« Scream for me the bloooooog ! »

Ahah ! Owned, comme on dit dans le jargon ! Et oui, je sais que vous pensiez que j’irais tranquillement à mon frakking concert sans ennuyer personne. Et bien vous vous trompiez ! Ma générosité naturelle n’ayant d’égal que votre esprit réfractaire au sujet qui va suivre, je vous invite à récompenser mes efforts en lisant ce billet jusqu’au bout. Oui, en toute modestie, je vais vous apprendre des choses que vous ne soupçonniez même pas !
D’ici quelques minutes, nous ferons tous un head bang sauvage sur « Fear of the Dark », dans la joie, le metal, et la bonne humeur…

Après visionnage de ce documentaire il y a deux ans, il était devenu évident pour moi que je pouvais difficilement m’amuser à mourir sans les avoir vu au moins une fois sur scène, avant qu’eux même ne meurent ou ne partent en maison de retraite.
Dont acte, avec ce départ pour Bercy, sachant qu’à l’heure où ces ligne seront publiées, je serai en train de trépigner sur « Doctor, Doctor ».

« Mais mayrde quoi, on venait pour entendre parler de cinéma, nous ! Quelle seventh chacal fille de seventh chacal ! »

Allons, ne vous en faites pas, la vie d’Iron Maiden c’est un peu un film avec des passages épiques, de la trahison, de l’amour, de grands éclats de rire gras et d’ondoyantes chevelures.

Pour commencer en douceur, un petit dessin animé pour ch’tit n’enfants :

Maidenotron.

Il y aura eu beaucoup de changement en 30 ans au sein d’Iron Maiden aussi vais-je me borner au groupe d’aujourd’hui.

Steve Harris : Zidane avec une basse, 36 ans au service de la Bête.

Impossible de rater Steve Harris sur scène ou sur les pochettes des albums : c’est lui qui a les plus beaux cheveux.
Accessoirement, ce type discret et humble est aussi l’âme, le cœur, l’essence d’Iron Maiden.

Ma comparaison avec Zidane n’est pas abusive, puisque Steve Harris, figure incontournable du heavy metal, donne toujours l’impression d’avoir peur de déranger, sauf lorsque vous le mettez sur scène avec sa basse, où il se révèle virtuose.

Fondateur du groupe, Steve Harris en est aussi l’auteur et le compositeur attitré. C’est lui qui insuffle l’esprit, qui donne aussi ce ton si particulier aux morceaux (prêchant pour sa paroisse, il sait bien mettre sa basse en avant).
S’il s’ouvre aux compositions des autres membres du groupe, il n’en reste pas moins que c’est lui qui décide du ton des albums, et des directions que le groupe prendra.
Fondateur d’Iron Maiden, il n’aime pas se faire marcher sur les pieds dès qu’il s’agit de son bébé et c’est son protectionnisme n’a pas été sans poser quelques soucis en maintenant trente ans de carrière.
Reste tout de même que le groupe existe toujours et que ceux qui se sentaient jadis un peu étouffés au sein d’Iron Maiden ont malgré tout fini par y revenir…

Par contre, comme Zidane, Steve Harris n’est pas à l’abri d’un syndrome Matterrazzi. You don’t mess with Harris

Dave Murray : Moon Face, 35 ans de service.

Dave ne l’ouvre jamais (sauf pendant ses solos de guitare où il donne l’impression de gober les mouches), réussi l’exploit d’être plus discret et effacé que Steve Harris, mais il ne serait pas exagéré de dire de lui qu’il est son bras droit.
Après quelques aller-retours dans les premières années d’existences du groupe, il s’y fixe définitivement en 1977.

Guitariste sous influence blues, il est un des membres du groupe qui compose le moins pour la formation, mais n’en demeure pas moins un pilier incontournable d’Iron Maiden, ne serait-ce qu’en raison de ses solos toujours hyper propres et sans fioritures.

Nicko Mc Brain : 28 ans planqués derrière une batterie.

Il est à gauche, pour info…Et à droite, non tu ne rêves pas, c’est Lady Gaga.

Un batteur, c’est souvent un mec qui passe son temps à donner le rythme au reste du groupe et de temps en temps, à faire quelques petits trucs pour épater la galerie. Nicko Mc Brain c’est en quelque sorte une autre école, celle qui joue comme elle vit sa vie, pour se faire plaisir, sans se prendre vraiment au sérieux, mais toujours à 200%.
Partageant avec Dave Murray une passion pour le golf, Mc Brain est également pilote amateur à ses heures perdues, un passe-temps qui ne fut pas sans influence sur la carrière du groupe, au tournant 2008.

Bruce Dickinson : mi-homme, mi-lutin, 23 ans de gesticulations.

Je pourrais facilement ne faire qu’une ligne en disant que Bruce le Bondissant a fait fac d’histoire, il a donc son certificat d’awesomeness.
Mais je vais tout de même développer un peu.
Le chanteur officiel de Maiden, deuxième du nom, est aujourd’hui indissociable de l’identité sonore d’un groupe qui aura trouvé en lui la voix capable de porter son esprit.

A chanteur exceptionnel (il a une tripotée d’octaves en magasin et le coffre qui va bien avec), destin exceptionnel : à l’âge de 4 ans, Bruce commis l’erreur doublement fatale d’avaler un ressort et une sirène de pompier.
Du premier il conservera un besoin permanent de bouger dans tous les sens, de l’autre, il gardera pour l’éternité une voix capable d’alerter l’Angleterre entière de l’imminence d’un raid aérien.

Si cette dernière tendance s’estompe avec le temps, l’énergie que ce tout petit bonhomme peut déployer sur scène, back stage, à l’hôtel, chez sa boulangère est complètement hallucinante.

Et cela ne s’arrête pas là, car quand il ne court pas sur scène en agitant un drapeau dix fois grand comme lui, Bruce aime bien piloter des avions. Un jour, en discutant avec Nicko Mc Brain, il s’est en effet dit : « Un batteur peut voler, pourquoi pas moi ? »


Aucun lien, mais à droite, c’est Esmé Bianco, alias Ros, dans « Game of Thrones ».

Alors si vous pensiez qu’il allait se contenter de voler en amateur, détrompez-vous, Bruce Dickinson n’est pas un golden boy à la John John Kennedy confondant jet privé avec sous-marin. Non son truc, se serait plutôt de piloter çà :

Pilote de ligne, voui. Avec charge de trouzmille âmes à chaque vol , çà vous pose le bonhomme. En fait, dans « Flight 666 », on peut constater, non sans étonnement, que lorsqu’il pilote, Bruce est calme.

