Comment se faire de nouveaux amis : une leçon de vivre ensemble par Ned Stark.

Previously dans le dedans de « Game of Thrones », Khal Drogo remettait de l’ordre à ses cheveux, un peu plus de noir sur ses yeux, Catelyn ouvrait la première antenne du CSI dans le Nord, Jon faisait du camping (j’espère qu’il a ramassé ses emballages sinon j’appelle Cécile Duflot), Cersei se mettait la PETA à dos pour l’éternité et Tyrion nous offrait un des plus intenses moments de poésie de l’histoire de la télévision.


Moi je ne m’en lasse pas…

Tenez, chez les Lannister ? Quoi de neuf ? On retrouve Cersei, dont la taille de guêpe nous montre que çà y est, Lena Headey a accouché. Cool, on va pouvoir arrêter de cacher la reine sous moult tentures et tapisseries.
Mais Cersei n’est pas seule, car elle est occupée à soigner le bras mutilé de son fils chérichéri. ‘Fin mutilé, c’est vite dit. Il se serait fait griffer par un chat que çà aurait eu exactement la même allure. Je suis un peu déçue que Nymeria ait à ce point salopé le boulot.
Les dire wolves, c’est plus vraiment ce que c’était. C’est d’ailleurs sans doute pour les punir d’être à ce point inutiles et surestimés qu’on les a banni de cet épisode.

Donc, au détour d’un petit dialogue mère-psychofils, Cersei parvient à mettre en lumière une des caractéristiques inhérentes au caractère de Joff : il est fou dans sa tête.
Même s’il n’a pas que des mauvaises idées. Son projet de grande armée royale faite de soldats professionnels voués corps et âme à la cause du souverain, triés sur le volet selon leur aptitudes, leur dévouement aveugle et inconditionnel, la pureté de leur race… J’extrapole un peu, sans doute parce que Joffrey est trop blond aux yeux bleus pour tenir ce genre de discours sans que j’ai direct des arrières pensées en forme de point Godwin (c’était çà ou une référence à Star Wars…).


« La peur, Joffrey… C’est ce qui bâillonnera les systèmes séditieux ! »

Mais je persiste à dire que son idée n’est pas totalement idiote. Confiée à quelqu’un de sain mentalement, çà pourrait en effet, comme il le dit, être un premier pas vers une modernisation de l’Etat, un genre de marche vers l’absolutisme royal.
Je n’en reviens pas… Une analyse politique motivée par une phrase de Joffrey Baratheon. Qui l’eut cru ?

Durant tout ce troisième épisode, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver Ned très con. Agresser ce pauvre garçon venu le prévenir qu’une réunion avait lieu, tout de même, c’était pas sympa.
Quel psychologue, ce Ned !
Alors qu’il explique à sa tarée de fille que Port Réal est un endroit dangereux plein d’ennemis et que depuis deux épisodes il psychote ouvertement à cause de la mort de Jon, il se met à envoyer promener tout ce qui a deux bras et deux jambes dans cette fichue ville.
Y compris les personnes qu’il devrait ménager afin de s’éviter un bon vieux backstab des familles.
Non mais depuis quand c’est une stratégie de claquer sa tête à une personne qui 1) peut tuer son roi de sang froid, 2) est au cœur de tous vos soupçons quant à la mort de la précédente Main ?

Je sens que le Ned de Port Réal va m’énerver. Qu’on lui donne quelqu’un à décapiter, bon sang !

Après le Ned mauvais diplomate, voici un Ned complètement paumé avec ses fifilles. Dommage que Super Nanny soit morte parce que la famille Stark en aurait eu bien besoin : entre Arya qui poignarde des tables avec ses yeux de folle, bave aux lèvres en murmurant « Joffrey, Joffrey ! » et Ned qui offre des poupées à sa fille de 13 ans en espérant qu’elle arrêtera de faire du boudin, je pense qu’on avait de quoi faire péter les audiences en prime time.

