Si j’avais un marteau, je cognerais Kenneth Brannagh.

Comment résister à un film de Vikings ?
Je vous pose la question parce que moi je n’ai pas encore trouvé le moyen d’éviter ces productions toutes plus foireuses les unes que les autres (sauf le « Treizième Guerrier ». Le premier qui en dit du mal, c’est ma hache à deux main dans la tête…).
J’ai vu « Pathfinder », moi, madame, et j’en suis revenue pour témoigner que jamais, non plus jamais je ne regarderai de film de Vikin…
Oh, c’est quoi çà « Thor » ? It smells like a rollmops !
Ah, çà oui, çà sent violent le hareng mariné.
J’avais pourtant confiance, sur le simple fait que c’était réalisé par Kenneth Brannagh, un type qui est tout de même classé dans la catégorie shakespearien.
J’aurais du me méfier, dans « shakespearien », il y a « rien ».


Tant qu’on y est : pour « Thor » évitez les séances 3D, si possible. Inutile et détouré à la truelle (même pas sur tous les plans en plus). C’est vraiment trop moche.

Donc en gros (en gros, hein), c’est une histoire à base de dieux nordiques et de Vikings sans Alexander Skarsgard mais avec son père, c’est déjà çà.
Donc, vous allez voir, c’est passionnant : dans un temps reculé vers jadis, naguère, autrefois (l’an 1000), les dieux vikings se sont mis sur la tronche avec des géants bleus, les ont battu, et renvoyés sur leur planète en confisquant leur valise nucléaire.
Moult éons plus tard, le roi Odin, fête en son palais d’Asgard les 15 ans d’âge mental de son fils Thor, quand soudain, tel Kayne West un soir de remise de prix, v’là t’y pas que les géants bleus débarquent pour récupérer leur valise. D’où bataille, utilisation par Thor d’un très déroutant marteau Fischer-Price de guerre et décision d’aller jusqu’à la planète des géants pour leur expliquer calmement que çà se fait pas, des choses pareilles.


En avant les histoires !!!1 !!!11

Pour se rendre sur leur planète (Jötunheim, dans la langue de Joacim Cans (ce jeu de mot/vidéo certes de très mauvaise qualitay était dédié à Patrick Roy pour qui le Metal, c’était vital. Puisses-tu headbang pour l’éternité. Et merci pour avoir été un des seul à démontrer toute la bêtise de la loi Hadopi sur les banc de l’Assemblée. Au passage, le clip est singulièrement plus fun et épique que le film. Je vous en fais économiser des sous, hein ? ) , nos divins amis passent par leur ascenseur magique, un arc-en-ciel surnommé le Bifrost, gardé par le dieu Heimdall qui est bien connu pour son surn…..

Hmmm… Oh lala.
Bon, jusqu’ici j’ai réussi à faire abstraction de pas mal de trucs un peu cons, comme les capacités de dirigeant d’Odin qui avoisinent celles d’un bulot baveux (« Ils nous ont attaqué en violant sauvagement le traité de paix entre nos deux nations ? Le mieux, c’est de rien faire… » Oo), le fait que Loki a l’air aussi éveillé qu’une amibe narcoleptique, ou que Asgard ressemble à une pub Ferrero Rocher.

Mais là, Heimdall, le dieu nordique qui était tout de même surnommé « le dieu blanc »,incarné par un Noir… Mais par quelle idée saugrenue et politiquement correcte en est-on arrivé là ? (même si je sens bien la boucle de logique foireuse qui a animé cette décision : « Dieux nordiques => Wagner => nazis => disons qu’Heimdall est noir et que l’un des Sif Boys est asiatique (oui oui) on pourra pas nous accuser d’être racistes ». Ben voyons…).


J’en profite pour attirer votre attention sur le cadre de cette photo : les 3/4 du film sont filmés de cette façon… Mal de mer assuré.

C’est super, le film est à peine commencé que déjà je suis affligée par 1) le scénario visiblement écrit un soir de panne de courant sur un coin de table à la lueur d’un briquet, 2) l’absurdité du casting qui non content de saccager de super personnages en les confiant à des endives sans charisme, sacrifie aux quotas de représentation des minorités visibles juste pour faire genre.
Non mais on marche sur la tête là…

Encore, Denzel Washington, ou Forrest Withaker, je pense que je n’aurais rien dit. Mais là, y’a la combinaison d’une idée tordue avec le casting d’un type qui ne sait absolument pas jouer.
Je rappelle pour les deux étourdis qui n’ont pas tiqué la première fois, qu’en plus du Heimdall noir, on trouve aussi des dieux nordiques asiatiques dans ce film. C’est merveilleux, on dirait une publicité Benetton : United Colors of Asgard ou un truc du genre.
Et pour les deux trois qui hurlent dans le fond « raciste ! Intolérante ! » : Essayez d’imaginer un biopic sur De Gaulle avec Mouss Diouf dans le rôle-titre. J’espère que vous avez saisi l’idée (ceci dit, Forrest Whitaker ferait un super De Gaulle. Un super Thor aussi. Il ferait un super n’importe quoi. C’est juste l’acteur le plus sous employé de la planète).

Mais poursuivons mon résumé pour en arriver au moment où après une série assez exceptionnelle d’incohérences, Odin finit par bannir Thor sur Terre (Midgard, dans votre langue de vikings ! Mais bon sang, vous en avez fait quoi de votre PROPRE mythologie les mecs ?), avec son marteau, en lui précisant bien qu’il le récupérera quand il en sera digne.
Moi, à partir de là, je m’attendais à ce que Thor s’inscrive en CAP ébénisterie, maçonnerie, ou autre métier où on apprend à planter des clous. C’était super cohérent en plus :
-il aime les marteaux.
-il est un genre de Viking from outter space.
Son background le conduisait pourtant droit chez Ikea (parfois, une easy joke, çà fait du bien…)

« Thor » est un de ces films fabuleux ou les personnages n’ont aucune personnalité autre que celle qui pourrait être écrit par un gosse de trois ans, passent leur temps à faire tout et son contraire, prennent des décisions sans logique aucune que celle de faire avancer le scénario qui patine comme un fou malgré les nombreuses facilités qu’un gentil auteur aura pris soin de laisser trainer.