Cette passion/profession fut l’atout décisif qui permit au groupe de mettre en œuvre la plus grande tournée de tous les temps, « Somewhere back in Time », laquelle nécessitait de faire le tour du monde en quelques semaines, défi technique et logistique qui ne put être relevé que grâce à l’affrètement d’un Boeing piloté par le chanteur.

Fuck Yeah rock’n roll !!!

Mais bon, hein, piloter des avions et faire du heavy metal, çà ne remplit pas un emploi du temps non plus…
Sans cesse guetté par l’ennui, Bruce Tout Puissant multiplie les activités annexes. Outre une carrière solo (débutée pendant sa première période chez Iron Maiden et en stand by depuis son retour), il prend aujourd’hui de plus en plus de place dans les compositions du groupe.
A ses heures perdues, il fait aussi de l’escrime (fut un temps, il la pratiquait même à haut niveau), écrit des bouquins, anime une émission de radio, et quand vraiment il n’a plus rien à faire, il fait un peu de télé, en mode Fred et Jamy.

Accessoirement, il peut aussi s’improviser obstétricien puisqu’il a accouché sa femme dans sa cuisine. On la comprend un peu, Mme Dickinson : quand on a un engin pareil à la maison, pourquoi aller s’embêter avec des docteurs ?

Ah, et l’enfant de la cuisine est aussi chanteur, dans un groupe de trash metal.

Janick Gers. 21 ans passés à jongler avec une guitare.

Une anomalie, voilà ce qu’est Janick Gers. Arrivé dans Iron Maiden pour remplacer Adrian Smith lors de l’éclipse de ce dernier, il n’aurait pas dû rester dans la formation au retour de celui-ci, ne serait-ce que pour respecter la règle des « deux guitares, une basse, et puis c’est marre ».
Mais finalement, Janick est resté, quitte à faire grincer les dents de certains ne comprenant pas comment ce guitariste un peu patachon et d’apparence moins fiable que les deux autres, pouvait encore avoir sa place dans le groupe.

C’était mal connaitre Iron Maiden, qui après avoir survécu à presque tout, allait rebondir sur la situation. Plus impulsif que Smith et Murray, plus dans le ressenti que dans la technique imparable, il apporte une certaine fantaisie tant dans son jeu que sur scène, qu’il occupe presque autant que Bruce Dickinson (pas un mince exploit) en agrémentant le tout de grands écarts et autres pitreries.

Loin d’être le tocard que l’on décrit trop souvent, Gers est un membre désormais indispensable au groupe, à son équilibre et au son de la formation. Par ailleurs, il contribue à l’écriture des albums, dans une moindre mesure que Smith, mais tout de même.

Adrian Smith. 20 ans de soli.

Monsieur Adrian Smith est ce que l’on appelle communément une pointure dont l’hyper professionnalisme, le sérieux et l’inventivité auront grandement profité au groupe.
La seconde mais non des moindres guitares mélodique d’Iron Maiden est sans doute également l’élément le plus déterminant dans l’évolution du son du groupe sur le long terme.
Cherchant l’expérimentation, c’est lui qui va pousser le groupe sur la voie d’un métal progressif, l’éloignant de ses influences punk et hard rock d’origine.

Technicien très sûr, ses solos de guitares sont souvent virtuoses et ses duos avec Dave Murray sont une composante essentielle de l’identité du groupe, caractérisée par leurs acrobaties musicales et la puissance de leurs sons conjugués.

Toujours très rock n’roll, Adrian surkiffe la pêche.

[Intermède. Les chaises de fer musicales.

Maintenant que vous voyez un peu qui fait quoi, voici une petite vidéo bien datée des ’80, époque où forcés de jouer en play back à la télé, les membres de groupe décident tout d’un coup d’échanger leurs postes.
Une vidéo où on découvre que :
-Steve Harris n’a vraiment pas l’âme d’un frontman.
-Bruce Dickinson chantait vêtu d’une combinaison de plongée à la Borat.
-rien ne saurait entamer le professionnalisme d’Adrian Smith.

Toi aussi, joue à retrouver qui joue de quoi.

Historique.

C’est à la fin des années 1970 que naquit Iron Maiden, en pleine période punk, dans l’Angleterre de Margareth Thatcher.

La légende veut que le nom du groupe soit une référence directe à la dame de fer, mais Steve Harris lui-même s’en défend, expliquant avoir choisi le nom de son groupe avec ses parents, pendant un brain storming dans la cuisine.
Le mot « iron maiden » serait sorti de la bouche de quelqu’un et il aurait dit « Ah ! Stop ! On garde ! »

Le premier album, « Iron Maiden », naitra en 1980, inscrivant d’office le groupe dans la mouvance New Wave of British Heavy Metal (dont sont issus, en vrac, que des groupes trop pourris et aujourd’hui sombrés dans l’oubli, alors que Justin Bieber, lui, est immortel : Judas Priest, Motörhead, Saxon, Def Leppard).


Un échantillon de NWOBHM, quarante ans après.

Le succès d’estime est immédiat, et suivra bientôt un autre album avant que le fondateur Steve Harris et le reste du groupe ne décident de remercier leur chanteur, Paul Di’Anno.

Pas du tout chanteur indigent, Di’Anno n’était, il faut bien le dire, pas vraiment à la hauteur du groupe dont il était censé être le frontman. Sur les albums studios, il fait encore à peu près illusion. Sur les live, non seulement sa voix n’est pas solide, mais en plus, il ne semble pas tout à fait à son aise.

S’ajoutait à cela sa vie de patachon, qui décida Steve Harris à lui montrer poliment mais fermement la sortie.

Se fut alors qu’arriva Bruce Dickinson, qui à cette époque était encore le chanteur du groupe Samson.

J’imagine que pour les fans de l’époque, son entrée dans le groupe dut être un choc. Si vous écouter les albums dans l’ordre chronologique, cela saute aux oreilles : si Di’Anno va bien avec Iron Maiden, Dickinson en est d’évidence le chanteur.

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, très rapidement le groupe s’adjoint la participation du batteur Nicko Mc Brain qui n’avait déjà plus de nez à l’époque, mais un vrai talent à mettre au service de l’exigence de Steve Harris.

Avec quelques temps avant, l’intégration d’Adrian Smith, qui apporta toute sa créativité et son audace à une formation qui désormais assise sur de bonnes bases, ne demandait plus qu’à décoller.

A partir de là, ce qui était un très bon groupe va devenir LE groupe de heavy metal incontournable. Les albums s’enchainent, dans cette première période riche en créativité.


Par contre, une sacrée époque de merde pour le fringues.

Mais sous ses airs de père tranquille, Steve Harris commençait à en avoir un peu ras la tresse de Dickinson, se dispersant trop à son goût et consacrant trop de temps à sa carrière solo. Un beau jour, il y eut comme on dit pudiquement cat fight et dans un grand fracas, Bruce Dickinson quitta Iron Maiden, une mèche de Steve Harris entre les dents, car il sait comme tout un chacun que c’est dans ses cheveux que se concentre la puissance de son metal.

