On dirait le Sud.

« –Moué, c’est quoi ce film que tu veux à toute force m’envoyer voir ? Laisse-moi lire le résumé… Non mais tu te foutrais pas un peu de ma fort auguste personne dès fois ? Un film de flic rednecks qui se passe au Texas ? Sans freaks massacrant de gros idiots de jeunes gens à la tronçonneuse ? Sans exécution par injection ? Sans un seul frakking cowboy ? Non mais ça va pas des fois…
Mais c’est réalisé par la fille de Mickael Mann !
Et alors ? C’est un gage de qualité peut être ? Il est bon peut-être Goro Miyazaki ?
Bah, pas totalement mauvais et puis de toute façon c’est quoi cet argument à base de Japonais qui n’ont rien à voir avec la choucroute ici présente ?
J’emploie les arguments que je veux ! Et y’a qui qui joue dans ce chef d’œuvre de fille de… ? Hein ? Que de losers je parie.
Hit Girl.
J’ai envie de la baffer quand je la vois. Trouve autre chose.
-Jeffrey Dean Morgan.
Eh, il jouait dans « Watchmen » et dans « Grey’s Anatomy ». Tu veux vraiment que je te redise tout le bien que je pense de Zack Snyder ? Et des séries médicales ?
Jessica Chastain.
Oh. Passée chez Malick, a donc gagné mon respect jusqu’au Ragnarök. Au moins. Bon admettons.
Sam Worthing... »

Quelques secondes plus tard, je regardais donc « Killing Fields ».

Et franchement, je ne sais pas si j’aurais du, malgré Sam Worthington et Jessica Chastain, malgré les gènes de Mickael Mann dans le corps de la réalisatrice, dont c’était en plus le premier film.
Il y a des gens qui font des poutres dès leur premier long métrage. Pas Amy Canaan Mann.

Bon voilà, il n’y a pas non plus à en rougir. Globalement, le film se tient plutôt bien, seulement il n’a rien pour lui qui en fera un souvenir impérissable. Pas de patte particulière, aucune maestria, une bonne gestion de l’ambiance, oui, mais bon, sorti de cela, on a surtout l’impression que ACM fait tout pour ne pas ressembler à son père, jusqu’à ne jamais trouver une identité propre.


Bonne raison de voir le film n°1.

Le hic c’est qu’il est du coup impossible de s’attacher aux personnages, alors même que ce sont leurs doutes et leurs tourments qui sont au cœur du scénario et donc du film. Pourtant, on se donne du mal à opposer les personnages de Jeffrey Dean Morgan et Sam Worthington dans leurs vies privées respectives, mais cela ne rend finalement pas grand-chose qu’une exposition un peu vide qui aide certes à mieux les cerner mais sans nous les faire apprécier.
L’obsession quasi mystique du premier ne fait ni chaud ni froid dans le dernier acte, la détresse de Hit Girl, bah, oui, c’est pas de bol d’être la fille de Laura Palmer, mais bon, tu vis chez les rednecks du Texas petite, alors vient pas chialer.


Honnêtement, vous avez pas envie de la baffer, vous ?

Mise à part une réalisation sans éclat, « Killing Fields » est en plus assez laid à regarder. Ouh, ce gros grain, hmm, tu reprendras bien de ma caméra moche pour réaliser ce plan, ça accentuera l’effet de misère sociâLe (à dire avec l’accent de Georges Marchais pour décupler l’effet)…
Un choix plus que discutable, surtout que bon, la fille de Mickael Mann qui réalise son premier film avec le même matos que la fois où elle était parti en camping dans les Appalaches, c’est pas vraiment glorieux.
Une bonne photographie c’est important. C’est fou les gens, mais un film, c’est un œuvre d’art. Donc dès fois, ça peut être visuellement beau. Beau pouvant être glauque et inquiétant, et oui : je n’avais pas envie de vivre sur Shutter Island, mais bon sang, comme c’était beau. Personne ne voudrait embarquer sur le Nostromo pourtant, quelle belle photographie rendant l’ambiance poisseuse du vaisseau… bref, je peux t’en multiplier des exemples de ce type, je peux même te sortir « True Blood » de ma manche pour te dire que la photographie y est tout sauf dégueulasse et pourtant, tu le sens bien le Sud pauvre et arriéré.


Bonne raison de voir le film n°2.

Donc voilà, abusée par Sam Worthington que j’ai été. Il est bon, hein, comme d’hab. Et Jessica Chastain aussi. N’empêche…

Alors, à suivre, ACM ? On va dire que oui, compte tenu du fait que « Killing Fields » n’était pas franchement raté, simplement pas totalement réussi. Tout le monde ne peut pas être Sofia Coppola…

Note : */*

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