« What do we say to the god of death ? Not today… »

Si vous n’avez ni lu le « Trône de Fer », ni commencé la série ou vu cet épisode, par les pouvoirs qui me sont conférés, je vous interdis de lire ce qui va suivre. Je ramasse les carnets de liaison des tricheurs à la sortie.

Et Vieille Nan vous tiendra lieu de réveil matin jusqu’à la fin de vos vies.

Tous les lecteurs du « Trône de Fer » le savent. Si l’épisode de la semaine s’intitule « Baelor », cela signifie que « Game of Throne » s’apprête à tirer une de ses plus grosses cartouches.

Je pense que beaucoup, comme moi, ne sont pas allés en trépignant vers cet épisode, tout comme ils n’iront pas en chantant sur le suivant, quand bien même le double final de cette saison 1 est sans doute ce qui deviendra plus tard, dans les annales de la télévision, un évènement dont on se souviendra dans les chaumières.

« Baelor », à ce moment de la diffusion, est un passagé clé, un jalon pour tous les arcs narratifs à ne rater sous aucun prétexte.

Mais je sens que j’ai assez joué avec vos nerfs pour aujourd’hui, alors en avant pour la chronique pétrifiée de cet épisode.

Oui, ce soir, nous sommes tous un peu emo…

Et en même temps, je n’ai pas très envie de chroniquer cet épisode aujourd’hui. C’est dire s’il était réussi.

Port Réal.

« Dans les prisons de Port Réal,
Y’avait un prisonnier.
Personne ne le vint voir,
Qu’un conseiller émasculé. »

C’est sur cette œuvre de pure poésie contemplative que j’ouvre la chronique de l’épisode « que je n’ai pas envie de chroniquer ». Varys se rend donc à nouveau dans les geôles du Donjon Rouge pour faire à Ned un récap de l’épisode précédent.


« Merci, Varys. C’est vrai qu’on capte pas HBO ici. »

Ned réalisant qu’il va devoir se parjurer pour sauver sa vie se met à faire une grosse colère et m’a personnellement donné l’envie de lui faire tour à tour un gros câlin et de lui flanquer des beignes.
Eddard Stark, gouverneur du Nord, maire de Bordeaux, le meilleur d’entre nous, toujours droit sans ses bottes, et farouchement arque bouté sous sa notion de justice, de loyauté, et d’honneur, alors même que sa vie est sur la balance, tout cela est un concept que Sean Bean aura servi avec talent dans cette scène. En quelques secondes, il parvient à justifier toutes les bêtises commises depuis maintenant 8 épisodes, au nom de sa conception très personnelle du monde et de la façon idéale dont il devrait fonctionner.

L’honneur n’est pas un accessoire pour Ned, c’est une religion. Avec laquelle on ne badine pas, où aucun compromis n’est possible. Ned étant pratiquant et croyant intégriste, c’est avec une crainte bien légitime que Varys lui explique que Joffrey a exigé sa reconnaissance publique en échange d’une retraite sur le Mur.

Et en toute logique, Ned serre ses petits poings et vocifère que « nonnonononon, jamais tu m’entends, jamais ! Préfère qu’on me fasse passer sur le corps une armée dothraki et tous leurs chevaux, na !« , jusqu’à ce que Varys sorte de sa manche l’argument terminal : « Et la vie de tes filles, grosse buse, tu en fais quoi ?« 

Et l’Araignée de nous laisser sur ce suspens insoutenable avec lequel nous avions déjà terminé l’épisode la semaine dernière, mais en anticipant un peu sur le final, cette piqure de rappel était bel et bien nécessaire pour comprendre la violence de évènements sur les marches du septuaire de Baelor.

Tetanos 1 / Drogo 0.

Méga lol l’épisode du jour vraiment…

Cette série est pire que « The Vampire Diairies » qui butte du personnage à tour de bras. Noter que dans cette série, en général, se sont surtout les personnages secondaires qui se font démonter la tête de façon aussi imprévisible qu’implacable.
Je suppose que vous avez ici remarqué que même les personnages principaux, même les héros sont susceptibles de prendre un beau matin très cher.

Cà, il y avait du monde pour se la péter la semaine dernière, à coup de « même pas mal !« , mais aujourd’hui, on rigole nettement moins.

Décidément, Emilia Clarke roxx et il est temps de rendre hommage à son travail impeccable sur cette saison. La façon dont elle compense son physique tendre par une fermeté qui parfois fait un poilou froid dans le dos me surprend chaque semaine un peu plus.