Pour le remplacer vint alors le jeune Blaze Bayley, dont la voix puissante et le timbre plus « dark » que celui de Bruce apporte une couleur différente au groupe.
Bon chanteur, mais mal-aimé pour délit de remplaçage d’irremplaçable, Bayley ne parvient ni à faire oublier Bruce Dickinson, ni à gagner le cœur des fans.

Pour ne rien gâcher, les départs conjugués de Dickinson et d’Adrian Smith quelques années plus tôt, laissent Steve Harris seul à la barre d’un navire qui n’avance plus.
Constat sans doute difficile à faire pour lui, mais il faut reconnaitre qu’Iron Maiden, s’il reste son bébé à jamais, est désormais un monstre à plusieurs têtes.
Deux albums sans grande inspiration, un Blaze qui sombre dans l’alcool et la dépression, des lives désastreux pour cause de chanteur incapable d’assurer ses performances, çà sent le sapin pour la Vierge de Fer.

En 1999, Blaze Bayley est remercié et pendant quelques temps, le doute plane sur l’avenir du groupe, malgré quelques signes évidents de réconciliations et des appels du pied de Bruce Dickinson vers Maiden.

Mais tout çà sans rancune, apparemment…

Et c’est alors que le plus puissant de tous les dieux entendit les suppliques de tous ces chevelus au désespoir.
Le dieu Fisc, car il s’agissait de lui, envoya une pluie de calamités sur Steve Harris et Bruce Dickinson.
Le premier se retrouva à racler les fonds de tiroirs pour s’acheter la collection complète des maillots de la nouvelle saison de Westham, quant au deuxième, il réalisa brutalement que non, l’A-380, ce n’était pas encore cette année qu’il pourrait se le payer.

C’est ainsi qu’à grands coups de « Je le pensais pas vraiment » et autres «Sans toi la vie n’a aucun sens, mais essaye de te calmer un peu quand même » que se reforma le groupe, après un rituel de bonne et due forme durant lequel Bruce restitua la mèche volée de Steve Harris à son propriétaire. Son intégrité capillaire retrouvée, Iron Maiden pouvait reprendre le collier.

[Intermède. Chute ! Lourde chute !

En essayant de piquer un sprint vers l’avant de la scène, Steve Harris se prend méchamment les pieds dans le tapi. Mais en pro, il continue de jouer, ce qui l’empêche de se relever. Va-t-il passer le reste du concert sur le dos ? Est-il tombé with his boots on ?

Plus fréquent, une belle gamelle de Bruce Dickinson

Dave Murray, cet inconscient, s’est perché sur les épaules de Bruce. Et après on s’étonne :

Et enfin, comment commencer son concert en beauté :

Discographie.

Avant d’aller à un concert, il est important de réviser ses classiques, au risque de vivre de grands moments de solitude quand tout le monde reprend en chœur des chansons que vous ne connaissez pas.

Avant de partir à Bercy, des révisions de fond s’imposent donc, et comme je n’aime pas souffrir seule en silence, autant vous faire partager cette rétro complète de la carrière d’Iron Maiden.

Iron Maiden (1980).

Un groupe de petits jeunes bien vénères leurs races déboulent des bas quartiers de Londres avec un gros son qui tâche. Si c’est encore peu subtil, surtout au niveau des paroles, si çà tire bien vers le punk et que çà n’est pas l’album de la décennie, « Iron Maiden » pose là une formation toute jeune toute folle avec ce son inimitable. Clairement pas mon album préféré, ce premier opus a tendance à me laisser froide.

Extrait : Iron Maiden.

Killers (1981).

Deuxième album, et donc virage difficile à négocier pour Iron Maiden qui signe tout de même sur « Killers » l’intégration d’Adrian Smith dans la formation. Je pense que je ne dirai jamais tout le bien que je pense d’Adrian Smith et de la façon dont il a tiré le groupe vers le haut au fil des ans et de sa collaboration avec Steve Harris (qui signe ici tous les titres, à l’exception de la chanson éponyme, dernier cadeau de Paul Di’Anno au groupe avant son départ).
Encore une fois, pas mon préféré, mais dans l’affirmation d’un style propre et la progressive maturation de celui-ci, « Killers » est un album qui m’a toujours paru plus enthousiasmant que le précédent.
Et qui contient l’intemporel « Wrathchild »…

Extrait : Wrathchild.

The Number of the Beast (1982).

Sans doute l’album historique pour tout un tas de raisons. D’abord parce que c’est l’album de la consécration internationale, succès de fifou, pas moins de trois classiques (le titre éponyme, « Run to the Hills », « Hallowed be thy Name ») et qu’il va porter la notoriété du groupe pendant toute la décennie 80 (au point que ce que le grand public retient aujourd’hui du groupe, c’est encore le « 666, The Number of the Beast », et l’aura de satanisme qui allait avec, alimentant nombre de légendes urbaines, comme celle qui disait qu’écouter ce titre à l’envers rendait fou…).

Si l’album n’invente pas la trajectoire du groupe, elle la pose définitivement dans une dynamique qui ne retombera jamais plus vraiment, du moins tant que celui que l’on peut appeler l’homme providentiel du groupe reste à bord.

Car c’est sur « The Number of The Beast » que Bruce Dickinson devient la voix d’Iron Maiden.
Paul Di Anno remercié pour cause de bignouse divergence artistique, le groupe se cherche et donc se trouve le front man à sa hauteur en la personne de Bruce le Bondissant, entamant par la même occasion 20 ans de relations complexes entre le chanteur et le fondateur président dictateur à vie d’Iron Maiden qu’est Steve Harris.

Comme se sera plus tard le cas dans « Powerslave », la dernière chanson de cet album « Hallowed be thy Name » est une véritable note d’intention, ouvrant un son qui par la suite deviendra moins agressif, et plus porté vers des morceaux habités d’un souffle, de véritables petits contes épiques.

Extrait : Hallowed be thy Name.

Piece of Mind (1983, meilleure année de la décennie ’80, soit dit en passant).

Se fut l’album du « best line up ever », enfin çà, c’est la version des fans de la première période, celui qui vit arriver Nicko Mc Brain et qui enchaina les albums mythiques les uns après les autres.
Avec un son bien plus affirmé et le vrai projet d’entrainer le groupe vers un univers différent, « Piece of Mind » est tout ce que « Hallowed be thy Name » annonçait.

Du reste, cet album contient « The Trooper », la chanson que j’identifie comme la marque de fabrique du groupe. Limite, si on me demandait de décrire Iron Maiden, je crois que je pourrais me contenter de balancer cette chanson qui contient tout : le thème historique si cher au groupe, le texte percutant, la cavalcade de la basse, le riff entêtant, les soli de guitare et puis le show de Dickinson sur scène.

