La route royale est longue, mais la pente est rude.

Previously, dans « Game of Thrones », Ned Stark se retrouvait pris à la gorge par son ami de vingt ans, le petit Bran s’essayait à un remake malheureux de « Hells Angels » sous la direction attentive du Régicide, Tyrion Lannister mangeait Axel Rose, et Daenerys épousait un mec maquillé comme une voiture volée.

Cette semaine encore, on avait droit à un épisode sans éclat particulier, ou presque. Je trouve toujours que les scènes de Daenerys sont les mieux fichues, et vu comme sa vie est trépidante, c’est limite inquiétant.

Normalement, je devrais pigner pour Bran, et Jon et un peu pour les filles Stark aussi, surtout Arya, mais rien à faire, je me fous royalement de tout ce qui peut bien leur arriver. Pourtant, tout le monde continue de bien jouer, les dialogues sont toujours bien écrit alors qu’est ce qui coince ?

Sans doute le fait que l’immense majorité de leurs scènes sont des copies carbones du bouquin et que les enjeux des dites scènes étant importantes, aucune prise de risque n’existe dans la réalisation qui devient aussitôt plate, appuyant dès lors l’enchainement de répliques récitées avec une certaine conviction, mais aussi un léger parfum de passage obligé.


Quel comique, ce Ned…

Cette semaine encore, ce sont les libertés qui m’auront le plus accrochée : la scène entre Catelyn (à baffer dans cet épisode, donc parfaite) et Cersei, si elle continuait à humaniser le personnage de la reine, sonnait très juste. Et posait la nature complexe de la jumelle Lannister maléfique.

Idem, et pourtant c’était un imposé, le dialogue entre Jon et Tyrion fonctionnait plus que correctement. Mais je pense que toute scène impliquant Tyrion sera forcément mémorable. C’est un fait désormais incontestable, Peter Dincklage capte totalement la personnalité du Lutin, et le soin apporté à son écriture lui fait honneur. Encore deux épisodes comme çà et je le demande en mariage.

A noter, juste pour me faire mentir, que la confrontation entre Cat et Jon dans la chambre de Bran sonnait très juste.

Pour finir sur le sujet, la rencontre impromptue du Jon avec le Régicide qui en quelques phrases le met plus bas que terre, lui et toute la Garde de Nuit, réussissait parfaitement son objectif à savoir de dépeindre deux personnages dont on va à présent découvrir tout le potentiel de gonflage pour le premier et de classe pour le second.


Au Régicide je dirais ceci : profite-en bien (if you follow me…).

Passons maintenant à ce qui fâche, qui fâche beaucoup, même : les loups.
Pour ceux qui n’auraient pas lu les livres, les direwolves ne sont pas là pour faire joli. L’animal est le symbole séculaire de la maison Stark. Leur seule présence de l’autre côté du Mur annonce le retour de l’hiver, mais aussi de certaines forces que l’on croyait reléguées au passé.
Quand Robert dit à Ned « Direwolves are no pets », c’est clairement ce qui décrirait le mieux ces créatures destinées à devenir aussi grosses que des poneys, qui conserveront à jamais une nature sauvage et surtout, SURTOUT, sont inextricablement liées aux enfants Stark, corps et âme.

Connexion affective, mais aussi psychique, quasi symbiotique, le lien entre les direwolves et les Stark est extrêmement puissant. Chaque loup est le double de son maître : Nymeria est une louve fofolle comme Arya, Lady une charmante petite comme Sansa, Broussaille une saleté de cabot comme le petit Rickon, et blablabla, ainsi jusqu’à Fantôme, le loup de Jon Snow, le rejeton malingre et albinos, membre de la fratrie sans en être, l’ombre du bâtard, son prolongement, presque un genre de daemon (voir « A La Croisée des Mondes », de Philip Pullman).

« WTF is that ? »

Alors maintenant, question : combien de loups y avaient-ils dans cet épisode ?

Trois, qui apparaissaient comme par enchantement lorsque Bran, puis Arya, se sont retrouvés menacés, puis Lady, gentiment tenue en laisse par Sansa. Si vous avez vu Fantôme couché sous un arbre pendant un fugace plan large sur le campement de la Garde de Nuit, c’est que vous avez de bons yeux.

Alors oui, je sais que c’est cher, les loups. Qu’il faut les dresser, que c’est chiant, parce que justement ce ne sont pas des chiens et que çà nécessite un dresseur omniprésent sur le plateau, et la PETA à l’affût de la moindre écharde qui se coincerait dans une papatte. Bref, une vraie prise de tête.
Sur le principe, je pardonne.

Pour le bien de l’histoire, je suis dubitative. Hyper dubitative même.

Pourtant, le final de l’épisode avait presque de quoi me rassurer. Je dis presque parce que la scène de baston entre Joffrey et Arya était vraiment toute nulle. Filmée avec les pieds en mode amateur, sans une vraie progression dramatique, car tout va bien trop vite, elle se suit par un renvoi de Nymeria même pas déchirant et se clôt sur un procès durant lequel, si Robert assure à mort (en mouchant ce pêteux de Joffrey), Cersei est une fois encore complètement en retrait. Il serait temps de faire rugir le lion en tout ma mignonne…

L’impact de l’exécution de Lady s’est trouvé totalement perdu du fait que la petite Lady, on s’en fiche, on l’a vu 10 secondes en tout et pour tout. Et la réaction de Sansa était mal jouée, en plus (Sophie Turner me parait la plus faible actrice de cette série pour l’instant).

Mais, parce qu’il y a un mais, j’ai presque applaudi lors du final et du réveil de Bran, coincidant avec la mort de la louve.

D’un coup, bien de choses se sont remises d’équerre toutes seules, bien des oublis concernant les loups et les Stark et hop, ni vu ni connu, je t’embrouille, voilà t’y pas que je t’introduis un truc essentiel. Et vlan. C’était brillant, c’était habile et c’était drôlement mieux que Catelyn se prenant pour Horacio Caine.


Les Experts Winterfell….. YYyyeeeeaaaaah !!!!

Du côté de chez Dany, que du bon. Et effectivement le viol dans l’épisode 1 a bien servi à mieux faire passer son évolution et son changement de caractère. Daenerys en est à la première étape de sa métamorphose en khaleesi et une fois encore, merci Emilia Clarke pour cette interprétation toute en finesse, mais aussi en force.

Par contre, les Dothrakis font toujours aussi galeux, mais je sens qu’il va falloir que je m’y fasse…

Khôl Drogo, parce qu’il le vaut bien.

Donc voilà. Sur la forme, une fois encore pas grand-chose à dire, sur le fond, l’essentiel est là, les pièces de l’échiquier se mettent en place.
Il reste à espérer qu’avec l’arrivée à Port Réal (King’s Landing en VO, pour une fois qu’une traduction française claque plus que l’original, je tenais à le signaler), le rythme commence un peu à s’accélérer. Deux épisodes d’exposition, c’est long (mais nécessaire, aussi, oui, je sais, merci…).

Et sinon, next week
PS : et une question pour la route… Où est Vieille Nan ?

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