. Et je chus de mon siège en proie à une crise de fou rire à nulle autre pareille.
Sérieux, mec. La couronne. Oh.

Je ne sais plus très bien. J’hésite entre « c’est ridicule » ou « c’est frakking nice », mais je crois que c’est la chose la plus drôle que j’ai jamais vu. Enfin, juste avant l’entrée en scène de Tyrion, dans la grande tradition des entrées en scène de Tyrion. C’est vraiment dommage qu’il n’ait pas de barbe, sinon, entre lui et Zack Wylde, la différence ne serait que d’un mètre soixante environ.
Cette rock star, mon Dieu…


« Scream for me King’s Landing ! »

Après avoir balancé de trois casses à Joffrey, lequel n’y entrave d’ailleurs rien, Tyrion s’en va vers la salle du conseil restreint en sifflant “High Way to Hell”. Et là, c’est le festival de l’awesomeness, à grands coups de provocation gratuite et de déclarations fracassantes : « Yeah, Main du Roi ! » sur fond de figure de Cersei qui s’allonge. Une scène qui n’avait pas de prix…

Et même une petite apparition de Shae, the funny whore.

Un petit point Sansa avant d’attaquer la suite tout de même : la pauvrette goûte l’envers de la médaille de son conte de fée. Condamnée à épouser un dégénéré qui la fait tabasser par Goldorak, le capitaine de sa garde quand bon lui semble, elle trouve tout de même la force de s’opposer à Joffrey. Avec maladresse, mais le roi étant con comme un balai, lui dire « Oh non, pitié, ne tuez pas ce poivrot, ça porte malheur » suffit largement pour éviter 1) l’exécution dégueu d’un pauvre abruti 2) de se faire tabasser gratuitement la tronche. Ceci sans compter sur le soutien impromptu du Limier, qui est un vrai chevalier servant, quand il veut. Sauf qu’il n’a pas une gueule de porte-bonheur, mais au point où elle en est, Sansa devrait prendre ce qu’elle trouve et s’abstenir de chouiner.

Peu de temps après, nous découvrons une scène étrangement inutile mettant en scène notre moustachu préféré, le meilleur ami de Ned, Petyr Baelish, aussi connu sous le nom de Littlenfoiréfinger.

Lors d’une entrevue entre lui et la reine, nous assistons à un dialogue pour le moins déroutant :
« –Alors, mon petit Petyr, ça va bien, ou bien ?
Bah ça va bien.
Dis-moi, ton pin’s, là, c’est joli.
Ouais, ça vous plait ? C’est moi qui l’ait fait.
Ahah, c’est genre pour faire seigneur, mais vous ne trompez pas grand monde, avec votre moustache de dictateur sud-américain.
Dis-donc, Blondinette, commence pas à me parler mal de la bouche ! Sinon, je vais dire ce que je sais sur ce dont tout le monde se doute et tu seras bien feintée ! Je viens du quartier ouest !
Mais lol ! »

En l’absence de Varys, très effacé cette semaine, le concours de kiki au donc lieu entre la reine et Littlefinger et étrangement, c’est la reine qui gagne la manche (ça n’a strictement aucun intérêt, c’était la scène de remplissage de la semaine, merci d’être venus). La partie en revanche…

Toujours à Port Réal, une autre scène déroutante : Joffrey refait la déco de la salle du trône. How creepy.
Sa blondeur et cette nouvelle lubie m’ont immédiatement fait penser à une version médiévale-fantastique de Valérie Damidot : « Bon alors, mes petits chats, on va refaire la déco de la salle du trône, donc on jette tous les vieux meubles, allez, zou, poubelle ! Ah je vois que vous vous êtes déjà débarrassés de ser Barristan, c’est bien mes lapins. Alors moi, dans le coin là, je verrai bien une pyramide de tête, avec une belle tenture rouge pour jouer sur les matières. Là, je mettrai bien un sticker en forme de lion géant. Qui veut maroufler le sticker avec Francky ? » (et là, vous n’avez jamais regardé D&co et vous vous sentez perdu. Tant pis pour vous, étrangers au monde merveilleux des marouflettes et de la peinture Résinence).
Je suis sûre que ça ne va ressembler à rien. Mais qu’importe. Si ça me promet des crises de fou rire jusqu’à la fin de la saison, je prends, même que je le maroufle, ton sticker, petit con.

Autre intérêt majeur de cette scène, après la lolz, c’est la méga lolz, que nous devons à une action suuuppeeeerbe de la reine Cersei, décollant une magistrale baffe dans la mouille de Joffrey.
Bon, les esprits chagrins noteront que la baffe en question aurait dû décoller quelque part sur les marches du septuaire de Baelor : « Qu’on lui tranche la t… *BAM!* » mais, mieux vaut tard que jamais, et puis si ça peut devenir un genre de tradition dans cette série, qui s’en plaindrait franchement ?
Hein, qui ?

