« Ouhlala, fire burns Khaleesi ! »

Attention, ceci est un season finale qui roxx. Vous serez bien sympa de ne rien lire avant d’avoir vu l’épisode, sinon, et bien tant pis pour vous, sales mécréants !

Des années d’attente plus tard, ma patience (genre, comme si j’avais eu le choix…) est enfin récompensée.
C’est avec une certaine nostalgie que j’ouvre ce billet sur le dernier épisode de la saison1 de « Game of Thrones », mais je me console en pensant à l’année prochaine, qui n’est pas si loin.

Souvenez-vous, la semaine dernière, HBO et GRR Martin vous faisaient un coup de Ros Shae Marc Antoine femme de petite vertu en commettant un acte irréparable dont il m’est défendu de parler ici, sur une page que tout le monde, même les noobs, peuvent lire.

Dès lors, difficile d’imaginer comme ce dernier épisode pourrait aller plus loin ou plus fort. Bref, ce dixième et dernier épisode s’avère à plus d’un titre une sorte de transition nécessaire, de calme après la tempête, afin de conclure certaines histoires et d’en amorcer d’autre.

Ah, et Dany a accouché après une grossesse de plus ou moins 40 minutes.

La magie de la télévision.

Une très belle réaction à chaud…

Mais trêve de parlote, car je sais que vous avez tous envie d’en savoir plus cet épisode.

Tenez, Joffrey s’est-il étouffé dans sa bile depuis la semaine dernière ? Vous en rêviez pas vrai ?

Port Réal.

Arrêtez de voir des arc-en-ciel partout bon sang, c’est « Game of Thrones » ici, pas un vulgaire congrès du parti socialiste. Je vous parle d’authentiques crevards dégénérés, de coups tellement bas qu’ils sont portés depuis les antipodes, de retournement de vestes aussi aberrants qu’inattendus. Bref, je vous parle d’une série qui serait inspirée d’un livre de GRR Martin, pas d’une pauvre foire d’empoigne où s’affronteraient de petits joueurs.

Et donc, non, Joffrey n’est pas mort dans d’atroces souffrances. Il est même super en forme le Joff, au point d’en organiser des télécrochets dans la salle du trône.
Je trouve que sa façon d’éjecter les candidats malheureux devrait être adoptée par plus d’émissions de télé réalité.
Si Philippe Manœuvre pensait plus souvent à couper des langues, on ne devrait pas encore se farcir Camilia Jordana.
Dire de grand « oui » étant tâche épuisant, le lionceau décide de laisser le tout venant à sa mère (dont le regard dit clairement « mais quel sale dégénéré ai-je engendré ? »… T’avais pas qu’à coucher avec ton frère, en même temps…)
Joffrey s’en va donc s’occuper un peu du cas de Sansa, mais vu qu’ils ne sont pas mariés, il va devoir trouver un autre moyen de prendre son pied avec elle, genre en exhibant la tête de son père (et celle de sa septa aussi, mais tout le monde s’en fout). Oui, cela peut paraitre trivial, mais c’est ainsi que Joffrey fonctionne avec les femmes, qu’il méprise, au demeurant. Vraiment, quel sale petit merdeux.

L’occasion pour princesse Sansa de démontrer qu’elle en a plus sous la semelle qu’elle ne le laissait paraitre, en défiant ouvertement le roi fou, ce qui lui vaut une bonne tarte dans sa tête, donnée par Goldorak, le désormais fameux chevalier de la Garde Blanche toujours prêt à rendre service.

Pendant un quart de seconde, j’ai bien cru que Sansa allait balancer Joffrey du haut du pont. Et pourtant, j’ai lu les bouquins.
Mais le roi gagne un sursis grâce au Limier, toujours là, lui aussi, pour rendre service.

Pendant que les jeunes rigolent en se montrant des têtes coupées, les vieux, eux… Et bien, comment dire…
Mestre Pycelle dans une scène un peu bounga bounga, ce n’était pas précisément ce à quoi je m’attendais. Bon, maintenant que j’ai vu Hodor en full frontal, je ne devrais plus m’étonner de rien…
Ceci étant dit, l’important n’était pas de voir Ros lui parler comme à un vieux gâteux qui raconte toujours les mêmes histoires mais ne les finit jamais, mais plutôt dans ce qui allait suivre, où tu découvres sous tes yeux ébahis que le Grand Mestre Pycelle, en fait, c’est Pai Mei.

J’en suis restée un rien sur le fondement tout de même. J’attends la scène où il affrontera Mestre Aemon en combat singulier (car comme chacun le sait, l’identité secrète de Mestre Aemon est Zatoichi).

Culpucier.

