Gnéarrghbffffraaagh… Non, je ne ferai pas ce jeu de mot…

Oui, il faut que je me restreigne un peu sur les titres foireux. J’ai peur de perdre l’aura de sérieux et de rigueur qui nimbe ces lieux, si je sombre à nouveau dans la facilité du jeu de mot débile et profondément nul avec ce billet sur « Black Swan » (oh la vache, c’est dur, c’est dur !!!).
Sans plus attendre, livrons-nous donc ensemble à cet exercice fascinant qu’est une critique sérieuse (pas comme ce billet déplorable sans aucune analyse sur « The Walking Dead », ma vengeance personnelle sur les zombies) du dernier film de Darren Aronofsky.
Moi aussi, j’arobienosky, d’ailleurs (oui, oh, çà va, hein… J’avais besoin de relâcher un peu la pression…).

« Black Swan », c’est un canard boiteux (lolxptdr…) qui hésite sans cesse entre le thriller psychologique fin, et le thriller psychologique version téléfilm français. Je sais, çà a l’air très méchant dit comme çà, mais je vais m’expliquer.

Visuellement, il faut déjà savoir dépasser le grain crasseux de la photographie et la caméra à l’épaule, lesquelles servent ceci dit bien le propos, servant à imposer rapidement l’idée chez le spectateur qu’il passera le film dans la tête de l’héroïne, comme elles traduisent l’atmosphère glauque et la violence d’un milieu aussi dur que celui de la danse classique. Réussite incontestable du film, la peinture quotidienne de corps et d’esprits mis à la torture par un sport de haut niveau d’une exigence folle, contribue à assurer le succès d’un final flamboyant derrière lequel on ressent les heures de travail, de souffrances.

Non, rien à dire sur ce travail là, en revanche, j’ai quelques réserves sur la façon dont le trouble psychologique du personnage est amené et traité tout au long du film. Pas tant dans la façon dont la chose est écrite, mais plutôt dans la manière dont Aronofsky s’amuse à surligner des évidences d’une manière un peu trop appuyée. Certes, introduire des cygnes blancs partout dans le décor, et caser la musique du Lac des Cygnes dans les sonneries de portable, c’est révélateur du fait que le rôle bouffe littéralement l’héroïne, mais, j’ai presque envie de dire, mon petit Darren, il y avait déjà sa métamorphose pour çà, ainsi que l’omniprésence des doubles de l’héroïne (tous vêtus du noir, quand elle ne porte que des couleurs claires).
Et le très bon travail de Natalie Portman pour incarner cette héroïne en quête du côté obscur.
Même sentiment de se faire forcer la main lors de la scène dans l’appartement du directeur de la compagnie, intégralement décoré en noir et blanc.

Bref, « Black Swan » est blindé d’effets « Regarde ! Regarde ! » qui nuisent un peu à une histoire pourtant prenante de bout en bout. J’insiste encore, mais le final est vraiment parfait, renforcé par des effets numériques de toute beauté.

Ah tiens, je prends deux minutes pour en parler, parce qu’une petite recherche sur les secrets de fabrication de ce film m’a permis de comprendre que la phrase que l’on peut lire un peu partout : « Natalie Portman assure 90% des scènes de danse du film », et bien mes amis, c’est du pipeau.
Par contre, chapeau les artistes pour le travail. Je m’incline parce que voilà, ce genre d’image me fait encore et toujours plus apprécier le mariage du cinéma avec les technologies numériques. Grâce à lui, on peut faire croire et surtout montrer Natalie Portman en ballerine et le public n’y voir que du feu. Il y a encore quelques années, il aurait fallu biaiser par des flous, des masques et des cadrages pour donner l’illusion qu’elle dansait réellement. Aujourd’hui, on peut se payer le luxe de telles scènes (attention, spoilers inside).

Malgré tout, cette histoire de névrosée semble trop montée sur de grosses facilités scénaristiques (la chambre de fillette de Portman, la relation sans aucune subtilité avec sa mère, allez-y, continuez à enfoncer le bouchon, surtout, on n’a pas encore bien compris…) pour apparaitre une vraie réussite. Dommage, mille fois dommage tant le cadre choisi et le potentiel d’un tel sujet aurait dû amener à quelque chose qualifiable d’hitchcockien.
Là, tout ce qui me vient à l’esprit, c’est surtout un scénariste écrivant « Black Swan » avec un manuel de psychanalyse pour les nuls.
Ce qui est regrettable considérant cette histoire en or autour d’une ballerine dont on adopte le point de vue unique d’entrée de jeu, poussée à passer de l’enfance à l’âge adulte trop vite, s’abimant dans son art jusqu’à l’absurde, poussée par un milieu exaltant une compétition malsaine permanente. Le final, qui voit l’héroïne littéralement s’abimer en elle-même et dans son art est de ces scènes tétanisantes et obsédantes propres à hanter des jours durant.

Et pour conclure en disant que c’est la fin, je vais m’offrir un vrai plaisir, qui m’est accordé par la découverte au combien libératrice que d’autres, avant moi ont osé le jeu de mot pourri qui me taraude tant (si Paso se le permet, alors moi aussi, flûte, sinon y’a pas de justice et je vous rappelle qu’il y a une photo du Judge Dredd sur ce blog maintenant, alors on va arrêter de plaisanter avec la loi).

« J’irai bien refaire un tour du côté de Black Swan ! »

Mouhahahahahahahhaha !!!!!

Note : **/*

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