QUI ?

Tout ça à cause d’une sombre lettre expédiée par Stannis Baratheon, le pseudo-oncle de Joffrey, frère cadet de feu notre bon gros roi Robert affirmant l’illégitimité du roi gangsta. Lequel prend la chose de travers, rapport au fait que tous les corbeaux de Stannis arrosent présentement Westeros et l’autre côté du détroit de copies de la missive en question. Du coup, Joffrey nous fait une petite crise d’hystérie dont lui seul a le secret, traitant sa mère de tous les noms, ce qui lui vaut la pichenette en question : « Han, comment que je pourrais trop te condamner à mort pour ça ! » dit-il, super crédible et autoritaire. Quel grand roi…

Afin d’asseoir le reich de mille ans des Lannister, Cersei ordonne donc aussitôt à ce gros faisan de Janos Slynt d’aller égorger tous les bâtards que Robert a semé dans Port Réal. Fort heureusement, GRR Martin a prévu d’écrire 7 livres. D’ici la fin, on verra peut-être le bout de cette mission. Malgré son peu de sens commun, Janos parvient à mettre la main sur l’un d’entre eux, la petite fille que Ned avait vu le jour ou Jaime l’avait agressé à la sortie d’un bordel. Bordel où on recroise brièvement Roz, promue au rang de chieftain prostipute. Visiblement, avoir une promotion signifie aussi mieux manger à la cantine, mais passons sur ce détail sans intérêt, puisque là, présentement, Janos Slynt est un train d’égorger le bébé sous les yeux de sa mère. Mais quel homme. Le parfait commandant du guet de Joffrey.

Eh, mais, d’ailleurs, en parlant de bâtard de Robert….

Quelque part en Westeros.

Nous retrouvons Arya, Gendry et leur bande de bras cassés gambadant sur la route, direction le Nord, le Mur, le Jon Snow et son journal intime. Le jour, Arya se fait appeler Arry et prétend être un garçon. La nuit, elle rêve qu’elle fait des trous dans le roi Joffrey et la reine Cersei. Parfaitement normal pour une enfant de 8 ans.


« Qu’est ce qu’il y a de mieux dans la vie ? Ecraser ses ennemis ! Les voir mourir devant soi ! »

Fun facts westriens.

Les décors et les costumes ont subi un upgrade assez violent. Port Réal ressemble désormais à une capitale qui aurait des faux airs de Dubrovnik, la reine est habillée comme une vraie reine, et les effets spéciaux, dragons et loups compris, sont de grande qualité. Reste à savoir à quelle fréquence nous serons régalés de leur présence. Par exemple, Fantôme jouait une fois encore les Rickon Stark cette semaine. Et Rickon Stark devait sans doute mendier sa piécette devant le Carrefour Market, escorté de son bon Shaggy Dog, comme un punk qui se respecte.

La prononciation de certains noms a changé entre la saison 1 et la saison 2. C’est très chiant les mecs. Prenez Gendry, l’année dernière, j’avais du me résoudre à l’appeler Jendry. Visiblement cette année, se sera Ghendry (ou Guendry, je vais pas commencer à écrire en phonétique. Comprenez donc Gendry, avec un Gu-, comme Gimli).
De même, les Tyrell, que la saison 1 et ma pomme depuis le début appelaient les « Taïrell », se sont transformés en « Tirell ».

It. Sucks.

Dans la saison 3, on dira sans doute Raïmé pour Jaime, je suppose, hein…. Et Kersei au lieu de Ssersei, histoire de prouver à la face du monde que j’avais raison :p

Une remarque intéressante et constructive (oui, il faut attendre la fin du billet pour lire ça), mais D&D ont fait un très beau travail d’adaptation, en taillant allègrement dans tout ce qui était, il faut le dire, un peu chiant dans les bouquins. Comme la marche jusque chez Craster, dont les aléas sont expédiés en une réplique, ce qui suffit largement, ou l’errance d’Arya, réduite au strict minimum, lequel s’avère suffisant.

Pour les amateurs de math, sachez qu’il y a désormais 4 rois sur Westeros…

La semaine prochaine, on devrait donc rencontrer le dernier, une vielle connaissance, nous devrions aussi en apprendre un peu plus sur l’art de savoir se rendre, nous découvrirons les abimes de classe et de distinction dans lesquelles peut se vautrer Theon Greyjoy, bref, y’en aura pour tout le monde.

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