Dany est cette semaine confrontée à un choix des plus ardus. Drogo l’Invaincu, grand khal à l’ondoyante chevelure se mourant d’avoir marché sur un clou rouillé, la voilà réduite au rang de… Et bien de plus rien du tout, un peu comme Marie-Antoinette après la mort de Louis XVI : le roi étant sa légitimité, lorsque celui-ci s’éteint, elle n’est plus bonne qu’à sentir un léger souffle d’air frais au niveau de sa nuque.
Désormais, il ne lui reste plus que deux solutions : attendre sagement que les sang coureurs de son époux viennent lui démonter sa tête et celle de son enfant (surprise, Daenerys est enceinte cette semaine, et j’en ai la preuve : elle porte un tablier Oo. Un jour, je parlerai des étranges costumes féminins de cette série) ou fuir à toute jambe avant que Drogo ne passe l’arme à gauche, déclenchant alors les hostilités au sein du khalasar.

En bonne motherfucker qu’elle est, Dany décide que ce ne sera ni la réponse A, ni la réponse B, mais Obi-Wan Kenobi. Ayant toujours sa Miri Maaz Duur sous la main, elle commande, là comme çà, un petit rituel magique histoire qu’on lui ramène son Drogo séance tenante.
Et force est de constater que celle que l’on prenait pour une vieille peau toute moisie est bien ce que les Dothrakis craignaient, à savoir une authentique maegi, traduisez une saleté de sorcière.


Miri Maaz Duur devrait rencontrer Gregor Clegane : ils trouveraient des tas de choses à se dire.

On comprend bien que cette décision de Daenerys est d’une connerie abyssale. Je dis rarement du mal de Dany mais là, je m’incline, c’est fin con.
Cependant, si Drogo meurt, elle est seule et perd aussitôt au mieux l’armée d’invasion qu’il lui avait promise, au pire sa vie et celle de son enfant. Quelque part, elle n’a guère d’autre choix que de tenter le tout pour le tout avec ce rituel venu d’on ne sait où (et on veut pas savoir vu comment çà a l’air archi flippant).
Pari donc risqué, et qui ne plait pas à tout le monde, surtout pas à Jean-Khal, le Dothraki qui fait rien qu’à râler que Drogo, depuis qu’il est tombé de cheval est juste bon pour l’équarrisseur. Alors qu’il décide de tenter une césarienne sans anesthésie sur Dany, surgit Goldorak ser Jorah, entièrement revêtu d’une armure complète.

Scène intéressante les amis, car elle démontre deux choses : Jorah est plutôt bon (mais on s’en doutait un peu) et un chevalier en armure contre un Dothraki en slip, çà fait mal. Donc pour le plan d’invasion de Westeros par 40 000 mecs en pagne, on repassera…

Mais le duel (à nouveau excellent) est à peine terminé que « ouhlala, he’s coming Khaleesi !« , pifpafpouf, Daenerys accouche (çà tombe comme une cheveu sur la soupe ? C’est la rançon à payer pour avoir mal géré la grossesse de Dany pendant toute la saison, et toc). N’écoutant que son courage et oubliant les recommandations de Miri Maaz Duur, Jorah entre courageusement dans la tente maudite où se déroule le rituel, Dany évanouie dans les bras, dans l’espoir, sans doute que la maegi trouve le temps de lui dire « Poussez madame, poussez ! » entre deux incantations nécromantiques.

On se demande bien ce qui va ressortir de tout cela (enfin vous, pas moi) et on se dit soudain : VIVEMENT LA SEMAINE PROCHAINE QU’ON SACHE SI LE FILS DE DANY NAITRA AVEC UNE TETE DE CHEVAL !

Le Mur.

 » Salut, moi c’est Jon Snow. Je n’ai pas toujours eu de la chance dans ma vie, mais comme j’ai un talent fou pour me trouver au bon endroit au bon moment, parfois ma poisse légendaire me vaut quelque rétribution. Genre cette semaine, alors que je n’ai fait que me prendre par surprise une attaque de zombie sur le coin du museau, le lord commandant m’a offert un pure épée en acier valyrien, tunnée en plus, avec une tête de loup.
Maintenant, j’ai une classe internationale qui me permet de me la raconter un peu partout à Châteaunoir. Cerise sur le gâteau, le lord commandant a envoyé le méchant Alliser Throne quelque part ailleurs loin de ma personne et de mes beaux cheveux. Y’a pas à dire, si la production avait décidé de montrer Fantôme cette semaine, çà aurait été une sacrée bonne journée. Mais comme ma destinée est d’être un éternel Caliméro, voilà que mon ami Sam m’apprend que mon frère Robb est parti à la guerre, ce qui me donne fort opportunément, à nouveau l’occasion de me plaindre.« 

Après les évènements de la semaine dernière, il était grand temps de ne rien faire au Mur. Mis à part nous balancer quelques habiles pistes de réflexion comme lorsque le lord commandant parle (enfin) de son fils Jorah à Jon ou quand mestre Aemon lui révèle son identité.

L’occasion aussi de confronter Jon à la même sorte de dilemme que son père et son frère pendant cet épisode. Tous trois sont confrontés à un choix entre devoir et famille, l’un et l’autre se confondant aisément, et l’un comme l’autre s’avérant être un mauvais choix pour quelqu’un.

Les Jumeaux.

Une fois n’est pas coutume, voici une scène exclusive de l’épisode de la semaine prochaine.
Nous y verrons Robb Stark, escorté de ses fidèles Vent Gris et Lard Jon Omble, ainsi que d’un mestre traducteur, négocier le passage de la forteresse des Jumeaux auprès du seigneur Walder Frey. Un document d’anthologie

Malheureusement, cette scène ayant été coupée au montage, la production a préféré la remplacer par une autre, mettant en scène Catelyn vs. Walder Frey. Vous l’aurez compris rien qu’à voir son riant intérieur, lord Frey est un monsieur particulièrement classieux ayant pour mission sacrée de repeupler Westeros à lui tout seul. Tâche à laquelle, à 90 ans passés, il s’attèle encore avec abnégation.
Sa forteresse des Jumeaux étant LE passage stratégique sur le fleuve, inutile de vous dire que ce vieux rusé (haha, je lol) va faire payer le plus cher possible à Robb le droit de franchir son pont.

La scène d’après la négociation n’avait d’ailleurs pas de prix.
« –Ayé maman ? On peut passer ?
Oui, à deux trois détails près, mais oui oui.
Deux trois détails, genre ?
Un Frey comme écuyer, çà t’irait ? Pour cirer tes bottes, touiller ton Benco, gratter la couenne de Vent Gris…
Je pense que j’arriverai à m’y faire, ensuite ?
J’ai marié Arya.
O.M.G.
Et puis toi aussi.
Oo.
Et j’aime autant te prévenir, là dedans, c’est consanguin et compagnie donc si tu arrives à t’en dégotter une sans pied bot ou troisième oeil, t’auras de la chance. Mais bon, on peut traverser maintenant. Tu viens pas embrasser ta mère ? « 

Theon Greyjoy étant ce que j’appelle un super bon ami aura su apprécier tout l’humour de cette situation, qu’il s’est empressé de souligner de gros éclats de rire gras.
En même temps, moi aussi j’ai rigolé.

Mais un peu comme Robb, je n’ai pas trop hâte au mariage.

« Shagga likes axes« 

L’ost Lannister est en fête, il va enfin pouvoir bouffer du Stark !
Alors là, c’est très simple, tout était parfait. Le conseil militaire se soldant par la condamnation à mort de Tyrion par son propre père, la nuit précédent la bataille, la harangue du Lutin à ses troupes qui démontrait que l’on peut mesurer 1m10 les bras levés et quand même posséder un charisme du feu de Dieu…

J’en profite pour confesser mon erreur : non, Ros n’était pas destinée à prendre la place de Shae. Vu que Shae existe, ce qui est une bonne nouvelle étant donné que l’actrice semble avoir été fabriquée pour le rôle.

Pour l’instant, et cela reste à confirmer, son personnage promet de très sympathiques interactions avec Tyrion, qui était en forme olympique cette semaine.
Hommage aussi à Peter Dincklage, qui sait être drôle, émouvant, prenant, enthousiasmant tout cela à la fois et même séparément, et qui rend justice à ce qui est l’un des personnages les plus attachants qu’il m’est été donné de rencontrer.

Production HBO oblige, la bataille ne sera traitée que par une ellipse, un brin maladroite car précédée d’une scène où Tyrion se fait assommer par accident avant même d’avoir pu quitter le camp. J’aurais préféré qu’on le voit mener ses hommes au combat, quitte à faire cette fameuse ellipse (qui se conclut sur un hommage à « Gladiator », et oui, c’est fou).

Petite entorse au roman excusable (pas autant que l’excellente scène du jeu de boisson), se soldant par une très belle apparition de Tywin (çà devrait être interdit d’être aussi classe sur un champ de bataille) et nous envoyant vers la suite, suite qui promet d’être la seule petite étincelle de joie de l’épisode.

Le Bois des Murmures.

Car Tywin vocifère que l’armée qu’ils viennent d’affronter n’était qu’une toute petite portion de l’ost Stark. Où sont donc ces fichus loups du Nord ?

Et bien dans les environs de Vivesaigues, mon petit pote, en train de se payer l’armée de ton fils, le fringant Jaime, qui en deux trois coups de cuillère à pot, vient de se faire capturer par un gamin de 17 ans (14 dans les bouquins, cela me procure un plaisir infini de le préciser).

Certes, on ne nous le dira pas dans la série, mais le Régicide a chèrement défendu sa peau, tuant quelques lieutenants de Robb avant de pouvoir être maîtrisé et trainé devant le Jeune Loup et sa mère. Un Jaime ne perdant jamais une occasion d’avoir l’air prétentieux, il continue à faire de l’esprit, prouvant par là que lui et Tyrion ne sont pas frères pour rien. Je me demande par contre s’il pensait vraiment que Robb accepterait un duel contre lui… Il est jeune, mais pas idiot non plus…

Ceci étant dit COMMENT CA FAIT PLAISIR !!!!

Ahah ! On fait moins le malin, Blondie !

Désormais, les Stark ont une monnaie d’échange contre Ned. Tout semble se dérouler pour le mieux, les Stark vont faire regretter leur arrogance aux Lannister, Ned sera délivré par son fils et on va arrêter de rêver les gens, nous sommes dans le Trône de Fer.
Je vous rappelle que la vie est injuste, et qu’il est désormais temps, à mon corps défendant, de nous rendre au septuaire de Baelor.

Baelor.


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C’était le moment qu’il ne fallait rater sous aucun prétexte. Le moment où la réalisation ne devait pas rester timide face à un passage obligé, sans doute l’évènement le plus déterminant de toute la saison 1.
Je craignais que se ne soit pas à la hauteur de mes attentes, et je me suis trompée.

Progression parfaite, partant du point de vue d’Arya, pour passer sur celui de Ned. Réalisation efficace, échange de regard poignant, astuce scénaristique habile pour expliquer comment Yoren, le frère de la Garde de Nuit parvient à mettre la main sur la petite (c’était un poil plus tiré par les cheveux dans le livre).

Jeux parfaits, répliques bien donnée et surtout, un suspens entretenu de bout en bout, d’autant plus que l’épisode entier nous a poussé peu à peu vers ce moment, sans que l’on s’en rende compte, avec l’espoir de voir une fin sinon heureuse, au moins rassurante pour Ned.

Pour info, l’histoire a été écrite par GRR Martin. Ce type est un fou, qui ne craint pas de buter le personnage principal de son roman à la fin du tome 1.
Et si vous aviez encore quelques doutes au sujet du destin de Ned Stark il est de mon devoir de vous signaler que lorsque l’on choisit Sean Bean pour incarner quelqu’un, c’est généralement que ce quelqu’un va mourir avant la fin. Ce mec est né pour mourir, c’est une constante dans sa carrière.
Quand son nom avait été annoncé à l’époque de la préproduction de la série, je l’avoue, j’avais bien ri. Sean Bean est maudit.

Toute la scène est d’une indicible violence. Violence des mots de Ned reconnaissant des crimes qu’il n’a pas commis ainsi que la légitimité de Joffrey, à peine atténuée par la condamnation à l’exil au Mur. On sent bien l’effort consenti par Ned pour prononcer ces mots, pour le bien de ses filles, choisissant finalement leur vie et leur sécurité plutôt que l’honneur.
Violence de Joffrey enfin, qui par sa sentence, détruit tout espoir pour Ned et pour le royaume, commettant par sa seule folie un crime impardonnable qui va ensanglanter Westeros pour longtemps.
Sans compter que la confession de Ned ne lui aura servi à rien. Sur les marches du septuaire, il perd son honneur et sa vie, et meurt avec la certitude de rester à jamais un traitre aux yeux du reste du monde.


OuNed (je suis drôle mais alors qu’est-ce que je suis drôle !)

La scène était parfaitement jouée : Sansa folle de douleur, Cersei d’abord ébêtée puis suppliant son fils d’épargner Ned, Littlefinger impassible, Arya enfin, qui même à 1 de 10 ans contre 10 000 citoyens en colère, tente d’aller sauver son père, seulement arrêtée par Yoren.

Cela fonctionnait aussi bien que dans le livre et non, je n’ai toujours pas envie d’écrire cette chronique, mais je l’ai fait pour vous.

Joffrey Baratheon, puisses-tu t’étrangler avec un bretzel.

Ma seule consolation est que Ned et Robert pourront désormais hanter Port Réal ensemble et pourrir les nuits des Lannister pour l’éternité.

La semaine prochaine, on se demande bien ce qui pourrait arriver de pire, mais faites un peu confiance à GRR Martin. Se sera fort de café, une fois encore.

Ah, une dernière chose, je pense qu’on en a tous besoin. Tyrion, tu es mon héros.

PS : trouvé sur Twitter, le message suivant de Queen_Cersei :

« Missing: Head of the Hand, last seen rolling down steps at Baelor, answers to ‘hey dumbass!’ REWARD »

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