Yes we canuts ! (worst.joke.ever)

C’est par une froide nuit après-midi (c’est vrai que le soleil se couche drôlement tôt ma bonne dame) d’hiver ou il faisait au moins 15 degrés (non mais sérieusement, c’est l’hiver ?) que je me allée voir un film français.

Un vrai film français en plus, pas un fake comme « Or Noir » avec des acteurs américano-hispano-anglo-indhous produit par des pétrodollars, non, un AUTHENTIQUE long métrage hexagonal (c’est une figure de style, un film hexagonal, jamais ça passe dans un projecteur. Vous êtes vraiment cons dès fois).

« Mais tu es folle ! Tu sais ce que tu risques à aller voir un film français ?« 

Ouais, de perdre 8 euros et quelques kopeks dans l’opération, ainsi que deux heures de la vie. J’en prends des risques tout de même pour l’amour du Septième Art, j’vous f’rais dire.

Des risques certes, mais des risques calculés, parce qu’il faut pas être masochiste non plus, et tenter sa chance devant « L’Art d’Aimer », ou « 17 Filles ». Non, quand tu vas voir un film français, tu te dois de t’imposer une certaine limite :
-pas d’héritiers de la Nouvelle Vague.
-pas de films tournés avec un appareil photo.
-pas de scénario basé sur les déboires d’un trentenaire parisien déprimant dans un appart de 110 m2 du 7è arrondissement sur fond de triangle amoureux et de chansons de Thomas Dutronc.

De façon générale, si je peux vous donner un bon conseil, essayer d’aller voir un film français que Le Cercle aurait détesté.

Alors moi, sur le papier, « Les Lyonnais », je ne savais pas trop de quoi ça parlait, vu que jamais DE MA VIE, je n’avais entendu parler du gang des Lyonnais.
Il faut dire que les truands me passionnent grave, encore plus les truands lyonnais. Sérieux, qu’est ce que tu peux bien avoir à truander à Lyon à part des charcuteries où tirer de la rosette et te planquer après dans des trabouls pour échapper à la maréchaussée locale, pas franchement efficace si j’en crois les capacités de roxxor du plus célèbre des policiers de la capitale des Gaules :

Ah bah pour sur, ça s’annonçait dantesque le truc. Film français. En plus.

Mais réalisé par Olivier Marchal, ce qui provoque chez moi regain d’attention. Et à raison parce que « Les Lyonnais » s’avère un film redoutable, qui te chope à la gorge et ne te lâche plus pendant une heure et demie et quelques, sans un bout de gras qui dépasse (à part la brioche TITANESQUE que se traine Gérard Lanvin, mais c’est une autre histoire), à coup d’un montage propre, net, d’un scénario avare de dialogue mais lourd de sens, et d’une réalisation qui sait parfaitement ce qu’elle fait et ce qu’elle dit.

Là où je pensais un peu me trouver face à un festival de gun fight ou de close combat avec Gérard Lanvin qui éclate la tête de Tcheky Karyo sur un métier à tisser à la Croix Rousse, j’ai découvert un film jouant davantage sur les ambiances. Les braquages ou l’action se déroulent en général hors champ, ou sont plus évoqués que montrés. Marchal s’intéresse aux intervalles, aux calmes entre les tempêtes, s’appuyant sur des interprètes à même de soutenir des rôles quasi muets où tout doit passer dans un regard, un geste.


« I came here to drink milk and kick ass. I’ve just finished my milk. »

S’il n’y avait pas eu deux trois passages en shaky cam de mes deux, j’aurais presque jeté des bigorneaux sur l’écran dans une transe de délire enthousiaste engendrée par la surprise presque divine de voir qu’on peut encore faire un film 100% français d’une telle qualité, avec non de non, un scénario qui tient la route et un vrai projet de réalisation derrière. Un combo ultra rare.

Sur ce calibre d’un film court, énergique, dense, bourré ras la gueule de bonnes idées developpées jusqu’au bout, Marchal signe un excellent polar aux accents tragiques.


Un autre truc tragique : tout le film, on essaye de nous faire croire que le mec au milieu c’est Gérard Lanvin jeune. roflcopter.

Bon alors c’est sûr qu’un film pareil, peuplés de vieux acteurs trimballant des pastèques gigantesques sous leurs blousons de cuir, ça ne risque pas trop de plaire aux bobos de la Rive Gauche, mais que voulez-vous, ainsi va la vie, ces gens là sont condamnés à mourir d’ennui devant des film de Christophe Honoré avec Louis Garel. J’y peux rien.



Moi je dis, y’en a qui cherchent…

Note : **/*

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