Là où il y a le GIGN, y’a pas de plaisir.

Ce titre est honteux, je sais, pas la peine de me jeter des clous rouillés dans les yeux, enfin si vous voulez vraiment le faire, je vais pas vous empêcher, mais attendez au moins que je refasse mon vaccin anti tétanos, merci.
Car oui, vous êtes observateurs (enfin vous savez ce qui sort au ciné quoi), donc vous avez compris que je viens vous parler de « L’Assaut ».
Allez l’ami, prend ton FAMAS, sois mon Fred, je serai ton Jamy.

« L’Assaut » c’est donc l’histoire vraie de la prise d’otage de décembre 1994 à Alg…. Hein ? 1994 ?

Pour une raison que je pense comprendre, le réalisateur, Julien Leclerc, a demandé à son chef opérateur de plonger tout son film dans des tons sépias qui donnent un aspect hyper vieilli à la photographie, effet qui aurait presque pu être beau si on avait pensé à allumer la lumière et à dire au cadreur d’arrêter de sauter partout en appuyant sur le zoom de sa caméra.Pour faire genre « y’a de l’action et çà c’est passé y’a super longtemps ! »

Génial… Déjà , 1994, d’une, c’était hier, et de deux, l’action, y’a pas besoin de la souligner avec des effets de gigite en gros plans pour qu’on la voit. Pour moi cette manie revient à révéler les carences d’un réalisateur qui ne sait pas filmer l’action. Voilà, c’est dit, c’est fait, on ne reviendra pas là-dessus (d’autant que je sais que je vais me faire écharper vive en écrivant çà).

Pour appuyer mon propos, je vais tout de même me pencher deux secondes sur l’assaut dont il est question, à soir le moment où le GIGN fonce sur l’avion avec les passerelles.
On trouve plein de bonnes intentions dans cette séquence. Les plans sur les visages des gendarmes, la tension qui monte, tout çà est plutôt sympa, sauf que…
Sauf qu’au même moment, on voit dans un bureau à Paris, la cellule de crise qui travaille sur la prise d’otage suivre l’évènement par le truchement des caméras de télévision.

Et ce sont par ces images là que l’on prend conscience de la vitesse des passerelles et de la violence de l’abordage à venir.
Or, je n’ai pas besoin, en tant que moi, spectatrice chiante, qu’une image d’archive vienne me dire « ah ben çà va drôlement vite alors ! »
L’intérêt de ce film était justement de présenter par le truchement d’un membre du groupe d’intervention le déroulement de ces évènements. C’est clairement là que je n’ai pas été satisfaite, d’autant moins que j’ai apprécié le soin de la reconstitution, le travail des acteurs qui, Vincent Elbaz inclus, donnent vraiment bien le change.

Paradoxalement, la partie que j’ai le plus accroché était celle suivant les pas de Carole Aux Dents Longues, découvrant peu à peu la vraie nature de l’évènement, que sous les couverts d’une prise d’otage, se cache un attentat suicide dont le caractère fou (faire s’écraser un avion sur un bâtiment à Paris) le rend presque inconcevable.
Les tâtonnements, la nécessité de prendre les bonnes décisions (ou plutôt les moins mauvaises) au bon moment et pour finir, l’impuissance face aux images, face à l’évènement en cours sur lequel on a plus aucune prise (en amont, la scène ou le supérieur de Carole passe commande de cercueils pour le GIGN et les otages introduit bien cette idée).

Du coup côté GIGN, çà patine vaguement dans la semoule, la faute à une réalisation qui ne donne jamais la dimension qu’elle mérite au corps d’élite. Pourtant, avec de nombreuses scènes d’entrainement, on saisit très vite leur professionnalisme et leur efficacité (l’introduction est à ce titre vraiment efficace, même si elle souffre des mêmes défauts de réalisation que le reste du film), mais au moment de passer à l’action, les choses se mettent à coincer, en grande partie à cause des défauts de réalisation pointés plus haut.
Je venais voir autre chose qu’un clip de l’armée : « Et vous, c’était quand la dernière fois que vous avez descendu un terroriste ? » et du coup, j’ai été un peu déçue.

Pourtant le moment de l’affrontement contient quelques bonnes choses, comme les angles de tirs improbables plutôt bien rendus. Et on rendra grâce au fait que dès les premières minutes du film, Julien Leclercq se soit fendu d’un plan sur l’avion vide pour que l’on puisse appréhender l’exiguïté de l’espace où évoluer (plan repris lors d’une scène d’entrainement, d’ailleurs).

Un film de genre français, çà se salue malgré tout. Pas une réussite fabuleuse, mais tout de même plein de bonnes choses. Maintenant, faudrait penser à décoller son doigt du zoom, hein…

Note : **

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