« Une véritable malédiction que d’avoir une si grande gueule quand on est si petit. »

La semaine dernière, dans « Game of Thrones », Ned décidait d’apprendre à sa fille comment tuer des gens comme une vraie pro, Tyrion faisait sa star sur le Mur, Joffrey se préparait pour son règne de 1000 ans, Daenerys découvrait qu’elle allait bientôt pouliner, et Littlefinger se frisait les moustaches.

Afin de maximiser le potentiel de cette chronique, je vais donc vous faire un petit découpage maison, entièrement conçu dans une optique de cohérence géographique et personnagière, ce qui ne veut strictement rien dire, j’en conviens.

Cet épisode fera date dans l’histoire de la télévision pour avoir été le premier vrai épisode de « Game of Thrones » et pas une exposition, comme les trois précédents. Un épisode avec une note d’intention, une ambition narrative au delà de la trame de base du récit, et une flopée de très bonnes scènes.

Winterfell.

Merci les gens, mais pour la corneille à trois yeux, on n’en demandait pas tant. Dégueubeurk, si je n’ai pas vomi en la voyant, c’est uniquement parce que j’étais super contente et surprise de découvrir qu’elle apparaissait bien dans la série. Pour l’instant, mis à part me flanquer des nausées, la corneille en question ne fait rien.
Enfin si, elle fait flipper Bran dans ses rêves alors il se réveille en sursaut pour trouver « aaargh ! » Vieille Nan au pied de son lit en train de lui balancer des Captain Obvious : « Alors, on fait de mauvais rêves, mon petit ? »
J’aurais bien vu Bran lui répondre un truc du genre : « Non, tu vois bien que je m’entraine pour le marathon de Villevieille !« , mais Bran est un petit garçon poli.

J’ai noté dans cet épisode que Vieille Nan était encore occupée à tricoter des chaussettes. Décidément, l’Hiver vient, et il sera très rude…

Attention, semaine très généreuse en loups garous puisque dans ce seul épisode, on en aura vu trois, environ une seconde chacun mais tout de même. Eté est comme d’habitude, c’est à dire quand il ne s’occupe pas en égorgeant des assassins, en pleine opération camouflage sur la descente de lit de Bran et Vent Gris se la pète grave sur la grande estrade de Winterfell pendant que Robb joue au seigneur devant un pauvre Tyrion Lannister qui n’avait rien demandé que le gite, le couvert et deux trois dames de petite vertu, rapport au froid de l’hiver, justement.

Vous vous souvenez de ce que j’ai dit sur la semaine dernière sur le sens du relationnel chez les Stark ? Et bien cette semaine cela se vérifie encore.
A mon avis, ils passent leurs soirées d’hiver à jouer à des jeux vidéo car c’est bien connu, cela rend violent et asocial.

Soyons honnêtes, il ne s’est strictement rien passé à Winterfell cette semaine, mis à part l’introduction de deux nouveaux personnages, à commencer par Hodor, entraperçu dans le pilote. Hodor, un vrai défi pour un acteur, toutes ces lignes de dialogue à retenir, vous parlez d’une galère…
L’autre nouveau venu n’en est pas vraiment un car il s’agit de Theon Greyjoy sur lequel j’avais prévu un très mauvais jeu de mot depuis un moment déjà, mais HBO me l’a sauvagement volé, donc je vais quand même le faire et tant pis pour eux :

Release the kraken !

Cela faisait maintenant trois épisodes que Theon passait régulièrement devant la caméra, quêtant lamentablement un peu d’attention de la part du réalisateur, des scénaristes, créateurs de la série, youhouh y’a quelqu’un ?
Son personnage et sa présentation, à la faveur d’un brusque accès de mauvaise humeur de Tyrion (comme je le comprenais) a permis, plus tard à Port Réal, d’en apprendre plus sur la guerre contre les Îles de Fer dont personne jusqu’ici n’avait encore entendu parler.


Pour l’instant, le seul à l’avoir cerné est le Régicide. Cà en dit long.