Histoire de ne vraiment pas prendre les choses dans le bon ordre, c’est ici que je vais parler de l’ouverture trop atroce de cet épisode, qui reprend exactement là où le précédent s’était arrêté.
Gros plan sanguinolent (avé’ les morceaux) de l’épée d’Illyn Payne, Sansa qui s’évanouit, Arya qui se fait entrainer bien loin du massacre par Yoren (je ne comprends toujours rien à ce que dit ce bon monsieur. Il y a des accents dégueulasses dans cette série, mais Yoren remporte la palme, haut la main), qui en profite pour l’emmener chez le coiffeur.

Ouais, je sais. C’est clairement le premier truc auquel j’aurais pensé moi aussi. Une fois Arya affublée d’une atroce coupe au bol, notre Garde de Nuit s’empresse de la coller dans une caravane en partance pour le Mur, où elle fait la connaissance de charmants personnages, que nous découvrirons plus en détail dans la deuxième saison.

Et nous retrouvons aussi Gendry, l’apprenti forgeron qui aussitôt le roi Robert et sa généreuse pension envolés, s’est fait mettre à la rue par son maître. Rupture de contrat après la période d’essai que çà s’appelle. Gendry ne pouvant pas aller aux prudhommes, il préfère donc se rendre au Mur, et là encore, j’ai du mal à saisir sa motivation vu que la guerre est proche et que n’importe quel ost embauchera sous peu du forgeron.

Qu’importe, le bâtard, son casque à tête de taureau et sa logique, s’en vont, escortés d’Arya, rebaptisée Arry, vers le Nord, le Mur et le Jon Snow.

Et malgré tout le bien que je pense que Maisie Williams qui a été tout du long une parfaite Arya, je l’ai ici trouvé un cran en dessous de ce qu’elle a été capable de donner dans le passé.

« I is Jon Snow »

Ah, Jon, Jon, Jon… Tout feu tout flamme, comme à son habitude, Jon décide d’aller venger son père en se rendant dans l’ost de son frère, histoire de se rendre plus utile que sur le Mur où il ne se passe jamais rien que des attaques de zombies, c’est lame les zombies, tout le monde le sait. Et puis c’est pas comme s’il avait prononcé des vœux. Pas comme si c’était pour la vie…

Sam a beau tenter de l’empêcher de déserter, Jon parvint à faire le Mur et s’en va, escorté de Fantôme, chevaucher vers le Sud.

Mais c’était sans compter sur l’esprit de corps de la Garde de Nuit. Les druides sentent peut être la magie, mais les frères jurés reniflent le parfum de la tête de pioche à trois kilomètres. La chasse est donc lancée et lorsque le Snow se fait rattraper par Pip, Grenn, et Sam (se faire gauler par ces trois-là, c’est juste la honte. Si j’étais Jon, je relativiserais vachement mon prétendu potentiel de patrouilleur…), s’enclenche une scène qui n’est rien d’autre qu’une pure tuerie, celle où, en quelque sorte, Jon renouvelle ses vœux par le truchement de ses camarades les lui rappelant en chœur.

Je n’ai pas arrêté de dire combien toutes les scènes à Châteaunoir étaient bonnes cette saison. Petit à petit, elles ont contribué à créer une ambiance, une aura, qui s’est vraiment matérialisée dans cette scène et la dernière de la saison sur ce thème, celle grandiose du départ au-delà du Mur, véritable écho à l’ouverture de la série, et dont la portée symbolique remplaçait les longs discours.

Ost Stark.

Rien à jeter ici, même si j’ai quelques réserves au sujet de la confrontation Catelyn/Jaime, sur laquelle je reviendrai.
De l’excellent passage où Cat rejoint Robb et jure de tuer tous les Lannister à la proclamation du retour du roi du Nord, je ne trouve rien à redire au travail d’adaptation.
Richard Madden (Robb) s’est lentement mais sûrement construit un personnage auquel il assure une réelle crédibilité. Pas facile pourtant lorsque l’on est si jeune, d’imposer un charisme fort avec peu de répliques et un temps de présence à l’écran somme toute limité.

Et Michelle Fairley est une parfaite Catelyn. Parfaite en femme bornée et donneuse de leçons, tirant à boulet rouge sur tout ce qui ne rentre pas dans son petit système de valeur, incapable de réfléchir dès lors que l’on s’attaque à son sang, une louve qui protège ses petits, que l’interprète a su restituer dans toute sa dimension.

Si j’avais pu en dire autant de Lena Headey…

Mais revenons à cette altercation avec le Régicide, qui de mémoire, ne survenait que dans le livre 3 et qui confirme bien ce qui a été dit par D&D en interview, à savoir que toute l’histoire de Jaime Lannister va connaitre des bouleversements chronologiques majeurs durant la prochaine saison.

