Double critique.

Venant de finir un livre où l’on parle de films de vampires, je me suis laissée entrainée sur la pente fatale, celle qui mène tout droit au choix inconscient vous faisant regarder successivement deux histoires à base de gens malfaisants avec des dents trop longues (Jean-Luc Mélenchon, un commentaire ?).

C’est parti pour une double critique de « Daybreakers » de Michael Spierig et « Underworld : The Rise of the Lycans » de Patrick Tatopoulos.

« Daybreakers », Michael Spierig.

Relativement intéressant sans être un chef d’œuvre ni même un bon film d’ailleurs, « Daybreakers » réussit à se suivre sans ennui tout en déroulant une histoire relativement cohérente et suffisamment solide pour crédibiliser l’ensemble du film.

Lequel n’est qu’une métaphore de la surconsommation jouée dans un décor post « Je Suis une Légende ».

Ah, en voilà une idée qu’elle est bonne. Car là où Richard Matheson s’arrêtait sur la fin du dernier être humain sur Terre, on était en droit de se demander comment les vampires, dépendant du pétrole sang humain feraient bien pour survivre une fois notre espèce éteinte.


« C’est bon, Jean-Luc, il faut partir maintenant… »

« Daybreakers » répond partiellement à cette question en plaçant son héros vampire forcément gentil car zoophile végétarien au cœur d’une civilisation toute jeune mais déjà sur le déclin, faute de la création d’une énergie alternative substitut sanguin.
Les humains, réduits à une minorité traquée de jour comme de nuit par les vampires maîtres du monde, se divisent en deux catégories : ceux qui survivent en fuyant et ceux qui survivent branchés à des machines un poilou matrixiennes chargées de pomper leur sang et de les maintenir en vie.

Puisque l’on pige très vite le côté allégorique du récit, « Daybreakers » se devait de trouver une forme de dérivatif à ce fil directeur un rien éculé. C’est là que le film, après avoir bâti une belle ambiance et très bien posé les enjeux de cette société vampire, se plante avec beaucoup de distinction sur un nouvel arc narratif construit sur la possibilité de trouver un remède au vampirisme.

Si l’on retrouve là un élément de « Je Suis une Légende », « Daybreakers » ne réussit pas à transformer l’essai jusqu’à se décrédibiliser dans son dernier tiers faute de convaincre au moment même où la chose était nécessaire (entre autre en entretenant un suspens à deux ronds sur le remède en question).

Malgré ces défauts, « Daybreakers » reste un film visuellement plutôt soigné, sans grande originalité mais possédant de belles qualités plastiques, avec en particulier quelques scène contenant des jeux de lumière intéressants et parfaitement intégrés au récit.

Idéal pour une soirée sympa, à enchainer avec « Je Suis une Légende » le film, pour prise de tête non garantie.

Note : */*

Transition

« Underworld : Rise of the Lycans », Patrick Tatopoulos.

Détestant ne pas finir une série et adorant me trouver de mauvaises excuses pour regarder des navets, je me suis donc offerte une séance de ce troisième « Underworld », franchise décevante du début des années 2000 qui avec un premier film sympa sans plus s’était offerte une petite notoriété lui autorisant un second numéro certes mythologiquement au même niveau mais qui s’avérait surtout être la synthèse de tous les défauts du premier.


Toi, tu viens de rater ton jet de charisme.

Sommet d’originalité et de création, « Underworld 3 » (çà ira plus vite) est une préquelle médiévale contant l’amour impossible et forcément tragique de Sonya et Jean-Lou (je crois…), respectivement vampire et loup-garou. Si cela vous dit quelque chose, c’est normal. Cette histoire nous a été racontée en long en large et en travers dans le premier « Underworld ». Si vous avez vu ce film, il est donc probable que vous connaissiez l’histoire de ce nouvel opus par cœur.
Et donc oui, à la fin, elle meurt.


C’est balot, elle jouait tellement bien…

De base, partir d’un pitch rabâché dont le moindre rebondissement est connu du spectateur, y compris le dénouement, c’est un pari.
En somme, « Underworld 3 » c’est un peu le « Titanic » du monde de la nuit, sauf que visiblement, Patrick Tatopoulos et sa cohorte de scénaristes (5 tout de même) n’est pas James Cameron. Son film prend donc l’eau de partout, tant et si bien qu’à ce niveau de ratage, on en vient à se demander si ce n’était pas un peu volontaire, si Tatopoulos ne cherchait pas à réaliser son « Plan 9 from Outter Space » ceci afin de passer à la postérité grâce à ses loup-garous en CGI d’une laideur stupéfiante, les filtres bleu entrés en fusion avec les caméras, l’éclairage des scènes … euh, non j’ai rien dit, et le scénario tellement bourré d’incohérences et d’idées sans queue ni tête qu’il donne l’impression d’avoir été composé comme un cadavre exquis : chaque scénariste écrit un bout de l’histoire dans son coin et ensuite, hop, avec un bon tube de colle Cléopatre, on met tout ensemble hihihi.


Également utilisée pour le montage.

Combien a-t-on payé Michael Sheen et Billy Nighy pour qu’ils viennent reprendre leurs rôles dans ce machin ? Sans doute un paquet de crédits galactiques si j’en crois le côté fauché du film : château en polystyrène, CGI d’il y a au moins 10 ans et puis ce décor de fou, on se serait cru à Noyal Pontivy…

Note : 0

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