Je ne sais pas vous, mais moi je trouve que tout cela est vraiment bien fichu. Dans le premier épisode, on découvre que le roi en place est sur le trône depuis seulement 15 ans et qu’il a jeté dehors la dynastie précédente à coups de pompes dans le train et de marteau de guerre dans la tronche. Dans le deuxième épisode on entendait parler d’autres guerres ayant suivi la rébellion de Robert contre les Targaryens, et là, pouf, on découvre l’existence d’une nouvelle maison noble, la maison Greyjoy et son fief gai et rieur que sont les Îles de Fer, donc.

Vaes Dothrak.

Chez les Dothrakis, les choses avancent steppe by steppe.

Tête de gondole, la loooongue mais efficace discussion entre Viserys et Doreah. Pendant que l’esclave le savonne avec de la cire brûlante (la touche targaryen qui changera à jamais votre façon de voir le bain), Fifou le prince fou raconte des histoires de dragons. Sur le coup, j’ai failli recracher mon Nesquick (je regarde les épisodes très tôt le lundi matin) en râlant : « Mais stop avec les dragons, on s’est fiche comme de la première paire de tongue de Maegor le Cruel ! »
Et c’est là que la scène est devenue fabuleuse. En vrac, on y a appris que les Targaryens élevaient des dragons, que ceux-ci ont peu à peu dégénéré, qu’ils sont tous morts depuis longtemps et que la famille de nos frangins peroxydés préférés avait pour habitude de les monter. Et telle une cerise sur le gâteau au citron, on nous sert le nom de certains des plus illustres dragons de l’histoire de Westeros avec, en prime, le récit de la création du trône de fer.

Brillante scène parce que servie sur une description, claire comme de l’eau de roche, du caractère de Viserys, qui en devient presque touchant, deux secondes avant de repasser en mode gros lourd macho et phallocrate. Attitude qui m’a fait regretter sur la fin que le vrai nom de Doreah ne soit pas Charlotte Corday…

Dany est quant à elle encore étrangement plate et ce n’est même plus justifié par l’éventuelle nécessité de la voir toute nue, vu que maintenant, on en est à l’épisode 4, le public est ferré, plus besoin de faire des scènes impliquant force brouettes dothrakis et moult chevauchées fantastiques.
Dans mes souvenirs pourtant, elle arrivait à Vaes Dothrak, un genre d’immense aire de camping en plein mois d’aout dans les Bouches de Rhône, déjà bien enceinte. De ce que j’ai pu voir de la fin de saison, la khaleesi devrait garder sa taille de guêpe jusque chez les Lazhareéns (je m’adresse là aux lecteurs, qui voient aussitôt à quoi je fais allusion), ce qui fait tout de même drôlement tard. Bon, à voir, c’est vrai que le fait d’être enceinte de 9 mois ou quelques semaines ne changent rien à son histoire, mais je trouve malgré tout cela un peu étonnant. Il aura fallu qu’elle le rappelle à Viserys pour que l’on s’en souvienne. Pourtant l’agression de son frère aurait gagné en folie et en violence si elle avait eu un début de ventre dans cette scène.
Néanmoins, joli coup de ceinture, Dany. Il ne l’avait pas volé.

Le Mur.

La semaine dernière, je créais l’improbable couple de meilleurs amis pour la vie qu’auraient pu être Viserys et Joffrey. Et bien cette fois, je me risque à proposer une autre paire : Alliser Thorne et Vieille Nan.
Tous les deux ont un goût plus que prononcé pour les bonnes histoires bien flippantes à base de monstres des glaces, de froid mordant et de cannibales des neiges. Apprendre que Thorne a bouffé ses propres frères m’a paru sur le coup un rien exagéré, mais bon, cela avait le mérite de matérialiser l’Hiver et de rendre palpable la désolation qu’il engendre.
Pas une idée de génie, mais une idée quand même…

Ceci dit, on s’en fiche un peu, cette semaine, il y avait Samwell Tarly, issu d’une des nombreuses familles saines et équilibrées que compte le royaume. Fils d’un banneret des Lannister, Sam s’est vu proposé le jour de ses 18 ans deux alternatives : soit il prenait le noir, soit il avait un accident de chasse.
Sam aimant lire des romans médiévaux, il sait que l’accident de chasse est l’une des premières causes de mortalité pour les personnes gênantes. Et il y a tant de mauvais chasseurs en Westeros.
Notre Sam a donc choisi le Mur, où il risque d’être très à son aise sachant qu’il a peur des armes, de la violence, des chevaux, des guêpes, de son ombre, et sans doute aussi du noir, ce qui peut être un sérieux handicap quand on est dans la Garde de Nuit.

