Entre ici, Raoul Girardet !

D’une indulgence crasse, oui, voilà ce que je suis face à Woody Allen. Attention tout de même, cela ne veut pas dire que j’accepte tout, prenez « Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu », et bien ce film est une catastrophe, on s’ennuie, et tous les acteurs y sont à baffer.

Dans « Midnight in Paris », je n’ai guère eu envie de claquer que Marion Cotillard, mais, me direz vous, j’ai tout le temps envie de claquer Marion Cotillard, alors sans plus attendre, je propose qu’on file tout de suite à la chronique du jour.


Une affiche créée par le comité pour la persistance rétinienne.

Bonheur et joie, c’est le festival de

et autant vous dire que cette année, il y a du lourd dans le genre qui tâche (« Pirates des Caraïbes 4 »), du lourd dans le genre qui claque (« The Tree of Life »… C’est affreux, je n’en peux plus de l’attendre…) et du lourd dans le genre « encore les Dardennes ?« .

Et donc, un film de Woody Allen, comme tous les 6 mois me direz-vous.

Fabuleux phénomène bien franco-français, le film est déjà descendu par la critique qui y voit la caricature d’un Paris de carte postale, ce qui est complètement exact, mais dont finalement, on se fout un peu non (d’autant que les mêmes critiques ne s’offusquent jamais des Londres et New York de carte postale que Woody Allen sait proposer aussi. J’appelle cela le syndrome « Marie Antoinette ») ?
C’est vrai, si j’ai envie de vendre du rêve, je ne vais pas aller filmer le quotidien d’un épicier à Barbès.

Or c’est bien ce que vend Woody Allen dans « Midnight in Paris » : une ville comme un rêve, suspendue dans le temps et un personnage en quête d’un âge d’or représenté ici comme un idéal vécu au cœur du plus bel écrin du monde.

Aussi vain et léger que savoureux et pétillant, « Midnight in Paris » est délicieux. Il ne va nulle part (surtout pas vers une réflexion sur l’âge d’or assez basse du front), n’invente rien, n’intéresse même pas le spectateur eux errances de son personnage, mais réussit à faire revivre avec une artificialité qui ne passe que parce qu’elle est traitée avec une infinie légèreté, un âge d’or fantasmé où l’on croise les plus grands artistes d’une époque, dont les interprètes, bien dirigés parviennent à leur insuffler, vie et crédibilité dans ce qui reste cependant une overdose de clichés.


A gauche, la preuve vivante que Kenneth Branagh est un directeur d’acteur atroce : Tom Hiddleston, éveillé et convaincant.

En parlant de la direction d’acteurs, j’ai eu droit à quelques grosses surprises assez navrantes je dois le dire : Léa Seydoux et Marion Cotillard sonnaient incroyablement faux. Et je ne dis pas çà uniquement parce que je pense et ai toujours pensé que Cotillard est l’actrice la plus surestimée de tous les temps, non, simple constat.
Toutes le deux minaudent beaucoup, jouent peu et balancent leurs répliques sans se donner seulement la peine d’essayer d’avoir l’air naturelles.

Le résultat ? Et bien c’est que dans ses 2 minutes de présence à l’écran, Carlita, elle, passe plutôt bien. Et oui. Non seulement parce qu’elle ne minaude pas, elle pose (fou ce que çà peut influer sur votre crédibilité à l’écran de jouer la classe plutôt que la pouf) mais aussi parce qu’elle n’en fait pas des tonnes, donnant ses répliques le plus simplement possible.
Pas un grand numéro d’actrice, mais une prestation honnête, soit exactement ce qu’on lui demandait de faire.
Voilà pour clore la parenthèse Carla Bruni.

Le reste, à savoir la façon dont Woody Allen emballe l’ensemble est d’une très belle facture. La photographie magnifie un Paris de rêve (où le parisien ne risque pas de retrouver ses petits), la réalisation se borne à rester classique (après « Thor », je ne vous dis pas comment j’ai apprécié les beaux cadres de Woody Allen) mais efficace, au service de la nostalgie qui souffle sur tout le film, aussi aérienne que le ton, aussi superficielle que le scénario, aussi vaine que tout le reste.

« Midnight in Paris » est une bulle de champagne, vraiment rien de plus, rien de moins, une élégante et drôle façon d’ouvrir le festival de Cannes, avec un divertissement sans prétention autre que de vous plonger la tête la première dans un petit conte de fée.

Note : ** (pour le bon moment passé, sinon, çà méritait un *)

PS : la réponse à l’énigme dans « Thor » était : jeudi.
Vous voilà bien avancés, pas vrai ?

PPS : merci à Mathilde pour m’avoir rafraîchi la mémoire 🙂

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