A noter qu’il s’agit d’un des albums où Steve Harris a le plus laissé jouer ses petits camarades, ce qui tend à prouver, du moins pour moi, que leur laisser la bride sur le cou est vraiment salutaire pour l’énergie et le constant renouvellement du groupe, toujours en suivant la ligne Harris, quand même…

Extrait : The Trooper.

Powerslave (1984).

On tient là un de mes chouchous. Sans doute le premier album à afficher le style qui deviendra la marque de fabrique du groupe qui prend ici un vrai tour mélodique combiné à un son de brutasse.

Ce n’est pas un hasard si l’on trouve dans « Powerslave » le cultissime « Rime of the Ancient Mariner », long poème symphonique et épique qui excite l’imaginaire, porté par une partition d’anthologie (oui, carrément…) et un Bruce Dickinson en état de grâce. Histoire de marin maudit (ne pas être un quelque chose maudit dans une chanson d’Iron Maiden relève décidément de l’exploit…), tempête musicale… Bouuuh… Quand je pense qu’on associe encore et toujours Iron Maiden à du bruit et du n’importe quoi…

Comme je le disais à propos de « Hallowed be thy Name », c’est bien cette chanson, en toute fin de piste, qui annonce, dans « Powerslave », les mutations à venir.
Et mis à part cette œuvre maitresse, il faut aussi signaler la très belle homogénéité de d’un album qui s’écoute d’une traite sans baisse de régime.

Extrait : Aces High.

Somewhere in Time (1986).

L’album du futur, qui confirme toute les promesses contenues dans le précédent. Si l’on sent tout de même une certaine volonté de coller encore à un style bien traditionnel de heavy metal, « Somewhere in Time » est un œuvre particulièrement homogène, pas vraiment audacieuse mais très poussée, comme on peut l’entendre sur « Alexander the Great » (ou la blague la plus longue de tous les temps faite au public grec, puisque le groupe, malgré les suppliques des fans, ne l’a jamais joué en live), dans laquelle on retrouve pourtant des morceaux plus « faciles » comme « Wasted Years ».

Extrait : Heaven Can Wait.

Seventh Son of a Seventh Son (1988).

Pour moi, une pièce maîtresse de la discographie d’Iron Maiden. A ce jour, il s’agit de leur unique concept album avoué (d’autres peuvent s’attribuer ce qualificatif à titre officieux), racontant d’un bout à l’autre une même histoire, celle du « Seventh Son of a Seventh Son ».
On suivra ici de l’annonce de la prophétie à son accomplissement, le destin de ce héros conté comme une légende.

Pour Iron Maiden, « Seventh Son of a Seventh Son” est un projet quasi expérimental, mais un risque maîtrisé grâce au tournant amorcé avec « Powerslave ». Inutile de dire que l’essai est plus que transformé entre des textes plus évocateurs tu meurs et les compositions musicales complexes et efficaces.
On trouve là ce qui était à mon sens l’évolution logique du groupe, sous l’influence d’Adrian Smith, désireux d’envoyer la Vierge de Fer arpenter d’autres sentiers.

Extrait : Can I Play with madness.

No Prayer for the Dying (1990).

L’écoute de cet album fut pour moi un grand moment de solitude… Partagée entre un “quoi, c’est tout ?” et un ennui profond, j’ai pour faire simple, un peu lutté pour arriver à la fin. Sans doute parce que je l’ai enchainé directement après « Seventh Son… » et que le gouffre entre les deux styles a suffi à me déstabiliser.

Renseignements pris (parce que je bosse pour faire ce genre d’articles, faut pas croire que je me contente d’aligner des idioties), c’est au tout début de la production de cet album qu’Adrian Smith quitta le navire, déçu de voir Steve Harris décider d’un retour aux sources en impulsant un album davantage dans la veine de ce que le groupe faisait au début de sa carrière.
Mais quelle idée…

Pourtant, si on réfléchit bien, cette décision somme toute étonnante est caractéristique de l’esprit du groupe, qui jamais ne se repose sur ses acquis et tente toujours de se réinventer. Même si pour le coup, j’ai vraiment du mal à accrocher à ce parti pris.

[Intermède. Le clip fait à la maison.

Où on apprend que :
-comme François Bayrou, Iron Maiden carbure au colza.
-comme François Bayrou, Steve Harris fait du tracteur.

Parce que quand on est un groupe mondialement connu, c’est tellement plus classe d’enregistrer son clip dans sa cave.

Fear of the Dark (1992).

Dans l’ensemble, ce qui me gêne ici c’est peut-être le manque d’homogénéité de l’album, capable de balancer « Afraid to shoot Strangers », et « Fear is the key » à la suite l’un de l’autre et de pondre un ovni comme « Wasting Love ».
Limite, je sens le groupe le cul entre les deux chaises du metal, tentant de renouer avec les mutations de « Seventh Son… » tout en restant fidèle à l’esprit des origines.
A l’écoute, j’ai toujours l’impression d’un truc hybride, qui préfigure pas mal de choses et qui en enterre définitivement d’autres.
Les textes demeurent excellents, la musique reste à qualité égale, pas mal de morceaux bien catchy qui feront plus tard leur petit effet en live, mais Bruce Dickinson a perdu son mojo (çà n’engage sans doute que moi, mais j’ai envie de le secouer par moments sur cet album…).

Pourtant, c’est cet album qui contient sans doute un des plus gros tubes de tous les temps du groupe, le titre éponyme, une monstruosité en live, qui achève de convaincre que non, vraiment, même dans une phase de transition, Maiden rules…

Vidéo : fear of the dark Milan Pas la meilleure version en son, certes, mais le public chantant tout seul l’intro de “Fear of the Dark”, çà colle des frissons tout de même.

Mais n’étant que générosité, je vous en mets une version de luxe, ou presque…

The X Factor (1995).

J’ai commencé mon écoute de cet album d’une oreille plutôt distraite, voire pas du tout concentrée (ce qui signifie en gros que j’étais occupée à monter mon archéologie dans WoW…) quand soudain, l’intro de la première chanson passée, une voix venue de nulle part se mit à me gueuler dans les oreilles.
En une fraction de secondes je réalisai que quelque chose avait changé : omagad, ce n’était plus Bruce Dickinson.

Je venais d’entrer dans l’ère Blaze Bayley.

Troisième chanteur du groupe, Bayley a sans doute aussi l’histoire la plus triste. Iron Maiden fut un vrai cadeau empoisonné pour ce chanteur qui ne put jamais remplacer Dickinson dans le cœur des fans et qui en pâtit très lourdement pendant ses quelques années de présence au sein de la formation.
Résultat, dépression, alcool, drogues dures, bref, la légende noire du metal en marche.