Et en plus, il a le vertige, mais quel winner…

Forcément, Sam en prend plein sa tête dès la première minute d’entrainement, rapport au signe sous lequel est placé l’épisode du jour. Peiné et plein de compassion sous son imposante choucroute, Jon décide de prendre Sam sous sa protection, n’hésitant pas à intimider ceux qui chercheront à casser sa figure à ce pauvre garçon.

C’est là que s’opère le miracle, à savoir l’apparition inexpliquée de Fantôme. « Trop bien« , me direz-vous, « comme çà elle va peut-être un peu arrêter de se plaindre qu’on ne le voyait jamais« .
Et bien même pas, puisque je me mets dès lors illico dans la peau du non lecteur qui doit se demander ce que vient faire cette grosse bête aux yeux rouge fluo (intéressante couleur) au beau milieu du dortoir des aspirants.
Moi aussi, sur le coup, je me le suis demandé, et pourtant, j’ai lu les bouquins.

Vous voulez mon avis ? Si, je sais que vous le voulez : Si on suit ce qu’Alliser Thorne a dit à Jon, la semaine prochaine les bleus prononceront leurs vœux. Or il se trouve que Fantôme joue un rôle primordial dans ce passage. Il était donc grand temps de le sortir histoire de justifier la présence d’un loup albinos dans l’épisode 5.

J’ai comme le sentiment qu’HBO a prévu de nous mettre des loups un épisode sur deux. Cette semaine, on en a quand même vu trois en les personnes de Vent Gris (première apparition), Eté (toujours camouflé dans les couvertures de Bran) et donc Fantôme l’Innomé.

Port Réal.

Vaste sujet, alors prenons les choses dans l’ordre.

Ned cherche toujours à savoir ce qui a provoqué la mort de Jon Arryn. Pour arriver à ses fins, il décide de s’ouvrir subtilement de ses soupçons à mestre Pycelle, pensant sans doute être à l’abri de toute fuite de sa part car :
-un mestre est impartial, il ne prend donc pas part au jeu des trônes.
-Pycelle est versé dans les arts médicaux, il sera donc capable de dire si Arryn a été assassiné ou s’il a juste chopé une méchante fluxion.
-mestre Pycelle est hyper vieux, ce qui devrait garantir à Ned qu’il oubliera très vite lui avoir parlé. Pour ce qui est des fuites, en revanche…

Plaisantin devant l’Eternel, Pycelle donne cependant à Ned un gros indice en forme d’énorme bouquin super chiant à lire : le « Who’s who » de Westeros. Il se trouve que Jon Arryn le lisait juste avant de mourir. A voir la tête que fait Ned en le feuilletant, on sent que lui aussi craint d’être emporté par le pouvoir soporifique de l’ouvrage, mais il s’en va pourtant vaillamment avec son botin sous le bras, bien décidé à en découdre avec trouzmille arbres généalogiques dans lesquels il ne sait même pas quoi chercher.

C’est ce moment que choisit Littlefinger pour lui tomber dessus avec son bouc et ses saletés de sourires en coin. Sur son habituel ton biaiseux, il va lui révéler que tout le petit personnel du Donjon Rouge ou presque bosse pour trois factions : Varys (le chef des RG), la reine, et lui-même.
Super, merci Petyr, Ned était déjà complètement parano, là tu vas lui faire fondre un plomb, c’est sûr.