« Dexter Morgan ? Connais pas. »

Pauvre Sansa tout de même…

Sansa donne toujours autant envie de lui mettre des baffes. Sansa doit avoir le cerveau fait en chamallows fondus. D’ailleurs elle ne mange que çà, avec des infusions de licorne. Une vraie princesse, qui suinte des arcs en ciel par tous les pores de sa peau diaphane (merci Biactol). Si on la laissait faire, dans le monde réel, elle écouterait Justin Bieber, mais heureusement pour elle (et sa famille surtout), elle vit dans un univers médiéval fantastique, ce qui la voue en tant que femme à, au choix :

  • coucher avec son frère.
  • se faire violer par un cavalier mongol venu des îles Samoa.

C’est pas de bol, faut bien le dire. Du coup, elle préfère se battre comme le docteur Quinn pour changer son destin, épouser le roi et devenir la reine.

Moi, je juge pas, même si pour se faire, elle déploie des techniques éprouvées par moult garces avant elle (Scarlett O’Hara, au hasard) tel que mentir, tricher, trahir la confiance des siens, et pire que tout, tirer les cheveux de sa sœur (laquelle pense que tuer des gens, comme plan de carrière, c’est trop top. Je ne juge pas, encore une fois. Tu dois être rudement contente de savoir assassiner les gens avec une petite cuillère le soir de ta nuit de noce avec un Mongol samoan).


« Et pi d’abord personne ne me comprend, et pi ils sont tous trop méchants avec moi et pi je veux aller voir le nouveau film de Robert Pattinson ! »

Arya, justement, m’a fait finir l’épisode sur un immense éclat de rire. Je suppose que tout le monde aura reconnu son maître d’arme qui n’est autre qu’ Inigo Montoya de « Princess Bride ». Impressionnant : le physique, l’accent hispano-cheapos, la profession, tout est là, même la mythique punchline qui servira pour la suite tout autant que les leçons d’escrime.
Blaguounette référencée à part, excellente fin d’épisode, entre Syrio totalement génial, Arya toujours aussi admirablement bien jouée (et gauchère !) et Ned, victime d’hallucinations auditives.


« My name is Inigo Montoy…No, Syrio For… No, Inig… Anyway, prepare to die ! »

Un truc m’a fâchée dans cet épisode un cran au dessus des deux précédents : la scène avec Robert, sans aucun intérêt avec le reste de l’intrigue. L’heure aurait très bien pu s’écouler sans lui, de toute façon, la scène du conseil nous avait fait comprendre qu’il était un peu le Jacques Chirac de Westeros : fait pour la conquête, mais pas pour l’exercice du pouvoir. Une analogie qui pourrait aider Ned à répondre à la question qu’il se posait dans l’épisode 1 : « Comment est-il devenu si gros ?« . Le sumo, tout simplement.

Robert et Cersei, la vérité toute nue.

Non pas que la scène soit mauvaise, très loin de là (juste mal placée dans cet épisode). Premièrement, on a pu y découvrir deux nouveaux personnages en les personnes de ser Barristan, et du Petit Chaperon Rouge. Ou était-ce le cardinal Claudia ?
Mais quel esprit malade a mis un bonnet écarlate sur la tête de Lancel Lannister ?


« Tire la chevillette et la bobinette cherra. »

Ensuite, on a eu droit à un grand moment de la part de notre meilleur ami lanceur d’enfant, Jaime Lannister. Le jeu très fin de Coster-Waldau faisait admirablement passer tout son mépris envers Robert et sa sincère admiration pour Barristan. « Game of Thrones » est plein de ce genre de scènes qui vous laissent entrevoir les caractères complexes des différents protagonistes avec intelligence, marque de ce qui s’impose définitivement avec ce troisième épisode comme une très bonne adaptation (elle aurait été excellente avec un peu plus de loups, mais je sens que je vous agace à les réclamer dans tous mes paragraphes)

Au cœur de la horde sauvage des cavaliers sanguinaires irlando-mongols, il se passe une chose incroyable : personne n’est parvenu à mettre Daenerys à poil cette semaine. Pas un mince exploit (je ne compte pas la scène dans le lit avec Drogo car il est bien connu que les Dothrakis n’ont pas inventé le pyjama).