Dommage pourtant parce que finalement, il se débrouille plutôt bien, le Blaze. Une voix puissante et plus posée que Dickinson et sa sirène de pompier, un timbre plus sombre (sauf qu’entendre aujourd’hui les morceaux chantés par Bayley repris par Dickinson, pose une comparaison qui n’est pas en faveur de Blaze. Moralité, il y a les bons chanteurs et puis il y a Bruce Dickinson…).

Et un premier album avec Iron Maiden dont personne n’a à rougir. Rien de transcendant ou d’incroyablement remarquable, mais une homogénéité certaine pour un album qui se tient dans la moyenne haute du groupe.

Un essai concluant qu’il ne fallait plus que transformer…

Extrait : The Sign of the Cross.

Virtual XI (1998).

A mon humble avis de noob du metal, le pire album d’Iron Maiden :
-originalité : 0
-souffle : 0 (sauf sur « The Clansman »)
-âme : 0 (sauf sur… Oh ben çà alors, « The Clansman »)

Heureusement que la qualité musicale est belle et bien là pour sauver cet opus du naufrage absolu. Et rien ne sert d’accuser Bayley, qui fait toujours de son mieux pour imposer sa voix, rejetons plutôt la faute sur Steve Harris, toujours master and commander et ici très clairement à côté de ses crampons.

Le contexte général peut sans doute éclairer cet accident de parcours : avec le départ de Bruce Dickinson, une partie des vieux fans hard core du groupe, déjà échaudés par les nouvelles directions musicales prises depuis « Seventh Son… », se sont barrés voir ailleurs si le metal était plus gris. Ce désamour se ressent dans la fréquentation en baisse des concerts (où Blaze Bayley est régulièrement insulté par les premiers rangs) et sans doute cela rejaillit-il sur l’inspiration de Steve Harris. Lequel, malgré leurs conflits perpétuels, manque peut-être de cet emmerdeur de Dickinson pour tirer son groupe vers le haut.

Bref, en 1998, çà sentait un peu le roussi…

Extrait : The Clansman.

Brave New World (2000).

Objectivité zéro pour ma part avec cet album de oufzor psychopathe des pampas de l’Atlas du continent de la mort.
Je vous avais prévenus, hein… En même temps, c’est l’album qui m’a fait découvrir Iron Maiden. Mieux vaut tard que jamais.

« Brave New World », « Brave New World », qu’en dire sinon : rien à jeter, des refrains catchy en veux-tu en voilà, de bons gros textes comme jadis, naguère, autrefois, une identité musicale retrouvée, grâce au retour des deux fils prodigues à savoir Adrian Smith et Bruce Dickinson.

Il suffit de comparer le dernier album studio de Dickinson avec le groupe (« Fear of the Dark ») pour comprendre pourquoi je parlais de perte de mojo…

Sans rire, les riffs sont énormes, le son aussi, et si le groupe semble s’être un peu assagi, c’est pour mieux reprendre ce tour amorcé avec « Seventh Son… », et signer un retour triomphal dans sa forme la plus complète possible.

Extrait : Blood Brothers.

Dance of Death (2003).

Plus de doute, l’inspiration est revenue, avec des compositions quasi symphoniques dans l’esprit de « Rime of the Ancient Mariner », décliné à l’échelle d’un album entier où se mêle le son puissant du groupe allié à un sens mélodique qui ne cesse de mettre en valeur les solos et les textes.

Pourtant, la seule pochette de l’album a tendance à me faire partir en hurlant, les poings serrés sur mes yeux ensanglantés.
Sérieux, c’est atroce.

J’ai l’air comme çà d’un enthousiasme délirant, mais en réalité, le crépusculaire « Dance Of Death » est un album inégal comparé à « Brave New World ».
Seulement, il contient un truc énormissime, la chanson éponyme et l’haletant « Paschendale », qui sont, avec « Journeyman », les trois morceaux de bravoure d’un album qui affirme un style nouveau.

La chanson « Dance of Death » (en mode Anatole le Braz *on*) n’est pas très éloignée de l’esprit de l’album « Seventh Son of a Seventh Son », et c’est bien avec cet album que le groupe va définitivement signer la fracture entre les fans de l’ancien et du nouveau Maiden.

Enfin, « Montségur » et ses tonalités joyeuses et le trop décrié à mon goût « No More Lies » achève de rendre l’écoute de cet album sinon fabuleuse, au moins sympathique.

Extrait : Dance of Death.

A Matter of Life and Death (2008).

Après deux albums percutants, il fallait sans doute au groupe un petit quelque chose d’autre, comme un grand album élégant, pour recharger les batteries. Très beau musicalement, « A Matter of Life and Death » est aussi un album relativement désenchanté, qui poursuit sur la lancée instaurée par « Dance of Death », mais sans le cynisme de ce précédent opus. Des textes efficaces, des mélodies tantôt tranchantes tantôt mélancoliques, sur un son toujours aussi pur, travaillé, des rythmiques enlevées, le tout servi par la voix assez étrangement adoucie de Bruce Dickinson, visiblement sous Lysopaïne pendant l’enregistrement.

AMOLAD, comme disent les « trües », est l’album chéri des esthètes de Maiden, devenu avec le temps un album culte, à l’écart des incontournables, mais faisant l’objet d’une sorte de révérence, due, en grande partie, à des compositions vraiment léchées, véritables petites pièces d’orfévrerie.

Extrait : The Longest Day.

The Final Frontier (2010).

Après moult détours et autres aléas de la vie, Iron Maiden livre enfin l’album somme tant attendu. Après le retour en arrière que fut « No Prayer for the Dying », le groupe s’était un peu perdu dans une forme de heavy plus traditionnel, jusqu’à perdre petit à petit sa capacité à surprendre.
On l’a vu, les retours de Smith et Dickinson ont été plus que salutaires pour le groupe, qui s’est tranquillement reconstruit un ton, dont l’aboutissement est clairement « The Final Frontier ».

A cheval entre une expérience musicale aboutie et un concept album au pari risqué, ce dernier opus est celui d’un groupe qui n’a plus rien à prouver, surtout pas depuis la triomphale tournée « Somewhere back in Time » qui acheva de démontrer au monde entier qu’Iron Maiden est l’un des plus grands groupes de la planète.

Le coup de génie est justement là, dans cette envie de balancer un album exigeant musicalement, surprenant, envoutant et aussi singulièrement sage, composé de chansons longues, aux thématiques plus variées que ne le laissait paraitre le titre.

Sans doute pas le plus grand album du groupe, « The Final Frontier » (en grande partie composé en France, eh voui) marque pourtant par ses compositions complexes au son ambitieux et toujours aussi ciselé.

