Vers l’infini ! (oui, j’ai osé ce jeu de mot pourri)

Dire deux fois du mal (en tout cas pas que du bien) des films de Clint Eastwood, à mon avis, çà préfigure un truc pas net. Genre une apocalypse zombie, la chute de la station spatiale internationale sur les pompes de David Pujadas ou Marie Le Pen au seconde tour des présidentielles.
Nous verrons bien si ma prédiction se réalise.
En attendant, parlons un peu de cet « Au-Delà », le dernier bébé du grand Clint en date. Grand Clint qui semble un peu endormi ces derniers temps… Mais cela n’engage peut être que moi.

Déjà dans « Invictus », il n’avait su être que moyennement convaincant, ne sauvant son film de l’ennui que par sa réalisation toujours aussi impeccable.
Etrangement, avec « Au-Delà », il récidive dans ce genre maladroit, mal à l’aise et surtout inégal.

Comme je suis une méchante fille et que je n’aime pas dire du mal de Clint je vais aussitôt *hop* rejeter la faute sur le scénariste, Peter Morgan (auteur de « The Queen »).

Il y a quelque chose de mal dosé dans ce film, un nombre incalculable de longueurs inutiles se soldant par un final en demi-teinte qui laisse un sentiment d’inachevé.

Pourtant, l’ouverture était magistrale, à la fois terrible par sa violence et confondante par sa pureté. La suite ne restera jamais dans cette dynamique, préférant s’appesantir sur des développements pas toujours vraiment essentiels, comme tout l’arc autour du personnage de Cécile de France (en mode *owi je récite mon texte* très décevant…) qui mène son enquête sur les NDE, enquête dont on ne saura jamais rien au final. Son trouble, pas mal amené, se retrouve rapidement noyé sous de scènes trop longues et inutilement bavardes.

De la même façon, le médium se retrouve dilué dans d’interminables blabla lesquels trouvent en toute simplicité leur parfait résumé dans deux scènes où il doit improviser une séance avec le personnage de Bryce Dallas Howard (elle est forte, cette petite…) puis dans celle avec Marcus.

Ceci dit, la mise en image de cet ensemble bancal est une leçon de cinéma à elle seule, mettant avec finesse en relief la solitude et l’enfermement des trois protagonistes de l’histoire, leurs doutes et leurs questionnements face à la vie, la mort (la réponse, c’est 42, les mecs), obsession eastwoodienne s’il en est.

« Au-Delà » ressemble de loin à un ovni. De près, impossible de se tromper sur la paternité de l’oeuvre, quand bien même elle ne sonne pas comme du Eastwood classique. Et quoi que l’on pense de ce film boiteux, une pareille volonté de tenter autre chose, d’explorer d’autres styles, d’autres narrations, à l’âge qui est le sien et maintenant qu’il n’a plus rien à prouver à personne, force le respect.

De même que sa capacité à dépasser un scénario plombant au possible, en instaurant à l’écran un langage autour de l’isolement, de l’incommunicabilité, prouvent que son talent de conteur n’est en aucun cas celui d’un vieux réal livrant son énième oeuvre testamentaire.
Même si pour le coup, il n’aura pas su m’emballer. A la prochaine, Clint…

Note : **/*

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