Par contre, suis-je la seule à trouver qu’on en fait carrément trop avec les oeufs de dragon ? Ça fait deux épisodes que l’on voit Dany les regarder sous toutes les coutures, je pense que c’est désormais clair pour tout le monde qu’elle les aime, ses gros cailloux moches. Lesquels, pour la première fois, sont apparus dans trois couleurs distinctes. Jusqu’ici j’en voyait deux noirs et un vert, cette semaine, enfin, on a eu droit à un œuf couleur crème (comment çà, çà n’a aucun importance ? En effet, et je vous merde).

Mais laissons Dany et causons un peu de Viserys. Lui et Joffrey se serait super bien entendus. Ensemble, ils auraient pu conquérir le monde avec leurs armées imaginaires de guerriers blonds et assoiffés de sang, tuer tout un tas de gens qui ne leur ont rien fait et éclater de gros rires gras devant des villes en flamme.

C’est l’heure des petites pilules roses, Viserys.

Toute mon admiration va cette semaine à Harry Lloyd, qui réussit la performance de rendre le personnage de Viserys aussi insupportable qu’indispensable. Autant dans les livres je criais « Ah non, pas encore lui ! » à chaque fois qu’il se pointait, autant ici, j’en bats presque des deux mains.
Deux épisodes à le voir composer un personnage malsain, impatient, subtilement cruel, inutile de vous dire que j’attendais avec une impatience fébrile de le voir réveiller le dragon. Je savais qu’il serait génial, il a été fabuleux. Donc c’est à cela que ressemble un Targaryen en mode berserk. A côté, Joffrey Baratheon ressemble à une fillette.

Oh, joie ! Pas de direwolves cette semaine, mais à la place, et c’est tellement mieux, Vieille Nan ! Vieille Nan et ses histoires qui ont traumatisé des générations d’enfants Stark ! Vieille Nan et sa voix de conteuse bien flippante qui te raconte les pires horreurs avec un aplomb tel qu’on croirait presque qu’elle les a vécues ! Vieille Nan qui…
Ouais, qui est morte, accessoirement, enfin pas le personnage, mais l’actrice. Et donc, c’est balot, hein, mais on ne la reverra sans doute plus après, du moins c’est ce que j’ai entendu dire chez des gens très fiables, tous bloggeurs influents de leur état, c’est dire si c’est sérieux, vu que c’était sur Internet.

Bref : « Crows are liars« . Et petit Bran est toujours aussi génial. Juste, poignant, et rempli d’un étrange charisme sous un visage plein de détermination et cette semaine, de tristesse. L’échange avec Robb, lequel est également brillamment interprété, fonctionnait en majeure partie sur sa capacité à porter l’émotion de la scène au juste niveau.

Sur le Mur, Jon Snow s’amuse à casser des têtes : on comprend mieux pourquoi il était aussi proche d’Arya. En fait, Jon est bien le fils de son père : dès qu’il arrive dans un endroit nouveau, il se met à taper sur les gens. C’est clairement la meilleure façon de se faire des potes et de protéger ses arrières. Le talent des Stark pour le relationnel m’étonnera toujours…
Ceci dit, Jon le sociopathe nous a carrément offert un geekasme cette semaine rien qu’en montant tout en haut du Mur. Y’a pas à dire, tout ce qui se passe à Château Noir est génial et la série réussit là où le bouquin me faisait trainer des pieds. Je n’appréciais les chapitres sur le Mur qu’à cause de Jon Snow. Là, même lorsqu’il est absent, je suis fascinée.


« Attends, comment çà j’avais un loup, avant ??? »

A tous les points de vue, cet épisode est mon préféré. Enfin, on gagne en rythme, en intrigues, en confrontations. Les pièces bougent sur l’échiquier, les différentes histoires commencent à glisser sur leurs rails et preuve que la série est décidément une réussite, je ne me suis pas du tout ennuyée cette semaine, quand bien même je n’ai rien découvert. Les différentes ambiances captent toute mon attention, le scénario opère une subtile balance entre matériau d’origine et nécessaire adaptation, et le casting continue à faire de très grosses étincelles.

La semaine prochaine, Ned tentera d’imposer une politique de rigueur dans le royaume, parce que c’est la crise ma bonne dame, Jon tentera de résoudre ses problèmes relationnels (et peut être aussi de retrouver son loup), et Catelyn se mettra en marche vers la plus grosse erreur de sa vie.

(çà c’est du teasing, pas vrai ? )

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