Et par la chanson que Bruce Dickinson n’arrivera sans doute jamais à chanter sans se tromper, « When the Wild Wind Blows ».

Extrait : The Talisman.

Hommages.

Ce qui distingue Iron Maiden d’un groupe comme, au hasard, Tokyo Hotel, c’est avant tout la très grande qualitay de ses fans.

Iron Maiden peut par exemple s’enorgueillir de compter parmi les rangs de ses supporters des gens comme Lady Gaga ou Miley Cyrus.

Çà fait rêver, pas vrai ?

Là moins…

Ayé, j’ai tué toute la crédibilité du groupe. Merci, Lindsay Lohan.

Je dois pouvoir faire mieux que çà…

Quoi, c’est la copine d’ET quand même… Bref…

Mais au-delà de ces personnalités (qui roxxent en plus, vous aviez remarqué …) , il y a aussi la foule des illustres inconnus, et leurs discrets (et pas que) hommages.

Prenez la Suède par exemple… La Scandinavie a vendu l’âme de tous ses peuples au metal depuis le Haut Moyen, au moins. Ainsi, quand ils font une émission type « La Nouvelle Star », non seulement il n’y a pas de Philippe Manoeuvreson dans le jury, mais en plus, on peut tomber sur ce genre de candidat.

Meanwhile, in France, on avait Camelia Jordana…

Sinon, en Grèce, on peut voir ce genre de chose. La vache, c’est vraiment la crise on dirait.

Dans un genre radicalement différent, et pour vous prouver que je ne raconte pas que des salades quand je parle de compositions symphoniques, je vous laisser avec ce bel ensemble de cordes qui reprend « Blood Brothers ».

Et quelques hommages sud-américains à la harpe, où comme le disait quelqu’un dans les commentaires d’une des vidéos, les types « just turned a gayish instrument into a vessel of kickass. »

Pourquoi ça marche ?

Partie le week end dernier au Hellfest en immersion complète dans le monde du Metal (où tu découvres que les métalleux sont de gros bisounours dopés à la coolattitide et à la bière, aussi…), je peux en témoigner : le Metal est un style transgénérationnel et totalement interculturel.

Etrange pourtant, les médias le décrivent plus volontiers comme une musique violente pour gens violents, alcooliques, malsains, mortifères, quand ils ne sont pas carrément des satanistes, adeptes de rituels occultes impliquant sacrifices de chiots, viols collectifs de Christine Boutin et coutumes vestimentaires barbares.

Comme vous y allez, Monsieur Pujadas !

Allons, allons, certes, les thèmes de prédilection du Metal ne sont pas précisément les mêmes que Zaz. Vous savez Zaz, la nouvelle star de la nouvelle scène française que l’on aura tous oublié dans trois ans ?

Comme le résume souvent le Petit Journal, les thèmes récurrents dans tout groupe de Metal sont : la guerre, la mort, la fin du monde. En caricaturant à peine (j’exclue volontairement les hymnes pour motards épris de liberté et de filles faciles en créant artificiellement ou presque une distinction entre le Metal dont je veux parler ici, et le hard rock, l’un étant parfaitement compatible avec l’autre, mais ne nous dispersons pas et surtout, ne commençons pas à parler chapelles, on ne va jamais s’en sortir).

JE DISAIS DONC LE HEAVY METAL c’est la guerre, la mort, la fin du monde, mais aussi les légendes, les héros, la peur, bref tout ce dont on ne peut aujourd’hui plus parler tranquille.

Iron Maiden,en bon groupe de heavy metal, suit cette tendance, abordant de front ces thèmes désormais frappé par la censure du politiquement correct dans un monde où les gens ne meurent pas, mais décèdent, ou ou s’étonne quand des soldats se font tuer à la guerre, ou le folklore et les héros des légendes de jadis tiennent des amusements pour enfants ou gamins attardés.

Voilà pourquoi cette musique est si universelle. Parce qu’elle aborde premièrement des thèmes qui le sont (merci Captain Obvious), qu’elle est la seule à le faire et qu’elle vient titiller une culture que d’aucuns aiment voir précéder d’un « sous » visant à montrer combien cette dernière doit rester à sa place, à savoir dans les bas fonds, entretenues par quelques dégénérés du bulbe que personne ne prendra jamais au sérieux.

Le Metal parle directement à l’inconscient collectif, ressucite de vieux symboles et remplace finalement les veillés du temps jadis, quand on se racontait au coin du feu des histoires de monstres, de guerre, d’ankhou et de créatures féériques venues d’un autre monde.

J’en vois déjà qui derrière leurs écrans sont en train de hausser les sourcils en se disant « mais de quoi elle parle, elle est complètement folle ! »

Que nenni.

Regardez, prenons les trois endroits de la planète où les fans d’Iron Maiden sont les plus hystériques :

  • l’Amérique Latine ;
  • l’Inde ;
  • la Scandinavie.

Trois terres d’élection du Metal qui ont toutes pour point commun d’avoir une culture populaire extrêmement vivace occupant encore une place de choix dans la vie quotidienne.

Pour moi, ce n’est pas un hasard.

Pas un hasard non plus si parfois, les mélodies d’Iron Maiden viennent lorgner du côté de schémas musicaux empruntant beaucoup au répertoire traditionnel britannique (et même breton, je vous laisse voir avec « Dance of Death » qui ne dépareillerait pas dans un fest noz).

J’en appelle d’ailleurs à vos bonnes âmes qui si elles avaient quelques références d’ouvrage ou autre sur ce sujet, à savoir comment le Metal brasse un fond culturel vieux comme le monde et en fait remonter divers symboles et archétypes, çà me brancherait beaucoup. J’ai un peu cherché, mais je n’ai rien trouvé (même en anglais, je prends).
Et j’en profite pour ajouter que ce que j’ai gentiment moqué tout à l’heure, à savoir les hymnes de motards épris de liberté, rentrent aussi dans cette analyse puisque l’ivresse des grands espaces, l’homme confronté à lui-même, c’est aussi un motif archétypal, que je n’ai pas assez creusé, mais je suis sûre que je pourrais pondre un truc là-dessus (mais non, j’ai pas le temps :p).

Une prière pour Jean-Metal.

A l’heure où vous lirez ces lignes, je serai en train de casser les oreilles de mon voisin, Jean-Metal, fringuant trentenaire velu et chevelu mais néanmoins inséré socialement et à haut niveau d’étude (c’est pas moi qui l’ai dit, c’est Le Monde), vétéran des concerts, possesseur de moults T-Shirts de tournée qui aura eu le malheur de se trouver à côté de moi ce soir à Bercy.
Il est possible que suite à cet évènement douloureux, Jean-Metal se mette à écouter les BB Brunes, pour ne plus jamais courir le risque de se retrouver à côté d’une malade capable de produire des analyses aussi tirées par les cheveux que celle que vous venez de lire (du point de vue de Jean-Metal, du mien, tout cela est parfaitement justifié, sinon je ne l’aurais pas écrit, hein…).