J’ai beau apprécier le travail de Nikolaj Coster Waldau, j’ai amèrement regretté la façon dont il a sorti cette réplique désormais légendaire, que j’attendais sur un ton nettement plus bravache :
«-Ce monde est tel qu’il est à cause des hommes comme vous !
Il n’y a pas d’hommes comme moi. Je suis unique. »

Son agacement au moment de prononcer ces mots donnait l’impression qu’il ne faisait que ressortir à Catelyn quelque chose qu’il a l’habitude de dire tous les jours au travail et qui l’énerve dès qu’il doit le répéter quand il rentre à la maison le soir, un peu comme moi, quand on me demande où je travaille et que je ressors tout le discours commercial de mon musée…

Ost Lannister.

Alors que Jaime se prend des gadins dans la tronche, lord Tywin réunit son conseil. Il est colère, lord Tywin, il a le visage aussi rouge que sa toile de tente.

Intéressant, nous découvrons cette semaine que le conseil militaire des Lannister, désormais première famille du royaume par le pouvoir et l’argent, est composé d’abrutis de concours, qui en sont encore à vouloir négocier avec Robb Stark.
Seul Tyrion fait remarquer à cette noble assemblée que sa paix, elle peut s’asseoir dessus, vu que le roi Joffrey a égaré la tête du papa de Robb quelque part devant le septuaire.

Cette finesse d’esprit lui vaut de la part de son père sans doute la seule et unique marque de… affection ? admiration ? respect ? Bref, une marque, qui se traduit par un envoi du Lutin direction Port Réal pour mettre un peu d’ordre dans les affaires de Joffrey et Cersei.
Il y en a bien besoin, d’autant que Cersei, n’ayant plus son jumeau sous la main, s’est mise à coucher avec son cousin Lancel. Vu son goût prononcé par l’inceste hyper incestueux, si j’étais Tyrion, je me barricaderais dans ma chambre sitôt arrivé au Donjon Rouge…

Winterfell.

Ayant rêver de son père dans les cryptes, Bran s’y fait porter par Osha (excellente scène d’intro donnant l’illusion que Bran marche, et donc, rêve) qui cette semaine, comme Arya, a trouvé l’adresse d’un coiffeur.

Alors que tous deux font une balade forte rafraichissante dans les tombes, surgit soudain un punk et son chien qui se jettent sur eux sans doute pour leur soutirer quelques pièces afin d’aller s’acheter leur bières chez Simply Market. Que fait la police, franchement, non parce que je rappelle que Bran est….

Oui ? Comment ?

C’est Rickon Stark ?

Ce gosse est hyper malsain quand même. Alors que Bran lui demande ce qu’un morveux absent des 9/10e de sa série vient faire là alors qu’on est en plein dans le season finale et que c’est sérieux, un season finale, Rickon se fend d’une réplique aussi flippante que la dernière fois : « Papa est crevé, ils sont tous crevés, on va tous crever !!!! mouhahahahaha ! En avant, mon brave Shaggy Dog ! »

Oui, en VO, Broussaille ne nomme Shaggy Dog. Je vais aller manger des Michiko pour m’en remettre.

« Fire cannot kill the dragon ».

Oh et puis j’ai envie de vous dire, tout le reste de l’épisode, on s’en fout.

Çà fait des années, oui, des années messieurs dames, que j’attendais ce moment. Allais-je être déçue ? Allais-je être trop contente ? Allais-je rester de marbre ?

Pour que le final de cette saison fonctionne, il fallait avait toute chose, un bon département animation une actrice à la hauteur du rôle de Daenerys. Pour ce que j’avais vu d’elle dans « Les Tudors », il avait été très vite clair pour moi que Tamzin Merchant, qui tourna la première version du pilote, n’avait pas les épaules.
Inutile de vous dire combien je fus joie en apprenant qu’elle avait été débarquée de la série, puis fébrile au moment de la reprise des castings.

Débarqua alors une inconnue, Emilia Clarke, qui s’est dès la scène du bain dans le pilote, juste avérée parfaite pour ce rôle (je vous l’avais dit dans ma première review que cette fichue scène était réussie pour beaucoup de raisons) et n’a fait que confirmer par la suite que sous ses bonnes joujoues et ses jolies yeux de biche consanguine, elle possédait une vraie force, un vrai charisme et une vrai subtilité de jeu.


Chez HBO, on est champion pour détourner l’attention, ici sur le boule d’Emilia Clarke, dans une scène d’exposition au sens propre comme figuré, qui en disait très long.