« Mais c’était précisément mon intention ! Ou pas… Ouh, je suis diabolique !!! »

Ceci dit, juste parce que Littlefinger décide de lui donner un nouvel indice, Ned se met à lui sortir le grand jeu : « Petyr, je t’ai mal jugé. En fait, t’es mon seul ami ici, mais qu’est-ce que je ferais sans toi, hein ? »
Ce à quoi, lord Baelish lui réplique qu’il faisait pourtant bien de se méfier de lui. Dans le langage des gens normaux, cela revient à se promener avec un écriteau au-dessus de la tête indiquant en rouge « ATTENTION JE VAIS TE TRAHIR« .
Mais Ned doit sans doute prendre cela pour un trait d’humour et comme il n’est pas très affuté en la matière, il se contente de s’en aller gaiment suivre la piste sur laquelle son nouveau meilleur ami l’a lancé.

Non, y’a un truc qui cloche chez les Stark. Vraiment.

Pendant que son père commet bourde sur bourde, Sansa, notre princesse Caliméro, chouine toute la sainte journée que gnagnagna son Joffrey ne l’aime plus, qu’Arya est pénible et que son père est très très méchant. Ceci dit, elle aussi semble victime d’un délire de persécution car elle pense que tout le monde la déteste. Tu parles, Charles…

Le Tournoi de la Main.

Oui, oh, je sais, mais je devais un peu fractionner l’action sinon on ne s’en sort plus. Donc cette semaine, tournoi ! Séquence qu’il faut que je revois pour en apprécier tous les détails, mais qui fonctionnait plutôt bien. Sauf peut-être pour l’entrée en scène de la Montagne qui ne m’a pas parue si imposante que cela.
Normalement, on devrait avoir la suite la semaine prochaine et j’avoue qu’au fond de moi, il y a quelque chose qui n’en peut plus d’attendre la joute Gregor Clegane la Montagne vs Loras Tyrell le chevalier des fleurs, des arcs en ciel, des poneys magiques et de la barbe à papa.

Pour cette courte mise en bouche, on a tout de même eu le droit à une intervention limite malsaine de Littlefinger qui s’est chargé, par une attitude un poil pedobear sur les bords, d’insuffler toute l’ambiguité qu’il fallait dans sa discussion avec Sansa. A laquelle j’avais très envie de crier « Eloigne-toi de ce malade !« . C’est dire si la scène fonctionnait.

Des recherches approfondies et frénétiques m’ont cependant orientée vers une bien triste constatation : les rôles de Thoros de Myr et de Jalabhar Xho n’ont pas été distribué. Il faudra se contenter d’une allusion du Régicide pour le premier et de quelques plumes égarées sur les dalles de la salle du trône pour le second, je suppose.

A l’auberge du Poney qui Tousse.

C’est à croire qu’il n’y a qu’une seule auberge dans tout Westeros. Ou alors que les créateurs se sont fait le pari de la faire apparaitre dans tous les épisodes.
Retour donc à l’auberge du Poney qui Tousse (qui, c’est de toute façon vrai, est un décor récurrent dans les livres également), où Catelyn essaye de commander une blanquette tranquille.

Finalement, c’est un nain qui lui tombe tout cru dans le bec en la personne de Tyrion Lannister, encore en train de jouer les stars, jetant des médiateurs de guitare en or à ses hordes de fans qui scandent son nom et… Je m’égare, mais on reste dans l’esprit…

Ni une ni deux, Catelyn en appelle aux serments de vassalité liant les représentants de quelques maisons nobles alors présents dans l’auberge pour les sommer d’arrêter le Lutin, au motif qu’il a tenté d’assassiner son fils.
Inutile de dire que la scène fonctionnait très bien, que Peter Dincklage assurait à mort son passage de la surprise à l’inquiétude jusqu’à la peur.


Ounaid.

Ce coup-ci, ça y est les amis, le jeu des trônes est bel et bien lancé. Il est encore temps d’enregistrer vos paris sur la maison gagnante.

Car la semaine prochaine, le générique devrait nous faire découvrir le Val d’Arrhyn, Arya ira attraper des chats, Jon et Sam feront les fous dans la neige, Viserys verra le bout du tunnel, et Bran parviendra à échapper à Vieille Nan, le temps de tomber sur des trucs encore plus flippants.

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