Avec un peu de chance, j’aurai réussi à évacuer quelques préjugés que tout non-initié a sur ce groupe (« Cay violent çà fay du bruit cay nul cay pour les adolescents boutonneux qui ont rien d’autre à faire de leur vie que d’écouter des choses violentes qui font du bruit » pour caricaturer à peine).
Avec du bol, j’en aurai convaincu deux trois de donner/redonner sa chance au groupe.

Si mon pouvoir s’étend suffisamment loin, j’en aurai converti un ou deux, et se sera déjà pas mal.

Oui, j’étais comme vous avant, plein de morgue, préjugés et autres moues dubitatives (et puis Bruce Dickinson me cassait les oreilles) et puis finalement, quand on se donne un peu la peine, on découvre, derrière une bande de vieux énervés, un univers fascinant.

Et pour finir, comme moi dans deux heures

12 commentaires Ajoutez les votres
  1. Mouahhh, une baffe à faire trois fois le tour de son slop avant de retomber au sol ce concert !!!!!

    UP THE IRONS !!!

  2. Je viens de réaliser que j’ai complètement zappé de faire un paragraphe sur Eddy, que j’avais complètement oublié hier soir également (malgré sa présence sur la quasi totalité des T-Shirts contenus dans Bercy) et qui m’aura donc surprise deux fois.

    Sinon, ouais, grosse grosse baffe, malgré les deux premières chansons qui ne sont clairement pas les meilleures de The Final Frontier mais qui passaient bien en live (surtout Eldorado).
    Bonne surprise avec Coming Home que j’ai toujours trouvé aussi chouette que casse gueule. En live, elle poutre (surtout quand ils arrivent à nous faire meugler « to Albion’s land » avec tellement de conviction qu’on est tous devenus britanniques pendant 6 mn :p).
    Et bon gros passage qui roxx juste après entre Dance of Death (raaah c’était trop bon çà) et When the Wild Wind Blows (où, miracle, sans doute pour la première fois depuis le début de la tournée, Bruce a presque religieusement suivi les paroles, alors que d’habitude, il part en impro totale).
    Par contre, le live ne m’aura pas réconciliée avec Iron Maiden (la chanson, pas le groupe), et Runnin’ Free non plus, même si dans le contexte, avec le jeu des bras en l’air et tout, c’était bien marrant.

    Question scène, bah c’est vraiment… Wouah… On en a vu des bons au Hellfest, mais là, clairement, on est dans la tranche au-dessus (Judas Priest est pwned, malgré le final en Harley). Surprise de voir Steve Harris autant investir l’espace, moi qui pensais qu’il restait sagement dans son coin. Gers, c’est un grand malade, le nombre de fois où j’ai cru que la guitare allait partir dans la fosse avec le bonhomme…
    Vue la chaleur dans la salle, je n’imagine même pas la température sur scène entre les projos et l’énergie déployée.
    Je ne sais pas si tu as remarqué, mais d’où on était, on pouvait voir Bruce faire ses pauses en coulisses, c’était assez drôle, juste avant de revenir sur scène, il se fige pendant plusieurs secondes avant de revenir comme un cabri sous acides. D’ailleurs, respect aussi parce que quand on voit la difficulté de certaines chansons, tenir une performance vocale pareille deux heures durant, c’est pas donné à tout le monde (même si sur The Talisman, il est resté super prudent, ce qui est logique, c’est pas une partie de plaisir cette chanson).

    Bref, mis à part la chaleur atroce (il faisait 41° devant Bercy selon les malades qui ont fait la queue toute la journée en se relayant pour aller se rafraichir à tour de rôle dans les bars), c’était vraiment génial. Grand spectacle très pro (les horaires tenus sans aucun retard, raaah, « Doctor Doctor » c’était trop bon) mais aussi très spontané (les pitreries des uns et des autres sur scène, les discours de Bruce en français, le Nicko’s show à la fin…), vraiment sympa, on sent que les mec se font plaisir et qu’ils aiment leur public (« C’est vous qui êtes vraiment d’or », c’était trop sympa…).

    Apparemment, on a pas été les seuls à croire que la remise du disque d’or se ferait sur scène à la fin du concert, tous feintés qu’on a été par l’allumage tardif des lumières.
    Et en plus, le public est globalement très cool, ce qui ne gâche rien.

    1. En priant pour que le temps soit plus clément, parce que là, c’était limite. ‘fin on choisit pas… Et puis de toute façon, çà valait le coup, osef de la chaleur :p

      Et sinon, ceux qui ont fait leurs courses de ravitaillement au Monop’ de Bercy village entre 14 et 15h ont eu la chance de tomber sur Nicko Mc Brain et madame qui faisaient leurs courses, peinards.

      J’ai lu l’histoire d’un type qui l’a croisé dans les allées et qui a de suite envoyé un message à son pote qui faisait la queue dans la file : « Je viens de croiser le sosie de Nicko, lol… »

      C’est en repassant devant lui que Nicko, plus éveillé que le fan moyen, en voyant son T-Shirt, lui a dit un truc genre « coucou, mec ! ».

      Le gars a manqué de faire une attaque…
      Apparemment pas mal de gens l’ont vu à la sortie du magasin, il s’est arrêté pour faire la causette avec les fans et tout…

  3. En direct de Rod Smallwood (genre, quoi…), l’extrait du journal de bord pour les dates parisiennes. Où on apprend que le concert s’est déroulé dans des conditions similaires à ceux d’Amérique Latine… Et que même vues depuis la Killer Crew et le groupe, les dates parisiennes étaient exceptionnelles. On gère. On ne le dit pas assez souvent LES FRANÇAIS ON GÈRE :p

    http://www.maidenfrance.fr/Xdossiers/dossier_suite_141_119_paris.html#.Th4lZYJKRcA

  4. Bon, voir un article sur Iron Maiden sans y mettre ma griffe c’est comme me présenter un gâteau au chocolat et espérer que je n’y touche pas. Malheureusement , l’un comme l’autre peut permettre de construire toutes sortes de pièges dans lequel je plonge avec délices …

    Je n’ai sans doute pas grand chose d’intéressant à dire au final, si ce n’est que je suis tombé dedans en étant ado comme pas mal de monde et que j’ai acheté la cassette (vi vi ça a existé) de fear of the dark parce que je trouvais la pochette cool (je devais déjà avoir des goûts de psychopathe) . Même si je suis conscient que certains morceaux sont quand même un peu moisis (je pense à l’horrible chains of misery), cet album garde un place bien particulière dans mon cœur. Je dois presque en connaître les paroles par cœur (depuis j’ai arrêté d’apprendre les paroles des groupes pour le respect des oreilles de mes voisins de concerts).