J’en veux pour preuve sa scène de réveil, où on peut voir Emilia Clarke faire passer son personnage par tout le spectre des émotions avant de se lever pour rejoindre Drogo.

Car oui, Drogo est vivant, contrairement à Rhaego, tombé au champ d’honneur lors du rituel de Miri Maaz Duur. Cette vieille teigne ne se prive d’ailleurs pas de conter par le menu toutes les difformités dont était affligé l’enfant mort-né : « Il avait le dos voûté tel Jean-Pierre Raffarin, le menton des frères Bogdanov, des ailes de chauve-souris dans le dos, une jambe en Patrick Duffy et le nez de Barbra Streisand ! »

« Mais où est donc Drogo ? » vous demandez-vous alors que Dany traverse ce qu’il reste de son khalasar, vu que tout le monde s’en est allé dans la nuit.
Drogo est bien là, un peu à l’écart, et visiblement, il est passé en mode zombie, ou légume, peut-être même légume-zombie.
C’est fou, il n’a plus aucune expression sur le visage, ce qui ne change pas grand-chose, me direz-vous.

Mais l’amour rendant aveugle au fait que l’on a épousé un gros bourrin catatonique, Daenerys réclame des explications : « Quelqu’un m’a cassé mon Drogo, j’exige qu’il le répare ! »

Forcément, se dénonce cette andouille de Miri Maaz Duur, trop contente d’expliquer à la khaleesi que c’était bien joli de la sauver d’un viol, mais qu’elle avait déjà tout perdu. Finalement, conclut-elle, j’ai fait acte de salubrité publique de tuant Drogo et Rhaego, çà fait deux gros barbares de moins qui ne pilleront pas de villes !
Adepte de la prévention, Miri ? Tu veux ficher les futurs délinquants ? Tu serais pas à l’UMP des fois ?

Malgré tous ses efforts, et dans une scène vraiment très forte, une fois encore, Daenerys admet la difficile vérité : Drogo ne reviendra plus.

Après lui avoir elle-même donné la mort, la khaleesi prépare donc le bûcher funéraire de son époux. On notera que nous sommes en plein désert, mais qu’elle arrive à rassembler assez de bois pour ériger un bûcher de facile deux mètres, avec deux enceintes concentriques autour, hyper télégéniques, mais pas top crédibles.
Ceci dit, on s’en fout.

Sans doute parce qu’elle craint de ne pas avoir assez de combustible, Dany rajoute dans le tas de bois tout ce qui lui tombe sous la main, genre des œufs de dragon et une Miri Maaz Duur que de toute façon, personne ne pleurera.

Mais ser Jorah, qui dans les mots croisés tombe souvent sur le mot « sati » et connait donc sa signification par cœur, subodore quelque chose de pas net.
Dany voudrait se jeter dans les flammes que çà ne l’étonnerait pas. Mais une Daenerys, c’est aussi buté qu’un Jon Snow, et rien ne peut l’empêcher de marcher vers le feu et d’y entrer, pour s’y consumer avec Drogo, et Miri Maaz Duur.

QUE TU CROIS !!!!!!

Toute sa saison t’a préparé à ce moment, jeune étourdi ! De la scène du bain brûlant à celle des œufs dans le brasero : « Fire cannot kill the dragon ! »

Mais si l’on suit, ici sans en avoir conscience, les rituels de l’antique Valyria et de sa magie de feu et de sang, « fire can faire naitre des dragons ! »

Et çà, bon sang, c’était épique. Épique le regard de Dany encore groggy, serrant dans ses bras Viseryon et Rhaegal, que l’on devine à peine tandis qu’elle se relève et que Drogon monte le long de son épau…

NON MAIS CA ROXX !!!!!

Cette naissance devait tenir du miracle et la série a parfaitement su mettre en scène cet instant magique, à la fois sur une parfaite mise en place des éléments toute la saison durant, jusqu’à l’abandon des œufs deux épisodes avant le final, histoire de ménager le suspense et de faire un peu oublier ces accessoires moches au spectateur.

Je dis geekasme ?

Je dis geekasme.

Prière de l’appeler désormais la Khaleesi Daenerys Targaryen du Typhon, l’Imbrûlée, Mère des Dragons.

Ce qui déchire grave sur une carte de visite.

Pour prêter allégeance à la demoiselle, tous en rang derrière moi, et je ne veux voir qu’une seule tête, foi d’Ilyn Payne.

Ainsi s’achève la première saison de « Game of Thrones », dans le deuil, l’incertitude, et les miaulements des bébés dragons.

Et pour conclure, je me dois de laisser le mot de la fin à Jaime Lannister.

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