Lizzie, la passion des corgis.

C’est un grand mystère ma foi que cette malsaine addiction de l’estimée et estimable Elizabeth II pour les saucisses cocktails avec des poils.
Non, mais si, sérieusement, çà ressemble à quoi d’autre un corgi, à part à un knacki ?


Cette image était gracieusement offerte à la promo Tony Curtis du Master Patrimoine.

Mais je m’égare, je voulais vous parler du « Discours d’un Roi ». Et comme le dirait le Jedi Gris, les discours, çà me connait bien. Je serais verbeuse, ou volubile les bons jours, il parait…

Si Colin Firth ne se chope pas l’Oscar cette nuit (parce que j’écris à quelques heures de la cérémonie, je sais, çà parait pas, magie du billet programmé…), c’est un scandale, pire que si on disait que « Des Hommes et des Dieux » est le meilleur film franç… Ah. Zut.

Donc bref, se serait un scandale, déjà parce que c’est le goddam Colin Firth, l’homme qui a fait fantasmé l’Angleterre entière en se jetant tout habillé dans un étang dans « Orgueil et Préjugés » avant de se ridiculiser avec classe dans « Mama Mia », mais je vais faire comme si je ne l’avais jamais vu dans ce film.

Je réalise que c’est affreux, on dirait que je n’ai rien à dire sur « Le Discours d’un Roi », alors que, étrangement, Word me dit que j’ai déjà réussi à écrire 240 mots. Prodigieux…

Prenons le taureau par les cornes : gné, alors déjà, la réalisation est hyper sobre, c’est une bonne nouvelle, j’aurai moins de choses à dire. Bon, en gros, Tom Hooper réutilise les mêmes astuces que Stephen Frears dans « The Queen » (encore une histoire avec des corgis) pour souligner les différences de statuts sociaux entre les protagonistes, cherche à engoncer le personnage principal du roi bègue dans un maximum d’éléments de décor, le décadre pour souligner sa gaucherie et sa timidité.
Woot ! Un paragraphe, Champomy !

Difficulté à écrire sur ce film lisse comme un bidet à part, sérieux, c’est de la belle ouvrage. Tout le cahier des charges est là.
En fait, c’est surtout un peu plan plan (jeu de mot débile qui ne fera rire que moi), à tel point que dans la scène où Albert doit se faire introniser devant le Parlement, je me disais, un quart de seconde avant la séquence en contre plongée : « Tiens, si j’étais Hooper, je ferais une contre plongée. ».

Heureusement qu’il y un très bon casting, un scénario qui tient carrément la route et un personnage principal excellent. Sinon, on pourrait friser l’ennui. Merci Colin Firth.

Parce que dans l’ensemble, « Le Discours d’un Roi » est un film bien écrit, bien joué, bien fait, qui se regarde sans ennui, qui est agréable, fin, intelligent, émouvant, avec une très belle progression dramatique.La déclaration de guerre, les débuts de la conscription ainsi que les prémices de la prochaine bataille d’Angleterre sont de vrais moments de tension dont le fameux discours en point d’orgue constitue un climax vraiment prenant.
Tout çà, je le rappelle, à propos d’un mec qui a le même problème d’élocution que François Bayrou. Cà partait mal. Mais c’est Colin Firth.

« Le Discours d’un Roi » est aussi une belle direction d’acteurs. Même Helena Bonham Carter est impeccable, et pourtant, si j’en juge par ses dernières performances dans « Harry Potter », ce n’était pas évident de prime abord qu’elle roxxerait en Reine Mère (ce qui démontre, par A+B, que David Yates est un plow).Détail que j’ai apprécié, Timothy Spall s’est appliqué à reproduire jusqu’à la diction de Churchill, ce qui était nettement plus convaincant pour poser l’aura du personnage que sa manie un peu agaçante de jouer sourcils baissés.

Par contre encore et toujours cette réserve pudibonde autour des amitiés nazies du couple Edward VIII-Wallis Simpson. C’est bien simple : si tu es au courant de l’embrouille, les deux trois allusions distillées dans le film te donnent l’impression qu’on en parle. Si non, çà peut éventuellement te donner envie de creuser la question.
Bon, je sais, ce n’était pas du tout le propos du film.

Qui nous parle ici du destin bouleversant d’un homme qui ne se pensait pas fait pour devenir roi, mais qui s’est appliqué à se mettre tout entier au service d’une charge pour laquelle il avait un infini respect, et d’un peuple qu’il lui faudra porter.
Son caractère, décrit par touches, souvent au détour de quelques regards, d’attitudes permet de faire rapidement corps et âme avec cet homme courageux, volontaire, mais complètement écrasé par un environnement et un rôle prenant des allures de sacrifice consenti.

Un film bien construit, ce qui pourrait presque excuser le côté un peu minimaliste de la réalisation (et là me vient l’argument facile : « nan, mais c’est pour servir le film qu’elle est en retrait ! ». Certes. Mais çà casse pas des briques non plus, hein. La réal de « The Social Network » aussi était en retrait, mais autrement plus impressionante…), poignant, drôle, visuellement plus qu’agréable à l’oeil.

Et pour Colin Firth, un Oscar, ou je butte le corgi.

Note : **/*

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