    Contrairement à toi, je n’ai pas spécialement accroché sur powerslave, sans doute parce que le rime de l’ancien marin et la chanson ayant donné le nom de l’album me parle pas spécialement et qu’en dehors de aces high, les autres ne me donnent que peu de frissons.

    Après, je dois dire qu’il y a des chansons que je n’aimais pas trop en studio qui ont pris une dimension différente dans ma tête après les avoir vu en live … Car Maiden , c’est quand même un groupe de scène avant tout, et même si je regarde des vidéos, je n’ai pas les frissons que j’ai pu avoir chaque fois que je les ai vu ( 4 fois en tout et pour tout) . Même si Blaze ne chantait vraiment pas bien les anciennes chansons mais je les ai vu en 1998 avec lui la première fois au zenith de Pau . Mine de rien c’est quand même une petite salle par rapport à ce que peut faire Iron Maiden avec Bruce, c’est sans doute un des meilleures concerts ou je les au vu pour l’aspect première fois et proximité de la scène sans étouffer. J’ai eu la chance de les revoir pour la reformation le 9/9/99 à Bercy et même si je suis d’accord avec toi, quand Bruce chante les chansons de Blaze tu prends une claque, j’ai quand même fini loin derrière car devant ce n’était vraiment pas tenable.

    En fait de lire tout ça, ça me donne méchamment envie de les revoir quand même, faudra peut être que je me bouge la prochaine fois, car je ne pense pas qu’ils reviennent dans le sud ouest .

    Sinon j’ai bien aimé les petits détails que tu donnes ,j’ai même cru déceler une erreur qui t’aurai valu une crucifixion, je pensais avoir trouvé il y a longtemps une version live d’Alexander the great mais je pense que c’est un pur fantasme de ma part car j’ai eu beau fouiller la toile, je n’ai pas pu remettre la main dessus et toutes les infos semblent concordantes avec ce qui tu as mis.

    Autre détail, j’apprécie particulièrement le premier album que je trouve énorme sauf que maintenant le son est beaucoup trop vieux et que la voix de Di anno est quand même agaçante, mais c’est quand même plein de bons morceaux ! J’ai moins apprécié Killers derrière …

    Bon en fait, je pourrais presque écrire tout un tas de choses, mais vaut mieux que je m’arrête ici. En plus mais j’ai des tendances un peu fanboy avec les yeux ouverts quand même (putain mais c’est quoi cette manie de sortir un live après chaque album, raaaaaaa je résiste, j’ai pas acheté En Vivo encore) …

    Marrant aussi je suis tombé sur un girls band tribute, et la chanteuse à le même coiffure que Bruce à la fin des années 90 …. sinon je trouve qu’elles s’en sortent plutôt bien, même si le drapeau est quand manié de façon peu étrange 😉

    1. Bon, j’arrive carrément à la bourre, mais me voilà tout de même.

      Alors déjà, Iron Maiden 4 fois en live, respect.

      Sur Alexander the Great, je me demande s’ils ne l’ont pas joué sur leur dernière tournée à l’occasion de leur passage en Grèce, mais rien n’est moins sûr, je me laisse peut-être abusée par les rumeurs d’avant le concert qui disaient qu’ils offriraient enfin ce cadeau à leur public grec.

      Mais si ça se trouve, ils ne l’ont pas fait. En fait, vu la durée de ce titre (8mn30, tout de même, aussi long que The Rime of The Ancient Mariner, qui est un foutu marathon pour tout le groupe, et qui en live dure 12 minutes, en plus), je ne crois pas qu’ils se lanceront un jour dans son interprétation en live juste comme ça, pour faire plaisir. Soit Alexander the Great sera un jour intégrer à leur set list, soit ce titre ne sera jamais joué en public.

      Et puis ce titre, aussi attendu soit-il n’est pas aussi populaire que certaines de leurs plus longues chansons que le public attend avec sans doute plus d’impatience, genre The Rime, qui ne sera maintenant plus jamais joué. Sans parler des deux looooongs tunnels de leur dernier album, qui sont extrêmement efficaces en live et sans doute déjà des classiques sur scène, The Talisman (9mn) et When the Wild Wind Blows (11mn) auxquels ils accorderont je pense la priorité, ne serait-ce que parce qu’ils ne sont pas du genre à jouer des vieux morceaux pour assurer le fan service. On se souviendra de Bruce Dickinson sur la tournée après la sortie d’ AMOLAD, avec une set list uniquement composée de titres de cet album, déchirant la pancarte d’un fan qui y avait écrit « Play classics ».

      A part les tubes interplanétaires comme « Hallowed be thy name », « Fear of the Dark », « Iron Maiden », ils ne jouent plus maintenant que des titres de la reformation. Et ils ont raison. Somewhere back in Time était vraiment un cadeau pour leurs jeunes fans, et peut-être une façon pour eux de ressusciter leur âge d’or, avant de repartir sans bagages, sur des bases nouvelles.

      Sinon, moi non plus je n’ai pas encore acheté In Vivo.

      Pourquoi d’ailleurs ? Hein ? Franchement ?

      1. Pourquoi?

        parce que comme d’hab c’est le meilleur live , show, public qu’ils ont jamais fait … D’ailleurs je me demande si les chroniques sont objectives… J’ai même vu un gars qui disait trouver ça cool le rythme des sorties un cd => un live … J’ai un petit coté fan boy mais la c’est un peu trop … Surtout comme tu dis, il y a les morceaux indétrônables qui figure à chaque fois. Après je trouve que c’est une bonne idée de priorité aux nouveaux morceaux en concert .

  5. je prends l’avion en marche pour rajouter 2 infos manquantes à ton superbe billet

    Pas un mot sur l’échange standard de batteur effectué avec la bande à Bernie Bonvoisin. Ne pas dire que Nicko venait du cultissime groupe de rock français « trust » est un manquemant qui te vaudra les pires supplice d’Eddy en enfer!

    En plus d’être pilote de ligne Bruce est également professeur de pilotage… oui toi aussi tu peux faire une initiation dans le 666 simulator avec comme enseignant: Bruce Dickinson

    Hell Yeah!

    Encore un billet qui me fait apprécier cette endroit

  6. En effet, je ne sais pas pourquoi je n’ai pas parlé de cet échange de batteurs. Et sinon, je suis tranquille, le Grec qui « fiiiiR auf zeu daRk » ouvrira la marche vers l’enfer.

    Bruce instructeur de vol… Ben je savais pas, et je payerais super cher pour voir ça !

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