Si je devais résumer la qualité du scénario de « Thor », se serait en vous parlant du moment où notre héros bas de front, agressif, prétentieux, impatient et bourrin se métamorphose en une version des Bisounours sous stéroïde : alors qu’il prend son petit déjeuner, Thor s’énerve et renverse son Nesquick. Du coup, Natalie Portman lui gueule dessus en lui disant ce que c’est pas bien, non mais regarde ce que tu as fait, qu’est ce que je vais faire d’un gosse pareil, franchement ! Et là, miracle de la magie, Thor baisse la tête et devient aussi gentil et inoffensif qu’une résolution de l’ONU.
Après, c’est peut être parfaitement logique qu’une gonzesse pesant 40 kilos toute mouillée parvienne à discipliner le dieu viking du tonnerre et de la foudre, dont l’arme de prédilection est le marteau de guerre, alors que son paternel, qui est tout de même ce que l’on nomme une divinité primordiale, n’est jamais parvenu à lui faire entrer dans le crâne la plus petite des règles de politesse.
Natalie Portman c’est un peu la Super Nanny du Nouveau Mexique.


Tant que j’y suis, qui peut me dire à quoi le personnage de Natalie Portman peut bien servir ?

La réalisation est à l’image du scénario, qui est lui-même à l’image de Mjöllnir : subtile. Ce qui pourrait être une sacrée mise en abîme, mais passé un certain degré de merdouillage, même le plus tiré par les cheveux des arguments ne prend plus. Y compris si tu t’appelles Kenneth Brannagh et que tu te savonnes sous la douche avec des originaux de Shakespeare.
A la base, je rappelle pour les plus distraits d’entre vous, Brannagh c’était LA caution culturo-sérieuse de « Thor » quand même. L’argumentaire était même béton : « qui mieux que celui qui connait si bien le draâââââme shakespearien pouvait adapter cette histoire hautement shakespearienne contant le passage de l’enfance à l’âge adulte ? Hein, dites, qui ? »
Après visionnage de ce film, la réponse s’impose d’elle-même : n’importe qui, en fait. Difficile de faire plus moche, plus inefficace, plus poussif que ce truc digne d’un Roland Emmerich un jour de dépression (si en fait, c’est facile).

Les scènes d’action sont absolument illisibles, effet accentué par la manie de Brannagh a tout filmer de travers.
Si je dis de travers, entendez-le au sens littéral, bien sûr.
Car pour faire ton sur ton avec le thème de son film, parlant de légendes et d’êtres fabuleux, Brannagh n’a choisi pour cadreur nul autre que le dahut en personne.

Résultat ? Une petite dizaine de plan cadrés droits dans ce film de 2 heures. Cà fait maigre. Tout le reste sera légèrement voir complètement de traviole. Je ne sais pas si c’était pour faire genre vignette de comics ou si c’était un effet de style shakespearien…
Bon, de toute façon, le comic, Kenneth s’est assis dessus depuis longtemps. Deux références à Hulk et Iron Man pour bien annoncer les Avengers et un background d’origine pourtant très sympa jeté aux orties parce que je suppose que çà n’était pas assez tragique.
C’est bête sa réalisation l’était pourtant…
On a même droit de temps à temps à ces petits rayons de lumière bleu complètement moches et totalement dénués d’intérêt (dont je ne connais pas le nom savant) : vous savez, c’est truc dont était farci le dernier Star Trek…

Mais je tire tout de même mon chapeau à Loki. Un type avec ses pouvoirs, sa rouerie et dont la seule ambition dans la vie est de ressembler à Thor, qui reste tout de même dans l’espace ce qui s’apparente le plus à un Mickaël Vendetta qui aurait abusé du rameur.
J’étais profondément interloquée de lui découvrir une motivation aussi pourrie en fin de film. Mais je suis pas un dieu nordique moi, alors je ne devrais peut-être pas essayer de comprendre.

Ah oui, et j’ai bien aimé Sif qui comme le personnage de Natalie Portman ne sert strictement à rien, et … Euh… Ben euh, et les types avec elle, le japonais, le mousquetaire et surtout Ray Stevenson qui m’a fait penser à Gérard Depardieux dans « L’Homme au Masque de Fer ».


Les Sif boys : Olaf San, Aramis et bien sûr Obélix. Je recherche activement toute information ayant trait à leur utilité dans ce film

La meilleure scène revient à la bande de redneck qui essayait tant bien que mal de retirer Mjöllnir du rocher, sans doute dans l’espoir de devenir roi du légendaire royaume de Camelote, mais si vous savez, là où on vend les marteaux…
Faut que j’arrête de lire Paso, je vois des mises en abîme partout…

Note : * (j’ai bien ris, quand même)

PS : Sif est la femme de Thor. Je le dis parce que visiblement, même les deux personnes concernées semblaient l’avoir oublié. Même dans le comic (‘fin presque, c’était sa promise quoi…). C’est étrange pourtant, un triangle amoureux, çà peut être tragique et shakespearien, non ? Non ? Ok…

PPS : Ami lecteur, un clin d’oeil d’une finesse assez rare je dois dire (oui, ben si on peut plus se faire plaisir, hein) s’est glissé dans ce billet. Sauras-tu le trouver ?
Mon premier indice : « en la langue de Shakespeare penser tu devras« .

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