La nuit, Roschdy Zem est gris.

Non mais voilà, tu enchaines deux bons polars français comme « A Bout Portant » et « Les Lyonnais », et pouf, tu t’imagines que tout sera du même acabit jusqu’à la fin des temps.
Que tu es bête…
Que tu es naïve…
Que tu es aussi fan de Roschdy Zem que de Sam Worthington et que tu te laisses facilement abuser….

Mettons les choses au point : « Une Nuit » n’est pas fondamentalement mauvais. Il est même plutôt ambitieux dans la forme et bien fichu dans le fond.
Alors qu’est ce qui a coincé chez moi ? Peut-être l’absence du sentiment de tension qui me paraissait pourtant aller de pair avec cette histoire déroulée sur quelques heures seulement, dans le milieu si vaste et si petit de la nuit parisienne.
Sans doute aussi le fait que c’était vachement moche à regarder et que j’en ai presque pleuré « Drive » qui était tout de même si beau. Quoi que je ne suis pas sûre que Roschdy Zem aurait bien porté le petit blouson de soie, mais passons…

Donc visuellement, ça ne casse pas trois pattes à un canard. On suit le personnage principal (un indice de fou : la caméra est souvent dans son dos et elle le …. suit, mon Dieu, c’est dingue) d’un point A à un point B, avec parfois retour au point A et à chaque fois, le passage obligé de plan de Paris de nuit => je sors de la voiture => je fais mes petites affaires dans un bar/club/bordel => je rentre dans ma voiture => je prends un air torturé et je regarde par la vitre, c’est vrai que c’est beau une ville la nuit (mais je ne la regarde pas, je suis torturé)…

Bon. Sur le papier, ça pourrait marcher. Une fois, voire deux. Pas tout le film. A la fin j’en pouvais plus des aller et retour en bagnole, de la tronche d’ahurie de Sara Forestier qui sur-articule toujours autant (« Mais zenfin, commissaire, ceu n’est PA possibleu. Jeu croua queu vous deuvriez vous calemer un peeeuu. ») et de cette photographie vraiment vraiment vraiment pas belle. Tant qu’à tout filmer de nuit, autant mettre un peu de contraste, surtout que la nuit, même dans une ville, il y a beaucoup de lumière, sauf là. Paris un soir de panne de courant, sans doute…

Enfin bon…

Dans l’ensemble, pourtant, si on dégraisse un peu le film des plans voiture, on arrive à quelque chose qui se tient plutôt bien, sans être transcendant. Le personnage principal, genre de justicier de la nuit qu’on pourrait croire sorti d’un western d’Eastwood, est la grande force du film, admirablement servi par Roschdy Zem, un de nos plus grands acteurs, soit dit en passant. Malheureusement, le reste du casting est assez inégal, Sara Forestier et tous ses défauts mis à part, Samuel Le Bihan pas crédible une seconde au contraire de Jean-Pierre Martins, trop peu à l’écran, mais suffisamment charismatique pour le marquer durablement.

Le fait que le film s’empêtre un peu dans un style hybride entre exercice de style et produit réaliste à la frânçaise, lui empêche de trouver son souffle, son identité.
On pense à Mickael Mann tout de long, on pense à « A Bout Portant » aussi (pour le format court, en grande partie) et on regrette de voir finalement quelque chose d’inabouti qui n’arrive jamais au bout de ses promesses.

Bon, le final est aussi un peu naze, achevant de laisser cette désagréable impression en bouche : M. Philippe Lefebvre, c’était presque ça…

Note : */*

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *