Qui sème le vent, récolte la tempête, et s’en frotte les mains.

La vie est pleine de mystères. Des mystères étranges et pénétrants qui n’en finissent pas de planer sur nos mornes vies, tels des nuages agaçants. Ils sont nombreux les mystères :
Comment chaque année, des centaines de visiteurs font-elles pour ne pas remarquer un sous-marin de 800 tonnes posé sur un parking juste devant leur nez ?

Pourquoi est-il toujours plus simple d’ouvrir un emballage du côté opposé à celui portant la mention « ouverture facile » ?

Qu’est ce qui explique que l’on trouve des yaourts bio au lait de chèvre dans le Géant à côté de mon travail mais pas dans le Géant à côté de chez moi ?
Par quel miracle, après un quasi sans faute six épisodes durant, les créateurs de « Game of Thrones » se sont soudainement pris les pieds dans le tapi ?

Et bien à celà au moins, je puis modestement apporter un semblant de réponses.

Au Palais des Mille Fleurs de Madame Chang.

Retour en fanfare au Palais des Mille Fleurs de Madame Chang avec Littlefinger et Roz (ou Ros, j’en sais rien de toute façon et puis elle est sans doute analphabète et ne doit même pas savoir écrire son prénom alors hein…) pour la scène la plus atroce de toute la série, surpassant allègrement l’improbable chasse de la semaine dernière.

Qu’est ce qui a bien pu se passer dans la tête du scénariste pour pondre une horreur pareille ? Sur fond de scène de *bip* lesbienne complètement gratuite et inutilement étirée en longueur, nous écouterons, médusés, entre deux couinements de mauvaise actrice porno, Littlefinger dévoiler sans l’ombre d’une métaphore les rouages de son plan.

SU.PER…

Bravo, et puis j’ai envie de dire, cotillons dans vos faces, David et D.B., vous venez d’assassiner une partie de l’intrigue générale, pour ne pas dire, de saborder sauvagement tout ce qui aurait du faire le sel de votre saison 4.


« Oui, et à partir de maintenant, mon personnage et toute sa veulerie ne servent plus à rien ! Youpi ! »

Après la scène Renly-Loras qui évacuait toute ambiguïté dans la relation entre les deux chevaliers, voilà que vous venez de vous tirer une énorme balle dans le pied en révélant chez Littlefinger un maître marionnettiste là où il ne devait apparaitre que comme un habile louvoyeur et intriguant de première.

Je ne suis même pas choquée, je suis juste blasée. Et puis c’était tellement mal joué…

Rouge poing, rouge guerre.

Malgré une grosse envie de me faceplam rien qu’en écrivant le paragraphe précédent, je dois reconnaitre que j’aime « Game of Thrones » pour des scènes telle l’arrivée dans l’ost Lannister, où tout est rouge, de la toile de tente aux slips des écuyers.
Petits détails qui ont cette capacité à vous ramener illico à toute la saveur de cet univers créé par ce savant jardinier, cultivateur d’embrouilles et autres fleurs aux parfums entêtants qu’est GRR Martin (je ne sais pas ce que j’ai aujourd’hui, je crois que j’ai mangé un poète).

Mais le bonheur est une plante fragile, car sitôt passée l’entrée de la tente de commandement, il était temps pour moi de me rendre à l’évidence : l’épisode de la semaine est placé sous le signe de la subtilité.

Ce qui est dommage, vu que la scène bancale en question met en scène Tywin Lannister himself. Tywin, bon sang de bois, après le teasing de malade mental que la série nous avait mitonné depuis le début, on était en droit d’attendre un duel de charisme entre papa lion et son lionceau !

Certes, Jaime tenait plus de Simba que du roi de la jungle, ainsi rabroué par son père. Inutile de dire qu’entendre Tywin traiter son fils de godelureau sans cervelle alors que moi, je saigne sang et eau pour que toi et ta *onnasse de soeur ayez un avenir pendant que tu t’amuses à faire des trous dans la Main de Roi, non mais je te jure, y’a des baffes qui se perdent et ton argent de poche pour t’acheter les derniers Naruto, j’aime autant te dire que tu peux t’asseoir dessus ! posait le caractère rigide du bonhomme, et son panel d’ambitions diverses et variées pour lui et sa maisons..

Bon, jusque là, la présentation de Tywin Lannister tenait plutôt bien la route. Par contre, une fois encore, c’est le contexte général qui était un rien à la ramasse.


« Arrête de sourire Papa, c’est malsain… »

Parce que oui, lui faire éviscérer un cerf à ce moment là, ce n’était pas particulièrement subtil. J’entendais presque Captain Obvious me murmurer à l’oreille : « Je pense que les Lannister veulent buter le roi Robert et que cet acte est symbolique« .
Ensuite, c’est le bruit de ses gros sabots que j’ai entendu s’en aller vers la scène suivante, direction Port Réal.

Port Réal.

Et direction ma nouvelle amère constatation du jour : Lena Headey est contre toute attente, la seule grosse erreur de casting de cette série. Même Jason Momoa est meilleur. Ce qui revient à dire que l’interprète de la reine Cersei a une capacité de jeu proche de cette du menhir paraplégique, lesquels sont parfois bouleversants, le matin, enveloppés dans leurs écharpes de brume, ruisselants de rosée.
Manque de bol, pas de brume ni de rosée dans cette scène, donc Lena a pu bien la massacrer comme il le fallait, aidée par le réalisateur visiblement passé à côté des enjeux de cette discussion entre Ned et Cersei.

Une nouvelle fois, le syndrôme des passages obligés frappe la série en plein dans sa mouille. L’arrivée de Cersei en contreplongée foireuse suivie de champs contre champs bien mous agrémentés d’une Lena Headey essayant tant bien que mal de bouger autre chose que ses lèvres (mais ses muscles fasciaux sont visiblement en grève) et d’avoir l’air menaçante, ou dominatrice de l’échange, rien à faire, çà ne fonctionnait pas. Il faut dire qu’elle a un sacré panel d’émotions :

La joie

La peur

La colère

L’amour fraternel

La stupéfaction

MIRACLE ! IT’S ALIVE !

Gasp…

Mais apparemment, R’hllor existe, car il aura permis à Lena Headey d’assurer sa dernière et emblématique réplique, qui sonnait très bien, très juste, comme un coup de fouet dans la face de faisan de Ned Stark. Et même pas en penchant la tête, dites donc (pencher la tête étant le seul moyen pour elle de donner de l’intensité à ses répliques).

Winterfell.

Visiblement, le Bescherelle n’existe pas au-delà du Mur. Osha a une conjugaison vraiment très approximative. Je suis sûre qu’elle tiendrait un Skyblog si les Stark n’étaient pas trop fiers pour s’abonner à Internet.

Là encore, avec beaucoup de finesse, de douceur et d’allusions bien dosées, l’épisode de jour va nous faire comprendre que Osha est une Sauvageonne. Ainsi :
-elle est sale.
-elle s’exprime pire qu’un gangsta du ghetto.
-elle entretient une chevelure aussi dantesque que celle de Jon Snow.
-sa colonne vertébrale semble cintrée, ce qui l’empêche de se tenir droite. J’en déduis que le Sauvageon est le Chainon Manquant.


Osha in the sky with diamonds.

Osha venant d’apparaitre dans la série, on va donc se la jouer feignante (« on » = le scénariste du jour) et se contenter de lui faire répéter mots pour mots ce qui a été dit la semaine dernière. Et puis on va lui faire dire ses banalités devant Theon et Mestre Luwin, dont on se fout un peu tout de même. Pas devant Bran, non non, pas comme dans le livre au pied du barral, pourquoi faire ? C’est pas comme si c’était important, les barrals, hein, comme les loups, quoi…

Bon, n’importe comment, là n’est pas le propos. A Winterfell, il y a un jeu super auquel tout le monde a le droit de participer. Cà s’appelle « Qui Veut Taper sur Theon« .
Cette semaine, en tant que nouvelle venue, c’est Osha qui s’y est collée, et mestre Luwin un peu aussi. Et une nouvelle fois, Theon s’en est allé, ses tentacules de poulpe Greyjoy entre les jambes. Pauvre choupi, j’en pleurerais presque si cet acharnement ridicule ne me gavait pas tant.

Vaes Dothrak.

« Ah, les femmes« , semble se dire Khal Drogo pendant que Dany lui oint la tresse (non, pas dans ce sens là, le quota scène de uc de l’épisode a été épuisé par Roz, on parle bien de ses cheveux) tout en lui serinant qu’il ferait mieux d’avoir un peu plus de considération, parce que j’ai l’impression que quand je parle, tu m’écoutes pas et puis c’est pas ce que tu as dit, c’est la façon dont tu l’as dit, de toute façon, si çà continue, je retourne chez ma m… Ouais, ok, j’ai pas de maison, et j’ai plus de famille depuis que tu as transformé mon frère en une version alternative de l’Aurige de Delphes, mais c’est pas une raison, je suis une chose sensible, une femme avec des sentiments et j’estime que le moins que tu puisses faire pour la mère de ton futur fils, le messie des Dothrakis, c’est d’aller lui conquérir un royaume, merde.


« Pardon, Reichminister, mais comment fait-on pour les mouillettes ? » (©Jedi Gris)

Pour avoir la paix, Drogo finit donc par donner 20 euros à Daenerys et l’envoie au marché, avec un gros bécot sur la joue « achètes-toi ce qui te fait plaisir ma chérie et ferme ta grande bouche çà me fera des vacances« .

Une fois au marché, Dany se plaint de son époux auprès de ser Jorah, comme s’il était sa confidente ou je ne sais quoi. Ceci dit, ser Jorah a d’autres soucis, il vient de recevoir une lettre de Varys l’informant que çà y est, il est amnistié, vu que son petit travail d’informateur a porté ses fruits et que Daenerys sera sous peu assassinée.

Ser Jorah est fort perplexe en apprenant la nouvelle, et nous aussi. Parce qu’il y a 15 jours, on apprenait que Varys roulait pour les Targaryens et voilà que maintenant, on a l’air de nous dire que pas du tout, non, lui aussi il veut tous les tuer.

Alors qu’il tente de comprendre quelque chose à cette étrangeté du scénario, Dany continue son tour de marché vers un négociant en vin.
Lequel commet aussitôt une énorme coquille scénaristique, on n’est plus à çà près de toute façon.

«Holà, Khaleesi ! Do you want to drink my wine ? », fait le marchand en dothraki.

Ah bah ouais, pourquoi pas”, répond Dany, révélant ainsi qu’elle parle la langue des Sept Couronnes.

«Mais alors, s’étonne notre homme, vous venez du même pays que moi ? Westeros et tout ?»

« Un peu mon neveu, réplique aussitôt Doreah la Bonniche. Tu parles à la Khaleesi Daenerys Targaryen du Typhon, épouse de Khal Drogo l’Invaincu et bientôt la mère, même si là, çà se voit pas trop sous ses abdos en béton, de l’Etalon qui Montera le Monde !»


« Khaleesi with baby…


It is known ! »

Et le marchand de se confondre en salamalec devant Dany qui rit à gorge déployée, c’est vrai que c’est trop marrant de faire trembler le petit personnel en lui balançant ses titres à la figure.

Là je dis, il est con le marchand. Ou le scénariste qui écrivait l’épisode du jour…
Comprenez bien qu’à Vaes Dothrak, il y a moult khalasars, et donc moult khals avec leurs khaleesis. Donc en effet, quand on voit une gonzesse qui traine trois servantes et deux guerriers en remorque, on peut légitimement se dire qu’il y a des chances pour qu’elle soit khaleesi, la fille (même si son escorte est dans la série ridiculement petite, mais on va fermer les yeux très fort et invoquer le budget comme cause principale de cette pénurie de gardes du corps).

Mais, le hic, voyez-vous, c’est que notre brave marchand est aussi un assassin envoyé par Robert pour faire sa peau à Dany. Et quand je veux assassiner quelqu’un, en général, j’essaye de me rencarder précisément sur de petites choses comme : à quoi ressemble ma cible ?

Sauf si le mec a de gros problèmes de vue, Daenerys ne peut se confondre avec aucune autre khaleesi. Les cheveux platine et les yeux clairs, c’est tout de même super rare dans une population mongoloïde. Mais le marchand, non, lui il faut que la fille parle dans sa langue et qu’on lui file toute sa carte de visite sur 13 générations pour qu’il percute. Mon Dieu qu’il est doué…

Suit une sublime scène tournée à la Sergio Leone mais qui ne fonctionne pas une seconde où on voit les yeux de Jorah, Dany et du marchand en gros plan, dans un montage alterné censé faire monter la tension sans jamais y parvenir. Le fait que le marchand joue aussi bien que Lena Headey n’aide pas non plus.

Le résultat de toute cette agitation, je veux dire à part des « Ouhlala, Khaleesi ! » dans tous les coins, c’est le « Grrrrmmmmmbllllleeeeuuuublabla, Khaleesi meuf de moi ! Boumboum Westeros ! », de Drogo, qui nous sert une très belle scène de déclaration de guerre à me faire douter du manque de charisme de Jason Momoa.


L’art subtil du smoky dothraki.

En tout cas, il faudra en profiter de cette longue tirade en dothraki, parce qu’entre çà et le petit dialogue avec Daenerys du début, on ne l’aura jamais entendu parler autant, le Drogo. En même temps, je le trouve hyper flippant quand il parle… Brrrrr…..

Another brick in the Wall” (air connu).

Château Noir est en fête cette semaine. Tout le monde a mis ses plus belles fourrures. En effet, c’est l’heure pour les bleus de prononcer leurs vœux d’où grande cérémonie présidée par Jeor Mormont le Lord Commandant autrement connu pour être le père d’un certain Jorah Mormont.

Ce qu’il faut savoir sur la cérémonie en question, c’est qu’il s’agit, en gros, du même genre de rituel qu’une rentrée à Poudlard, mais sans Choipeau Magique.
Les jeunes recrues seront réparties dans trois maisons : génie, patrouilleurs, intendance. Et comme à Poudlard, il n’y a que deux maisons qui roxx pendant que le reste c’est la loose. Comprenez que patrouilleurs, c’est hyper prestigieux, génie c’est prestigieux tout court, et que intendance, c’est tout pourri.


Ce qui fait de Jeor Mormont une sorte de Dumbledore local…

Jon, bouclettes au vent, est tout pétri de confiance en lui. Il sera patrouilleur, comme son tonton Benjen qui vient de disparaitre au-delà du Mur.
Et puis là, c’est le drame. Finalement, on le colle à l’intendance, au service personnel du Lord Commandant. Un peu long à la détente en bon Stark qu’il est, Jon met trois plombes et un Sam pour percuter qu’en fait, on vient de lui offrir un poste hyper prestigieux, celui de l’ordonnance du grand chef. Un peu comme Posca pour César dans « Rome ».
Ou comme Smithers pour Burns dans les « Simpson’s »…

Mais peu importe, puisque la scène qui va suivre est juste une des plus belle de la saison : la prestation de serment devant le barral.
Comme on ne sait absolument pas à ce stade de la série ce qu’est un barral, vu que personne n’a pris la peine de se coller devant un spécimen en disant, l’air de rien « Tiens, un barral, l’arbre sacré des anciens dieux », histoire que tout le monde situe un peu le bouzin, on va faire comme si on était tous des lecteurs acharnés et qu’on savait parfaitement faire la différence entre cette chose bien flippante et une Vierge aux larmes de sang.

En plus sérieux, on s’en fiche. Jon et Sam prononçant leurs vœux, c’était magnifique. La grosse accolade virile après, c’était trop bien aussi.

Et en plus, à la fin, il y avait Fant….

« Oh la ! Arrête tout de suite ton char, bonne amie ! De qui parles-tu donc ? »

De Fantôme, le direwolf de Jon Snow, qu’on a vu trois fois deux secondes en 7 épisodes, et que tous les gens de la Garde de Nuit ont l’air de trouver parfaitement normal de voir sortir de la forêt alors que toi, pauvre spectateur, tu te dis « d’où çà sort ce truc ? » et légitiment « Pourquoi il parle de fantôme, il est con ou quoi, il le voit bien que c’est un loup, non ? »

En effet, Fantôme, c’est le nom du loup. Vous voilà bien avancés sachant que cette pauvre bête pour vous, depuis le début, c’était surtout l’Arlésienne.

« Je voudrais devenir le plus fort de la Garde de Nuit, et puis je voudrais un poney aussi, et puis que vous me rendiez mon loup, parce que là, il sortait vraiment de nulle part et c’était un peu nul, quand même… »

De l’origine pour le moins embarrassante du « God Save the King ».

J’aurais du sortir mes mouchoirs et pleurer toutes les larmes de mon corps. J’aurais du souffrir dans ma chair et empoigner convulsivement les accoudoirs de ma chaise de bureau. Mais la mort du roi Robert ne m’a pas fait grand chose.
Mark Addy avait beau assurer une prestation de qualité, la façon dont l’ensemble était emballé m’a légèrement ennuyée. Quand je repense à la tension qu’avait su mettre en scène l’épisode précédent autour de la mort de Viserys, je peux légitimement m’estimer déçue.


Tu vas me manquer, sac à vin…

De l’arrivée de Renly gueulant « Neeeeed !!!!! Neeeeeed !!! » (qui m’a fait penser à -« Sire ! Sire !« , « –Qu’est-ce qu’il y a Yvain ?« , « –Rien, mais je trouve çà super classe d’arriver en criant « Sire ! Sire !« ) au lit de mort dans lequel reposait un Robert étrangement apaisé, j’ai trouvé que l’ensemble manquait d’émotion.

Enfin, presque. Le seul qui m’a fait un peu de peine, c’était Joffrey. Joffrey qui malgré tous ses défauts aimait sincèrement son papa absent et alcoolo. Admirait le guerrier de légende. Souffrait de son indifférence. Et qui devant son père mourant et regrettant sincèrement ne pas avoir su aimer son fils, pleure comme le petit garçon triste qu’il est.

Sinon, j’ai aussi remarqué que Joffrey Baratheon et Justin Bieber, çà donne les mêmes initiales. J’ai eu le temps d’y réfléchir pendant que Robert dictait son testament, c’est dire.

Apprécions tout de même la seule vraie subtilité de l’épisode : il y a quelques paragraphes, je décriais Tywin en train de faire des scoubidous avec l’intestin grêle d’un cerf. C’était méchant et gratuit (même si un peu justifié dans le fond) car en réalité, cette scène désignait les Lannister comme les assassins du roi. Et oui, devinez où le roi a été dégommé par le sanglier ? En plein dans les tripes.

)

Hmmm, les Lannister assassinant le roi ? Cà c’est du scoop ma parole… Oui, je sais que l’on a tenté de nous détourner de cette thèse la semaine dernière mais sérieux, qui y a cru ?

On se demande bien aussi qui va croire en Renly Baratheon et son interprète sans charisme, le même Renly qui avait peur du sang la semaine dernière, devenant ici subitement un gros velléitaire qui veut poutrer du Lannister pour satisfaire ses royales ambitions. Le fait d’avoir choisi de présenter un Renly en retrait, à mille lieues du prince flamboyant des livres risque de se payer très rapidement. Mais comme disait un grand commentateur sportif : « Il ne faut pas vendre la peau de l’ours. »

La bêtise de Ned Stark : une question de point de vue ?

Totalement, oui. Ce qui sauvait le Ned des bouquins c’était que tous les chapitres concernant ses manoeuvres étaient contés de son point de vue. Résultat, on avait l’impression de s’enrouler dans une grosse couette moelleuse pleine d’honneur et de loyauté. On se sentait bien dans ces bons sentiments et on trouvait révoltant que de méchants soldats Lannister en cape rouge essayent de nous la piquer, la couette.

La couette magique des Stark, anti-mensogne, anti-trahison, anti-acarien.

Mais du point de vue bien plus objectif de la série, étrangement, Ned n’est pas sauvé par les apparences. Il est vraiment trop bête. Même une moule avariée aurait accepté l’aide de Renly quand ce dernier met 100 hommes à son service, là comme çà, sans contrepartie, enfin ceci mis à part qu’il espère bien son soutien pour la succession, mais en même temps, vu la traitrise de Cersei et son influence dans la capitale, il n’y a pas trop à réfléchir, tout soutien est bon à prendre. D’autant que Renly, au lieu de lui dire : « mes épées en échange de ton soutien », lui demande juste de dire « oui » pour qu’il les lui donne.
Dans ces conditions, si Ned décide finalement de soutenir Stannis Baratheon, même Renly ne pourra rien lui dire. Et s’il le fait, il suffira d’énucléer quelqu’un pour qu’il s’évanouisse le temps que son frère ainé s’assoit sur le trône.

Et pourtant, pour une raison que je ne comprendrai jamais, Ned préfère se draper dans sa couette d’honneur brodée de licornes bleues, de poneys roses et de louveteaux bondissants et décliner fermement et à peine poliment la proposition de Renly.

Après çà, son arrestation n’est que la suite logique de son idiotie crasse et de son incapacité fondamentale à prendre les bonnes décisions dans l’urgence. Alors que ses ennemis vont se déchainer sur lui en usant de mille coups bas, lord Eddard Stark de Winterfell préfère rester réglo, quitte à se faire mettre en prison et accuser de meurtre. Lui, il s’en fiche, il a sa conscience pour lui.
Chapeau l’artiste…

Mais je dis du mal de cet épisode, au point d’en oublier de vous préciser combien son final était sans comparaison possible infiniment supérieur au reste, maladroit, bourré des pires tics accumulés depuis le début de la série et de bien piètre qualité.
Non, tout le final, de l’entrevue entre Ned et Littlefinger à la grande scène devant le trône de fer, c’était du petit lait (d’autant plus qu’en enchainement avec l’excellente prestation de serment de Jon et le Haka de Drogo).

Ah, le roi Joffrey, en voilà une vision pour le moins crispante à laquelle nous allons devoir nous habituer maintenant…
Ah, Cersei en protectrice du royaume, en voilà une vision qui pourrait presque faire sourire, mais presque seulement, parce que pour signifier qu’elle a plus de pouvoir, Lena Headey penche désormais juste un peu moins la tête.

En tout cas, grâce à la trahison de Littlefinger (alors qu’il l’avait prévenu ! Souvenez-vous !), s’en est fait de Ned Stark. C’est parti pour un petit tour dans les prisons du Donjon Rouge. Je vous garantis qu’il y a des choses que vous ne voudrez rater sous aucun prétexte la semaine prochaine, parole de moi.

Et un autre mystère résolu.

PS : sinon, j’ai deux séries et trois films dans ma musette, même que tout est déjà écrit, mais que je ne trouve pas le temps de faire des mises à jour (dit-elle en postant un billet incroyablement long et illustré)

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